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	<title>CentPapiers &#187; OPINIONS</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Politique québécoise &#8211; Suspendre ses convictions ( Pierre Curzi)</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Feb 2012 05:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lettres</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Sondage après sondage, 40 % des Québécois veulent faire l&#8217;indépendance, 20 % veulent le statu quo et 40 % désirent un Québec avec beaucoup plus de pouvoirs au sein d&#8217;un Canada uni. Pour les premiers, il y a Option nationale, Québec solidaire et le Parti québécois. Pour les tenants du statu quo, le [...]]]></description>
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<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/politique-quebecoise-suspendre-ses-convictions-pierre-curzi/93926/pierre-curzi-3" rel="attachment wp-att-93927"><img class="alignnone size-full wp-image-93927" title="Pierre Curzi" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/02/Pierre-Curzi.jpg" alt="" width="274" height="184" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<div>Sondage après sondage, 40 % des Québécois veulent faire l&#8217;indépendance, 20 % veulent le statu quo et 40 % désirent un Québec avec beaucoup plus de pouvoirs au sein d&#8217;un Canada uni. Pour les premiers, il y a Option nationale, Québec solidaire et le Parti québécois. Pour les tenants du statu quo, le Parti libéral du Québec existe déjà. Quel parti reste-t-il pour défendre une réelle position autonomiste comme celle des Duplessis, Lesage ou Johnson père?</p>
<p>La Coalition avenir Québec (CAQ) serait toute désignée, mais le président de la commission politique du parti, qui est en train de rédiger le programme du parti sur les relations du Québec avec le gouvernement fédéral, nous dit qu&#8217;il n&#8217;est absolument pas question que ses revendications soient de nature constitutionnelle. Pourtant, les sondages disent bien que 40 % des Québécois veulent plus de pouvoirs. Ils ne veulent donc pas plus d&#8217;ententes administratives ou de pacte Canada-Québec. Pour satisfaire ces 40 % de Québécois, il faut obligatoirement changer la Constitution canadienne imposée antidémocratiquement au Québec en 1982.<br />
<strong><br />
Avis juridique </strong></p>
<p>Si la CAQ veut un jour être sérieuse dans ses prétentions d&#8217;incarner un vrai parti nationaliste, elle doit faire le pari d&#8217;en arriver à une nouvelle entente constitutionnelle avec le Canada. Contrairement aux gouvernements du Québec qui se présentaient après des défaites devant le Canada anglais, les négociateurs québécois peuvent désormais s&#8217;appuyer sur un avis juridique de la Cour suprême paru en 1998 qui oblige le Canada à négocier de bonne foi.</p>
<p>Cet avis est un nouvel outil que les gouvernements du Québec n&#8217;ont encore jamais utilisé. Si les demandes québécoises s&#8217;appuient en plus sur la volonté populaire, il devient extrêmement difficile pour le Canada de faire la sourde oreille, puisqu&#8217;un des cinq principes qui sous-tendent la démocratie canadienne est le respect de cette démocratie. Par conséquent, si 80 % des Québécois se disaient d&#8217;accord avec le rapatriement de la souveraineté culturelle (pouvoirs sur la langue, l&#8217;immigration, la culture et les communications), le Canada devrait vraiment céder quelque chose au Québec, sans quoi il pourrait être blâmé à l&#8217;international.</p>
<p>Un plus grand danger encore pour le Canada serait que les 40 % de Québécois qui croient toujours qu&#8217;il est possible d&#8217;obtenir plus de pouvoirs du Canada se rendent compte que le Canada est un pays fermé aux Québécois. Inévitablement, plusieurs d&#8217;entre eux deviendraient indépendantistes et feraient du Québec un pays!<br />
<strong><br />
Deux manières de faire</strong></p>
<p>Il y a deux façons pour le peuple québécois d&#8217;obtenir des pouvoirs supplémentaires du gouvernement fédéral. La première consiste à faire l&#8217;exercice d&#8217;écrire la constitution du Québec, peu importe qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une constitution de province ou d&#8217;une constitution de pays. Au terme du processus de rédaction définissant les valeurs (langue française, égalité des hommes et des femmes, laïcité de l&#8217;État, etc.), les institutions démocratiques et les pouvoirs nécessaires à l&#8217;émancipation des Québécois, cette nouvelle constitution serait entérinée démocratiquement par la nation québécoise et présentée au Canada anglais. Le Canada serait tenu de négocier de bonne foi avec le Québec l&#8217;acceptabilité constitutionnelle des pouvoirs inscrits dans la première constitution du Québec.</p>
<p>La deuxième façon d&#8217;obtenir davantage de pouvoirs du gouvernement fédéral serait de formuler quelques bouquets de revendications constitutionnelles et d&#8217;organiser une consultation populaire pour savoir quels blocs de demandes devraient être présentés dans le cadre de négociations avec le Canada. Dans ce cas, les caquistes pourraient demander aux Québécois s&#8217;ils veulent rapatrier leurs impôts ou leurs traités comme Kyoto. Ils pourraient aussi offrir aux citoyens du Québec de se prononcer sur la possibilité de rapatrier la souveraineté culturelle, la justice, le territoire maritime, l&#8217;environnement, l&#8217;assurance chômage ou les pensions de vieillesse.</p>
<p>Huit Québécois sur dix veulent un changement constitutionnel quelconque. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelle une majorité claire, très claire. Ce serait une belle occasion pour François Legault de se glisser entre les trois partis indépendantistes et les fédéralistes purs et durs. Malheureusement, François Legault a décidé de reporter de dix ans toute demande d&#8217;ordre constitutionnel. Il a décidé de suspendre ses convictions pour tenter d&#8217;atteindre plus facilement le pouvoir!</p>
<p>***</p>
<p>Pierre Curzi &#8211; Député indépendant de Borduas</p></div>
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		<title>Les impostures écologistes &#8211; Chapitre 11 : la galerie des guignols</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 05:00:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>christian laurut</dc:creator>
				<category><![CDATA[Capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Écologie]]></category>
		<category><![CDATA[ENVIRONNEMENT]]></category>
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		<description><![CDATA[Afin de clore (pour l’instant) cette série sur les impostures écologistes, il m’a paru nécessaire et d’établir un état nominatif des imposteurs eux mêmes. Car la grande mystification politique de cette charnière de siècle qui repose sur les concepts factices et les formules trompeuses que nous avons dénoncés, est portée par des leaders identifiés dont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/les-impostures-ecologistes-chapitre-11-la-galerie-des-guignols/93112/ecologie-2" rel="attachment wp-att-93158"><img class="alignnone size-full wp-image-93158" title="écologie" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/écologie.jpg" alt="" width="316" height="258" /></a></p>
<p>Afin de clore (pour l’instant) cette série sur les impostures écologistes, il m’a paru nécessaire et d’établir un état nominatif des imposteurs eux mêmes. Car la grande mystification politique de cette charnière de siècle qui repose sur les concepts factices et les formules trompeuses que nous avons dénoncés, est portée par des leaders identifiés dont le comportement et le pédigrée confirment souvent les mensonges de la doctrine.</p>
<p><strong>Les intrus</strong></p>
<p><strong>Daniel Cohn Bendit</strong> : ancien leader emblématique des évènements de mai 68, vaguement positionné entre anarchistes, maoïstes et situationnistes, mais clairement habile à capter les feux de la rampe, il est un des représentants les plus édifiants de ces « <em>réfugiés de la vie politique</em> » dont je parle dans mon précédent article, qui, une fois la tribune soixante-huitarde démontée, traîna son ego en peine dans le marasme de l’extrême gauche marginalisée. Peu concerné par l’industrialisation de l’agriculture et par les centrales nucléaires dont il se fiche comme d’une guigne il est un des artisans principaux du dévoiement du mouvement écologiste pour les besoins d’une cause politicienne. Il tient aujourd’hui parfaitement son rôle  de récupérateur en chef pour le compte du capitalisme après qu’il se soit officiellement converti à ses vertus et proposé simplement d’en adoucir les effets moyennant un salaire de 10.500 euros nets par mois de député européen.</p>
<p><strong>Cécile Duflot</strong> : diplômée de l’ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales) la grande école française qui, avec HEC, fabrique les « fers de lances » de l’économie capitaliste, elle incarne parfaitement l’alliance structurelle de l’écologisme et du système marchand. Parfaitement ignorante de la science écologique, elle n’en est pas moins secrétaire nationale d’EELV et s’attache à masquer sa niaiserie par un phrasé direct et bien en place. Il faut toutefois lui reconnaître l’intelligence d’admettre ne pas se sentir « les épaules assez larges » pour accomplir des tâches plus importantes que celles auxquelles elle vaque pour le moment.</p>
<p><strong>Eva Joly</strong> <em>(&amp; Laurence Wischniewski</em>) : la célèbre juge anticorruption fait l’objet, à l’insu de son plein gré, du parachutage politique le plus comique des ces dernières années. Poussée artificiellement par Cohn Bendit à la candidature présidentielle pour contrer celle de Nicolas Hulot qui risquait de le délester de sa tiare de pape vert européen, elle se voit maintenant abandonnée par son mentor qui a changé de stratégie, depuis que le saltimbanque est provisoirement à terre, et cherche à vendre l’écologisme au PS avant même l’élection en échange d’un ministère fantôme. La pauvre candidate, déjà exempte de compétences environnementales se retrouve ainsi traîtreusement livrée à elle même et en est réduite à improviser le lancement de pétards mouillés aussi médiatiquement ridicules que politiquement déplacés. N’ayant pu se séparer de son acolyte Laurence Wischniewski, elle n’a pas hésité à entraîner cette dernière avec elle dans sa galère politique et la malheureuse doublure fait peine à voir lorsqu’elle anone des interventions approximatives sur le nucléaire ou les GES.</p>
<p><strong>Les charlatans</strong></p>
<p><strong>Nicolas Hulot</strong> : animateur vedette de TF1 au salaire de 33.000 euros/mois pour 4 émissions/an, son approche de l’écologie est celle d’un nanti se laissant aller à des rêveries bucoliques, un peu à la manière des options environnementales de Marie Antoinette lorsqu’elle visitait son hameau et regardait traire les vaches vêtue d’une robe mousseline et munie d’un seau à lait en porcelaine de Sèvres. Elle est essentiellement validée par les regards bienveillants qu’il porte sur les colonies menacées de flamands roses du delta du Niger depuis le cockpit de son hélicoptère consommant 240 litres de kérosène par heure de vol. Auteur du « Syndrome du Titanic », livre puéril et particulièrement mal écrit, il est également réalisateur malheureux du film du même nom qui ne remporta pas le succès des œuvres cinématographiques similaires de ses compères Arthus Bertrand et Al Gore. Provisoirement écarté du leadership des verts français à cause des répercussions temporaires dans l’opinion de l’incident de Fukushima, cet ardent partisan de l’électricité nucléaire, ne tardera pas à récupérer son premier rôle chez les écologistes, dès que l’agaçant épisode nippon aura été suffisamment délaissé par l’information spectaculaire.</p>
<p><strong>Al Gore</strong> : très influent au sein de l’ONU, artisan du sommet de la Terre avec son sulfureux compère Maurice Strong, sans lui, l’écologie mondiale ne serait pas ce qu’elle est. Ancien vice-président de Bill Clinton, battu par son successeur G. Bush Junior et presque ruiné par ses dépenses de campagne, il est redevenu milliardaire grâce à son package multimédia « Une vérité qui dérange » (Film, CD, livre, conférences, etc…). Sorti en mai 2006, le film est un concentré d’images-chocs à l’américaine bâti sur un fond de vérité et présenté sous une forme mêlant exagérations et contre vérités, il a rapporté plus de  50 millions de dollars à ce jour, faisant de lui le troisième documentaire le plus vu au cinéma jusqu&#8217;ici. Albert Arnold Gore Jr. réclame également 100.000 à 175.000 dollars pour des conférences que le monde s’arrache et durant lesquelles ses interventions de sauveur planétaire sont chronométrées pour un maximum de 75 minutes. Il détient un stock options de 30 millions de dollars de Google et de 6 millions d’Apple. Il est propriétaire, avec David Blood, de la GIM (Generation Investment Management), dont le siège est à Londres, compagnie boursière spécialisée dans le créneau environnemental et placée en pole position sur le créneau de la taxe carbone. Il vient enfin d’annoncer sa participation dans une société de la Silicon Valley, Kleiner Perkins Caufield &amp; Byers, spécialisée dans la lutte contre les effets du changement climatique. La fortune d’Al Gore est présentement évaluée à plus de 100 millions de dollars. Ce grand maître de l’écologie mondiale ne se déplace qu’en 4&#215;4 surpuissant et jet privé (<em>vu dans son film</em>) et sa maison de Nashville consomme 20 fois plus d’électricité qu’une maison américaine moyenne.</p>
<p><strong>Le vendu</strong></p>
<p><strong>José Bové</strong> : initialement militant approximatif à l’idéologie naviguant entre anarchisme, antimilitarisme et populisme chrétien, il prend son véritable départ dans la vie politique lorsqu’il participe en 1973 au célèbre rassemblement contre l’extension du camp militaire du Larzac. Dès lors ce pur citadin dont le parcours universitaire avorta en Hypokhâgne, s’installe en tant que neo rural dans une ferme abandonnée du Causse pour entreprendre l’élevage des brebis laitières. Militant actif de la confédération Paysanne, syndicat d’obédience trotskiste, il comprend rapidement tout le parti qu’il peut tirer de la médiatisation croissante de la vie publique et devient ainsi spécialiste en provocations habilement relayées par l’image. Après plusieurs procès tapageux, séjours confortables en prison VIP et un célèbre « <em>lever de menottes</em> » sous les flashes des paparazzis, il accède finalement au statut de contestataire incontestable et fournisseur officiel de prestations en chemise blanche et veste de cuir impeccables chez les bateleurs patentés de la société du spectacle MM. Ruquier, Ardisson, Fogiel, Drucker &amp; consorts. Conscient qu’une image forte doit être reliée à un concept précis, il s’est concentré sur l’opposition aux OGM qui s’avère fédérer une frange importante de la population généralement urbaine et passablement ignorante des lois de l’agriculture. Mêlant les affirmations péremptoires sur un sujet toujours controversé, aux actions autoritaires de destructions de récoltes, il rejoint l’écologisme totalitaire de la pire espèce. Mais finalement José Bové n’en a cure et seul importe pour lui sa notoriété, son rôle de star mondiale anti-OGM et son salaire de 10.500 euros nets par mois de député européen. les droits d’auteurs de ses livres et les bénéfices induits de ses prestations télévisées. Aujourd’hui, il n’est plus tout à fait un éleveur de brebis, un salarié financé par son syndicat le remplace dans sa bergerie.</p>
<p><strong>Le technocrate despotique</strong></p>
<p><strong>Jean-Marc Jancovici</strong> : peu connu du grand public, il fait partie du comité de veille écologique de la Fondation Hulot depuis 2001, puis du comité stratégique de cette même fondation depuis 2005. Il est co-auteur du Pacte écologique. Ce polytechnicien est également auteur de plusieurs ouvrages très documentés et particulièrement bien écrits dont je ne peux que conseiller la lecture à tous ceux qui doutent encore de l’imminence de la pénurie énergétique. Intelligent, apparemment sympathique et doté d’un franc parler non dénué d’humour, il n’est pas avare de sa personne pour illustrer la déplétion fossile lors de conférences et causeries pas directement rémunératrices. Jusqu’ici tout va bien me direz vous, mais là où ça se gâte, c’est lorsque JM Jancovici tire ses conclusions et se propose de Sauver la Planète (encore un !). L’intervenant aimable se transforme alors en redoutable businessman robespierriste invoquant la vénération de l’impôt comme celle de l’Etre Suprême et la restriction des libertés individuelles au nom de la Terre en Danger. Sa « levée en masse »  à lui est celle la fiscalité qui doit s’abattre sur le petit peuple usager pendable de véhicules à moteur afin de financer des entreprises vertes, comme par exemple sa société « Carbone 4 », cabinet de conseil en stratégie carbone proposant des audits et conseils aux entreprises et organisations pour mesurer et comprendre leur dépendance par rapport à la contrainte énergie-climat, réduire les risques et saisir les opportunités en lien avec cette contrainte. On comprend dès lors un peu mieux l’objectif de cet homme dangereux, lorsqu’on sait, de plus, qu’il collabora de 2001 à 2010 avec l&#8217;ADEME pour la mise au point du bilan carbone et que les prestations de Carbone 4 auprès de ses clients sont remboursées, ou prises directement en charge par cet organisme. Avec lui la boucle du capitalisme étatique est parfaitement bouclée : 1. la consommation fossile est taxée par l’Etat au prétexte de sauver la Planète du réchauffement mortel 2. L’Etat finance avec cet argent des entreprises vertes qui n’ont même plus le souci de faire face à la concurrence et bénéficient ainsi en toute quiétude d’un marché captif. 3. Les marges financières du capitalisme classique sont ainsi transférées vers une nouvelle oligarchie capitalistique d’Etat. Ce schéma prendrait la forme politique d’une République présidée par N. Hulot (lu dans son livre <em>« C’est maintenant ! »</em>  Chapitre <em>« Au secours Monsieur Hulot »</em>), écrasée par la fiscalité (Lu dans livre <em>« Le plein s’il vous plait »</em> Chapitre <em>« Vive l’impôt »</em>) et chauffée à l’énergie nucléaire (Lu dans son livre <em>« Changer le monde »</em> Chapitre <em>« Montre moi ton bilan carbone »</em>). Tout un programme !</p>
<p><strong>L’écologiste aux deux visages</strong></p>
<p><strong>Yves Cochet</strong> : Il y a deux Yves Cochet. L’un a écrit « Pétrole Apocalypse » et donne des conférences pour le Comité Parisien pour la Décroissance. L’autre a été ministre de l’environnement du gouvernement Jospin et intervient au JT en tant que représentant d’EELV. L’un croit dur comme fer à ce qu’il dit et l’autre n’y croit pas une seule seconde. Le vrai Cochet est convaincu de l’inéluctabilité de la décroissance industrielle quelque soient les politiques volontaristes mises en place et nous conseille de nous serrer les coudes entre voisins au niveau local en attendant qu’une hypothétique grande entente mondiale ne prenne en main le rationnement des ressources naturelles. Le faux Cochet distille des propos lénifiants sur la possibilité de s’en sortir durablement avec l’ineffable « mix renouvelable », lorsqu’il officie en tant que bon soldat du programme EELV. Cet homme de grande qualité est apparemment torturé dans son subconscient par l’affrontement entre les réflexes de survie d’un professionnel de la politique et les élans d’un visionnaire implacablement lucide. Peut être est il également lassé et découragé par le comportement des auditeurs de l’assemblée nationale qui sortent (<em>Fabius</em>), sourient (<em>Fillon</em>), bavardent (<em>Lang</em>), consultent leur portable (<em>Besson</em>) ou mâchent du chewing gum (<em>Lagarde</em>) quand il intervient au perchoir pour évoquer l’imminence du croisement fatidique des deux courbes de l’offre et de la demande de pétrole. Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre !</p>
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		<title>Des «pousseux» de crayons</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 05:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lettres</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/des-%c2%abpousseux%c2%bb-de-crayons/92320/college-2" rel="attachment wp-att-92322"><img class="alignnone size-full wp-image-92322" title="collège 2" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/coll%C3%A8ge-2.jpg" alt="" width="410" height="316" /></a></p>
<p><strong></strong><strong></strong><strong>Pierre C. Tremblay<br />
<em>Retraité, l&#8217;auteur a travaillé pendant 34 ans dans une commission scolaire de l&#8217;est de Montréal à titre de directeur d&#8217;école et d&#8217;enseignant.</em></strong></p>
<p>L&#8217;opinion d&#8217;un directeur d&#8217;école ou d&#8217;un adjoint ne pèse pas lourd devant un simple contremaître d&#8217;une commission scolaire. Des «pousseux» de crayons qui ne connaissent rien. Pourtant, de nombreux membres de la direction sont eux-mêmes des bricoleurs avertis.</p>
<div>
<p>À l&#8217;école secondaire Anjou, le personnel se plaignait souvent d&#8217;un manque de ventilation. Nous faisions rire de nous par les spécialistes des services des ressources matérielles. Cette école était au départ à aires ouvertes. Puis des murs ont été installés sans qu&#8217;on ne change rien aux conduits de ventilation. Puis un jour, quelqu&#8217;un a donné l&#8217;ordre d&#8217;ouvrir les plafonds. On a découvert que des conduits étaient obstrués, d&#8217;autres étaient ouverts dans le vide.</p>
<p>Quand j&#8217;étais directeur d&#8217;une école primaire de Ville d&#8217;Anjou, j&#8217;ai remarqué que les calorifères en fonte ressortaient de plusieurs centimètres du mur. Je me doutais que l&#8217;école commençait à s&#8217;enfoncer dans le sol. Les services des ressources matérielles ont simplement dit de mettre du «caulking» pour remplir le trou.</p>
<p>À la dernière école où j&#8217;ai travaillé, à Saint-Léonard, il y avait de grandes vitres qui garnissaient le haut des classes du côté du corridor. J&#8217;ai remarqué que le cadrage des fenêtres rapetissait et menaçait que la fenêtre éclate et blesse des enfants. J&#8217;ai demandé à plusieurs reprises à la commission scolaire de corriger le tout. Rien ne fut fait. Lors d&#8217;une journée pédagogique, j&#8217;ai brisé cette fenêtre avec le concierge.</p>
<p>C&#8217;est sans compter les problèmes d&#8217;amiante, de manque de toilettes, de malpropreté due aux coupes dans le personnel de conciergerie, de manque d&#8217;éclairage dans les classes, de grande chaleur en mai, juin et septembre, d&#8217;infiltration d&#8217;eau, de rats, etc.</p>
<p>Les directions d&#8217;école sont divisées entre près de 10 associations. Il y a un manque d&#8217;unité dans les revendications.</p>
<p>Depuis les changements dans la loi sur l&#8217;instruction publique en 1998 et la création de conseils d&#8217;établissement, les écoles peuvent s&#8217;autodiriger et dépendre directement de Québec, comme les écoles privées. On demande actuellement une maîtrise en administration scolaire aux nouveaux directeurs d&#8217;écoles publiques.</p>
<p>Avons-nous besoin de 21 commissaires dans une commission scolaire? Avons-nous besoin d&#8217;une armée de cadres? D&#8217;employés de soutien? La majeure partie des sommes que coûtent ces employés pourrait être versée directement aux écoles. À la fin de l&#8217;exercice, le public épargnerait et les enfants seraient mieux servis. Certains commissaires ne se privent pas d&#8217;arroser leurs repas gratuits de vins dispendieux lors des assemblées. Dans ma commission scolaire, un cadre et deux anciens présidents ont défilé à la commission Gomery.</p>
<p>Une école secondaire est une mini-ville et est présentement capable de s&#8217;autodiriger. Les écoles primaires, en se regroupant à trois ou quatre, pourraient se doter des mêmes services que ceux donnés par la commission scolaire.</p>
<p>Je n&#8217;ai pas parlé du «coulage» d&#8217;argent. Les écoles ne reçoivent qu&#8217;une partie des budgets donnés par le ministère de l&#8217;Éducation. Les budgets amputés ne sont remis que plus tard aux écoles, souvent à la fin de l&#8217;année scolaire. La commission scolaire fait de l&#8217;argent sur le dos des enfants.</p>
<p><strong>NDLR: L&#8217;auteur réagit au dossier des moisissures détectées à l&#8217;école primaire Saint-Gérard de la CSDM.</strong></p>
</div>
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		<title>« L’antisémite »: Dieudonné va-t-il trop loin?</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 05:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Les moutons enrages</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on rire de tout? Oui mais pas avec tout le monde nous apprenait Pierre Desproges, mais peut-on rire de la Shoa? C’est la dernière provocation de l’humoriste Dieudonné avec son tout premier film « L’antisémite » qui sera bientôt dispo à la vente sur son site, les salles de cinéma françaises ayant refusé de le mettre à l’affiche. Et pour le coup, Dieudonné accumule les fautes, non seulement le film traite avec humour du génocide juif, mais le film est une production franco-iranienne, c’est pas la bonne période pour l’Iran en ce moment…. Vraiment pas…<em> </em></p>
<p><img src="http://www.guysen.com/photos_flash/anti.jpg" alt="" width="370" height="286" align="left" hspace="10" /><em>Dieudonné signe son son premier film : l’Antisémite.</em></p>
<div>L’humoriste Dieudonné, connu pour ses propos antisémites, ses positions antisionistes et ses théories révisionnistes, mettra en vente le 21 mars prochain sur son site internet son film  »l’antisémite ».</div>
<p>Après ses multiples provocations, son adhésion au parti EuroPalestine, la remise du prix de l’infréquentabilité à Robert Faurisson (un négationniste maintes fois condamné) sur la scène de son théâtre de la Main d’or, Dieudonné est au cœur d’une nouvelle polémique.</p>
<p>A partir de mars prochain, il mettra en vente sur son site le film « l’antisémite », une co-production franco-iranienne, et qui se définit comme « la première comédie populaire sur l’holocauste ».</p>
<p>Un humour qui n’a convaincu aucun des cinémas français de distribuer le film, lequel sera projeté à Téhéran au cours d’un festival dans le courant de l’année.</p>
<p>La bande annonce :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><object style="height: 390px; width: 640px;" width="640" height="360" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ogu_GQADm4A?version=3&amp;feature=player_embedded" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed style="height: 390px; width: 640px;" width="640" height="360" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/ogu_GQADm4A?version=3&amp;feature=player_embedded" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object></p>
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		<title>Le travail rend l’homme semblable à l’arbeit</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 07:03:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gaëtan Pelletier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a un couple, dernièrement, qui a gagné 50$ millions au loto. On jubilait. On venait d’échapper à la crucifixion du travail. J’ai commencé à connaître les joies du travail en passant des journaux à 13 ans. Le vieux frustré avait trouvé sa copie trop basse pour la ramasser. Je me suis fait poivrer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/le-travail-rend-l%e2%80%99homme-semblable-a-l%e2%80%99arbeit/91757/travail-4" rel="attachment wp-att-91758"><img class="alignnone size-full wp-image-91758" title="Travail" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/Travail.jpg" alt="" width="259" height="313" /></a></p>
<p>Il y a un couple, dernièrement, qui a gagné 50$ millions au loto.<br />
On jubilait.<br />
On venait d’échapper à la crucifixion du travail.<br />
J’ai commencé à connaître les joies du travail en passant des journaux à 13 ans. Le vieux frustré avait trouvé sa copie trop basse pour la ramasser. Je me suis fait poivrer pas à peu près.<br />
Puis, plus tard, j’ai « planté des quilles ». 5 cents la partie.<br />
Pendant qu’un « athlète »  lançait des tites boules à l’autre bout de l’allée,  tentant d’en jeter dix à terre. Avec une seule boule.<br />
Un athlète&#8230;<br />
De sorte qu’on en recevait sur les genoux. Pas les boules, les quilles.<br />
Mais le plus beau job je l’ai eu à 16 ans : projectionniste dans un cinéma. Pendant deux ans j’ai visionné le même film ad nausée âme.<br />
Surtout les Elvis Presley. Puis suivit, Joselito, le chanteur à la voix d’or.<br />
Mais le plus grand succès fut celui de Madame X :</p>
<blockquote>
<p><em>Holly Parker, d’origine modeste, épouse Clayton Anderson un homme politique ambitieux, issu d’une famille aisée et respectable. Le couple vit heureux et donne naissance à un garçon Clayton Jr. Mais la belle-mère d’Holly, Estelle, qui vit avec eux ne l’aime pas à cause de ses origines. Souffrant de solitude, Clayton étant souvent absent, Holly devient la maîtresse de Phil, un ami de la famille. Au retour de son mari, elle comprend qu&#8217;elle n&#8217;aime que lui et décide de rompre avec son amant qu&#8217;elle est venue rejoindre chez lui. Au cours d’une discussion houleuse, Holly qui se débat, le pousse accidentellement dans les escaliers et Phil trouve la mort. Sa belle-mère qui la faisait suivre par un détective, est vite au courant de la situation. Pour sauver la réputation de la famille, Estelle promet de ne rien dire si Holly disparaît immédiatement sous un nom d&#8217;emprunt et sans jamais revoir son fils et son mari. La jeune femme part et erre dans plusieurs pays sombrant dans la déchéance et l’alcoolisme. Bien des années plus tard, elle est accusée du meurtre d’un maître chanteur. Elle signe sa déposition sous le nom de Madame X. Le procès débute à New York où elle est défendue par un jeune avocat dont c&#8217;est la première affaire et qui n’est autre que son fils qu’elle n’a jamais revu.</em> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_X_%28film,_1966%29">Madame X</a></p></blockquote>
<p>Plus de bancs. On a ajouté des chaises.<br />
J’aimerais bien avoir un psy pour m’expliquer ce goût pour la tristesse infinie. Faut croire que les gens travaillaient dans le bonheur et puisaient leur besoin de tristesse dans les films.<br />
***<br />
Plus tard, je découvris la tristesse du travail : celui qui tue un peu, ou beaucoup.<br />
Aujourd’hui, on vend des carrières.<br />
Tu ne vas pas au ciel, tu vas à la compagnie.<br />
« J’ai passé 35 ans dans cette usine »<br />
C’était durant la période de temps où les choses duraient. Les compagnies ont maintenant une durée de vie équivalente à un lave-vaisselle : 12 ans. Max.<br />
Il y a les gurus et les « suiveux ».<br />
Le guru vend des carrières, et les « suiveux » y croient.<br />
Comme dans Madame X : plus de bancs, on a ajouté des chaises musicales.<br />
?<br />
Avec la mallette à roulettes. Le cellulaire. La cellulite. Ils sont à genoux de l’esprit. On leur brasse de l’avenir et on leur présente du savon comme du ciment.<br />
Ils sont coulés dans le ciment.<br />
J’ai jamais cru à la carrière. Pourtant j’étais de la génération de la « carrière » . Ces baby-boomers qui ont tout eu. Sauf des parents qui n’avaient rien. Ils écrivaient leur nom : parfois en X.<br />
J’ai essayé 20 métiers, je me suis fait crucifier 20 fois. Pas assez à genoux.<br />
C’est l’ère des lavettes qui se font rincer dans les universités. Ils en sortent imbibés de savoirs inutiles, le plus souvent.<br />
Ils disent que c’est de la culture.<br />
Si on cultive un chou avec des mots, on mange des mots.</p>
<p>On dirait que le « monde » est devenu une histoire compliqué de Madame X.<br />
C’est comme Cendrillon dans un monde parallèle : alcoolique, malheureuse, incertaine…<br />
Elle déboule l’escalier.<br />
Ce doit être un hasard : les escaliers ont toujours 13 marches.<br />
Le monde du travail?<br />
Il ne se résume plus qu’à une seule carrière : pelleter de l’argent pour les atrophiés de la vie.<br />
Ils sont gros, vont au gym après Noël, et bouffent des aliments de par leur parure.</p>
<p>Et quand ils votent, ils font un X.<br />
C’était vraiment un bon film. Je commence à comprendre pourquoi il n’y avait plus de bancs et qu’il a fallu rajouter des chaises.<br />
Faut croire que le monde est un grand cinéma et qu’on est tous un peu givrés par la grandeur des écrans.<br />
P.S. : En fait, j’adore travailler. Sauf que ramer avec des types qui fouettent, après quelques années, et après avoir demandé au capitaine où on va, il ne sait pas que répondre.<br />
Je pense que le capitaine aussi travaille pour quelqu’un.<br />
Si ce quelqu’un travaillait un peu pour nous, sans doute serions nous tous dans la joie du travail et bien rentable.<br />
Ça fait des années que je cherche le nom du vrai patron. C’est monsieur X.<br />
Son fils est avocat, mais il ne sait pas que c’est son père.<br />
Alors, il sombre dans le McDo et le Gymn.<br />
Beurk!<br />
Le travail rend l’homme semblable à <a href="http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais-allemand/travail/78326 ">l’arbeit… </a></p>
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		<title>Rémunération et indignation &#8211; Contre le mythe des hauts dirigeants héroïques</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 05:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lettres</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Bertrand Malsch, Professeur à HEC Montréal, Marie-Soleil Tremblay, Professeure à l&#8217;ENAP et Yves Gendron, Professeur à l&#8217;Université Laval  9 janvier 2012 Qu’a donc fait de si extraordinaire l’homme d’affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars? Un rapport publié récemment par le Centre canadien des politiques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/remuneration-et-indignation-contre-le-mythe-des-hauts-dirigeants-heroiques/91668/frank" rel="attachment wp-att-91669"><img class="alignnone size-medium wp-image-91669" title="Frank" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/Frank-510x358.jpg" alt="" width="510" height="358" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="font-size: small;">Bertrand Malsch, Professeur à HEC Montréal, Marie-Soleil Tremblay, Professeure à l&#8217;ENAP et Yves Gendron, Professeur à l&#8217;Université Laval  9 janvier 2012</span></strong></p>
<div>Qu’a donc fait de si extraordinaire l’homme d’affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?</div>
<p>Un rapport publié récemment par le Centre canadien des politiques alternatives révèle que, malgré les turbulences sévères de l&#8217;économie mondiale, l&#8217;écart de rémunération entre les hauts dirigeants des grandes sociétés et les salariés a de nouveau atteint un triste record.</p>
<p>Cette situation n&#8217;est pas propre au Canada. Les écarts sont tout aussi vertigineux de l&#8217;autre côté de la frontière, où, malgré la crise et des résultats en baisse, les banques de Wall Street continuent de distribuer frénétiquement bonis et options d&#8217;achat d&#8217;actions. Face à cette situation, le premier mouvement de réaction, entièrement légitime, est celui de l&#8217;indignation: qu&#8217;a donc fait de si extraordinaire l&#8217;homme d&#8217;affaires Frank Stronach, de Magna International, pour mériter une rémunération annuelle de 62 millions de dollars?</p>
<p>Passé ce sentiment de révolte, une question demeure — peut-être la plus importante: comment les comités de rémunération peuvent-ils trouver tout à fait normal ce qui semble parfaitement anormal à l&#8217;immense majorité des citoyens, les fameux 99 %? Cette interrogation est absolument cruciale. En effet, tant qu&#8217;on ne comprendra pas les mécanismes mobilisés par les membres des comités de rémunération pour rationaliser leurs décisions, tout effort de réforme demeure vain.</p>
<p><strong>Dirigeants-vedettes<br />
</strong><br />
Nos travaux de recherche publiés montrent que ce processus de rationalisation s&#8217;appuie principalement sur l&#8217;adhésion des comités de rémunération à un schéma de valeurs individualistes. Le succès d&#8217;une entreprise n&#8217;est pas perçu par les administrateurs comme le résultat d&#8217;un effort collectif, mais plutôt comme le résultat d&#8217;efforts individuels. Cette logique d&#8217;individualisation encourage alors la création d&#8217;un marché de dirigeants — en tout point comparable à celui des joueurs de la LNH — où les comités de rémunération sont prêts à payer le prix le plus élevé possible pour avoir les meilleurs dirigeants.</p>
<p>Ces dirigeants-vedettes sont magnifiés comme des héros puissants capables, par leurs talents prétendument rares et exceptionnels, de garantir la réussite de leurs entreprises. Animés par cette philosophie, la plupart des comités de rémunération abandonnent ainsi, avec une bonne foi déconcertante, leur responsabilité morale dans les mains invisibles du marché des rémunérations.</p>
<p>Pourquoi ce marché est-il systématiquement haussier depuis plus de trois décennies? Notre étude apporte certains éléments de réponse. Puisque les comités de rémunération sont convaincus de la capacité du marché à déterminer de façon juste et équitable la rémunération des meilleurs dirigeants, ils ne peuvent pas attribuer une rémunération inférieure à celle des dirigeants faisant partie des quintiles les mieux rémunérés, à moins d&#8217;admettre que le dirigeant recruté performe moins bien que la moyenne.</p>
<p>Les dirigeants sous-payés par rapport au marché ont donc tendance à voir leur rémunération augmenter, tandis que les dirigeants qui se situent dans la limite supérieure du marché ne voient jamais, ou très rarement, leur rémunération abaissée. Par ailleurs, que l&#8217;on soit en période de crise ou en période de prospérité, il semble bien que toutes les raisons soient bonnes de rémunérer au maximum le talent individuel des dirigeants. Lorsque l&#8217;entreprise gagne beaucoup d&#8217;argent, les administrateurs expliquent qu&#8217;il est normal de récompenser les dirigeants avec des primes généreuses. Lorsque les temps deviennent difficiles, les administrateurs expliquent que c&#8217;est précisément dans ces périodes que les meilleurs dirigeants, c&#8217;est-à-dire les plus chers, sont nécessaires. Au royaume des administrateurs, il y a donc rarement de bonnes raisons de diminuer les salaires des dirigeants.</p>
<p><strong>Le mythe du dirigeant héroïque</strong></p>
<p>Une révolution culturelle s&#8217;impose au sein des comités de rémunération. Cette révolution implique de défaire le mythe du dirigeant héroïque sur les épaules duquel reposerait tout le succès de l&#8217;entreprise, au profit d&#8217;une conception davantage égalitaire et collective de la réussite. Ce changement n&#8217;a rien de facile. Il implique de modifier en profondeur la mentalité des comités de rémunération.</p>
<p>Il est illusoire de penser qu&#8217;une telle réforme pourrait venir de l&#8217;intérieur des conseils d&#8217;administration. Leur schéma de valeurs individualistes les maintient dans une zone de confort moral relativement hermétique aux doutes. Par ailleurs, la culture individualiste ne sévit pas simplement dans les conseils d&#8217;administration, mais elle touche tous les secteurs de la société. Et s&#8217;il faut se choquer qu&#8217;un dirigeant puisse gagner</p>
<p>62 millions de dollars en une année, il faut également s&#8217;émouvoir qu&#8217;un joueur de hockey, fût-il aussi un «héros» au talent rare, puisse gagner des sommes tout aussi extravagantes.</p>
<p>En réalité, les plus sérieux espoirs de changement ne peuvent venir que de cette émotion démocratique forte qui s&#8217;était répandue il y a quelques mois, avant de mourir étouffée par l&#8217;hiver et par l&#8217;indifférence: l&#8217;indignation. À condition de s&#8217;organiser collectivement et politiquement, cette indignation a les moyens de s&#8217;exprimer avec force. Les 99 % d&#8217;indignés potentiels canadiens sont en effet, par l&#8217;intermédiaire de leurs fonds de retraite et de leurs placements, les actionnaires les plus importants des grandes entreprises canadiennes. Il est plus que temps que la démocratie indignée investisse les tentes des assemblées générales.</p>
<p>***</p>
<p>Bertrand Malsch, Professeur à HEC Montréal, Marie-Soleil Tremblay, Professeure à l&#8217;ENAP et Yves Gendron, Professeur à l&#8217;Université Laval</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Niger: Le mirage du bout du monde</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Jan 2012 05:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Bourgoing</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis couché sur le dos, à la belle étoile, fixant les cieux, étourdi, presque effrayé par l’immensité de la Voie Lactée. Je suis au bout du monde, comme j'en rêvais depuis longtemps, chez les Bororos, des éleveurs peuls qui vivent dans le sud du Sahara.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-2778" style="margin-bottom: 10px;" title="Voie Lactée" src="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/voielactee.jpg" alt="Voie Lactée" width="500" height="161" /><br />
Je suis couché sur le dos, à la belle étoile, fixant les cieux, étourdi, presque effrayé par l’immensité de la Voie Lactée. Je suis au bout du monde, comme j&#8217;en rêvais depuis longtemps, chez les Bororos, des éleveurs peuls qui vivent dans le sud du Sahara.</p>
<p>Mais je suis incapable d&#8217;en profiter. J&#8217;ai une tourista spectaculaire qui m&#8217;oblige à des va-et-vient incessants dans le désert, et les dernières braises du feu qu’ont allumé pour moi les nomades qui m’accueillent dans leur campement achèvent de se consumer. Le froid m’a réveillé. Un froid comme je n’en ai jamais connu, même dans mes pires hivers canadiens.</p>
<p>Je m&#8217;enroule du mieux que je peux dans la couverture qu’un ami nigérien m’a prêtée, en me souhaitant bonne chance, lorsque je lui ai annoncé que je partais seul pour plusieurs jours. J’ai enfilé tout ce que j&#8217;ai: un tee-shirt, une chemise et un pull. Mais rien n&#8217;y fait. Je suis allongé sur une natte posée sur le sable et je découvre avec effroi ce qui aurait dû être une évidence: le désert est un univers minéral qui, la nuit en décembre, ne retient pas la chaleur, même torride, de la journée.</p>
<p>J&#8217;ai la tête et les tempes qui gèlent. Sous la voute céleste, mes pensées entrent en collision avec une force inouïe, comme des galaxies qui s’entrechoquent, des supernovae qui explosent. Les Bororos dorment plus loin, quelque part derrière des buissons. J&#8217;ai peur de ne pas tenir jusqu&#8217;à l&#8217;aube mais, par fierté, je n&#8217;ose pas les réveiller.</p>
<p>Je suis prisonnier de ces pensées qui se bousculent de plus en plus vite et violemment. Que suis-je venu chercher ici, à une journée de route, trois jours de pistes et des heures de marche de la « civilisation » ? Quelle mouche m&#8217;a piqué pour m&#8217;exposer à de tels risques? Il n’y a pas de sortie de secours dans le désert. Impossible de faire marche arrière. Ce n’est plus un jeu.</p>
<p>Pour conjurer la panique que je sens monter, je déroule le fil qui m’a conduit jusqu’ici.</p>
<h4>Le portrait d&#8217;une vache</h4>
<p><a href="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos1.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2800" style="margin-left: 7px; border: 1px solid black;" title="Des nomades dont l'univers tourne autour de leurs animaux, des zébus noirs aux reflets rouges et aux immenses cornes blanches." src="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos1.jpg" alt="Des nomades dont l'univers tourne autour de leurs animaux, des zébus noirs aux reflets rouges et aux immenses cornes blanches." width="300" height="194" /></a>Une journaliste avec qui je travaille en France a piqué ma curiosité en me parlant de ces nomades dont l&#8217;univers tourne autour de leurs animaux, des zébus noirs aux reflets rouges et aux immenses cornes blanches, comme des lyres. Ces Peuls disposent dans leur langue de 150 adjectifs pour décrire la palette de nuances de la robe d&#8217;une vache (couleurs, formes, taille, nombre et emplacement des taches), ce qui en dit long sur l&#8217;importance du troupeau dans leur style de vie et facilite les choses quand vient le temps de retracer un animal égaré.</p>
<p>Ces hommes et ces femmes sont les Eskimos du désert, des champions de la survie en milieu extrême. Les Bororos, aussi appelés Woodabés, sont célèbres pour le Gerewool, un grand événement annuel où les jeunes nomades sortent leurs plus jolies plumes et exposent la blancheur de leurs dents et de leurs yeux pour séduire les filles, un concours de beauté vital dans le désert, un contexte qui ne se prête pas trop aux rencontres fortuites (<a href="http://photos.linternaute.com/photo/1093512/1128722102/1719/la-danse-du-yaake/#1719" target="_blank">voir des photos</a>).</p>
<p>Les Bororos ne connaissent pas l&#8217;argent et vivent surtout du troc. Ils sont obsédés par la beauté des vaches autant que celle des hommes, des animaux auxquels ils dédient des poèmes et des chansons. Alors j&#8217;ai eu l&#8217;idée de faire le portrait d&#8217;une vache, un portrait radiophonique où j&#8217;ai l&#8217;intention de peindre l&#8217;univers d&#8217;un éleveur par petites touches sonores: chansons, poèmes, extraits d&#8217;interviews, beuglements et ambiances diverses.</p>
<h4>Au milieu de nulle part</h4>
<p>Arrivé au campement des nomades la veille après une marche interminable dans le désert, je mange de la boule, un mélange de lait et de mil pilé, au fond d’une calebasse où flotte une mouche. Un truc cru, vraiment pas terrible, que je me force à avaler, sous le regard attentif de mes oiseaux exotiques qui insistent pour que je me serve en premier, me fixant intensément et guettant mes réactions, dans un silence presque religieux.</p>
<p><a href="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos2.jpg"><img class="size-full wp-image-2802 alignleft" style="margin-right: 7px; border: 1px solid black;" title="Des gens qui aiment rire, chanter et manger, des enfants qui s'amusent de rien." src="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos2.jpg" alt="Des gens qui aiment rire, chanter et manger, des enfants qui s'amusent de rien." width="300" height="194" /></a>C’est infect. Je ballonne à vue d’oeil. Mais j’y vais allègrement et m’inflige la violence d’en redemander, comme pour les mettre au défi. En quelques minutes, je me transforme en usine à gaz. Littéralement. Je gonfle et sens la pression qui monte, comme une cocotte-minute prête à exploser. Je fais des efforts héroïques pour garder un air détendu mais je ne tiens plus en place. Et puis l’inévitable se produit: priant pour que ce soit socialement acceptable chez mes nouveaux amis, comme chez ces Arabes chez qui il est de bon ton de roter après le repas, la main devant la bouche, agrémenté d&#8217;un distingué « Alhamdoulilah », je m&#8217;abandonne&#8230; Manifestement, je ne suis pas dans la bonne ethnie: mon lâcher prise est accueilli dans un éclat de rire général.</p>
<p>La situation a un potentiel comique. C&#8217;est net. Mais je n&#8217;ai pas le cœur à rire. J&#8217;ai fait des efforts inouïs pour trouver un nomade et une vache qui correspondent à mon idée de départ et atteindre ce bout du monde, une aventure comme je n&#8217;en ai jamais vécue. Juste au moment où je crois avoir atteint mon objectif, je reste figé derrière l&#8217;écran de mes pensées, cloué au sol par mes problèmes intestinaux. Et je m&#8217;interroge sur ce que je suis venu faire là.</p>
<h4>Prendre de la distance</h4>
<p>Comme d&#8217;autres, je pars pour me retrouver. C&#8217;est ce qui m&#8217;attire dans le v<span style="color: #000000;">oyage, un besoin que j&#8217;ai la chance de faire coïncider et combler avec mon travail: prendre de la dis</span>tance par rapport à moi-même, faire le plein de sensations nouvelles, me confronter à d&#8217;autres regards, repousser mes limites, sortir de mes automatismes, me réconcilier avec qui je suis, tout ce que je mets en sourdine dans la répétition du quotidien, pour me sentir en vie.</p>
<p><a href="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos3.jpg"><img class="size-full wp-image-2806 alignright" style="border: 1px solid black; margin-left: 7px;" title="Chez les Bororos du Niger" src="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2012/01/bororos3.jpg" alt="Chez les Bororos du Niger: il m'a suffit de discuter un peu avec eux et gratter légèrement la surface pour me découvrir plein d'atomes crochus avec ces personnages de documentaires ethnologiques." width="259" height="400" /></a>Mais comme pour tout le reste, je ne prends pas le temps de pleinement goûter ces rencontres et digérer ces expériences que j&#8217;avale avec gourmandise, comme un éternel insatiable. Il me faudra beaucoup de temps pour percevoir leur fil conducteur.</p>
<p>Hier soir, par l&#8217;intermédiaire du jeune qui m&#8217;a conduit jusqu&#8217;ici et qui parle quelques mots de français, j&#8217;ai pu discuter avec eux. J&#8217;ai découvert que, sous la surface, les personnages du film que je me suis fait me sont étrangement familiers: un père qui aime ses enfants et qui dort mal la nuit parce qu&#8217;il s&#8217;inquiète pour leur avenir, des gens qui aiment rire, chanter et manger, des enfants qui s&#8217;amusent de rien, des hommes qui se font beaux pour faire la cour, des femmes qui baissent les yeux devant un regard trop insistant, des jeunes rattrapés par la modernité, même dans un coin perdu , curieux des nouvelles du monde qui leur parviennent par la magie des ondes courtes, des gens qui marchent la tête haute, conscients de leur valeur, plein de prévenance pour cet invité surprise débarqué sans prévenir et manifestement démuni dans cet environnement hostile.</p>
<p>Maintenant que j&#8217;y suis<span style="color: #000000;">, j&#8217;ai l&#8217;impression que les Bororos font partie de mon univers, que des années-lumière ne nous séparent pas, contrairement à ce que soupçonnais. Il m&#8217;a suffit de discuter un peu avec eux et gratter légèrement la surface pour me découvrir plein d&#8217;atomes crochus avec ces personnages de documentaires ethnologiques, ce q</span>ue j&#8217;accueille avec un mélange de déception et un certain vertige devant l&#8217;évidence: nous appartenons à la même espèce.</p>
<h4>L&#8217;autre bout du monde</h4>
<p>La Voie Lactée serait si jolie si ce n’était de ma tuyauterie en furie, du cérébral qui me prend en otage, du froid insoutenable, de tout ce qui m&#8217;empêche de m&#8217;élever pour profiter de la beauté qui s&#8217;offre à moi, ici et maintenant.</p>
<p>Ma délivrance arrive avec la douceur des premiers rayons du soleil. Avec eux je prends conscience de ce qui s&#8217;imposera, au fil du temps, comme une conviction personnelle.</p>
<p>Je suis allé chercher mon bout du monde aux antipodes chez des gens que j&#8217;espérais fondamentalement différents, comme si des extra-terrestres habitaient ma planète. Au fil du temps, j&#8217;ai poursuivi ce mirage aux quatre &nbsp;&raquo;coins&nbsp;&raquo; de la planète, dans les montagnes du Bhoutan, dans le désert du Rajasthan, dans les bidonvilles de Lagos&#8230; Mais au Niger, sans doute plus qu&#8217;ailleurs, les Bororos m&#8217;ont appris qu&#8217;il n&#8217;y a pas de bout du monde, ou alors qu&#8217;il me suit partout. Parce qu&#8217;il est en moi. Parce qu&#8217;il est en nous.</p>
<p style="text-align: right;">* <img class="alignright size-full wp-image-1290" style="border: 0px;" title="agrandir" src="http://www.bourgoing.com/wp-content/uploads/2011/07/agrandir.gif" alt="" width="22" height="15" /><em>Pour voir en plein écran, démarrez et cliquez dans le coin inférieur droit</em></p>
<p><object width="500" height="375" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="flashvars" value="offsite=true&amp;lang=fr-fr&amp;page_show_url=%2Fphotos%2Frbourgoing%2Fsets%2F72157628727244683%2Fshow%2F&amp;page_show_back_url=%2Fphotos%2Frbourgoing%2Fsets%2F72157628727244683%2F&amp;set_id=72157628727244683&amp;jump_to=" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=109615" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="500" height="375" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.flickr.com/apps/slideshow/show.swf?v=109615" flashvars="offsite=true&amp;lang=fr-fr&amp;page_show_url=%2Fphotos%2Frbourgoing%2Fsets%2F72157628727244683%2Fshow%2F&amp;page_show_back_url=%2Fphotos%2Frbourgoing%2Fsets%2F72157628727244683%2F&amp;set_id=72157628727244683&amp;jump_to=" allowFullScreen="true" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: right;">*Première publication sur <a title="Niger: Le mirage du bout du monde" href="http://www.bourgoing.com/2012/01/niger-le-mirage-du-bout-du-monde/">Bourgoing.com</a></p>
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		<title>L&#8217;inertie paradigmatique</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Jan 2012 05:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>8119</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; capable de voir Quand j&#8217;étais petit je voulais plus que tout au monde vivre à l&#8217;air libre, sortir de cette prison lugubre qu&#8217;était l&#8217;école, et qui m&#8217;avait fait abandonné tout désir de bien faire les choses. Je ne m&#8217;était pas demandé, car je ne l&#8217;avais jamais vu ailleurs, si il n&#8217;y avait pas moyen [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p>capable de voir</p>
<p>Quand j&#8217;étais petit je voulais plus que tout au monde vivre à l&#8217;air libre, sortir de cette prison lugubre qu&#8217;était l&#8217;école, et qui m&#8217;avait fait abandonné tout désir de bien faire les choses.<br />
Je ne m&#8217;était pas demandé, car je ne l&#8217;avais jamais vu ailleurs, si il n&#8217;y avait pas moyen de faire de ce lycée un lieu de vie, un lieu où on s&#8217;entend et on s&#8217;écoute, où on se rencontre et où on bâti des projets. Au lieu de cela, les classes ne se parlaient pas entre elles, le monde se limitait aux trente élèves, qui étaient comme les trente personnages des Simpsons, une représentation classique de la société humaine, qui d&#8217;ailleurs est elle-même une représentation classique des nombreux états d&#8217;esprit dans lesquels on peut se trouver.</p>
<p>J&#8217;arrivais en classe « les mains dans les poches » est-il stipulé dans mon livret scolaire, « sans sac, sans cahier, sans livre ni stylo ». J&#8217;empruntais une feuille et un stylo et je faisais des dessins, et ensuite je la jetais devant le prof en sortant.<br />
La plupart du temps je dormais, la tête posée sur les bras croisés, au fond de la classe, meurtri d&#8217;avoir dû écourter ma nuit de sommeil réparateur.</p>
<p>Il y avait celles qu&#8217;on appelait les pisseuses du premier rang, ou les « Claire Chazal » qui retenaient ces séquences de mots et étaient félicitées pour ça, qui levaient le bras et la main et le doigt et soutenaient le bras avec l&#8217;autre main, et qui devaient faire des efforts surhumains pour avoir la moyenne, alors que nous les révoltés du dernier rang, on obtenait des notes équivalentes ou supérieures sans jamais rien écouter, sans faire aucun devoir à la maison, simplement en recrachant des choses vaguement entendues, tout en se demandant même pas ce qu&#8217;elles voulaient dire.</p>
<p>Déjà on pouvait voir la différence entre deux catégories, ceux qui étaient soumis et ceux qui ne l&#8217;étaient pas. Il valait mieux souffrir pour avoir 10/20 qu&#8217;avoir 10/20 en utilisant 1% de ses capacités. Ce qui compte, ce qu&#8217;ils aiment, et ce que la société veut, c&#8217;est que les gens souffrent, qu&#8217;ils n&#8217;en puissent plus, qu&#8217;ils se donnent du mal, même si c&#8217;est pour patauger dans la boue, pourvu qu&#8217;ils souffrent&#8230; et pourvu que leur impression d&#8217;être de bons élèves soit confiée à une autorité extérieure à eux-mêmes.</p>
<p>C&#8217;est comme ces émissions américaines où le candidat donne la bonne réponse, tout le monde sait que c&#8217;est la bonne réponse puisque que les trois autres propositions sont délirantes, et pourtant eux, ainsi que les applaudisseurs, attendent pieusement que l&#8217;animateur le leur dise textuellement « c&#8217;est une&#8230; (attente, suspense) bonne réponse ! » et là les gens sont soulagés, ils sont contents, alors qu&#8217;ils le savaient, mais ils n&#8217;avaient pas le droit de laisser leur conscience y accéder.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>Il existe un phénomène que je n&#8217;ai jamais vu développé en psycho-philosophie (mot fraîchement inventé) qui est l&#8217;inertie paradigmatique (lui aussi).</p>
<p>Dans la vaste question qui consiste à vouloir changer le monde, je veux dire « en mieux », enfin je veux dire « en mieux pour les gens », il s&#8217;avère que si la notion systémique est mise en oeuvre avant que la dimension psychologique ne s&#8217;y soit résolue, cela sera vécu comme une pression externe, une dictature, et cela créera des tensions, des frictions, puis des freins voire même cela pourra trouver le moyen de faire capoter le plus honorable et moral des projets, ce que l&#8217;histoire fait voir.</p>
<p>J&#8217;ai longuement exposé ce qui devrait être fait, normalement, si on désirait cordialement obtenir la fin de la famine, des guerres, des maladies, de la pollution, d&#8217;une façon aussi immédiate que efficace. Il n&#8217;y a rien à tergiverser là-dessus, les solutions que j&#8217;ai proposées sont les bonnes, et le monde dans lequel on pourrait déjà être en train de vivre, a été visité de façon touristique et ébahie.</p>
<p>Mais il y a un tampon qui, dans le subconscient, empêche l&#8217;accès au conscient de la détermination nécessaire à, seulement, changer les règles du jeu, ce qui se situe dans le monde psychologique et ne nécessite aucun effort dans le monde physique. En un tour de l&#8217;esprit, tous les maux du monde pourraient être réglés, pratiquement sans rien avoir à faire.</p>
<p>-</p>
<p>Vivre dans l&#8217;angoisse et la frustration, à insister de vouloir faire tourner une bécane qui ne veut pas démarrer, n&#8217;est pas souhaitable pour définir une vie. On pourra dire de ces héros qu&#8217;ils l&#8217;ont consacrée à la justice mais on pourra aussi dire d&#8217;eux qu&#8217;il leur fallait une sacrée dose de folie.</p>
<p>D&#8217;habitude les humains choisissent la posture mentale la plus élégante et la plus pacifique possible au sein du monde dans lequel ils sont immergés.<br />
Dans une firme multinationale, les patrons ordonnent de déverser les trucs toxiques dans les rivières, mais je pense au fond qu&#8217;ils le font à contre-coeur, pas de façon criminelle. Ils le font parce que c&#8217;est la chose à faire la plus rationnelle dans le cadre des règles du jeu auxquelles ils sont sommés de se soumettre.<br />
(Si la justice était indépendante des circonstances et ne se fiait qu&#8217;aux faits, l&#8217;acte involontaire, l&#8217;acte fait par obligation et l&#8217;acte fait avec le désir de faire souffrir seraient placés au même rang de gravité. Ça ne serait peut-être pas plus mal, dans le genre « éducatif ».)</p>
<p>Il en va de même pour les financiers que Jean Ziégler accuse avec justesse de « crimes contre l&#8217;humanité », cependant, il ne faut pas écarter le principe de l&#8217;entéléchie dans laquelle ils sont immergés : ils agissent le plus rationnellement possible, dans le cadre du capitalisme, qui consiste à n&#8217;autoriser l&#8217;existant que si ça rapporte de l&#8217;argent.</p>
<p>C&#8217;est de se demander ce qui autorise l&#8217;existant qui résoudrait tous les problèmes en moins de deux (secondes, ans, selon l&#8217;échelle)</p>
<p>Mais ce qui compte le plus désormais est le chemin qui permet d&#8217;accéder à cette idée. Il ne suffira pas de la répéter en étant excité par tous les maux qui cognent à la porte de conscient pour se voir résolus par ce nouveau paradigme, il faudra être capables d&#8217;en avoir d&#8217;autres du même genre.<br />
De toutes façons l&#8217;humanité y viendra, et vous autres aurez vécu dans la misère pour rien ; donc autant s&#8217;intéresser aux chemins.</p>
<p>-</p>
<p>Quand on voit comment Georges Orwell a prophétisé le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui, où le sens des mots est torturé à l&#8217;extrême au point de leur faire dire le contraire de la raison pour laquelle ils sont nés, ce qui a pour conséquence de travestir tout le langage, et de freiner encore plus la communication des idées nouvelles, on observe aussi qu&#8217;il n&#8217;a pas accusé, ou mis en relation, le capitalisme et la folie. Pour lui la folie était venue progressivement et on s&#8217;y était enfermés, mais sans vraiment scruter les causes, c&#8217;est juste que ce thème l&#8217;a chatouillé assez pour qu&#8217;il ne l&#8217;oublie pas et finisse par écrire dessus. Et puis une vision globale est suffisante, un monde sans amour n&#8217;est pas un monde.</p>
<p>Les gens qui déversent les polluants dans les rivières sont peut-être sans amour, et peut-être que c&#8217;est tout ce qui leur manque pour permettre au système actuel de continuer de fonctionner, et surtout de progresser.</p>
<p>Changer le système pour changer les gens est de l&#8217;ordre de la rééducation. Si cela est fait ça veut dire que les gens admettent qu&#8217;ils ont un problème et qu&#8217;ils désirent le corriger. Ensuite seulement les réflexes stupides disparaissent et ensuite seulement le système non injuste serait perçu pour ce qu&#8217;il est. Mais ainsi aussi, peut-être qu&#8217;après les gens ne cesseraient de s&#8217;appliquer les uns aux autres ces formes de répression systémiques, au point que la société finirait encore par se dissoudre.</p>
<p>L&#8217;inertie paradigmatique est observable dans énormément de domaines.<br />
En fait (ceci aurait dû être dit en conclusion mais bon) quel que soit le paradigme ou la « chose » qu&#8217;on vient de remarquer, on peut toujours l&#8217;appliquer à tout et voir le monde à travers son prisme.<br />
Ainsi il a des gens qui adoptent des prismes bien précis et essaient de faire voir aux autres le monde tel qu&#8217;il leur apparaît. Ils espèrent qu&#8217;en faisant voir ce qu&#8217;ils voient, ils arriveront à faire voir le prisme par lequel ils regardent le monde. Ceci mesdames est messieurs et le fondement de la communication, et sa portée est universelle, car tout dans l&#8217;univers n&#8217;est que mise en relation, que « information ».</p>
<p>Et à chaque fois, peu sont ceux qui admettent le prisme qui essait d&#8217;être décrit à travers ce qu&#8217;il fait voir, comme étant une réalité absolue, à moins que ça entre tellement en résonance avec sa psychologie qu&#8217;il n&#8217;en démordra plus jamais ensuite, et se fâchera à chaque fois qu&#8217;on essaiera de relativiser ses points de vue.</p>
<p>(Mais bon)</p>
<p>Il est assez difficile pour l&#8217;esprit démuni de souplesse et de fluidité d&#8217;adapter les paradigmes qu&#8217;il utilise à la situation qu&#8217;il rencontre ou au thème qu&#8217;il choisi de regarder. (les fans de poker comme moi savent de quoi je parle !)<br />
Souvent, un peu comme quand les gens associent « burqa » et « violence », et « non burqa = non violence », (en raison de leur logique dialectique, qui repose sur les mots et non les concepts) il font les mêmes associations d&#8217;idées entre des thèmes et des paradigmes, tel thème relève de telle façon de voir, tel autre de telle autre façon de voir. Et là encore si on leur parle de logique, de ce qui se passe quand on met en relation 1+1 d&#8217;un côté et 1+1 de l&#8217;autre, ils répondent « mais ça n&#8217;a rien à voir ! ».</p>
<p>Cette réponse est le signe de ce qu&#8217;ils ignorent. La plupart des actes humains sont le signe de ce qu&#8217;ils ignorent et au fond, ce qu&#8217;ils désirent apprendre (c&#8217;est à dire ce qui n&#8217;accède pas au conscient).</p>
<p>-</p>
<p>Si on veut prophétiser comme G. Orwell l&#8217;a fait on peut aisément dire que dans le futur, des choses que nous ignorons aujourd&#8217;hui seront connues de tous demain, et aucun acte ne se fera sans que cela ne soit logique avec ces nouvelles connaissances.</p>
<p>On peut même entrevoir le petit filet de gens qui savent déjà aujourd&#8217;hui ce que tout le monde saura demain, et observer comment ils sont ostracisés, en raison de ce que le monde n&#8217;est pas prêt.</p>
<p>L&#8217;inertie paradigmatique est observable partout, disais-je, avant de devoir introduire les notions qui permettent de le voir.<br />
Celui qui décide de déverser les toxiques dans la rivière, se fait force de le faire car c&#8217;est son devoir, mais une fois rentré chez lui il ne l&#8217;oublie pas.<br />
Son désir étant de vivre avec le moins de stress possible, il adopte le comportement en vue duquel ce qu&#8217;il a fait lui paraîtra le moins douloureux. Et pour se faire, le paradigme qu&#8217;il a dû adopter une fois, il doit désormais l&#8217;adopter toujours. Et il continuera jusqu&#8217;à avoir fait le tour du monde avec son nouveau prisme, selon l&#8217;habitude des terriens, aucun millimètre du monde ne pourra échapper à son prisme avant qu&#8217;il n&#8217;ai l&#8217;idée d&#8217;en essayer un autre.</p>
<p>On a vu ce responsable de marée noire refuser d&#8217;admettre qu&#8217;il est responsable de la pollution provoquée à des milliers de kilomètres de là, en raison du fait qu&#8217;il a utilisé des « dispersants » chimiques. Pour lui le « dispersant » est un « éradiquant », il permet de nettoyer le crime. Il ne s&#8217;imagine pas que le dispersant disperse, cela lui semble incongru, ou alors on lui a raconté des bobards, mais ça aussi c&#8217;est incongru.</p>
<p>On a vu cet article sur la psychologie des guerriers israéliens, qui agressent et torturent des enfants, laissent des familles mourir avant de laisser passer l&#8217;ambulance, bombardent des maisons habitées, détruisent des maisons au bulldozer laissant à peine le temps aux familles de sortir en pyjama, se sentent agressés et insultés au plus profond d&#8217;eux mêmes par un jet de pierre et auquel ils répondent par des bombardements de F-16, et surtout, comment ils se sentent à l&#8217;aise et heureux au sein d&#8217;une communauté de frères avec qui ils partagent leur vie, leur tendresse, et leur humanité.<br />
Ils éduquent leurs jeunes pour qu&#8217;ils acquièrent les bases qui leur permettront ensuite de vivre heureux et en paix dans leur société criminogène.</p>
<p>De toutes manières l&#8217;humain cherche toujours à se sentir à l&#8217;aise et heureux, et cela est visible partout. Personne ne dit à son supérieur hiérarchique qu&#8217;il se trompe, que son idée est mauvaise, qu&#8217;il a tort, ou que la société dans laquelle il travaille participe pleinement au malheur du monde, qu&#8217;il a un impact nuisible et qu&#8217;il se dresse comme un objecteur de conscience. Il se ferait virer. Il vaut mieux carrément ne pas être capable de le voir, sinon on se rend malades et on attrape des cancers.</p>
<p>Moi-même quand j&#8217;écris ces articles je prends la posture mondiale, j&#8217;englobe le monde dans mes mains, et ensuite quand je vais faire les courses j&#8217;ai tendance à marcher dans la rue comme le gars qui engloble le monde de ses mains. Et ainsi pourvu de berlue, j&#8217;achète des produits Carrefour, du saumon « pêché en mer » colorisé orange parce que à l&#8217;origine il est blanc (c&#8217;était noël, je me le suis autorisé), et je paie avec ma carte bleue VISA.<br />
Et je rentre et je mange la moitié de ce que j&#8217;ai acheté pour la semaine.<br />
Et à part ça il me semble n&#8217;avoir rien à me reprocher.</p>
<p>-</p>
<p>Cela va même plus loin, cette histoire d&#8217;inertie. Le fait de consommer, travailler, prendre l&#8217;argent à une autre personne pourvu qu&#8217;elle soit gagnante dans l&#8217;affaire, devoir se faire arnaquer pour le rendre, devoir mentir pour se faire embaucher, devoir se salir en serrant la main d&#8217;investisseurs sans scrupules, devoir se faire percer le cul à accepter des conditions défavorables d&#8217;un contrat, toutes ces petites choses de la vie ne peuvent pas être ponctuelles, encadrées, et rangées dans un placard. Ce sont des procédures qu&#8217;on acquiert, et qu&#8217;ensuite on arrête pas d&#8217;être tentés de répliquer ; parce que c&#8217;est ce qui semble le plus juste.</p>
<p>Toute la façon de procéder dans une société de consommation, invite au crime, le légalise dans la mesure où il est justifié, et qu&#8217;on n&#8217;a pas le choix. On invente des dictons aussi meurtriers qu&#8217;absurdes pour justifier cela, comme « la loi de la jungle », « l&#8217;homme est le seul prédateur de l&#8217;homme », et ce cadre rend vrai les allégations insensées de Darwin comme « sélection naturelle » ou même « adaptation au milieu ». Pourtant en vérité l&#8217;adaptation au milieu précède le milieu, au lieu d&#8217;en être consécutif, et ça il faudra encore l&#8217;expliquer. Mais même une telle évidence reste impossible à voir, aussi scientifique que se veut la démarche de celui qui observe le monde.</p>
<p>-</p>
<p>Regardez le comportement obscène, cannibale et psychotique des Etats-Unis. Vu d&#8217;ici c&#8217;est plus facile de le voir (eux considèrent les pays européens qui collaborent, comme des inférieurs qui marchent dans leur sillage). Pendant une décennie (celle où j&#8217;étais conscient) ils n&#8217;ont eu de cesse de décrier le caractère fabuleux de leur ennemi, le terroriste, qui est un fou qui tue sans raison, sans doute par jalousie, mais ça on s&#8217;en fout, il le fait juste par folie.</p>
<p>En face de quoi le gouvernement des états-unis, lui, complètement à l&#8217;opposé de ce contraire immonde et révoltant, est capable de donner des raisons à tout ce qu&#8217;il fait. Ses actions sont calculées, millimétriques, elles sont le fruit de l&#8217;intelligence, et les explications à rendre publiques, bien qu&#8217;on se doute que cela soit beaucoup plus compliqué en réalité, sont très simples et claires.</p>
<p>Ce comportement est ce qu&#8217;on peut attendre de mieux d&#8217;un gouvernement. Il est exemplaire, rassurant, il a tous les aspects de ce qui est rationnel, et tout le monde sait d&#8217;instinct que le phénomène de justice découle le plus naturellement du monde de ce qui est rationnel.</p>
<p>On peut essayer de leur dire d&#8217;être « plus rationnels », on peut redéfinir le mot « rationnel », on peut essayer d&#8217;utiliser contre eux leur manie d&#8217;associer des idées et des objets (créer des objet-idées) et utiliser les techniques parfaitement conventionnelles de bourrage de crâne par répétitions successives et étalonnées pour correspondre à tous les niveaux d&#8217;intelligence,<br />
&#8230;<br />
on peut appliquer au terme de « rationnel » des notions scientifiques qui seront données à faire jongler par un algorithme de la vérité (ça existera, ne vous inquiétez pas),<br />
il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;ils ne cesseront pas d&#8217;entendre à travers ce terme, la « rationalité », le moyen d&#8217;exacerber les paradigmes existants, tenaces, et fondus à eux-mêmes qui les motive déjà aujourd&#8217;hui. Bref ils répondront « ne vous fatiguez pas, on sait déjà qui on est, et c&#8217;est sûr que dans le futur on pourra faire « mieux ».</p>
<p>Et ils continueront à détruire le monde, à vouloir le dominer, tuer l&#8217;ennemi, minimiser les dommages collatéraux, et à devenir colériques quand on mettra en doute leur sens moral ou éthique.<br />
Ils continueront toujours à entendre ce qu&#8217;ils ont envie d&#8217;entendre bien qu&#8217;on essaie de leur dire le contraire. Ça ne voudra pas rentrer, et les défenses psychologiques sont toutes là, en bataillons armés jusqu&#8217;aux dents, surentraînés, et de mieux en mieux entraînés, prêt à livrer combat contre tout ce qui pourrait essayer d&#8217;atteindre le prisme par lequel ils voient le monde, leur saint Graal.</p>
<p>Et un jour, tout bascule, parce qu&#8217;une idée se répand comme une traînée de poudre, et à cause d&#8217;elle, plus rien n&#8217;est logique, ou plutôt autour d&#8217;elle, tout devient logique, et on sait désormais comment détacher et rattacher les liens frauduleux et les liens logiques.</p>
<p>Un jour on dit un truc du style : « oui mais le fou, il a toujours ses raisons ».<br />
Dès lors, « la folie est partout » et « la folie est nulle part ».<br />
« La folie » n&#8217;est pas un mot, un qualificatif, une insulte ou une idée. Ce n&#8217;est pas observable, puisque l&#8217;observateur l&#8217;est sûrement lui aussi. Le fait même d&#8217;être capable de l&#8217;observer est conséquente de celle qu&#8217;on détient.</p>
<p>Les paradigmes sont des choses de grande échelle, comme les grands navires il leur faut des dizaines de kilomètres pour faire un virage. Leur inertie est telle qu&#8217;en leur sein, quand on y est immergés et qu&#8217;on vit dedans, la façon dont elle s&#8217;exprime est celle qui obtient le plus de succès, à savoir la rationalité, et sa motivation profonde est celle qui est la plus humaine, à savoir le désir de vivre heureux en paix.<br />
Les gens continuent de reproduire les schémas tracés par les paradigmes, et le travail de leur conscience, complètement soumise aux circonstances, est d&#8217;élaborer les raisons de se plier au paradigme de l&#8217;époque.</p>
<p>Simplement, si le fou qui agit poussé par ses raisons peut être légèrement freiné dans son élan si il prend conscience de la folie qui est la sienne, il ne peut être arrêté que par le fait de savoir que tout le monde est conscient de l&#8217;existence de cette folie. Ce n&#8217;est pas une preuve (evidence en américain, langage stupide) qui peut suffire à le stopper, c&#8217;est l&#8217;évidence (mot français, langage de l&#8217;esprit) qui peut le faire.</p>
<p>http://philum.info/61814</p>
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		<title>Accommodement déraisonnable</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 05:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lettres</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Danielle Mérit L&#8217;auteure est une retraitée de Laval. Elle adresse sa lettre ouverte à la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre. Je suis profondément choquée par ce nouvel accommodement «déraisonnable» que constitue le port du hijab pour les gardiennes de prison et ce, encore davantage en regard de la comparaison que vous avez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/accommodement-deraisonnable/91246/hijab-2" rel="attachment wp-att-91247"><img class="alignnone size-medium wp-image-91247" title="Hijab" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2012/01/Hijab-510x326.jpg" alt="" width="510" height="326" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong></strong><strong>Danielle Mérit</p>
<p><em>L&#8217;auteure est une retraitée de Laval. Elle adresse sa lettre ouverte à la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre.</em></strong></p>
<p>Je suis profondément choquée par ce nouvel accommodement «déraisonnable» que constitue le port du hijab pour les gardiennes de prison et ce, encore davantage en regard de la comparaison que vous avez faite.</p>
<div>
<p>D&#8217;entrée de jeu, je tiens à préciser que je ne suis adepte d&#8217;aucune religion. Vous comparez le port du voile à celui de la croix des chrétiens. Quelle comparaison boiteuse!</p>
<p>La croix, que je sache, est portée aussi bien par les hommes que par les femmes et ne comporte donc aucun caractère de domination des premiers sur les secondes, ou d&#8217;infériorité des uns par rapport aux autres.</p>
<p>En est-il ainsi pour le voile? Bien évidemment non. La femme seule est objet de péché et peut provoquer l&#8217;homme. Faut-il vous le rappeler &#8211; demandez-le à la députée libérale Fatima Houda-Pépin, qui fut mon professeur à l&#8217;université -, le port du voile n&#8217;est pas inscrit dans le Coran (l&#8217;infériorité des femmes le serait par exemple). Si les hommes le revêtaient également, c&#8217;est curieux, mais cela me dérangerait beaucoup moins. Pourquoi pas la main de Fatima au cou ou un croissant pour afficher ses convictions?</p>
<p>La lutte des femmes en Occident en a été une de longue haleine et elle doit encore se poursuivre (je frémis de ce que le gouvernement conservateur peut encore faire). Il est insupportable de voir affiché tout symbole d&#8217;inégalité des femmes dans la sphère publique et les prisons, que je sache, sont concernées par ce qualificatif.</p>
<p>Le hijab est devenu un symbole politico-religieux dans un islam expansionniste et revendicateur. Pour moi, il évoque l&#8217;infériorité de la femme, son inégalité dans tant de domaines (répudiation, polygamie, héritière inférieure, mariage forcé). C&#8217;est la négation de toutes les luttes que nos mères et mes compagnes ont menées. Surtout, ne déduisez pas que je hais les musulmans, j&#8217;en compte comme amis, et certains sont aussi outrés que moi devant certains faits et gestes.</p>
<p>Choquée, je le suis également par le fait de mettre des écouteurs à une petite fille pour qu&#8217;elle n&#8217;écoute pas de la musique. Quelle horreur! Est-ce par la stigmatisation que l&#8217;on veut amener la socialisation, l&#8217;intégration? De la musique, quel drame vraiment! Quel type de société veut-on pour le Québec de demain? Voilà un autre accommodement déraisonnable, tout comme le serait ou le sont le retrait en éducation physique, en biologie, les heures de piscine séparées, etc. À chaque fois, c&#8217;est la femme en moi qui est bouleversée, choquée. Nos gains vont-ils s&#8217;effacer?</p>
<p>De grâce, cessons ces accommodements déraisonnables (ici sont visées toutes les religions) et bâtissons une politique laïque cohérente plutôt que des arrangements à la pièce.</p>
<p>Désolée, mais pour moi, toutes les valeurs ne sont pas égales, certaines en transcendent d&#8217;autres et il en est ainsi de l&#8217;égalité des sexes et du droit de chacun à son intégrité physique. Il faut faire passer la liberté de religion en second plan et donc ramener cette dernière à la sphère privée.</p>
<p>Une des façons d&#8217;établir une grille d&#8217;approche pourrait être: ce symbole, cette tenue, cette conduite, cette action visent-ils les femmes et les hommes également? Si la réponse est non, il n&#8217;y a pas d&#8217;accommodement possible dans la vie publique.</p>
<p>L&#8217;inaction, la mollesse de ce gouvernement nous ramènent dans des heures bien sombres pour les femmes. L&#8217;égalité des sexes n&#8217;est-elle qu&#8217;une valeur de surface pour notre société?</p>
</div>
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		<title>Que l’année 2012 soit celle du changement !</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Jan 2012 05:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Albert Ricchi</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’année 2012 qui s’annonce sera très politique. Elle marquera le début réel de la campagne présidentielle pour l’actuel occupant de l’Elysée et ses challengers. Au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la France compte 4,5 millions de chômeurs en incluant les DOM. Depuis 2008, on compte 1 215 000 chômeurs supplémentaires ! A cela, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.centpapiers.com/que-l%e2%80%99annee-2012-soit-celle-du-changement/91098/bonne-annee" rel="attachment wp-att-91102"><img class="alignleft size-full wp-image-91102" title="bonne année" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/12/bonne-ann%C3%A9e.jpg" alt="" width="100" height="67" /></a>L’année 2012 qui s’annonce sera très politique. Elle marquera le début réel de la campagne présidentielle pour l’actuel occupant de l’Elysée et ses challengers.<span style="font-size: small;"><br />
</span><span style="font-size: small;"><br />
Au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la France compte 4,5 millions de chômeurs en incluant les DOM. Depuis 2008, on compte 1 215 000 chômeurs supplémentaires ! A cela, il faut ajouter trois millions de salariés précaires, trois millions de salariés à temps partiel, huit millions de personnes pauvres gagnant moins de 950 € par mois ! </span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">La dette publique se sera alourdie de 700 milliards d’euros et la sécurité sociale aura accumulé 135 milliards d’euros de déficits. Une dette d’autant plus menaçante que le remboursement de la charge de ses intérêts est devenu le premier budget du pays devant l’éducation nationale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Pour couronner le tout, la France reste un pays unique au monde sur le plan fiscal car certains chiffres font frémir. Selon le dernier rapport de la Cour des comptes, réalisé sous le magistère de Philippe Séguin, on apprend qu’un tour de passe-passe a été réalisé par le gouvernement pour amoindrir l’importance des niches fiscales. Celles-ci ne représenteraient pas 70,7 milliards € (chiffre déjà énorme…) ainsi que le mentionnent les documents officiels mais 146 milliards € ! Une somme colossale, puisque trois fois supérieure au produit de l&#8217;impôt sur le revenu payé par les particuliers ! </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Face à Nicolas Sarkozy, la gauche, si elle arrive au pouvoir en 2012, fera-t-elle rapidement quelques réformes essentielles afin de réconcilier les citoyens avec la République et la justice sociale ? L’annonce par François Hollande d’une grande réforme fiscale prioritaire est encourageante. Mais fera-t-il ou parviendra-t-il à faire ce que n’ont pas fait DSK ou Laurent Fabius, alors ministres de l&#8217;Economie et des finances sous le gouvernement Jospin ?</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: small; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Saura-t-elle profiter du conflit durable qui s&#8217;est installé entre le président de la République et les citoyens, après notamment l&#8217;affaire du Fouquet’s, celle du fiston pour occuper le poste de président de l&#8217;Epad ou de l’annonce, en janvier 2009, que les enquêtes judiciaires seront désormais toutes dirigées par le Parquet, soumis au pouvoir politique ? Pour ne citer que ces trois exemples… </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;">Si tous les espoirs sont permis pour sortir dans quelques mois l&#8217;occupant actuel du Palais de l&#8217;Elysée, l’élection présidentielle qui domine la vie politique sous la cinquième République se réduit souvent à un choc de personnalités, évacuant les grands choix politiques. En 2012 cependant, il sera urgent d’apporter des réponses sérieuses et crédibles à la crise du capitalisme et à la catastrophe sociale, écologique et démocratique qu’elle entraîne&#8230;</span></p>
<p><strong><span style="font-family: georgia,palatino;"><em>A toutes et à tous, meilleurs vœux pour 2012.</em></span></strong></p>
<p><strong><span style="font-family: georgia,palatino;"><em>Que cette nouvelle année vous apporte bonheur, santé, succès professionnel et personnel, en cette période de crise profonde dans le monde.</em></span></strong></p>
<p><em><br />
</em><br />
<span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: arial;">Photo Creative Commons : Bonne année par Benoit (</span></span><a href="http://www.flickr.com/photos/27746758@N05/3170410202/"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: arial;">http://www.flickr.com/photos/27746758@N05/3170410202/)</span></span><br />
</a></p>
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