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Ce Gui qui met l’amour en cage …

Les plantes n’ont pas fini de nous surprendre, nous soigner, ou nous tuer, puisqu’il ne faut jamais oublier la règle : « c’est la dose qui crée le danger »…

Certaines plantes, comme le Gui, sont réputées toxiques, et pourtant, ce même Gui peut, d’après certains chercheurs, guérir.

« Au gui l’an neuf » sont, parait-il, les mots que prononçaient nos vieux druides, afin de stimuler la germination du blé…

En effet, cette phrase bien connue est la déformation du celte : « a ghel an heu », qui signifiait littéralement « que le blé germe »…lien

Cette légende mérite le détour…

Selon le mythe, Baldur, le fils d’Odin, était le plus aimé de tous les dieux, au point qu’ils décidèrent de le protéger de tous les dangers du monde et la mère de ce Baldur, appelée Frigg, imposa au feu, à l’eau, au métal, à la pierre, et à toute chose vivante de ne jamais blesser son fils.

Hélas, l’un des dieux, nommé Loki, n’éprouvait pas de sympathie pour ce Baldur si bien protégé, et il découvrit que dame Frigg avait négligé le Gui.

 

Il en confectionna donc une flèche, laquelle tua Baldur… et de ce jour, la mère éplorée décréta que le gui ne serait plus jamais utilisé comme arme, promettant d’embrasser quiconque passerait en dessous. lien

Plus tard, les tribus nordiques, décidèrent que les combattants ennemis qui se rencontreraient sous le Gui se devaient de déposer les armes, et de respecter la trêve. lien

 

C’est de là que viendrait la tradition de s’embrasser sous le Gui, à l’occasion des fêtes de fin d’année… à chaque baiser il faut enlever une des petites boules blanches… jusqu’à la dernière, ce geste étant un gage de santé, de bonheur, de fertilité… et de mariage dans l’année.

Mais cette plante étrange, qui parasite certains arbres, est, avec ses petites boules translucides, la plante sacrée par excellence, symbole de l’immortalité, toujours verte, restant vivante même quand l’arbre sur lequel elle s’est fixée semble mort…

 

 

Nos ancêtres druides le recueillaient avec une serpe d’or, le déposant dans un linge immaculé et prenaient toutes les précautions afin qu’il ne touche pas le sol.

Ils l’utilisaient pour ses propriétés antispasmodiques, afin de soigner les épileptiques, les hystériques, ou même de simples crampes, même si aujourd’hui son emploi thérapeutique n’est plus à l’ordre du jour, alors qu’il a été utilisé pendant des siècles pour traiter l’épilepsie, l’arthrite et l’hypertension. lien

Pourtant, depuis peu, quelques scientifiques songent à l’utiliser à nouveau, d’autant que des études, portant sur 10 000 patients, sur une période de 20 ans, ont permis la mise au point du célèbre «  Iscador », produit issu de la fermentation bactérienne du gui, employé couramment en Allemagne et en Suisse dans le traitement des cancers.

Cette utilisation de l’Iscador, aurait augmenté de 40% l’espérance de vie des personnes atteintes d’un cancer…

En effet, la feuille de gui contient de nombreuses substances qui ont un effet curatif, ainsi que des alcaloïdes ayant des propriétés anti-cancéreuses. lien

Quant aux petites baies blanches, elles contiennent un élément lequel à des propriétés immunostimulantes. lien

Il faut naturellement l’utiliser avec la plus grande prudence, car, suivant la dose, le gui peut se révéler mortel…

Quittons le Gui et ses promesses de guérison, voire de mariage, pour l’amour en cage, nom populaire qui désigne une plante originale provenant d’Amérique du Sud, le Physalis, appelé aussi Alkékenge, voire Coqueret du Pérou.

Il est notoire que nous devons déjà à l’Amérique du Sud Tomates, Pomme de Terre, Maïs, ou encore Tournesol, mais le Physalis fait aussi partie de toutes ces plantes amérindiennes que nous consommons aujourd’hui… lien

Les petits fruits rouges, prisonnier de leur cage d’amour sont comestibles, et bourrés de vitamine C, et on le consomme lorsqu’il est bien mur, bien rouge, c’est-à-dire en septembre, octobre dans nos régions. lien

La teneur en vitamine C du Physalis dépasse de loin la plupart des aliments que nous connaissons, et une seule vingtaine de baies couvrent 35% de nos besoins, et pas seulement.

Il est riche en minéraux et en oligo éléments. lien

Ajoutons qu’il contient du bêta-carotène, une anti oxydant qui permet de favoriser la croissance des os et des dents, qui maintient la peau en santé et protège contre les infections. lien

Les physalines qu’ils contiennent ont des effets anti-cancer prouvé.

Il y a plusieurs variétés de Physalis, dont le Camapu (physalis pubescens), le Jua de Capote(physalis angulata), le Physalis peruviana… et tous n’ont pas les mêmes propriétés.

Tout comme pour le Gui, les scientifiques, comme Milton Nascimento Dos Santos, chercheur au sein de l’Université fédérale du Para, s’intéressent à cette plante d’Amazonie, qui aiderait surtout à soigner les maladies neurodégénératives, Alzheimer, Parkinsonlien

Ces chercheurs ont constaté que la célèbre « cerise de terre », surtout la variété Pubescens, contient dans sa tige des substances potentiellement capables de stimuler la production de nouveaux neurones dans l’hippocampe, cette partie de notre cerveau qui joue un rôle primordial dans la mémoire, mais aussi pour nos déplacements dans l’espace. lien

 

Quant à la variété Camapu, elle a des propriétés médicinales reconnues : anti-inflammatoire par exemple… et permet aussi la régénération des neurones de l’hippocampe.

On sait aujourd’hui, globalement, que le Physalis a aussi des qualités apaisantes, dépuratives, diurétiques, anti oxydantes, antibactériennes, voire antitumorales.

Pour ma part, je l’utilise pour décorer un Taboulé  : ces petites baies rouges font merveille au milieu des feuilles de menthe, et des zestes de citron, et les cuisiniers n’hésitent pas à le mettre à toutes les sauces : de la verrine au foie gras, au cheesecake en cœur aux fruits frais, en passant par les sablés à la mousse de citron. lien

 

Alors, qu’il s’agisse du Gui, promoteur du mariage, ou du Physalis, encageant l’amour, les deux sont aussi porteurs de promesses scientifiques capables de soigner de bien tristes maladies, mais aussi de mettre de la couleur dans nos cuisines.

Comme dit mon vieil ami africain : « là où on sème, il ne fait jamais nuit ».

L’image illustrant l’article vient de https://fr.aliexpress.com

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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