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Beno?t XVI, premier responsable de la violence religieuse (1) & (2)

La religion du XXIe si?cle sera violente ou ne sera pas. Tel est le choix des institutions qui dirigent les monoth?ismes.

Violente ou pas n’est pas le probl?me. Telle est la position du reste de la soci?t?.

Dans le dialogue avec son p?re Jean-Fran?ois Revel, le moine Matthieu Ricard ?crit ceci : « Le Dala?-lama ne cesse de souligner que toute religion pratiqu?e selon son esprit a pour objectif le bonheur des ?tres et se doit d’?tre un facteur de paix. Le message de J?sus-Christ est un message d’amour et l’un des sens du mot « islam » est « paix ». Les violences et les exactions commises au nom de la religion, et l’utilisation des religions pour accentuer les divisions entre les peuples ne peuvent donc ?tre que des d?viations » (Le moine et le philosophe, Nil ?ditions, Pocket 1999).

Bien entendu, en disant cela le Dala?-lama est parfaitement sinc?re, comme la plupart de ceux qui disent habituellement la m?me chose. Mais la « pratique selon son esprit » n’est qu’un v?ux pieux et la conclusion qu’il en tire une contre-v?rit?. Tous les monoth?ismes continuent d’affirmer que Dieu a bien, en plus de ses appels ? la paix, command? des « exactions », des maltraitances, des violences, des guerres, des massacres de peuples entiers, ou de cat?gories enti?res de la population de la plan?te.

Le juda?sme, le christianisme et l’islam, dans toutes leurs composantes, l’affirment explicitement. Le quatri?me monoth?isme, le baha?sme – ou, comme pr?f?rent le nommer ses adeptes, la « Foi baha?e » – adh?re ? la m?me conception duale que ses pr?d?cesseurs mais, en quelque sorte, « par d?faut ». Il ne rejette pas explicitement son volet criminog?ne, il se contente de ne pas l’enseigner comme une v?rit? d?finitivement acquise ayant, dans les faits, la valeur d’un vrai dogme.

Les autres religions du Livre le font et, donc, les « exactions », les violences et « les divisions entre les peuples » pratiqu?es au nom de la religion ne sont pas du tout des « d?viations ». Il faut dire ici bien fort que les croyants fanatiques passant ? l’acte criminel effectif « ont bon dos », et que les institutions de leurs religions respectives devraient, dans une soci?t? o? la Justice profane serait r?ellement ind?pendante et objective, assumer au moins partiellement la responsabilit? de leur crime.

Car ce sont bien ces institutions qui ont indirectement pr?par? le criminel ? son crime en lui enseignant la pr?tendue double et incoh?rente volont? du Dieu de la Bible et du Coran? 😕 tu aimeras ton prochain comme toi-m?me et tu le ha?ras quand ce sera n?cessaire; tu ne tueras pas et tu tueras abondamment quand Je te demanderai de le faire « pour la bonne cause ». Dans ce cas-l? Je « frapperai d’anath?me » l’individu, le groupe ou le peuple que tu pourras ou devras faire dispara?tre. Il sera mis ainsi hors du commun des mortels prot?g?s par la r?gle d’amour et de respect mutuel, et la contradiction flagrante cessera d’en ?tre une.

Il serait sans doute utile de s’interroger ici sur le r?le qu’a pu jouer cette notion biblique dans les grands crimes de l’humanit? profane depuis 2000 ans. L’anath?me n’?tait-il pas un acquis mental collectif lorsque des europ?ens massacraient les indiens d’Am?rique pour prendre leur terre ? Ou lorsque d’autres, un peu plus tard, r?duisaient les africains ? l’esclavage pour les besoins des nouveaux propri?taires ? Indiens et africains n’?tant pas ressentis comme ?tant vraiment des hommes, on pouvait rester bon chr?tien en les exterminant ou les asservissant.

M?me s’il me semble qu’il y a bien, ici encore, relation de cause ? effet entre la conception violente de Dieu et la Shoah, je crois qu’elle est beaucoup moins directe et qu’il faudrait, pour l’aborder correctement, de nombreuses pages et des comp?tences que je n’ai pas. J’esp?re seulement trouver un jour une ?tude s?rieuse de cet aspect particulier du probl?me sous la plume des chercheurs les plus honn?tes et les plus document?s en ce domaine.

Il faut au moins savoir gr? ? Beno?t XVI d’avoir re-pr?cis? et soulign?, dans le nouveau cat?chisme de l’?glise catholique, sa conception duale, violente, criminog?ne de Dieu. Lorsqu’il n’?tait encore que le cardinal Ratzinger la responsabilit? du comit? de r?daction lui fut confi?e. Ce comit? donna une fois de plus valeur de dogme ? la croyance en une « bonne violence » de Dieu. Il confirma qu’il fallait continuer de l’enseigner et la transmettre aux g?n?rations futures.

Il le fit, certes, indirectement mais de mani?re parfaitement claire en r?affirmant que le Livre de Josu? est aussi « saint » que tous les autres de l’Ancien Testament (passage 120 du Nouveau cat?chisme), que tous ces livres « ont Dieu pour auteur », sont jug?s par l’Eglise « sacr?s et canoniques », « avec toutes leurs parties » (105), laquelle Eglise « n’accueille pas seulement une parole humaine, mais ce qu’elle est r?ellement : la Parole de Dieu » (104). Il le fit en r?affirmant que « Dieu est l’Auteur de l’Ecriture Sainte en inspirant ses auteurs humains » et qu’il « donne ainsi l’assurance que leurs ?crits enseignent sans erreur la v?rit? salutaire » (136), « tout ce qui ?tait conforme ? son d?sir et cela seulement » (106), qu’ils enseignent « fermement, fid?lement et sans erreur la v?rit? que Dieu a voulu voir consign?e pour notre salut (107)?

Mais, bien s?r, le Cat?chisme contient aussi les tortueuses pr?cisions sur la n?cessit? de faire les « bonnes interpr?tations » de toutes les horreurs « conformes au d?sir de Dieu » qu’on rencontrera dans « l’Ecriture ». Il faut dire sans d?tours que, loin d’att?nuer le caract?re mal?fique des affirmations pr?c?dentes, elles le renforcent impardonnablement. Elles sont tout simplement une monstrueuse tricherie suppl?mentaire.

Celle-ci est aussi vieille que la d?marche religieuse elle-m?me. Parmi beaucoup d’autres l’?v?que Augustin (pour le catholicisme), ou Ma?monide (pour le juda?sme) expliquaient d?j?, aux Ve et XIIe si?cles, que l’?glise et Dieu « pers?cutent par amour », contrairement aux impies qui pers?cutent par cruaut?. La « v?rit? que Dieu a voulu voir consign?e » c’est alors que, « pour notre salut » il faut massacrer beaucoup de monde sur la terre. Le Livre de Josu?, plus que tout autre livre sacralis? r?sume parfaitement, dans l’Ancien Testament (AT), cette « v?rit? salutaire ».

Avant d’examiner cet exemple tristement significatif de « bonne interpr?tation » de la pr?tendue volont? criminelle de Dieu, ?cartons tout de suite l’objection de certains croyants juifs : le Livre de Josu? n’est pas dans le Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible), qui est le seul Livre fondateur de notre religion. C’est dans le Livre de la Gen?se que « Dieu » an?antit les cit?s de Sodome et Gomorrhe (Gen 19, 23); c’est dans L’Exode (12, 29) qu’il fait tuer tous les premiers-n?s d’Egypte, et donne l’ordre ? Mo?se de massacrer son peuple qui a ador? le veau d’or (Ex 32, 21); c’est dans Les Nombres (31) qu’il ordonne l’extermination des Madianites; c’est dans le Deut?ronome (7-20) qu’il demande ? son peuple de se pr?parer pour l’extermination des Canan?ens?

La Bible annot?e de J?rusalem, ?dit?e en France en l’an 2000, juste apr?s le Nouveau cat?chisme (1998) nous donne la « bonne interpr?tation ». En de nombreux endroits elle nous dit de multiples mani?res que « le glaive c’est la Parole de Dieu ». Mais c’est sans doute en marge du Livre de Josu? que les th?ologiens papistes donnent le plus ?coeurant exemple de « bonne interpr?tation ».

Les chapitres 3, 4, 7 et 8 d?crivent avec de nombreux d?tails la conqu?te du nord et du sud de Canaan. Chaque fois que le « Dieu Sauveur » livre une cit? ? son peuple en lui assurant la victoire il insiste pour que tous les ennemis soient « pass?s au fil de l’?p?e » afin que ne reste absolument aucun survivant. La consigne est respect?e, jour apr?s jour, jusqu’? la fin du massacre. Une note en marge nous dit la le?on que nous devons en tirer : « La puissance de Josu? r?side dans son total abandon ? la volont? de Dieu. Il fait comme Yahv? lui avait dit. Il pr?figure ainsi le Christ J?sus dont la toute puissance sera l?ob?issance jusqu?? la mort?: « non comme je veux, mais comme tu veux ».

J?sus donnera sa propre vie dans l’ob?issance ? « Dieu son P?re », et il la donnera pour faire comprendre aux humains qu’ils « doivent s’aimer les uns les autres ». Josu? massacre tout un peuple pour occuper sa terre mais il faut comprendre, selon les th?ologiens « interpr?tant correctement » que, dans les deux cas, c’est le m?me enseignement qui est donn? au lecteur ! C’est ce qu’annonce d’ailleurs explicitement l’introduction au Livre de Josu? : « L’ensemble du? livre est une figure de la vie et de l’?uvre qui seront celles de J?sus-Christ. Le Dieu Sauveur fait entrer son peuple, l’humanit?, dans la Terre promise, figure du royaume ? venir, le Royaume des Cieux ».

Et les « bons interpr?tes » n?h?sitent pas ? cr?er, dans cette Bible de l’an 2000, un personnage unique ? deux t?tes, deux ?mes, deux conceptions humaines compl?mentaires, pour eux tr?s coh?rent, qu?ils nomment « Josu?-J?sus » !

On voit ici que la v?rit? de Beno?t XVI n’est pas d’une nature tr?s diff?rente de celle des dirigeants d’Al Qa?da, entre autres musulmans terroristes contemporains de cette Bible. La diff?rence est seulement dans l’opportunit? de la mise en application du pr?tendu « d?sir criminel » de Dieu. Pour Oussama ben Laden ou Ayman al-Zawahiri, il est toujours n?cessaire de massacrer beaucoup d’?tres humains pour le bien de l’humanit?. On en trouvera de nombreuses confirmations dans le livre pr?sent? par Gilles Kepel, « Al Qa?da dans le texte » (?d. PUF 2005). Pour le pape au contraire, c’est fini : depuis 2000 ans, il ne faut plus. J?sus a demand? qu’on n’applique plus que ses consignes pacifiques.

Si j’?tais encore le catholique fervent que je fus dans mon enfance je dirais peut-?tre? : « Seigneur, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils ?crivent ! » mais je pr?f?re ici gueuler tr?s fort que ces th?ologiens fous, comme leur pape lui-m?me, trahissent manifestement le proph?te juif J?sus dont ils se pr?tendent les h?ritiers spirituels.

Des analystes d’aujourd’hui r?futent pourtant cette id?e d’une volont?, chez J?sus, radicalement diff?rente de celle du Dieu de l’AT. (*) Pour moi cette diff?rence ne fait aucun doute m?me si subsistent, effectivement, des ambigu?t?s dans certains de ses pr?ches, des acceptations de fortes violences dans certaines de ses paraboles. Je crois que J?sus ?tait r?ellement un mod?le – humain, profond?ment humain – de pacifisme, d’amour et d’abn?gation. Mais il est tout aussi stupide de chercher des « bonnes explications divinement inspir?es » ? ses faiblesses, bien r?elles, que d’en chercher aux pires massacres « command?s par » le Dieu de l’AT. Il voulait une profonde r?forme pacifiante de sa religion, dont il restait malgr? tout fortement impr?gn?, marqu?, « encombr? ». Il la voulut en donnant l’exemple d’un total don de soi, jusqu’? l’acceptation de sa propre mort dans le martyre. C’est admirable, et je crois qu’on ne se trompe pas quand on voit J?sus comme un des principaux pr?curseurs des Droits de la Personne Humaine.

Parmi les ambigu?t?s ?nonc?es par J?sus on rapporte souvent celle-ci : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Proph?tes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Car je vous le dis, en v?rit? : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur le i, ne passera de la Loi, que tout ne soit r?alis? » (Mt 5; 17, 18). On en conclut que J?sus aurait approuv?, comme aujourd’hui Beno?t XVI, la totalit? des intentions et des actes du Dieu de l’AT, dont les plus ?pouvantables massacres. Sans trop entrer dans les d?tails il me semble int?ressant de relever, dans une autre Bible, une traduction diff?rente du m?me passage que celui qui est pris, ci-dessus, dans la Bible de J?rusalem de 2001. La Bible Osty rapporte (en 1973) que J?sus dit n’?tre pas « venu renverser mais compl?ter », ou n’est pas venu « abroger mais parfaire » et elle avertit dans une note qu’il vaut mieux ?viter l’expression « abolir mais accomplir » parce que « ce dernier mot » est « amphibologique ». Une autre note pr?cise que J?sus « interpr?te, approfondit, amplifie, modifie et m?me contredit « ce qui a ?t? dit aux anciens ».

Cette ambigu?t?, ce possible double sens et cette possible « contradiction », par J?sus, de l’enseignement « du Dieu de l’AT » devraient encourager les pacifistes catholiques ? r?sister aux th?ologiens papistes, refuser d’entrer dans leur jeu, et d?noncer sans retenue leur ?norme tricherie qu’ils qualifient de « bonne interpr?tation », cette tricherie que r?anime Beno?t XVI pour faire reculer sa religion et les religions en g?n?ral vers les anciennes sources dogmatis?es de leur violence. Alors qu’il est plus que jamais n?cessaire de s’en d?barrasser !

On peut faire ici un parall?le entre les deux attitudes, religieuse et profane, qui nous ?loignent de l’accomplissement de cette n?cessit? : le pouvoir temporel catholique efface les avanc?es pr?c?dentes vers la th?ologie non-violente en m?me temps que le pouvoir politique d?truit les acquis r?publicains qui prot?geaient la soci?t? profane de la violence religieuse.

La trahison presque deux fois mill?naire, par les chr?tiens, du proph?te juif dont ils se pr?tendent – et probablement se croient r?ellement – les disciples, me para?t facilement explicable. En se constituant, leur ?glise d?cida que J?sus n’?tait pas seulement un religieux exemplaire, un mod?le ? suivre, un r?formateur dont la r?forme devait ?tre poursuivie et perfectionn?e. Elle d?cida qu’il ?tait lui-m?me Dieu, une composante du Dieu trinitaire qu’elle inventait pour l’occasion.

Etant Dieu, J?sus ?tait donc parfait. Il ne pouvait pas avoir eu des limites, s’?tre tromp?, ?tre rest? ambigu, fut-ce sur des points secondaires parfaitement explicables dans le contexte. Il ne pouvait pas avoir accept? plus ou moins consciemment, confirm? et retransmis, certaines croyances d?l?t?res des proph?tes ant?rieurs. Il ne pouvait pas avoir laiss? son enseignement inachev?, sa r?forme perfectible.

Et l’?glise, impr?gn?e de cette conception, se mit ? refuser tout appel ? la raison pour continuer son ?uvre. Elle s’opposa d?lib?r?ment ? la libre philosophie en pr?tendant en avoir re?u une autre de Dieu, de beaucoup sup?rieure et – plus grave que tout – elle pr?tendit ?chapper ? la responsabilit? et ? la justice humaines. Elle mit un frein brutal au « j?su?sme », elle lui tourna le dos en mettant en place – ? sa place – le christianisme.

Et elle se mit ? fabriquer des croyants schizophr?nes, dont beaucoup se mirent ? maltraiter, tuer, massacrer massivement au nom du Dieu d’amour.

*****

Les religions doivent ?tre respect?es. Elles sont par d?finition toutes ?gales en respectabilit? et n’ont pas ? le prouver. M?me dans la soci?t? profane, ces principes ont la valeur d’un dogme.

M?me quand cette soci?t? est r?publicaine et la?que elle s’interdit de remettre ce dogme en question. M?me apr?s trois mill?naires de culture inter-religieuse de la pr?tendue volont? de violence de Dieu. M?me au XXIe si?cle, ? la suite des nouvelles violences commises au nom de Dieu, aggrav?es par les terribles nouveaux moyens dont disposent les fanatiques !

Cela doit ?videmment changer. Les gouvernants des Etats la?cs n’ont pas ? interdire les pens?es et les expressions, individuelles et collectives, qu’ils pourraient trouver bizarres, voire franchement d?lirantes, d?s lors que ces pens?es et ces expressions ne sont pas exigence ou prise de privil?ges, et d?s lors qu’elles ne menacent pas la paix et l’ordre publics. Mais c’est bien ? ces gouvernants que revient d’abord, en tout premier lieu, la responsabilit? de faire entrer – ou rentrer – les religions dans la communaut? citoyenne, dans la Loi et la Justice communes.

Cependant les croyants honn?tes, intelligents et pacifiques, ont ? prendre leur part, d’une mani?re qui leur est propre, ? ce ralliement au bien commun, ? cette n?cessaire pacification des rapports entre le monde non-religieux et le monde religieux. Leur r?le devrait ?tre, je crois, dans une d?marche de pacification de leurs religions respectives. Elle ne me para?t pas possible sans une remise en cause s?rieuse, d?lib?r?e, de deux vieilles conceptions aberrantes et, au bout du compte, criminog?nes, des religions monoth?istes : d’une part la croyance en une?volont? de violence de Dieu, d’autre part la croyance en une « Parole de Dieu » int?gralement exprim?e dans les ?critures sacralis?es.

En d’autres termes les croyants doivent prendre conscience que les auteurs de ces textes sont des « chercheurs de Dieu » – ou plus exactement des chercheurs?d’un?Dieu – tr?s humains?donc tr?s faillibles, et non pas des transmetteurs de la « volont? de Dieu », a fortiori de sa volont??suppos?e violente. C’est seulement comme tels que ces ?crivains peuvent ?tre respect?s par tous car alors, et alors seulement, ils peuvent ?tre consid?r?s comme les ?gaux de leurs contemporains qui pensent le monde diff?remment, avec un ou des dieux diff?rents, ou sans aucun dieu. La recherche d’un sens ? la vie, et des moyens de « la vie bonne », a alors la m?me valeur chez les uns et chez les autres.

En d’autres termes encore, les croyants doivent d?truire leur vieille trilogie de base : divinisation / sacralisation / dogmatisation de pens?es et d’actes ? caract?re humain. C’est cette trilogie qui a engendr? tous les d?sastres ? base religieuse depuis les d?buts du monoth?isme jusqu’? nos jours.

Chez les r?dacteurs du Coran la volont? de violence « de Dieu et de son messager » devient obsessionnelle. Elle est la composante dominante du livre. La principale chose que Dieu cherche ? faire comprendre au lecteur c’est que, s’il « pense mal », s’il n’a pas la bonne croyance, la croyance dans le vrai Dieu, il passera l’?ternit? apr?s sa mort ? subir des tortures diverses et incessantes. Il vivra constamment dans les affres de la fournaise, devra boire des liquides f?tides et bouillants… et des sp?cialistes veilleront ? ce qu’il ne s’endorme pas, ? ce que sa peau ne devienne jamais insensible ? la douleur. Pas seulement parce qu’il aura « mal cru ». Ce sera le cas aussi, parfois, parce qu’il se sera mal conduit sur la terre, au sens o? on l’entend chez le commun des mortels.

Il faut cependant ajouter que, par ailleurs, les appels directs ? exercer des massacres sont beaucoup moins nombreux dans le Coran que dans l’Ancien Testament.

Je crois pourtant que ce livre sacralis? est beaucoup plus dangereux, pour le monde pr?sent et ? venir. D’abord parce qu’il est beaucoup plus r?cent et qu’il n’a pas ?t? suivi, comme l’AT, par un ?quivalent des Evangiles. Ses appels ? la « juste » violence sont donc consid?r?s par l’islam comme?toujours valables. Ensuite parce que le proph?te Mohamed explique en plusieurs endroits que?le pire est de mal croire. Et puis parce que le livre fait un devoir aux « soumis ? la volont? de Dieu » de combattre jusqu’? sa totale domination sur le monde. Et encore parce que Mohamed leur enseigne qu’ils constituent une?communaut? sup?rieure?? tout le reste de la soci?t?, et que les lois de celle-ci sont inf?rieures ? celles de leur Dieu, qui doivent donc les remplacer.

En r?sum?, la pratique religieuse demand?e par Mohamed ? ses adeptes?est et reste incompatible?avec la la?cit? r?publicaine, la s?paration du politique et du religieux, la paix, la d?mocratie, l’?galit? des droits et des devoirs, la libert? de penser et de s’exprimer sans ?tre menac?.

Cela fait que, dans la France et l’Europe en cours d’islamisation, on entend bien souvent des musulmans insulter et menacer, crier une haine de l’autre « en toute bonne conscience », en s’affirmant justes et bons d?s lors qu’ils respectent par ailleurs les consignes de la bonne religion. Cela fait aussi que, lorsqu’un pr?cheur comme Tarik Ramadan propose ? sa communaut? « sup?rieure » de se constituer en contre-pouvoir il est tout ? fait fid?le ? son proph?te. L’islam s’est toujours affirm? comme devant ?tre, partout,?l’alternative?aux pouvoirs politiques. Les responsables musulmans d’aujourd’hui ont toujours le?devoir?de remplacer ces pouvoirs « des autres » par le pouvoir?des hommes musulmans?- surtout pas des femmes ! – autoproclam?s repr?sentants du vrai Dieu sur la terre.

Aujourd’hui, en France, c’est dans l’islam que la violence pr?tendument « voulue par Dieu » est le plus manifestement r?anim?e. Mais les gouvernements successifs, de nombreux politiciens de droite et « de gauche », des philosophes, des sociologues et des journalistes r?p?tent inlassablement que c’est ?tre raciste que de le constater et s’en inqui?ter, que « c’est ?tre raciste que d’?tre islamophobe » !

Cette stupidit? a d?j? bien des ann?es d’existence mais elle n’est qu’un aspect particulier de l’autre grande stupidit? qui, depuis toujours, accompagne les religions : il faut les respecter par principe, quoi qu’elles cultivent, qu’elles enseignent, qu’elles commandent ou qu’elles fassent.

Avec le temps, l’amalgame entre islamophobie et racisme est devenu une petite ignominie, et ceux qui la perp?tuent se font complices de ceux qui utilisent la violence contre toute critique de l’islam, contre ceux – j’en suis – qui d?noncent une dangereuse islamisation de la France. Parall?lement, des ?missions de radio et de t?l?vision (dont on tente parfois d’emp?cher la programmation), des articles et des livres expriment de plus en plus fr?quemment cette remarque : il y a en France corr?lation entre le d?veloppement de l’islam et celui de la d?linquance. Ceci peut s’expliquer facilement : si la m?cr?ance ou la sortie de la « bonne croyance » est beaucoup plus grave que l’incivilit? ou la violence, et si « le Dieu mis?ricordieux » de l’islam pardonne plus facilement celles-ci que celles-l?, alors le musulman peut effectivement penser qu’il se conduit moins mal en insultant, mena?ant ou frappant, ?ventuellement jusqu’? donner la mort, qu’en cessant d’avoir « la bonne croyance dans le vrai Dieu ».

Ainsi s’expliquent, je crois, ces vid?os apparemment incoh?rentes dans lesquelles des individus insultent et menacent de mort la pr?sidente de?R?sistance R?publicaine?- dont je suis membre – tout en s’affirmant des individus bons et g?n?reux, pas racistes du tout, eux, des adeptes de l’amour et de la paix. Il se peut qu’ils le croient vraiment car ils ont en exemple le proph?te Mohamed lui-m?me : il a pu transmettre le « merveilleux message du vrai Dieu » tout en ?tant dans sa vie personnelle un contre-exemple en humanit?, ? l’oppos? du proph?te juif J?sus.

Nagu?re Tarik Ramadan proposa un moratoire sur la lapidation dans l’islam, ce qui, ? juste titre fit scandale. Je propose, au moins aux militants de ma famille politique, la Gauche, un autre moratoire : qu’ils cessent provisoirement de r?p?ter avec d’autres l’?coeurant amalgame entre islamophobie et racisme, et qu’ils programment des r?unions de section o? chacun viendrait avec un Coran ou/et un recueil de Hadiths, qu’ils lisent ensemble, comparent leurs sentiments ? la lecture, ?tudient objectivement les effets sur la soci?t? pass?e, les effets possibles sur la soci?t? pr?sente et ? venir? A ma connaissance ceux d’entre eux qui se r?clament du marxisme n’ont pas r?jet? le r?le capital de « l’intellectuel collectif » dans l’analyse des r?alit?s et dans la recherche des changements n?cessaires.

Une proposition compl?mentaire pourrait ?tre faite aux jeunes qui entrent dans la carri?re de journaliste. Il y a en ce moment, dans le m?tier, un tr?s mauvais climat, une sorte de « culture de l’inobjectivit? », du « bon parti pris », de l’a priori ? adopter et r?p?ter b?tement. L’amalgame cit? ci-dessus en est un exemple. Un autre de caract?re plus g?n?ral est dans l’habitude d’?voquer, dans les bulletins d’information, certaines formes « d’ill?galisme » de telle mani?re que c’est le respect des autres et de la loi qui para?t d?pass?, voire franchement « ringard », ind?fendable. Des journalistes bien install?s dans les grands m?dias sont ainsi comparables ? ces gamins de quartiers difficiles qui, ? l’?cole, d?signent les plus studieux de la classe comme les pires ?l?ves, consid?rent comme « vraies valeurs » l’indiscipline, la paresse et le m?pris des autres, et pourrissent ainsi les ?tudes de tous.

Les jeunes journalistes auront besoin de beaucoup de lucidit? et de courage pour, dans le domaine ici trait?, redonner de la noblesse ? la profession (*)

Un autre « propos-r?flexe » entendu souvent me para?t un peu moins stupide : « il ne faut pas stigmatiser les musulmans mod?r?s ». M?me si cette qualification de « mod?r?s » me semble inadapt?e, et m?me s’ils ne sont nullement « stigmatis?s » par la critique justifi?e de leur religion, des musulmans?pacifiques?existent bien. Je crois m?me qu’ils constituent la grande majorit? dans leur religion, comme les juifs et les chr?tiens pacifiques dans la leur. D’abord parce que la plupart n’ont pas vraimentchoisi?d’?tre musulmans, ensuite parce qu’ils n’ont pas la possibilit? de?sortir de l’islam, enfin et surtout parce que, dans les soci?t?s islamis?es comme ailleurs, les bons c?t?s de la nature humaine prennent heureusement fort souvent le dessus.

Je suis convaincu que, dans l’histoire des pays islamiques, bon nombre de « musulmans » ont trouv? des artifices pour vivre bien?malgr??leur religion tout en faisant semblant de l’aimer et la servir. Ainsi sans doute de tr?s grands artistes qui ont fui la violence dans la cr?ation de telle ou telle forme de beaut? : architectes, d?corateurs muraux et caligraphes, par exemple, qui ont donn? au patrimoine de l’humanit? les merveilles de l’art « musulman ».

Et j’imagine mal aujourd’hui de nombreux musulmans commen?ant leurs pri?res en s’adressant ? Allah dans ces termes : « Dieu de mis?ricorde, Toi qui m’a promis la torture ?ternelle si je pense mal, Toi qui m’a appel? ? massacrer les polyth?istes? ». Je n’imagine pas non plus de nombreux juifs dans le m?me genre de situation. Ni de nombreux chr?tiens commen?ant leurs propres pri?res par ces mots : « Notre P?re qui ?tes au cieux, Vous qui avez ordonn? le bon g?nocide des canan?ens? ». J’imagine mal par ailleurs, r?trospectivement, la dame du cat?chisme de mon enfance approuvant en elle-m?me cette mani?re qu’avait eu Dieu, de « donner la terre promise ? son peuple ». Je crois plut?t qu’elle m’enseignait la belle histoire qui m’enchantait en ignorant comme moi l’horrible r?alit? du? »don »?que, 60 ans plus tard, Beno?t XVI demande aux catholiques de prendre pour un v?ritable « d?sir de Dieu ».

Concernant les « dignitaires » religieux, il faut oser dire qu’ils ne sont dignes que s’ils pr?chent et agissent dignement. Il faut en finir avec le respect qui leur est d??m?mequand ils approuvent, confortent et transmettent la croyance en une « bonne violence » qui serait « voulue par Dieu ». C’est en se reposant sur une sorte de?droit acquis, celui de n’avoir pas ? rendre de comptes?puisqu’il s’agit de religion?qu’ils s’interdisent et interdisent de r?fl?chir au caract?re criminog?ne de la th?ologie qu’ils transmettent.

Dans l’?glise catholique de ces derni?res ann?es le vieux principe a ?t? rudement bouscul? ? propos de l’opposition des papes au pr?servatif, puis ? propos de leur attitude face ? la p?dophilie de certains pr?tres. Cela r?jouit les « bouffeurs de cur?s », mais beaucoup d’entre eux en deviennent stupides et injustes. Dans les propos de Ratisbonne de septembre 2006 Beno?t XVI n’avait dit que des r?alit?s banales sur la violence de l’islam; et encore, il ne l’avait fait que de mani?re tr?s indirecte, pas tr?s courageusement. Pourtant, ce sont surtout ces justes propos que lui reproch?rent ses adversaires, dont bon nombre de catholiques tr?s superficiels, contents de pouvoir taper une fois de plus sur le pape. On fit valoir l?chement que ce serait « relancer la guerre des religions » que d’appeler par son nom la violence islamique, alors qu’elle ne serait le fait que « d’une toute petite minorit? ».

Critiquer la violence religieuse dans le seul islam me para?t cependant ? la fois injuste et inefficace. C’est ? la?culture, dans?toutes?les religions, de la pr?tendue « bonne violence voulue par Dieu » que la soci?t? profane doit enfin s’attaquer s?rieusement. Et les religieux eux-m?mes, s’ils veulent ?tre tenus pour non responsables, m?me partiellement et indirectement, de la violence toujours commise au nom de Dieu, doivent sortir de leur mauvaise foi, au double sens du terme : c’est bien?leur?croyance,?leur?justification et?leur?enseignement de la pr?tendue « bonne violence » qui conduit, depuis 3000 ans, ? la violence religieuse effective.

Dans leurs rencontres inter-religieuses qui, a priori, sont une excellente chose, c’est cette dramatique et durable r?alit? qui devrait ?tre ?tudi?e en tout premier lieu, alors qu’elle est toujours ?vit?e parce qu’elle est un sujet qui f?che.

Beno?t XVI n’est ?videmment pas le seul responsable catholique de la violence religieuse. D’autres th?ologiens ont r?dig? le nouveau cat?chisme avec lui, et celui-ci fut approuv? par son pr?d?cesseur Jean-Paul II, ainsi que par le magist?re de son ?glise. C’est donc solidairement celle-ci qui assume la relance de la conception criminog?ne et la tricherie de la « bonne interpr?tation » chez les catholiques. Mais Beno?t XVI est aujourd’hui le plus puissant des responsables religieux. Nul autre n’a un aussi grand pouvoir temporel et d’aussi grandes possibilit?s d’expression. C’est donc ? lui de montrer l’exemple.

Il doit rejeter fermement la th?ologie criminog?ne qu’il a contribu? ? affermir, ? r?animer, ? « re-sacraliser » dans le dernier Cat?chisme de son ?glise. Il doit prendre conscience qu’il s’est, pour le moins, lourdement tromp?, et transmettre aux enfants des g?n?rations futures?le?contraire?de ce qu’il enseignait jusqu’? maintenant :

Dans les textes sacralis?s par les religions, la « Parole de Dieu » est?seulement?dans les appels ? l’amour et ? la paix.?En aucun cas?dans ceux qui poussent au crime.

Pierre R?gnier

(*) voir par exemple, sur Agoravox, cet article d’Olivier Bach : « J?sus est-il un mod?le de paix et d’amour pour l’humanit? ? »

(**) Jeunes journalistes, rejetez d?s vos vingt ans les mauvaises id?es re?ues, refusez la paresse intellectuelle, le m?pris, la fatalit?, comme le fait ce vieux loup gris apr?s avoir retourn? son sablier :

http://www.youtube.com/watch?v=RCRKqxTR5Qk&feature=related

http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/jesus-est-il-un-modele-de-paix-et-81036

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    Croire qu’il est possible de « décriminaliser » une religion est illogique. Pour la simple et unique raison que pour « décriminaliser » quoi que ce soit, il faut absolument installer le « respect » mutuel.

    Et pour une religion, quelle qu’elle soit, il est impossible de lui demander de « respecter » une autre religion.

    Dans la tradition, les « dieux » formaient des clans et se confrontaient les uns au autres. Comment voulez-vous que les religions ne fassent pas la même chose.

    Il n’y a qu’une seule façon, c’est de découvrir l’origine des religions.

    Quant à un Jésus défendant le « flower power », c’est de l’élucubration. Il fut crucifié parce qu’il était le « roi des juifs », un point un trait.

    Plusieurs de ses « disciples » étaient des zélotes et des sicaires qui n’étaient pas reconnus pour leur dévouement « altruiste ». On doit bien admettre que, puisqu’ils étaient des « disciples » de Jésus, celui-ci était leur « chef ».

    Amicalement

    André Lefebvre

    • avatar

      Bonjour Lartiste

      Avant de vous répondre je voudrais rectifier une petite chose : le second astérisque de mon article, celui qui est dans la seconde partie, devrait renvoyer à une note que, apparemment, je n’ai pas transmise à Centpapiers. La voici :

      (*) Jeunes journalistes, rejetez dès vos vingt ans les mauvaises idées reçues, refusez la paresse intellectuelle, le mépris, la fatalité, comme le fait ce vieux loup gris après avoir retourné son sablier :
      http://www.youtube.com/watch?v=RCRKqxTR5Qk&feature=related

      Je pense que la très belle – et tellement utile dans l’époque que nous vivons ! – chanson de Jean-Paul Orcel à laquelle je renvoyais dans cette note doit être déjà un peu connue au Québec, mais on ne la signalera jamais trop.

    • avatar

      Merci beaucoup pour ce lien.

      La démarche de Jean Paul Orcel, à travers sa musique, est tout à fait d’actualité.

      Quant à la note que vous référez, c’est exactement ce que j’essaie de souligner également, non seulement aux journalistes, mais à tous.

      Amicalement

      André Lefebvre

  2. avatar

    Réponse au premier commentaire de LARTISTE

    Jésus chef d’une bande de zélotes et de sicaires fort peu fréquentables ? C’est un point de vue comme un autre mais je ne vois pas bien sur quoi il est fondé. Je pense que, même si vous l’avez déjà fait ailleurs vous devriez, pour nos lecteurs communs, argumenter un peu plus. Pour me convaincre, moi, il en faudrait beaucoup plus, et je reste sur ma grande admiration pour le prophète juif Jésus.

    Concernant la violence religieuse j’ai deux convictions profondes :

    1/ Ceux qui la commettent ont appris de leur religion que Dieu la veut ou l’a voulue.

    2/ Elle ne pourra disparaître que lorsque cette cause principale disparaîtra.

    C’est cette double conviction qui m’a conduit à demander, depuis maintenant 17 ans et avec une insistance de plus en plus grande
    – que les croyants rejettent leur conception violente de Dieu,
    – qu’ils exigent des dirigeants de leurs religions respectives qu’ils cessent de l’entretenir, l’enseigner et la transmettre aux générations suivantes,
    – que les croyants, les agnostiques et les athées démocrates et pacifiques, dans les pays démocratiques et laïcs au moins, EXIGENT de leurs dirigeants politiques qu’ils considèrent la culture de la conception criminogène DANS les religions exactement comme ils considèrent toute autre culture criminogène HORS des religions.

    Depuis 17 ans je constate deux types dominants de réponses qui me sont faites :

    1/ De nombreux croyants me reprochent de croire, moi, exactement ce que je reproche aux responsables religieux de croire, de cultiver et d’enseigner. Quand je leur mets sous les yeux les PREUVES flagrantes de cette croyance, de cette culture et de cet enseignement, ils NE VEULENT ou NE PEUVENT pas les voir et en accepter la réalité. Ils me retournent alors l’accusation. C’est comme si la croyance en un dieu et l’adhésion à une religion rendaient forcément aveugle ou MALHONNETE.

    2/ Hors des religions, des incroyants me répètent inlassablement que je m’illusionne sur la possibilité de réformer, de « décriminaliser » les religions. L’impossibilité de le faire serait selon eux dans la nature même de la démarche religieuse.

    Je conviens volontiers que les réponses du type 1 tendent à confirmer les réponses du type 2, mais je persiste à refuser les deux.

    Suis-je alors un stupide naïf, un déraisonnable optimiste ? C’est fort possible mais je crois être plutôt un pacifiste profondément réaliste : je crois BEAUCOUP plus facile de détruire la conception violente, criminogène, de Dieu (la croyance dans sa PRETENDUE volonté de violence) que de détruire les religions elles-mêmes.

    Et je ne suis d’ailleurs nullement convaincu qu’il serait bon de les détruire car je vois à leur source la volonté, chez de nombreux croyants, de trouver un sens à leur vie et les moyens de la vivre bien, dans l’amour, l’altruisme, la générosité, la solidarité. Des intentions tout à fait nobles et respectables, donc.

    Je reste convaincu que c’est LA PERVERSION religieuse qu’il faut détruire mais, contrairement à beaucoup de croyants qui cultivent leur aveuglement ou/et la malhonnêteté ou/et la lâcheté, j’affirme que c’est DANS LES INSTITUTIONS religieuses qu’est cultivée cette perversion. Et j’affirme que c’est elle qui conduit très logiquement et très banalement à la violence effective.

    C’est donc cette perversion religieuse institutionnalisée qu’il faut détruire.

    ET C’EST POSSIBLE.

    Bien cordialement.

    • avatar

      Aucun commentaire au sujet des zélotes, M. le commissaire.

      Si ce n’est :
      1)Simon le zélote
      2)Judas Iscariote (Ishcarioth =Ish = homme, donc l’homme à la sica ou encore: iscariot étymologiquement du mot « sicaire ». De toutes façon il n’existe pas de village nommé Cariote ou Carioth ou Cariot à cette époque)
      3)Jacques et Simon exécutés à Jérusalem, comme « brigands » en 47. Fils de Judas de Gamala chef des zélotes.
      On dit que St Jacques fut décapité en 44 mais St Paul le rencontre à Jérusalem en 46 alors…

      On dit que St-Jacques et St-Pierre furent emprisonnés et que St-Pierre fut délivré par l’Esprit Saint pendant que St-Jacques fut exécuté.

      Allélouya! Et pas de commentaires superflus M. le commissaire.

      Et je ne tiens pas du tout à vous convaincre, je ne donne que mon opinion très humblement. 😉

      André Lefebvre

    • avatar

      Merci Lartiste

      Vous me donnez plus que votre opinion : j’apprends ici des détails intéressants sur les années de la vie de Jésus et les suivantes.

      Bien cordialement.

    • avatar

      Merci, mais il vous faut faire une recherche parce que je parle de mémoire et ne décris qu’une opinion assez vieille dans mon esprit.

      À consulter et comparer entre autres:
      -Les Actes des apôtres.
      -Flavius Josephe

      Amicalement

      André Lefebvre

  3. avatar

    Excellente synthèse.

    Un peu de surenchère, même si votre article n’en a nul besoin…

    «Ceux qui sont contre l’avortement, sont ceux-là mêmes qui sont pour la peine de mort. Mon Dieu, mon Dieu, délivrez-nous de toutes les religions.» – Guy Bedos

    «L’horreur est humaine.» – Coluche

    «Je respecte trop l’idée de Dieu pour le rendre responsable d’un monde aussi absurde.» – Georges Duhamel

    «Dès que nous naissons, nous pleurons d’être venus sur ce grand théâtre de fous…» – William Shakespeare

    «Les villes et le spectacle d’agitation qu’elles offrent sont affligeants et fatigants. À quoi bon tout le tourment que prennent les hommes? Ils semblent un tas de fous recherchant les moyens de se torturer eux-mêmes. Je souris devant les peintures naïves de l’Enfer que l’on voit dans les temples des diverses religions. Comme elles sont enfantines, en dessous de la réalité! Sans passer en aucun ‘autre monde’ on voit bien mieux en fait de torture tout autour de soi!» – Alexandra David-Néel, Correspondance

    (I) Croyance : Une croyance est une chose qui nous tient à cœur parce que nous pensons qu’elle est vraie; les croyances sont généralement inconscientes, acquises par lavage de cerveau parental, socioculturel, religieux, médiatique, etc.

  4. avatar

    bla bla bla,
    Version 1.0 Akhenaton en -1350  » invente  » le monothéisme
    version 2.0 Zoroastre
    version 3.0 Les Hébreux
    Version 4.0 Les Chrétiens
    Version 5.0 L’Islam

    Les mêmes sornettes réécrites et plagiées siècles
    après siècles …

    Monothéisme=violence

    L archéologie n a trouvé aucune trace des Hébreux qui ont supposément errer dans le désert pendant 40 ans, Shlomo Sand le prof d’histoire de l’université de Telaviv et son livre démonte le mythe du peuple élu et le révisionnisme historique ambiant …
    Bien sur aucune preuve de l’ existence de Moise et de Jésus, c’ est encore l’ archange Gabriel qui a révélé a Mohamed l’islam , il fait décidemment des heures supplémentaires celui là …

    Dieu n’ existe pas .

    • avatar

      « Dieu n’ existe pas  »

      Bravo! Voilà un dogme qui s’équilibre avec l’autre, affirmant: « Dieu existe ».

      Bon! À partir de là, on fait quoi? Parce que dire « Dieu existe » ou « Dieu n’existe pas », sont deux dogmes de Foi opposés. Ils ne servent à rien et ne nous aident pas à comprendre.

      Alors…

      Amicalement

      André Lefebvre

  5. avatar

    @ Lartiste et @ Fornofsky

    Vous résumez très bien ici MON problème : je cherche à faire réfléchir sur le fait que

    LES RELIGIONS – TOUTES – TIENNENT A CONSERVER DANS LEUR THEOLOGIE CE QUI ENGENDRE LA VIOLENCE EFFECTIVEMENT COMMISE DEPUIS TOUJOURS AU NOM DE DIEU ET DE LA RELIGION

    Mon objectif étant évidemment, comme je le précise dans chacune de mes interventions,de faire

    REJETER CLAIREMENT CES BASES DE LA VIOLENCE.

    Mais toujours suit une discussion sur l’existence ou l’inexistence de Dieu, sur ce qu’il est ou n’est pas, sur l’utilité ou l’inutilité des religions dans le cas où il existe, sur la nature humaine qui n’a pas besoin de Dieu pour engendrer des violences, sur les politiciens qui utilisent la religion pour acquérir ou conforter leur pouvoir etc. etc… et aussi, bien sûr, sur la fameuse « interprétation » des textes sacralisés par les religions, interprétation « qui n’est jamais vraiment la bonne », sur ce qui est historique et ne l’est pas dans ces textes sacralisés…

    Toutes ces déviations – ces fuites si elles sont volontaires – conduisent toujours à

    NE PAS chercher les moyens du rejet demandé

    et donc, bien sûr, la violence religieuse effective continue.

    Rappel de mes propositions déjà publiées sur Centpapiers :

    NEUF PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA VIOLENCE RELIGIEUSE

    1/ La violence religieuse effective est toujours à la fois épouvantable ET BANALE puisque les religions continuent d’enseigner que Dieu la commande ou l’a commandée

    2/ Ce sont les institutions religieuses qui continuent de croire FONDAMENTAL de maintenir INTEGRALEMENT sacrés leurs textes contenant les bases de la violence religieuse

    3/ La nécessaire désacralisation de la violence religieuse suppose une radicale révision, PAR LES INSTITUTIONS RELIGIEUSES, de leur propre interprétation de leurs propres textes sacrés

    4/ Le maintien de la conception criminogène de Dieu, jadis sacralisée, et celui de la théologie criminogène qui la dogmatise ne sont NULLEMENT FATALS

    5/ La paix et la protection des Droits de la personne humaine sont impossibles sans le rejet de la théologie criminogène

    6/ Les sociétés défendant les Droits humains doivent exiger des institutions religieuses qu’elles rejettent officiellement et sans ambiguïté la théologie criminogène

    7/ Le combat pour la désacralisation de la conception criminogène de Dieu N’EST PAS un combat CONTRE LE TOUT des religions

    8/ Le CHOC DES CONCEPTIONS (pacifiste et criminogène) AU SEIN DES RELIGIONS est le plus sûr moyen d’éviter le CHOC DES CIVILISATIONS

    9/ C’est en exigeant d’abord la désacralisation de la violence dans leur propre religion que les croyants pourront entraîner les pacifistes des autres religions dans la même exigence.

    Pierre Régnier, décembre 2006

  6. avatar

    D’accord, il y a toujours quelqu’un qui fait dévier…

    Mais, lorsque la violence religieuse sera éliminée, est-ce qu’on s’attaquera à la violence conjugale? Et ensuite à la violence dans les école?

    Aussi bien s’attaquer tout de suite à toute violence quelle qu’elle soit. Vous ne croyez pas?

    Amicalement

    André Lefebvre

    • avatar

      Tout à fait d’accord mais on fait ce qu’on peut. Je fais avec mes limites et, d’ailleurs, si vous me relisez attentivement, vous verrez que, la violence dans les écoles, je suggère qu’on pourrait en éliminer au moins l’une de ses causes actuelles. Quant à la violence conjugale, j’ose dire que le dernier grand monothéisme (je ne parle évidemment pas de la « encore petite « Foi bahaïe » mais de l’islam) n’est pas ce qu’il y a de plus raisonnable pour la combattre. Il serait sans doute mieux que l’islam reconnaisse enfin l’égalité des femmes et des hommes… même si la violence conjugale existe aussi chez des juifs religieux, chez des chrétiens, des bahaïs, des agnostiques, des athées…

      Bien amicalement

      Pierre Régnier

  7. avatar

    J’ai dit, 20 fois plutôt qu’une, que puisque la raison est le seul arbitre impartial entre gens d’opinions opposées, toute religion, mettant la foi au dessus de la raison, nous prive de cet arbitrage et ne peut conduire qu’à la violence.

    Pierre JC Allard

  8. avatar

    Cher Monsieur,

    Bonjour !
    Par le jeu de la navigation, voici que je suis tombé par hasard sur votre article, que j’ai lu avec attention jusqu’au bout, (ainsi que les nombreux commentaires dont il est assorti !). La question que vous posez me semble essentielle, et je voudrais essayer de vous apporter ma modeste contribution, si vous me le permettez … !
    (d’emblée je vous prie de bien vouloir excuser mon style sinueux et sans doute quelque peu difficile 🙂

    En premier lieu, je voudrais vous dire immédiatement mon accord de fond avec votre thèse : les religions ne devraient ni léguer, ni faire l’apologie de la violence, quelle qu’elle soit, et encore moins prétendre que celle-ci est le fruit de la volonté divine.

    Toutefois, je ne pense pas que le christianisme fasse l’apologie de la violence, ni ne prétende la transmettre (au contraire !).
    Or cependant vous avez bien raison : à la lecture de l’Ancien Testament (pour le Nouveau je ne vois pas vraiment d’équivalent), il est incontestable qu’on tombe sur des passages d’une violence impressionnante, et ce, en bien des endroits (ainsi des livres de Josué, les Chroniques et les Rois, mais aussi les Prophètes et même jusque dans les Psaumes -pourtant si justes et vrais dans leur chant du coeur humain…) : donc, quelle interprétation en retirer ? Et comment aussi s’expliquer ce fossé entre le terrible Vengeur de l’Ancien Testament et le Père aimant du Nouveau (il y aurait deux « Dieu » !) ?

    Comme vous, cette question me travaille en lisant la Bible, car je la tiens vraiment pour l’Écriture Sainte, ne peux m’empêcher d’y entendre la Révélation de Dieu dans le chaos apparent de l’Histoire, plus : la vraie Parole de Dieu aux hommes ; alors comment admettre cette apparente distorsion ?

    D’abord, il faut noter une chose claire : comme tous les chefs-d’oeuvres, la Bible est un petit monde, où l’on retrouve le (grand) monde, avec tous ses composants ; il n’est donc pas du tout choquant qu’elle traite de la violence, ni même qu’il y ait des passages violents : de même que ce ne serait évidemment pas être raciste que d’évoquer le racisme, par exemple… le véritable problème réside en effet dans les ordres divins de massacre ou d’extermination de peuples, extrêmement frappant par leur radicalité.
    N’étant pas théologien, ce que je vais dire n’engage que moi. Je crois qu’il faut prendre quelques précautions : pour parler de ce que je connais un peu, parmi les premiers chrétiens, les Pères de l’Église se sont également posé cette question de la cohérence entre les deux Testaments, et ont pu être tenté d’abroger et d’éliminer purement et simplement l’Ancien (marcionisme), ce qui serait effectivement assez pratique du point de vue de la question qui nous préoccupe !
    Pourtant, en distinguant, comme ils le font tous, plusieurs sens dans l’Écriture, on parvient à ceci :
    1) que tout n’est pas à prendre au pied de la lettre (ainsi la verve belliqueuse, martiale et dans un sens, sans merci du psalmiste contre ses « ennemis » est lue dans la Tradition de l’Église (je le tiens de mon père spirituel, évêque auxiliaire) comme un comportement que le croyant doit tenir face à sa propre part d’ombre intérieure… et non une mauvaise vindicte, acerbe, destinée au prochain ! de plus, il ne faut pas négliger que les auteurs humains des livres « sacrés » écrivent aux dépens des conceptions théologiques, parfois périmées, de leur temps ! cependant celles-ci expriment toujours une vérité profonde malgré les limites très rapidement atteintes du langage humain : contrairement à ce que dit la lettre de l’Écriture, Dieu ne se met jamais en colère, et n’a jamais ordonné à qui que ce soit de tuer quelqu’un ! Mais c’est une « façon de parler », en vertu de la logique de l’Incarnation (interprétation chrétienne de l’AT, éventuellement récusée par des lecteurs juifs), Dieu a voulu prendre corps et assumer toutes nos faiblesses jusqu’à la finitude extrême de notre langage…
    2) je ne sais pas si tous les massacres de peuples dont il est question dans la Bible sont avérés historiquement ou par l’archéologie ; en tout cas, il est évident que la seule manière de tenir ensemble les « deux » Dieu bibliques est de déduire que Dieu est… un patient pédagogue ! et en cela, tenir pour humains les écrivains de ces livres dits sacrés (et Dieu pour leur Auteur premier, et dernier) aide beaucoup : c’est que Josué et consorts n’étaient jamais que des nomades prisonniers de leurs conceptions infiniment plus frustes que celles que nous pouvons avoir aujourd’hui, grâce notamment à la révolution (d’amour) introduite et plus encore opérée par Jésus, le Christ, qui est beaucoup plus que Josué !
    Un exemple : la croyance en la vie éternelle n’est venue que progressivement dans la foi d’Israël ; au commencement les patriarches étaient loin de soupçonner la dimension du projet de Dieu pour nous (et nous en sommes encore bien souvent fort loin, d’ailleurs !) : on pensait que la promesse de vie se réaliserait dans la descendance perpétuée (d’où cet impératif toujours aussi prégnant actuellement chez nos frères juifs), puis on songea éventuellement à une vague survie de l’âme après la mort… jusqu’à parvenir enfin avec la Résurrection de Jésus, le Christ, à la claire compréhension que Dieu veut pour nous la vie, et la vie « en plénitude/abondance » (S. Jean) !

    Finalement, la seule violence dont puisse se réclamer le chrétien, c’est celle dont il use pour se laisser tranquillement évangéliser par l’Esprit Saint, source de toute sanctification, car je ne crois pas, vu notre nature encline au mal, faillible et labile -quoique fondamentalement bonne-, que cela puisse se faire doucement sans aucun heurt… car c’est cela le plus illusoire des « voeux (faussement) pieux » : croire pouvoir se sauver soi-même ! Le salut ne se fera effectivement pas sans aucune violence : d’où certaines pratiques ascétiques, comme le jeûne, l’aumône et la prière qui sont bien dans un sens des violences, mais faites à nos petites habitudes douillettes, notre petite routine souvent bien tiède et trop commode, et finalement notre faiblesse qui pactise avec le mal latent en nous : l’orgueil, la colère, la paresse, la lasciveté, etc. Il ne faut en aucun cas mettre une quelconque violence sur le compte de Dieu qui n’a jamais fait qu’aimer l’homme et en recevoir rebuffade sur rebuffade, avec de temps en temps la rare réponse d’amour d’un juste.
    En résumé, comme le dit Isaïe (ou Ézéchiel ?) : Dieu ne veut pas la mort du pécheur (soit de l’homme !), mais qu’il se convertisse, et qu’il vive !
    Non, Dieu n’est pas violent par nature, mais c’est nous qui, corrompus par notre inclination au mal, sommes obligés de nous faire violence pour nous laisser rendre semblables à lui… et c’est un combat de tous les jours ! On peut parfois aider les autres par une certaine force d’âme que l’on pourrait qualifier de violence : quand un parent reprend son enfant pour sa colère, ses refus entêtés, ses caprices, parfois sa violence même qu’il peut faire subir à ses frères et soeurs, il lui fait, dans un sens, violence à son tour… mais ce n’est pas mauvais, ni méchant, ni sadique : c’est agir pour son bien, tout simplement ! C’est au fond l’intuition générale de S. Augustin, qui est, après les Écritures, qui l’abordent partout de front, une des plus belles réponses théologiques à la question du mal : Dieu ne le permet que pour en tirer un plus grand bien. Ainsi la liturgie pascale, qui va jusqu’à oser chanter : « Bienheureuse faute d’Adam, qui nous a valu un tel Sauveur ! » !!!
    Mais vous avez raison de poser cette question de la violence et du sacré ; je n’ai malheureusement pas encore lu M. Girard, mais j’espère que ça ne saurait tarder… ! On peut dire en tout cas que, s’il est clair qu’elle est bien présente primitivement, elle n’est pas (chrono)logiquement antérieure à Dieu. Quand Jésus est violent (« passe derrière moi, Satan », « engeance de vipères », marchands chassés du Temple), c’est toujours pour le bien des hommes qui sont ses enfants, qu’il a le courage de traiter en adultes responsables, qu’il ne flatte jamais : comme disait Jean-Paul II aux jeunes à Paris : je suis votre ami, mais un ami exigeant !
    En résumé, la seule bonne violence est celle qui est subordonnée au respect de la vie qui est notre plus précieux bien, don de Dieu unique et sacré, et cette violence-là ne pourra jamais aller à l’encontre du Décalogue, car Dieu ne se contredit pas.

    Ayant la chance d’étudier à l’École Normale Supérieure de Lyon (noble institution et très belle ville !), où il y avait hier un débat sur la laïcité entre M. Pena-Ruiz et Mgr Barbarin, c’est le goût de la « dispute » m’a indirectement fait atterrir ce midi sur votre site via bien des traverses… or je rentre ce soir d’une lectio divina sur l’Évangile de dimanche prochain, un passage qui précisément fait écho au sujet que vous abordez : le milieu du Sermon sur la montagne (Matthieu 5, 38-48).

    Le discours de Jésus est scandé globalement autour d’une opposition : « Vous avez appris qu’il a été dit… ; eh bien moi je vous dis… » ; celui-ci étant pourtant bien à lire au regard de l’affirmation qui précède, « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » (la Loi et les Prophètes) » (5, 17.)
    Le fond de la pensée de Jésus est le suivant : « Vous avez appris qu’il a été dit « oeil pour oeil, dent pour dent ». Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant (…). Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. » Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux (…). » : c’est un commandement au présent, qui ne souffre aucune d’exception d’aucune sorte que ce soit ! le tout tenant fort bien dans cette perle dont on n’aura jamais fini de saisir, par-delà tous les galvaudages possibles, le caractère hautement révolutionnaire : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Comment nous a-t-il aimés, lui le Fils de Dieu descendu du ciel sur terre pour l rémission du genre humain ? Il s’est chargé de nos fautes, il a enduré sa terrible Passion, les outrages, les crachats, les humiliations, les tortures les plus atroces qui puissent être et il nous a livré le témoignage de son amour qui est allé jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie… par amour gratuit des pécheurs que nous sommes. Le fruit en a été sa résurrection, dont vit toujours l’Église aujourd’hui, dont la seule existence continue, mais plus encore l’histoire et surtout la nuée de saints qui ont pris au sérieux son exemple et en ont réellement vécu depuis 2000 ans est le plus grand miracle (moral) de tous les temps… et c’est bien parti pour durer, apparemment !

    Mais je crois apercevoir que, plus que l’homme Jésus (et même que le Dieu qu’est le Christ), c’est la conduite des hommes qui vous scandalise… et c’est bien normal. Car l’Église, quoique sainte puisque mystérieusement unie à Dieu et déjà rachetée et justifiée, n’en demeure pas moins composé de pécheurs tout aussi vils que les autres hommes. Les apôtres ne valaient pas mieux que les autres, nombre d’entre eux (en particulier les zélotes) attendaient effectivement un Messie qui fût leur Roi temporel, et chassât l’envahisseur romain… or au soir de la Croix, cet apparent échec monstrueusement béant et cuisant (qu’on songe un peu à ce que les 12 viennent de vivre durant 3 années entières : combien de miracles, de prophéties, de preuves pour le coeur, l’âme et l’esprit !) va purifier leur vision et laisser enfin place à une juste et meilleure compréhension de qui est Dieu : ni un chef, ni un guide, ni un commandant de plus… mais bien un libérateur, et lus encore quelqu’un qui par-dessus tout désire se donner à l’homme, se donner tout entier, a soif, et attend que l’homme fasse une petite place dans coeur minuscule à ce Feu immense, brasier ardent qui consumerait sans peine l’univers tout entier sur le champ en un instant !
    Cependant, ce qui est vrai des apôtres l’est à toute époque : depuis la venue de Jésus, le mal existe encore sur la terre, mais pire encore : l’Église fondée en son nom, et qui effectivement lui appartient bien, a connu certaines turpitudes abasourdissantes quand on songe un instant à votre instar à la douce vérité, au chemin de vertu et à la vie salutaire qu’a été Jésus… c’est là simplement la preuve, s’il en était besoin, que, même après la venue du Sauveur, les hommes restent des hommes et ne seront jamais que des êtres limités et faillibles (« pécheurs », si on veut), si avant qu’ils progressent.

    Enfin j’en arrive au titre de votre article : dites-moi franchement, est-ce que vous croyez vraiment que Benoît XVI, le pape actuel est un apôtre de la violence ? Et peut-on honnêtement créditer l’Église catholique (et a fortiori sa hiérarchie) de quelque acte de violence (politique ou autre) que ce soit ?
    Je ne crois pas.

    C’est bien plutôt une dérive qui me paraît malheureusement inscrite au fondement même de la religion islamique -que je connais assez mal par ailleurs, dans la théorie comme dans la pratique-, puisque celle-ci se fonde sur le Coran, livre que le musulman doit tenir pour reçu par Mahomet comme expression directe et immédiate de Dieu lui-même, ce qui ne permet plus du tout la même marge de manoeuvre pour l’interprétation des passages violents que pour le christianisme, lequel lit l’Ancien à la lumière du Nouveau Testament… néanmoins, je crois bien que la plupart des vrais croyants musulmans sont de bonne volonté et désirent profondément la paix, et non la guerre ou la violence, et l’amour de Dieu dans celui du prochain, car c’est finalement cette loi morale naturelle universelle qui est inscrite dans le coeur de chaque homme, croyant, agnostique ou athée ! Hors de ce fondement-là, je ne crois pas qu’il soit d’agir pratique commune qui tienne un tant soit peu debout, donc pas non plus de politique collective durable ! Si nous voulons échapper aux « voeux pieux », commençons par changer en profondeur nos vies en nous attaquant au quotidien et en le révolutionnant en laissant la charité tout envahir, jusque (et surtout !) dans les gestes ordinaires les plus simples, car c’est bien là que l’essentiel se joue : à qui aura été trouvé fidèle dans les petites choses, il lui en sera confié de grandes !

    Terminons, il est grand temps (j’espère ne pas vous avoir trop assommé et avoir un peu avancé à vos côtés :-), je tiens à vous dire mon admiration pour votre courageux parcours justement ferme et combattif sans être belliqueux ni violent, et votre courage de se poser toujours les bonnes questions, quand bien des hommes de votre âge ont renoncé de le faire… mes respects !

    Merci pour ce beau chemin philosophique et spirituel… si nous avons une raison je crois bien que c’est pour s’en servir à bon escient puisque
    « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » !
    Bien cordialement,
    la paix soit sur vous et les vôtres, et la joie dans vôtre coeur,
    acceptez mon humble prière et veuillez bien me secourir de la vôtre,
    Édouard B.

    ps : au cas où voudriez poursuivre la discussion ailleurs que sur ce site (je ne garantis pas de le consulter régulièrement !), ce serai avec joie : je vous donne mon courriel : geminielf@hotmail.fr.
    Dans l’espérance de vous lire !

    + PAX

  9. avatar

    Bonjour pax

    Bien sûr je veux « poursuivre la discussion » avec vous après votre précieux commentaire, dont je vous remercie. Ma participation à l’échange se fera ici et par courriel mais je privilégierai la publication sur ce site car c’est la mobilisation collective que je vise avant tout. Ça se fera aussi, à coup sûr, de façon très irrégulière car il m’arrive ceci : depuis 18 ans maintenant je milite pour que les croyants (principalement catholiques, ceux de mon ancienne religion mais pas seulement) se mobilisent pour détruire la conception violente de Dieu, évidente principale cause, selon moi, de la violence religieuse effective. Or il se trouve que cet objectif est de plus en plus ressenti comme nécessaire… et que je ne peux plus répondre aussi sérieusement que je le voudrais aux sollicitations de plus en plus nombreuses, mes journées ne faisant que 24 h (et alors que je rêve de consacrer totalement les dernières années de ma vie à ma peinture à l’huile ! ).

    Il est bien évident que je considérerai que mon combat sera gagné seulement quand d’autres, et surtout des plus jeunes, auront pris COLLECTIVEMENT la relève. Il est bien possible que ça n’arrive pas avant la fin de ma vie. Il est plus probable encore que des jeunes catholiques, même très activement engagés à leur tour dans ce combat, ne pourront obtenir des premiers résultats tant que leur église sera dirigée par le pape Benoît XVI, lequel a consacré toute sa propre vie d’écclésiastique – et très brillamment réussi – à ramener le catholicisme à un très subtil mais très dangereux dogmatisme. Il ne va pas changer maintenant. Voir ici mon plus récent article :

    http://www.centpapiers.com/143-theologiens-rebelles-et-religieusement-corrects/60631

    En France la récente condamnation d’Eric Zemmour (et d’autres du même type ailleurs, par exemple en Autriche) visent selon moi à réduire la liberté d’expression sur le délicat problème de l’immigration, mais aussi sur celui de l’islamisation de l’Europe, qui lui est très directement lié. Ce problème est lui-même directement lié à celui, plus général, de la violence religieuse dont je combats fermement les bases. Par ailleurs se sont multipliées ces dernières années, comme aujourd’hui encore sur Centpapiers, les attaques contre la laïcité devenue pour ses adversaires, par exemple Yan Barcelo, « Le laïcisme nouvelle religion ». Hier matin sur France Inter j’entendais un chroniqueur – pas n’importe qui, Jean-Marie Colombani ancien responsable du Monde ! – expliquer que la laïcité, en France, devrait consister aujourd’hui à construire des mosquées pour que les musulmans ne prient pas dans la rue. Vous évoquez Henri Pena-Ruiz. C’est l’un des meilleurs spécialistes de la laïcité, et il est l’un de ceux qui m’ont beaucoup déçu : lui aussi a été converti à une curieuse tolérance envers le non-respect de la laïcité républicaine dès lors qu’il est l’œuvre de musulmans.

    Mais c’est surtout sur les insuffisances du christianisme par rapport à son propre passé violent que je veux échanger avec vous. Il n’a absolument pas rejeté les bases théologiques de cette violence et, selon moi, il continue à sa manière d’alimenter, même si ce n’est que partiellement et indirectement, la violence toujours pratiquée au nom de Dieu dans une autre religion au moins. Avant de revenir sur ce point dans un prochain commentaire je veux toutefois dire ceci : bien que je considère effectivement Benoît XVI comme étant celui qui a « par défaut » la plus grande responsabilité dans le maintien de la conception criminogène de Dieu, je regrette le titre du présent article. Je l’ai fait volontairement provocateur en voulant ainsi attirer l’attention des catholiques et je n’ai réussi qu’à en détourner beaucoup de la lecture. Je conviens volontiers qu’il laisse croire à une opinion complètement fausse : je ne tiens nullement le pape actuel pour « un apôtre de la violence » ni l’Eglise pour une religion pratiquant la violence. L’un et l’autre sont seulement « coupables » de ne pas faire leur « devoir de destruction » de la conception criminogène de Dieu mais ils ne sont nullement des partisans de sa mise en application (encore) de nos jours (comme sont par exemple les leaders l’Al Qaïda dans l’islam).

    A bientôt. Bien cordialement.
    Pierre Régnier

  10. avatar

    à pax

    Il y a du vrai dans ce que dit ci-dessus (très fraternellement comme vous pourrez le remarquer) la mystérieuse Vilistia que je ne connais pas mais qui me connaît bien : j’ai écrit sur Riposte Laïque, que je soutiens activement ainsi que Résistance Républicaine.

    Vous trouverez mon plus récent texte publié sur RL à l’adresse ci-dessous, et de là vous aurez accès à tous les autres :

    http://ripostelaique.com/un-site-propose-de-decerner-le.html

  11. avatar

    à pax (suite)

    Comme dit à sa manière l’énigmatique Vilistia je « raconte toujours les mêmes salades ». Il me paraît inutile d’encombrer les sites en reproduisant des raisonnements, des critiques, des propositions… auxquels on peut accéder facilement, ailleurs, par un simple clic. Par manque de temps, aussi, je renvoie donc fréquemment à ce que j’ai déjà publié.

    Mais il y a un échange sur René Girard, dans lequel j’avais beaucoup investi, que vous ne retrouverez pas sur Internet et je le regrette. Il était sur Centpapiers ancienne formule, qui n’est plus accessible. Autre texte, pour moi essentiel, qui fut publié sur Centpapiers et qu’on n’y trouve plus :

    La Décennie « au profit des enfants du monde » va finir en catastrophe.

    Chercher ce texte aujourd’hui sur Internet ramène à cette formule sur le nouveau site Centpapiers : « Cette page n’existe pas. Vous pouvez chercher sur le site ou choisir parmi les suggestions ».

    L’article était long et je ne vais donc pas le reproduire ici mais je pourrai vous l’envoyer par courriel en pièce jointe si vous le souhaitez. A défaut vous pouvez consulter ce texte publié deux ans plus tard et que je considère un peu comme une suite : Irina Bokova voudra-t-elle pacifier les religions ? Il est ici :

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/irina-bokova-voudra-t-elle-64907

    J’ai en effet beaucoup bataillé, notamment en m’adressant à la direction de l’UNESCO et aux personnes et groupes impliqués, pour que les participants de la Décennie « au profit des enfants du monde » inscrivent dans ses objectifs la destruction, dans les religions, de la conception violente de Dieu et de sa transmission aux générations futures. Avant même le lancement de cette belle initiative j’en disais ceci en terminant un petit essai, « Désacraliser la violence religieuse », en mars 2000 :

    « Une belle occasion nous est donnée de marquer la rupture avec la religieuse folie interprétative, comme avec la fausse et complice laïcité. L’ONU lance une « décennie pour l’éducation à la non-violence », grâce à un long combat des militants pour une Alternative Non-Violente (pour reprendre le titre de l’excellente publication d’une partie de ces militants). Disons haut et fort que cette initiative ne pourrait atteindre son objectif si le programme éducatif annoncé n’incluait une démarche pour un respect des droits de l’homme au sein de toutes les religions, donc pour une désacralisation de la violence religieuse, y compris dans les religions les plus anciennes, les plus traditionnelles, les plus officiellement reconnues. »

    L’allusion à la « fausse et complice laïcité » venait après ce passage, entre autres, où je la définissais « par défaut » :

    « Dans un article où il souhaitait que l’islam soit mieux reconnu par la République laïque Henri Tincq remarquait (dans Le Monde) que « les notions de citoyenneté et de laïcité, qui, plus tard, s’imposeront aux particularismes religieux » étaient « en germe » dans l’édit de Nantes. Il faut qu’elles deviennent aujourd’hui des engagements et qu’ils soient préalables à la liberté et à la reconnaissance des pratiques cultuelles.

    Et puisque la loi de séparation, rappelait encore Henri Tincq, établit dans son article premier que « La République garantit le libre exercice des cultes » il faut lui faire préciser dans la Constitution présente et pour l’avenir: « des cultes pacifiques, respectant intégralement les droits de la Personne Humaine. Et bien entendu des décrets d’application devraient exiger le rejet explicite et sans ambiguité de tout ce qui est appel à la violence, au mauvais traitement des individus, femmes, hommes ou enfants, ou justification de la violence, fut-elle considérée jusque là comme œuvre de Dieu ».

    Je n’ai jamais pu publier le petit essai que j’ai, avec d’autres textes, proposé à des éditeurs 4 jours après le 11 septembre 2001 sous le titre « Pour en finir avec la violence religieuse ». J’ai fait par la suite une version courte de cet ensemble et j’essaie de l’actualiser constamment, notamment en y incluant les principaux textes complémentaires publiés sur Internet. Cet ensemble aussi peut vous être adressé en pièce jointe à un courriel ou, si vous le préférez, par La Poste en version papier.

    A bientôt. P R

  12. avatar

    à Edouard B. (pax), suite 2

    Pour poursuivre, sans en avoir le temps, notre échange (mais j’ai bien l’intention d’y revenir) je tiens d’abord à insister sur ce point : il ne s’agit nullement pour moi « d’avoir le dernier mot » et ceux qui nous lisent doivent considérer que votre commentaire est, pour moi comme pour eux, de même importance que mon article. Ce que nous faisons là c’est exactement ce que je souhaite voir S’INSTALLER dans les religions, principalement les religions chrétiennes et parmi elles principalement la religion catholique : le vrai débat, jusqu’ici toujours refusé ou abandonné après quelques tentatives parce que trop difficile, obligeant à dénoncer l’évident DENI de la hiérarchie concernant l’existence même du problème.

    Pour progresser bien dans ce débat, si possible au sein de votre église, bandonnez ce type de retenue qui commence par « N’étant pas théologien… ». Parce que la paix du monde, la non-violence religieuse à y installer pour ceux qui nous suivront nous concerne tous, nous devons considérer que « nous sommes tous théologiens ». Je respecte ceux qui ont choisi de se consacrer professionnellement à la théologie, ils m’apportent souvent beaucoup. Mais quand ils s’attribuent une place privilégiée pour « ceux qui savent parce qu’ils ont beaucoup étudié » je leur refuse ce privilège et je dis qu’ils deviennent alors une partie importante du problème. A fortiori quand ils s’attribuent ou/et qu’on leur reconnaît un DROIT ET UN POUVOIR particuliers de « dire la bonne interprétation de l’Ecriture ». Quand cette interprétation est manifestement incohérente, en incompatibilité flagrante avec le message, l’engagement, l’auto-sacrifice du prophète juif Jésus dont ils se réclament, je dis qu’ils sont « de mauvaise foi au double sens du terme ». Je dis qu’ils sont non seulement des « théologiens fous et dangereux » mais qu’ils sont LES PRINCIPAUX responsables du déni qui laisse la violence religieuse intacte, son élimination totalement impossible.

    C’est en ce sens, je le répète, que je considère Ratzinger / BenoîT XVI comme étant aujourd’hui « LE PREMIER » responsable de la violence religieuse. Il ne l’appelle pas, il affirme au contraire, à juste titre, le message de Jésus qui appelle à la non-violence, mais il refuse en même temps l’honnête examen de la culture, dans l’Eglise même, qui conduit à la violence religieuse effective. Il la nie, il ment, il triche et il tourne le dos délibérément à son DEVOIR de détruire cette culture, devoir qui n’a jamais été aussi nécessaire qu’en ce début de XXIe siècle où L’APPLICATION de cette culture conduit, dans l’islam, à la relance de la violence religieuse effective.

    Pour terminer (provisoirement), voici un autre copié/collé de mon petit essai de mars 2000 déjà évoqué dans un commentaire précédent :

    «  » Dans les dernières pages de son livre Le système totalitaire Hannah Arendt rapporte que Luther « eut un jour l’audace de dire » que: « il devait exister un Dieu parce qu’il fallait à l’homme un être auquel il pût se fier ». Ce propos donne une réponse à notre actuelle interrogation: à quoi bon la religion ? Il la donne d’une manière qui peut nous ramener à une conception de « l’homme-Dieu », mais sans l’orgueil qu’implique ce concept dans son expression philosophique dominante.

    C’est seulement le meilleur de l’homme qui est Dieu, pas le pire, pas même le simplement mauvais, pas même le seulement imparfait. Dieu, c’est le parfait de l’homme, cette part de lui-même à laquelle il aspire et qu’il sait ne pouvoir atteindre jamais. Mais cette part est si mystérieuse et si belle dans son imagination qu’il veut lui donner toute la place. Il la fait toute puissante et infinie. C’est pourquoi il la projette hors de lui-même et la nomme Dieu. C’est pourquoi il sait qu’il « peut s’y fier ». C’est pourquoi elle est pour lui absolument sacrée.

    L’autre part de l’homme, cependant, celle qui va de l’imparfait au pire déforme Dieu en permanence. C’est la vie ! Les difficultés, les fatigues, les angoisses, les égarements de toutes sortes, les nécessaires combats de la vie déforment à chaque instant la part inconnaissable et inatteignable de l’homme. Et l’homme se trompe et fait Dieu à son image. Il le fait même violent. Quand il déraisonne complètement il oublie l’aspiration merveilleuse qui lui a fait inventer Dieu, et il va jusqu’à sacraliser sa propre violence qu’il a projetée en lui.

    Pire: il dogmatise, il interdit toute remise en question de cette sacralisation. Il dit aujourd’hui: voici trois mille ans que nous sacralisons la violence, nous n’avons pas pu nous tromper si longtemps. » »

    Bien cordialement

    Pierre Régnier

  13. avatar

    Bonjour,

    Vous constatez comme moi tous les jours que 0% des violences qu’on découvre en parcourant l’actualité sont revendiquées au nom de l’appartenance à l’Église Catholique (ou approuvé par elle).

    Par conséquent: comment pouvez-vous affirmer que l’enseignement du catéchisme et du Pape justifie le recours à la violence au nom de Dieu ? Si cela était vrai, cela devrait se traduire concrètement dans la réalité et donc être visible.

    Quelle conclusion tirez-vous de cet état de fait ?

    Merci,
    Anatole.

  14. avatar

    Bonjour Anatole

    Si vous lisez plus haut mon commentaire du 1er octobre 2010, en réponse à Lartiste et à Fornovsky, vous pourrez constater que, dans mes NEUF PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA VIOLENCE RELIGIEUSE rédigées en 1986, c’est contre le fondamentalisme et l’intégrisme dans toutes les religions que je combats explicitement depuis 20 ans. Plus précisément contre le fondamentalisme sur un point précis : ce qui reste, dans la théologie des monothéismes, manifestement criminogène.

    J’ai bien souvent conseillé la lecture du présent article en précisant que j’ai voulu donner à son titre un caractère provocateur pour amener les catholiques (mais aussi les autres chrétiens) à réfléchir sur ce qu’ils doivent, selon moi, prioritairement et fermement rejeter de leurs croyances. Mais outre que, apparemment, je n’ai guère provoqué la réflexion sérieuse chez des chrétiens, je crois que l’attribution à l’église catholique de la principale responsabilité dans le maintien de la violence exercée au nom de Dieu n’est pas totalement fausse puisque c’est, encore aujourd’hui, le catholicisme qui a le plus de moyens de détruire la théologie criminogène et qu’il ne le fait pas. Au contraire il la rejustifie et la revivifie dans le Nouveau Catéchisme (rédigé à l’intention des croyants du XXIe siècle !).

    Il n’en reste pas moins vrai que, dans le présent article lui-même, je précise que c’est désormais et depuis longtemps de manière indirecte que le christianisme et le judaïsme continuent d’alimenter la violence religieuse effective : en persistant à justifier la théologie criminogène qu’ils ont transmise au prophète Mohamed et aux rédacteurs du Coran, lesquels ont, eux, appelé à sa mise en application dans le présent et dans l’avenir jusqu’à la soumission totale de l’humanité à leur Dieu Allah.

    Comme vous je constate que nulle violence n’est plus commise aujourd’hui au nom de l’appartenance à l’église catholique. Et quand des catholiques ont, durant des siècles, violenté et massacré au nom de Dieu, c’était en trahissant Jésus de Nazareth et son message contenu dans les Evangiles. Hélas je constate aujourd’hui que, cette trahison étant partiellement maintenue dans la doctrine des institutions catholiques, des chrétiens sont de plus en plus nombreux à vouloir combattre la violence islamique par des moyens semblables à ceux par lesquels elle s’exerce. Il en est de même dans le judaïsme.

    C’est une impasse et elle est dramatique. C’est ce qu’il y a d’épouvantable dans le dogmatisme catholique – et Benoît XVI plus que tout autre en était porteur – qu’il faut détruire, et il faut le faire très vite. Il faut affirmer haut et fort que, contrairement à ce qui est ré-affirmé dans le Nouveau Catéchisme DIEU N’A JAMAIS COMMANDÉ UN TRES EXPLICITE GENOCIDE AU MOINS (qu’il faudrait aujourd’hui seulement « bien interpréter ») :

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-nouveau-pape-devra-supprimer-la-130677

    Bien cordialement
    Pierre Régnier