Accueil / T Y P E S / Articles / Carnage de Maill? (1) : un des nombreux massacres nazis de 1944

Carnage de Maill? (1) : un des nombreux massacres nazis de 1944

Le 25 ao?t 1944, le petit village de Maill?, en Indre-et-Loire, ? la fronti?re entre la Touraine et le Poitou, a subi un sort funeste. Le quart de la population a ?t? massacr? et les quatre cinqui?mes des maisons d?truites (quatre-vingts obus tomb?rent sur le bourg).

Maill?

La position g?ographique du village, ? la ligne de d?marcation entre la zone occup?e et la zone libre jusqu’en novembre 1942, a fait que de nombreuses troupes allemandes stationnaient aux alentours, attisant de nombreux actes de r?sistance de la part de la population locale (en f?vrier 1944, l’abb? Henri P?an, cur? de Maill?, fut m?me arr?t? car il ?tait chef d’un r?seau).

En repr?sailles ? un fait de r?sistance (faut-il parler d’attentat dans ces circonstances ?), ce 25 ao?t 1944, soixante ? quatre-vingts soldats nazis sous la direction du sous-lieutenant Gustav Schl?ter, membre du parti nazi depuis 1931 et condamn? ? mort par contumace par le tribunal militaire de Bordeaux en 1952, tu?rent toute la matin?e tous les habitants visibles au fur et ? mesure qu’ils avanc?rent dans le village.

124 habitants (de 3 mois ? 89 ans) de Maill?, sur les 627 au total, p?rirent, dont de nombreuses femmes et enfants (49 enfants de moins de 14 ans, m?me plusieurs b?b?s de quelques mois). Certains n’eurent la vie sauve que parce qu’ils avaient su se cacher ? temps ou qu’ils simul?rent leur propre mort au milieu d’autres corps.

Gr?ce au cur? du village, l’abb? Andr? Payon, qui savait parler allemand et qui, absent ce jour-l?, revenait d’un autre village, la fin du carnage fut n?goci?e en fin d’apr?s-midi.

Les survivants ont enterr? leurs morts et le village s’est vite reconstruit. On n’oublia pas, mais on n’insista pas non plus. « La m?moire collective s’?tait construite autour d’Oradour-sur-Glane (…). Apr?s la guerre, il fallait ?vacuer le pass? pour reconstruire et se reconstruire. » constate aujourd’hui l’historien Christophe Prime du M?morial de Caen.

Si bien qu’il semblerait bien difficile de savoir aujourd’hui la raison exacte de ce carnage (seulement deux billets mal ?crits laiss?s pour dire : « C’est la punission des terroristes et leurs assistents. », voir illustration en fin d’article). Ou de savoir s’il s’agissait des soldats de la Wehrmacht ou des SS.

Renfor?ant un certain ‘oubli national’, la date elle-m?me, le 25 ao?t 1944, la m?me que la Lib?ration de Paris, ce qui fait que les personnalit?s nationales se devaient d’?tre pr?sentes ? la comm?moration parisienne chaque 25 ao?t.

L’historien S?bastien Chevereau, charg? de la Maison du souvenir de Maill? inaugur?e en 2006, explique : « On s’est rendu compte qu’il y avait un vide consid?rable dans la connaissance des faits. ».

Quelques archives ont commenc? ? appara?tre seulement en 1995 pour le cinquantenaire du massacre. Le 15 juillet 2007, le procureur g?n?ral de Dortmund (en Allemagne), Ulrich Maas, a fait le d?placement apr?s avoir demand? l’autorisation des autorit?s fran?aises : depuis 2004, le procureur allemand instruit une enqu?te judiciaire apr?s avoir ?t? alert? par un historien de Stuttgart.

La vraie inconnue reste sur la nature des troupes allemandes : pour Christophe Prime, « les Allemands s’interrogent sur des crimes qu’on pourrait imputer ? la Wehrmacht, l’arm?e r?guli?re, et non plus uniquement aux SS, l’arm?e politique. ».

Oradour-sur-Glane

Le massacre de Maill? vient se greffer sur un fond de m?moire collective d’Oradour-sur-Glane.

? Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944, 642 de ses habitants (dont 247 enfants) furent abattus ou br?l?s vif par des SS (seulement 52 corps ont pu ?tre identifi?s). L’id?e de conserver les ruines en l’?tat a tout de suite ?t? adopt?e par les ?lus locaux apr?s la guerre.

D?s le 5 mars 1945, le G?n?ral De Gaulle se rendit sur place pour reconna?tre ce sinistre symbole : « Ce qui est arriv? ? Oradour-sur-Glane nous enseigne aussi autre chose. C’est que, pour r?parer et pour conserver le souvenir, il faut rester ensemble comme nous le sommes maintenant. (…) Jamais plus, m?me une fois, il ne faut qu’une chose pareille puisse arriver ? quelques points que ce soit de la France. Et pour cela n’arrive plus (…), il y a des dispositions ? prendre, des dispositions qui ne sont pas seulement des formules, des dispositions qui ne consistent pas simplement ? faire confiance aux autres, m?me quand ces autres ont la meilleure volont? du monde. Il faut se faire confiance ? soi-m?me, et s’assurer sa s?curit? soi-m?me. ».

Le film ‘Le Fusil’ (1975) avec Philippe Noiret a donn? ?galement un ?cho particulier ? la trag?die d’Oradour-sur-Glane (? ceci pr?s que les nazis ne poss?daient pas de lance-flammes ? Oradour-sur-Glane).

Les sentences prononc?es par le tribunal militaire de Bordeaux le 12 f?vrier 1953 ont ?t? vivement contest?es (trop s?v?res pour les Malgr?-Nous alsaciens qui avaient particip? au massacre, pas assez selon les survivants) et la loi d’amnistie du 19 f?vrier 1953 (qu’ont vot? entre autres Fran?ois Mitterrand, Jean Lecanuet, Pierre Pflimlin, d?put? de Strasbourg, et la plupart des gaullistes, afin d’assurer l’unit? du pays) a profond?ment outrag? les rescap?s qui renvoy?rent toutes les d?corations et refus?rent toute pr?sence de repr?sentants de l’?tat ? l’exception de De Gaulle en 1962. L’un des bourreaux d’Oradour-sur-Glane, Heinz Barth, fut retrouv? et condamn? en Allemagne en 1981, et mourut libre ? 86 ans en 2007.

300 000 personnes par an visitent chaque ann?e le m?morial. L’endroit et son silence sont impressionnants.

Une tr?s longue liste, h?las…

Pourtant, les massacres d’Oradour-sur-Glane et de Maill? ne furent pas h?las isol?s au printemps et ?t? 1944. Beaucoup d’actes de r?sistance eurent pour cons?quence le massacre aveugle de civils des villages environnants, r?action d’autant plus atroce et gratuite que les nazis ?taient en pleine d?route.

? Brant?me les 26 et 27 mars 1944, les SS tu?rent 40 civils parfois originaires de Strasbourg.

? Sainte-Marie-de-Chignac le 27 mars 1944, les SS massacr?rent 25 habitants.

? Rouffignac le 31 mars 1944, le village fut enti?rement d?truit (145 immeubles furent ras?s) et il fut honor? par le G?n?ral De Gaulle le 5 mars 1945. Des civils et des gendarmes furent d?port?s en Allemagne.

? Ascq les 1er et 2 avril 1944 (le jour des Rameaux), 86 habitants p?rirent fusill?s par les SS ? la suite d’un acte de r?sistance contre un train. Dans la nuit, des commandos SS rassembl?rent les hommes de 15 ? 50 ans, parfois encore en pyjama, pieds nus ou en pantoufles, et les massacr?rent ? la mitrailleuses, les achevant parfois au revolver. Le 5 avril 1944, pr?s de vingt mille personnes assist?rent aux obs?ques et d?s le 15 avril 1944, Maurice Schumann, la voix de De Gaulle, relata la trag?die ? Radio Londres. Le 7 juin 1944, 6 r?sistants furent fusill?s pour l’explosion du train d’Ascq.

? Montpezat-de-Quercy le 2 mai 1944, les SS tu?rent 5 personnes, en d?port?rent 15 autres et pill?rent et incendi?rent le village.

Autour de Figeac les 11 et 12 mai 1944, les SS s’en prirent ? la population civile par des rafles, tortures, massacres, d?portations, pillages et destructions de maisons faisant plusieurs centaines de victimes (? Lauz?s, Orniac, Blars, Gr?zes, Latronqui?re, Sousceyrac, Cardaillac, Gorses, Moli?res, Le Bourg, Lacapelle-Marival, Terrou, Saint-C?r?, Figeac, Lunan et Saint-F?lix).

? Frayssinet-le-G?lat le 21 mai 1944, 14 villageois p?rirent : 3 femmes furent pendues et 11 hommes fusill?s par les SS, dont un instituteur qui s’?tait propos? d’?tre pris en otage en ?change des autres (il a seulement ?t? rajout? aux autres).

? Limogne-en-Quercy, ? Cadrieu et ? Frontenac le 1er juin 1944, 9 civils furent tu?s par les SS.

? Linac, ? Viazac et ? Bagnac-sur-C?l? le 3 juin 1944, 19 habitants furent fusill?s par les SS.

? Ugine le 5 juin 1944, les SS massacr?rent 28 habitants au quartier des Fontaines et ? la place de la gare.

? Caen le 6 juin 1944, 87 prisonniers de la maison d’arr?t (dont au moins une femme, la plupart ?taient des r?sistants) furent ex?cut?s d’une courte rafale dans la nuques. La tuerie dura toute la journ?e avec une pause ? midi pour le d?jeuner. Ils auraient d? ?tre d?port?s ? Compi?gne puis en Allemagne, mais l’arriv?e des troupes am?ricaines sur les plages, ? douze kilom?tres de la prison, pr?cipita les ?v?nements. La Gestapo de Rouen a tout fait pour cacher ce massacre, br?lant les archives pour ne pas identifier les victimes et faisant dispara?tre les corps. Selon certains, les corps n’ont jamais ?t? retrouv?s, mais d’autres ont ?voqu? la d?couverte de certains corps le 30 juin 1944 dans la prison elle-m?me.

? Issendolus le 8 juin 1944, 44 personnes furent massacr?es par les SS et 70 autres d?port?es.

? Saint-Floxel le 8 juin 1944, un soldat tua sans la moindre raison 8 femmes et enfants cach?s derri?re un abreuvoir.

? Rouffilac et Carsac-Aillax le 8 juin 1944, 29 habitants (dont des femmes et des enfants) furent massacr?s par les SS.

? Tulle le 9 juin 1944, 5 000 hommes furent rafl?s par les SS. 3 500 furent lib?r?s par le choix des autorit?s fran?aises et 120 furent condamn?s ? la pendaison. 99 finalement furent pendus (parfois apr?s torture) et 149 furent d?port?s le 2 juillet 1944 dans le camp d’extermination de Dachau (101 y moururent). Au total, 218 furent tu?s ? Tulle jusqu’? 16 ao?t 1944, quand les troupes allemandes en Corr?ze se rendirent. Un proc?s d?boucha ? Bordeaux le 5 juillet 1951 sur la condamnation de cinq acteurs seulement de ces odieuses pendaisons.

? Argenton-sur-Creuse le 9 juin 1944, 67 habitants (dont des femmes et des enfants, et aussi des membres des FFI) furent massacr?s dans les rue en fin d’apr?s-midi par des SS (parmi les 67, 11 furent fusill?s le lendemain). Trois autres furent bless?s. Le d?put?-maire du village, l’ancien ministre socialiste Michel Sapin, ?crivait dans une plaquette comm?morative : « Le 9 juin 1944 fut un jour de sang et de fureur animale qui blessa profond?ment la population d’Argenton-sur-Creuse ».

? Issoudun le 10 juin 1944, un convoi nazi attaqua un rassemblement se d?roulant sur le place des March?s et tu?rent 11 personnes.

? Marsoulas et Maz?res-sur-Salat le 10 juin 1944, 32 civils (dont 6 femmes et 12 enfants, notamment deux jumeaux de 5 ans) furent tu?s par les SS apr?s les avoir fait sortir des maisons. Le massacre de Marsoulas fut jug? au cours du proc?s de Nuremberg.

? Bagn?res-de-Bigorre, Pouzac et Tr?bons du 10 au 12 juin 1944, 57 habitants (dont des femmes et des enfants) furent massacr?s par les SS.

Au Mont-Mouchet, en Auvergne les 10 et 11 juin 1944, environ 100 civils et 238 r?sistants furent tu?s pas les troupes nazies.

? Mussidan le 11 juin 1944, ? la suite d’une attaque de train blind?, les SS fusill?rent 52 habitants et pill?rent la ville.

? Orville le 11 juin 1944, 10 habitants furent fusill?s.

? Valr?as le 12 juin 1944, la Wehrmacht tua 26 civils et 27 r?sistants. Emil Bauer, un des soldats allemands pr?sents, t?moigna : « Pendant leur trajet, les gars me racont?rent leurs derniers combats. Ils pouvaient ex?cuter les prisonniers, qu’ils soient coupables ou non coupables, ou bien piller et incendier les maisons. C’est pourquoi lors de ce trajet, je ne pr?sageais rien de bon. Pendant ce temps, les hommes de troupe avaient commis un acte abominable. Les occupants furent cribl?s de balles par les soldats, ensuite ils s’approch?rent du v?hicule, mirent le canon de carabine charg?e d’explosifs russes dans la bouche des bless?s graves et appuy?rent sur la d?tente. Les morts rest?rent l?, comme une splendide illustration de la culture nazie ! ? Valr?as, ils avaient rassembl? des jeunes et des moins jeunes. Ils ?taient debout, le visage contre le mur et ils furent fusill?s par le 1er bataillon. Nous ?tions une foule d?bauch?e. Nous ne faisions jamais de prisonniers, tout le monde ?tait fusill?. Nos exp?ditions ressemblaient ? des exp?ditions du diable. ».

? Jeu-les-Bois le 12 juin 1944, 17 hommes furent tu?s.

? Mouleydier le 21 juin 1944, le village, en insurrection depuis le 7 juin 1944, en position strat?gique avec son pont sur le Dordogne, fut pill? et enti?rement incendi? par les SS. 22 maquisards furent fusill?s.

? Thauvenay le 25 juin 1944, 16 civils (dont 6 jeunes et un enfant de sept ans) furent abattus et vingt-trois habitations incendi?es.

? Dun-les-Places le 26 juin 1944, apr?s l’attaque du camp de r?sistance de Vermot, 27 civils (dont le maire) furent rassembl?s puis tu?s par les SS au fusil-mitrailleur et ? la grenade. Les maisons furent ensuite pill?es et incendi?es les 27 et 28 juin 1944. Comme ?lu local (d?put? de la Ni?vre) puis comme Pr?sident de la R?publique, Fran?ois Mitterrand a assist? r?guli?rement aux comm?morations du 26 juin 1944 ? Dun-les-Places.

Au Cheylard le 7 juillet 1944, la Wehrmacht tua entre30 et 50 civils lors d’une op?ration contre un centre de r?sistance.

? Portes-l?s-Valence le 8 juillet 1944, 32 personnes furent fusill?es par les nazis alors qu’? Magnac-Laval, 19 personnes furent massacr?es par des miliciens (le milicien responsable fut jug? puis fusill? par Vichy le 22 juillet 1944).

? B?l?bre le 10 juillet 1944, 46 hommes (dont plusieurs maquisards de Chauvigny) furent massacr?s.

? Dompierre-sur-Mont le 11 juillet 1944, 22 habitants sur un total de 171 furent fusill?s par les nazis.

? Dortan du 12 au 22 juillet 1944, 25 habitants de Dortan et d’Oyonnax (dont le cur? de Dortan, une femme et un adolescent de quinze ans) furent tortur?s et tu?s dans des conditions abominables, des femmes viol?es et leur village incendi? par la Wehrmacht. Une cit? provisoire fut construite pour reloger les survivants et fut inaugur?e apr?s la guerre par le Pr?sident de la R?publique Vincent Auriol.

? Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1944, 82 habitants (dont des femmes, des enfants et des vieillards) ainsi que 120 combattants des FFI furent massacr?s par les SS et le village fut compl?tement d?truit (? 97%).

? la Valchevri?re les 22 et 23 juillet 1944, les nazis d?truisirent compl?tement ce hameau habit? seulement par quelques agriculteurs pendant l’?t? mais devenu un camp strat?gique pour les maquisards du Vercors. Les r?sistants sous le commandement du lieutenant Chabal se sacrifi?rent pour d?fendre ce passage. Pour y m’?tre rendu plusieurs fois, j’ai pu observer que de nombreux Allemands viennent encore aujourd’hui se recueillir dans cet endroit fant?me, rest? tel quel.

? Guerry le 24 juillet 1944, 36 Juifs de Saint-Amand-Montrond (dont 8 femmes) furent jet?s vivants (ou parfois tu?s par balles) dans un puits de 35 m?tres de profondeurs par la Gestapo. Au cours d’une rafle le 22 juillet 1944, tous les Juifs de Saint-Amand-Montrond (soit 70 civils) avaient ?t? arr?t?s et emmen?s dans une prison de Bourges par des miliciens.

? Saint-Germain-du-Salembre le 27 juillet 1944, 29 maquisards et la quasi-totalit? des habitants du hameau furent massacr?s par les nazis inform?s par un tra?tre (Fran?ais) qui fut jug?, condamn? ? mort et fusill? d?s le soir m?me.

Dans la grotte de la Luire le 27 juillet 1944, les SS tortur?rent et massacr?rent 25 bless?s du Vercors alors qu’ils ?taient allong?s sur leur lit d’h?pital. Beaucoup de civils furent tu?s ?galement ? La Chapelle-en-Vercors et Saint-Nizier-du-Moucherotte. Les auteurs de ce massacre ne furent pas beaucoup inqui?t?s apr?s la guerre (voir ce premier lien et ce second lien).

? Lyon place Bellecour le 27 juillet 1944, ? cause de l’explosion, la nuit pr?c?dente, d’un caf? tr?s fr?quent? par les nazis, la Gestapo fusilla 5 r?sistants qui avaient ?t? pourtant arr?t?s bien avant cet acte de r?sistance (et donc innocents).

Au Vigeant le 4 ao?t 1944, 12 jeunes r?sistants de Millac furent fusill?s par des nazis et des miliciens.

? Saint-Pol-de-L?on le 4 ao?t 1944, 25 hommes (dont le maire et un adolescent de 17 ans) furent massacr?s par la Wehrmacht. Lors de la comm?moration de 2008, particuli?rement ?mouvante, la maire de Morlaix, Agn?s Le Brun, a affirm? : « C’est notre devoir [de nous souvenir], car de tels actes sont r?v?lateurs de la fragilit? de la paix et de la d?mocratie que tous doivent s’efforcer de construire, pour les g?n?rations futures, mais aussi en m?moire de tous ceux qui sont tomb?s pour elles. ».

? Gourvily le 5 ao?t 1944, les nazis incendi?rent un commerce et fusill?rent les 5 personnes qui tent?rent de s’y ?chapper, en repr?sailles d’actes de r?sistance.

? Gouesnou le 7 ao?t 1944, des troupes de l’arm?e allemande massacr?rent 42 habitants dont des femmes et des enfants au moment m?me o? les premi?res troupes blind?es am?ricaines arriv?rent ? Brest. En effet, des parachutistes fran?ais arrivaient dans la commune en d?but d’apr?s-midi, et les nazis, pris de panique, commenc?rent par assassiner les quatre habitants de la ferme Philep de Penguerec puis rafl?rent et mitraill?rent toutes les personnes qu’ils crois?rent.

? Saint-Julien-de-Crempse le 9 ao?t 1944, 17 civils (de 18 ? 80 ans) ainsi que 11 maquisards furent sauvagement massacr?s par les SS.

? Longny-au-Perche le 12 ao?t 1944, 5 otages pris au hasard dans le village furent fusill?s ? la suite de la mort suspecte d’un nazi.

? Tourouvre le 13 ao?t 1944, 18 habitants furent massacr?s et une cinquantaine de maisons furent d?truites par des SS.

? Grenoble le 14 ao?t 1944, 20 maquisards du Vercors furent fusill?s par les nazis ? l’angle de la rue Amp?re et du cours Berriat, quelques jours avant la lib?ration de Grenoble. Une comm?moration se tient tous les 14 ao?t au square des Fusill?s (sur les lieux du massacre).

? Longeville le 15 ao?t 1944, les troupes allemandes tu?rent 6 maquisards au combat et ils achev?rent et br?l?rent 7 autres maquisards. L’Indre (du c?t? de La Ch?tre) connut une terrible r?pression nazie en ?t? 1944 : le 27 juillet 1944 ? Dampierre-Gargilesse ; le 16 ao?t 1944 ? Valen?ay ; le 30 ao?t 1944 ? Sainte-Gemme.

? Sainte-Radegonde (pr?s de Rodez) le 17 ao?t 1944, 30 personnes furent fusill?es par les nazis.

? Saint-Michel-de-Livet le 18 ao?t 1944, une famille de 7 personnes fut d?cim?e ? coups de grenades et de mitraillette par des SS pour avoir accueilli avec sympathie une avant-garde de l’arm?e britannique.

? N?rondes le 18 ao?t 1944, une douzaine d’habitants furent massacr?s et plus d’une trentaine de maisons furent br?l?es.

? Saint-Genis-Laval le 20 ao?t 1944, 110 Juifs furent assassin?s par les nazis.

? Bron le 21 ao?t 1944, 109 Juifs furent massacr?s par les nazis.

? Buch?res le 24 ao?t 1944, 68 civils (dont 35 femmes, 10 enfants de moins de 10 ans, des b?b?s de 6 ? 18 mois, 5 vieillards de plus de 70 ans) furent fusill?s par les SS et tout le village fut incendi?.

? Ch?tillon-sur-Indre le 25 ao?t 1944, des maquisards et des civils furent fusill?s ? la Riperie par les troupes nazies qui remontaient vers l’Est.

? Terre-Noire (au Col du Petit Saint-Bernard, ? 1 971 m?tres d’altitude dans le Val d’Aoste) le 27 ao?t 1944, 28 jeunes hommes des villages de la Tarentaise furent fusill?s par la Wehrmacht s’enfuyant vers l’Italie (les circonstances de ce massacre restent encore inconnues, notamment sur le statut des victimes : civils, r?sistants, maquisards).

? la ferme de Franclieu (dans la commune de Bengy-sur-Craon) le 29 ao?t 1944, 8 personnes qu’un convoi allemand croisa furent fusill?es sommairement, puis des fermes furent incendi?es.

? Couvonges et dans les villages environnants (Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Mogn?ville) le 29 ao?t 1944, 86 hommes (dont 26 sur les 44 que comptait Couvonges, ?g?s de 17 ? 85 ans) furent froidement tu?s par la Wehrmacht. 54 des 60 maisons de Couvonges furent d?truites. ? la demande notamment de la ville de Bar-le-Duc, le G?n?ral De Gaulle vint s’y recueillir le 28 juillet 1946.

? Tavaux le 30 ao?t 1944, 20 habitants furent massacr?s par les SS.

? Plomion le 31 ao?t 1944, 14 habitants (de 16 ? 72 ans) furent fusill?s par les SS.

? Basse-sur-le-Rupt (pr?s de La Bresse dans les Vosges) les 20 et 21 septembre 1944, 86 maquisards furent fusill?s par les nazis.

? ?tobon le 27 septembre 1944, 39 habitants furent fusill?s par les SS contre l’?glise protestante de Chenebier et 27 autres furent emmen?s puis, pour 9 d’entre eux, fusill?s pr?s de Belfort, et les 18 autres, d?port?s dans un camp d’extermination.

Par ailleurs, ? N?mes de nombreuses ex?cutions sommaires par pendaison furent d?cid?es par la Gestapo pendant l’occupation de la ville entre 1942 et 1944 (N?mes fut lib?r? le 27 ao?t 1944).

Ne pas oublier

Cette longue liste n’est sans doute pas exhaustive et ne concerne que les cas de massacres gratuits et aveugles perp?tr?s contre une population civile (parfois contre des b?b?s et des vieillards) dans des villages fran?ais au moment de la d?route des troupes nazis. Elle inclut parfois l’assassinat sommaire de r?sistants mais exclut ceux tu?s au cours des combats, nombreux en ?t? 1944 pour lib?rer les territoires occup?s.

En lisant cette ?num?ration, on ne peut avoir que la naus?e, les larmes aux yeux et la terreur ? l’esprit en imaginant les sc?nes r?elles. Le nombre de victimes n’est qu’une donn?e qui ne fournit aucune indication sur le degr? d’horreur : une seule mort gratuite suffit ? me scandaliser et ? m’?cœurer.

Il faut aussi tenter de prendre en compte (sinon comprendre) que la plupart des troupes SS ou de la Wehrmacht ?taient compos?es de jeunes d’une vingtaine d’ann?es souvent immatures, parfois des adolescents de 17 ans, et ?taient command?es par des jeunes de 25 ? 30 ans. La plupart venaient du Luxembourg et de l’Alsace-Lorraine germanis?e mais certains revenaient aussi du front russe qui connut encore beaucoup plus d’atrocit?s et de massacres aveugles de populations civiles qu’en France. Revenir de l’Est ?tait un gage de courage et de force pour ceux qui dirigeaient les troupes.

Dans ces villages (ou villes parfois), chaque ann?e est c?l?br?e cette m?moire. Des monuments, des st?les, des croix jonchent nos nombreuses routes de campagne. Parfois dans la plus grande indiff?rence.

Alors, oui, se souvenir, ne pas oublier que cette d?testable horreur humaine, elle a eu lieu il y a seulement soixante-quatre ans et surtout, qu’elle a recommenc? d?j? ? de nombreuses reprises hors de France (je ne peux m?me pas dire hors d’Europe) et qu’elle peut recommencer ? tout moment, m?me ici.

Dans le prochain article, j’?voquerai le venue ? Maill? du Pr?sident de la R?publique Nicolas Sarkozy, les critiques qu’on pourrait lui adresser et les cons?quences de cette intervention solennelle.

Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 ao?t 2008)

Pour aller plus loin :

La r?pression en France ? l’?t? 1944 (colloque de Saint-Amand-Montrond du 8 juin 2005).

T?moignages de deux rescap?es au massacre de Maill? (recueillis notamment en 2000).

R?pression et pers?cution en France occup?e de 1940 ? 1944 (Thomas Fontaine, avril 2008).

La 2e Division SS ‘Das Reich’ (wikip?dia).

La 2e Division SS ‘Das Reich’ (exactions commises).

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

MH-370 (14) : c’est en Bosnie que ça a commencé

Bosnie, Hassan Cengic, Visoko, Aerocom, Tuzla, munitions Wolf… c’est fou comme ces noms sonnent comme un article que j’avais rédigé ...