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BRICS: la fin d’une époque

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L’acronyme BRIC fut employé la première fois en 2001 par Goldman Sachs dans un rapport célèbre rédigé par l’économiste Jim O’Neill. Il faisait référence alors au Brésil, à la Russie, à l’Inde et à la Chine (avant que ne vienne se greffer l’Afrique du Sud pour transformer le mot en BRICS), soit à quatre nations dont on sentait intuitivement qu’elles seraient les géants économiques de demain et, ce, même si elles ne pesaient à l’époque que 8% du P.I.B. mondial. Cette crème de la crème des marchés émergents avait alors une capacité d’attraction intense qui drainait des milliards de nouveaux investissements, qui présidait à la création d’institutions financières au bilan souvent démesuré et qui représentait un nouvel eldorado pour toute la caste des investisseurs, des spéculateurs et des entreprises occidentales en quête de nouveaux marchés juteux.

Cette époque est désormais bel et bien révolue car la même Goldman Sachs vient de fermer le mois dernier en toute discrétion son fonds dédié aux BRICS dont les actifs avaient fondu de…88% en 5 ans. N’était-il pas aberrant de regrouper au sein d’une même alliance tout aussi hypothétique que douteuse des nations aux cycles économiques divergents, à un stade d’industrialisation et de développement souvent antinomique et à la culture politique incompatible? Outre l’affaiblissement notoire et graduel de l’écrasante majorité des pays constituant ces BRICS qui compliquait considérablement l’établissement de relations stables entre eux, le commerce entre membres n’était nullement privilégié ou favorisé par leurs dirigeants successifs qui se contentaient de belles photos et de chaleureuses poignées de mains lors des réunions internationales.

Pire encore puisque, selon le think tank Global Trade Alliance, les propres intérêts d’un membre des BRICS furent souvent lésés par un autre membre à la faveur de l’instauration d’une mesure protectionniste tarifaire ou d’un quota. Les exemples de l’Inde et de la Russie ayant unilatéralement pris environ 450 mesures (depuis 2008) nuisibles à leurs partenaires dans le but de favoriser leur commerce extérieur sont flagrants car elles étaient également appliquées à leurs consœurs membres du BRICS. Selon Global Trade Alliance, plus du tiers des décisions ayant eu un impact négatif sur l’économie de chacun des pays membre des BRICS a été prise par un autre membre de ce groupement n’ayant donc pas hésité à nuire à son confrère. Depuis 2008, chacune des nations du BRICS a en effet été sinistrée près de 200 fois par un autre membre, sachant que c’est la Chine qui fut la cible privilégiée, ayant concentré sur elle près de la moitié des expéditions punitives émanant de ses consœurs membres.

Rien n’y fit pourtant puisque tous les membres du BRICS -à part la Chine- subirent une érosion irrésistible de leur commerce extérieur depuis 2011, avec des conséquences dramatiques pour eux puisque seuls les revenus générés par leurs exportations sont en mesure d’aider ces pays à se développer, à se doter d’une industrie digne de ce nom et à constituer des réserves monétaires vitales. La Chine -qui se détache néanmoins de ce peloton- suscite désormais un nouvel acronyme -cette fois encore formulé par Goldman Sachs et par son actuel patron Lloyd Blankfein- qui parle de CRIBS. En effet, ce pays, qui a produit à lui seul 13.3% du P.I.B. mondial en 2014, est deux fois plus performant que le Brésil, que la Russie et que l’Inde réunis.

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