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Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (7)

Il nous reste quelques exemples à examiner des rêves de grandeur militaire de Vladimir, écornés par l’échec récent de son sous-marin géant et de son hôte. Parmi eux, un bidule complètement fou, qui fait énormément penser à un autre datant des années soixante, époque où l’on voulait tout passer à la sauce du nucléaire (1). L’objet est ahurissant et, pour l’instant, fort heureusement lui aussi en échec. Seul un malade peut avoir pensé à ce genre d’armes… ce qui augure plutôt mal de l’avenir, côté russe. Les USA peinent à se passer du leur, de malade mental, la Russie a toujours le sien à la tête du pays…

Les tribulations d’un satellite baladeur… et tueur potentiel !

Après le fond des océans, cher à Vladimir, voici le ciel ou plus exactement l’espace, où là aussi ce n’est pas neuf à vrai dire. En novembre 2019, la Russie lance un satellite, baptisé Cosmos 2542 (on les baptise tous Cosmos là-bas !). Surprise, la semaine suivante, ce satellite en pond un autre dans l’espace ou plutôt libère un sous-satellite, Cosmos 2543, qui se montre capable de manœuvrer en orbite pour aller observer, inspecter ou espionner d’autres satellites, visiblement. Il révèle très vite ses capacités, en venant se rapprocher d’un satellite-espion américain (USA-245, NROL-65) et d’un autre satellite russe, avec un jeu de chat et de souris en orbite que les astronomes remarquent à la fois étonnés et amusés (à gauche c’est une représentation du N2342, rien ne dit qu’il y ressemble).  Le N65 est un gros engin de type KH-11, cette lignée de télescopes à la la Hubble pour militaires, dont les secrets sont jalousement gardés par le Pentagone: on ne sait même pas à quoi il ressemble vraiment. A bord, il y a un télescope de 2,4 m de diamètre capable de voir au sol une résolution de 15 cm ! L’engin est très lourd : 15 tonnes, pour une vingtaine de mètres de long !!! Un vrai autobus ! Il doit donc être lancé par une énorme fusée Delta IV-H. On peut simplement le voir passer, comme ici au dessus de la Hollande en 2013 (le 28 août). Dans l’armée américaine, on rigole nettement moins et un communiqué officiel est pondu qui s’en est publiquement alarmé. « Le 15 juillet vers 7 h 50 GMT (3 h 50, HE), Cosmos 2543 (le sous-satellite, qui fait moins d’un mètre carré de surface, selon les militaires américains), a libéré un objet à une vitesse relative élevée, de l’ordre de 200 mètres par seconde, estime l’astronome Jonathan McDowell. Baptisé «objet E» par les Américains, il est aujourd’hui encore en orbite et ne semble rien avoir heurté (en 2017, le même scénario s’était produit avec un autre appareil russe). On ignore sa taille, sa forme et sa nature, mais cela ne change rien à sa dangerosité ». Encore un « renifleur » !! L’engin avait été discrètement lancé du cosmodrome de Plesetsk (parfois Plessetsk), situé à à 200 km au sud d’Arkhangelsk, au nord-Ouest du pays, par une fusée de type Soyouz-2-1v (anciennement appelée Soyouz-1) qui n’est autre qu’une bonne vieille Semiorka (à base de Missile R-5 qui constitue en quelque sorte le corps de l’engin du jour) dont on aurait oublié de mettre autour les quatre boosters à sangle, avec un premier étage aussi modifié. Son moteur NK-33-1, celui de la fusée géante soviétique N1 indisponible a en effet été remplacé à la base de l’engin par un modèle NK-33A de Kouznetsov fixe, aidé par 4 tuyères de RD-0110 supplémentaires montées sur verniers, ceux dérivés du RD-0108 qui propulsait le Voskhod !!! Recyclage à tous les étages ? L’étage supérieur Volga, lui, est construit (à neuf) par TsSKB à Samara. Le troisième étage est dérivé de l’étage supérieur Ikar, lui encore est aussi un recyclage des modules de propulsion de satellites de type Yantar, des télescopes espions bien connus décrits ici, qui eux aussi lançaient des boules de films à récupérer comme le faisaient les américains. L’engin peut mettre 1,5 tonne en orbite depuis Plesetsk (et 2,85 tonnes en orbite basse depuis le cosmodrome de Baïkonour; il peut aussi décoller de Kourou). Poutine fait en fait beaucoup de neuf… avec beaucoup de vieux !

Nostalgia story au Kremlin

C’est un Poutine triomphant qui nous avait gratifié en mars 2018 d’un show à l’américaine, fait avant tout d’images 3D, pour annoncer de grandes nouveautés en matière d’armement. L’une de celles-ci était le retour d’un vieux serpent de mer, celui de la propulsion par réaction à base d’énergie nucléaire, un bidule qui n’a en réalité  jamais marché : les américains avec un B-36 modifié (ici à droite son cockpit protégé au plomb !) s’y étaient attelés, comme les russes avec un bombardier porteur également, un Tu-95 bien sûr (ci-desssus à droite), avant d’y renoncer tous les deux et après avoir aussi certainement irradié un bon nombre d’équipages ou de rampants. Tenter ce genre de choses, c’est vraiment jouer avec le diable en effet. Un réacteur nucléaire miniaturisé, léger et sécurisé est extrêmement difficile à fabriquer. Et le risque d’irradiation constant. Ces engins du diable ont été remisés après des essais dont aucun ne s’était montré concluant, côté russe comme côté américain (à gauche ici c’est le réacteur russe lors de son démantèlement, réalisé il semble bien sans trop de protection). Sur le B-36 il était prévu au départ d’alimenter 4 réacteurs positionnés sous le fuselage (cf ici à droite et là en meilleure définition), les deux doublets de réacteurs en poids extérieurs similaires aux B-52 étant prévus pour recevoir chacun un autre type de réacteur beaucoup plus petit. La seule version testée emportait un réacteur qui ne servait à rien en fait, sinon à tester le poids du bazar et son refroidissement ! A l’époque on avait rêvé tout éveillé pour mettre des réacteurs nucléaires sur tous les avions à venir (cf ici à gauche en 1957)… chose qui n’a jamais été faite !!!

Il n’empêche, à la surprise générale en mars 2018, Vladimir annonçait donc l’arme suprême : un « missile nucléaire », entendez par là propulsé par un réacteur atomique : on se frotte les yeux en se disant ça ne va recommencer ces bêtises infaisables mais si… L’engin s’appelle le 9M730 Burevestnik (Petrel ou « oiseau de tempête » en russe) ou SSC-X-9 Skyfall aux USA et il marche, ou est censé marcher, selon toujours le même principe de chaleur émise par un réacteur à bord, comme le montre le schéma ci-contre à droite. C’est un missile de croisière qui, logiquement, pourrait donc voler indéfiniment, à se demander pour quoi faire exactement, déjà. On ne comprend pas l’intérêt en effet, – faire le tour de la Terre ? –  un missile de croisière étant fait par définition pour un aller… sans retour. Extérieurement, l’engin paraît bien banal.. et pas vraiment furtif non plus, avec son fuselage au carré.  A moins de voler sous la ligne de détection des radars, on ne voit pas vraiment ce à quoi il est destiné. On se demande vraiment ce qu’est cet OVNI militaire (ci-dessous à droite en vol lors d’un test). D’autant plus que question détails, les vidéos nous le montrent aux trois-quarts bâché, comme si… l’engin n’était pas fini, ou bien pas encore totalement figé.  Ou bien carrément faux, façon … Iran ! Un autre « tapis volant » tissé par Vladimir ?

La résurgence d’un projet américain ahurissant de 1955 ?

Très vite on s’aperçoit que là aussi c’est une vieille histoire que celle d’un missile baladeur à faible altitude, pouvant se diriger tout seul pendant des jours complets, en évitant des régions entières ou en les contournant. C’était en effet la définition exacte d’un drôle de bidule imaginé dans les années soixante par les américains (Poutine, ou les militaires russes seraient nostalgiques à ce point ?), un missile appelé alors Supersonic Low Altitude Missile ou SLAM. A croire que les chercheurs russes se sont amusés à feuilleter le catalogue des occasions ratées américaines, en remontant très loin dans leur nostalgie délirante ! A l’époque, les américains avaient rêvé debout d’un missile du même genre, mais encore plus meurtrier, qui présentait en 1955 un aspect révolutionnaire avec « une forte dépendance à l’automatisation » décrit son manuel. « Il aurait la mission d’un bombardier à longue portée, mais serait complètement sans pilote: il aurait reçu les commandes radio jusqu’à son point de sécurité, après quoi il s’appuierait sur un système de radar de correspondance de contour de terrain (TERCOM) pour naviguer vers des cibles préprogrammées. »

C’était à l’époque des transistors à tubes, je vous le rappelle, et à bord, en plus de son moteur nucléaire, je ne vous raconte pas le chauffage à l’intérieur (il devait voler à Mach3 en plus, l’échauffant davantage encore) : l’engin était davantage un radiateur volant qu’autre chose !! Un drôle de truc que cet engin : le SLAM avait comme moteur un stato-réacteur (genre procédé Leduc) fonctionnant à l’atome, dont le prototype avait été le projet Pluton (Pluto). La vidéo US de l’époque résonne bizarrement quand on la compare aux vidéos de Poutine !! Ça se présente en effet pareillement !!! Les deux réacteurs prototypes de cette recherche appelés Tory-IIA et Tory-IIC seront des… chariots de chemin de fer avançant par réaction.. des monstres de plusieurs tonnes avançant sur roues quelques secondes avant de… fondre ou s’abîmer irrémédiablement (ici à gauche). Encore aurait-il fallu miniaturiser ce bazar, cette chaufferie gigantesque et la caser dans l’aile delta prévue : l’engin volant n’a donc logiquement jamais vu le jour !!! C’était un vrai engin de la mort en tout cas : « les radiations et émissions de neutrons directes émises par le réacteur, dépourvu de blindage  rendraient malades, blesseraient ou tueraient toutes formes de vies croisées en chemin. Le flot de retombées radioactives dispersé dans son sillage empoisonnerait le territoire ennemi, et son site d’impact, sélectionné de façon stratégique, recevrait une dose importante de contamination radioactive ». Un Tchernobyl autoguidé !

On ne sait quel cerveau malade exactement avait pu songer à ça… (à part Curtis LeMay, qui avait déjà broyé et enflammé inutilement Tokyo et noyé la Corée du Nord)… l’engin était aussi un bombardier, capable d’emporter en prime avec lui 14 bombes atomiques largables 750 kilotonnes, ou 42 de 5 kilotonnes et une seule de 26 mégatonnes !!! Après trois années de recherches et un coût de 260 millions de dollars américains de l’époque (2, milliards de dollars actuels) le projet, infaisable, avait été arrêté le  Le four complet (vocable qui lui allait parfaitement à cette chaudière ambulante et ailée !). A peine avait-il servi à mettre au point de nouvelles céramiques !

Un ratage en beauté

Poutine aurait-il ravivé ce projet fou ? On va vite le vérifier, mais pas comme on le prévoyait: en novembre 2017, des satellites US avaient détecté une effervescence de bateaux russes en mer de Barents. Ça remuait sec en effet plutôt frénétiquement. Trois bateaux avaient été repérés dont un équipé pour recevoir et manipuler des matières radioactives : les russes avaient visiblement égaré leur super-missile, qui avait décollé du site de lancement habituel de tests de Matochkin Shar en Nouvelle-Zemble (Novaya Zemlya), près de la mer de Barents… dans lequel il s’était donc écrasé. En fait, c’est sa quatrième tentative, et pas une seule n’avait réussi jusqu’ici ! Mais là c’est plus gênant : il est parti à la baille, avec son réacteur continuant à irradier autour de lui !! D’où l’effervescence remarquée sur les flots  !!! Voici les russes dans le cas du crash de Palomares de 1966 !!! C’est parti pour une bonne séance de pêche !! « Les tests ont apparemment montré que le cœur à propulsion nucléaire du missile de croisière n’avait pas démarré et que, par conséquent, l’arme n’avait pas réalisé le vol indéfini dont Poutine s’était vanté. Les tests ont été commandés par de hauts responsables du Kremlin malgré les objections des ingénieurs du programme, qui ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que le système n’en était qu’à ses débuts, ont indiqué des sources. Lors d’un discours sur l’état de la nation en mars, Poutine a affirmé que le missile de croisière était capable de livrer une ogive à n’importe quel point du monde tout en évitant les systèmes de défense antimissile. Dans le même discours de deux heures, Poutine a vanté un arsenal de nouvelles armes hypersoniques, qu’il a qualifiées d ‘«invincibles». Sur les six armes lancées par Poutine en mars, CNBC a appris que deux d’entre elles seraient prêtes pour la guerre d’ici 2020, selon des sources ayant une connaissance directe des rapports des services de renseignement américains. » L’explication du « cœur n’ayant pas démarré » officiellement étant bien sûr destiné à rassurer la populace : or, on voit mal un engin de ce genre se promener loin avec la seule puissance de ses boosters de lancement…

Les russes avaient déjà fait une incursion dans les missiles de croisière, mais à leur façon dans les années 50. L’engin de Lavochkin , le Burya, (La-350 à statu-réacteur) était pour le moins rustique, disons (ici à gauche). Ça c’était vraiment avant Poutine, et ça n’a jamais vraiment marché non plus à vrai dire. Il y a avait une version pilotée avec un habitacle installé dans l’étage de croisière (bien visible ici à gauche). A l’approche de la cible, le pilote devait s’éjecter et se poser en parachute. Pas vraiment fûté ça : tomber dans les lignes ennemies juste après avoir détruit un des sites… de l’ennemi !!! Mais l’engin, en automatique, fera du mach 3,2 record non homologué, puisque engin resté secret !!!

Quand Poutine joue avec le feu.. et en redemande

Finalement, les bateaux ne semblent donc pas revenus bredouilles de la Mer de Barents, qui n’en était pas à son premier déchet nucléaire reçu à vrai dire (2)  Une région fort attirante ces derniers temps, et lié à Mourmansk et Arkhangelsk, comme le montre cette carte ici à droite. A peine le temps de s’en remettre et on y retourne (mais pas au même endroit) : le 9 août 2019, l’agence russe pour l’énergie nucléaire Rosatom se retrouve contrainte à le confirmer :  de la forte radioactivité a en effet été constatée à Nyonoksa près de Severodvinsk, dans le nord de la Russie, provoquée selon elle par « un accident impliquant le test d’une « source d’énergie isotopique pour un liquide -moteur de fusée à propulsion « . Mince se dit-on, encore le même qui fait des siennes. Pas exactement, à vrai dire…

En fait d’accident, s’est produit une explosion qui a fait cinq morts, des images montrent des blessés amenés par un hélicoptère Mi-8 déjà vu sur place auparavant (le RA-22629). L’hélico est un service ambulancier civil qui dessert « une assistance dans les villes des régions d’Arkhangelsk, l’Okrug autonome de Khanty-Mansi et l’Okrug autonome de Yamalo-Nenets ». Avec comme comité d’accueil des hommes en combinaison anti-radiations… et une ambulance dont on a au mieux protégé les occupants avec du film polyéthylène qui dépasse des portes : on a fait dans l’urgence et sans équipements vraiment appropriés ! C’est d’une légèreté, face aux essais nucléaires connus qui se poursuivent dans le secteur qui frise l’inconscience la plus totale ! Comment peut-on agir ainsi ? En tout cas, se serait bien le maudit missile qui aurait été en cause pense-t-on : « le 10 octobre, Thomas DiNanno, membre de la délégation des États-Unis à la Première Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, a déclaré que « l’incident du 8 août ‘Skyfall’ […] était le résultat d’une réaction nucléaire survenue lors de la récupération de un missile de croisière à propulsion nucléaire russe « , qui est resté sur le fond de la mer Blanche depuis son essai raté au début de l’année dernière « . Ce que montrent les satellites c’est en effet la présence pas loin d’un navire appelé le Serebryanka, qui est justement spécialisé dans le transport de déchets ou objets radioactifs. A gauche ici une belle brochette de navires liées à des activités nucléaires à Mourmansk dans les années 2000 : le cargo nucléaire Sevmorput (orange), le brise glace Sovietskyi Soyuz (rouge) et à gauche le plus petit, le fameux ramasseur de déchets (gris) aperçu après l’explosion, le Serebryanka. Le 21 novembre, lors de la cérémonie de remise des médailles posthumes aux familles des hommes décédés, Vladimir Poutine a déclaré que les scientifiques tués dans l’explosion du 8 août étaient en train de tester une arme «sans précédent»: «Nous parlons de la technique la plus avancée et la plus inégalée. idées et solutions sur la conception des armes pour assurer la souveraineté et la sécurité de la Russie pour les décennies à venir « . Il a également noté que » l’arme doit être perfectionnée indépendamment de quoi que ce soit « . Le lieu même de l’enterrement en dit long : il a eu lieu le 12 août à Sarov, ville où se situe le principal centre de recherches nucléaires russe (surnommée « le Los Alamos russe », on y fabrique toujours les ogives nucléaires du pays et son musée y montre les première bombes A et H plus, à gauche ici, la célèbre Tsar Bomba, la pire jamais testée, ici à droite). Une ville aussi placée sous très haute surveillance et interdite d’accès aux étrangers. Bref, une autre façon de dissimuler des renseignements sur ce que l’on faisait exactement à Nenoksa !!

Le Peenemünde de Vlad

Le centre de Nenoksa, de loin, à de fortes allures de Peenemünde en réalité, comme le montre une photo saisissante d’un missile dressé à cet endroit (un Iskander R-500 ou un SS-N-21 SLCM Sampson: RK 55 de 1987 ?), un engin prêt à partir au milieu d’un environnement qui paraît bien succinct (ici à gauche). On penserait y voir facilement le fantôme de Von Braun en effet ! On est loin des grands écrans 3D avec lesquels Vladimir avant vanté ses nouvelles armes si terrifiantes qui peinent tant à se mette au point, si elles y arrivent un jour avec cette aberration  volante qu’est ce missile de croisière à moteur nucléaire. La réalité de Poutine est bien plus « cheap » que ce qu’il a tenté de nous vendre, en faisant l’impasse complète sur la dangerosité de mise au point de telles armes, qui risquent de tuer davantage d’ingénieurs que de soldats durant leur développement. Poutine c’est avant tout de l’esbroufe, comme on a déjà pu le dire moult fois ici.

Poutine est soit inconscient, soit pervers : le danger va subsister sur place bien au delà de l’explosion, pour les riverains, comme lors de tout accident nucléaire. Le directeur scientifique du centre militaire affilié à Rosatom, Vyacheslav Soloviev, finit par lâcher le morceau quelques jours plus tard en annonçant « qu’un petit réacteur nucléaire aurait été endommagé ». Un euphémisme pour décrire le moteur du fameux 9M730 Burevestnik.

Et ça ne s’arrête pas là, car le , un mini sous-marin de Classe Priz (modèle AS-34, ici à droite, que vous connaissez bien désormais), est aperçu sur les lieux. Cet appareil est celui qui avait été amené sur les lieux du naufrage du Koursk en août 2000, et qui n’avait pas réussi à s’arrimer au sous-marin en perdition.

Que cherchait-il ainsi ? Il peut explorer jusqu’à 1000 mètres de profondeur, on le sait. Le fameux « réacteur » qui aurait été projeté sur des hauts fonds ? Les corps des ingénieurs ont été eux, projetés en mer ! Des images satellites (ici dessus) montrent que deux barges servant aux essais sont complètement ravagées (cf ci-dessus). Pour ne rien améliorer à l’inquiétude naissante, le 31 août le commandant de l’unité militaire 09703 (responsable du terrain d’entraînement et d’essais militaires de Nyonoksa) interdit aux habitants d’aller eux-mêmes à la pêche aux morceaux dispersés dans la nature. En gros, ils seraient donc fortement radioactifs, signe que le réacteur lui-même aurait alors carrément explosé !

Et cela ne s’améliore pas bien sûr avec les jours qui passent : la radioactivité, c’est pour… des siècles, en général. « Le , une vidéo du rivage de Nyonoksa, publiée par Novaya Gazeta montre les deux pontons radioactifs utilisés dans les tests, échoués à l’embouchure de la rivière Verkhovka sur la grève de sable de la Baie de Dvinskaya, à 4 km de la gare de Nyonoksa. Selon les habitants, l’un des pontons s’est échoué là spontanément et l’autre a été apporté par un remorqueur. Le , le rayonnement de fond ne dépasse pas la norme dans le village voisin mais sur le rivage, à 150 mètres des pontons, il atteignait 154 micro-roentgen/heure et des habitants quelques jours plus tôt avaient dit que les dosimètres indiquaient 750 micro-roentgen/heure au même endroit (plus de 10 fois la norme). Dans le même temps, des déchets déposés près des pontons par l’eau sont également radioactifs (150 à 190 micro-roentgen/heure enregistrés ; un dosimètre Radex indique 154 micro-roentgen/heure près de débris et 186 près de la corde de remorquage ».

Des études plus rassurantes ont montré que la radioactivité est passée aussi sur le rivage sous forme de nuage mais semble-t-il avec des composants qui perdent rapidement leur radioactivité : du strontium 91, du baryum 139, du baryum 140 et du lanthane 14. Pour ce blog, l’engin qui a explosé ne serait en tout cas pas un Burevestnik : l’explosion serait provenue de déficience de liquides (carburant-comburant) or le missile ne contient pour décoller que des boosters à poudre, on l’a vu. Selon l’auteur, ce serait plutôt un Radioisotope Thermoelectric Generator (RTG) à liquide, justement qui aurait été disposé à bord d’un missile d’un autre genre, de type 3M22 Tsirkon (code OTAN SS-N-33Zircon), un engin hypersonique capable de voler à Mach 8 grâce à un nuage de plasma l’entourant durant son vol selon les russes (sur le principe de la torpille à cavitation Chkval dans l’eau) : celui fabriqué grâce au RTG, peut-être bien. Un RTG, c’est aussi un générateur comme celui qui équipe les sondes martiennes de la NASA (ou qui équipait la sonde Cassini). L’engin aurait volé sur 450 km en octobre 2020 (c’est peu, car ça fait 3 minutes de vol seulement !) mais là aussi les informations sont succinctes : il était annoncé comme « prêt », déjà, en 2013. Aujourd’hui, Poutine parle de 2023 pour sa mise en service… Il nous aurait vendu encore une fois du vent ?

Le missile hyper-supercalifragilisticexpialidocious  (3) ?

Il ressemble comme deux gouttes d’eau à un modèle américain…ce missile, qui est plutôt en échec depuis ses débuts (au grand dam de Donald… qui a annoncé un engin faisant du Mach 17, laissant bouche bée ce jour-là ses propres généraux qui devront confirmer après coup la vitesse atteinte paraît-il par cet autre appareil qu’est le Joint Common Hypersonic Glide Body (ou C-HGB)…), en fait celui-là, c’est un cône de fusée de rentrée porteur d’une charge atomique mais manœuvrant (ici à droite son allure prétendue, une maquette simplifiée). Dix ans après sa première annonce donc, pour Vladimir l’engin aurait fait des siennes, mais pas comme espéré. L’homme aurait-il aussi tendance à prendre ses rêves pour des réalités ??? « l »hypermissile » cité, appelé Avangard (ici à gauche avec son bouclier de plasma lors de la présentation en animation de Poutine foncerait à Mach 20 (soit 24 696 km/h)… et il aurait selon les russes atteint Mach 27 (33 339 km/h) en essais en 2017… sans que personne ne le confirme. Et qu’aucun véhicule volant n’ait jamais atteint ça dans l’air ambiant (on est dans la très haute atmosphère ou dans l’espace, il est vrai !)…  Chez Trump ça n’est guère mieux, car c’est traduit chez lui par un « «nous avons des trucs que vous n’avez jamais vus ou dont vous n’avez jamais entendu parler. Nous avons des trucs que Poutine et Xi ne connaissent pas, a-t-il ajouté en référence aux présidents Vladimir Poutine de la Russie et Xi Jinping de la Chine. Ce que nous avons est incroyable.» » L’arsenal US contemporain décrit par un enfant de 5 ans… c’est tout aussi ridicule que les dessins animés de Vlad ! A signaler que les premiers « gliders » (planeurs) hypersoniques datent des années 60, quand on a commencé à s’intéresser à comment rentrer dans l’atmosphère sans finir en cendres (cf ici à droite avec « l’ASV-3 Asset« ) et envisager une navette spatiale. Une idée provenant du pionnier allemand Eugen Sanger avec son  « Silbervogel » (silver bird). Bref, en pleine … Guerre Froide !!!

Le nouveau printemps du vieux cygne blanc (Белый Лебедь) 

Poutine voit grand, on le sait. Trop grand pour son pays, très certainement. Alors qu’il nous bassine ses ambitions démesurées et qu’on nous annonce un bombardier furtif qui serait lui « hypersonique », (c’est assez contradictoire, en fait, d’aucuns ne le voient que « subsonique« ) avec forces crayonnés d’engins imitant plus ou moins le B2, ou un engin triangulaire, voici que l’on annonce que « l’on a entamé la construction du premier exemplaire expérimental de l’appareil dénommé « complexe aéronautique avancé pour l’aviation à longue distance » appelé plus sobrement PAK DA ou T-50 . Sur Russia Beyond on y est allé une peu fort question dithyrambe : « le nouveau bombardier stratégique attaquera l’ennemi sans quitter le sol russe » écrit-on sans rire. A se demander pourquoi s’embêter alors à le munir d’une paire d’ailes !!! Selon le même magazine « la conception du nouveau bombardier stratégique a été lancée en 2009. Le contrat de conception a été remporté par le groupe Tupolev »...

Durant tout ce temps ou on a entendu parler du loup, Poutine a néanmoins réussi à en fabriquer un de bombardier neuf. Un Tupolev, justement, tiens ! On l’a sorti en grande pompe d’un hangar le 3 novembre dernier (en fait c’était le N°8 fabriqué neuf en  2017 devenu Piotr Deynikin, celui que l’on voit !). Baptisé Igor Sikorsky, ce nouvel arrivant, c’est en fait un… Tupolev 160 (surnommé « Cygne blanc ») dont la chaîne de production a été relancée pour la deuxième fois (la première ayant été en 2000). L’engin présenté comme neuf est en réalité le N°04-05 qui a effectué son premier vol le …19 décembre 1981 : il a donc presque… 40 ans d’ancienneté !!! De la vieille tôle présentée comme neuve, encore une fois  !!! Poutine fait encore une fois, comme avec les sous-marins, du neuf avec du vieux !!! Sur les 35 initiaux aujourd’hui 11 seulement volent toujours sur les 16 restants en état (l’Ukraine en ayant détruit 10 à la grue dévoreuse en devenant indépendante et en envoyant un dans un musée, cf la photo ici à gauche: quel gâchis !). La Chine avait vainement tenté en 1990 d’acheter les Tu-160 restés à Priluki avant qu’on ne les détruise, mais les russes y avaient apposé leur veto !!! Le nouveau venu est en fait le 14 eme construit, équipé de moteurs plus gros, des Kouznetsov K-32 02 de 25 tonnes de poussée chacun (les plus puissants au monde, ça c’est sûr au moins !). Poutine fait donc bel et bien du neuf… avec du vieux !!! L’engin de 267 tonnes (!), dont 148 de carburant (!) a coûté 15 milliards de roubles (soit environ 216 millions d’euros). Au poids, c’est amusant d’y penser, les contribuables russes ne sont donc pas totalement volés (les téléspectateurs de RT Russia davantage : pour annoncer le nouveau TU-160, ils sont mis en ligne un Tu-22M Backfire… très fort les gars !). 

Jeux dangereux

Ces jeux constants demeurent dangereux. On en veut pour preuve ce qui s’est passé de façon ahurissante le 26 septembre 1983, avec un militaire russe, Stanislav Petrov, décédé en 2017, qui a tout simplement sauvé le monde par sa présence d’esprit. Sans lui, la planète sautait en effet. A la base de l’erreur, un satellite espion défectueux (4), le Cosmos 1382, de type Oko (le mot russe pour « œil » !) dont le dernier modèle a été lancé en 2012 (ici son remplaçant). Les rodomontades de Vladimir avec sa super-torpille à tsunamis farceurs font penser à la même crainte. Ses robots de même. A part que là, il n’y aura plus personne pour les empêcher, une fois lancés… Poutine est l’apprenti-sorcier du XXe siècle !! Trump est fou, dé toute évidence, mais en face ce n’est guère mieux, hélas.

(1) on nous avait prédit un usage domestique du nucléaire : si, si, il y avaient pensé, avec en exemple cet aspirateur … surréaliste !! Remarquez, ils n’avaient pas prévu non plus les escroqueries signées Dyson, celui qui vend des aspirateurs et des sèche-cheveux au prix de l’or en barre. Ou des sèche-mains qui imitent parfaitement le bruit d’un 747 au décollage ! Disney aussi, avec VonBraun, avait beaucoup fait pour nous « domestiquer » le nucléaire…

A ce propos, le Savannah (US) lancé en mars 1962, avait été le premier cargo nucléaire au monde. Il a été resté du service dès 1972, mais pas son collègue russe, le Sevmorput, lancé plus tardivement en 1978, retrouvé il y a peu en difficultés au large de l’Angola et du Congo. Il devrait passer en Manche pendant les fêtes de Noël, remorqué, pour rejoindre son port de réparation de Saint-Pétersbourg… à espérer que tout se passe bien. Et qu’il ne fuit pas… le 14 décembre dernier on a dû évacuer son commandant malade, alors qu’il se trouvait au large du Sahara. Au 22 décembre il venait juste d’entrer dans le Golfe de Gascogne :

 

(2) « L’Union soviétique a utilisé les eaux à l’est de Novaya Zemlya pour déverser des réacteurs, du combustible nucléaire usé et des déchets radioactifs solides de la marine et de la flotte de brise-glaces civils à propulsion nucléaire. Environ 17 000 objets ont été jetés entre la fin des années 60 et la fin des années 80. La plupart des objets sont des conteneurs métalliques contenant des déchets radioactifs de faible et moyenne activité. Le défi aujourd’hui, cependant, ce sont les réacteurs contenant des déchets de haute activité et du combustible à l’uranium usé, des objets qui constitueront une menace sérieuse pour le milieu marin pendant des dizaines de milliers d’années si rien n’est fait pour les sécuriser. Les réacteurs des sous-marins K-11, K-19 et K-140, ainsi que l’ensemble du sous-marin K-27 (dans la mer de Kara) et le combustible d’uranium usé de l’un des anciens réacteurs du brise-glace Lénine doivent être levés et sécurisé. En outre, le sous-marin K-159 (dans la mer de Barents) qui a coulé au nord de Mourmansk alors qu’il était remorqué pour démantèlement en 2003 doit être soulevé du fond marin, concluent les experts. Un rapport d’étude réalisé pour Rosatom et la Commission européenne a évalué les coûts de levage des six objets, les transportant en toute sécurité dans un chantier pour le déclassement et la sécurisation des réacteurs pour un stockage à long terme. Le prix estimé pour les six sera de 278 millions d’euros, dont le K-159 est le plus cher avec un coût de 57,5 ​​millions d’euros. Contrairement aux sous-marins et réacteurs qui sont immergés dans les eaux relativement peu profondes de la mer de Kara, le K-159 se trouve à environ 200 mètres de profondeur, et sera donc plus difficile à soulever. Extraits de Thomas Nilsen, Le levage des réacteurs accidentés de la Russie du fond marin arctique coûtera près de 300 millions d’euros, 8 mars 2020″.

(3) comme il n’y a pas de mots pour décrire de telles prouesses on a eu recours au vocabulaire de Mary Poppins, il n’y a pas que Poutine a avoir des talents de magicien… en plus, à date de la Guerre Froide, ce terme !

(4) sur les satellites de la Guerre Froide, on peut s’amuser à feuilleter cette (longue) liste : tout y est.

1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121107

2) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121128

3) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121180

4) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121141

5) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121258

6) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121319

7) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121755

8) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-fin-de-la-navette-spatiale-8-87984

9) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121418

10) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121202

11) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121184

12) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122507

13) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121661

14) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121419

15) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122014

16) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121458

17) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122879

18) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121464

19) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122180

20) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122389

21) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-122876

22) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-121933

(23) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-141204

(24) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-141213

(25)  https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-146353

(26) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-146556

(27) https://av3.agoravox.net/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-146747

(28) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-28-146828

(29) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-146694

(30 https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-147002

(31) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-147110

(32) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-147168

(33) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-147210

(34) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-148137

(35) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-148961

(36) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-149776

(37) https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-folies-de-la-guerre-froide-147211

 

L’effarant – et effrayant- projet Pluton :

 

 

Autres docs à consulter :

sur le B-36 nucléaire :

https://www.secretprojects.co.uk/threads/nuclear-powered-aircraft-projects.855/page-8#post-397541

sur le gars qui a sauvé le monde :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/25-000-euros-pour-avoir-sauve-le-130973

 

Enfin, cadeau de fin d’année : armez vous de ciseaux, de colle et de patience et téléchargez l’un des ces fichiers, avec un peu de carton sous la main…

https://app.box.com/s/pare838jlwmwbq9j3bzysgljn8k44faf

là il faut appuyer sur « скачать »:

https://disk.yandex.ru/d/_A_2nj4G347HjC

https://app.box.com/s/pare838jlwmwbq9j3bzysgljn8k44faf

https://app.box.com/s/3j95lo0pctdqq1howwmyedw6nlqt892d

Bons collages !

 

Tous les articles de la série:  Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre froide

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (1)

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (2)

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (3)

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (4)

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (5)

Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (6)

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