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Ce que Guy Turcotte nous r?v?le de nous-m?mes

Yan Barcelo, 17 juillet 2011

?? la suite du jugement de non-responsabilit? port? ? l?endroit de Guy Turcotte, des commentateurs ont dit des Qu?b?cois qu?ils faisaient la d?monstration, un fois de plus, qu?ils n?ont pas de pens?e, seulement des ?motions. ?videmment, ils d?noncent ainsi ce qu?ils consid?rent ?tre la r?action irrationnelle d?indignation qu?une majorit? de gens a manifest?e.

M?prise ? et m?pris – typique de nos ?lites intellectuelles. Tout irrationnelle que la r?action des Qu?b?cois puisse ?tre, elle s?av?re saine et heureuse. Elle montre que la population a encore certains instincts moraux, instincts qu?il semble que les membres du jury se sont fait ravir par je ne sais quel subterfuge (la chronique de Pierre Allard dans ce site fournit une excellente ?lucidation de ce qui a pu se passer?: http://www.centpapiers.com/le-mystere-du-jury-turcotte-1-4-194-304-2/76057).

Le cas Turcotte pr?sente deux scandales. Le premier tient ? l?acte meurtrier lui-m?me, un geste dont le caract?re monstrueux a estomaqu? ? juste titre la population.? Le deuxi?me scandale tient au verdict de non-responsabilit?. Qu?une telle d?cision ait scell? ce proc?s constitue un ph?nom?ne aussi monstrueux que l?acte m?me de Turcotte, mais dans un autre registre, celui de l?ordre moral commun, partag? par l?ensemble des citoyens.

Ce verdict montre encore une fois combien notre compr?hension de l?exp?rience humaine a ?t? syst?matiquement psychologis?e, au point de compl?tement d?voyer la sph?re morale. Cette psychologisation est profond?ment r?ductrice de la libert? humaine. Tout acte est expliqu? par des ant?c?dents affectifs (papa, maman, le voisin p?dophile, etc.) qui en viennent ? occuper tout le terrain int?rieur au point d?oblit?rer l?espace inviolable propre ? toute personne, son libre arbitre. Nous sommes dans un mod?le explicatif m?caniste et r?ducteur o? nos gestes ne sont jamais que le r?sultat de conditionnements pass?s sur lesquels l?individu n?a aucune emprise. Quand une situation plus extr?me d?clenche la dynamique de ces conditionnements, tout le champ de la conscience est envahi, les ??plombs int?rieurs p?tent??, on devient forc?ment fou et? on n?est plus responsable.

De plus, ce verdict de non-responsabilit? semble fond? sur un apriori implicite que seul le meurtrier qui tue en toute froideur est responsable de son geste. Celui qui le fait dans un acc?s de passion est aux prises avec une folie passag?re, donc non-responsable. C?est de la psychiatrie de bas ?tage, ? laquelle m?me un petit intellectuel comme Freud n?aurait pas souscrit.

Or, la population, qui ne s?est pas encore fait compl?tement laver le cerveau par ce discours psychologisant, ne s?y trompe pas et voit juste dans la mascarade du proc?s Turcotte: l?individu s?est adonn? ? un geste immoral, un geste pour lequel son ?go, ax? sur son propre renforcement idol?trique, le pr?parait sans doute depuis un bon moment. Est-il responsable au m?me titre qu?un tueur professionnel des Hell?s Angels? Certes non. Y a-t-il des circonstances att?nuantes qui peuvent justifier une sentence moins ?prouvante? Certes. Mais de l? ? le d?clarer non responsable, il y a un ab?me ? franchir? que ce jury a franchi all?grement.

Ce proc?s met ?galement en jeu un autre d?bat souterrain. Ceux qui approuvent le verdict rendu ont tendance ? parler d??thique plut?t que de moralit?. On peut penser qu?il s?agit d?un simple jeu s?mantique, st?rile et sans cons?quences. Pas du tout. Dites-moi?: diriez-vous du geste de Guy Turcotte qu?il n?est pas ?thique? Le terme plus appropri? n?est-il pas plut?t ??immoral??? Ce dernier mot ne traduit-il pas mieux la r?action visc?rale de r?pulsion qu?un tel meurtre a produite? Dire qu?il est ??non ?thique?? ne laisse-t-il pas l?impression qu?on essaie de greffer ? une r?alit? humaine profond?ment d?sesp?rante une sorte de code superficiel qui ne convient tout simplement pas ? la situation qui nous est pr?sent?e. On pourrait dire que le Dr Turcotte, par exemple dans sa pratique m?dicale, aurait manqu? ? l??thique de sa profession en retardant des soins ? l?endroit d?un patient tr?s mal en point pour donner priorit? ? un ami, moins mal pris, mais qui aurait pay? pour passer au premier rang.

Mais si le Dr Turcotte avait laiss? ce premier patient mourir intentionnellement en refusant de lui administrer des soins requis, pourrait-on encore parler de ??manque d??thique??? L? encore, le mot immoral n?est-il pas nettement plus appropri?.

Pourtant, toute une faction intellectuelle de nos ?lites privil?gie le langage de ??l??thique??, en condamnant la ??morale??, en disant qu?il s?agit seulement d?un ridicule cat?chisme d?une ?poque r?volue, un cat?chisme qu?on r?citait m?caniquement. Pourtant, quand les ?v?nements de la vie prennent tout leur poids existentiel authentique, il est ?tonnant comme les vieux mots qu?on a voulu rel?guer aux boules ? mites prennent toute leur charge.

Dans un tel ?clairage, on peut ? juste titre op?rer le renversement suivant?: c?est l??thique qui rel?ve d?un code plus ou moins convenu, d?un cat?chisme plus ou moins arbitraire, quelque peu ?lastique. La morale, elle, est inscrite dans les circuits inn?s de l??tre. Quand un ?v?nement vraiment provocant la sollicite, comme c?est le cas des meurtres de Turcotte, elle se manifeste visc?ralement. Elle n?est pas toujours articul?e selon des normes rationnelles de discours, loin de l?. Mais l?indignation qui la manifeste est authentique et ??parle?? directement.

Or, toute cette sophistique de l??thique ne tient pas ? une g?n?ration spontan?e apparue hier dans notre paysage intellectuel. Elle r?sulte d?un long d?veloppement historique qui est pass? par le freudisme, le relativisme de l?anthropologie, les supputations darwiniennes et toutes les th?ories structuralistes de la soci?t? et de la psych?. Toutes ces ?coles de pens?e ont mac?r? dans nos universit?s et milieux acad?miques pour livrer ce fruit intellectuel perverti qui a domin? la pens?e au cours des cinquante derni?res ann?es?: la mort du sujet. Nos acad?miciens pensaient peut-?tre se livrer ? des petits jeux sans cons?quence dont les retomb?es seraient confin?es aux fronti?res de leurs cabinets universitaires. Pas du tout. Ces fa?ons de penser ont percol? dans toutes les disciplines (criminologie, p?dagogie, ?conomie, relations industrielles, etc.) pour livrer aujourd?hui, parmi multiples autres fleurs v?n?neuses, ?un verdict qui fait scandale?: Guy Turcotte n?est pas responsable.

Il est grandement temps de remettre ? l?honneur un discours de la morale fond? dans les substrats essentiels de l??tre humain et dans une vision m?taphysique renouvel?e de l?univers.

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29 Commentaire

  1. avatar

    Je ne sais pas si le bien réel « fruit intellectuel perverti » peut être aussi brièvement attribué aux « écoles de pensée » énoncées dans l’article ni, surtout, s’il peut être attribué à elles seules, mais je trouve cette analyse remarquable, et très utile. Merci.

  2. avatar

    Yan,
    Il y en aurait long à dire sur votre notion de « morale ». Mais j’ai lu et relu le texte plusieurs fois. Heureusement qu’il y a des explications et des trouvailles éclairées et vraies:
    « Ces façons de penser ont percolé dans toutes les disciplines (criminologie, pédagogie, économie, relations industrielles, etc.) »
    Tout le monde a écrit un texte sur le sujet. Le vôtre a la qualité de ne pas enfermer le sujet en « lui », mais dans une trame « historique ».
    La perception Turcotte (sic) est issue d’une accumulation d’essais de compréhension « mécanique » de l’Homme. Quand la mécanique est déficiente, la « machine » ne fonctionne pas. Donc, elle n’est pas responsable.
    « L’esprit » de Turcotte est une représentation de ce dont nous sommes tous, car nous sommes le produit de l’Histoire qui tente de « comprendre » et d’expliquer.
    C’est ici que rien ne va: expliquer n’enlève rien à l’acte. Il ne refait que le parcours qui mène à une certaine explication de la mécanique de l’acte.
    Mais nous avons aussi appris – consciemment ou non – à être un peu sournois et à utiliser cette vaporeuse compréhension. Ou soi disant…
    Votre perception de l’authenticité est elle aussi soumise à des variables de vocabulaire.
    Mais si j’avais été membre du jury, j’aurais voté pour la folie temporaire.
    Car si Turcotte est responsable, la somme de tous les facteurs qui ont « constuit » Turcotte est elle aussi responsable.
    Nous sommes tous des sujets dilués…
    Il y a le pardon du curé et le marteau de l’avocat.
    Il faudrait alors « utiliser » la méthode de PJCA qui – selon ce que j’ai pu comprendre – est: un meurtre est un meurtre.
    On en arrive à la grande question: faut-il condamner l’eau ou le bébé qui y baigne?
    Faudrait peut-être changer l’eau du bain et avertir le bébé qu’il a sa part de responsabilité dans la propreté du liquide dans lequel il baigne.
    Ici, on a choisi l’eau…

  3. avatar

    L’inacceptabilité du geste n’est pas une question de « morale », pas plus qu’une question « d’éthique ».

    Si vous croyez que c’est une question de diminution de la « morale » occasionnée par la « perte » de valeur religieuse,il faut vous demander ce qui arriverait dans une tribu primitive suite à un même geste de la part du père des enfants.

    Sachant que les « primitifs » considèrent tous les enfants de la tribu comme étant leurs propres enfants, il est assez facile de savoir les résultats qui surviendraient.

    Par contre, au niveau de la « morale » religieuse, on peut toujours comparer aux sacrifices de nouveaux-nés en usage dans certaines religions passées. Aucune religion n’est plus « valable » l’une que l’autre; ce ne sont que les « dogmes » qui diffèrent.

    La question est celle du respect de l’innocence et de la survie de la race; ce qui est énormément plus rattaché à « l’essentiel » humain.

    Remettez les choses à leur place, s’il vous plaît; et cessez de vous croire « civilisés » parce que vous n’acceptez plus la responsabilité de vos actes.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

  4. avatar

    Remettez les choses à leur place, s’il vous plaît; et cessez de vous croire « civilisés » parce que vous n’acceptez plus la responsabilité de vos actes.

    Je partage pleinement cette position, nous sommes rendus au stade d’une valeur « morale » alors que le concepte à mes yeux et dans mes sentimenst n’est pas du tout la même.
    Ce n’est dans la ‘Foi’ de personne que l’on trouve ‘La Vie » l’article est bioen étayé et différe des autres car nous tombons dans un domaine de morale qui ne tien aucun rôle essentiel dans cette macabre « affaire »

    Cordialement,

    Le Panda
    Patrick Juan

  5. avatar

    Gaetan,

    « …avertir le bébé qu’il a sa part de responsabilité… »

    j’ai sursauté à la lecture de ces mots.

    C’est puissant comme réflection et conclusion.

    Notre éducation ‘judeo-chrétienne’ a façonné une morale qui avait pour but de nous éloigner de la loi du Talion.
    Ceci m’amène à revisiter André Comte Sponville et Luc Ferry en y ajoutant les réflections et les propositions qu’a voulu nous donner Paul Ricoeur sur l’éthique tout au long de sa vie.
    L’esprit des ‘Lumières’ , «Nous ne sommes pas notre histoire!», aurait-il été trahis?
    C’est la raison qui façonne notre histoire et non notre éducation (vison ‘matérialiste’ de Sponville).
    Notre société occidentale vit présentement dans une morale ‘matérialiste‘ (au sens philosophique) qui est une morale pour bon temps, ignorant et refusant qu’il y ait des individus ont ‘le mal’ comme projet (vision ‘humaniste’ de Ferry).
    Pour avoir un projet il faut être conscient et par définition ‘responsable’ (vision ‘éthique‘ de Ricoeur).

    Le bébé n’a pas encore aquis cette faculté qu’est la raison.
    Turcotte a-t-il perdu momentannément cette ‘conscience’, la raison?
    Ma conclusion est NON; il a eu un projet, il est socialement et éthiquement responsable.

    DG

  6. avatar

    Dans la (ma) série « Publication par petits bouts, sur internet, de mon petit essai de mars 2000 dont aucun éditeur n’a voulu » (1) :

    « La laïcisation inachevée se confond souvent avec l’athéisme sectaire, une impasse aussi certaine que le dogmatisme religieux. Un même respect du pouvoir, de la puissance acquise, conduit le premier à conforter le second. Comme le besoin de Dieu reste très fort, même chez de nombreux scientifiques, on compose par calcul avec les courants religieux les plus puissants, même si ce sont les héritiers -continuant de transmettre l’héritage- du crime « divin », de l’Inquisition, des « saintes » guerres inter-religieuses, des « saintes » conquêtes coloniales ou de la théologie de la domination; on crée dans la République, pour ces courants, un domaine de non-droit.

    L’attitude philosophique dominante n’aide pas à sortir de cet état de fait. Cela s’explique fort bien par une forme d’orgueil, de suffisance née après le « désenchantement du monde »: le sentiment que l’homme est enfin devenu, grâce à la science, le « surhomme » longtemps rêvé (et maintenant l’homme « post-humain » de Fukuyama !) enfin « débarrassé de Dieu ». Le concept philosophique de « fin de l’histoire religieuse » conduit à la réanimation de celui de « l’homme-Dieu », et Luc Ferry, artisan de cette renaissance, croit pouvoir tranquillement, avec André Comte-Sponville pourtant en désaccord sur ce dernier concept, chercher la sagesse « après la religion et au-delà de la morale » (dans La sagesse des modernes, éd. Robert Laffont 1998) en un temps où la dissociation de la politique et de la morale provoque un « non-sens » généralisé, et désespère une bonne partie de l’humanité, dans sa composante athée comme dans sa composante théiste. »
    (Désacraliser la violence religieuse, mars 2000)

    Tout ça pour dire que « l’eau du bain » dans laquelle le bébé apprend à nager (à vivre) n’est plus tout à fait le problème. Notre époque n’a pas seulement jeté la morale et la raison avec « l’eau du bain », polluée par de déraisonnables « courants de pensée » qui se croyaient très purs, comme nous le fait comprendre Yan Barcelo.

    Elle a, d’une certaine manière, jeté la baignoire elle-même en jetant LE SENS.

    An arriver, par exemple, à dire que toutes les religions se valent (ou plus exactement qu’elles sont toutes également « non valables ») n’est ni juste ni faux, ni seulement dé-raisonnable. C’est tout simplement in-sensé.

    (1) A ma demande Centpapiers republie demain, me dit-on, un texte que j’avais fait paraître dans l’ancienne formule du site, et qui n’est plus accessible dans les archives de la nouvelle. Merci.

    • avatar

      Au delà de la Morale? Je ne possède plus ‘La sagesse des modernes’, cette déclaration m’étonne, confusion de mots? ou d’idée?.
      J’ai adopté la définition de Ricoeur au sujet de la morale et de l’éthique.

      « Faut-il distinguer entre morale et éthique ? À vrai dire, rien dans l’étymologie ou dans l’histoire de l’emploi des mots ne l’impose : l’un vient du latin, l’autre du grec ancien, et les deux renvoient à l’idée de mœurs (ethos, mores). On peut toutefois discerner une nuance, selon que l’on met l’accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui s’impose comme obligatoire. C’est par convention que je réserverai le terme d’ « éthique » pour la visée d’une vie accomplie sous le signe des actions estimées bonnes, et celui de « morale » pour le côté obligatoire, marqué par des normes, des obligations, des interdictions caractérisées à la fois par une exigence d’universalité et par un effet de contrainte. On reconnaîtra aisément dans la distinction entre visée de la vie bonne et obéissance aux normes l’opposition entre deux héritages : l’héritage aristotélicien, où l’éthique est caractérisée par sa perspective téléologique (de telos, signifiant « fin ») ; et un héritage kantien, où la morale est définie par le caractère d’obligation de la norme, donc par un point de vue déontologique (déontologique signifiant précisément « devoir »).» – Paul Ricœur

      «…en un temps où la dissociation de la politique et de la morale provoque un « non-sens » généralisé, et désespère une bonne partie de l’humanité…»
      je vous rejoins totalement sur ce point.

      Le ‘sens’ ‘l’existence’ ‘la mort’ de notre spiritualité laique s’est passablement éloignée des principes d’une vie bonne pour adopter la sotériologie(se sauver de l’angoisse de la mort) de la satisfaction des désirs ‘ici et maintenant’ et du vice de la cupidité comme nouvelle vertu pour y parvenir.
      Finalement on ne se sauve que de nous-même.

      Je lirai votre billet.

      DG

  7. avatar

    😀

    Bonjour Pierre Regnier.

    « An arriver, par exemple, à dire que toutes les religions se valent (ou plus exactement qu’elles sont toutes également « non valables ») n’est ni juste ni faux, ni seulement dé-raisonnable. C’est tout simplement in-sensé. »

    J’ai dit qu’elles sont équivalentes parce qu’elles se basent toutes sur des « dogmes de Foi »; et c’est ça qui est insensé.

    Un homme rempli de l’essence et de la Foi divine, qui croit que de sacrifier un enfant à son Dieu est « juste » et « acceptable » n’est pas inférieur à celui qui croit que de manger une hostie est de bouffer le corps du Christ. l’UN EST UN TUEUR ET L’AUTRE, UN CANNIBALE.

    Ce n’est pas la religion qui empêche de tuer des enfants. c’est la nature humaine qui assure inconsciemment sa survie. La religion n’annule pas le cerveau reptilien, (ni les deux autres)et pourtant les reptiles ne mangent pas leurs oeufs; mais comme les autres animaux le font, ils en pondent en quantité. L’homme ne peut pas faire la même chose; d’où la protection des enfants est incrustée dans ses gènes.

    Il n’y a que le cerveau principal qui puisse annuler cette « protection »; d’où la responsabilité du tueur d’enfants; surtout les siens.

    Amicalement

    Elie l’Artiste

  8. avatar

    Bonjour Yan,

    Merci pour cet article que j’ai bien apprécié.

    On a accordé beaucoup d’importance aux témoignages des psychiatres dans cette affaire. Devrais-t-on s’en remttre à l’opinion ‘d’experts’. La psychiatrie est-elle vraiment une science? Les psychiatres en savent-ils vraiment plus que vous et moi sur l,état mental de Turcotte au moment du crime? Si oui, comment peut-n avoir des expertises complètement contradictoires sur le même point, soit l’état d’esprit de Turcotte?

    Je ne crois pas à ces faux-prêtres qui prétendre lire dans les pensées de Turcotte le jour du crime. Foutaise.

    Anyways, l’ordre des psychiatres, c’est quoi sinon des pushers de pilules inefficaces et dangereuses. Vous sn’êtes pas certains?

    Regardez donc la liste d’homicides commis par des patients qui prenaient des antidépresseurs ou qui venaient d’arr^ter d’en prendre.

    C’est sur cet ordre professionnel que le système de ‘justice’ se fie pour trouver la ‘vérité’.

    C’est comme un mauvais rêve. Pris sur un navire en haute mer avec une bande d’idiots.

    Ne lâchez pas mes amis. Préparer vous, ça s’en vient. Babylone va tomber et tous les marchandes de la planète vont pleurer. Stockez des vivres.

    http://www.ssristories.com/index.php

  9. avatar

    Merci à tous pour votre intérêt et vos commentaires. Je vais répondre à quelques-uns dont les propos me touchent plus spontanément.

    Tout d’abord une note à Pierre Régnier. J’ai bien recu vos références aux articles que vous avez écrit et c’est toujours mon intention d’en prendre connaissance. Si je ne l’ai pas fait jusqu’ici, c’est tout simplement par manque de temps. Dès que je pourrai prendre un moment pour les lire, je vous ferai signe.

    Vous écrivez, M. Régnier, en réponse à Gaétan Pelletier: « Tout ça pour dire que « l’eau du bain » dans laquelle le bébé apprend à nager (à vivre) n’est plus tout à fait le problème. Notre époque n’a pas seulement jeté la morale et la raison avec « l’eau du bain », polluée par de déraisonnables « courants de pensée » qui se croyaient très purs, comme nous le fait comprendre Yan Barcelo. Elle a, d’une certaine manière, jeté la baignoire elle-même en jetant LE SENS. » Je ne peux que signifier mon accord.

    @Gaétan Pelletier< Vous avez le sens de la formule drôle et percutante. J'aime beaucoup: "On en arrive à la grande question: faut-il condamner l’eau ou le bébé qui y baigne?" Dans le cas de Turcotte, vous approuvez qu'on ait fait porter le jugement sur "l'eau" en déclarant le bébé non-responsable. Le seul problème, c'est que Turcotte n'est pas un bébé. À un moment donné, tout être adulte doit prendre responsabilité pour lui-même tel que l'a façonné l'eau dans laquelle il a baigné. Se réclamer ici d'une eau trop trouble qui lui a ravi sa responsabilité est trop facile. Ce n'est pas que j'en ai, par principe, contre la défense de non-responsabilité, mais s'en réclamer ici est un brin court. J'ai beaucoup étudié la folie, dont c'était une composante importante de ma thèse de doctorat qui portait sur une théorie de la santé mentale. La vraie folie est quelque chose de beaucoup plus sérieux et aberrant que ce que Turcotte a manifesté. Que son avocat ait réussi à "vendre" l'idée de folie et de non responsabilité, c'est ce que mon père et mon grand-père appelaient "se faire fourrer avec une pissette molle". @Lartiste Je ne sais pas ce que vous entendez par le mot "morale", ni même si vous souscrivez à ce concept. Pour ma part, c'est très simple: c'est un ensemble d'obligations et de contraintes liées à la présence irréductible en l'être humain d'une conscience, obligations et contraintes qui surgissent du seul fait du libre arbitre du sujet engagé dans des relations à d'autres sujets. Et quand vous liez l'impératif moral à un gène quelconque, je cherche encore le biochimiste qui aura identifié un gène de la moralité. Je suis très curieux de savoir quel gène, ou quel ensemble de gènes, en les soumettant à un procédé de "knock-off", pourrait conduire un être humain à perdre toute morale. @Denis Gélinas Vous citez un passage extrêmement instructif de Paul Ricoeur qui distingue entre éthique, en tant que science normative visant le bon et le bien, et la morale, comme zone d'obligations et de normes. C'est un extrait extrêmement intéressant pour lequel je vous remercie. Je ferais toutefois la distinction suivante: le point de vue de Ricoeur demeure trop "académique" à mon sens; il manque de tenir compte de la morale telle qu'elle se manifeste spontanément dans l'action non réfléchie via la conscience (bien sûr, ici la conscience morale, pas la conscience en tant que donné existentiel fondamental de "présence"). Cette morale, et sa voix ténue qui nous parle, tient-elle à un ensemble de normes et de contraintes qui nous viennent de l'extérieur, étant en quelque sorte plaquées plus ou moins arbitrairement sur l'action. Ou est-ce l'inverse? Les normes et contraintes sont "extraites" de la conscience morale telle que ses impératifs se manifestent dans le cours même de l'action et des échanges avec autrui. Dans ce cas, la conscience morale est première et fondamentale, et ce n'est qu'après coup qu'elle alimente, par la réflexion, un "code moral" plus ou moins juste, plus ou moins approprié. C'est pourquoi une authentique conscience morale échappe toujours à un moment ou un autre à tout ensemble de règles qui prétendrait la codifier. Ce n'est pas pour dire qu'un tel code est sans valeur, au contraire. Mais il vient toujours après-coup et comme éclairage second pour alimenter la réflexion morale. Une authentique conscience morale, entièrement accomplie et, du coup, rejoignant l'amour, n'a que faire d'un code. Elle crée son code au fur et à mesure. C'est le sens de la parole de Saint-Augustin: "Assure-toi d'abord d'aimer, et fait comme il te plaît". Toutefois, en attendant d'atteindre à cet état d'accomplissement, il est toujours bon d'évoluer avec un code moral, tout provisoire soit-il. @Aimé Laliberté Comme vous je me méfie des psychiâtres, surtout quand ils se mettent à dérouler une idéologie réductrice à partir de leur discipline vouée à la maladie et aux états aberrants. Et surtout lorsqu'ils font l'économie de la zone humaine par excellence: celle du libre arbitre et du choix moral que celui-ci impose. Toutefois, dans la mesure où ils en restent aux cadres de leur discipline, je ne peux que saluer leur pratique et leur savoir. Encore une fois, merci à tous pour votre intérêt et l'occasion que vous me donnez d'élargir et de préciser ma réflexion.

    • avatar

      « Et quand vous liez l’impératif moral à un gène quelconque, je cherche encore le biochimiste qui aura identifié un gène de la moralité. »

      C’était une figure de style; un peu comme si j’avais dit « dans les tripes ». L’idée est qu’il n’est pas « naturel » de tuer des enfants et que le « cerveau supérieur » doit prendre charge de combattre le « naturel », qui est de protéger, pour arriver à tuer des enfants.

      Le cerveau reptilien existe et est nécessaire, le deuxième cerveau est là pour améliorer le premier et le troisième pour encore améliorer le deuxième.

      Ce n’est pas une enfance malheureuse qui « bousille » le cerveau supérieur »; c’est l’habitude de taire sa conscience pour obtenir ce que l’on veut. Ce qui découle évidemment de l’apprentissage.

      Tout le monde, sur terre, a des problèmes et ces problèmes sont là pour nous apprendre à les solutionner. C’est souvent plus facile en faisant taire ce que nous appelons notre conscience, mais qui est, en fait, notre tendance naturelle. Et c’est alors que l’on développe le choix de la « facilité » au dépend de celui de la « responsabilité ».

      Toutes les horreurs découlent de ces choix évolutifs de chacun.

      Pour les gênes, je n’étais peut-être pas très loin de la vérité; malgré que cela ne soit pas prouvé scientifiquement.

      Par exemple, on remarque souvent que certaines maladies accompagnent un « état mental » correspondant. Ceci est assez délicat à discuter puisqu’il y a tellement de maladies actuellement; mais c’est une facette que très peu de gens veulent aborder, simplement, encore une fois, parce qu’on n’est pas prêt à accepter nos responsabilités; mieux vaut déléguer celles-ci à quelque chose qui nous est extérieur; ce qui n’a pas de sens.

      Mais je m’éloigne du sujet; veuillez m’excuser.

      Amicalement

      Elie l’Artiste

  10. avatar

    @Yan Barcelo

    Je laisserai Ricoeur répondre à ma place sur l’action spotannée (affective et non raisonnée) et vous trouverez probablement qu’il en tient compte dans ses travaux. Ricoeur est une référence en éthique médicale et judiciaire et ses travaux sont repris à travers le monde entier et sont à la base des codes professionnels de plusieurs ordres:

    «…la conscience est beaucoup plus qu’une qualité ajoutée qui ne change pas l’essence du psychique. Il est faux que la cure fasse passer le « souvenir » pathogène de l’inconscient dans le conscient, elle conduit à former un « souvenir » là où il avait « quelque chose » qui opprimait la conscience, « quelque chose qui était issu du passé mais qui était un infra-souvenir et qui, sans doute, opprimait la conscience parce qu’elle ne pouvait plus former un souvenir sur cette matière mnémonique (qui intéresse la mémoire) et affective de nature psychique. …Or le vouloir est l’un qui ordonne le multiple de l’involontaire.» – Paul Ricoeur

    Pour la suite de votre intervention, comme je ne suis pas philosophe, j’ai cru y déceler des vues auquelles Ricoeur aurait probablement été en accord avec vous, étant lié à un souci ontologique dans son ‘Herméneutique biblique’ et développé dans ‘Soi-même comme un autre’:

    «La charité véritable est souvent bafouée par l’inhumaine « justice » et par l’hypocrite « charité ».» – Paul Ricoeur

    Évidemment Ricoeur (en philosophe chrétien) parle d’agape pour ‘la charité’ et non de philia.

    DG

  11. avatar

    Bonjour,
    Je reviens suite à l’article de Pierre JC Allard sur le même théme:

    Dans le cadre de ce mini, mini exposé, il ne suffit pas d’indiquer:
    Je serais des premiers à mener cette charge, car je me reproche encore de ne pas avoir gueulé plus fort dans une affaire précédente.

    Tout un chacun sait plus ou moins que le risque zèro n’existe dans aucun domaine.
    Tout du moins ce qui est surprenant dans cette affaire, ce que l’on vient y compris parler de MORALE, comme en voulant rendre coupable les diverses, « croyances » alors que nous sommes sauf erreur de ma part:
    Dans un CRIME DOUBLE et que comme d’habitude LA JUSTICE refuse d’enlever son BANDEAU et la fameuse devise:
    Que vous soyez riche ou misérable trouve toute son ampleur.
    Turcotte n’est pas fou au point de commettre une seconde fois la même erreur, puis chacun le sait bien mieux que quiconque tous les gouvernements sont sur des siéges éjectables en OR.
    C’est une parodie de justice que le Québec vient d’offrir au monde comme la soite disante tête de Saint Jean Baptiste dans une assiette en ARGENT.
    Ou les 30 DENIERS de Judas.
    Assez de philosophie, mais la presse traditionnelle et les politiques se taisent dans le silence de la mort de ses « deux enfants » qui suivra la justice comme l’oeil au fond de la tombe, donc par voie de conséquence, tous ceux qui veulent tenter d’expliquer l’inexcusable.
    Ce n’est pas « 12 hommes en colére » ce sont deux enfants qui traitent tout un pays de laches, bien plus par LEUR SILENCE D’INACTIONS que par le fait que vous n’avez pas eu le courage formel d’oser dire haut et fort:
    J’ACCUSE
    Et d’invoquer les raisons du pourquoi du comment.
    JE NE ME SUIS SENTI dans la presque totalité du parcours en accord avec L’Artiste.
    Les grandes citations de spirualité ne servent à rien face à la mort donnée VOLONTAIREMENT.

    Le Panda
    Patrick Juan

  12. avatar

    @ Denis Gélinas (et à tous)

    Par courrier postal via l’éditeur de son dernier livre (ou via La Croix qui avait publié un texte de lui, je ne sais plus) j’avais demandé à Paul Ricoeur de s’exprimer sur la contradiction criminogène de l’Eglise catholique, et plus généralement sur la théologie criminogène. En vain, Paul Ricoeur ne m’avait pas répondu.

    On pourrait ainsi « préciser Ricoeur » en reprenant et modifiant la phrase de lui que vous rapportez :

    La charité véritable est souvent bafouée par l’humaine conception de la justice « divine », et par l’hypocrite « charité de l’Eglise » enseignant qu’elle est parfaitement compatible avec la prétendue criminalité de Dieu.

    La republication par Centpapiers annoncée plus haut est effective et accessible ici :

    http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/76309

    Amicalement.

  13. avatar

    Yan,

    bonjour,
    merci de nous contacter par message privé où ici, vous ne recevez pas les commentaires de nos intervenants.

    L’adresse e-mail (courriel) indiquée n’est pas bonne.
    C’est à la suite de diverses demandes que je suis allé voir dans la base de donnée, avec nos remerciements pour une adresse valide.
    Vous pouvez aussi me joindre en privé à:
    patrick.juan@panda-france.net
    Pardon de venir laisser ce post ici.
    Cordialement,
    Le Panda
    Patrick Juan

  14. avatar

    J’accepte la distinction de Ricoeur entre éthique et morale que nous propose Denis G, avec la même restriction qu’il y a lui-même apportée que c’est un choix arbitraire. C’est donc l’usage qui peaufinera cette distinction et nous y contribuons nous-mêmes notre modeste part par cette discussion.

    Les concepts devenant moins subtils quand on leur donne leur sens populaire, on en viendra peut-être a définir l’éthique comme l’ensemble des valeurs qui déterminent un comportement et la morale comme l’encadrement formel consensuel de ces valeurs dans un groupe.

    Si on accepte cette hypothèse, la justice, dans une société donnée, découle de l’éthique de sa majorité effective et tend a ce que la loi se confonde avec la morale, celle-ci revêtant nécessairement alors un aspect utilitariste

    Dans l’affaire Turcotte, je veux m’en tenir à la vision sociétale. Quelles qu’en soient les raisons, le comportement de Turcotte – et donc la façon dont il a utilisé sa liberté – créent un risque de récidive que la société n’a pas a courir. On ne peut plus le laisser agir librement dans la société. Il faut le mettre à l’écart définitivement. Le reste est affaire d’opinions, de modes, de circonstances et du choix de le traiter comme un fou ou un criminel, mas sa mise a l’écart définitive n’est pas négociable.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2007/10/15/25-les-violents-recidivistes/

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/07/la-liberte-des-autres/

    PJCA

    • avatar

      @PJCA

      «Si on accepte cette hypothèse, la justice, dans une société donnée, découle de l’éthique de sa majorité effective et tend a ce que la loi se confonde avec la morale, celle-ci revêtant nécessairement alors un aspect utilitariste.» – PJCA

      Je fais mienne cette hypothèse.
      Et vous reformulez avec brio la proposition linguistique de Ricoeur pour une compréhention accrue:

      L’éthique est l’ensemble des valeurs qui déterminent un comportement. (éducation)
      La morale est l’encadrement formel consensuel de ces valeurs dans un groupe. (la base des lois)

      Nous en venons à la ‘crise des valeurs’, problème de notre temps, et à l’abandon de toute dissipline que demande l’exercice de la noblesse par la vertu, quelle soit immanente ou transcendante.

      DG

  15. avatar

    @Lartiste
    Merci pour ces précisions. Je vois mieux d’où vous parlez et je constate que, pour l’essentiel, nous sommes d’accord.

    @Pierre Allard
    J’ai une hésitation seulement avec un terme de votre proposition: la mise à l’écart « définitive » de Turcotte. C’est une option que je retiendrais pour un meurtrier qui n’aurait montré aucun repentir de son geste. Ce n’est pas le cas de Turcotte, je crois. Il est péniblement conscient de l’horreur de son acte et le réprouve lui-même, si je me fie aux témoignages que j’ai lus dans La Presse. C’est déjà la moitié du chemin de réhabilitation faite. Toutefois, sa position reste ambigue car, après tout, il a cherché à se défiler des pleines conséquences de son acte en plaidant la non-responsabilité. C’est un signe certain que son repentir n’est que partiel. Un être authentiquement moral et pleinement réhabilité accepterait l’entière rétribution de la justice comme paiement légitime et nécessaire de son crime. Et c’est le paradoxe de la réhabilitation: c’est seulement au moment d’accepter de payer toute la dette de son crime qu’un criminel est, en réalité, sur la voie de la réhabilitation authentique. C’est seulement au moment d’accepter le plein paiement de sa dette qu’il est authentiquement éligible pour sa réhabilitation.

    @Le Panda
    Je ne comprends pas votre courriel où vous m’indiquez que je vous contacte par message privé. Je n’ai pas conscience de faire quelque manoeuvre que ce soit qui produise un tel résultat. Éclairez-moi, je vous prie, sur ce que je fais… et que je ne sais pas que je fais…

    • avatar

      Yan Barcelo,

      Mon message et je suis désolé de le laisser là, à nouveau et que vous ayez la gentillesse de nous communiquer une adresse e-mail (courriel) valide, afin de recevoir les « commentaires » qui paraissent sur le site « Les Voix du Panda » à la suite de vos divers « articles » c’est aussi simple que cela.

      Bien loin de moi, ou de nous l’idée d’un reproche quelconque.
      Je vais vous mettre le lien de votre article et cela sera peut-être plus parlant.
      http://www.panda-france.net/?p=9990
      En votre qualité de « rédacteur » aussi sur Les Voix du Panda, vous avez des réactions dont vous n’avez pas connaissance.
      Cordialement,
      Le Panda
      Patrick Juan
      N.B: Si vous souhaitez me l’indiquer en privé voici mon adresse e-mail:
      patrick.juan@panda-france.net
      Bien à vous.

    • avatar

      Yan,

      Je partage entièrement votre avis. Je crois que tout criminel devrait avoir la possibilité de se réhabiliter. Je crois beaucoup plus à la réhabilitation qu’à la punition.

      Par contre, comme vous soulignez, il cherche à éviter les conséquences de son geste en plaidant non-responsabilité.

      Ayant obtenu un verdict de non-responsabilité, le jury vient de lui dire qu’il n,a rien à se reprocher.

      Il est difficile, dans ces circonstances, de voir comment Turcotte en viendra à réaliser la véritable portée de ce qu’il a fait, ce qui explique le manque de remords.

      Honnêtement, pensez-y deux secondes. Son histoire ne tient pas debout.

      S’il était dépressif et qu’il avait connu un moment de folie, comme il a prétendu, ce type serait complètement démoli à l’idée d’avoir tué ses deux jeunes enfants.

      Voyons donc! Il ne serait pas en train de collecter son cash pour payer ses avocats, comme il a dit, mais serait plutôt prêt à passer le reste de ses jours en prison.

      Son attitude ne concorde vraiment pas avec son témoignage.

      Moi, tout ce que je vois, c’est un manipulateur!

  16. avatar

    @Aimé Laliberté
    Je trouve votre analyse très pertinente et j’y souscris. Ce type n’est pas net, n’est-ce pas?

  17. avatar

    Après avoir ruiné la vie de plusieurs personnes, certains criminels sont condamnés à quelques années de prison. Le plus grotesque de l’affaire est qu’à notre époque, le criminel (quelque soit son rang social), peut devenir une célébrité, un héros, fréquenter les talk-shows, et ensuite publier une autobiographie racontant les séquelles psychologiques de son horrible enfance qui l’a poussé à commettre des actes ignobles. Un best-seller! Parfait pour renflouer ses poches.

    La société excuse à peu près n’importe quoi, même l’homicide. Aucune peine ne rendra justice, encore moins la peine de mort. Laisser vivre le coupable avec les conséquences de son acte me semble plus efficace comme «punition»… car personne ne peut fuir ses propres émotions à moins d’être sous l’effet de drogues inhibitrices comme celles qu’on utilise en psychiatrie.

  18. avatar

    @ YB
    Il faut distinguer ce que je pense de Turcotte – un psychopathe qui a agi par vengeance et a prémédité dès le départ son meurtre et sa défense de folie – et ce que je propose comme réponse systémique.

    Celle-ci repose sur la notion que tout acte de violence est « une folie » et que son auteur n’en est donc jamais « coupable ». La société ne réagit donc pas pour le punir, ni pour le réhabiliter, mais pour indemniser la victime dans la mesure du possible et protéger la société.

    Pour un crime de violence grave qui indique un sérieux désordre mental (Turcotte) ou s’il y a récidive, la protection de la société passe par une mise à l’écart définitive du criminel, car il ne s’agit pas de risquer la vie des innocents pour donner une chance au coupable.

    Comme il devrait toujours rester un espoir, toutefois, je propose que puisse être libéré sur la recommandation unanime de 5 psychiatres – mais portant bracelet GPS et sujet a des contrôles périodiques – celui qui a été ainsi mis à l’écart.

    MAIS il faut que ces psychiatres soient privés de leur droit de pratique durant 5 ans, si le criminel libéré se rend coupable d’un autre acte de violence grave de quelque nature que ce soit. Je crois qu’a ces conditions la libération sera extrêmement rare et c’est bien ce qu’il faut.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2007/10/15/25-les-violents-recidivistes/

    PJCA

  19. avatar

    Yan Barcelo,

    Redit:

    Mes deux messages, sont restés sans réponse, merci, alors je réedite: ayez la gentillesse de nous communiquer une adresse e-mail (courriel) valide, afin que vous receviez les « commentaires » qui paraissent sur le site « Les Voix du Panda » à la lecture de vos « articles ».

    Loin de nous l’idée d’un reproche quelconque.
    Nous allons vous mettre le lien de lo’un de vos articles, cela sera peut-être plus parlant.
    http://www.panda-france.net/?p=9990
    Nous ne vous demanderons pas à nouveau si vous ne le souhaitez pas.
    Cordialement,
    Le Panda
    Patrick Juan
    Vous souhaitez nous l’indiquer en privé voici mon adresse e-mail:
    patrick.juan@panda-france.net
    Bien à vous.

  20. avatar

    Je suis très heureux que vous n’ayez pas fait partie du jury, sale autoritarien!