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Référendum en Grèce : la vraie question à poser est celle de la sortie de l’euro…

Drapeau grec
Drapeau grec.
L’Assemblée nationale grecque a voté, dans la nuit de samedi à dimanche 28 juin, le principe de la tenue d’un référendum le 5 juillet prochain. 

Elle a repris la proposition du Premier ministre Alexis Tsipras demandant au peuple grec de se prononcer sur les dernières propositions de l’Union Européenne et du Fonds Monétaire International afin de mettre fin aux tergiversations de ces derniers mois. Mais ce sera avant tout la teneur de la question posée qui sera déterminante…


La pression populaire extérieure et celle de l'opposition interne au parti Syriza semblent avoir brisé l'immobilisme du gouvernement grec et d’Alexis Tsipras. Ce dernier, par le vote aux élections législatives de janvier 2015, disposait déjà de toute la légitimité nécessaire pour stopper les plans imposés par la Troïka mais ce référendum a ceci d’intéressant qu'il inverse le rapport de force.

Alors que le Premier ministre était sur la défensive, c'est maintenant l'UE, la BCE et le FMI qui se trouvent en position difficile. En effet, si l'UE et le FMI ne versent plus les prêts permettant à la Grèce de rembourser sa dette, il ne sera pas possible de payer les fonctionnaires et les fournisseurs de l'État, ni d'assurer sa trésorerie et ses investissements.  La seule solution sera alors de sortir de l’euro et de revenir à la drachme, afin d'utiliser la politique monétaire - comme à la Libération en France - pour relancer fortement l'économie.

Les plus grandes inquiétudes concernent à la fois les termes de la question qui sera posée et la capacité des Grecs à résister à l'avalanche de propagande haineuse qui commence à s'abattre sur le pays. L'offensive a commencé par l'exclusion de la Grèce de la réunion de l'eurogroupe et qui se trouve ainsi de fait exclue de la zone euro.

Il s’agit maintenant de savoir si le gouvernement grec va en tirer toutes les conséquences ? Ce n'est pas certain car jusqu'à présent Alexis Tsipras a multiplié les déclarations favorables à l'UE et à l'euro. Il a même ajouté sa voix à ceux qui présentent la sortie de l'euro comme une apocalypse. 

Comment va-t-il réagir dans les jours qui viennent, pour répondre à la Troïka ? Au vu de ses dernières déclarations à la télévision grecque, il semble désormais acquis qu’Alexis Tsipras se serve uniquement de la menace d'un référendum et de ses résultats (dans la mesure où ce dernier a bien lieu...) pour  faire pression à nouveau sur l’UE et relancer les discussions sur des bases modifiées mais toujours dans le cadre de l’euro.

Cela serait malheureusement encore une impasse à terme car l’UE, la BCE et le FMI tentent en réalité un coup d’État contre le gouvernement grec qui n’est pas s’en rappeler le coup d’État parlementaire français en 2008, où le traité constitutionnel européen avait été remplacé par le traité de Lisbonne, suite à un vote du congrès annulant la victoire du « non » au référendum.

Au cours des cinq dernières années, la Troïka a imposé une austérité sans précédent à la Grèce. Cette politique a dramatiquement échoué. L’économie a chuté de 26%, le chômage a atteint un taux de 27%, celui des jeunes 60%, le ratio dette/PIB a bondi de 120 à 180%. La catastrophe économique a conduit à une crise humanitaire : plus de 3 millions de personnes vivent au niveau du seuil de pauvreté, ou en-deçà de celui-ci. 

Aujourd’hui, tous les peuples des pays membres de l'UE attendent beaucoup du peuple grec. Il a dans ses mains la possibilité d'enclencher un processus politique similaire à celui de la Révolution française de 1789. Son vote “non” peut susciter une dynamique d'espoir conduisant à des réactions en chaîne dans plusieurs pays mais le combat pour une sortie de l’euro et de l'UE demeure essentiel…



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La privatisation du terrorisme est en marche…

Hervé Falciani est un opportuniste. Il peut endosser différents rôles et se complaire dans un langage abscons, mais il sait surtout nager en eaux troubles. L’informaticien franco-italien est connu pour être le personnage clé de l’incroyable affaire HSBC. Il est surtout à l’origine du vaste scandale d’évasion fiscale autour de ...

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Il faut mieux savoir à qui on prête de l’argent, non ?

Quand on prête ce l’argent, même dans sa propre famille, il vaut mieux faire attention, pour éviter les embrouilles. Tous les conseillers financiers vous le disent et vous mettent en garde. Comme la famille européenne s’avance vers un renouvellement de ce genre de prêt (ou pas) à son vilain petit canard grec, ...

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Le capitalisme n’est pas forcément la liberté!

  Milton Friedman déclarait en 1970 dans le Times Magazine que «la responsabilité sociale des entreprises est d’augmenter leurs profits». Il y faisait référence à son livre « Capitalisme et Liberté » où il assurait que «le monde des affaires une seule responsabilité sociale consistant à utiliser ses ressources et à s’engager dans des activités...

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Impôts retenus à la source

Je propose ici une analyse du syndicat CGT Finances :   Stéphane Le Foll, porte parole du Gouvernement, vient d’annoncer la mise en place progressive du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu [1]. Sous prétexte de vouloir simplifier l’impôt sur le revenu pour les citoyens, le Gouvernement créé ...

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Chômage : détruire nos droits au nom de l’emploi ?

Au nom de la lutte contre le chômage, une offensive tous azimuts est lancée depuis des années contre les droits sociaux… Depuis les années 70, nous sommes entrés dans l’époque du chômage de masse. Aux chômeurs ­totaux s’ajoutent celles et ceux qui oscillent du chômage à l’emploi précaire et arrivent ...

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Les pièges de la mondialisation économique globale

« Les nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. » Montesquieu, (Charles Louis de Secondat), (1689-1755)   « Une entente commerciale [avec les Etats-Unis] pour harmoniser le commerce, la sécurité, ou les ...

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Régimes de retraite : nouveau rapport du COR et toujours la même ritournelle…

Le dernier rapport du comité d'orientation des retraites (COR) a délivré son lot habituel de généralités et de nouvelles projections pour l’avenir.

La France comptera 1,7 cotisant par retraité en 2018 pour environ 1,4 à partir de la fin des années 2040. Selon le COR, pour sortir de la situation de déficit chronique dans laquelle se trouvent le régime général, le régime agricole ou les régimes spéciaux, une nouvelle baisse des pensions, ou à défaut une augmentation massive des cotisations, serait inéluctable…


Avec une croissance de 1% et un taux de chômage de 10%, le rapport du COR précise qu’il faudrait abaisser de 4,7 % toutes les pensions de retraite dès 2016 pour arriver à l'équilibre. Les différents régimes ont versé au total 278 milliards d'euros aux retraités en 2014, la totalité des recettes s'étant montée à 268 milliards. 

Pour équilibrer financièrement le système jusqu’à 2060 la pension moyenne des retraités devrait diminuer de 20% environ par rapport à sa valeur de 2013.

Aujourd’hui, un retraité sur deux perçoit une pension globale inférieure à 1300 € par mois. Un quart des retraités perçoit une pension inférieure à 800 €, environ 10 % moins de 300 €. Le montant moyen de la retraite est 2200 € pour les fonctionnaires civils d’état, 1930 € pour les régimes spéciaux, 1900 € pour les professions libérales, 1160 € pour les salariés du régime général, 720 € pour les artisans, 610 € pour les agriculteurs et 490 € pour les commerçants.

Balladur, Fillon, Ayrault : trois "réformes" successives et une régression sociale historique  

En 1993, la réforme Balladur a eu des effets particulièrement négatifs :

- augmentation du nombre d’années de cotisation nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein (40 ans de cotisation, soit 160 trimestres au lieu de 37,5 ans et 150 trimestres auparavant). 

- Le salaire annuel moyen (SAM), qui était calculé sur les 10 meilleures années, est calculé dorénavant sur les 25 meilleures, ce qui s’est traduit au fil des années après 1993 par une baisse de près de 20% du montant moyen des retraites du régime général !

- L’indexation annuelle des pensions, calculée à partir de l’indice d’augmentation du salaire moyen, est basée aujourd'hui sur l’indice officiel des prix, datant de 1946 et ne reflétant pas, loin s’en faut, la réalité de l’évolution des prix. Cela a entraîné chaque année une seconde dévalorisation des pensions.

En 2003, la réforme Fillon a aggravé la situation :

- La durée d’assurance pour obtenir une pension à taux plein de 50% à 60 ans a été allongée à 41 ans en 2012. 

- Une décote a été instituée avec une réduction progressive de 5% par année manquante en cas de liquidation avant 65 ans sans réunir les conditions du taux plein. 

En 2013, la réforme Ayrault a non seulement entériné les deux réformes précédentes mais a allongé encore la durée de cotisation, rogné à nouveau le pouvoir d’achat des retraités et pénalisé durement les jeunes : 

- L’allongement a été porté à 42 ans en 2023. Il passera pour une retraite à taux plein à 42 ans et un trimestre en 2026, puis 42 ans et demi en 2029, 42 ans et trois trimestres en 2032 et enfin 43 ans en 2035. 

- Les cotisations patronales et salariales ont augmenté de 0,15 point en 2014 puis 0,05 en 2015, 2016 et 2017, soit 0,30 point au total... 

- Le report d’avril à octobre de l’indexation annuelle des retraites a entraîné une nouvelle perte de pouvoir d’achat des retraités de 0,9%, en moyenne annuelle... 

Alors que le taux d’emploi des jeunes ne dépasse pas 45% et que la moyenne d’âge d’entrée dans la vie active s’établit à 23,5 ans, ils devront cotiser 43 ans pour une retraite pleine et entière. Le calcul est vite fait : les nouvelles générations ne partiront pas en retraite avant 67 ans, et encore sous réserve qu’elles n’aient pas eu d’interruption de carrière ! 

- Cerise sur le gâteau, l’accord du 13 mars 2013 concernant les retraites complémentaires ARRCO et AGIRC, signé par la CFDT, FO et la CFTC, a prévu d’indexer dorénavant celles-ci, chaque année, d’un point de moins que le taux d’inflation !  

D'autres solutions existent pour un financement pérenne des régimes de retraite mais elles ne plaisent pas aux « réformistes » de gauche et de droite… 

Selon le COR, le besoin de financement de l’ensemble des régimes de retraites s’établira à 0,4 % du PIB en 2019 et 2020, autrement dit à près de 10 milliards d’euros. Le déséquilibre perdure donc en dépit des engagements des gouvernements successifs mais contrairement à ce que souligne le COR, il y a d'autres pistes pour financer l'équilibre des régimes autres que l’allongement de la durée de cotisation, l’augmentation des cotisations ou la baisse du montant des pensions.

Il est intéressant d’abord de rapprocher les besoins  financiers de 10 milliards d’euros à l’horizon 2020 à la détérioration de la part de la masse salariale de 5 points dans le PIB depuis trois décennies, que l’on retrouve essentiellement sous forme de dividendes supplémentaires versés aux actionnaires, soit 100 milliards d’euros par an, 10 fois le déficit attendu en 2020 !

On pourrait donc aller dans une toute autre direction en soumettant à cotisations l’ensemble des revenus des personnes physiques tels que déclarés à l'administration fiscale et non les seuls salaires. Déjà adopté partiellement ou en totalité par plusieurs pays, tous les citoyens sans exception seraient assujettis à cette nouvelle cotisation universelle de Sécurité sociale, remplaçant toutes les autres, y compris la CSG.

Un tel changement serait à la fois plus juste et plus rémunérateur car un point de prélèvement assis sur le revenu fiscal rapporte sensiblement plus que le même taux appliqué sur le seul salaire, et ce d’autant plus si cette cotisation était intégrée à l'impôt sur le revenu et devenait progressive. 

Le problème de l’étroitesse de l’assiette salariale se pose également pour les personnes morales et les cotisations dites patronales. En effet, les entreprises à fort taux de main d’œuvre, ayant une forte masse salariale mais une faible valeur ajoutée, se trouvent pénalisées par rapport à celles ayant une faible masse salariale et une haute valeur ajoutée. 

Le remplacement, même partiel, des cotisations patronales par une contribution sur la valeur ajoutée reviendrait pour la première fois à inclure les profits d’exploitation des entreprises dans l’assiette de financement de la Sécurité sociale, notamment les entreprises ayant «ajusté à la baisse» leur masse salariale à l’occasion de restructurations ou délocalisations.

Cette dernière proposition fut explorée à plusieurs reprises par d’anciens premiers ministres, Alain Juppé et Lionel Jospin, mais elle est restée lettre morte. La confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) et l’Union patronale artisanale (UPA) y sont  favorables mais pas le Medef...

Si le système de financement basé principalement sur le recouvrement de cotisations sur salaires a relativement bien fonctionné pendant les «trente glorieuses», il a atteint aujourd’hui ses limites. Et sans réforme véritable pour sortir de la situation de déficit chronique dans laquelle se trouvent le régime général, le régime agricole ou les autres régimes spéciaux, ce sera encore sur les salariés, les retraités et les revenus du travail que pèsera le fardeau de la solidarité nationale… 





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Donner un sens à sa retraite

Le Club des vieilles lampes Dans l’atelier d’un musée se cachent des lutins, qui tout en réparant de vieilles radios, bavardent et partagent de beaux moments autour d’une bouteille de vin et d’un bon repas. Ces lutins font partie d’un groupe, le Club des vieilles lampes du Musée des ondes ...

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Emploi: un grand bond en arrière … pour le bien de quelques uns !

« Il faut libéraliser le marché du travail », « il faut imposer la fin de la protection dans tous les emplois », « il faut en finir avec les taxes et les impôts sur les entreprises », « il faut supprimer les charges sociales qui pèsent sur le coût du travail », « pour l’égalité, nous demandons immédiatement ...

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Traité transatlantique : Non au coup de force des firmes multinationales !

Selon le futur traité de libre-échange transatlantique (plus connu sous les noms de TAFTA ou TTIP), les firmes multinationales auront la possibilité d'attaquer les États en justice devant des tribunaux extrajudiciaires si des lois leur déplaisent.

Face à cette menace, la plus grave depuis la seconde guerre mondiale, les membres de la Commission européenne et les chefs d’Etat européens ne doivent pas remettre les clés de notre démocratie à Monsanto, Bayer, Nestlé, Coca-Cola et consorts…


Le traité de libre-échange transatlantique, négocié dans le plus grand secret, vise notamment a éliminer ce qu’on appelle les « irritants commerciaux », qui limitent la capacité d’échange de tout produit entre les États-Unis et l’UE. 

La «convergence réglementaire» est le terme aseptisé utilisé pour tenter d'imposer aux gouvernements l’obligation d’autoriser les produits et services qui ne satisfont pas aux normes domestiques. Il s’agit en fait des politiques considérées comme fondamentales sur la sécurité alimentaire, environnementale, sanitaire ainsi que toutes les autres politiques qui composent le pacte social. 

Pour les rédacteurs de ce projet, il convient de réduire ou d’écarter ce qu’il y a de meilleur en termes de protection de l’environnement, de santé des consommateurs et de diminuer les contraintes que la puissance publique peut mettre en place pour réguler les activités des multinationales. Ce qui est promu comme des règles «de haut niveau du 21e siècle» pour l’économie mondiale est en réalité un régime qui ferait reculer les progrès obtenus par les mouvements sociaux au cours du 20e siècle.

Mais ce traité autoriserait de plus les firmes multinationales à attaquer en justice des lois ou à exiger des indemnisations si leurs “revenus futurs anticipés” sont affectés par des décisions démocratiques des états. 

Paris et les autres capitales européennes fourmillant de lobbyistes, le futur TAFTA permettrait ainsi de consolider la mainmise des multinationales sur les décisions nous affectant au quotidien. La France et les autres pays européens verraient affluer les pesticides tueurs d’abeilles, les 4x4 les plus énergivores, les OGM et les semences mutantes, le saumon génétiquement modifié et autres curiosités de ce genre…

La Commission de Bruxelles est prétendument à l’écoute des consommateurs européens mais 97% d’entre eux ont récemment répondu dans un sondage officiel qu'ils ne souhaitaient pas que des tribunaux d’arbitrage privés puissent décider des lois sociales et environnementales votées par les états.

Un encadrement beaucoup plus strict des activités des multinationales s’impose donc, plutôt qu’une fuite en avant vers des accords de «libre-échange» élaborés dans le plus grand secret.

Les membres du Parlement européen ayant le pouvoir de rejeter n'importe quel traité, des centaines d’organisations en France et partout en Europe ont lancé une gigantesque “initiative citoyenne européenne” pour contrer ce coup de force des firmes multinationales et faire en sorte qu'elles n’aient jamais le dernier mot sur des décisions qui nous affectent tous !


Pétition adressée aux dirigeants des institutions européennes et des États membres

Nous vous demandons de mettre fin aux négociations avec les États-Unis au sujet du traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) et de ne pas ratifier l'Accord économique et commercial global (CETA) avec le Canada. Ces accords comportent des clauses telles que les règles de résolution des différents entre les États et les investisseurs ou de coopération réglementaire qui représentent un risque réel pour notre démocratie et l'état de droit. Nous voulons éviter la dégradation de nos normes sociales et environnementales, du droit du travail, de la protection des consommateurs et du respect de la vie privée. Nous nous opposons au démantèlement des services publics et de l'exception culturelle lors de négociations secrètes. Nous sommes en faveur d'un traité favorisant le commerce et l'investissement en Europe.

> Signer la pétition ICI



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