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23 juillet 2009 |
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vu 511 fois Jean Gagnon Dossier Actualité économique
Goldman Sachs vient de rembourser l’investissement de 10 milliards que le gouvernement américain avait effectué dans l’entreprise l’automne dernier durant la crise financière. Les dividendes versés sur ces actions privilégiées et le rachat des warrants (options d’achat d’actions) que la compagnie avait octroyés au gouvernement ont totalisé 1,4 milliard, ce qui constitue un rendement annualisé de 23 % pour les contribuables américains. Intéressant, direz-vous.
C’est Goldman Sachs elle-même qui en a fait l’annonce mercredi par voie d’un communiqué dans lequel le président de la compagnie, Lloyd Blankfein disait: “ Nous sommes reconnaissants des efforts faits par le gouvernement “.
On le serait à moins. Lorsque le gouvernement a fourni 10 milliards à Goldman Sachs pour l’aider à se sortir de la crise, les actions de la compagnie valaient 50 $. Elles valent aujourd’hui 160 $. Un rendement annualisé de 330 %. Le gros lot, c’est rarement pour les contribuables.
Air Canada, dit-elle, a un urgent besoin d’un prêt de 600 millions pour faire face à ses obligations et survivre d’ici à ce que les conditions économiques s’améliorent.
Évidemment, la confiance ne règne pas chez les prêteurs qui ne se précipitent pas à la porte et qui demandent de solides garanties. Malheureusement, Air Canada n’a plus beaucoup de biens qui ne soient pas déjà nantis. Resteraient certains droits portuaires, c’est-à-dire ces espaces où elle peut garer ses avions atterrissant dans les différents aéroports internationaux. Ces droits vaudraient plusieurs centaines de millions de dollars.
Plusieurs syndicats des employés du transporteur implorent le gouvernement de consentir lui-même le prêt de 600 millions afin qu’Air Canada n’ait pas à donner ses droits portuaires en garantie collatérale pour le prêt.
Si les syndicats veulent que la compagnie préserve ses actifs de valeur, c’est probablement parce qu’ils sentent que la faillite pour bientôt. Il faudra alors restructurer, et ces actifs de valeur rendront cet exercice moins douloureux pour tous ceux qui ont un intérêt quelconque dans l’entreprise, dont évidemment les travailleurs.
Une nouvelle faillite d’Air Canada, la deuxième en 6 ans, semble vraiment inévitable. À preuve Jacques Kavafian, un analyste chez Research Capital qui suit de près les destinées d’Air Canada depuis des années, parlait lundi de la façon dont la compagnie devra se restructurer, concluant déjà que les actions de la société ne vaudront bientôt plus rien. Si même des analystes, qui sont généralement plutôt des “ cheerleaders “ d’entreprise que de véritables critiques, parlent de faillite, c’est que la probabilité doit être vraiment très élevée.
Vincent Lacroix a retrouvé sa liberté. Du moins une partie, car il devra quand même demeurer en résidence et participer à des travaux communautaires pendant un an et demi.
L’homme est apparu amaigri après son séjour derrière les barreaux. Mais cela n’a pas atténué le désir de vengeance auquel la population en général, et les investisseurs floués en particulier, semblent être en proie.
Ceux-ci se consolent à l’idée qu’une nouvelle poursuite, celle-là devant la Cour criminelle, débutera le 14 septembre, et pourrait renvoyer Lacroix en prison, cette fois pour plus longtemps.
Toutefois, ils ne devraient pas se réjouir trop vite, car rien n’est gagné. La maladresse de l’Autorité des financiers (AMF) pourrait jouer en faveur du fraudeur. La poursuite au pénal qu’a intentée l’AMF n’aurait pas dû précéder celle au criminel, comme c’est généralement le cas. À cause de la précipitation de l’AMF, qui tentait par là de préserver son image sévèrement ternie par toute la saga Norbourg, Vincent Lacroix tentera de faire abandonner les procédures, prétextant qu’il serait alors jugé deux fois pour la même faute. Et il pourrait avoir gain de cause et conserver sa liberté.
Peu importe la conclusion de cet imbroglio juridique, pour ceux qui ont été détroussés de leurs épargnes, par contre, rien n’est perdu. Ils auront la chance de récupérer leur argent grâce au recours collectif dont les procédures devraient débuter en 2010. C’est ce procès qui en réalité est le plus important. Il permettra peut-être aux victimes d’obtenir justice, tout en faisant la lumière sur ce qui s’est vraiment passé. Je pense surtout au rôle joué par l’AMF. Celle-ci a réussi à éviter une commission d’enquête, mais elle ne pourra pas se soustraire à l’examen rigoureux de la poursuite lorsque les procédures du recours collectif commenceront.
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