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Centpapiers

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    • Autodidacte, retraité, j'ai exercé des métiers très différents allant d’informaticien à responsable de formation. Actuellement, je vis en Bretagne. Depuis toujours, je suis un observateur (et de temps à autre un modeste acteur) de la vie politique et sociale de mon pays. Je n’ai toutefois jamais appartenu à un parti politique ni à un syndicat, préférant le rôle de... franc-tireur. Ancien membre d’Amnesty International. Sur le plan sportif, j’ai encadré des jeunes durant des années en région parisienne ; grand amateur de randonnée pédestre, j’ai également pratiqué le football durant... 32 ans au poste de gardien de but.

    Aviation : l’imposture médiatique !

    12 novembre 2010 | 0 commentaire(s) | vu 204 fois

    « L’oubli drape les morts d’un second linceul » écrivait à juste titre Lamartine. Un syndrome qui frappe une nouvelle fois les aviateurs Alcock et Brown. Car, n’en déplaise à nos grands médias, ce ne sont ni Lindbergh ni Nungesser et Coli qui ont réussi la première traversée transatlantique, mais les deux britanniques, spoliés d’un formidable exploit.

    Depuis deux jours, les médias français font état d’un document qui semblerait confirmer que Charles Nungesser et François Coli avaient bel et bien franchi l’Atlantique à bord de L’oiseau Blanc, leur mythique avion disparu en mer le 8 mai 1927. Ce document, découvert dans les archives américaines par Bernard Decré, président de l’association Á la recherche de L’oiseau Blanc et fondateur du Tour de France à la voile, est un télégramme des gardes-côtes américains daté du 18 août 1827. Ce document signalait alors la découverte d’une aile d’avion blanche de 15 pieds sur 4 qui pourrait être une partie de l’épave de l’avion des Français.

    Rendu public par Bernard Decré, ce télégramme a suffi à enflammer l’imagination des journalistes et suscité les spéculations sur la réussite effective de Nungesser et Coli qui auraient atteint Saint-Pierre-et-Miquelon, devenant ainsi, 12 jours avant Charles Lindbergh sur le Spirit of Saint Louis, les auteurs du premier vol transatlantique sans escale. Un exploit qui pourrait être confirmé dans les mois à venir par une équipe de plongeurs chargés, à la demande de l’association de Bernard Decré, de retrouver la carcasse de l’avion disparu afin d’établir avec certitude la réalité de l’exploit et lever définitivement les incertitudes qui perdurent sur le sort de L’oiseau Blanc.

    Ces réserves devraient inciter les journalistes à être plus prudents dans leurs cocoricos enthousiastes pour saluer l’exploit, encore virtuel, des deux aviateurs français. Il n’en n’est rien car si tel est le cas dans l’article du jour signé Sophie Babaz sur le site Le Monde.fr, il n’en va pas de même dans d’autres médias, notamment radiophoniques. Un emballement d’autant plus ahurissant que ce ne sont ni Lindbergh ni Nungesser et Coli qui ont réussi cette fameuse première, mais un capitaine de la Royal Air Force, John William Alcock et un ingénieur écossais du nom d’Arthur Whitten Brown, huit ans avant nos protagonistes de 1927, sur un biplan Vickers, le 14 juin 1919 !!!

    Dans un article paru le 2 juin 2010 sur AgoraVox.fr et intitulé Justice pour Alcock et Brown, je racontais cette histoire méconnue et le vol, particulièrement périlleux, qui avait conduit les deux britanniques d’un champ de Terre-Neuve jusqu’aux tourbières du Connemara en Irlande. L’exploit avait été salué par des articles dithyrambiques dans la presse des deux continents, et notamment dans les colonnes du New York Times. Il avait également valu aux courageux aventuriers un prix de 10 000 ? remis par Lord Northcliffe, patron du Daily Mail. Sans oublier une réception au palais de Buckingham où les deux aviateurs avaient été anoblis par le roi George V.

    Pourquoi l’Histoire est-elle si souvent bafouée ? Et comment se fait-il que des médias sérieux puissent ainsi relayer des informations relevant de la légende et non de la vérité ? Mystère ! Mais cela ne peut qu’alimenter la suspicion d’un public qui, de plus en plus souvent, a l’impression qu’on lui fait prendre les vessies pour des lanternes !

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