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CCLXXXV : aujourd’hui, on va à la pêche… au trafiquant, à Belize

C’est le paradis des pêcheurs, là-bas, au Belize (1) : les eaux sont transparentes et les espèce magnifiques et nombreuses. Le tourisme l’a bien compris.  Il apporte sur les îles de la côte des pêcheurs amateurs étrangers qui viennent parfois de loin, tel le chanteur Jimmy Buffett qui a fait fortune sur place.

Des habitants du crû se sont donc transformés en guides, amenant les férus de la canne à pêche dans les endroits les plus féconds. Le problème étant que ces mêmes endroits, plutôt retirés, sont ceux aussi où les avions de trafiquants larguent aujourd’hui leurs balles de coton contenant les pains de coke. D’où de nombreux incidents.

La région a aussi attiré un beau déglingo : John McAfee. Oui, le créateur de l’antivirus pour ordinateur du même nom !

 

Meurtres en série dans le lagon 

En juin 2019, nouvel événement dramatique lié au trafic de cocaïne. Le pays demeure on le sait une destination touristique prisée. Là-bas, des tour-operators organisent régulièrement des sorties de pêche, et l’un d’entre eux spécialement : c’est Mario Graniel, de Boca Del Rio, le spécialiste toutes catégories depuis des décennies du secteur de l’île d’Ambergris Caye, la plus grande de Belize, où les belles prises ne manquent pas dans cet aquarium géant, vrai paradis pour pêcheur : le Bone fish (Albula vulpes) qui peut faire un mètre de long, le Tarpon (un Megalops qui fait jusqu’à 3 mètres et 180 kg), le Grouper (le Mérou), Le Snapper (le Vivaneau campèche, rouge, jusqu’à 85 cm), les Jacks (des Caranx hippos qui font entre 70 cm et un mètre), dont le Crevalle Jack, (ici en haut à gauche), le redouté Barracuda qui peut atteindre 2 mètres (ici pêché par Graneil dans les années 2000), mais aussi les Sailfish (les Voiliers ou Istiophorus d’1,5 m avec leur énorme nageoire caudale comme les Espadons ), Le Marlin, poisson à rostre – comme l’Espadon –  qui peut faire jusqu’à 4,5 m, Le Bonito (le Genus, une sorte de Thon) et le Pompano (Trachinotus) qui peut atteindre 60 cm (ici pêché par le client de Graniel, derrière lui dans sa barque, plus récemment), bref, il y a largement le choix !!! C’est cette offre alléchante à laquelle un éminent cardiologue venu de Virginie, oeuvrant à la Carilion Clinic de Roanoke, Paul Swank 53 ans, avait répondu pour venir passer ses vacances en famille (avec sa femme et ses trois enfants) et s’adonner à sa dévorante passion : la pêche (il est ici à gauche avec une de ses prises, chez lui, un Brochet)

Le paradis de Jimmy : pêche… et cocaïne

L’un des grands adeptes de ce genre de pêche sportive est également le chanteur Jimmy Buffett (ici à gauche avec la casquette et là avec un thon de 250 kilos !)  qui a connu son heure de gloire dans les années 80, en qualité de créateur du genre « Caribbean Rock n’ Roll » (avec des steel-drums, grands instruments (2) !!!) soft et plutôt agréable, tirant vers la country, avant tout un joyeux fêtard, chantre de la vie cool (sous herbe).  Il était venu habiter un temps à Saint Barthélemy, (en territoire français donc !) et il s’est lancé ensuite avec succès dans la restauration. «Buffett avait été autrefois trop country pour New York et Los Angeles et pas assez country pour Nashville. Il avait essayé d’être autre chose que lui-même, puis avait abandonné et avait donné son énergie aux Têtes de Perroquet (le nom de ses restaurants, « Parrots Heads) ». Et puis il est devenu un genre en soi. L’industrie a finalement fait son apparition » a-ton dit de lui. En fait sa vie entière est le résumé d’une époque, celle pendant laquelle la consommation de cocaïne dans le showbiz était devenue monnaie courante (et ce n’est pas Eric Clapton qui va me dédire et encore moins Stevie Ray Vaughan, qui lui était en plus devenu alcoolique… à l’âge de 8 ans ! « L‘habitude de Stevie est ridicule. Il renifle un quart d’once de pure cocaïne pharmaceutique en flocons de Merck par jour et consomme un quart de scotch Royal Crown – au moins. Il ne touche plus les murs. Le Dr Bloom découvre que le septum – la cloison séparant les deux narines- déjà ruiné de son patient est tellement corrompue qu’il est amené à dissoudre la cocaïne dans le whisky. Les rayons X révèlent que la muqueuse de l’estomac de Vaughan est en train de pourrir. La cocaïne se cristallise dans les intestins de l’homme. Bloom donne à Stevie deux semaines pour vivre. Ou vous pouvez vous arrêter immédiatement et retarder votre arrêt de mort. Si vous êtes très chanceux. Mais bon, c’est son anniversaire. Bloom lui permet une petite coupe de champagne en plastique pour fêter et dissoudre le phénobarbital« … En France, comme fournisseur, on a alors Gérard Fauré, qui arrose toutes les nuits parisiennes… arrêté en 1986 pour cinq ans.  Allez, pour Stevie, bien au-dessus de la variété française, cliente de Fauré,  on rajoute Texas Flood à écouter : même shooté à mort, il était fantastique le Stevie Ray !

Buffett, lui, en réalité a fait depuis de son hit  » Margaritaville » extrait de son album “Changes in Latitudes, Changes in Attitudes” sorti en 1977, un énorme empire commercial (Margaritaville Holdings), comme on vous l’explique très bien ici. Il a même créé sa propre radio en 2005 : « Radio Margaritaville » ex Sirius XM Radio et il fabrique aussi sa propre bière, dans la Margaritaville Brewing Company et sa spécialité la « Landsharklager » !!! Il s’est aussi installé au Costa-Rica, via Margaritaville Holdings and Driftwood Acquisitions & Development, où il a bâti une marina. En 2016, il « pesait » déjà lourd : 550 millions  de dollars de fortune personnelle !

Pilote lui-même, il possédait un rare hydravion Grumman Albatross dont il a fait l’emblème d’un de ses restaurants (cf ci-dessus). Surnommé « Hemisphere Dancer » (N928J), devenu le « Jimmy Buffett’s Margaritaville » installé à l’Universal Studios CityWalk d’Orlando, en Floride. L’engin, magnifique, a été remplacé depuis par un Cessna 208B, haut juché sur flotteurs, le N208JB (« JB » pour Jimmy Buffett bien entendu !). Il a recruté pour l’occasion Gerald Leslie, pilote chez Tropic Air, et raconte-t-il partout « Frank Bama » en fait un pilote imaginaire  joué par Buffett dans la série Hawaï Five O et héros de la nouvelle écrite par… Buffett, « Where is Joe Merchant ? ». Resté fort drôle et très moqueur, il a posté une photo ironique de lui-même avec Leslie, tous deux assis sur l’aile droite d’un Pilatus PC-12 qui s’était posé sur le ventre à Belize, au Cat Cay Airport le 8 mars 2017, c’était le N8TS (N°1650), ex HB-FSQ de Tomcat Air Ltd LLP. L’avion a été scrappé et a été remplacé par la firme par le N°168, en portant la même immatriculation reçue le 1er janvier 2012. En voilà un qui était abonné au Pilatus au moins !

Buffett, en 2017, fera une confession rare sur la période chaotique de son existence, dans sa biographie « A Good Life All the Way », expliquant « qu’il avait commencé à jouer dans des pizzerias et des bars au Mississippi, puis avait joué toute les nuits au coin d’une rue à la Nouvelle-Orléans. Il jouait pour tous ceux qui voulait bien l’écouter. Il a alors pris de l’Eskatrol, une amphétamine prescrite pour la perte de poids et avait une petite amie call-girl au tarif élevé. Après avoir obtenu son diplôme du sud du Mississippi et raté son projet physique, il était libre de poursuivre une carrière musicale » . Mais ça n’a pas marché et après un seul album il était allé s’installer à Key West, à Miami. Pour y rencontre des dealers. « Lors du tournage d’un reportage d’ABC Dunhill, le chanteur avait fait part de ses réflexions sur la vie insulaire et la manière dont la contrebande de drogue aux États-Unis se déroulait et pas si secrètement que cela. « J’ai été tenté de temps en temps d’y participer », a déclaré Buffett, « car à l’époque, ils débarquaient en plein milieu de la journée sur les quais de crevettes », a-t-il déclaré. « On lui avait dit qu’il pouvait faire deux fois ce qu’il avait fait pour le disque et en une seule fois », révèle le livre. Lorsque les agents des narcotiques sont venus rendre visite à Buffett, il a affirmé qu’il n’avait jamais été un marchand de drogue. Mais qu’il avait fait une rencontre avec des marchands de drogue une nuit en 1978 à San Salvador lorsque son voilier était ancré dans une crique. Il transpirait après une gueule de bois quand un bateau à cigarettes est arrivé. Ils devaient utiliser son radar. J’ai convenu que oui s’il pouvait conduire leur bateau et «aller vite». La course folle terminée, Jimmy a fait la fête avec des gens sur un voilier à proximité dans la crique, puis a décidé de dormir dans le canot de son bateau. Mais son nœud n’a pas tenu et le canot a dérivé vers la mer. Il s’est  réveillé et il n’a vu que de l’eau dans toutes les directions. Il était perdu. Comme une balle qui voyage vite, le bateau à cigarettes est apparu à côté du canot suivi d’un deuxième bateau, le bateau-mère, chargé de drogues. Les trafiquants de drogue l’ont dirigé vers sa maison, mais Buffett savait que s’il ne les avait pas rencontrés plus tôt, il serait mort. Ce fut une rencontre dangereuse et un nouveau sentiment effrayant ». C’était aussi la période de la « Hipe Mafia« , décrite par Richard Stratton dans « Smuggler’sBlues » (qui est aussi une excellente chanson aussi de Glen Frey, des Eagles, un excellent texte sur la situation en Floride : elle sera jouée dans le 16eme épisode de Miami Vice, série emblématique de la période). Plus tard il est devenu ami avec l’écrivain sulfureux Hunter Thompson, qui passait sa journée comme c’est décrit ici (3). Jimmy, lui, avec son groupe les Coral Reefers, a continué à tourner (et faire une infinité de disques, plus de 40 à son actif, dont « Last Mango in Paris » écrit par le « Captain Tony Tarracino », un tenancier de saloon de Key West) : « la scène autour de Buffett et de son groupe, les Coral Reefers était devenue plus sauvage au fil des ans. Il y avait de la cocaïne pour les maintenir en activité et personne ne pensait avoir un problème de drogue » écrit le Daily Mail : c’était ça, ça faisait en fait partie du showbiz !  C’est sa femme,  Jane Slagsvol qui le sortira du cercle infernal de la coke : elle l’avait même quitté à un moment en raison de ses excès et de son addiction. Musicalement, en tout cas, il a bien eu raison de persévérer : il s’est même offert une superbe revanche. En 2003, trois décennies après son arrivée à Nashville et s’en être fait éjecter, il a en effet remporté avec Alan Jackson le prix de la Country Music Association pour « l’événement vocal de l’année « et l’Academy of Country Music Awards pour « le single de l’année et la vidéo de l’année »  (pour « It’s Five O’Clock Somewhere. ») !!! Le clip vidéo faisant la part belle à la vie de pêcheur festif de Buffett (on le voit sur scène à la fin du clip de Jacskon) ! Jackson est aussi célèbre pour sa chanson « Where Were You (When the World Stopped Turning« , ultra-patriotique, dont le thème est… les attentats du 11 Septembre !!

Pour le malheureux Paul Swank, que l’on suppose plutôt sobre, parti le matin avec Graniel dans le lagon de San Pedro le 23 juin 2019,  ce fut une autre chanson, car hélas, il n’est pas revenu vivant de sa partie de pêche; on retrouvera les deux corps, le sien et celui de son guide, percés de dizaines de balles, flottant sur le ventre à proximité du petit skiff à la dérive du pêcheur bélizien, le Johnny G (ici à gauche). Selon d’autres pêcheurs, un bateau de couleur sombre était passé vers 10 h ce matin-là près d’eux et les avait copieusement arrosés de balles, sans sommation. Selon la police locale, la vieille, la maison de Graniel avait reçu des tirs, et il était de notoriété publique selon elle que Graniel avait eu un différend avec un gang local de San Pedro. Un américain retrouvé assassiné, voilà qui peut-être allait décider davantage les USA à se pencher sur le cas de Belize, qui partait en déliquescence complète face aux gangs de cocaïne, remarquez !!!

Un meurtre non élucidé par une police atone

Peine perdue… L’affaire du meurtre du chirurgien Sand a été en fait mise de côté par les autorités, selon la sœur du défunt : « elle a déclaré qu’elle n’était pas convaincue que les responsables du Belize aient achevé une enquête approfondie et qu’elle pensait que les autorités voulaient minimiser les dommages causés par le meurtre sur le tourisme dans la région, ce qui, selon le Sun, pose problème depuis le double homicide« . Selon le Sun en effet « Le double meurtre choquant a menacé l’industrie du tourisme, incitant le département de police du Belize à créer une unité de sécurité spéciale sur l’île. Les premières enquêtes ont conduit à la détention de plusieurs suspects, mais personne n’a jamais été inculpé ». Cette unité musclée sera très vite accusée d’exactions. On ne trouve déjà plus sur le net l’annonce de l’arrestation d’un suspect de 23 ans appelé Christian Espat, qui avait été pourtant arrêté. Il se serait présenté de lui-même à la police accompagné de son avocat, avocat Leeroy Banner, après avoir posté une vidéo dans laquelle il se disait innocent du double crime. La famille n’avait pas trop apprécié à l’époque les propos de la police : « la semaine dernière, le commissaire de police Chester Williams, en expliquant que Swank n’était pas la cible visée, l’a qualifié de dommages collatéraux tardifs », ce qui peut être une terminologie exacte mais qui ne convenait pas aux membres de la famille de Swank. Le frère du défunt, Darrin James Swank, a déclaré que «la police du Belize qualifie mon innocent frère de« dommages collatéraux », mais pêchait-il à la mouche dans une zone de guerre ? Si tel est le cas, envoyons-y l’armée. »

Pour refermer et clore définitivement le dossier devenu brûlant pour la police bélizienne, celle-ci invente la parade parfaite, sept mois plus tard, au moment où la saison touristique reprend :  » les autorités du Belize pensent que le principal suspect du meurtre d’un médecin à Roanoke est mort (…) » (Tiens, il y en avait un second ? ). « Le 6 février (2020), le commissaire Chester Williams du département de police du Belize a déclaré au San Pedro Sun que le principal suspect non identifié dans l’affaire avait été tué au Guatemala. Williams a déclaré au journal qu’ils avaient récupéré l’arme du crime dans une maison de la ville insulaire et avaient suffisamment de preuves pour inculper le suspect ». «Alors que nous allions arrêter cette personne, il a été porté disparu… et d’après ce que nous avons appris, il a été emmené au Guatemala. Il a apparemment été tué dans une zone que nous n’avons pas encore confirmée », déclare le commissaire Chester Williams au Sun.  En somme, une mort très, très pratique car… invérifiable !

Le déglingo de Belize

Le 11 novembre 2012, un américain expatrié, Gregory Faull, avait été sauvagement assassiné chez lui, à Belize, sur l’île d’Ambergris Caye déjà citée ici. Lui aussi était un passionné de pêche, comme on peut le voir ici à droite (il est à gauche ici sur la photo). C’était le propriétaire du Tailgaters Smokehouse, un restaurant couru sur l’île, avec ses 49 bières différentes à proposer. Avant cela, Faull avait eu une carrière réussie dans la construction, en travaillant sur plusieurs projets pour Walt Disney World, Universal Studios, SeaWorld notamment. Les soupçons portent aussitôt sur son voisin, avec qui il s’était chamaillé à plusieurs reprises à propos de ses chiens et des agents de sécurité armés devant son domicile. Un voisin qui s’appelait McAfee… JohnMcAfee. Surnommé sur place « le déglingo » !

Cet homme-là a laissé sa trace à Bélize, et ce n’est pas en lui laissant une belle image, franchement. Cet homme, c’est John McAfee, dont il convient ici de raconter l’incroyable saga. Ingénieur, né en 1945 à Roanoke en Virginie, au père alcoolique qui le battait, il avait débuté dans les années 70 chez General Electric, Siemens et Xerox, il avait vite pris l’habitude de dompter les heures incompressibles de travail informatique alors à ses débuts en se dopant, d’abord en buvant énormément. Passé ensuite au haschich puis à la cocaïne, également, à la quelle il avait vite ajouté du LSD, puis de la DMT, la mode aidant. Il avait inventé alors un logiciel pour gérer le réseau ferroviaire pour Missouri Pacific Railroad à St. Louis, sur l’un des gros computers IBM de l’époque. Puis il est arrivé chez Omex, puis après encore chez Lockheed. Doué, il avait été vite fort demandé et a très vite aussi bien gagné sa vie, sans rien renier de sa vie de patachon, notoirement connue. A l’arrivée du premier vrai virus informatique, appelé Brain (venu du Pakistan) il avait vu-là une occasion supplémentaire d’exprimer ses talents, aidés par un excellent bagage mathématique (il avait fait une thèse en 1968). Il fonde alors McAfee Associates, à Santa Clara, qui va vite devenir incontournable sur tous les PC, une place qui va devenir primordiale avec la deuxième vague de virus appelé Michelango (en 1992), virus qui a failli dévaster le parc mondial plus vite que le Coronavirus aujourd’hui chez les humains. On se l’arrache donc, et il devient multimillionnaire… sa compagnie entre au Nasdaq, et ses parts valent alors 80 millions de dollars. Intel le rachète en 2010 pour la somme astronomique de 7,68 millards de dollars, et il en profite pour s’offrir une vie de luxe mêlant grosses voitures, yachts, villa énorme et jolies filles à gogo, plus l’essentiel avion privé. Il vendra plus tard sa propriété de Woodland Park 5 millions de dollars à Patrick Wu le 10 mai 2007. Sa femme le quitte inévitablement et il s’amourache de Jennifer Irwin, qui le quitte en 2010 constatant qu’il invite des (très) jeunes filles chez lui régulièrement. En 2013, il sort une vidéo déjantée où on le voit prendre de la coke à la pelle – « sels de bains » dit-il-, entourée de filles dénudées (dont sa nouvelle femme, ex-prostituée qu’il a sorti des griffes de son souteneur). C’est un provocateur-né, en fait. Ça ne plaira pas à Intel, qui rompra le contrat avec lui l’année suivante. Il se re marie la même année (pour la deuxième fois pour lui, donc) avec Janice Dyson.

Mais il s’ennuie vite, et décide de se lancer dans la recherche… antivirale. Mais la vraie celle-là : associé à la chercheuse Allison Adonizio, âgée de 31 ans, il s’installe en pleine jungle.. en Belize, sur l’île  d’Ambergris Caye, à New River, car on y parle anglais, (un endroit qu’il a déniché sur Google Earth !) où il espère dénicher de nouveaux antibiotiques (à gauche son « labo ». Un labo où il va très vite être soupçonné de faire dans la recherche… sur les drogues ! Pour cela il revend le terrain de 1000 acres qu’il avait à Hawaii et même l’aéroport privé qu’il avait construit au Nouveau Mexique (à Rodeo, ici à gauche. Sur place, il avait lancé une activité touristique en delta plane motorisé (ici à droite). Il avait importé le sport à Belize. Ci-dessous sa maison d’Ambergris Caye :

 

Et il continue en même temps à vivre comme un déjanté : le jour de son arrestation il était en compagnie d’une jeune fille de 17 ans venue de Carmelita, appelée Amy Emshwiller, très instable (elle essaiera un matin de le tuer au pistolet, et lui avait alors 66 ans !). Il avait une obsession, celle de ne pas vieillir. On l’avait souvent vu traîner au bar Lover d’Orange Walk, coin un peu perdu, dont le patron avait un lourd passé de proxénétisme.
A Carmelita, il rencontrera des dealers mais, effrayé, il apportera plutôt des armes et des équipements pour des policiers éberlués pour sa défense, car il était aussi devenu complètement paranoïaque (plus bas ici des Quads offerts par lui, à droite). « McAfee a fait plusieurs dons au ministère de la Sécurité nationale. En 2009, McAfee a fait don d’un navire d’une valeur de plus d’un million de dollars à la Garde côtière nationale du Belize. Il a également fait un don aux services de police locaux à différents moments. En 2008, McAfee a fait don de deux véhicules tout-terrain d’une valeur totale de 40 000 dollars au service de police de San Pedro. De plus, plus récemment en 2011, il a fait don d’un certain nombre d’équipements à la police SP d’une valeur de plus de 3 500 dollars ». McAfee avait déclaré: «J’ai fait don au seul service de police de plus de deux millions de dollars de marchandises au cours des deux dernières années. J’ai fait énormément de travail pour nettoyer Carmelita, fournir de la nourriture aux écoliers et être traité de cette façon, après avoir agi de cette façon, cela me fait réfléchir à deux fois avant d’investir autre chose ici. » Car il venait alors de se faire arrêter par cette police qu’il avait tant choyé !

Ici à gauche, ses mercenaires pour le garder, et ci-dessous à droite le policier lui montrant une plaque pour ses dons, au dessus sa fine équipe sur place, gardes et petites amies compris). Mais son attitude constamment provocatrice déplaît.
On l’accusera alors de trafic de drogue, ce qui lui a valu la visite du fameux GSU, le Gang Suppression Unit, à la mauvaise réputation (des tortures et des extorsions !), dirigé par Marco Vidal. Ils ne trouveront chez lui que des armes et des gardes possédant une licence en règle. Resté fort provocateur, en effet, il s’était vanté sur Internet sur le site Bluelight de raffiner chez lui de la MDPVune drogue aux effets proches des amphétamines…  sans qu’on en trouve la moindre trace sur place. La mort subite par arme à feu de son voisin, par lequel on a commencé ce chapitre, qui s’était plaint de lui, le fera devenir fugitif, ce qu’il ne fallait alors pas faire bien sûr.

Retrouvé et arrêté au Guatemala, avec son amie bélizienne  du moment Samantha Venagas, il verra les charges contre lui tomber rapidement. Sur place, il répondra aux journalistes que tout cela avait en fait démarré quand il a refusé de payer des pots-de-vin à des responsables locaux, via son avocat au Guatemala, Telésforo Guerra !!! Levant un lièvre connu là-bas depuis toujours ! Vrai ou faux, en tout cas il avait été relâché, faute de preuves. D’après ce qu’on vient de lire sur le pays, nous ne sommes pas beaucoup étonnés. L’excentricité de McAffee n’aura été acceptée nulle part en fait. Il est vrai aussi qu’il faut le suivre, l’animal… (à droite l’arsenal trouvé chez lui). Faisait-il dans la recherche de nouvelles drogues comme on l’a dit ? C’est possible et même probable, malgré tout : selon le site Intelligence, il avait bien mis le pied dans une recherche de drogue nouvelle, dans son labo de Belize, de « l’alpha-PHP » ou « flakka », liée à la cathinone, élément que l’on trouve dans le khat par exemple. Elle augmente l’appétit sexuel mais provoque des hallucinations et la paranoïa, ou pire encore… Le chercheur en anti-virus ordinateur est resté un Dr Jekyll et Mr Hyde à la fois, très certainement. Mais pas la version Jerry Lewis en tout cas !

Peigneurs de plage, autre métier à haut risque

La région, en raison du trafic, est devenue particulièrement dangereuse. Les trafiquants, qui craignent de se voir piquer leurs balles de coke larguées au petit bonheur dans l’eau, flinguent à tout va tous ceux qui ont le tort d’approche leurs zones de largages…  Car ce n’était pas la première fois en fait que ça se produisait à cet endroit, en effet : le 26 juin, le site de la radio Amandala l’expliquait dans un article inquiétant titré « Des corps qui flottent partout »... il raconte :  « Cinq hommes sont partis en voyage de pêche à Swallow Caye le mardi matin 18 juin. Ils étaient Ernest Wills, père, 49 ans, de Belize City, qui était le capitaine du bateau; Travis Cooke, 23 ans, ouvrier de Belize City; Allison Jones, 19 ans; Jamar Martinez, 23 ans; et Winston Santos, 40 ans, pêcheur à Belize City. Leur camp était sur l’île. Le premier corps retrouvé était celui de Travis Cooke. Le surintendant adjoint de la police, Alejandro Cowo, a déclaré que vers 5h30 jeudi soir, ils ont été informés qu’un corps avait été vu flottant dans la mer. Ils sont allés à Swallow Caye, où ils ont vu le corps dans l’eau, et il était déjà en décomposition. Le corps a été amené à Belize City, où il a été identifié comme étant celui de Travis Cooke 23, de Belize City. Il avait reçu une balle dans la tête. ASP Cowo a déclaré qu’à environ 6h30 vendredi matin, ils ont été appelés à Brighton Beach, également connu sous le nom de « Old College », où ils ont vu un homme flotter près du rivage, et le corps était également en état de décomposition . L’homme a été identifié comme étant Ernest Wills, 49 ans, un capitaine de bateau, et il avait reçu une balle dans le front. Le même vendredi matin après la découverte de Wills, Winston Santos, 40 ans, pêcheur à Belize City, a été retrouvé flottant dans la mer au large de Swallow Caye. On lui avait tiré une balle dans le dos. Le samedi soir, des policiers et des gardes-côtes ont trouvé les corps d’Allison Jones, 19 ans, et de Jamar Martinez, 23 ans, flottant près de Mapp Caye, qui n’est pas loin de Swallow Caye. Leurs mains étaient attachées derrière le dos et ils avaient tous deux reçu une balle dans la tête. La Garde côtière a déclaré que leur bateau avait été trouvé dans la région de Swallow Caye et qu’il était intact. Rien n’indiquait que quelque chose de violent s’était produit dans le bateau. Le commandant de la Garde côtière, Gregory Soberanis, a déclaré que le bateau est maintenant avec la Garde côtière et qu’il est détenu au quartier général de la Garde côtière, en attendant l’inspection par le laboratoire national des sciences judiciaires pour tout indice pouvant aider l’enquête. La police a déclaré qu’après des entretiens avec des membres de sa famille, elle avait appris que Wills, le capitaine du bateau et les quatre hommes étaient allés en pêche à Swallow Caye mardi et devaient revenir vendredi. Ils étaient allés tendre des casiers à homard et pêcher. On ne sait pas ce qui s’est passé sur l’île, mais on pense que des pirates de la mer ont rassemblé les cinq pêcheurs, les ont exécutés et ont jeté leurs corps à la mer ». A droite les photos des pêcheurs assassinés, à gauche le bateau de la police ramenant un des corps à quai. Des « pirates » ? Plutôt des narco-trafiquants, oui !!! Qui gèrent l’espace de leurs forêts et de leurs fleuves comme le font à la Kalachnikov dans leurs quartiers les dealers de Marseille !!!

L’exécution des cinq hommes plus celle des deux pêcheurs de tourisme, cela commence à faire beaucoup. Qu’auraient ils pu découvrir qui aurait pu leur valoir un tel sort ? On songe bien sûr.. à la pratique du « wet-drop« , celle consistant à larguer les balles de coton contant les pains de cocaïne d’avion, des bateaux venant aussitôt les repêcher. Tous ces hommes auraient très bien pu assister à un de ces largages, ou leur réception, ou bien Graniel savoir où se nichaient les bateaux récupérateurs aux alentours d’Ambergris Caye !!! C’est d’ailleurs l’avis du policier enquêteur : « nous avions également entendu parler de wet drops dans le nord d’Ambergris Caye. Quand il leur est difficile de débarquer sur terre, ils abandonnent la drogue quelque part dans la mer, puis les personnes qui sont censées le récupérer, se rendent dans la région et les récupèrent. Mais vous saurez que parfois quand il tombe, le colis peut se défaire. Et donc, alors que les collecteurs peuvent obtenir la plus grande quantité, certains peuvent en perdre. Et c’est celui qui se détache qui dérive normalement le long du littoral. »

Tout cela n’est pas une vue de l’esprit en effet: en 2014, les garde-côtes de Sans Pedro, avertis du passage nocturne d’avion et de lancers de balles de coke en mer, avaient pris en chasse trois hommes armés qui s’approchaient de l’emplacement du port de la patrouille. Alors qu’ils se rapprochaient armes à la main, un des gardes leur avait demandé de poser leurs armes à terre. Les deux premiers s’étaient détournés et s’étaient enfuis, mais le troisième, armé d’un fusil à pompe l’aurait levé de façon menaçante et avait aussitôt été abattu. Il s’appelait Peter Castillo et était plutôt jeune (ici à gauche). Son frère venu chercher son corps à la morgue, déclarera qu’il avait encore les mains levées en l’air. Selon la police locale, toutes les nuits ou presque, « des « beachcombers »  (nettoyeurs ou « peigneurs » de plage) des deux gangs de drogue basés à San Pedro parcourent la plage à l’extrémité nord pour trouver des colis flottants de drogue ». L’histoire des « wet drops » perdure toujours, hélas : en mars 2019, toujours au même endroit, à Ambergris Caye vers La Isla Bonita étaient découverts 20 paquets gris marqués du logo Apple, un panneau stop ou le chiffre 7 (ci -dessus dans le texte) : 25 kilos de cocaïne ayant échappé à la vigilance des « beachcombers »...

Par bateau aussi…

Puisque l’on parle des pêcheurs béliziens, on peut aussi évoquer le sort de l’un d’entre eux appelé Rudolph Randolph Meighan, âgé de 28 ans. Le costume orange qu’il porte sur la photo vous indique tout de suite ce qui lui est arrivé. Le 13 août 2019, il a été condamné avec deux de ses collègues colombiens, Jorge Ramon Newball-May, 49 ans, et Calbot Reid-Dilbert, 59 ans à 19 ans et sept mois de prison fédérale aux USA. «  Selon des éléments de preuve présentés au procès, Randolph Meighan, Newball-May et Reid-Dilbert faisaient partie d’une opération internationale de contrebande maritime de drogues impliquant plus de 600 kilogrammes de cocaïne, d’une valeur d’environ 18 millions de dollars, à destination des États-Unis. Randolph Meighan était le gardien bélizien d’une équipe de contrebande de cocaïne basée à Carthagène, en Colombie, qui comprenait Newball-May et Reid-Dilbert en tant que membres d’équipage. Avant leur interdiction par les garde-côtes américains, les individus transportaient environ 30 à 40 balles de cocaïne à bord d’un navire rapide de la Colombie au Belize, suivant une route connue de contrebande de cocaïne connue sous le nom de «Honduras Rise». » « Le 1er décembre 2018, un avion HC-130 de la Garde côtière américaine déployé à partir de la station aérienne Elizabeth City, en Caroline du Nord, a repéré et enregistré les accusés à bord d’un navire rapide allant vers le nord à une vitesse élevée, à environ 110 milles marins au sud-ouest de la Jamaïque. . Dans une tentative de détruire les preuves et d’échapper à la capture, les défendeurs ont largué toutes les balles de cocaïne à bord du navire et les ont coulées au fond de l’océan en attachant les balles aux moteurs hors-bord et en jetant les moteurs (leur seul moyen de propulsion) par-dessus bord ». Le jeune bélizien s’était bien fait embarquer par les deux colombiens plus âgés. Quand il sortira de prison, il approchera la cinquantaine…

Les petits continuent à tomber… et à brûler

En 2019, l’arrivée des avions gros porteurs n’interrompt pas celle des plus petits, loin s’en faut. Le 18 février 2019, à Blue Creek, il ne reste pas grand chose d’un engin retrouvé entre deux champs, ses pneus encore fumants, près d’un champ appartenant à une communauté mennonite (ici à gauche). Ce sont eux qui cette fois ont prévenu les autorités. Ça semble être un Cessna 210 à train rentrant encore une fois, d’après ce qui reste du bloc moteur (ici à droite). Sur la route on retrouve les bidons d’essence qui ont servi à l’incendier. Selon le rapport de police, ont été découverts au milieu des cendres trois sièges d’avion, trois conteneurs de cinquante litres et 12 conteneurs de carburant d’aviation dispersés un peu plus loin alentour. Et ce aussi pourquoi il n’a pas réussi à redécoller : à une cinquantaine de mètres de là, il s’est pris en se posant un petit arbre qu’il a cisaillé net avec son aile droite ! Il n’y en avait qu’un seul sur son passage, il se l’est pris ! Manque de chance pour lui ! Les GPS n’indiquent pas les arbres, c’est bête ! « Aucune arrestation n’a été effectuée  » indique aussi la police. Mais ça on s’en serait douté, à Belize !

Le 23 juin, la police est alertée par des villageois du passage d’un énième appareil indéterminé, dans le secteur de la ferme aquacole à crevettes Nova une « shrimp farm » de San Pedro, créée en 1997 (elle a fait flop depuis).  Elle rate l’avion mais découvre pas loin un véhicule contenant des fûts bleus contenant du carburant à avions. Visiblement il n’était pas venu là par hasard non plus.

Le 13 août 2019, encore un avion incendié sur une « nouvelle piste » clandestine près du village de Monkey River.  Un bimoteur à pistons visiblement d’après la photo (ici à gauche). La presse, sur infos policières, parle en ce qui le concerne de « Cessna », mais il s’agit plutôt d’un Piper de type Navajo, d’après les moteurs et ses portes de train rectangulaires. Ici à droite en effet, en comparaison, celui d’un Chieftain par exemple : c’est plutôt flagrant !

A se demander pourquoi la police béliziene est-elle toujours incapable de reconnaître un appareil, ou pourquoi donc induit-elle la presse en erreur la plupart du temps. Quant à savoir pourquoi ce exemplaire a été aussi soigneusement incendié, c’est une autre question. A ce moment là, c’est déjà le septième retrouvé ainsi !!! Et on en n’est alors qu’à la moitié de l’année !

Le coin semble décidément attirer les petits  bimoteurs : le 6 février 2020,un  nouvel avion réduit en cendres est découvert à Payne’s Creek, endroit situé (encore !) près de Monkey River. L’appareil semble être cette fois un Beech Baron blanc à lignes bleues, reconnaissable à ses fuseaux moteurs caractéristiques (ci-contre à droite s et ici à gauche). A côté des armes ont été découverts un sac rouge contenant des cartouches et des munitions de fort calibre, onze chargeurs, dont neuf avec des munitions et les deux autres vides. Plusieurs bidons d’essence ont été aussi découverts le long du bord de la piste. Des lampes LED pour éclairer la zone sont également trouvées et même un GPS portable. L’avion avait survolé d’abord Blue Creek, range Walk et Corozal, plus proches de la frontière mexicaine, avant de se rabattre sur Monkey River, où se trouvait une piste qui venait d’être rendue inutilisable par la police dans les semaines précédentes, mais il s’était posé fort adroitement juste sur son côté. Les pilotes visiblement étaient des habitués !

La drogue s’est déjà évaporée via la mer quand la police arrive : elle n’est qu’à « 30 pieds de la zone d’atterrissage » note un article. On découvrira vite que ce qu’il reste de l’avion ressemble comme deux gouttes d’eau au Beechcraft Baron 58, immatriculé YV-3338 modèle qui avait décollé le mercredi précédent d’Anaco à destination de Maracaibo, au Venezuela. On avait perdu là-bas sa trace vers l’aéroport de La Chinita après 70 k de vol (ici à droite).  Selon les vénézuéliens, « les noms de l’équipage de l’appareil ne correspondaient pas au numéro d’identification indiqué sur le plan de vol », une manœuvre classique selon la police, en cas de  trafic de drogue. Une affaire vite résolue, pour une fois. La distance entre Maracaibo et Belize est dans les cordes de l’autonomie du Baron (1840 km) avec néanmoins une petite rallonge d’essence nécessaire…

Ils brûlent devant une police qui reste toujours impassible

Le 3 janvier 2018, près de la Coastal Road, un autre appareil est découvert dans un champ incendié après s’être posé semble-t-il (sur le ventre ?).. Le commentaire laconique de la police dit ceci ; » on y a rien trouvé d’illégal ». A Belize, c’est normal donc que les avions brûlent, comme ça, dans les champs ! D’après sa configuration arrière cela semblait être un Piper Navajo.

En février 2018, un engin bimoteur avait été trouvé au milieu d’une route de terre à Santa Cruz dans le Corozal District près du village de la Libertad (ici à gauche). L’officier de police chargé d’en parler, Sinquest Martinez, se rassure tout seul : selon lui, fait exceptionnel, il n’y a pas eu d’avions similaires la semaine précédente !!! A croire qu »ils étaient devenus hebdomadaires en effet ! Cela semblait bien être un Beech Baron, selon son empennage et son volet de trim sur le gouvernail.

Car le Beech Baron n’est pas un inconnu à Belize comme pourvoyeur de coke. En août 2018, dans la zone de Tres Lagunas on en avait retrouvé un incendié déjà de la mer façon.
Il portait une immatriculation en « PR-I quelque chose », à savoir d’origine brésilienne cette fois, ce qui semble une fausse immatriculation, et avait lui aussi été soigneusement incendié, une fois poussé sur le bord de la route qu’il avait  utilisé comme terrain d’atterrissage… comme le précédent !

Le 25 janvier 2020 nouvelle découverte, à Payne’s Creek, dans le Toledo District: une patrouille de garde-côtes découvre un amas de tôles froissées dont une grande partie à été incendiée. Le coin, situé au sud du pays, près du lac Punta Negra, sur la côte, à la frontière avec le Guatemala, n’est en effet accessible que par bateau. L’engin semble beaucoup plus gros que les précédents et possède un empennage en T propre aux Beechcraft de taille plus imposante type Beech 200.  En y regardant de plus près on constate, grâce à des détails comme celui à l’arrière du haut de l’empennnage à la jonction avec la gouverne de profondeur, qu’il s’agit non pas d’un « Beech » mais d’un  -plus rare- Cheyenne PA-42-III, un engin extrêmement puissant comme on le sait, choisi jadis par les antinarcos américains pour sa rapidité. Un cliché plus rare (il a déjà disparu du net !) que celui-ci à droite et à champ plus large nous donne une idée plus précise de l’accident. On y distingue mieux les moteurs et surtout on y voir une large trace en arc de cercle laissée au sol…. dans le sens inverse de la position dans laquelle sont restés les vestiges. Le choc a dû être effroyable en effet, il a tout labouré sur plusieurs mètres (ou est-ce une tentative d’enfouissement ?) :

La police pense qu’un tel engin emportait une tonne et demie de cocaïne, qui a été ou sera introduite dans la péninsule du Yucatan par le sud de Quintana Roo (on y arrive, patience !). En fait, compte tenu de l’emplacement du débarquement, on soupçonne que la drogue a été introduite au Mexique par la mer à un moment donné à Chetumal, Calderitas, Xcalak ou Majahual. « À l’appui de cette présomption, on a appris que dans la région de Xahuayxol, située entre Xcalak et Majahual, le vol d’un bateau a été signalé aux premières heures de samedi dernier, un événement qui pourrait être lié au débarquement de narco au Belize. Selon le rapport, il était environ 2 heures du matin le 25 janvier lorsque le bateau a été volé et apparemment il a été emmené à Xcalak, mais jusqu’à présent, son propriétaire n’a pas pu le trouver. Il convient de mentionner que les autorités de sécurité mexicaines et du Belize coordonnent les forces et les actions pour localiser la cargaison et les trafiquants, qui ont été détectés depuis leur départ en Amérique du Sud ».

Sur place, Joseph Myvette, « L’Assistant Commissioner » de la Police ! ici à droite), est toujours aussi vague pour décrire la situation, déclarant qu’il ne faut pas déranger l’enquête « en cours« et ne parle surtout  que d’un avion « incendié » : il ne s’est donc pas rendu sur place et c’est sûr n’a même pas regardé les photos ! De l’art de noyer le poisson, encore une fois ! Car celui-là ne s’est pas posé : il s’est carrément écrasé, à voir son état en pièces détachées ! Encore un dossier purement et simplement, enterré par la police locale et d’Etat !

Mais au Belize, devenu porte-avion à cocaïne on n’a encore rien vu. Après les Hawker, les petits bimoteurs de tout acabit, trois autres avions gros porteurs vont se poser sur le territoire. Deux avions à réaction plus un bimoteur classique à hélices qui va se révéler être l’une des clés fondamentales du trafic…

 

51) qui comme le disait ici si bien Alberto Fuguet d’Etiqueta Negra, reste un pays fort méconnu… même ici par celui qui écrit le texte (mais c’était en 2006 il st vrai) en affirmant que « Le Belize est une plaque tournante du trafic de drogue, mais pour autant il n’est pas gangrené par le narcotrafic. Au Belize, on ne risque pas d’être agressé et on peut rouler tranquille. La paix règne au Belize, l’argent ne manque pas. Le pays affiche l’un des niveaux de vie les plus élevés de la région. On ne le dirait pas, mais c’est la vérité. Ici, aucun des 250 000 habitants ne meurt de faim » ce qui n’est plus vrai du tout en 2020 !

(2) profitez-en pour écouter du Andy Narrel…

(3) « E. Jean Carroll, auteur des mémoires de Thompson, Hunter: The Strange and Savage Life of Hunter S. Thompson (Dutton, 1993), le démontre bien dans la première page du premier chapitre de son livre, qui décrit une « journée type » d’Hunter S. Thompson rapporte OpenCulture. D’ailleurs, E. Jean Carroll a décidé de mettre son livre à disposition gratuitement, en formats PDF et RTF (liens en anglais) sur son site Web. L’occasion de se replonger dans la vie déjantée d’Hunter, à commencer par cette fameuse « journée type »: 

15h: Réveil. 

15h05: Un verre de Chivas Regal (un bon whisky) avec les journaux du matin et des Dunhills (des cigarettes). 

15h45: Un rail de cocaïne. 

15h50: Un autre verre de Chivas, une Dunhill. 

16h05: Première tasse de café, accompagnée d’une Dunhill. 

16h15: Un autre rail de coke. 

16h16: Jus d’orange, Dunhill. 

16h30: Cocaïne. 

16h54: Cocaïne. 

17h05: Cocaïne. 

17h11: Café, des Dunhills. 

17h30: Plus de glace dans le Chivas. 

17h45: Cocaïne, etc., etc. 

18h00: Un peu d’herbe (marijuana) pour tasser les folies de la journée… 

19h05: Direction le Woody Creek Tavern pour diner. Une Heineken, deux margaritas, salade coleslaw, un « taco-salade », double ration de rondelles d’oignons frits, un gâteau aux carottes, une glace, un beignet de haricots, des Dunhills, une autre Heineken, de la cocaïne, et pour le retour à la maison, un « snow cone » (trois ou quatre doses de Chivas dans un verre de glace pilée). 

21h00: Se met à sniffer de la coke « sérieusement ». 

22h00: Quelques gouttes d’acide. 

23h00: Chartreuse, cocaïne, herbe. 

23h30: Cocaïne, etc, etc. 

Minuit: Hunter S. Thompson est prêt à écrire. 

00h05 à 6h00: Chartreuse, cocaïne, herbe, Chivas, café, Heineken, cigarettes aux clous de girofle, pamplemousse, des Dunhills, un jus d’orange, du gin, des films pornos en toile de fond. 

6h00: Jacuzzi-champagne, glace Dove, « fettuccine Alfredo » (pâtes au parmesan). 

8h00: Béatitude. 

8h20: Dodo ». 

Documents :

Sur la période « Hipe » en Floride, lire ceci :

https://www.miaminewtimes.com/news/floridas-insane-marijuana-history-10270010

Un article de Vice sur les « Beachcombers »

https://www.vice.com/en_us/article/kz55b9/belizes-island-paradise-is-caught-up-in-a-bloods-vs-crips-floating-drug-war

 

 

 

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