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Avec la complicité de la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU soutient la mise en place par les Occidentaux d’un gouvernement illégitime en Libye

Avec la complicité de la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU soutient la mise en place par les Occidentaux d’un gouvernement illégitime en Libye

La politique étrangère de la Russie est parfois difficile à comprendre. Le président Vladimir Poutine a annoncé lundi soir le retrait de Syrie de la plupart des membres des forces armées russes, puisque leur tâche aurait en grande partie été accomplie. Mais le comportement de Moscou reste énigmatique en ce qui concerne la Libye, où l’OTAN prévoit prépare ouvertement une intervention depuis déjà un an. Les forces spéciales et des équipes de renseignement des USA, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie sont actives, dans certains cas depuis des mois sur le territoire de l’État nord-africain.

Tôt le lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a averti : l’intervention de l’alliance occidentale ne serait pas permise sans l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Un éventuel mandat de l’ONU devrait être formulé « sans ambiguïté », afin de ne pas « permettre d’interprétations tordues et fausses ». Quelques heures plus tard, le représentant russe a voté au Conseil de sécurité une motion consensuelle qui, sinon dans son libellé, mais dans sa traduction en Realpolitik dit exactement le contraire.

Cette fois, aucune nouvelle résolution n’a été adoptée. Au lieu de cela, le président en exercice du Conseil de sécurité, l’Angolais Ismael Abraão Gaspar Martins, a été mandaté pour présenter une déclaration. C’est une procédure courante qui requiert l’unanimité des 15 membres du conseil. Le texte repose en grande partie sur la résolution 2259 du 23 décembre 2015 et contient peu de nouveautés par rapport à celle-ci. Point-clé de la déclaration : le Conseil de sécurité accueille favorablement et soutient la démarche entreprise le week-end dernier par le « gouvernement d’union nationale » mis en place par les Occidentaux – qui réside encore provisoirement dans la Tunisie voisine -, pour prendre le plus rapidement possible tout le pouvoir en Libye et reconquérir Tripoli.

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Photo Manu Brabo/AP

Dans la capitale libyenne c’est une coalition de partis islamistes qui gouverne depuis l’été 2014. Elle a averti à plusieurs reprises qu’elle opposerait une résistance armée à l’entrée du gouvernement en exil. Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité des Nations unies presse le gouvernement en exil de procéder à son installation et à sa prise de pouvoir le plus vite possible. Comment cela peut-il être réalisé ? La déclaration ne le dit pas: le «gouvernement d’union» n’a pas de forces armées propres, mais devrait d’abord chercher des alliés parmi les nombreuses milices et armées privées du pays et probablement s’appuyer sur l’OTAN.

Il y a en outre, cachée dans une proposition subordonnée, une injonction qui relativise la déclaration apparemment claire de Lavrov : les États membres des Nations Unies sont appelés se conformer avec une urgence particulière à toutes les demandes d’aide du  » gouvernement d’union ». Aucune limitation ou explication concrète n’est contenue dans le texte.

À y regarder de plus près, la Russie a dans cette affaire peu de marge de manœuvre politique, depuis qu’elle a voté la résolution 2259 du Conseil de sécurité de l’ONU le 23 décembre 2015, qui est expressément confirmée dans la déclaration de lundi. Moscou a soutenu à cette époque non seulement la mise en place d’un gouvernement libyen sans légitimité démocratique dans un «processus» piloté par les occidentaux, et sur lequel la Russie ne pouvait avoir aucune influence. La Résolution 2259 comprend en outre trois endroits l’ «appel urgent» à tous les États membres à répondre aux demandes d’assistance du «gouvernement d’union» et en particulier de le soutenir « le plus rapidement possible »  en cas de menaces à la sécurité intérieure et dans la lutte contre « l’État islamique », Al-Qaïda et toutes sortes d’autres organisations islamistes non spécifiées. L’OTAN a déjà utilisé des prétextes plus fallacieux pour justifier des interventions.

Knut Mellenthin
Traduit par Fausto

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