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CANADA : Le Plan Nord ? l’assaut des terres ancestrales du Qu?bec

Nouvelle vague de colonisation dans le grand nord qu?b?cois

Par Jules Dufour,?Mondialisation.ca

L?auteur a ?t? membre de l?Association universitaire canadienne d??tudes nordiques (AUCEN) de 1978 ? 1992, membre du COFEX-Nord (Comit? f?d?ral d?examen des r?percussions sur l?environnement et le milieu social) de 1992 ? 1994 et membre de la Commission du Nunavik de 1999 ? 2002. Il est membre de la Commission des Aires Prot?g?es (CAP) de l?Union mondiale de la nature (UICN).?

Cet article a comme objectifs de pr?senter une br?ve r?trospective historique des faits qui ont marqu? la p?riode 1950-1990, de d?crire les composantes du territoire, de pr?senter le Plan Nord et d?analyser les principaux enjeux concernant sa r?alisation et quelques ?l?ments entourant la mise en valeur des ressources naturelles. Deux autres textes seront publi?s, le premier concernant les projets de conservation de la biodiversit? in situ et le second? sur? les cons?quences appr?hend?es de? l?application du Plan sur le mode de vie des peuples autochtones.

Les espaces circumpolaires de l?Arctique

Les espaces circumpolaires de l?Arctique, d?finis comme ?tant les territoires situ?s au nord du cercle arctique (66i?me degr? de latitude), constituent encore des fronts pionniers parmi les plus riches en ressources naturelles de la plan?te (Dufour, J., 2010). Depuis l??pop?e de la ru?e vers l’or du Klondike les convoitises pour les espaces nordiques de l?h?misph?re nord se sont manifest?es avec une grande ampleur ? partir de la seconde partie du XXi?me si?cle. Une pouss?e intensive vers les gisements d?hydrocarbures et l??nergie hydraulique a conduit ? la mise en valeur de plusieurs sites en Alaska, au Canada, en Scandinavie et en Russie.?Le d?veloppement des gisements de p?trole et de gaz dans la mer de Beaufort ont ?t? rendus possibles en raison de la hausse des prix mondiaux de cette ressource et donna lieu ? la construction du pipeline de l?Alaska? au d?but des ann?es 1970 entre Prudhoe Bay et Valdez (http://en.wikipedia.org/wiki/Trans-Alaska_Pipeline_System). Il en fut de m?me au Qu?bec avec la mise en valeur d?une partie non n?gligeable du potentiel hydraulique. En outre, la r?alisation de ces projets a fait prendre conscience que la mise en valeur de ces zones de richesses risquait de se faire au d?triment du milieu biophysique et du mode de vie des peuples du Nord. C?est ? ce moment-l? que les premi?res ?tudes d?impact environnemental, ?conomique et social ont pris naissance permettant ainsi de recourir ? des mesures de mitigation et de surveillance appropri?es.

Le Nord du Qu?bec (figures 1 et 2)

Figure 1. Le Nord-du-Qu?bec

?Ungava

Source: Directeur g?n?ral des ?lections du Qu?bec.

Figure 2.? La r?gion administrative du Nord-du-Qu?bec ? D?limitation officielle de la r?gion 10 de la province

?

http://www.mddep.gouv.qc.ca/regions/region_10/point.htm

Aujourd?hui, eldorado red?couvert, patrimoine naturel remarquable, fronts pionniers regorgeant de richesses de plus en plus pris?es par le march? mondial les grands espaces du Qu?bec septentrional et leurs ressources sont maintenant de nouveau mis en p?ture pour les entreprises mini?res, ?nerg?tiques, foresti?res et touristiques. Cette ?re nouvelle symbolis?e par la proposition d?un plan gouvernemental pour leur mise en valeur, le Plan Nord, se d?roulerait pendant plusieurs d?cennies au cours du XXI?me si?cle. Lanc? en mai dernier par le gouvernement du Qu?bec ce plan a fait saliver, d?s le d?part, les entreprises d?j? bien positionn?es pour profiter des divers projets envisag?s et, en particulier, pour ceux li?s ? la construction des infrastructures d?acc?s aux gisements miniers, ? celles des installations requises pour leur prospection et ?leur exploitation et pour la mise en place de services tels que le logement pour les travailleurs.

I.??La ru?e des ann?es 1950-1990 (figure 3)

Cette nouvelle ru?e vers le Nord rappelle celle des ann?es de la p?riode se situant entre 1950 et 1990 qui a ?t? marqu?e par la construction des centrales hydro?lectriques du complexe La Grande qui ? b?n?ficient des apports d’eau d’un bassin versant am?nag? d’une superficie l?g?rement sup?rieure ? 200 000 km2 en additionnant les bassins de La Grande Rivi?re 96 430 km2, de la rivi?re Caniap?scau 36 880 km2, de la Grande rivi?re de la Baleine 1 710 km2, de la rivi?re Eastmain 40 275 km2 et de la Rupert 31 430 km2. ? (http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_de_la_Baie-James ) (figure 3).

Figure 3. Installations d?Hydro-Qu?bec (2008)?

?Fichier:Quebec Map with Hydro-Qu?bec infrastructures-fr.png

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Quebec_Map_with_Hydro-Qu%C3%A9bec_infrastructures-fr.png

? Les travaux d’am?nagement se sont d?roul?s pendant trois grandes phases. La Phase 1, construite de 1973 ? 1985 comprenait l’am?nagement des trois plus grandes centrales du complexe et des d?tournements Caniapiscau et Eastmain-Opinaca-La Grande (EOL). ?La Phase 2, r?alis?e entre 1987 et 1996, ajoutait cinq centrales, y compris la centrale La Grande-1, le sur?quipement de La Grande-2 et trois centrales dans le secteur compris entre le r?servoir Caniapiscau et le r?servoir de La Grande-4. La troisi?me phase, amorc?e en 2002, consiste en l’am?nagement de trois nouvelles centrales, Eastmain-1, Eastmain-1-A et de la Sarcelle, ainsi que d?rivation Rupert (sic)? (Wikip?dia). Cette ru?e a ?t? aussi marqu?e par les ?tudes et l?examen public des impacts du projet d?am?nagement du complexe hydro?lectrique de Grande Baleine entre 1980 et 1994, projet qui a ?t? report? sine die. Un peu plus tard, on initie la construction du complexe hydro?lectrique de la rivi?re Romaine sur le versant de la Basse-C?te-Nord du Saint-Laurent (figure 3). Pendant cette p?riode, les projets d?extraction du minerai de fer se sont surtout d?velopp?s dans la r?gion de Schefferville. Entre 1958 et 1984?nous avons l?exploitation d?un gisement d?amiante par la compagnie Asbestos Corporation dans?le bassin de la rivi?re D?ception situ?e ? proximit? de la Baie D?ception.

II. Le territoire?

Le territoire vis? par le Plan Nord? correspond aux zones bor?ales de la province (domaine de la for?t de conif?res), subarctiques (domaine de la ta?ga avec couvert moins dense de conif?res de plus faible taille que ceux de la for?t bor?ale proprement dite) et arctiques (domaine de la toundra), un territoire d?une superficie de 1.2? million de kilom?tres carr?s, comprenant ??l?ensemble du Qu?bec situ? au nord du 49e parall?le puis au nord du fleuve Saint-Laurent et du golfe du Saint-Laurent, une superficie repr?sentant 72% de la surface totale du Qu?bec? (PDF, Plan Nord, Gouvernement du Qu?bec) (figure 5).

Figure 4. Les principales routes et l??tendue des nappes d?eau due ? la cr?ation des barrages hydro?lectriques au Qu?bec

?Qu?bec

?Source: http://atlas.nrcan.gc.ca/auth/francais/maps/reference/provincesterritories/quebec/referencemap_image_view

Selon les donn?es du plan, ? ce territoire dispose de l?une des plus importantes r?serves d?eau douce au monde. Il comprend plus des trois quarts de la capacit? de production hydro?lectrique install?e au Qu?bec et son potentiel de ressources hydrauliques, ?oliennes et photovolta?ques non encore exploit? est tout aussi consid?rable? (figures 2 et 4).

?Il comprend plus de 200 000 km2 de for?ts commerciales du Qu?bec. Il renferme des ressources fauniques exceptionnelles, dont des rivi?res ? saumon de renomm?e internationale; il constitue l?un des derniers potentiels de conservation de vastes territoires naturels intacts au monde?.

?Ce territoire ? comprend 63 villes, villages et communaut?s reli?s au reste du Qu?bec par un ensemble d?infrastructures routi?res, ferroviaires, maritimes ou a?roportuaires (figure 4). Il est r?gi en grande partie par les dispositions de la Convention de la Baie-James et du Nord qu?b?cois (Cris et Inuits) et la Convention du Nord-Est qu?b?cois (Naskapis)?; il assure la totalit? de la production qu?b?coise de nickel, de cobalt, des ?l?ments du groupe du platine, de zinc, de minerai de fer et d?ilm?nite, ainsi qu?une part importante de la production d?or. Il rec?le ?galement du lithium, du vanadium et des ?l?ments de terres rares? (http://plannord.gouv.qc.ca/portrait/index.asp).

Figure 5. Territoire d?application du Plan Nord


Source : http://snapqc.org/campaigns/plan-nord

Avec ce projet le gouvernement du Qu?bec cherche ? prendre le leadership dans le processus de mise en valeur de ce territoire. Jusqu?? maintenant, les entreprises qui ont investi dans les projets d?exploitation des ressources nordiques l?ont fait en dehors d?un processus de planification concert?e. Elles ont exploit?, par exemple, des gisements miniers quand les conditions du march? mondial ?taient favorables. Ce fut le cas des entreprises Iron Ore Company of Canada, Qu?bec Cartier Mining et Sidebec-Normines qui exploit?rent le minerai de fer de la r?gion de Schefferville entre 1949 et 1983. Elles laiss?rent leurs empreintes en abandonnant les sites d?exploitation sans se soucier de leur r?habilitation, notamment ? Schefferville (Dufour, J. et M.-A. Tremblay, 2002) et ? Purtuniq (Asbestos Hill) dans le bassin de la rivi?re D?ception?? proximit? du d?troit d?Hudson (aina.ucalgary.ca).

Pendant ce temps, les nations autochtones ont particip? activement ? la gestion des ressources fauniques, ont pris en charge progressivement les affaires ?conomiques, sociales et environnementales et se sont associ?es aux divers projets de mise en valeur du territoire et, notamment, au projet d?extraction du nickel-cuivre de la mine Raglan ouverte en 1995 et ? la cr?ation de parcs nationaux. Depuis plus de 40 ans, en effet, les peuples autochtones r?clament les pouvoirs qui leur reviennent en vue d?assumer pleinement la gouvernance de leurs terres ancestrales. En suivant les recommandations de la Commission du Nunavik les Inuits ont ?t? en mesure de signer en ce sens une entente avec le Qu?bec pour la cr?ation d?un gouvernement r?gional en d?cembre 2007. Cet accord a ??t? pr?c?d? par ?la ?Paix des Braves?, une entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Qu?bec et les Cris du Qu?bec en 2002, par l?entente de partenariat pour le d?veloppement ?conomique et communautaires du Nunavik?la m?me ann?e, entente d’une dur?e de 25 ans, portant le nom de Sanarrutik, ce qui signifie ? outil de d?veloppement? et l?entente de principe pour l?Approche commune avec les Innus, entente sign?e en 2004 par le gouvernement du Qu?bec, le gouvernement f?d?ral et les quatre communaut?s innues de Mamuitun et de Nutashkuan.

III.?Le Plan Nord

Voici quelques ?l?ments du discours prononc? par le Premier Ministre Jean Charest ? l?occasion du lancement du Plan en mai 2011:

Aujourd?hui, nous vous pr?sentons le projet d?une g?n?ration : le Plan Nord?Par le Plan Nord, nous allons mettre en valeur le potentiel ?nerg?tique, minier, forestier, bioalimentaire, et touristique de ce territoire. Nous allons le faire en am?liorant les conditions de vie des populations et en assurant la protection de l?environnement et des ?cosyst?mes?.

? Le Plan Nord, c?est le fruit d?un partenariat sans pr?c?dent entre, les Premi?res Nations,? les Inuits et tous les Qu?b?cois?Ce territoire est une richesse. Il est aussi une responsabilit?. C?est pourquoi nous devons le prot?ger et le mettre en valeur de fa?on durable?.

? Un projet de d?veloppement durable qui vouera la moiti? d?un territoire immense ? des fins autres qu?industrielles?.

? Un projet de d?veloppement ?conomique, qui nous permettra de d?velopper notre soci?t? en tirant profit de l?exploitation responsable de nos ressources naturelles ?.

Le Plan Nord va se d?ployer pendant les 25 prochaines ann?es.

? Au cours de cette g?n?ration, les investissements seront de l?ordre de 80 milliards de dollars (figure 6).

? Une moyenne de 20 000 emplois par ann?e seront ou maintenus ou cr??s.

? Cette activit? ?conomique entra?nera pour l??tat des recettes fiscales de 14 milliards de dollars

? La contribution du Plan Nord au PIB du Qu?bec est estim?e ? 162 milliards $ sur 25 ans.

Telle est l?envergure ?conomique du Plan Nord.

? Le coup d?envoi est donn?. Notre vision devient le plus important projet de d?veloppement durable pour l?avenir du Qu?bec ?.

Figure 6. Le Plan Nord. 80 milliards de dollars canadiens d?investissements sur 25 ans

?Rivage de la Baie d'Hudson, dans le Grand Nord du Qu?bec. Cr?dits photo: jurvetson.

Rivage de la Baie d’Hudson, dans le Grand Nord du Qu?bec. Cr?dits photo: jurvetson.

Le premier ministre du Qu?bec, Jean Charest, a d?voil? lundi les grandes lignes du Plan Nord, un ambitieux projet de d?veloppement des territoires qu?b?cois situ?s au-del? du 49e?parall?le. Dot? d’investissements d’infrastructures colossaux, le Plan Nord, dont la r?alisation compl?te prendra vingt-cinq ans, doit rendre accessibles les immenses ressources naturelles des zones nordiques.

? Il y a au nord du 49e?parall?le un espace pour cr?er l’avenir?, dit Jean Charest. Cet espace, dont ?les Qu?b?cois sont les actionnaires?, assure le premier ministre, c’est le nord du Qu?bec, un territoire vaste comme deux fois la France et peupl? de 120.000 habitants. Apr?s des ann?es de valse-h?sitation, le chef du gouvernement, accompagn? d’une demi-douzaine de ministres, d?voile son Plan Nord ? L?vis, une morne banlieue de Qu?bec. Face ? un premier ministre rayonnant, des Am?rindiens pansus applaudissent, intimid?s. La nordicit? est de nouveau ? la mode, comme dans les ann?es 1970. Le gouvernement avait alors entrepris les gigantesques travaux hydro?lectriques de la Baie James. Depuis, le potentiel ?conomique du Grand Nord, tr?s isol?, est sous-exploit?. Dans les cinq prochaines ann?es, onze mines d’or, de diamant ou de cuivre devraient voir le jour gr?ce ? la mise en place d’infrastructures routi?res et d’a?roports. Le gouvernement ?tudie la construction d’un port en eau profonde dans la baie d’Hudson. Hydro-Qu?bec augmentera le nombre de ses centrales hydro?lectriques. ?Le Plan Nord va s’?chelonner sur vingt-cinq ans. Des plans quinquennaux int?greront le d?veloppement ?nerg?tique, minier, forestier, bioalimentaire, et le transport?, explique Christian Dubois, sous-ministre responsable du Plan Nord.

Ru?e vers les mines

L’objectif affich? de Jean Charest est de d?senclaver les communaut?s nordiques. L’un des chefs des Indiens naskapis, John Mameanskum, un costaud au visage poupin, confie: ?C’est un jour historique pour nous. Nous allons percevoir de l’argent. Les entreprises mini?res nous garantissent de bons emplois.? Si les Naskapis, les Inuits ou les Cris ont paraph? le Plan Nord, des communaut?s innus s’y opposent toujours. Sans l’accord de tous les autochtones, ?le chantier de toute une g?n?ration?, comme l’appelle Jean Charest, conna?tra des rat?s. La r?ussite du Plan Nord suppose ?galement que le cours des mati?res premi?res demeure ?lev? pendant des ann?es. ??d?faut, les compagnies mini?res fermeront leurs sites. Enfin, le gouvernement devra affronter les groupes ?cologistes, hostiles au Plan Nord. Si les acteurs du projet s’engagent ? prot?ger 50% du territoire du Grand Nord, ils ne pr?cisent pas comment ils feront. Christian Dubois assure que le Plan Nord ?ne fera pas ?uvre de bulldozer?. Les environnementalistes sont sceptiques. ?Ce plan n’est que le plan d’encadrement d’un boom minier? Que va-t-on faire une fois que les mines fermeront?? demande Christian Simard, le directeur g?n?ral de Nature Qu?bec, un groupe ?cologiste, avant d’ajouter que le projet de Jean Charest n’est qu’?une vente de feu pour attirer le maximum d’entreprises, le temps d’une g?n?ration?.

Si le gouvernement estime ? 162?milliards de dollars les retomb?es sur le PIB de la province pendant vingt-cinq ans, les donn?es chiffr?es pour parvenir ? ce r?sultat demeurent extr?mement vagues. Beaucoup d’inconnues subsistent. Et le d?veloppement du Nord qu?b?cois est en soi un d?fi. Les conditions climatiques sont extr?mement rudes. Alors que certaines routes plus au sud de la province sont parfois ferm?es l’hiver, l’entretien d’un r?seau routier dans le Grand Nord, m?me modeste, sera s?rement le vrai casse-t?te de ce Plan Nord.

Il est vraisemblable de penser que le gouvernement du Qu?bec propose ? un plan exemplaire de d?veloppement durable ? en fonction des int?r?ts premiers des populations situ?es au Sud du Qu?bec, car l?expertise n?cessaire pour ?tre partenaires dans la r?alisation de ces projets se trouve essentiellement dans la vall?e du Saint-Laurent et ailleurs au Canada. Ensuite, il note, dans un langage assez vague, que les projets de d?veloppement ou d?extraction des ressources naturelles pourront aider les communaut?s nordiques ? am?liorer leurs conditions de vie?: ? Il favorisera le d?veloppement au b?n?fice des communaut?s concern?es et du Qu?bec tout entier, et ce, dans le respect des cultures et des identit?s ? (plannord).

Les vell?it?s de prise en charge du d?veloppement par les autorit?s (conseil ou gouvernement) des peuples autochtones, les Innus y compris ceux de la nation innue de Matimekush-Lac John, les Cris, les Naskapis et les Inuits dans leurs terres ancestrales risquent d??tre ainsi neutralis?es (http://plannord.gouv.qc.ca/documents/communautes-autochtones.pdf). On repr?sente le Nord comme ?tant un vaste territoire plac? sous la gouverne du Qu?bec et comprenant des communaut?s autochtones, ici et l?, dispers?es dans l?espace. Selon le Plan, ? les peuples autochtones et les Inuits acceptent d??tre des partenaires du Plan et d??tre repr?sent?s sur le CA de la Soci?t? du Plan Nord qui sera cr??e dans le but d?assurer la coordination n?cessaire dans la mise en ?uvre du plan et la r?alisation des projets ?.

La mise en ?uvre du Plan?: La Soci?t? du Plan Nord

Pour assurer un d?veloppement bien ordonn? le gouvernement propose, pour ?tablir le caract?re prioritaire de ce projet, pour affirmer les principes du d?veloppement durable et pour assurer le respect de tous les partenaires? la cr?ation de la Soci?t? du Plan Nord?.

Celle-ci ? assurera la r?alisation de projets d?infrastructures strat?giques donnant acc?s au territoire. Elle coordonnera les projets de d?veloppement et initiera des partenariats entre le gouvernement, les communaut?s et les entreprises. Elle sera aussi responsable des projets de d?veloppement sociaux comme le logement, les installations de sant?, l??ducation et les infrastructures culturelles. Elle veillera au montage financier des projets avec les investisseurs et les communaut?s concern?s ?.

?Le Conseil d?administration de la Soci?t? du Plan Nord sera compos?e de repr?sentants des r?gions, des nations autochtones, du gouvernement et du secteur priv?.?

Le r?seau routier et ferroviaire actuel permet l?acc?s aux territoires situ?s au nord du 50i?me degr? de latitude

Le r?seau routier et ferroviaire situ? au nord du 49i?me degr? de latitude nord permet d?avoir acc?s ? une partie importante du territoire. Six corridors routiers permettent, en effet, d?atteindre les r?gions situ?es au nord du 50i?me degr? de latitude :
1) La route de la Baie-James;
2) La Transta?ga;
3) La route du Nord;
4) La route Lac Albanel-Monts Otish;
5) La route Baie-Comeau-Fermont;
6) La route 138 Sept-?les-Nutashkuan; la voie ferr?e Sept-?les-Schefferville.

En voici un bref aper?u?:


La route de la Baie-James?

Avec la Route de la Baie-James on peut se rendre de Matagami ? Radisson et de l? jusqu??? Chisasibi, soit sur une distance de 620 km. Cette route est asphalt?e, entretenue et d?neig?e en hiver (http://grandquebec.com/nord-du-quebec/route-de-la-baie-james/) (figures 7 et 8). ? partir de Radisson on peut acc?der au r?servoir Caniapiscau et ? la centrale La Grande-4 qui est situ?e ? 463 km de l’embouchure de La Grande Rivi?re (http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_de_la_Baie-James).

Figure 7. Le tron?on routier Matagami-Radisson

Source : http://www.routebaiejames.com/jbr/jbroverviewmap.html

La route Transta?ga

? La route Transta?ga est une route gravel?e qui s??tend vers l?est sur 666 km et qui rejoint la route de la Baie James au kilom?tre 542. Elle fut construite pour permettre l?acc?s aux centrales hydro?lectriques et aux r?servoirs qui s??tendent en amont de la rivi?re La Grande (LG-3 et LG-4) et ce jusqu?au r?servoir Caniapiscau qui se situe au 53? 00? N 68? 30? W / 53, -68.5. ?(figure 9) (http://www.routebaiejames.com/ttr/index.html).

?La route du Nord

La route du Nord est une autre route donnant acc?s ? la partie sud de la route de la Baie James. Cette route s??tend de Chibougamau jusqu?au kilom?tre 275 de la Route de la Baie James. C?est une route r?cente et gravel?e qui s??tend sur 406 km.

La route Chibougamau-Lac Albanel ? Route 167

?Carte des travaux

Carte des travaux
Figure 11. La route 167 entre Chibougamau et le lac Albanel

Source : http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2011/08/01/004-route-monts-otish.shtml

La route Baie-Comeau-Fermont, la 389 ou la Trans-Qu?bec?Labrador

? La ville de Fermont est situ?e au-del? du 52e parall?le ? 565 kilom?tres au nord de Baie-Comeau et ? 15 kilom?tres de la fronti?re entre le Qu?bec et le Labrador. Elle fait partie de la r?gion administrative de la C?te-Nord et est situ?e sur le territoire de la MRC de Caniapiscau ? (http://www.caniapiscau.net/fr/fermont/acces/). Il s?agit de l’une des routes les plus isol?es au Qu?bec. Celle-ci est ouverte ? l’ann?e et entretenue par Transports Qu?bec (http://fr.wikipedia.org/wiki/Route_389_(Qu%C3%A9bec).

La route Nutashkuan-Blanc-Sablon

En direction de l?est et longeant le littoral nord du golfe du Saint-Laurent la route reliant Sept-?les et? Nutashkuan donne acc?s ? la Minganie et s??tend sur une longueur de 375 kilom?tres.???(Voir : Sept-?les ?? Nutashkuan, Minganie et Basse-C?te-Nord)

La voie ferr?e Sept-?les-Schefferville??

? Le plus ambitieux parmi les projets ferroviaires de la r?gion, Quebec North Shore and Labrador railways (QNSL) est ouvert en 1954 par la Compagnie Mini?re Iron Ore Company of Canada (IOC) pour transporter les minerais de fer de Schefferville Labrador au port des Sept ?les, soit une distance de 359 milles (573km) ? (http://sinfin.net/railways/world/canada/lab-cnq.html).


IV. Les principaux enjeux entourant la r?alisation du Plan Nord

Les principaux enjeux entourant la r?alisation du Plan Nord concernent le caract?re de sa viabilit? ?conomique, la bonne intention de r?server 50% de la superficie du territoire ? des fins de conservation avec la cr?ation de parcs naturels ou autres aires prot?g?es, une nordicit? uniformis?e int?grant encore davantage les territoires des Autochtones et des Inuits au Qu?bec de base, la difficult? de respecter les 16 principes du d?veloppement durable dans le processus d?acceptation des projets et la priorit? accord?e aux projets de prolongement des routes donnant acc?s aux gisements miniers et aux projets de d?veloppement hydro?lectrique.

La contribution du Plan ? l??conomie globale du Qu?bec

M?me si le gouvernement du Qu?bec affirme qu?il a obtenu, au cours d?une campagne d?information et de consultation r?alis?e en 2011, un consensus sur la valeur de ce plan de d?veloppement, sur ses orientations et sur les modalit?s de sa mise en ?uvre, de nombreuses voix discordantes se sont faits entendre au cours des derniers mois exprimant des doutes, des inqui?tudes ou des appr?hensions concernant les retomb?es escompt?es des projets pour l??conomie globale du Qu?bec et, notamment, concernant les dividendes tir?es de l?exploitation mini?re ainsi que l?inexistence de projets de premi?re ou de deuxi?me transformation (A. Shield, 2011). Du c?t? des Autochtones plusieurs ont d?nonc? la sous-?valuation des compensations accord?es ? leurs communaut?s pour les inconv?nients et les pertes appr?hend?s caus?s par cette invasion voire cette prise de possession de leurs territoires traditionnels.

Un grand nombre de craintes et d?inqui?tudes ont ?t? exprim?es concernant les orientations du plan, la vision qui l?anime et les dispositions du programme de sa mise en ?uvre. Les syndicats, les peuples autochtones,?le monde des affaires, les analystes politiques et les groupes environnementaux ont tour ? tour soulev? des objections s?rieuses sur l?opportunit? et la faisabilit? de m?me que sur les retomb?es ?conomiques et sociales escompt?es (S. Dansereau, 2011).

Le monde des affaires a soulev? des craintes concernant les retomb?es r?elles des projets qui sont ou qui seront d?velopp?s sur l?ensemble de l??conomie du Qu?bec?: ?Tel qu?il a ?t? pr?sent? par le gouvernement Charest, le Plan Nord risque d?accro?tre l?endettement des Qu?b?cois, selon des experts r?unis mardi (le 22 novembre) ?lors d?un colloque sur le d?veloppement minier organis? par HEC-Montr?al?. Le Plan Nord doit ?tre revu, ont r?clam? ces experts, de fa?on ? ce que l??tat ? et les contribuables ? obtiennent de meilleures retomb?es des projets miniers au Qu?bec. Et la m?me chose doit ?tre faite pour le r?gime minier, jug? ? caduc ?.

? cette occasion, l?ex-premier ministre et ancien ministre des Finances du Qu?bec, Jacques Parizeau, s?est dit pr?occup? par les pertes susceptibles d??tre essuy?es par l??tat qu?b?cois. Celui-ci ?pourrait ainsi s?appauvrir si Hydro-Qu?bec devait d?penser 47 milliards de dollars ? b?tir des centrales hydro-?lectriques pour subventionner les entreprises mini?res avec de l??lectricit? vendue en bas du prix co?tant. M. Parizeau dit en effet craindre que les soci?t?s mini?res b?n?ficient de tarifs privil?gi?s, deux fois moindres que ce qu?il en co?te ? produire?.

? Monsieur Parizeau a lanc? l?id?e de la mise sur pied d?une Soci?t? d??tat sp?cialis?e dans l?industrie mini?re. ?Celle-ci compenserait, a-t-il dit, ?ce bar ouvert?, en faisant r?f?rence ? l??nergie ? rabais et au r?seau routier financ? ? 80% par le minist?re du Transport? Cette soci?t? pourrait prendre des participations dans les entreprises mini?res qui accourent actuellement au Qu?bec et qui sont en quasi-totalit? ?trang?res. ? On doit si?ger sur les conseils d?administration de ces (filiales canadiennes) de multinationales sinon, on a aucune id?e de ce qui se passe l?-dedans ? et on ne peut garantir que nos int?r?ts seront servis, a plaid? l?ancien premier ministre. La nouvelle soci?t? d??tat pourrait faire appel ? Investissement-Qu?bec, ? la Caisse de d?p?t et de placement voire m?me ? l??pargne du public pour financer ses participations, a-t-il sugg?r?.?

?De son c?t?, Yvan Allaire, professeur de strat?gie ? l??cole des sciences de la gestion de l?UQAM a propos? de cr?er au nouveau r?gime par lequel les redevances seraient progressives, bas?es sur le prix du minerai avec un taux de rendement interne plafonn? ? 30% sans levier ou ? 40% avec levier. Ainsi les redevances ne seraient plus bas?es sur les b?n?fices, comme l?a d?cid? le gouvernement Charest, mais sur les revenus et varieraient selon le prix du minerai. De plus, tout rendement qui d?passerait le plafond irait directement dans les coffres de l??tat. Ce syst?me existe actuellement dans l?industrie du p?trole, a fait savoir M. Allaire?.

? Le mod?le d?affaires du gouvernement est celui du pass?, et c?est une erreur ?, a dit de son c?t? un ancien sous-ministre de l??nergie, M. Denis L?Homme, qui croit qu?au lieu de d?penser des sommes importantes sans avoir de garanti de retomb?es, on ferait peut-?tre mieux de les d?penser ? ?lectrifier nos ?quipements transports. Si le Qu?bec ne peut amener les mini?res ? transformer davantage nos minerais, a-t-il dit, on ? commence ressembler ? une r?publique de bananes?.

Un autre ex-sous-ministre ? L??nergie, Renaud Lapierre, faisant l??cho ? la proposition de M. Parizeau, a dit qu?il fallait que les Qu?b?cois participent davantage ? l?actionnariat de leurs ressources. ? Il faut se b?tir un Qu?bec Inc. des ressources ?. M. Lapierre croit aussi qu?il faut reconstruire l?expertise de l??tat en mati?re de ressources, expertise qui a ?t? d?cim?e au cours des derni?res ann?es. Et concevoir une politique d?ensemble touchant les mines, la for?t et l??nergie.

Un Plan qui propose de prot?ger 50% de la superficie du territoire. Une ambition r?aliste???

Pour les organisations ou groupes qui travaillent?? la protection de l?environnement le Plan Nord n?est que de la poudre aux yeux (http://gaiapresse.ca/nouvelles/plan-nord-protection-a-50-de-la-poudre-aux-yeux-32024.html). Ceux-ci ont soulev?, ? plusieurs reprises, des doutes concernant la promesse gouvernementale du projet de protection de 50% du territoire?:

? Il n?y a pas un r?el engagement de la part du gouvernement, d?interdire l?exploitation industrielle sur 50% du territoire.? Christian Simard, directeur g?n?ral de Nature Qu?bec doute que les intentions du gouvernement soient sinc?rement dispos?es ? prot?ger la moiti? du territoire nordique qu?b?cois.

Selon son discours, le gouvernement de Jean Charest s?est fix? comme cible d?ici 2015, d?arriver ? atteindre 17% d?aires conserv?es sur le territoire du Plan Nord, afin d?atteindre les objectifs internationaux de la convention cadre sur la diversit? biologique adopt?e ? Nagoya, ? l?automne 2010. Ce plan ?c?est comme nous jeter de la poudre au visage?, a clam? Christian Simard.

Une multitude d?organisations, pr?sentes ? l?h?tel Delta de Montr?al jeudi soir dernier (6 octobre 2011), pour exprimer leur opinion, dans le cadre de la tourn?e des consultations publiques concernant la protection de 50% du territoire du Plan Nord, est venue soutenir la position de Nature Qu?bec. Selon Greenpeace et la Soci?t? pour la nature et les parcs du Qu?bec (SNAP) au terme du projet, ce n?est que 12% du territoire qui deviendront des aires prot?g?es de cat?gorie 6, selon l??chelle ?tablie par l?Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)).

En fait, le gouvernement lib?ral propose une nouvelle cat?gorie d?aire conserv?e qu?il nomme ?R?serve de capital nature?. Cette zone occuperait 5% des 17% d?j? planifi?s pour 2015, et au terme du projet, 38% des 50% du territoire prot?g?. Ce concept diff?re ?norm?ment de la d?finition des aires prot?g?es produit par l?UICN (http://gaiapresse.ca/nouvelles/plan-nord-protection-a-50-de-la-poudre-aux-yeux-32024.html).

Il importe de mentionner, ici, les craintes formul?es par le secteur forestier de voir leurs aires d?approvisionnement diminuer au profit de?la conservation, des craintes exprim?es ? maintes reprises au cours des ann?es 2000 dans les r?gions-ressources du Qu?bec (http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2011/11/28/003-petition-contre-plan_nord.shtml).

Les nations autochtones. Une nordicit? uniformis?e

La perception du Nord qui a ?t? d?finie au cours de la seconde partie du XXi?me si?cle correspondait jusqu?? ce jour au territoire r?gi par la Convention de la Baie James et du Nord qu?b?cois et la Convention du Nord-Est qu?b?cois conclues en 1975 et 1978 correspondant, dans les faits, aux terres ancestrales des? Cris, des Naskapis, des Innus du Lac John et des Inuits (figures 1 et 2). En plus de ces terres la d?finition du territoire du Qu?bec retenue dans le Plan Nord inclut dor?navant les territoires des Innus et une partie de ceux des r?gions de l?Abitibi-T?miscamingue, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de la Haute-C?te-Nord et de la Basse-C?te-Nord, ces espaces ?tant fort int?gr?s ? l??conomie du Sud du Qu?bec et des ?tats-Unis. Un acc?s plus facile ? ce territoire pourrait affecter grandement les activit?s traditionnelles des peuples nordiques, car le corpus l?gislatif de l??tat du Qu?bec pourrait vraisemblablement s?appliquer de?la m?me mani?re dans le territoire d?application du Plan Nord que dans le ?Qu?bec m?ridional.

Les projets miniers pourraient ne pas r?pondre ? tous les principes du d?veloppement durable

M?me s?il a ?t? pr?vu dans le Plan Nord un encadrement rigoureux des activit?s li?es au d?veloppement minier et, tout sp?cialement, de celle relative aux travaux de r?habilitation des sites miniers ? la fin de leur vie utile nous craignons que les entreprises soient port?es ? n?gliger ces travaux en r?servant des fonds insuffisants ? cette fin. Il sera extr?mement important pour la Soci?t? du Plan Nord de s?assurer, d?s la phase de conception des projets, d?obtenir des garanties et non des promesses ? cet ?gard. Nous exprimons des inqui?tudes concernant le respect des principes b, d, i, j et o (annexe 1).

Un autre ?l?ment pr?occupant r?side dans le fait que ces projets ne sont pas accompagn?s par des propositions de deuxi?me et de troisi?me transformation, ?l?ment qui a ?t? d?plor? par un repr?sentant du syndicat des M?tallos (Shield, A., 2011).

Les projets de prolongement de ces routes donnant en priorit? acc?s aux gisements miniers et aux projets de d?veloppement hydro?lectrique situ?s plus au nord.

Selon les donn?es du Plan Nord,?le gouvernement privil?gie les projets d?infrastructures de transport qui permettent d?acc?der aux territoires au plus grand potentiel ?conomique?:

?Les priorit?s d?action en mati?re de transport pour la p?riode 2011-2016 sont les suivantes :

?prolonger la route 167 vers les monts Otish;

?voir ? la r?fection de la route 389 entre Baie-Comeau et Fermont;

?poursuivre l?am?lioration des a?roports;

?poursuivre le prolongement de la route 138 entre Natashquan et Kegaska;

?prolonger la route 138 par la construction d?un lien entre Kegaska et Blanc-Sablon;

?faire des ?tudes pour ?valuer la faisabilit? de la construction d?un lien terrestre (routier ou ferroviaire) de Kuujjuaq vers le sud;

?faire des ?tudes sur la faisabilit? de l?am?nagement et la rentabilit? d?un port en eau profonde ? Whapmagoostui-Kuujjuarapik et de la construction d?un lien terrestre vers Radisson? (http://plannord.gouv.qc.ca/transports/reseau.asp).

Les divers projets du prolongement des routes et d?une voie ferr?e vers le Nord, celui de Radisson-Kuujjuarapik/Whapmagoostui, celui de la route 167 en voie de r?alisation et ce en direction des Monts Otish, celui devant unir Nutashkuan ? Blanc-Sablon et, ? un moindre degr? celui de la construction d?une voie ferr?e entre Schefferville et Kuujjuaq font d?j? partie de l?Agenda du Plan (http://www.ledevoir.com/documents/pdf/genivar.pdf).

Ainsi le gouvernement annonce la mise en oeuvre, au cours des cinq prochaines ann?es, de cinq grands projets qui auront une influence majeure sur le d?veloppement ?conomique. Il s?agit des projets suivants : Le prolongement de la route 138 de Kegaska ? Blanc-Sablon (251 M$); le prolongement de la route 167 vers les monts Otish (279 M$); la r?fection de la route 389 entre Baie-Comeau et Fermont (201 M$) (http://www.plannord.gouv.qc.ca/transports/reseau.asp).

La construction de ces routes et de cette voie ferr?e d?une longueur de 600 kilom?tres pourrait co?ter des milliards de dollars au gouvernement du Qu?bec. Les co?ts de construction du prolongement de la voie ferr?e de Schefferville-Kuujjuaq sont estim?s ? 2.5 milliards de dollars. Cette id?e ?voqu?e ? plusieurs reprises au d?but des ann?es 1980 va permettre d?offrir un acc?s ? divers gisements miniers de la fosse du Labrador.

En effet, l’implantation d’un lien ferroviaire de 600 kilom?tres entre Schefferville et Kuujjuaq, un projet qui b?n?ficierait directement aux projets miniers ? un stade plus avanc? ont ainsi pu ?tre identifi?s, soit le projet du Lac Otelnuk de la soci?t? Adriana Resources, les projets DSO, K?Mag et LabMag de la soci?t? New Millenium Capital, ainsi que le projet Silver Yard de la soci?t? Labrador Iron Orequi. Dans ce contexte,??le gouvernement pourrait d’ailleurs ?tre forc? d’acquitter une bonne partie de la facture, selon ce qui ressort d’une ?tude de pr?faisabilit? r?alis?e par la firme d’ing?nierie Genivar pour le minist?re des Transports. Le m?me document souligne que des projets hydro?lectriques d?j? envisag?s par Hydro-Qu?bec dans cette r?gion nordique seraient difficilement rentables? (http://www.ledevoir.com/documents/pdf/genivar.pdf).

Selon la m?me firme, ?Compte tenu, d?une part, de l?ampleur du projet et des facteurs de risque identifi?s et, d?autre part, de l?importance ?conomique rattach?e ? l?ouverture du territoire, plusieurs aspects du projet devront, le cas ?ch?ant, faire l?objet d?analyses plus approfondies. Parmi ceux-ci, il faut mentionner : la validation du trac? en fonction d?une connaissance plus pr?cise de la topographie et des composantes du territoire, la construction d?un port en eau profonde dans la baie d?Ungava, les enjeux li?s au perg?lisol sur le territoire vis? par le projet, l?impact du projet sur la capacit? des autres chemins de fer exploit?s plus au sud, les possibilit?s de partenariat avec les communaut?s autochtones et les soci?t?s mini?res, etc.? (http://www.ledevoir.com/documents/pdf/genivar.pdf).

Il semble de plus en plus ?vident que les projets qui sont d?ores et d?j? privil?gi?s sont ceux qui permettront d?avoir un acc?s aux gisements miniers prometteurs. Celui du prolongement de la route 167 d?une longueur de 268 kilom?tres donnera acc?s aux sites miniers des Monts Otish, soit ? celui de la compagnie Ressources Strateco et, tout sp?cialement, aux sites d?une mine souterraine d?uranium appel?e Matoush et rendra aussi accessibles les gisements de diamants de la mine Renard de Stornoway Diamond. cette exploitation ?tant le premier projet qu?b?cois de mine de diamants de son histoire (figure 11) Ce prolongement, annonc? en ao?t 2011 est entr? dans la phase des soumissions. L?entreprise Stornoway Diamond a convenu d’injecter 44 millions de dollars pour l’am?nagement de la nouvelle route et ? son entretien, une contribution conditionnelle ? la construction de la route dans les d?lais pr?vus, ? l’obtention du financement et de toutes les approbations des organismes de r?glementation pour la construction du projet diamantif?re Renard (http://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/gouvernement/route-167-quebec-et-stornoway-financeront-le-prolonStornoway%20Diamondgement/533314). On observe que les co?ts de cette route ont explos? entre le moment de la pr?sentation du projet et la p?riode des soumissions. Elle devait au d?part co?ter 180 millions de dollars. Ensuite 269 millions de dollars. Enfin, lors de l?annonce officielle le 7 ao?t dernier, on a appris que le co?t du prolongement de la route 167 s??l?verait ? 331,6 millions de dollars?:

? On a rajout? l?inflation, parce que (la construction de) la route prendra cinq ans. C?est pour prot?ger l?entente et les co?ts pour tout le monde ?, a fait savoir Norman MacMillan, ministre d?l?gu? aux Transports.

La compagnie Les Diamants Stornoway participera ? hauteur de 44 millions de dollars dans cet investissement, sans compter un apport de 1,2 million par ann?e (? partir de 2015) pour l?entretien du nouveau tron?on de 243 kilom?tres.

On estime que pr?s de 300 personnes pourraient travailler ? la mine; selon le gouvernement, 2400 travailleurs seront aussi ? l’oeuvre au plus fort du chantier. (http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/2011/08/01/004-route-monts-otish.shtml).

Quant au projet d?une nouvelle liaison routi?re entre Radisson et Kuujjuaarapik-Whapmagoostui sur une distance de 165 kilom?tres il permettra d?avoir un acc?s direct ? la Grande rivi?re de la Baleine et ? son potentiel hydro?lectrique d?une puissance estim?e de 3 212 MW (http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Grande-Baleine).

Enfin,?le prolongement de la voie ferr?e Schefferville-Kuujjuaq pourrait donner acc?s, pour l?entreprise Ressources Adriana, ? son projet de mine de fer au lac Otelnuk situ? ? 200 kilom?tres au nord de Schefferville. Cette entreprise a l?intention d’investir 13 milliards de dollars dans ce projet.

?Le projet d’Adriana comprend une mine de fer, trois usines de bouletage, un quai pour supermin?ralier et la construction d’un chemin de fer de 815 kilom?tres pour relier le Nunavik ? Sept-?les. Le gisement devrait produire 50 millions de tonnes de minerai de fer par ann?e ? (http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2011/04/19/003-resources-adriana-mine-etude.shtml).

Conclusion

Le Plan Nord constitue une entreprise de colonisation intensive d?un vaste territoire et de ses ressources pr?sent? avec une rh?torique moderne, soit avec celle du concept du d?veloppement durable et celle du respect des nations autochtones. M?me si officiellement le gouvernement du Qu?bec a re?u en principe le soutien des nations autochtones il n?en demeure pas moins que celles-ci sont sur leurs gardes et attendent de voir comment vont se d?ployer concr?tement les projets annonc?s et comment et dans quelle mesure leurs droits ancestraux et les liens qui les unissent au territoire seront respect?s.

Ce Plan faisant miroiter la richesse pour tous a ?t? con?u avant tout pour satisfaire en priorit? l?app?tit vorace des entreprises multinationales mini?res et ?nerg?tiques. La mise en place par l??tat des infrastructures routi?res donnant acc?s aux g?tes miniers les plus prometteurs de m?me que celles des lignes de transport de l??nergie n?cessaire ? leur exploitation permettraient d?offrir sur un plateau d?argent aux promoteurs des conditions d?exploitation en dehors de toute contrainte pour l?accumulation de profits consid?rables.

Que restera-t-il pour le Qu?bec et pour les peuples nordiques?? Il est encore trop t?t pour ?tre en mesure d?estimer les retomb?es ?conomiques r?elles des divers projets m?me si l?on mentionne que la contribution du Plan Nord au PIB du Qu?bec est estim?e ? 162 milliards $ sur 25 ans. L?une des cons?quences majeures de ce programme de mise en valeur r?side dans le fait que les peuples autochtones se trouvent d?j? face au fait accompli et que ceux-ci pourraient ?prouver beaucoup de difficult?s pour acqu?rir la capacit? n?cessaire pour entreprendre eux-m?mes des projets dans leur territoire ancestral et m?me d?obtenir le degr? de l?autonomie qui revient ? une nation.

Le gouvernement du Qu?bec, en se d?clarant le principal promoteur de ce plan, pourrait se retrouver dans une position g?nante pour faire les arbitrages dans les conflits qui ne manqueront pas de se produire et ce m?me s?il s?en remet ? une soci?t? d??tat. Il sera ainsi ? la fois juge et partie, ce qui risque de rendre difficile voire inop?rante l?application des lois concernant les diff?rentes activit?s qui seront d?velopp?es.

Ce qui est d?ores et d?j? requis pour l?ensemble de cette op?ration d?envergure c?est la n?cessit? de proc?der ? un examen public approfondi et ?largi ? tout le Qu?bec des r?percussions du plan sur l?environnement global du territoire et sur toutes les communaut?s directement impact?es, un examen qui va bien au-del? de simples s?ances d?information. En outre, pour ce faire, il est primordial de faire un examen avec audiences publiques de l?impact de chacun des projets, examen conduit par le Bureau d?audiences publiques sur l?environnement (BAPE) ou conjointement, pour les projets d?am?nagement hydro?lectrique, par le gouvernement du Qu?bec et par celui du Canada ? l?instar de l?examen qui a ?t? fait pour le projet Grande-Baleine entre 1992 et 1994 (Dufour, J., 1996).

Nous ?prouvons aussi beaucoup de difficult? ? voir dans la promotion de l?industrie mini?re une d?marche qui puisse respecter les principes du d?veloppement durable, car cette ru?e irr?sistible vers le Nord nous fait appr?hender les cons?quences que le ph?nom?ne du boom et du krach pourraient affecter encore une fois les populations du Nord, en particulier celles de la C?te-Nord du Saint-Laurent.? Il nous est ?galement difficile de ne pas craindre que les bouleversements que cette industrie ? la vie ?ph?m?re pourrait causer ? l?ensemble de la biodiversit? de ce territoire consid?r?e comme ?tant l?une des plus intactes de la plan?te, une richesse qui n?a pas de prix.

Enfin, il sera important que la gouvernance du Plan Nord se fasse dans un contexte de coop?ration et non d?affrontements. Autrement, nous ferons face au chaos qui caract?rise souvent les assauts pr?cipit?s dans l?obtention imm?diate de ?la meilleure rente de situation possible.

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Paix des Braves?: http://fr.wikipedia.org/wiki/Paix_des_Braves

Plan Nord. Documentation et mat?riel promotionnel : http://plannord.gouv.qc.ca/documentation/index.asp

Plan Nord, le chantier d?une g?n?ration?: http://www.youtube.com/mrnfquebec#p/u/2/orqPmRxYHDE

Plan Nord. La protection de l?environnement: http://plannord.gouv.qc.ca/environnement/index.asp

Loi sur le d?veloppement durable. Chapitre II, article 6. Les principes du d?veloppement durable?: http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/principes.pdf

Le territoire d?application du Plan Nord?: http://plannord.gouv.qc.ca/documents/territoire-application.pdf

Le Plan Nord. 80 milliards de dollars d?investissement sur 25 ans?:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/05/09/004-devoilement-plan-nord-charest-levis.shtml

Qu?b?cois et Innus. Ensemble vers un Trait??: http://www.versuntraite.com/documentation/publications/entente_synthese.pdf

ANNEXES

Annexe 1.

Les principes du d?veloppement durable adopt?s par l?Assembl?e nationale du Qu?bec ? Loi sur le d?veloppement durable, Chapitre II, article 6.

La Loi sur le d?veloppement durable d?finit seize principes qui doivent ?tre pris en compte par tous les minist?res et? organismes afin qu?ils int?grent mieux la recherche d?un d?veloppement durable dans leurs politiques, leurs programmes et leurs actions. Ces principes sont en quelque sorte un guide pour agir dans une perspective de d?veloppement durable, tout en contribuant ? assurer la coh?rence de l?action gouvernementale en ce domaine.

a. ? sant? et qualit? de vie ? : les personnes, la protection de leur sant? et l?am?lioration de leur qualit? de vie sont au centre des pr?occupations relatives au d?veloppement durable. Les personnes ont droit ? une vie saine et productive, en harmonie avec la nature;

b. ? ?quit? et solidarit? sociales ? : les actions de d?veloppement doivent ?tre entreprises dans un souci d??quit? intra et interg?n?rationnelle ainsi que d??thique et de solidarit? sociales;

c. ? protection de l?environnement ? : pour parvenir ? un d?veloppement durable, la protection de l?environnement doit faire partie int?grante du processus de d?veloppement;

d. ? efficacit? ?conomique ? : l??conomie du Qu?bec et de ses r?gions doit ?tre performante, porteuse d?innovation et d?une prosp?rit? ?conomique favorable au progr?s social et respectueuse de l?environnement;

e. ? participation et engagement ? : la participation et l?engagement des citoyens et des groupes qui les repr?sentent sont n?cessaires pour d?finir une vision concert?e du d?veloppement et assurer sa durabilit? sur les plans environnemental, social et ?conomique;

f. ? acc?s au savoir ? : les mesures favorisant l??ducation, l?acc?s ? l?information et la recherche doivent ?tre encourag?es de mani?re ? stimuler l?innovation ainsi qu?? am?liorer la sensibilisation et la participation effective du public ? la mise en oeuvre du d?veloppement durable;

g. ? subsidiarit? ? : les pouvoirs et les responsabilit?s doivent ?tre d?l?gu?s au niveau appropri? d?autorit?. Une r?partition ad?quate des lieux de d?cision doit ?tre recherch?e, en ayant le souci de les rapprocher le plus possible des citoyens et des communaut?s concern?s;

h. ? partenariat et coop?ration intergouvernementale ? : les gouvernements doivent collaborer afin de rendre durable le d?veloppement sur les plans environnemental, social et ?conomique. Les actions entreprises sur un territoire doivent prendre en consid?ration leurs impacts ? l?ext?rieur de celui-ci;

i. ? pr?vention ? : en pr?sence d?un risque connu, des actions de pr?vention, d?att?nuation et de correction doivent ?tre mises en place, en priorit? ? la source;

j. ? pr?caution ? : lorsqu?il y a un risque de dommage grave ou irr?versible, l?absence de certitude scientifique compl?te ne doit pas servir de pr?texte pour remettre ? plus tard l?adoption de mesures effectives visant ? pr?venir une d?gradation de l?environnement;

k. ? protection du patrimoine culturel ? : le patrimoine culturel, constitu? de biens, de lieux, de paysages, de traditions et de savoirs, refl?te l?identit? d?une soci?t?. Il transmet les valeurs de celle-ci de g?n?ration en g?n?ration et sa conservation favorise le caract?re durable du d?veloppement. Il importe d?assurer son identification, sa protection et sa mise en valeur, en tenant compte des composantes de raret? et de fragilit? qui le caract?risent;

l. ? pr?servation de la biodiversit? ?: la diversit? biologique rend des services inestimables et doit ?tre conserv?e pour le b?n?fice des g?n?rations actuelles et futures. Le maintien des esp?ces, des ?cosyst?mes et des processus naturels qui entretiennent la vie est essentiel pour assurer la qualit? de vie des citoyens;

m. ? respect de la capacit? de support des ?cosyst?mes ? : les activit?s humaines doivent ?tre respectueuses de la capacit? de support des ?cosyst?mes et en assurer la p?rennit?;

n. ? production et consommation responsables ? : des changements doivent ?tre apport?s dans les modes de production et de consommation en vue de rendre ces derni?res plus viables et plus responsables sur les plans social et environnemental, entre autres par l?adoption d?une approche d??coefficience, qui ?vite le gaspillage et qui optimise l?utilisation des ressources;

o ? pollueur payeur ? : les personnes qui g?n?rent de la pollution ou dont les actions d?gradent autrement l?environnement doivent assumer leur part des co?ts des mesures de pr?vention, de r?duction et de contr?le des atteintes ? la qualit? de l?environnement et de la lutte contre celles-ci;

p. ? internalisation des co?ts ? : la valeur des biens et des services doit refl?ter l?ensemble des co?ts qu?ils occasionnent ? la soci?t? durant tout leur cycle de vie, de leur conception jusqu?? leur consommation et leur disposition finale.

Source?: Qu?bec. D?veloppement durable, environnement et parcs.
En ligne?: http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/principes.pdf Les principes de d?veloppement durable

?
Jules Dufour, Ph.D., est pr?sident de l’Association canadienne pour les Nations Unies (ACNU) /Section Saguenay-Lac-Saint-Jean, professeur ?m?rite ? l’Universit? du Qu?bec ? Chicoutimi,?? membre du cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, membre chevalier de l’Ordre national du Qu?bec. Il est associ? de recherche au CRM (Centre de recherche sur la Mondialisation).

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  1. avatar

    Ca c’est de l’étude sérieuse et du texte de qualité.
    Félicitation.

    Un petit bémol – ce ne sont pas les terres ancestrales du Québec mais les terres ancestrales amérindiennes des premières nations que l’on exproprie à nouveau après les avoir chassés de la vallée du St-Laurent.

    A bas le PLAN NORD capitaliste.

  2. avatar

    Après avoir donné les forêts québécoises à des compagnies privées bien souvent étrangères, on s’apprête maintenant à donner le sous-sol québécois. Dans un cas comme dans l’autre, nous ne verrons jamais vraiment d’argent revenir dans nos poches, si ce n’est pas qu’on s’endette davantage pour le profit des sociétés privés. Nous serons (encore une fois) les grands perdants de tout cela, sans compter les amérindiens qui seront finalement à tout jamais envahis et absorbés.

    On va leur payer, à ces compagnies d’exploitation privées, des routes et de l’électricité à moitié du prix coûtant, des milliards de dollars. Un peu plus et John James Charest aurait promis un tas d’esclaves québécois gratuitement pour construire ces infrastructures!

    De retour aux temps féodaux! Seulement que la monarchie a été remplacée par une oligarchie