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Avec Poutine, un sérieux arrière-goût de Guerre Froide (3)

C’est pendant la Guerre Froide que l’on a commencé à s’intéresser aux câbles de téléphonie sous-marine, bien avant l’internet et la télévision numérique. Et les premiers champions du genre ont été américains et non russes, avec une opération exceptionnelle d’espionnage que l’on va rappeler aujourd’hui, alors que l’on va fêter bientôt le cinquantième anniversaire des faits. Le camouflet subi par les russes ce jour-là sera longtemps ignoré… le secret de l’opération ayant enfoui son survenir dans les limbes des armoires de la CIA.  

Une affaire mémorable, mère de toutes celles qui vont suivre, d’un côté comme de l’autre, avec des moyens similaires parfois, mais le plus souvent différents…

Les prédécesseurs américains 

Battu par le nombre, notamment en sous-marins lanceurs d’engins, Poutine s’est tourné vers d’autres capacités de nuisance. Il a été l’un des premiers à se lancer dans les tripatouillages de fonds marins, ou plus exactement des câbles qu’il hébergent. Enfin le premier, pas exactement. Et pas vraiment en fait ! Ce sont les américains qui ont inauguré le genre il y a bien longtemps, en 1965, avec l’histoire incroyable de leur sous-marin nucléaire Halibut (SSGN-587) et de son collègue le Seawolf (le SSN-575, parmi les premiers à avoir été doté d’une hélice à 7 pales plus silencieuse).

Ci-dessous le Seawolf avant et après sa transformation – et son rallongement- en sous-marin espion : on remarque.. ses longs skis !

 

Ce seront les premiers spécialisés du genre qui auront comme digne successeur le Parche, qui, lui-même refilera le bâton de relais à l’USS Jimmy Carter, le petit sous-marin nucléaire  à roues (?) NR-1 (cf ci-dessous) se chargeant d’autres missions du même genre, toutes liées à des opérations de la CIA (en Suède notamment, cf ici à gauche où il a laissé sa trace – de pneus !).

L’histoire de la première grosse opération d’écoute de câbles sous-marins effectuée est assez incroyable en effet : des hommes-grenouilles sortis de leur tube accolé sur le dessus de l’arrière de leur sous-marin sont venus déposer sur les fond près de câbles téléphoniques de l’époque un gros cylindre contenant des micros reliés à des enregistreurs à cassettes, qui, rien que par les bruits émis par les câbles, pouvaient déchiffrer le langage codé qui y circulait (genre morse ou en numérique déjà). Cela évitait de couper le câble pour y apposer une bretelle, ce qui aurait été plus simple mais… vite repéré. Après ça, il suffisait de plonger régulièrement, chaque mois environ (à 120 de fond dans des eaux glacées, avec des tenues spéciales parcourues par de l’eau réchauffée !) et de remonter les cassettes, de les écouter, donc, branchées sur un des ordinateurs les plus puissants existant alors. Les russes avaient fini par s’en douter, en découvrant le bazar, le remontant pour l’exhiber, ici à droite, dans leur musée du Patriotisme, où on exhibe beaucoup de chars... Les américains l’avaient surnommé Ivy Bells, et dans ce cas, les cloches avaient été les russes. La leçon sera bien retenue, on s’en doute ! L’humiliation avait été cuisante !

L’incroyable Flétan (Halibut)

Restés longtemps discrets et surtout secrets, ces deux engins américains ont beaucoup innové avant tout le monde. Le Halibut n’avait pas du tout été conçu pour jouer à l’espion au départ : c’était un sous-marin lance-missiles, façon années soixante. A savoir qu’on fourrait dedans comme on pouvait 4 à 5 missiles en forme de petits avions (des Regulus), repliés dans son avant particulier (avec un bossage profilé sur le pont), et on en sortait un quand on le voulait pour le lancer avec ses fusées Jato, à partir du pont même du sous-marin. L’opération complexe, qui prenait du temps et faisait perdre le coup de la surprise propre au sous-marin, a vite fait long feu. Et le sous-marin, désormais au chômage, a donc été repensé entièrement… pour des opérations secrètes menées par la CIA. Cette dernière avait investi dans ce projet fou : les changements opérés dessus avaient coûté cher : 70 millions de dollars de l’époque, 205 millions actuels).

Une fois son garage à missile inutilisé, on a complètement refondu l’intérieur de ce dernier, pour y installer… une chambre de développement photo complète et un ordinateur, premier du genre (et de plusieurs tonnes donc !), un des plus puissants de l’époque (24-bit) et l’un des plus onéreux : un Sperry Univac 1124 en effet (ici à droite une partie du bazar et son tableau de commandes à boutons) !! On a mis ça dans un sous-marin !!! C’était aussi ça l’idée complètement folle !! Imaginez en effet la difficulté à amener ce truc sous la mer, avec ses tubes (cf ici à gauche) qui chauffaient à mort et sa fragilité flagrante. Le style des machines des James Bond (non pas cette pub là, il avait refusé de la faire), avec mémoire sur bandes qui cherchent les données rappelez-vous (ici c’est le modèle 1108). Et pourtant c’est ce qui a été fait !! Il fallait oser !! Mais l’espionnage a toujours été très inventif !!! Et là on a a eu une preuve éclatante !!! L’idée étant bien sûr de ne pas attendre de remonter les fameuses cassettes, pour ne pas non plus les bloquer trop longtemps, vu que l’on remettait les mêmes (elles étaient en effet uniques). Il fallait faire vite, et c’est donc pour ça que l’on avait apporté la phase critique du décryptage… au fond de l’eau !!! Incroyable procédé !! Sans oublier que pour alimenter la Ivy Bell, les américains avaient placé dedans un mini-réacteur nucléaire à l’uranium-238… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué (à droite un des ouvrages de référence sur la question) !!

Renseignements aux USA se dit  « Intelligence » : il en faut en effet 

Mais il n’y a pas que que la technique pour tout expliquer. Pour y arriver, il avait aussi fallu de la patience et beaucoup d’observation, effectuée par les hommes de l’art : les espions de la CIA. Et d’abord pour le repérer, ce satané câble. Le Halibut l’avait pisté de façon très prosaïque, alors qu’il partait de sa base de missiles nucléaires de Petropavlovsk, dans la péninsule isolée du Kamtchatka, vers la mer d’Okhotsk, au nord du Japon, direction… la Sibérie (cf ici à droite). Elle l’avait recherché de manière fort particulière, qui n’avait rien a voir avec ses capacités technologiques de détection, mais avec l’intelligence de déduction des fins limiers de la CIA. De la jugeote, ça sert aussi, en ce cas !!! Ces petits malins avaient constaté une chose courante, déjà… les ancres des bateaux s’accrochent aux câbles c’est bien connu, et font des dégâts considérables. Pour éviter cela, on disposait partout dans le monde des avertissements destinés aux bateaux de pêcheurs qui circulaient à proximité de ses câbles, leur demandant de ne pas jeter leurs ancres à cet endroit. Les russes avaient dû faire de même, s’étaient-ils dit, partant aussitôt pour une chasse aux panneaux rédigés en russe !!! Le sous-marin a donc immergé discrètement à plusieurs reprises près de plages de pêcheurs russes repérées à l’avance pour y déceler ces panneaux marqués en cyrillique avertissant de ne pas jeter d’ancre à cet endroit. A la jumelle, du haut de la baignoire du sous-marin, on a fini par en déceler. Les photos, développées à bord dans l’atelier avant du submersible, l’avaient confirmé. L’intuition des agents de la « Firme » avait été la bonne, et près avoir repéré les panneaux, il n’y avait plus après qu’à le suivre, ce câble, une fois trouvé le début, à partir du rivage et à le trouver à 120 mètres sous la mer via une recherche vidéo !!! Et commencer à s’activer discrètement autour !

Pour faire diversion, on expliquera (plus tard) au grand public (et aux russes) qu’il était parti en mission récupérer les fragments d’un test de missile russe appelé P-500 Basalt («Sandbox») qui s’était égaré en mer quelques semaines auparavant, pour l’analyser. Le missile équipait à partir de 1975 le porte-avion Kiev et les croiseurs de classe Kynda et Kresta I, et les russes envisageaient sérieusement de l’installer sur des sous-marins de  type Echo II et Juliett ce qui avait alarmé le Pentagone : l’engin (ici à droite) pouvait emporter soit une charge explosive de 950 kg soit une ogive nucléaire explosive de 350 k !!! L’Echo II embarquait déjà à l’époque son prédécesseur, le P-5 Piatiorka « Shaddock » (ici à gauche). Quartorze Echo II seront transformés pour emporter des Bazalt. Selon une rumeur, orchestrée faussement (par la CIA !), ce missile antinavire supersonique soviétique aurait été difficile à déjouer car il utilisait « un chercheur infrarouge avancé » dont la découverte aurait donc été un vilain coup porté aux russes. C’est aussi ce qui avait été raconté à l’équipage, seuls les sous-mariniers de sortie et les officiers étant au courant de la vraie mission ! Les russes eux se gaussant des recherches américaines car ils savaient bien ce que contenait leur missile, qu’il avaient laissé au fond autodétruit. Après avoir enregistré tout ce qu’il pouvait, le Halibut s’est donc dirigé sur le site du crash supposé, observé certainement par les russes, que l’on désirait ainsi berner, pour glaner (aspirer) pas loin de deux millions de minuscules fragments de missile P-500 complètement volatilisé gisant au fond, qui, une fois remontés ensemble, avaient permis de confirmer ce dont on se doutait déjà, à savoir que le fameux Sandbox n’utilisait qu’un radar classique pour se guider… et donc rien de révolutionnaire à son bord ! Mais un bel hoax bien fabriqué à dessein ! Espionner, c’est aussi et beaucoup réussir à intoxiquer l’adversaire ! Les occasions ne manqueront pas de toute façon d’en savoir plus sur ce genre de missile, c’est sûr : le , l’un d’entre eux, utilisé comme cible par la marine soviétique, visiblement raté, s’est écrasé dans en Laponie finlandaise. Mais là, franchement,, impossible d’y aller en sous-marin…  il était tombé au milieu du Lac Inari, gelé la moitié de l’année !!!

Comme dans un film d’Hollywood ou de science-fiction de l’époque, les plongeurs sortis de leur cylindre posé sur le Halibut se faisaient en plus assister par un drôle de petit robot en forme de ballon de football (européen, ici à droite), muni de 4 petits moteurs orientables et alimenté par un long câble pour le téléguider (via une caméra à bord). Il servait à les éclairer surtout.  Drôle d’ambiance, on imagine, au  fond, avec ce ballon espion espionnant… d’autres espions ! Le Halibut bossera dur durant toute sa carrière : c’est lui également qui a ramené 22 000 photos du sous-marin russe K-129 qui a coulé au large d’Hawaii en mars 1968. Howard Hughes savait grâce à ça ce que devait remonter exactement son Glomar Explorer !!! Comment a-t-il réussi à photographier (ou avec quels moyens !) les débris tombés au nord-ouest dOahu,à une profondeur d’environ 16 000 pieds (4 877 m) restait un mystère… jusqu’au jour où l’on apprit qu’il possédait aussi deux rovers très sophistiqués télécommandés surnommés «Fish». Long de 3,60m et équipé de caméras, de lumières stroboscopiques et de sonar, chaque «poisson» pouvait rechercher des objets à des profondeurs allant jusqu’à vingt-cinq mille pieds… (plus de 7500 mètres !) !

Il s’est aussi beaucoup baladé sur les côtes de Suède.. et celles aussi des alliés des Etats-Unis !!! Il a été mis à la retraite après plus de 16 ans passés à espionner et avoir effectué 1 232 plongées (près de 80 par an!).

Le champion des inspections sous-marines : le Parche 

La première moisson du Halibut avait été un franc  succès : les Russes étaient tellement persuadés que leur câble était bon qu’ils n’avaient même pas codé leurs messages ! Mais ça n’a pas duré longtemps ; un Samos, satellite espion américain détecte en 1981 qu’il y a beaucoup de « chalutiers » russes au-dessus de la zone du câble et de son boîtier espion. En express, le USS Parche (SSN-683) est envoyé récupérer la dernière bande. Quand il arrive, le pod n’est plus là. Un informateur américain payé 35 000 dollars par le KGB a en fait révélé l’endroit : c’est Robert Pelton, de la NSA(ici à droite), alors criblé de dettes, qui est arrêté en 1985 et condamné au départ à la prison à vie, dans laquelle il a en réalité croupi jusque 2015 sous le n° 22914-037 (il a été libéré cette année-là). Le cylindre est exposé aujourd’hui dans le musée soviétique cité. On déplore que dans l’opération, les Américains ont perdu leurs plongeurs que le Parche n’a jamais réussi à récupérer dans sa précipitation à quitter la zone !!  La (très) dure loi du métier, hélas pour ses sacrifiés du devoir d’espionnage…  Le successeur de l’Halibut, ce fameux Parche, arrivé trop tard sur ce coup-là, avait été encore mieux conçu pour espionner, car imaginé d’emblée pour cette seule mission. Il avait travaillé surtout dès son arrivée pour le National Underwater Reconnaissance Office (NURO), une association d’intérêts entre la Central Intelligence Agency (CIA) et la Navy, outre Ivy Bells, il a passé son existence à ramasser des bouts de missiles ou de torpilles russes égarées, ramenant de précieux renseignements sur leur fabrication ou le degré d’avancée de la technologie russe. Aujourd’hui encore on ignore les cas précis de ses interventions, toutes classées secret défense !!!

Avec cet engin, les hommes-grenouilles peuvent désormais entrer et sortir directement dans leur secteur de coque « réservé », à l’avant, et l’engin comme le Hallibut a été muni de skis, mais désormais sur vérins amortisseurs et rétractables surnommés « skegs ». De quoi se poser en douceur ! Il dispose aussi d’éjecteurs de propulseurs transversaux, à l’avant comme à l’arrière,  pour mieux se mouvoir sur les fonds (comme les navires actuels pour faciliter leurs mouvements à quai). Plus de gros phares sous le dessous. Ses capacités de calculs ont aussi fait un bon, on s’en doute ; il a été lancé en 1973, l’année où le premier ordinateur personnel, le Micral (français) est apparu !!  Les tubes qui chauffaient ont fait place à des transistors, bien plus résistants…. au fond de l’eau ! Et Skylab et Saliout tournent déjà autour de la terre ! Pour déguiser sa fonction réelle on le présente comme porteur d’un DSRV, un engin en forme de tube pouvant se greffer sur l’écoutille d’un sous-marin en perdition. En fait de sauvetage, c’est un faux engin (c’est même marqué ainsi dessus : « simulation » !!) :  car il sert réellement à déposer les hommes-grenouilles espions là ou le sous-marin ne peut se poser !! Il effectuera avec lui ses missions secrètes pendant un bon bout de temps, de 1978 à 2004. Plus tard on lui a ajoutera une chambre supplémentaire, à l’implant de la voile, qui devait servir de local pour les plongeurs, amenant vers une chambre hyperbare pour la décompression des plongeurs à saturation. A l’arrière un deuxième sonar sera installé dans une « goutte d’eau » au dessus de son pont. Ce sonar est cylindrique, comme ceux implantés en proue de corvettes.

Cela éliminera le faux DSRV qui a ensuite disparu du pont. Il sera suivi du Sturgeon (ici à droite) carrément muni sur le dessus de sa coque d’un garage (sec, appelé Dry Deck Shelter ou DDS) à véhicule sous-marin destiné  à recevoir des nageurs Seals avec leur petit véhicule de transport sous-marin (ici à gauche). Ce dernier contient 4 hommes, trois SEAL et un pilote ; il est en fibre de verre et en métaux non ferreux pour empêcher la détection et est alimenté par une batterie argent-zinc reliée à un moteur électrique. Le Mark VIII SDV, toujours utilisé aujourd’hui, a remplacé le Mark VII à partir de 1983. L’engin communique par radio, une AN/PRC-104 UHF (Ultra high frequency) compacte « navalisée ». Au fond de ce garage, une chambre de décompression pour les plongeurs. Plus tard encore, est arrivé le Jimmy Carter, beaucoup plus grand et supérieurement équipé pour espionner. Lire ici ses spécialités. Celui-là comme je l’ai dit, vu sa taille, il pêche au gros (via sa portion centrale rajoutée) !

Après 30 ans de service on l’a retiré de l’active, ce fameux Parche, on l’a remisé puis découpé, comme beaucoup  d’autres, au chantier naval de Puget Sound en ne gardant que son kiosque, bardé de toutes les décorations qu’il a reçu durant sa carrière (ici à gauche) : or c’est celui qui en a reçu le plus !!! 9 Presidential Unit Citations, 10 Navy Unit Commendations et 13 Navy Expeditionary Medals… le must ! Le sous-marin le moins connu et le plus secret est aussi le plus décoré des Etats-Unis !!! Le jour de son retrait, on a eu droit à quelques bribes de plus sur ses activités : « après la guerre froide, le Parche a poursuivi ses missions hautement classifiées, de nombreux observateurs invoquant un sentiment de secret encore plus élevé » (Ah tiens… !). « On dit que le Parche a passé beaucoup de temps dans le golfe Persique, glanant des renseignements sur l’Irak et l’Iran, et a voyagé à travers le Pacifique occidental pour garder un œil sur la Chine et la Corée du Nord. Le capitaine Richard Charles, le premier commandant du Parche, a voyagé de Mobile, Alabama, pour la cérémonie de mardi. Il a pris le commandement pendant la construction du sous-marin et a effectué son premier déploiement, un voyage de cinq mois en mer Méditerranée. Après cela, le sous-marin a été transféré sur la côte ouest et a commencé ses missions d’espionnage quelques années plus tard. «Ces gars du Pacifique ont eu tout le plaisir», a plaisanté Charles. « on venait de le construire. » (…) Curt Mathews, résident de Bremerton, qui a pris sa retraite du Parche l’année dernière a ajouté : « c’est assez amusant. Les gens disent: » Le Parche ? Je n’en ai jamais entendu parler !  » Eh bien, c’est bien. « Et nous l’aimons ainsi, et c’est pourquoi nous avons réussi dans toutes nos missions »…

Les espions russes sous l’eau : des débuts plutôt ratés

Côté russe, l’espionnage a commencé tôt… en Suède, où l’un d’entre avait été découvert échoué en le 27 octobre 1981. l’infortuné U-137 de la classe S-363 utilisé en… Baltique. Il s’était planté à 10 kilomètres de la base navale militaire suédoise de Karlskrona. Les suédois avaient bondi quand ils avaient découvert à son bord des émanations nucléaires d’uranium 238 : il n’y avait pas de réacteur à bord… mais des torpilles atomiques, comme chez tous les sous-marins russes de l’époque !! L’engin étant de la classe Whiskey et s’étant échoué sur des rochers, on avait eu droit en titres de journaux comme « Whisky on the Rocks » bien sûr. Un panneau commémoratif amusant a été depuis déposé sur place, ainsi qu’une plaque. Ici la visite complète d’un Whiskey. L’engin espion descendant direct des derniers U-boot allemands n’avait aucun équipement spécialisé, pas de chambre spéciale à bord, pas de véhicule sur le dos. Plus tard il portera sur le dos deux gros cylindres orientables vers le haut (pour servir de rampe de lancement), mais ce sera pour emporter des missiles Shaddocks, déjà décrits ici. Ils s’appelleront « Whiskey Long Bin » ici et Project 665 chez les soviétiques.

Les russes non pas encore d’engins spécialisés.  Comme ce qui semble les passionner sont les fjords norvégiens, aux fonds peu profonds, il construisent quand même un engin de 14 mètres de long, faisant penser aux « midgets » anglais de la seconde guerre mondiale. C’est le Projet 1015 (Piksha) SPLC, souvent déguisé en engin de sauvetage avec des bandes orange et blanches. Il en reste un exemplaire de visible au musée militaire de Bakou. une version sans pont plat a aussi été aperçue, un autre équipé de pump-jet.
Un projet plus abouti pour déposer au fond des hommes grenouilles est le modèle Piranha (Project 865) fort compact (28,2 mètres de long seulement,, dessin par le Malachite design bureau, à base de coque interne en titane. Ce qui lui évite l’empreinte magnétique et aide à sa dissimulation. L’engin n’a pas eu l’air d’être performant, et les deux seuls exemplaires construits n’ont eu aucune descendance. Comme pour le Jimmy Carter, les russes préfèrent désormais utiliser des engins plus grands spécialement aménagés pour pouvoir larguer sous l’eau leurs troupes spéciales des Spetnasz,les Navy Seals russes).

Il a créé néanmoins la classe Losos, qui veut dire Saumon en russe. Deux exemplaires seulement ont été construits (MS-520 et MS-521, ici leurs intérieurs). Ces tubes lance-torpilles bulbeux de chaque côté contiennent en fait des » Proton Diver Propulsion Vehicles  » (ici à droite), équivalents des engins des SEALs délivrés par le Stugeon, mais ressemblant plus à des torpilles pilotées. la Sirena-UM  (ci-dessous) est du même genre : les forces spéciales russes (Spetqnaz) utilisent aussi les petits engins-tracteurs à hélice qu’avait immortalisés en son temps J-Y Cousteau en en faisant des poster de recrutement pour amateurs de vies à sensations fortes (mais il faut avoir l’air méchant, d’après le cliché de propagande ici à droite !). Ci-dessous, en voici deux sortis de leur Piranha et chevauchant leur monture (genre torpille italienne Malale bien connue) :

 

Un document intéressant sur le Kilo et construction

Dock sur le Halibut

https://www.ussvirginiabase.org/files/How-Secret-Underwater-Wiretapping-Helped-End-the-Cold-War.pdf

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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