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Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (4)

Après la claque d’Ivy Bells (voir notre épisode précédent), les russes se devaient de réagir. Il mettront une vingtaine d’années à le faire, en se lançant dans la construction d’un engin hybride mi-submersible, mi-bathyscaphe. La chute de l’URSS le remisera quelque temps, et on songera à nouveau à lui une douzaine d’années plus tard, en imaginant autour un nouveau moyen de transport, car un bathyscaphe, c’est connu, a besoin d’un navire d’assistance. Chez les russes, il sera… sous-marin !

La version russe : le sous-marin kangourou 

Les russes n’ont pas fait mieux en effet que le Parche : et encore, il ne s’y semblent mis que récemment, ou plutôt, encore une fois, ils ont déterré un vieux projet des années 80 pour en faire un neuf (il a été commencé en 1988 !). Chez eux, l’espionnage marin a été confiné à leurs faux chalutiers bardés d’antennes qui sillonnent toujours le monde. Mais au lieu d’emporter sur le dos du sous-marin un cylindre et d’aménager l’ancien garage à missiles du premier (surnommé « Bat Cave » chez l’Halibut), ils ont carrément accolé sous un sous-marin agrandi à l’occasion un autre sous-marin, simplifié, plutôt du genre bathyscaphe, qui est équipé de tout ce qu’il faut pour aller à la pêche aux informations sur les fonds : des skis, pour se poser au cas ou, et à  l’avant de puissants projecteurs et des pinces, plus un filet ou un endroit pour ramasser si besoin est des éléments repêchés.

L’engin s’appelle le Loscharik (ici en haut à droite une de ses rares photos précises).  Il a été imaginé il y a bien longtemps, construit puis.. inutilisé et remisé, avant d’être remis au goût du jour. Sa construction interrompue dans les années 1990 en raison du manque d’argent, avait repris au début des années 2000 pour être achevée en 2003. L’engin n’est donc pas neuf ! Encore une fois ! Son nom provient d’une jouet, une petite figurine de dessin animé faite de billes de bois articulées reliées par des élastiques.

Sa conception même explique son ancienneté : destiné au départ à plonger profond, pour aller visiter des épaves américaines, on pense au Tresher ou au Scorpion, qui avaient montré la nécessité de moyens spécifiques, il a été pensé dès le début comme un bathyscaphe et non comme un sous-marin : ce sont en effet 8 sphères accolées communiquant par un tube pour les 5 premières, accueillant le personnel. Ce design unique lui permettrait de plonger à plus de 6 000 mètres sous le niveau de la mer !!! On songe comme emploi premier à un sous-marin de sauvetage, plutôt :  car l’idée, là encore, n’est pas russe : les américains ont construit et mis à l’eau le leur le 24 janvier 1970 sous forme de DRSV-1 (pour Deep Submergence-Rescue Vehicle) surnommé Mystic, capable de descendre à (5 000 pieds, 1 500 mètres). C’était chez lui trois sphères de bathyscaphe plus une cloche de contact d’écoutille dessous noyées dans un profilage de fibre de verre (ici gauche). Etrangement, cet engin de 40 tonnes, transportable par avion (Galaxy) n’a en fait jamais servi !! Ci-dessous, ironie du moment, il est emporté par un Antonov 124…

A en perdre la boule : tout provient de projets d’engins de sauvetages

Les russes ont déposé plus tardivement un brevet similaire d’un procédé pour mieux repérer la trappe du sous-main en difficultés, à partir d’un véhicule en forme de cylindre à extrémités sphériques (ci contre à droite). C’est en fait le design de la série des submersibles de sauvetage Priz bien connus avec leurs rayures orange et blanches :

L’un des modèles, le AS-28, parti surveiller un hydrophone russe sur la côte du Kamtchaka, dans la baie Berezovaïa à 70 km au sud-est de Petropavlovsk-Kamtchatski, s’est retrouvé en difficultés, avec ses 7 hommes à bord, son hélice ayant embarqué le câble le maintenant au fond (à 190m, mais on trouvera aussi pris dans les pales des bouts de filets de pêche !). C’est l’appel à un Rover anglais le Scorpio 45 , amené par avion cargo C-17 Globemaster III et C-5 Galaxy qui permettra de sauver l’équipage deux jours plus tard. L’avion était venu quoi la direction du  Deep Submergence Unit, installé sur la North Island Naval Base de Coronado, à San Diego (Californie). Les marins russes avaient échappé au pire : ils étaient restés 76 heures sous l’eau ils n’avaient plus que 12 heures de réserves d’oxygène à l’intérieur. Personne ne remarquera ce jour-là que la mission de l’engin n’avait rien du tour océanographique et était bien militaire... avec sa cloche de contact spécialisée.

Un de leurs musée militaire, justement, celui de Kubinka, devenu le fameux musée « Patriote » cher à Vladimir, présente un fort étrange engin de sauvetage, jamais aperçu en activité il semble (ici à gauche) qui n’est pas sans rappeler le mésoscaphe suisse de Jacques Piccard pour le tourisme sous-marin dans le Léman en 1964 (ci-contre à droite;  lire ici la saga de Jacques, digne héritier d’Auguste). Ou plutôt l’Aluminaut, un engin plus court, qui faisait 80 tonnes et était fait de 11 cylindres d’aluminium forgé mis bout à bout et fermés par deux demi-sphères. Vitrine océanographique de la Reynolds Metals Company, conçu dès l’année 1956, il a connu des déboires ; au départ démuni de kiosque, il avait sombré lors de ses premiers essais, et une maquette au 1/6eme de remplacement avait du tester sa formule finale en 1960. Il est allé chercher la bombe perdue à Palomares en Espagne et a même réussi à tirer de l’embarras son collègue l’Alvin, en 1969 qui avait sombré à 1 500 mètres (4 900 pieds de profondeur alors qu’on le remorquait au sud de Nantucket Island et re trouvera aussi une torpille de 950 kg égaré par la Navy aux Bahamas : remonté, on avait changé la sphère d’acier de l’Alvin contre une en titane de 15,5 tonnes ! Il sert toujours et a aidé par exemple à réparer la tête de puits du désastre de Deepwater Horizon dans le golfe de Mexico (ici l’ancien, en-dessous le nouvel Alvin, voir ici les changements de forme).

On notera au passage que les russes ont l’art de copier tout ce qu’ils voient chez les autres…  les américains avaient eu les Deepstar ou autres Star III en plus de l’Alvin, les russes ont donc eu leur Consul, alias AS-37 Rus comme DSV sorti du Malakhit design qui est transporté aujourd’hui par le Yantar (il en sort par le flan, ici à droite). C’est un engin bien conventionnel en effet, équipé conventionnelle, d’une sphère à pression habitable de 2,1 mètres (6,9 pieds) de diamètre et 100 millimètres (3,9 pouces) d’épaisseur, soudée à partir d’un alliage de titane, avec une flottabilité fournie par une mousse syntactique fabriquée en Russie. Le 15 décembre 2015, l’AS-37 Rus a ainsi réalisé une plongée à 6 810 mètres de fonds dans l’Atlantique, avec trois personnes à son bord.

L’épave intrigante du Bayou

L’engin du musée russe intrigue, mais un autre qui lui ressemble également. Les russes avaient révélé dans les années soixante le Project 1825 « pour mener des recherches scientifiques dans le domaine de la biologie marine, l’océanographie et la géologie marine. » Le premier prototype de submersible appelé « North-2″ avait été construit en 1968 dans l’entreprise « Admiralteyskiy SSZ », de Léningrad.  En 1970, il avait été lancé et a passé ses tests d’essais en mer Noire pour être ensuite transféré à la base d’essais du PINRO (Le Nikolai M. Knipovich Polar Research Institute of Marine Fisheries and Oceanography), la Fondation pour la recherche à Mourmansk, au nom de l’institut Knipovich, cet océanologue et ichtyologue pionnier  réputé, spécialiste de la mer de Barents (on y revient). L’engin était censé « surveiller les concentrations commerciales de poissons, prélever des échantillons de sol et « étudier le comportement des animaux marins à des profondeurs allant jusqu’à 2000 mètres ». Pour ce faire, il était doté de trois énormes hublots avant de 1,20m de diamètre extérieur. Il arborait un beau sigle CCCP (URSS) sur sa proue. Mais comme la soucoupe plongeante de Cousteau c’ était aussi un programme déguisé de l’armée (l’US Navy s’y était intéressé !), le North-2 devais logiquement servir à autre chose également. L’engin a ensuite sombré dans l’oubli, mais, surprise, on l’a retrouvé à l’état d’épave (ici à droite et ci-dessous) en 2017… aux USA, en Alabama… sur un chantier de constructeur de remorqueurs fluviaux (Steiner Shipyard) qui avait travaillé jadis pour l’armée US et lui construire des Liberty Ships !!!

Que faisait donc t-il là ? On l’ignore !!! L’engin (c’est le Sever2 bis, l’autre serait resté à Sevastopol) aurait été acheté en Ukraine, à une date indéterminée, après la chute de l’URSS, et on ne sait absolument pas comment ni par qui exactement. Un blog qui l’a retrouvé commente : « comment un submersible ukrainien a-t-il fini par pourrir dans un chantier naval de bayou en Alabama ? »

« Apparemment, un entrepreneur l’a expédiée d’Ukraine avec son équipage de cinq hommes après la chute de l’Union soviétique, puis a disparu. L’équipage est resté bloqué au Bayou LaBatre jusqu’à ce qu’il soit finalement expulsé. Et là, je doute qu’il naviguera à nouveau. C’était un peu un défi de l’identifier jusqu’à ce que je trouve un timbre commémoratif en ligne et que je l’associe aux images que j’avais prises. C’était la dernière pièce du puzzle – c’était  un «Sever-2» perdu depuis longtemps ». Il est vrai aussi que gelé sur le pont d’un bateau russe (soit « l‘Odissey » soit « l‘Ikhtiandr » ses deux vaisseaux-mères océanographiques), on avait eu du mal à le reconnaître… ce fantôme de sous-marin de 38 tonnes (qui avait réussi à faire plier la remorque sur laquelle on l’avait posé aux USA) et 14 mètres de long quand même !!! Affaire commerciale ou opération de la CIA pour apprendre les ultimes secrets du titane ?

Les russes mettront au point en 1985 deux autres engins, plus petits, mais tout aussi efficaces,  » pour les travaux sous-marins, l’entretien de la construction et le contrôle des canalisations sous-marines, des lignes de câbles, de l’entretien des ouvrages hydrauliques ». Ce sont les « Reef » et « Walrus ». Eux aussi « pouvaient prélever des échantillons d’eau, de sol, ainsi que faire des séances de vidéo et de photos sous-marines. C’étaient des appareils robustes, cylindriques, avec des cadres externes proéminents (avant et arrière). La proue montrait deux gros hublots plats d’un diamètre de 40 cm, il y avait des petits hublots dans toute la timonerie centrale. Des projecteurs et un dispositif de manipulation avec 6 degrés de liberté, des buses pivotantes, des réservoirs de stockage étaient aussi visibles. Installés sur la base de Sébastopol des « hydronautes, » l’autre nom des services secrets, il seront remis à l’Ukraine en 1992, après l’effondrement de l’URSS.

Les russes, question sauvetage, s’étaient orientés en 1983 vers un autre procédé privilégiant un vaisseau mère et ses rejetons. Cela donnait une drôle d‘allure de mère canard transportant au sec ses canetons sur le dos, avec un sous-marin de classe India  transformé » :

Le constructeur Lazurit, celui qui a fabriqué les petits Priz class de sauvetage (en titane), avait aussi déposé un brevet similaire en 2016 sur la base d’un sous-marin plus récent. Deux engins ont été construits, le BS-486  et le BS-257. Mais on ne les a jamais vus venir sauver qui que ce soit. En revanche, on les croisés avec à la place des petits sous-marins sauveteurs… des chambres de compression pour nageurs des Spetnasz…  façon Sturgeon.

Que ce soit d’un côté comme de l’autre, on a donc bien été faux-jeton : ce qui nous a été présenté comme des engins « humanitaires »… destinés à sauver les pauvres sous-mariniers en difficulté étaient tous des bidules d’espionnage !!! A en perdre la boule (de bathyscaphe !) !

Transporté à pied d’œuvre

Comme tout bathyscaphe, handicapé par le poids de ses sphères (en titane chez lui) le Losharik a du mal à se déplacer seul. Celui-là n’a pas atterri sur le dos d’un autre, où il aurait été trop visible de toute façon. C’est donc devenu le bébé kangourou d’un bien plus gros sous-marin (un engin de la classe Delfin, devenu Bs-136 (datant de 1981; commencé en 1979) qui l’aide à se déplacer et le dépose où il veut: il s’accroche à son ventre, maintenu par deux grosses joues de métal bien visibles ici sur les côtés de son porteur..  comme ici à gauche quand ce dernier est dans sa cale de radoub. La première fois que l’on a découvert ça on a songé à un énorme sonar de « phase array » disposé de chaque côté. Non, ce sont des excroissances qui dissimule les crochets repliables qui enserrent le sous-marin qu’il transporte !! C’est le BS-136 Orenbourg, un ancien SNLE de la classe Delta III grandement modifié, puisqu’on lui a enlevé le compartiment missile, raboté le dessus, et ajouté un bon bout de tronçon central pour en faire désormais un des plus longs de la flotte russe (166 mètres, 9 de moins que le Typhoon).

Ce n’est pas le seul porteur désormais (preuve qu’il existe un second Losharik également ou un équivalent ?). En 2016, dans un dock (ici à gauche), on a eu droit en effet à une autre revenant, alors entre deux séances d’essais. C’est le K-64, un Della IV lancé en décembre 1981, ex leader de la la classe Paltus. Il avait été retiré du service en 1999. Son rôle, déjà, consistait à espionner, avec des « spécialistes » embarqués à bord en plus de ses missiles. En 2002, on le modifie une première fois en lui ajoutant une section centrale à la place des 16 silos à missiles qui sont donc enlevés pour faire de place pour des « équipements scientifiques » à la définition plus que vague. Mais l’argent manque… et on en reste-là. Le chantier reprend en 2008 avec son nouveau nom le Podmoskovye et, enfin terminé,  il est à nouveau lancé le 11 août 2015, ici à droite (pour faire croire encore une fois à une grande construction nouvelle signée Poutine !). On suppose que déjà en 2002 on prévoyait de lui faire emporter le Losharik : en sortant de son dock il fait désormais 174 m de long ! Depuis, il fait… dans l’espionnage lui aussi. En juin 2018; on le surprend avec sur le dos un drôle de truc : c’est un support connu et répertorié pour petit sous-marin de sauvetage de type AS-40 Bester… ou d’intervention militaire. On sait que dès que l’on parle sauvetage, désormais…

Des collègues russes du Jimmy Carter

Le Podmoskovye, le voici ici décrit : « la Russie  a remis en service un sous-marin d’espionnage de missiles balistiques après 16 ans, alors que les experts préviennent que le pays est en train de constituer une flotte qui pourrait renverser l’OTAN. Le Podmoskovie a été mis en service en 1986 et a été modifié au cours des 20 dernières années pour mener des missions spéciales. Le Podmoskovie a été photographié quittant son port de Severodvinsk en Russie le 22 octobre, rapporte le National Interest. Le sous-marin et sa sœur BS-136 Orenburg sont la réponse de la Russie au sous-marin secret de classe Seawolf de la marine américaine USS Jimmy Carter. Le Carter est capable de lancer et de récupérer divers véhicules sans pilote et peut soutenir des forces d’opérations spéciales. On pense que le Podmoskovie de Poutine est similaire mais peu de détails sur les sous-marins d’espionnage sont connus. En juillet, des experts ont averti que la Russie avait des sous-marins qui patrouillaient dans le monde et qui auraient violé les eaux britanniques en s’approchant de la base de la Royal Navy à Faslane, en Écosse ». En octobre dernier avait été découvert un drôle de truc égaré et échoué dans les environs : une barque propulsée par l’inertie solaire visiblement munie d’antennes… d’où venait ce truc ?

« Andrew Metrick, qui a co-écrit le rapport pour le Centre d’études stratégiques et internationales, a déclaré: «La Russie exploite un petit nombre de très petits sous-marins à propulsion nucléaire capables de plonger à plus de plusieurs milliers de mètres. «Vous pouvez imaginer à quoi pourrait servir un véhicule de submersion profonde déployable clandestin. « C’est assez effrayant de penser à certains types de missions. » Après que Podmoskovie est entré dans le port en 1999, ses tubes de missiles ont été retirés trois ans plus tard. Le sous-marin semble également avoir eu sa coque allongée. On pense que Podmoskovie peut lancer et récupérer des véhicules sous-marins sans pilote qui accostent sur le dessus où se trouvaient les missiles. L’un des sous-marins sans pilote s’appelle un Klavesin-1R et peut plonger à des profondeurs de près de 20 000 pieds. » Cet engin-là on va l’étudier un peu plus loin si vous le voulez  bien…

Le « Rusosus » : des réacteurs atomiques disséminés au fond des eaux

En octobre 2012, les voici officiellement partis en « mission géologique ». Mon oeil, malgré comment les russes présentent la chose : : « le«Losharik» a plongé à une profondeur de 2,5 à 3 kilomètres et est resté immergé pendant 20 jours, selon Izvestia » (repris ici par Barents Oberver). « En raison de la coque en titane et du réacteur nucléaire, le sous-marin peut rester beaucoup plus longtemps et beaucoup plus profond que tout autre bathyscaphes. Au cours de la plongée, l’équipage a collecté quelque 500 kg de roches à analyser pour prouver que la structure géologique de la crête se dirige complètement vers le pôle Nord. Le sous-marin transportait également du matériel de profilage sismique du fond marin et un sonar à balayage latéral. Lors de la plongée révolutionnaire dans l’Extrême-Arctique en septembre, «Losharik» a endommagé son équipement d’éclairage extérieur. Le sous-marin est donc maintenant emmené dans un quai à Severodvinsk pour réparation. Les «défauts mineurs» du réacteur seront également corrigés. » En fait de collecte de pierres, Le Losharik était parti vérifier la mise en place du nouveau réseau de surveillance sonar du pôle installé par les russes, appelé Harmony et construit par Almaz Antey sur le modèle du vieux procédé du SOSUS (SOund SUrveillance System), devenu depuis sa retraite militaire détecteur de baleines. C’est bien entendu présenté comme un réseau de surveillance sismique, officiellement, ce que peu croient tel quel. Le danger étant la dissémination de petites centrales nucléaires sur les fonds, destinées à alimenter les capteurs installés. Par dérision, le dispositif a déjà été surnommé « RUSOSUS » !!!

« Le ministère russe de la Défense a commencé à déployer un système de suivi par sonar sous-marin unique qui peut rendre des régions entières des océans «transparentes» en détectant tous les navires, sous-marins et même les avions et hélicoptères volant à basse altitude qui s’y trouvent. Le produit unique, qui a reçu le nom d’Harmony, est basé sur des systèmes robotiques sous-marins spéciaux qui sortent du sous-marin et déploient de puissantes stations de sonar au fond. Les robots transmettent les informations reçues au centre de contrôle de commande via des satellites. Selon les experts, certains éléments du système ont déjà commencé à fonctionner et Harmony fonctionnera pleinement au plus tard en 2020. Un complément probable (dans le cadre d’une approche centrée sur le réseau) ou une composante à part entière d’Harmony sera les complexes MGK-608 de diverses adaptations, dont les hydrophones (éléments récepteurs) impliquent une installation à une profondeur d’un kilomètre et une distance. jusqu’à 200 kilomètres de la côte. Les données acoustiques obtenues par les capteurs inférieurs après la numérisation doivent être transmises via une ligne de câble à fibre optique au poste à terre pour une analyse plus approfondie. Sans Harmony (au sens large) et MGK-608 (au sens étroit), les forces armées russes sont incapables de suivre et d’identifier les sous-marins étrangers dans ses propres eaux arctiques. La conséquence directe de cette situation est que sans système de surveillance sous-marine, la Russie ne peut fournir aucun avantage stratégique aux «Daggers» et aux «Vanguards», et le transporteur avec le «Poséidon» ne peut tout simplement pas avoir besoin de quitter les eaux territoriales russes. » On notera le coup du « câble optique » reliant les bazars entre eux, un bidule qui va intéresser pour sûr le Jimmy Carter…

Sous l’emprise du GUGI

Et ce n’est pas fini. Le 30 septembre dernier c’était le retour à sa base et en fanfare de « l’Akademik Aleksandrov » un navire à l’allure civile, au port de Severodvinsk après avoir vérifié l’état du réseau Harmony. Lui aussi est en effet sous la coupe du Main Directorate of Deep-Sea Research, le GUGI déjà évoqué ci-dessus. Le navire est équipé d’un treuil géant à l’arrière capable de relever le drone géant Poseidon (comme le prouve ici la photo de droite).

Le Losharik aurait donc également un petit frère plus récent, que l’on pense être le X-Ray (Project 1851 Almaz ou Nelma class, ou encore Paltus, -turbot ou flétan- en russe- un appareil voisin, lancé en 1991 à Sudomek, qui lui serait nucléaire, comme le N-1 américain, avec trois exemplaires l’AS-21, l’AS 23 et l’AS-35) qui lui aussi a été dessiné en 1971 et dont le design interne éviterait les sphères de bathyscaphe pour un tube comportant à la fois la motorisation et les compartiments humains ce qui signifierait qu’il ne serait pas nucléaire bien sûr, mais certainement encore en titane. C’est en tout cas le moins connu de tous. On lui a fait moins de publicité qu’au Losharik, aux prouesses plus importantes de plongée. Mais comme lui il dispose de phares et de pinces préhensiles, destinées à fouiner et ramasser sur les fonds, ou couper des câbles, le grand sport actuel des sous-mariniers.  On suppose donc qu’il en existe 2 ou 3 de construits, avec comme dimensions entre 63 mètres de long et un déplacement submergé de 1 450 tonnes, ou 40 mètres de long avec un déplacement submergé de 1 000 tonnes. En titane car ils descendaient vers les 1000 mètres de profondeur, largement en deçà des capacité du Losharik. Tous régis par le GUGI et ses ateliers… couverts :

 

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