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Castex et Casse-toi sont dans un bateau

Castex tombe à l’eau, qui est-ce qui reste ?

Si Castex sait nager, il peut s’en tirer, mais nager en eaux troubles n’est pas simple…

Quand à Macron, il connait la défiance des français à son encontre, et la navigation pourrait devenir compliquée avec cette crise qui s’annonce.

Pour beaucoup de politologues, Macron sentant une partie du pouvoir lui échapper, suite à la popularité grandissante de son premier ministre, qui vient de l’emporter au Havre, (Eric Ciotti, dans un tweet évoquait en effet la menace que représentait Édouard Philippe, de plus en plus populaire) a décidé de reprendre la main en nommant un 1er ministre à sa botte, et en mettant la barre à droite toute…

En effet, en choisissant, Jean Castex, cet ex-collaborateur de Sarkozy à la tête du gouvernement, le chef de l’état annonce la couleur. lien

Castex, lui aussi, annonce la couleur, et elle ne sera pas très verte, puisqu’il a déjà déclaré ; « l’écologie n’en sera pas une option »…lien

Mais en même temps, il ajoute : « l’écologie est dans toutes les têtes, elle transcende la classe politique »… et : « Les questions écologiques sont au cœur des priorités que le président de la république m’a chargé de mettre en œuvre  »….

il s’agirait donc d’un lapsus, lapsus révélateur, car il est possible que le nouveau 1er ministre se soit mal exprimé, et voulait sans doute dire : « en sera plus qu’une simple option »…

Grosse confusion donc… mais pour David Cormand, député européen EELV, les choses sont claires : « la nomination de Jean Castex n’est pas une très bonne nouvelle pour un virage écologique ou social »… lien

Pour Nicolas Berjoan, son opposant écolo lors de la municipale : « il s’est mis à parler de vélo à Prades quand il a su qu’il serait opposé à un écologiste (…) mais en 12 ans il n’a fait aucune avancée sur les mobilités douces et il a beaucoup urbanisé la périphérie de la ville (…) une série de bonnes terres irrigables en plein milieu de la ville vont être transformées en zone d’activité (…) alors que, selon son adjoint une vingtaine de maraîchers aspirants avaient pourtant déposé un dossier pour s’y installer. (…) cette nomination est une mauvaise nouvelle pour l’écologie ».

La conseillère régionale Judith Carmona, habitante de la communauté de communes « Conflent Canigo », présidée par Jean Castex, en remet une couche et a déclaré : « l’écologie ne fait pas du tout partie de sa culture, il n’en a pas la fibre ». lien

L’écologiste Agnès Langevine, vice-présidente de la région Occitanie partage globalement cet avis et, en temps qu’écologiste, a qualifié sa nomination de « non évènement », ajoutant : « c’est évidemment le signe qu’Emmanuel Macron reprend la main ». lien

Le secrétaire général des LRAurélien Pradié, pense de même, et qualifiant le nouveau 1er ministre de «  technocrate », il a déclaré : « il sera là pour appliquer la politique qu’Emmanuel Macron lui demandera d’appliquer (…) il deviendra l’un de ses collaborateurs  ». lien

Interrogé sur les ondes de France Inter, (curseur à 2 h 20) le responsable du PS fait remarquer que, malgré les promesses présidentielles du 16 mars « le jour d’après ne sera comme le jour d’avant », rien n’a manifestement changé, car Macron remplace un 1er ministre de droite, par un autre ministre de droite…qui a soutenu Juppé, puis FillonOlivier Faure remarque aussi que la promesse faite par le chef de l’état de reporter la réforme des retraites à la prochaine mandature est déjà oubliée, puisque à l’unisson de son président, Castex annonce que la réforme des retraites est plus que jamais d’actualité… lien

En tout cas, Castex se dit soucieux de la justice sociale, sauf que sa ville, Prades en l’occurrence, a un peu glorieux palmarès en terme de chômage : 11%… bien plus que la moyenne nationale, d’autant que la ville compte près de 15% d’inactifs. lien

Ce qui fait dire à un pradéen nommé Paul : « ici, c’est un peu chacun pour soi, niveau emploi c’est la galère, Castex ne pense qu’à sa carrière. Mais ceux qui ne sont pas contents, ne disent rien et ne vont pas voter »…et Myriam, patronne du salon de coiffure du même nom d’ajouter : « Je crois qu’il y a des petites problèmes de communication à Prades. Jean Castex est certainement un bon gestionnaire, mais du point de vue humain, c’est pas trop ça », déplore-t-elle. lien

En tout cas, une certitude, le nouveau 1er ministre ne crache pas sur l’argent…

Ce délégué interministériel aux JO de 2024 à Paris (160 467 €), cumulait cette fonction lucrative avec celle de « Monsieur déconfinement  », du gouvernement de Macron, mission dont on ignore la rétribution, mais aussi celle de conseiller départemental (26 670 €), et naturellement la place de maire (22 044 €)lien

Il peut y ajouter dès aujourd’hui 182 436 €, salaire annuel brut de 1er ministre. lien

Il avait aussi pris la présidence de l’agence nationale du sport en 2019lien

Ajoutons pour la bonne bouche qu’auparavant, il était à la Cour des Comptes, puis directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, en profitant pour tout mettre en œuvre pour la « transformation » de l’hôpital, ce qui a conduit à la situation totalement dégradée que l’on sait de cette institution, ainsi que l’écrit Claude Manor dans les colonnes de Révolution Permanentelien

Pour être plus précis, c’est lui qui était à la manœuvre lors de la « restructuration » du système hospitalier entre 2005 et 2007, et qui, selon Patrick Bourdillon, de la CGT santé à Society, avait introduit la notion d’objectif dans l’hôpital, signifiant ainsi que ce service public se devait d’être rentable.

Ce que confirme Hakim Becheur, chef de service à l’hôpital Bichat, à Paris, qui le rend responsable de la casse de l’hôpital public, car cette tarification à l’acte a provoqué « une course absurde à la rentabilité », et la nomination de Castex est ressentie par le personnel soignant comme une provocation.

Danielle Simonnet, conseillère municipale à Paris LFI, ne dit pas autre chose, et estime que le choix de Macron est « une insulte terrible » envers « toutes celles et ceux qui ont subi la pandémie de Covid-19 (…) cet homme ne remettra pas en cause le monde d’avant, il le perpétuera. C’est avec lui que Macron prépare la guerre sociale pour la rentrée, qu’il s’attaquera aux 35 heures, à nos retraites, et qu’il oubliera totalement la bifurcation écologique promise ». lien

Or Castex dit vouloir boucler le Ségur d’ici le 11 juillet prochain, et on lui souhaite bien du plaisir. lien

Rappelons que l’état avait mis 7 milliards sur la table, bien loin des demandes des soignants, et de la CGT qui avait proposé un plan global de 57 milliards, avec à la clé une augmentation mensuelle de 300 € pour les infirmiers. lien

Plus modeste, la CFDT se contenterait de 8 milliardslien

En remontant dans le temps, on découvre aussi que lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée, il était déjà maire de Prades, et prenait l’avion toutes les week-ends pour rejoindre sa famille…et ses administrés. lien

Pas étonnant pour autant qu’il ait été réélu dans sa commune avec un score plus qu’honorable, puisqu’il avait des appuis solides dans le petit monde politicien parisien, même s’il ne devait pas être souvent présent dans sa commune.

Nous sommes donc en présence d’un homme surnommé le « couteau suisse », champion du cumul, et aux ordres de Macron, afin d’aider ce dernier à finir son mandat…et pour préparer probablement sa réélection.

Voilà donc un homme, co-responsable de la situation sanitaire désastreuse du pays, cumulard patenté, peu intéressé en réalité par la question environnementale, et bien loin de l’image d’un « gaulliste social » dont il tente de se parer. lien

On voit en effet assez mal le grand Charles cumuler des mandats, et se mettre à la botte de quelqu’un, surtout si ce dernier est président.

Comme dit mon vieil ami africain : «  si tu joues avec un chien, il te lèchera la figure  ».

Le dessin illustrant l’article est de Glez

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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2 Commentaire

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    Bonsoir Olivier,

    Ce remaniement ressemble plus à une « mise à l’abri ». La guerre, mot évoqué maintes fois par Macron, se poursuit dans les bunkers cette fois.

    Tout a été calculé, non pas pour mieux servir les français, mais pour mieux protéger le gouvernement des français…

    Mais il s’agit surtout d’un nouveau terrible affront fait à l’ensemble des français dont la voix ne porte plus, quelles que soient ses revendications. Pourquoi s’en étonner, puisque malgré les mensonges et les lacunes qui se sont multipliés durant la pandémie, preuve est faite maintenant que ce gouvernement peut tout se permettre: ce fut une sorte de crash test réussi pour lui, puisqu’il est toujours en place. Il a un boulevard devant lui.

    Merci pour ce texte et à bientôt:)

    • avatar

      Bonsoir Elyan
      je partage évidemment ton commentaire.
      je crois pourtant que tout ne va pas être très simple pour l’avenir de ce gouvernement.
      ils ont finalement tout échoué… des réformes mal préparées… des concertations bidonnées… des décisions peu acceptables, et si on prend un peu de recul, on constate que depuis mai 2007, on en est resté au stade des promesses.
      merci pour ton commentaire, et à bientôt, j’espère.
      🙂

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