Accueil / L O C A L I S A T I O N / EUROPE / Banques europ?ennes : il manque plus de 80 milliards d?euros !

Banques europ?ennes : il manque plus de 80 milliards d?euros !

Lorsque?Reuters a annonc? (le 26 janvier 2014) les conclusions d?une ?tude de l?Organisation de Coop?ration et de D?veloppement ?conomiques (OCDE) peu de m?dias ? hormis la presse sp?cialis?e ? ont relay? cette information capitale.

Cette ?tude a pour r?f?rence compl?te : Schoenmaker, D. and T. Peek (2014), ?The State of the Banking Sector in Europe?, OECD Economics Department Working Papers, No. 1102, OECD Publishing.
Source : OCDE

Elle recense en effet les insuffisances de fonds propres des banques europ?ennes avec le Cr?dit Agricole en premi?re place. Cette banque poss?de en effet un d?ficit en capitaux de 31,5 milliards d?euros bien loin devant la Deutsche Bank (en deuxi?me position) avec 19 milliards d?euros.

Au total, les besoins en capitalisation des 10 banques europ?ennes les plus en difficult?s totaliseront 83,4 milliards d?euros et pr?s de 40 milliards d?euros pour les seules banques fran?aises.

Le ratio de levier est fix? par B?le III ? 3% minimum (obligatoire d?s 2018). Ce ratio est le rapport entre le capital ?Tier One? des banques et leurs actifs.

Mais le plus int?ressant n?est pas l?. En effet, ces capitaux sont n?cessaires pour satisfaire aux r?gles prudentielles minimales de B?le III.

Mario Draghi, pr?sident de la BCE avait ainsi d?clar? que la mise en ?uvre de B?le III ??devrait contribuer ? renforcer consid?rablement la r?silience des banques face ? des chocs financiers?? or, et je l?ai d?j? expliqu? dans mon ?tude Crise syst?mique : le retour ? une comptabilit? vraiment ??prudentielle?? aurait pour cons?quence ??une disparition de liquidit? significative sur le march?, ?valu?e entre 15 700 Milliards de dollars et 29 900 Milliards de dollars?? selon l?ISDA, l?association de professionnels regroupant les principaux intervenants sur les march?s financiers des produits d?riv?s.

Les accords de B?le III, ? l?origine pleins de promesses, ont donc permis aux banques de fixer le rapport entre leur capital (Tier One) et l?ensemble de leurs actifs, sans prise en compte du risque r?el et la montagne a accouch? d?une souris. Une question se pose cependant : pourquoi ne pas avoir conserv? les?normes bancaires europ?ennes IFRS plus strictes et prudentielles qui obligeaient les banques europ?ennes ? comptabiliser leurs positions en brut ?

En effet, l?assouplissement des r?gles de B?le III permettront aux banques europ?ennes de comptabiliser leurs risques de contreparties en net et ainsi de s?aligner sur les normes comptables des banques am?ricaines.

Pour rappel,?J.P Morgan (page 32/40 du rapport de l?OCC) par exemple totalisait environ 71 810 milliards de dollars de produits d?riv?s fin septembre 2013 avec une exposition totale de 318 milliards USD soit 205% de son capital alors que son exposition nette n??tait que de 120 milliards USD soit 37,7%.

Comment imposer une quelconque contrepartie ? 4 banques am?ricaines qui concentrent 223,617 milliards USD soit 93,2% de tous les contrats sur produits d?riv?s des Etats-Unis ?

Nous comprenons mieux ainsi pourquoi B?le III a ?t? vid? de sa substance, la finance mondiale concentr?e au sein d?une poign?e d?organismes financiers serait ruin?e si de v?ritables r?gles prudentielles ?taient impos?es.

Il n?y aura donc pas de crise de la r?gulation mais le risque syst?mique est encore et toujours pr?sent et il serait grand temps de repenser le volet financier (entre autres) de notre syst?me ?conomique?

Commentaires

commentaires

A propos de

avatar

Check Also

Le devoir d’ingérence financière

La finance internationale soutiendrait-elle et faciliterait-elle la tâche des dictateurs et des autocrates ? Ce ...