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Bitcoin: l’utopie complotiste

A les entendre, le Bitcoin serait notre avenir. Il nous permettrait de nous enrichir rien qu’en le détenant, et il nous serait possible de le transférer à travers le monde en toute gratuité. Plus jamais ne dépendrons-nous des Etats, encore moins des banques, et nous ne serons plus suspendus aux erreurs de gouvernance de nos politiciens et banquiers centraux. Pourtant, ont-ils compris, ces spéculateurs enthousiastes et inconditionnels, ces libertaires idéalistes, que l’argent n’est pas uniquement un valeur qui se thésaurise, mais un médium qui nous permet également d’échanger et de commercer ?

Dans ces conditions, le Bitcoin instrument de paiement semble pour le moins compromis car nul ne voudra s’en séparer s’il devait beaucoup s’apprécier tandis que nul ne voudra le détenir s’il venait à s’effondrer ! En effet, pourquoi dépenser une valeur dont le cours s’envole comme celle du Bitcoin propulsé de 900 à 19’000 dollars en une année ? Transposer cette logique au dollar ou à l’euro reviendrait à paralyser littéralement l’économie car nul ne dépenserait plus son argent en attendant de devenir riche ! A moins d’augmenter massivement l’approvisionnement en Bitcoin, comme le pratiquent couramment les banques centrales en activant leur planche à billets ? Hypothèse balayée avec horreur par les «Bitcoineurs» dont la raison d’être est précisément le rejet de l’interventionnisme étatique, et dont les angoisses profondes voire existentielles puisent leurs sources dans la mythologie hyper inflationniste de Weimar et du Zimbabwe…

Le Bitcoin ne serait-il pas le refuge ultime face à des Gouvernements indignes de confiance dont la seule action serait de dévaluer la monnaie ? Selon moi, les Bitcoineurs sont donc à classer en deux catégories : les grands naïfs d’une part et, d’autre part, les révisionnistes soucieux de révolutionner les règles du système financier qui deviendrait dès lors invulnérable car indépendant et décorrélé de la bourse comme de la politique. Les adeptes du Bitcoin sont en fait un genre d’agent Mulder de la série «X-Files» nous exhortant à ne croire en personne qui n’ont décidément pas compris que l’économie ne fonctionne que grâce à un ingrédient : la confiance. Pour autant, cette obsession idéologique sur laquelle prospère le Bitcoin est poussée jusqu’à des extrêmes quasi-maladives nuisant fondamentalement à son développement. En l’état, il n’autorise que 7 transactions par seconde quand Visa et Master Card en permettent 55’000 ! Sauf à en augmenter la mémoire, ce à quoi se refusent catégoriquement les Bitcoineurs, ou à instaurer des coûts de transaction en contradiction flagrante avec un attribut majeur de cet instrument réputé éliminer tous frais inhérents aux échanges. Comble du ridicule et preuve ultime de l’amateurisme du monde selon Bitcoin : la conférence prévue le week-end dernier à Miami censée en représenter l’apothéose se vit contrainte de refuser tout paiement en Bitcoin pour cause de frais élevés et d’un système dépassé par le nombre de transactions..

La raison d’être du Bitcoin étant de court-circuiter le système, toute augmentation substantielle de bande passant permettant d’accélérer les transactions ouvrirait ainsi la porte à un jeu d’influence entre producteurs de Bitcoin, qui deviendrait dès lors un immense marché favorisant l’émergence de gros joueurs, à l’image même du marché et du système actuels qui sont honnis par les Bitcoineurs. Ceux-ci entendent effectivement conserver au Bitcoin sa «pureté» qui les mettra à l’abri et les immunisera contre un système centralisé, corrompu, à tout le moins mal géré. Pourtant, que penser de la consommation énergétique pharamineuse du Bitcoin dont le potentiel de nuisance est gigantesque pour la planète comme pour la société ? Comment escamoter le fait que le peu de Bitcoins produits utilisent déjà 0.1% de l’électricité mondiale, et que l’appréciation de ses cours entraînera fatalement une accélération de sa fabrication, et donc une aggravation dangereuse de consommation électrique ? On prévoit en effet que c’est pas moins de 0.6% de l’électricité mondiale qui sera consommée en 2018 pour la fabrication du Bitcoin, Produit grâce au charbon, il n’est donc pas moins polluant qu’une usine de produits chimique ou qu’un véhicule Diesel, et il serait même responsable de l’envolée récente des prix du pétrole !

La technologie Bitcoin – certes révolutionnaire – n’est est pas moins réactionnaire et masque désormais très péniblement l’implosion inéluctable de sa bulle spéculative l’ayant déjà fait perdre en quelques heures plus de 50 milliards de dollars de capitalisation ! Au moins internet était-il utilisé déjà par la moitié des ménages US lors de la liquéfaction des valeurs technologiques en 2000. Google, Amazon et AOL existaient en effet déjà à cette époque et il était relativement facile de se rendre compte des potentialités gigantesques offertes par cet outil alors même que la bulle implosait. Impossible d’en dire autant aujourd’hui avec le Bitcoin, et même avec la technologie Blockchain, dont même les plus ardents défenseurs peinent à entrevoir les applications concrètes pour la consommation de masse de demain.

 

Michel Santi

 

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  1. avatar

    Vous avez tout faux, et déjà d’un point de vue technique c’est la technologie blockchain, le bitcoin c’est le nom du logiciel et la monnaie qui l’exploite. Ensuite, vous parler de sa consommation électrique alors que se ne sont pas des mesure mais des calcule théorique qui avait été fait et aucun enfaite ne reflète la réalité. Tout en ajoutant à cela que la technologie blockchain n’est pas exploiter que par bitcoin mais d’autres cryptomonnaies bien plus rapide que le bitcoin et qui consomment beaucoup moins. Le bitcoin étant en cours de développement les développeurs travaillent déjà depuis quelque temps sur une solutions afin que le bitcoin soit plus rapide et consomme moins d’énergie tout en prenant moins de place également.
    Par ailleurs, étant investisseurs dans les cryptomonnaies depuis 4 ans, je ne comprends pas cette haine et se mépris que vous avez alors que finalement beaucoup de gens investissent pour l’expérience et la technologie mais qui profitent de la forte spéculations pour s’enrichir et matérialiser une partie et que vous le vouliez ou non la technologie blockchain vas révolutionner le monde, si vous n’êtes pas content vous allez tout simplement vous plier au fait que l’on développera de plus en plus d’énergie afin d’alimenter cela et que c’est aussi un défis pour l’humanité. Vous êtes très pessimiste. Puis sinon les gens qui investissent et qui ont des rêves, je ne peux pas vraiment leurs en vouloir, on dirait plutôt que vous êtes jaloux ou frustré vis à vis de ceux qui se sont déjà enrichie puis de eux qui ont des rêves.

    Vous savez, les banquier faut les nourrir, ils ont une voiture pour aller travailler, ça pollue, en plus ils mangent de la viandes en général comme beaucoup d’humain, donc ça pollue encore plus, ils ont des téléphones, ils faut construire de grosse infrastructure pour les banques bien plus que bitcoin, donc ça pollue aussi et ça nécessite des humains supplémentaire pour la construire qui eux aussi consomment. Enfaite, vous ne savez pas du tout de quoi vous parlez.