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Calendrier du monde historique

 

Je vous demande : Que donnerait, selon vous, un tableau complet, composé des “faits” archéologiques culturels établis chronologiquement, entremêlés avec les données « religieuses » tout autant établies archéologiquement?

 

Le résultat serait probablement assez curieux. De sorte que je vous propose de nous y attaquer, mais en nous basant surtout sur les femmes dans l’histoire; incluant les déesses évidemment, qui ne sont pas des moindres, on s’accordera là-dessus. Vous comprendrez que je ne pourrai pas m’empêcher d’y ajouter mes propres commentaires.

 

Il est certain pour tous, qu’à différentes périodes de l’histoire humaine, se sont produit des événements qui ont influencé le déroulement de cette histoire. Parfois il est difficile de découvrir l’effet complet d’un tel événement. Par exemple, nous ne savons pas exactement ce que la fonte des glaciers, vers 10 000 av J.C. a eut comme impact réel sur les humains de l’époque. Par contre il est assez facile de comprendre que l’impact fut d’une importance sans précédent.  Il ne suffit que de joindre les faits exacts que les niveaux océaniques se sont élevés de 120 mètres (400 pieds) et que les humains ont l’habitude de s’installer sur les rivages.

 

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Mais nous ne commencerons pas notre calendrier à cette époque que je laisse à votre imagination. Nous débuterons environ 5 000 ans plus tard;  c’est-à-dire, environ 400 ans après qu’un autre événement géologique important se soit produit. Le Bosphore fut créé lorsqu’il défonça pour laisser les eaux de la Méditerranée inonder la Mer Noire qui, jusqu’à ce moment-là, était une mer d’eau douce. C’est également une époque où il se produisit un changement dans l’histoire, mais que très peu d’archéologues rattachent à cet événement géologique. Nous ne constaterons que les « faits » acceptés, soit comme historique ou mythologiques sans les rattacher directement à ce dernier changement de la géographie.

5 000 av J.C. Il y a quelque 7000 ans, un changement culturel radical s’est produit au sein des sociétés qui peuplaient alors l’Europe : les populations nomades, vivant de la chasse et de la cueillette, se sédentarisent peu à peu pour devenir des éleveurs et des agriculteurs (qui, définitivement, produisent de la « culture »). En l’espace de 2000 ans, toute l’Europe est sédentarisée, les « chasseurs-cueilleurs » du paléolithique sont devenus des « fermiers » du néolithique; plantes et animaux ont été domestiqués et de nombreux changements, tant technologiques que culturels, ont eu lieu. Mais où doit-on trouver l’étincelle responsable de ce brasier néolithique et des changements dans toute l’Europe ?

Il semblerait que plusieurs vagues d’immigration sont issues des Balkans, où les techniques agricoles ont été apportées depuis le Moyen-Orient. L’uniformité est tellement remarquable que l’on peut parler d’une seule et même culture, recouvrant tout le territoire européen occidental. On l’a appelé: la culture « rubanée ». Par contre, à cette même époque, un autre courant de néolithisation, dit courant méditerranéen, suit les côtes nord de la Méditerranée et est à l’origine d’une autre technique, celle de la  « céramique imprimée ». Le « rubané » concerne les poteries fabriquées en juxtaposant des « rubans » de glaise les uns sur les autres pour produire la forme. La culture de la « céramique imprimée », quant à elle, doit son nom au décor des poteries qui consistent en des motifs imprimés sur la pâte avant la cuisson. Technique évidemment plus avancée, cette dernière existait depuis 7 000 av J.C. au Moyen-Orient, là d’où les techniques agricoles, comme nous venons de voir, avaient été apportées dans les Balkans. Autant dire que toutes cultures, agricoles ou autres, venait du Moyen Orient.

C’est un peu comme notre « culture » du Canada. Elle vient définitivement, au départ, des familles « souches » établies au Québec; quoiqu’il ne faille pas dénigrer, pour autant, l’Ouest canadien ou la « culture », on le constate facilement, s’étend à perte de vue.

Un fait important à remarquer : Dans les régions du centre et de l’ouest du Bassin méditerranéen, le développement de la culture de la céramique imprimée correspond aux premières phases du Néolithique (vers -7 000 av J.C.). Sa diffusion par voie maritime (dans des îles) indique qu’elle est l’œuvre de populations migrantes maîtrisant la navigation et possédant des embarcations de taille suffisante pour pouvoir transporter sur des distances importantes de la Méditerranée,  des animaux domestiques. Il a été démontré que les bovins, les chèvres et les moutons qui apparaissent dans les sites de ces régions égéennes, entre autres, ne sont pas issus des espèces sauvages européennes, mais sont directement issus des espèces domestiquées au Moyen-Orient plusieurs siècles plus tôt. Il en est de même pour les plantes cultivées dans ces premiers villages agricoles. Il semble bien que l’étincelle responsable du brasier néolithique que l’on cherchait provient bien du Moyen-Orient. Appeler cet endroit: « Proche-Orient », ne le déplace pas géographiquement.

Donc vers 5 000 ans avant J.C, soit 400 ans après l’inondation de la Mer noire, nous apparaît la toute première déesse (ceux qui veulent s’agenouiller sont libres de le faire) :

Déesse Nammu, appelée également Namma, était la « déesse » primordiale de la mythologie sumérienne. Elle correspond à Tiamat dans la mythologie babylonienne, décrite dans « l’Enuma elish ». Pour ceux qui croient au surnaturel, elle est la déesse de la création, incluant celle des dieux eux-mêmes . Pour les autres, plus objectifs, Tiamat est la première planète dans la nébuleuse originelle, que les Sumérien appellent: Abzu. Comme cette nébuleuse possède nécessairement son propre centre de gravité, celui de la planète Tiamat détermine simplement des « points de Lagrange », où les « effets de marée » s’annulent, permettant ainsi l’accrétion de particules pour former d’autres planètes. Tiamat crée alors, ainsi, les autres …« dieux ». Ces planètes serviront de « comparaisons associatives»  avec les « Puissants » de Sumer; ces personnages « supérieures aux hommes » de l’époque que les archéologues se sont entêtés, poussés par leur propres « préjugés », à appeler des « dieux ».

Dans son mythe allégorique, Nammu est la déesse ayant donné naissance à An (le Ciel) et Ki (la Terre); les premiers dieux représentant Abzu, l’océan d’eau douce souterrain dans la mythologie sumérienne. C’est là l’interprétation officielle complètement inexacte et surtout tout à fait incompréhensible; car, dans « l’Énuma elish »,  Abzu représente plutôt le chaos originel source des autres planètes du système solaire. Autrement dit : Abzu est la nébuleuse primordiale; qui, on le sait, était des plus chaotique lors de la formation des planètes. Les Égyptiens donnaient également comme source de l’univers et des « dieux », le « chaos primordial ». (Pour ceux qui veulent plus d’informations sur le sujet, lire mes livres « Le mystère sumérien » et « L’énigme égyptienne »; pour les autres… laissez donc faire).

Nammu est également la mère d’Enki, le fils qu’elle a eu avec An. Le texte néo-sumérien : « Enki et Ninmah » rapporte comment elle a eu l’idée de la création de l’homme; mission qu’elle a confiée à son fils Enki. Le culte de Nammu était à son apogée dans la région d’Ur vers 3 500 av. J.-C. Ce qui signifie que ce culte est apparu déjà « à son apogée » chez les hommes, suite à l’arrivée des « Puissants » (je refuse de les appeler des « dieux ») dans les marais inhabités du Golfe Persique, 1 900 ans auparavant, selon cette même mythologie sumérienne. Ce qui ne devrait pas surprendre que la civilisation sumérienne, reconnue officiellement vers -3 500, soit apparue au Nord de ces marais, « complète » et «achevée ». On retrouve le nom de Nammu dans le nom du fondateur de la troisième dynastie d’Ur, Ur-Nammu (roi d’Ur de 2112 à 2095 av. J.-C; premier roi de la 3e dynastie).

À la même époque, on trouve une autre « déesse » sumérienne remarquable, appelée :

Ninhursag. Elle est également appelée Aruru,  Ki, ainsi que « la Dame du bas de la Montagne ». Elle était l’épouse du “Puissant” Enki, dieu de la “connaissance”. Elle fut la mère de Marduk, le fameux “dieu” de Babylone, auparavant sans aucune importance. Elle fut également l’épouse de Enlil, le demi-frère d’Enki, dont elle accoucha du « Puissant » Ninurta, grand chasseur et seigneur de la guerre. Ce Ninurta, très renommé, était donc demi-frère de l’inconnu Marduk.

Toujours à cette même époque, on découvre une troisième « déesse », que les sumériens nomment :

Inanna. Elle aussi est connue des Sumériens depuis les débuts. Elle était la « déesse » de l’amour et de la guerre; également appelée : « la Dame du ciel ». Certains prétendent qu’elle était « vierge »; mais si cela est vrai, il faut changer la définition du mot « vierge » suite à ses comportements. Elle porta également plusieurs autres noms: Ishtar, Astarté, et Aphrodite.  Elle est la fille du Puissant Nanna, fils d’Enlil. En ce sens, étant de la troisième génération, tout en étant connue à la même date que la première génération, elle serait la preuve que la mythologie sumérienne est apparue « complète » et « achevée » aux oreilles de l’humanité.

Le récit le plus fameux au sujet d’Inanna est sa descente dans le “monde d’en bas”, traduit officiellement par sa “descente aux enfers”, par les adeptes du sensationnalisme supranaturel. En réalité, chez les Sumériens, le « monde d’en bas » était simplement « sur Terre »; comme il est très bien expliqué dans leurs textes. Dans ce récit, Inanna se rend dans « le monde d’en bas » ou sa sœur règne. Celle-ci l’assassine, provoquant la perte de toutes les cultures agricoles. Ce qui oblige Enki à venir la ressusciter et la délivrer. Inanna ne peut alors quitter le « monde d’en bas » qu’à une condition exigée par sa sœur. Quelqu’un d’autre doit la remplacer. Inanna fit son choix et nomma son amant Dumuzi comme remplaçant.

Ce Dumuzi était son prétendant qui lui avait demandé sa main en lui offrant les produits de son élevage. Il s’opposait à un autre prétendant, appelé Enkimdu, qui lui, étant un agriculteur, offrait ses propres produits. Et comme Dumuzi, l’éleveur, est celui qui fut sacrifié pour libérer Inanna, on voit très bien l’origine du récit biblique de Cain et Abel, où Abel, l’éleveur de moutons, est celui qui est tué par Caïn, l’agriculteur qui ne pouvait offrir rien d’autre que des carottes et des rutabagas. Le choix d’Inanna fut peut-être influencé par son amour quasi irrépressible et bien documenté, des carottes.

Étant donné que les femmes nous apprennent toutes sortes de choses super intéressantes, nous continuons avec une autre déesse, toujours de la même époque :

Ninti ou Nin.Ti est la déesse sumérienne « de la vie ». Ninti est l’une des huit divinités créées par la déesse Ninhursag pour soigner le corps d’Enki. Ninti, dont le « Ti » signifie « côte » (comme dans les « ribs » de nos restaurants), fut chargée de soigner la douleur « au côté » dont souffrait Enki. Ce dernier avait mangé des « fleurs interdites » à cause desquelles, il fut ensuite maudit par Ninhursag. Peut-être que ces « fleurs interdites » appartenaient à la mère de notre grand-mère Eve et que ce fut sa « floraison » qu’Enki, habituellement représenté par une « serpent », bouffa sans assez de  précautions. Ce serait alors, probablement là, la cause du « divorce » du couple « divin ». Par contre, vu l’importance d’Enki pour la « connaissance », Ninhursag fut par la suite, contrainte à le faire soigner. D’où la participation de notre Ninti. Certains historiens suggèrent que cette histoire a servi de base à l’histoire d’Ève tirée d’une côte d’Adam dans le Livre de la Genèse; et je suis pratiquement certain qu’ils ont raison.

Toute cette description du panthéon sumérien est l’opinion officielle qui, à la base, est quand même assez exacte. Mais comme les « officiels » considèrent les hommes de cette époque comme de parfaits imbéciles qui sont effrayés par les orages, le tonnerre et les éclairs, ils s’en donnent à cœur joie dans leurs « interprétations » pour rehausser l’image de l’homme d’aujourd’hui. Pour vous démontrer que ces Sumériens étaient encore moins imbéciles que ces « officiels », ainsi que plusieurs d’entre nous, il ne suffit que de considérer les trois premiers « dieux » masculins de leur panthéon (pour une fois, dans ce texte, les hommes nous apprendrons quelque chose; ce qui ne sera et n’est probablement pas « coutume »).

Le dieu du ciel est « le plus grand » et s’appelle Anu (An signifiant « ciel »). Le dieu de l’air est le deuxième, nommé Enlil (lil signifiant « air »); mais les officiels extrapolent en penchant vers le mot « vent », plus ou moins « furieux », pour appuyer leurs élucubrations sur la terreur des « primitifs » face aux « forces de la nature ». Et, finalement, le troisième plus important de ce panthéon se nomme Enki (ki signifiant « Terre » ou plus précisément : « en bas »). Par contre, l’autre nom d’Enki est « Ea », qui signifie « eau ». Les officiels s’accrochent alors à ce « Ea » pour donner à Enki, la suprématie sur les eaux douces « d’en bas », coulant dans « les profondeurs de la Terre ». Enki devint ainsi le dieu des «  en bas » souterrains. CQFD!

L’homme normal, du moins, celui qui ne croit ni au ciel des joueurs de picolos, ni aux enfers des démons attisant les braises du feu brûleur d’âmes immatérielles mais tout de même « noires », constate simplement que les Sumériens séparaient le ciel, Anu, (où se trouvent les étoiles), donc nécessairement « plus grand » que l’atmosphère (air), d’Enlil, qui entoure la Terre, qui elle, est le fameux Ki (Terre) contenu dans l’atmosphère; donc, tout aussi nécessairement, moins « grand » que les deux autres et représentée par le « dieu » Enki. Les Sumériens parlaient simplement de trois « entités » imbriquées les unes dans les autres. Comme, par exemple, le système solaire imbriqué dans la galaxie et la Terre imbriquée dans le système solaire. Ce qui démontre un CQFD très supérieur au précédent, on doit le signaler.

Les sumériens ne croyaient donc pas, du tout, aux enfers des âmes « déchues », et n’avaient pas besoin d’un « dieu » pour les protéger des orages et du vent. Ils ne croyaient pas, non plus, au ciel où s’ébaudissent les âmes justes et pures, plus ou moins « moumounes ». Ils constataient simplement que la Terre était entourée d’une atmosphère qui la séparait de l’espace où sont les étoiles. Le handicap des archéologues face à leur « science » est leur propre croyance à un Dieu vivant dans un ciel imaginaire et à un Satan qui brûle dans les flammes de l’enfer; plaçant ainsi les hommes entre ces deux pôles imaginaires. Leur esprit est beaucoup plus pollué d’imbécillités flagrantes que celui des Sumériens, on se doit de le reconnaître. Mentionnons que les «officiels» qui ne croient pas en ces imbécillités, croient que les autres y croient; ce qui est une projection prouvant tout autant d’imbécillité, car on juge toujours d’après soi-même; impossible pour quiconque de faire autrement. Notons, tout de suite, que je ne crois pas que certains croient ou pas; je ne fais que le penser. Personnellement, je ne crois à rien puisque je ne possède aucun « savoir »; je n’ai que quelques petites « connaissances ». Donc j’évite, de la sorte, l’imbécillité en question. « Que Dieu m’en garde! »

Nous continuerons ce calendrier dans un prochain article si celui-ci a éveillé votre intérêt.

Amicalement.

André Lefebvre

Auteur de:

L’Histoire… de l’univers

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 1:  La Science Secrète)

Les Hommes d’avant le Déluge (Trilogie – Tome 2: Le Mystère Sumérien

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