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Blessure de l’enfance, l’inceste

Inceste. Un mot ? connotation honteuse et culpabilisante. Une blessure de l’enfance qui trop souvent se perp?tue jusqu’? la vie adulte et m?me parfois jusqu’? la vieillesse. L’Association Internationale des Victimes de l’Inceste offre de l’aide, des ressources, des t?moignages et une mine d’informations ? ce sujet.

Le Code criminel du Canada d?finit l’inceste comme suit : « Commet un inceste quiconque, sachant qu’une autre personne est, par les liens du sang, son p?re ou sa m?re, son enfant, son fr?re, sa sœur, son grand-p?re, sa grand-m?re, son petit-fils, sa petite-fille, selon le cas, a des rapports sexuels avec cette personne. »

Afin de mieux comprendre l’incompr?hensible et d?mystifier l’inceste, voici une s?rie de mythes entourant ce traumatisme par Le Centre d’aide aux agress?es sexuel d’Ottawa

MYTHE : Certains enfants ont un comportement s?duisant et encouragent les activit?s sexuelles
R?ALIT? : Le comportement sexuel chez un enfant indique qu’il a ?t? victime d’un abus sexuel. C’est une cons?quence de l’abus sexuel et non la cause. Les adultes qui pr?tendent qu’un enfant les a « s?duits » ont recours ? une excuse qui passe sous silence le fait que les adultes sont plus grands, plus forts, disposent de plus d’informations, de pouvoir et d’autorit? que les enfants et nous font oublier l’id?e ridicule que les enfants puissent forcer les adultes ? faire quelque chose que les adultes ne veulent pas faire.

MYTHE : L’enfant n’a qu’? dire « non » et raconter ce qui s’est pass? ? quelqu’un. S’il ne fait pas, cela veut dire qu’il a consenti ? l’abus.
R?ALIT? : L’enfant n’est jamais responsable de l’abus. Les abuseurs menacent souvent (« si tu en parles, je ferai du mal ? ta m?re ») et culpabilisent l’enfant (« si tu en parles, ta m?re divorcera de moi et ce sera de ta faute ») pour forcer l’enfant ? garder le silence, mais le silence ne veut pas dire le consentement. L’autre r?alit?, c’est que de nombreux autres enfants parlent de l’abus mais qu’on ne les croit pas, qu’on les tourne en ridicule et qu’on les punit.

MYTHE : L’inceste ne se produit que lorsqu’une famille est gravement dysfonctionnelle.
R?ALIT? : L’inceste se produit dans de nombreuses familles consid?r?es comme ?tant « normales ». C’est une raison pour laquelle l’abus n’est pas d?couvert. Les abuseurs d?pendent souvent d’une image « respectable » pour les prot?ger. Il faut se souvenir que l’abuseur est responsable de l’abus et non les autres membres de la famille. La famille dans son ensemble pourrait avoir des probl?mes pr?c?dant l’abus ou des probl?mes se produisant ? la suite de l’abus, mais les probl?mes familiaux n’obligent pas un homme ? violer sa fille.

MYTHE : Une bonne m?re le sait si son enfant est abus? sexuellement et fait tout en son pouvoir pour mettre un terme ? la situation.
R?ALIT? : La plupart des m?res ne le savent pas. L’abuseur travaille fort ? prot?ger son secret. Il pourrait saboter la relation m?re/enfant pour que l’enfant se tourne moins vers la m?re et lui fasse moins confiance. Il pourrait offrir ? la m?re d’autres explications du comportement ou de la d?tresse de l’enfant. Les m?res qui s’efforcent de prot?ger leur enfant font face ? des obstacles juridiques et sociaux incroyables. On s’attend souvent ? ce que la m?re accomplisse ce que, ensemble, la police, les tribunaux et le syst?me de services sociaux ne peuvent pas r?ussir. Puis, on condamne les m?res qui ont ?chou?.

MYTHE : L’inceste se produit rarement.
R?ALIT? : L’inceste est plus courant qu’on ne le pense. Bien que des statistiques exactes dans ce domaine soient impossibles ? ?tablir, les recherches indiquent qu’un enfant sur quatre sera abus? sexuellement, g?n?ralement par un membre de la famille ou autre adulte ? qui on fait confiance.

MYTHE : Seules les personnes d?rang?es mentalement abusent sexuellement des enfants.
R?ALIT? : Les tests psychiatriques r?v?lent que 97 % des hommes qui commettent un assaut sexuel sur un enfant ne sont pas des malades mentaux. Ils pourraient avoir des probl?mes de « personnalit? », comme de nombreux hommes qui n’attaquent pas les enfants, mais ils savent exactement ce qu’ils font. Souvent, leurs actions cadrent avec les valeurs de la soci?t? qui pr?sente les femmes et les enfants comme ?tant la propri?t? de l’homme, des objets ? utiliser par l’homme pour sa satisfaction.

MYTHE : Les enfants mentent concernant l’abus sexuel pour obtenir de l’attention ou se venger.
R?ALIT? : La plupart des enfants ne disent jamais rien ? personne. L’id?e que les enfants mentent ou imaginent l’abus sexuel prot?ge les abuseurs depuis de nombreuses d?cennies. Les enfants ne poss?dent pas la formation n?cessaire pour inventer des histoires d’abus sexuel et n’y sont pas motiv?s. La notion que les enfants mentent en mati?re d’abus sexuel ne prend pas en ligne de compte la honte et le secret associ?s ? ce sujet et ne reconna?t pas que la r?v?lation d’un abus sexuel repr?sente rarement une exp?rience agr?able pour un enfant.

MYTHE : Les enfants sont forc?s ou manipul?s ? mentir en mati?re d’abus sexuel par une m?re qui d?sire se venger.
R?ALIT? : Quand les enfants parlent d’abus sexuel, ils ne parlent pas seulement avec des mots. Leurs ?motions, leurs dessins, leurs jeux et leurs postures, tout cela raconte leur histoire. Les enfants ne peuvent pas mentir sur ce plan. Les m?res sont souvent accus?es de forcer leur enfant ? mentir et r?v?ler un abus sexuel si la r?v?lation fait partie de la bataille pour la garde de l’enfant. La r?alit?, c’est que la raison de la bataille pour la garde de l’enfant c’est g?n?ralement que l’enfant a r?v?l? un abus et que la m?re essaie de prot?ger l’enfant.

Il n’est jamais trop tard pour d?noncer ou d?buter le processus de gu?rison, et ce, malgr? le poids des ann?es…

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4 Commentaire

  1. avatar

    Folly

    Rappel incontournable qu’il est bon de se remémorer. Trop de non-dits persistent encore. Excellent article.

    Pierre R. Chantelois

  2. avatar

    L’inceste « judiciairarisable » n’est malheureusement que la partie émergée d’un iceberg de refus généralisé de prendre en compte les paramètres d’espace et de temps qui structurent la vie, comme créativité. On ne résoudra le problème qu’en changeant radicalement le discours sur l’amour et la liberté qui règne en maitre actuellement !

  3. avatar

    Félicitation Folly,

    Excellent rappel de notions qui semblent logiques, mais qui sont tellement souvent détournées (perverties) pour justifier l’injustifiable.

    Je ne peux passer outre le fait que les MYTHES qui entourent le harcèlement sexuel et l’inceste, les obstacles qui ont été élaborés pour défendre les fautifs de ces perversions, me font penser à ce qui est prémédité contre les cibles de harcèlement moral.

    Déni de la réalité, culpabilisation des victimes, stéréotypes qui entourent les situations (qui font en sorte de réduire ces crimes à un groupe restreint de personnes), image très astiquée des pervers… Même putain de magouille, même saloperie de mécanisme de défense, même injustices qui finissent par doublement atteindre les victimes.

    Comme tu dis, pour celui ou celle qui connait bien les victimes de ces drames, il n’y a aucune confusion possible entre les vrais cas et ceux où les proches manipulent les autorités. C’est comme le jour et la nuit.

    Bravo encore pour ta lucide et transparente quête de justice.

    CM

  4. avatar

    J’ai vécu l’inceste par mon père et ma soeur. je dois dire que c’est très difficile de guérir les séquelles, voir, impossible. on peut cependant les diminuer pour améliorer notre qualité de vie. Dans mon cas, l’inceste était seulement un élément de ma vie… j’ai été battue, humilié, et ça créé en moi un doute sur ce que je pense et ce que je suis. Ce tabou continu de faire des ravages dans les familles. la preuve, c’est qu’on est 4 filles victime. nos enfants ont tous eu des incidents semblable à nous. Cependant, pas par notre père… j’ai écris un livre pour me libérer du poids de tout ce que j’ai vécu. je me sens mieux aujourd’hui.pour la justice et l’aide de parents-unis, je dis ZÉRO. mon père a été sentencé à 90 jours de prison quand il y avait de la place, et parents-unis nous ont convaincu que mon père devait revenir à la maison après sa condamnation… puisqu’il avait plaidé coupable pour l’inceste, les autres chefs d’accusations sont tombés. comme mon père a eu une interdiction de contacte avec nous durant la sentence, il s’est réfugié chez la soeur de ma mère!!!