Accueil / A C T U A L I T É / Buvez-en tous, car ceci est mon sang…

Buvez-en tous, car ceci est mon sang…

Eau et médicaments

Tout est cycle, cercle vicieux, éternel retour. 

Morgan Sportès

***

On peut s’interroger sans fin sur le cycle infernal des eaux usées… L’organisme humain se voit sans cesse aux prises avec une foultitude de médicaments qui se retrouvent dans tout le cycle de l’eau, de la nutrition, et plus que jamais… Alors qu’une ville telle Montréal s’apprête a rejeter dans le fleuve Saint-Laurent quelque 8 milliards « d’eaux usées », d’autres  ( Toronto, Vancouver) en font de même avec des quantités encore plus élevées. On peut ajouter à cette « mixture » le traitement des animaux de fermes qui éliminent directement dans le sol leurs « traitements » et les produits des épandages chimiques de l’agriculture qui aurait battu des records en 2015.

L’alarme a été sonnée depuis longtemps.  Voici un article de 2009 concernant ce problème:

Médicaments: la pollution imprévue

Par la Dr Yvette Parès

Au cours du 20ème siècle, la médecine occidentable a connu, de toute évidence, une période faste qui succédait aux défaillances venues d’un lointain passé.

Après le déclin des célèbres écoles d’Italie, de France et d’Espagne dont le rayonnement fut intense au 12ème siècle, l’art médical avait périclité et les connaissances thérapeutiques n’avaient cessé de s’appauvrir.
L’aube du 20ème siècle en était encore affectée.

L’avènement des antibiotiques, des molécules issues de la chimie, les techniques de pointe, les avancées de la science apportaient le renouveau. On évoquait les « progrès foudroyants » de la médecine. Les maladies seraient enfin maîtrisées et les épidémies tenues au loin.
Qu’en est-il en ce début du 21ème siècle ? Le constat est beaucoup moins exaltant. Après d’innombrables succès, l’antibiothérapie a révélé sa face cachée, ses méfaits que les lacunes des données scientifiques sur la biologie des micro-organismes rendaient imprévisibles : sélection de germes résistants, maladies nosocomiales, tuberculoses mutirésistantes et hyperrésistantes. Ces problèmes sanitaires inattendus demeurent encore sans solution.

D’autre part, les molécules de synthèse ont provoqué effets indésirables et maladies iatrogènes graves et souvent mortelles. Quant aux épidémies essentiellement virales, elles ne rencontrent qu’impuissance. _ La survie, pour le Sida, s’accompagne d’un intense mal-être.
Mais à tous les défauts thérapeutiques observés vient s’ajouter un danger de détection récente. On a soudain pris conscience d’une réalité qui avait jusqu’alors échappé à l’observation. Il s’agit de la pollution de l’environnement et spécialement de l’eau par les médicaments issus de la chimie.

La première étape commence avec les processus de synthèse. Les réactifs volatils et souvent cancérigènes sont rejetés dans l’atmosphère. Les résidus des opérations parviennent dans les cours d’eau. On doit encore évoquer un fait aggravant : le grand nombre d’essais infructueux avant qu’une molécule n’apparaisse douée d’un avenir thérapeutique.
Une autre étape concerne la prescription des médicaments. Après la traversée de l’organisme humain, ils sont rejetés tels quels ou sous forme de leurs métabolites. Les eaux usées des hôpitaux en sont particulièrement chargées et vont se mêler aux eaux des rivières et des fleuves.

L’étape suivante s’avère des plus préoccupantes. Les eaux polluées s’infiltrent dans les sols et parviennent aux nappes phréatiques. On a constaté dernièrement qu’elles étaient corrompues par les produits médicamenteux. Ainsi les réserves naturelles dans les pays européens sont maintenant contaminées et constituent un danger pour les populations. Comment retrouver la pureté de ces eaux ? Le phénomène serait-il irréversible ou lentement réparable ?

La dernière étape concerne l’eau « potable » qui arrive dans nos maisons. Elle renferme, elle aussi, de nombreux résidus médicamenteux dont certains très nocifs. Les stations d’épuration se sont montrées jusqu’à présent incapables de les éliminer.
Un point déplorable apparaît dans toute son ampleur : l’eau, élément vital par excellence, respectée dans toutes les traditions, a subi une atteinte dans sa nature profonde. L’ère du « progrès » se solde par un désastre.

Mais la vision doit encore s’élargir au-delà des humains, à l’ensemble du monde vivant. Quel est l’impact de cette pollution de l’eau sur les animaux, les végétaux, les microfaunes, les microflores et les microorganismes bactériens ? Une loi règne sur la planète, celle de l’interdépendance de toutes les formes de vie, elles-mêmes dépendantes de tous les facteurs externes.

À titre d’exemples concrets, que deviendraient les légumes de nos potagers, les céréales, les fruits des arbres de nos vergers, si leurs racines devaient puiser dans le sol une eau devenue cocktail médicamenteux de plus en plus concentré ? L’homme sain, la femme, l’enfant en bonne santé seraient contraints d’absorber inconsidérément des produits d’action délétère. Que reste-t-il, de nos jours, des « bonnes nourritures » prônées dans le passé ?

Après l’exposé de cet ensemble de faits , une question vient à l’esprit. Peut-on continuer de poursuivre et d’accentuer au fil du temps cette pollution de l’eau due aux médicaments chimiques ? La réponse ne peut être que négative. Une évidence s’impose. Leur synthèse devra être abandonnée, à plus ou moins court ou moyen terme. Mais alors, dans ces conditions, que deviendrait la médecine occidentale privée de ses moyens d’action habituels ?

La sagesse ne serait-elle pas de se préparer dès maintenant à une telle éventualité, en explorant les savoirs ancestraux des pays d’Europe ? Ils apporteraient non pas un retour purement passéiste mais des éléments de base qui permettraient l’élaboration d’une thérapeutique nouvelle et non polluante pour la médecine de demain.

Dr Yvette Parès
Professeur à l’Université de Dakar de 1960 à 1992
Dr es-science
Dr en médecine
Directrice du centre de recherches biologiques sur la lèpre de 1975 à 1992
Directrice de l’Hôpital traditionnel de Keur Massar (Sénégal) de 1980 à 2003

medecine-ecologique.info

Altermonde-sans-frontières  

En 2015, la consommation de médicaments a grandement augmenté. Nous sommes devenus sans trop le savoir des abonnés de « Big Pharma » et de Monsanto.

 

Chez l’homme, nous sommes en présence d’un phénomène systémique et pervers, dans lequel chaque élément renforce sa cause et son effet : les maladies d’abondance liées à notre mode de vie entraînent obésité, diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires, cancers, stress de la vie trépidante, insomnie, etc., qui eux-mêmes entraînent une surconsommation de médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères, anticancéreux, anesthésiques, antibiotiques, produits de diagnostic et produits radioactifs), entraînant à leur tour une sur contamination de la nature. Qui a des impacts sur ce que l’on mange et notre santé en général, conséquences contre lesquelles il faut encore prendre plus de médicaments…Cercle infernal.

Évidemment, la situation est très inégale en fonction des modes de vie, du développement socio-économique, de l’accès des populations aux soins et des réglementations de chaque pays. Malheureusement la France est souvent en tête en termes de surconsommation de médicaments. L’Hexagone est le 4e consommateur mondial de médicaments et compte 3,8 millions de consommateurs réguliers de médicaments anxiolytiques et psychotropes, dont la moitié en surconsommation. Notre surconsommation d’antibiotiques dépasse de 40 % la moyenne européenne. Et près de 20 à 30 % de ces surconsommateurs seraient en situation de dépendance.

On ne compte plus les prescriptions abusives d’antibiotiques ou de benzodiazépines. Plusieurs auteurs pointent une inflation de prescriptions abusives : examens de diagnostic et de dépistage inutiles, interventions chirurgicales et traitements médicamenteux injustifiés. Avec autant de rejets inutiles. Selon les médecins eux-mêmes, 30 % des actes ou des examens médicaux seraient injustifiés (enquête de la Fédération hospitalière de France, juillet 2012). 50 % des médicaments ne seraient pas prescrits comme il faut. ( Source: natura sciences)

***

Nous sommes contaminés, nous contaminons pour nous guérir et créons un cycle de « vie » selon logique de « rien ne se perd, rien ne se crée ».

Les maladies hydriques

Les maladies liées à l’eau de boisson résultent d’un contact direct avec de l’eau ou de la nourriture contaminée par des déchets d’origine humaine, animale ou chimique. La liste est longue : arsénicïsme, choléra, diarrhée, hépatite A et E, méningite, polio, etc. On dénombre environ 5 millions de décès liés à ces maladies chaque année. L’OMS, comptabilise 4 milliards d’infections gastro-intestinales dues à des bactéries, virus ou parasites par an. Elles mènent à la mort de 1,8 millions de personnes en 2002.

Ces maladies sont particulièrement liées à la pauvreté. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. De simples mesures d’hygiène permettraient de combattre ces maladies. Ainsi, un accès à l’eau potable (1,1 milliards de personnes n’y ont pas accès) et un système d’élimination des eaux usées (2,4 milliards de personnes n’y ont pas accès) permettraient de combattre ce fléau. ( Source)

Nous sommes constitués de 70 % d’eau… Jusqu’à maintenant… Dans un monde d’accès à l’eau, en sommes-nous arrivés  au point de nous traiter de ce qui nous rend malade?

Gaëtan Pelletier

Commentaires

commentaires

A propos de Gaëtan Pelletier

avatar

Check Also

Il y a cinquante ans, le premier pas sur la Lune (5)

Et puis il y a les hommes aussi, dans cette aventure.  J’en retiendrai deux, un ...

5 Commentaire

  1. avatar

    «Dans un monde d’accès à l’eau, en sommes-nous arrivés au point de nous traiter de ce qui nous rend malade?»

    C’est une très bonne définition d’un problème qu’on peut affirmer insoluble aujourd’hui. Nous avons atteint l’ère des pots cassés.

    • avatar

      En fait, il y a tellement de « problèmes » qu’on semble avoir oublié celui-là. J’ai été frappé par le nombre de liens, d’études, que je n’ai pas placés parce qu’en parler est déjà suffisant.

      Hier, on parlait des petites municipalités qui n’ont pas les moyens de se payer des infrastructures à coûts de millions. Alors, on déverse toujours:
      ***

      « Des déchets qui font leur chemin tout droit vers le fleuve… Le Saint-Laurent est-il une poubelle? La question se pose.

      Plus de cent municipalités au Québec y déversent toujours leurs eaux usées et ce, quotidiennement. La Malbaie en fait partie.

      «La Ville de La Malbaie est à 80 % propre. Il reste le secteur Saint-Fidèle. Et là, on s’engage à le faire, mais ça aurait dû être fait il y a bien des années», affirme le maire. »
      La Malbaie tentera de remédier à la situation d’ici 2017 avec un projet de 10 M $. «Oui, il y a des subventions. Ça serait peut-être financé à 80 %, mais pour un secteur comme ça, financé à 80 %, deux millions de dollars, ce n’est pas seulement les citoyens qui sont capables d’assumer cette partie», explique Michel Couturier.

      Même son de cloche à Baie-Saint-Catherine. Le projet de plus de 4 M $ pourrait être couvert à 95 % par un programme destiné aux municipalités de moins de 6500 habitants. Mais le maire est catégorique : ça ne suffit pas. «C’est un emprunt, une dette de haut dessus de 250 000 $ à la municipalité. Quand vous avez environ 185 payeurs de taxe… C’est impensable que Baie-Sainte-Catherine s’embarque dans une affaire comme ça. C’est trop dispendieux», conclut Donald Kenny. »

      http://cimt.teleinterrives.com/nouvelle-alaune_Des_eaux_usees_deversees_dans_le_Saint_Laurent_-22778

      ***
      Une partie du « problème »…
      Alors, il vaut mieux être « aveugle » ou ignorant… Si on faisait une comptabilité de tous les déchets rejetés dans le Fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs jusqu’au à l’embouchure et comptant les bateaux qui déversent leur cargaison (sic) ET QUI LE DÉCLARE SELON LEUR PROPRE VOLONTÉ, bref ils ne sont pas obligés de faire un rapport, alors, on a un fleuve « en santé » dit-on. Mais la santé c’est maintenant tolérer ce qui , selon les chimiste, est acceptable en terme de comptabilité.
      Inoffensif? Je ne crois pas…

  2. avatar

    Bientôt les poissons vont devoir nager avec un tuba. On pratique une politique nébuleuse, pour ne pas dire déraisonnable et délinquante. Les experts tous azimuts qui bredouillent en agitant le violon n’ont pas la même définition d’eau potable que nous. Un peu comme le problème de la couche d’ozone qu’on a pratiquement réussi à faire taire en augmentant l’épaisseur des crèmes à appliquer et en joignant le marché du carbone. La couche d’ozone peut aller se rhabiller car le doigt pointe ailleurs.

    Il y a surtout que le « pollution business » rapporte gros. En fait c’est l’avenir…

    On arrive sous plusieurs aspects au constat que vous faites au sujet de l’eau, en posant la question: Dans un monde d’accès à l’eau, en sommes-nous arrivés au point de nous traiter de ce qui nous rend malade?

    Les petites municipalités… têtues… qui survivent malgré qu’on ait réellement si peu fait pour ne pas les voir disparaître, sont aux prises avec l’impôt aux contribuables déguisé sous forme de financement moins élevé aux municipalités. Mais elles sont loin, moribondes et ainsi on récupère sans trop de vagues de protestations les subsides ponctionnés à l’ensemble des citoyens pour couvrir équitablement les besoins de tous.

    Quand on parle de difficultés financières, d’austérité, on oublie de donner l’heure exacte sur les conditions générales. On crée une nouvelle réalité qui fait fi de certains aspects pourtant présents, car sinon aucun discours de croissance économique et de sortie de crise n’aurait de sens, pas plus que les concerts de violons au sujet de multiples situations qui représentent un danger réel pour la population (compteurs trop intelligents, ponts qui vivent d’espoir, eau médicamenteuse, terre polluée, soins médicaux inappropriés, pauvreté ciblée, pollution pratique, etc).

    Rien de tout ça n’est inoffensif mais apparemment on aimerait tellement qu’on y croit.

  3. avatar

    Journal Métro a publié la liste et les quantités des divers contaminants (estimés par des experts) qui seront déversés avec les 8 milliards de litres de bloup bloup:

    Travaux nécessaires, dit la Ville

    La Ville de Montréal sou­tient que des travaux sont nécessaires dans son ré­seau d’égouts pour éviter que des matériaux vieillis­sants tombent et bloquent la station d’épuration.

    Elle souhaite déverser 8,4 milliards de litres d’eaux usées directement dans le fleuve, pendant 7 jours, pour réaliser les travaux en question.

    Poids des contaminants

    13 064 kg de phosphore
    451 kg de zinc
    345 kg de cuivre
    46 kg de plomb
    6,3 kg d’arsenic

    http://www.msn.com/fr-ca/actualites/science-et-techno/savez-vous-ce-qui-sera-d%C3%A9vers%C3%A9/ar-BBmxWqP?