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B?n?volat passionn? au Burkina Faso

RAYMOND VIGER ? Coop?ration internationale

Sonia Roussy, la jeune cinquantaine, d?gage une ?nergie vivifiante qui la fait para?tre 15 ans plus jeune. Allum?e et engag?e, elle est port?e par un but qui lui met le sourire aux l?vres: elle aide une communaut? du Burkina Faso ? se doter de trois classes pour ses jeunes ?tudiants.

Dominic Desmarais Dossiers Commerce ?quitable, B?n?volat

burkina faso ?cole ?ducation afrique b?n?volat coop?ration internationaleSonia est une voyageuse dans l??me. Apr?s plusieurs s?jours touris-tiques ? trimballer son sac ? dos pour s??merveiller devant les beau-t?s de la terre, elle ressent une insatisfaction. ?Quand je revenais, je me disais que je ne me trouvais pas assez proche du monde. Je voulais comprendre leur quotidien, comment ils vivaient.?

Sonia cherche une fa?on de voyager qui la rapprocherait des gens. En 2009, elle d?niche un stage humanitaire pour le Burkina Faso, pays francophone d?Afrique. Avec un petit groupe d?adultes qu?b?cois, elle va ? la rencontre de villages, d?institutions, de d?cideurs, de simples paysans. Sonia tombe sous le charme des Burkinab?s.

Visite marquante

Son s?jour l?emm?ne ? Gonsin, un petit village d?environ 1000 habitants. Son regard est attir? par des piliers de bois et une b?che en plastique qui fait office de toit. La structure n?a pas de murs, le vent et la pluie sont libres d?y faire un tour. C?est l??cole du village. ?L?-bas, les conditions climatiques ne sont pas reposantes. Pendant plusieurs mois, le vent est tr?s fort et il ramasse la poussi?re. C?est difficile de respirer et m?me de voir devant soi! Quand il pleut, impossible d?aller en classe.?

burkina faso ?cole ?ducation b?n?volat afrique coop?ration internationaleSonia s?entretient avec les villageois qui lui font part des probl?mes de la communaut?. L??ducation est la priorit?. ?Il y a 6 ans, les enfants n?allaient pas ? l??cole. Il n?y avait pas d?enseignants pour leur village.? Les adultes ont demand? l?aide du gouvernement. En 2005, deux enseignants ?taient d?p?ch?s ? Gonsin. Un troisi?me s?est rajout? l?an pass?. Mais les enfants n?ont toujours pas d??cole et manquent plusieurs jours de classe suivant les caprices de dame nature.

Les gens parlent ? Sonia de leur d?sir d?avoir une ?cole, souhait maintes fois exprim? au minist?re de l??ducation. La r?ponse est toujours non. L??tat n?a pas les ressources pour exaucer leur v?u. Sonia se sent concern?e. ?Souvent, en voyage dans les pays sous-d?velopp?s, si tu es blanc, les gens pensent que tu es riche. Ils ne te disent pas qu?ils ont besoin d?aide pour un projet, ils disent qu?ils ont besoin de ton argent.?

?? Gonsin, il y avait un comit? de parents. Ce sont eux qui sont all?s chercher des enseignants. Ils veulent ? tout prix ?duquer leurs enfants. Mais ils n?ont pas les moyens de construire une ?cole. Ils ne vivent que de l?agriculture. Rares sont ceux qui ont un emploi.?

Le co?t de l??cole, 30 000$, est astronomique pour eux. Pas pour Sonia. ?L?objectif, ? mes yeux, n??tait pas inaccessible. Et je savais qu?en finalisant le projet, il aurait un impact incroyable pour la communaut?. Je leur disais: ce ne sera pas juste une ?cole, ce sera un lieu de rencontre pour tous les gens du village. Ils n?ont rien d?autre!?

Deuxi?me s?jour

bukina faso coop?ration internationale b?n?volat afriqueSonia rentre la t?te pleine de questions. ? Gonsin, elle n?a pas donn? de r?ponse. Elle a besoin de recul. Un an plus tard, elle y retourne, seule cette fois, pour v?rifier si le projet est faisable. ?J?avais un contact au Burkina Faso. Il m?a trouv? un ma?on et un technicien en architecture. C??tait entendu que si je m?embarquais, les villageois donneraient du temps pour la construction. Ils n?ont peut-?tre pas d?argent ni l?expertise, mais ils ont des bras et de l??nergie. Ce sont eux qui ont creus? la fondation. C?est une grosse job, l?-bas. ?a se fait au pic et ? la pelle?, dit-elle, avouant avoir essay? elle aussi deux petites minutes.

Avant de construire, Sonia prend rendez-vous au minist?re de l??ducation. ?On m?a demand? ce que je voulais faire. Ils ne voulaient pas m?emp?cher, ils disaient que je venais leur donner un coup de main.?

Sonia y re?oit les plans d?une ?cole typique. Avec le technicien en architecture, qui fera office de contrema?tre, elle prend connaissance des mat?riaux qui seront n?cessaires pour b?tir les nouvelles classes, des gens qu?il faudra engager et du co?t total du projet. La fa?on burkinab? ne ressemble pas ? celle du Qu?bec. ?L?-bas, c?est beaucoup plus laborieux. Il n?y a pas de quincaillerie. Tu dois savoir combien de briques tu devras faire fabriquer car il n?y en a pas en stock!?

Lev?e de fonds

Apr?s 6 semaines ? planifier le projet, Sonia rentre au Qu?bec avec la ferme intention de mener ? bien la construction. Pour amasser les 30 000$, elle cr?e l?Association philanthropique pour le Burkina Faso. ??a donne plus de cr?dibilit? ? la campagne de financement. Jusqu?ici, j?ai obtenu 15 000$, surtout d?individus, m?me si l?association ne peut donner de re?us d?imp?t. Je ne connais pas tous les donateurs, ?a s?est fait gr?ce au bouche ? oreille ? partir de mes connaissances. J?ai ?t? agr?ablement surprise par cet extraordinaire ?lan de solidarit?.?

L?Association s?est donn? comme r?gle d?utiliser tout l?argent uniquement pour les mat?riaux, leur transport et les salaires des employ?s l?-bas. ?Je prends ? ma charge tous les frais d?administration et mes frais de voyage?, assure-t-elle.

D?but des travaux

Sonia n?attend pas d?avoir 30 000$ pour mettre le projet en branle. Avec la moiti?, elle retourne au Burkina Faso. ?J?y suis all?e au printemps pendant 11 semaines. On a pu construire deux des trois classes pr?vues. Il n?en reste qu?une, avec le bureau des professeurs, et il y a la finition ext?rieure ? compl?ter pour ?viter que la pluie ne d?sagr?ge ce qui a ?t? construit. Pour cette partie, tout d?pend de la lev?e de fonds. J?esp?re que tout sera termin? en 2012.? Les ?l?ves n?ont pas attendu la fin des travaux pour d?m?nager. M?me sans finition, leurs classes sont prot?g?es par des murs et un vrai toit. Ils sont ? l?abri des intemp?ries.

Sur place, Sonia d?crit par courriel son p?riple ? tous les donateurs. Une fa?on de les faire participer. ?Ils trouvent ?a g?nial d?avoir des nouvelles en temps r?el. ?a leur donne une meilleure id?e du projet, de la fa?on dont leur argent est utilis?. Ils ont fait l?effort de contribuer, c?est juste normal, par respect, de les tenir inform?s.?

Pour amasser les derniers 15 000$, Sonia songe ? une marche commandit?e, sans toutefois se fermer ? d?autres possibilit?s. Sonia a une boutique virtuelle pour pr?senter son projet et des produits de financement tels que t-shirts, cartes de v?ux et cotons ouat?s ? l?effigie du projet Une ?cole, un avenir Id?alement, elle esp?re y retourner dans un an au plus tard. Et apr?s, Sonia ne sait pas dans quel projet s?impliquer. Mais ce sera encore au Burkina Faso.

?Les Burkinab?s, c?est un coup de c?ur. Si je fais d?autres projets, se sera l?-bas. ? 10 kilom?tres de Gonsin, il y a une ville de 20 000 habitants dont les trois orphelinats sont pleins ? craquer.? Sonia, ? deux ans de la retraite, pr?pare sa deuxi?me vie, l?humanitaire personnel.

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    Bravo pour cet article qui montre bien que la vie n’est jamais vaincue. Apres l’assassinat de Sankara, il y a tout juste 25 ans, I Voir l’article en vedette aujourd,hui) il aurait été tentant de baisser les bras.

    La pure logique aurait voulu que la fin tragique de cet homme exceptionnel marquât la fin aussi de ce qui qui semblait une des tres rares occasion d’avoir une gouvernance honnête et éclairée en Afrique.

    Mais les Burkinabe continuent… c’est une grande lueur d’espoir Bonne cahnce à eux et à tous ceux qui les aident

    PJCA