<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>CentPapiers &#187; ysengrimus</title>
	<atom:link href="http://www.centpapiers.com/author/ysengrimus/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.centpapiers.com</link>
	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
	<lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 11:12:47 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>La mise en place de la Commission Charbonneau sur les collusions dans le secteur de la construction… ou JE ME SOUVIENS DE LA PATENTE À GOSSE (1)</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-mise-en-place-de-la-commission-charbonneau-sur-les-collusions-dans-le-secteur-de-la-construction%e2%80%a6-ou-je-me-souviens-de-la-patente-a-gosse-1/97226</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/la-mise-en-place-de-la-commission-charbonneau-sur-les-collusions-dans-le-secteur-de-la-construction%e2%80%a6-ou-je-me-souviens-de-la-patente-a-gosse-1/97226#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 May 2012 04:00:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[A C T U A L I T É]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[CANADA]]></category>
		<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Finance]]></category>
		<category><![CDATA[GOUVERNEMENT]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Charest]]></category>
		<category><![CDATA[QUEBEC]]></category>
		<category><![CDATA[collusion]]></category>
		<category><![CDATA[Dans]]></category>
		<category><![CDATA[Encore]]></category>
		<category><![CDATA[Gouvernement]]></category>
		<category><![CDATA[Ici]]></category>
		<category><![CDATA[Investigations]]></category>
		<category><![CDATA[Je Me Souviens]]></category>
		<category><![CDATA[La Vie]]></category>
		<category><![CDATA[Le 9]]></category>
		<category><![CDATA[Mise En Place]]></category>
		<category><![CDATA[Nature]]></category>
		<category><![CDATA[Par]]></category>
		<category><![CDATA[Parti]]></category>
		<category><![CDATA[Partis Politiques]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>
		<category><![CDATA[Secteur Construction]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://les7duquebec.com/?p=17400</guid>
		<description><![CDATA[. . . . . . . Arrestation de monsieur Zampino. Voici dont que l&#8217;Opération Marteau frappe de nouveau. Ce n&#8217;est justement pas une raison pour escamoter le fait, crucial et sensible, que la Commission Charbonneau continue de couver sous &#8230; <a href="http://les7duquebec.com/2012/05/18/la-mise-en-place-de-la-commission-charbonneau-sur-les-collusions-dans-le-secteur-de-la-construction-ou-je-me-souviens-de-la-patente-a-gosse-1/">Lire la suite <span>&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&#38;blog=4489966&#38;post=17400&#38;subd=les7duquebec&#38;ref=&#38;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;">.<br />
.<br />
.<br />
.<br />
.<br />
.<br />
.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17413" title="quebec-corruption" src="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/05/quebec-corruption1.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Arrestation de monsieur Zampino. Voici dont que l&#8217;<strong><em>Opération Marteau</em></strong> frappe de nouveau. Ce n&#8217;est justement pas une raison pour escamoter le fait, crucial et sensible, que la <strong><em>Commission Charbonneau</em></strong> continue de couver sous le boisseau. Il est capital de se souvenir clairement des particularités les plus saillantes du régime gouvernemental actuel au Québec, sur cette question récurrente et purulente des collusions et de la corruption. La réminiscence à laquelle je vous convie ici porte donc sur l’ensemble de pressions publiques ayant été exercées entre le 15 septembre 2011 et le 9 novembre 2011, et ayant menés à la mise sur pied, en deux phases, de la fameuse <strong><em>Commission Charbonneau</em></strong>. La mise sur pied d’une <strong><em>commission d’enquête sur les collusions entre le secteur de la construction et les partis politiques au Québec</em></strong> fut, je vous supplie de vous en souvenir, le résultat d’un ensemble complexe de pressions politiques exercées par la société civile sur le gouvernement du Québec et le Parti Libéral au pouvoir. Je me propose donc ici, modestement, de pérenniser la dynamique de cet ensemble de pressions politiques, élitaires et citoyennes, s’étant exercées, fort intensément, entre 2009 et 2011, sur cette question dont les répercussion se feront sentir longtemps encore dans la vie sociale et politique québécoise. La chose étant particulièrement hallucinante en soi, je me propose d’adopter le ton le plus pudique imaginable pour procéder à sa présentation.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Depuis avril 2009 des irrégularités et des problèmes de collusion de diverse nature se manifestent au Québec autour du secteur de la construction, et de nombreux intervenant, voyant le caractère général du problème, se sont mis à réclamer des enquêtes et des investigations sur la question. La possibilité d’une profonde implication du crime organisé et de liens intimes entre ce dernier, les acteurs importants du secteurs de la construction et les paliers de gouvernements municipaux et provinciaux crée un conteste de suspicion généralisée qui oblige le gouvernement du Québec à mettre sur pied, en février 2011, une <strong><em>Unité permanente anti-corruption</em></strong>, inspirée d’une unité semblable existant à New York. Le 15 septembre 2011, une fuite du rapport du directeur de cette unité (Jacques Duchesneau) confirme une nette corrélation de collusion entre pègre, ministère des transports, grandes entreprises de travaux publics et caisses électorales de partis politiques municipaux et provinciaux. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, met alors sur pieds, le 19 octobre 2011 une commission d’enquête aux pouvoirs limités (qu’on surnommera alors la <strong><em>patente à gosse</em></strong>), dont il confiera la direction à la juge Louise Charbonneau. Le 9 novembre 2011, Jean Charest cédant ensuite à un autre ensemble, toujours croissant, de pressions publique, retire les restrictions des pouvoirs de cette commission d’enquête et la rend pleinement opérationnelle. <strong><em>Je vous remémore ici un échantillon représentatif des pressions s’étant exercées pour que la Commission Charbonneau devienne de plain pied une commission d’enquête au sens régulier et ordinaire du terme</em></strong>. Le terme <strong><em>patente à gosse</em></strong>, est une expression québécoise péjorative (amplement utilisé par les groupes de pressions impliqués sur cette question et les médias) pour désigner une machinerie compliquée, alambiquée, tarabustée qui fait semblent de bien marcher mais qui en fait est toute croche et risque de ne pas vraiment remplir sa fonction ou ses promesses, même si elle a un petit côté spectaculaire qui pourrait faire illusion. La première mouture da la Commission Charbonneau était, selon ses principaux critiques, une<em> <strong>patente à gosse</strong></em>, la seconde mouture (la version actuelle) ne le serait plus. Notre chronologie restreinte se formule donc comme suit:</p>
<ul>
<li><strong>15 septembre 2011<em>: Fuite du rapport Duchesneau et début de l’intensification des pressions pour obtenir une commission d’enquête sur les collusions entre le secteur de la construction et les partis politiques au Québec</em></strong></li>
<li><strong>19 octobre 2011<em>: Mise sur pied de la Commission Charbonneau dans sa version dite «patente à gosse»</em></strong></li>
<li><strong>9 novembre 2011<em>: à la demande de la juge Charbonneau, et sous la pression collective, assignation des pleins pouvoirs à sa commission d’enquête </em></strong></li>
</ul>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il est important de garder à l’esprit que le gouvernement du Québec, comme corps administratif provincial, a une longue tradition de corruption. On peut évoquer les scandales de construction ferroviaire du 19<sup>ième</sup> siècle et de concessions forestières abusives au tout début du 20<sup>ième</sup>  siècle, ayant fait tomber des gouvernements, notamment ceux de Simon-Napoléon Parent en 1905 et de Louis-Alexandre Taschereau en 1936. Des abus durables du système de ristournes du duplessisme entre 1945 et 1960 jusqu’aux malversations mises en lumière par la <em>Commission Cliche</em> en 1975, la collusion et la corruption sont un héritage lourd et ancien au Québec et, au fil du temps, il s’avère que <strong><em>tous les partis politiques sans exception sont compromis</em></strong> et qu’on a, en fait, affaire à une caractéristique profonde et récurrente de cet appareil gouvernemental spécifique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong></strong>Au pouvoir, dans des gouvernements minoritaires ou majoritaires, depuis 2003, le <strong><em>Parti Libéral du Québec</em></strong> du Premier Ministre Jean Charest est bien installé aux commandes de l’état québécois. Depuis 2009, on assiste à une intensification des «affaires» de népotisme et de collusion de différentes natures concernant la gestion actuelle de l’état québécois par ce parti spécifique. Son ancien ministre de la justice Marc Bellemare a accusé ce gouvernement d’obtenir des contributions politiques en échange de la nomination de juges (cela a déclenché la mise sur pied de la <em>Commission Bastarache</em>). Son ancien ministre de la famille Tony Tomassi a du démissionner pour avoir utilisé la carte de crédit d’une entreprise disposant de contrats gouvernementaux. Et tout récemment, c’est la présidente du Conseil du trésor, madame Michelle Courchesne qui est accusée d’avoir, lorsqu’elle était Ministre de la Famille, alloué des contrats de lancement de garderies privées et des places en garderies à des contributeurs de la caisse électorale du Parti Libéral du Québec. On peut donc dire que la crédibilité politique de ce gouvernement n’est pas très forte en ce moment.<strong> </strong><strong><em>Jacques Duchesneau</em></strong> est un officier de police ayant trente ans de carrière. Il a été chef de la police de Montréal de 1994 à 1998 et candidat malheureux à la mairie de Montréal en 1998. Patron de <em>l’Unité permanente anti-corruption</em> depuis février 2011, il dépose un percutant rapport en septembre 2011. <em>«</em><em>L&#8217;ancien chef de police conclut que le ministère des Transports est impuissant face à la collusion et que le crime organisé et les entreprises de construction sont responsables des coûts très élevés payés par l&#8217;État pour ses projets de construction. Une partie du magot serait ensuite transférée vers les caisses électorales des partis politiques, affirme le rapport Duchesneau.» </em>(<em>La presse Canadienne</em>).</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le bras de fer argumentatif se met alors en place&#8230;</p>
<p>(À suivre)<strong></strong></p>
<p>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/les7duquebec.wordpress.com/17400/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/les7duquebec.wordpress.com/17400/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=les7duquebec.com&#038;blog=4489966&#038;%23038;post=17400&#038;%23038;subd=les7duquebec&#038;%23038;ref=&#038;%23038;feed=1" width="1" height="1" /></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/la-mise-en-place-de-la-commission-charbonneau-sur-les-collusions-dans-le-secteur-de-la-construction%e2%80%a6-ou-je-me-souviens-de-la-patente-a-gosse-1/97226/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
<enclosure url="http://1.gravatar.com/avatar/f8b5fc055e861393ca1b3b68940c139a?s=96&amp;amp;d=http://1.gravatar.com/avatar/ad516503a11cd5ca435acc9bb6523536?s=96&amp;amp;r=G" length="" type="" />
<enclosure url="http://les7duquebec.files.wordpress.com/2012/05/quebec-corruption1.jpg" length="" type="" />
		</item>
		<item>
		<title>Amir Khadir, l’espoir de mon enfant…</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/amir-khadir-l%e2%80%99espoir-de-mon-enfant%e2%80%a6/10289</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/amir-khadir-l%e2%80%99espoir-de-mon-enfant%e2%80%a6/10289#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 03:03:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[A.D.Q.]]></category>
		<category><![CDATA[amir khadir]]></category>
		<category><![CDATA[Billard]]></category>
		<category><![CDATA[Ces]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[Dans]]></category>
		<category><![CDATA[Elections québécoises]]></category>
		<category><![CDATA[fédéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Intendant]]></category>
		<category><![CDATA[La Consolation]]></category>
		<category><![CDATA[nationalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Opposition]]></category>
		<category><![CDATA[P.L.Q.]]></category>
		<category><![CDATA[P.Q.]]></category>
		<category><![CDATA[Parti]]></category>
		<category><![CDATA[PQ]]></category>
		<category><![CDATA[QUEBEC]]></category>
		<category><![CDATA[Québec solidaire]]></category>
		<category><![CDATA[Spectre]]></category>
		<category><![CDATA[traditions]]></category>
		<category><![CDATA[verts]]></category>
		<category><![CDATA[Victoire]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10289</guid>
		<description><![CDATA[Soirée des dernières élections québécoises. Je suis devant le téléviseur en compagnie de mon fils de quinze ans. À cet âge, dans une conjoncture brutale comme la nôtre, la conscience sociale émerge déjà solidement mais… une soirée électorale se regarde quand même encore avant tout comme une joute de quilles ou de billard ou… une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-medium wp-image-10864" title="_09-04-12_-_Amir_Khadir__petite_r__solution_" src="/wp-content/uploads/2009/10/09-04-12_-_Amir_Khadir__petite_r__solution_-310x174.jpg" alt="_09-04-12_-_Amir_Khadir__petite_r__solution_" width="433" height="244" /></p>
<p>Soirée des dernières élections québécoises. Je suis devant le téléviseur en compagnie de mon fils de quinze ans. À cet âge, dans une conjoncture brutale comme la nôtre, la conscience sociale émerge déjà solidement mais… une soirée électorale se regarde quand même encore avant tout comme une joute de quilles ou de billard ou… une sorte de jeu vidéo, avec des comptes chiffrés, des gains, des pertes, une victoire à graduellement obtenir. La description de ces blêmes belligérants quasi-interchangeables ne fait pas sauter mon fils d’enthousiasme.</p>
<p><strong><em>ADQ</em></strong>, parti démagogue, rétrograde, bien à droite, girouette, incohérent, flagorneur, arriviste, xénophobe, sorte d’équivalent québécois populiste et mollement francophiliaque des Conservateurs. <strong><em>PLQ</em></strong>, parti de droite-droite-droite, ronron, journalier, gestionnaire des affaires de conciergerie courantes, suppôt du libéralisme (comme son nom l’indique), bien engoncé dans la magouille politicienne et les combines des traditions électorales québécoises les plus fétides, intendant bonhomme et pro-capi du pouvoir (il gagnera une courte majorité parlementaire, dans cette élection). <strong><em>PQ</em></strong>, parti nationaleux (au nationalisme de plus en plus dépité, larmoyant et opportunistement épisodique), centre-droite, à la fois planificateur et affairiste, promoteur convulsionnaire de <em>Québec Inc</em>,<em> </em>insidieusement et semi-inconsciemment crypto-xéno, et dont la consolation minimale serait de faire élire la première femme Première Ministre du Québec (il formera l’opposition officielle, dans cette élection). Ajoutons toujours les <strong><em>Verts</em></strong>, parti blême, olivâtre, sans base ni assise, à cause circonscrite, négligeant tout programme global et qui, comme partout où les Verts verdissent, finissent en serviteurs bien intentionnés des suppôts les plus socialement et écologiquement toxiques du spectre politique.</p>
<p>Notant au passage que le Québec assure, ouvertement et sans façon, l’intendance de sa soirée électorale comme un véritable pays à part entière, mon fils trouve le tout de la chose passablement plus chiant et moins marrant que l’élection d’Obama, quelques semaines plus tôt, où on avait tous bu du petit lait en famille, comme des millions de gens à travers le monde. Torontois dans ce temps là, nous ne votions pas dans cette élection provinciale (nous habitions, à cette époque, une autre province canadienne que le Québec) et nous risquions bien de devoir combattre, les paupières lourdes, un ennui ferme mais… mais… c’est alors que le peu de sel de la soirée s’est manifesté:</p>
<p>Mon fils: C’est quoi le parti du rond orange avec un bonhomme penché les bras ouverts dans le bas?</p>
<p>Moi: C’est <strong><em>Québec Solidaire</em></strong>. Un conglomérat de différents partis et mouvements de gauche et populaires initialement réunis sous deux parapluies, l’<strong><em>Union des Forces Progressistes</em></strong> et le mouvement <strong><em>Option Citoyenne</em></strong>, et qui se sont ensuite fusionnés en un parti politique unique. C’est, en ce moment, un parti qui se donne comme écologiste, féministe, altermondialiste et, quoique plus mollement, anti-capitaliste. Tu peux considérer que ce sont plus ou moins des socialistes. Ce parti a une particularité inédite, d’ailleurs. Il a deux chefs, un homme et une femme.</p>
<p>Mon fils: Cool. C’est la gauche donc.</p>
<p>Moi: En quelque sorte.</p>
<p>Mon fils: Tu n’as pas l’air complètement certain…</p>
<p>Moi: C’est qu’au moment de l’union des deux principaux mouvements le constituant, un des mouvements faisait la promotion de la souveraineté nationale du Québec, l’autre ne se prononçait pas sur la question. En s’unissant et en fusionnant leurs programmes, ils ont dû trancher cette question et ont décidé qu’ils étaient un parti souverainiste, comme le <strong><em>PQ</em></strong>, donc. Je trouverais personnellement plus cohérent, dans une perspective se voulant socialiste et altermondialiste, donc quand même fondamentalement internationaliste, de fermement renvoyer les fédérastes et les nationaleux dos à dos et d’éviter de s’enliser dans leurs débats stériles. Ce nouveau parti ne le fait pas complètement et j’y vois une faiblesse, une <strong><em>déviation bourgeoise</em></strong>, comme on disait dans le temps.</p>
<p>Mon fils: Nationalisme + Socialisme, risquant de virer à national-socialisme, c’est ça?…</p>
<p>Moi : Tu formules l’affaire en termes trop crus et caricaturaux, mais c’est en partie l’idée, oui. Le nationalisme, fondamentalement, n’est pas une valeur de gauche. Cette faiblesse de leur programme, à visée électoraliste, en fait (ils veulent ratisser la frange gauche du <strong><em>PQ</em></strong>) va leur nuire, éventuellement.</p>
<p>Mon fils: Bon, bon. Mais, pour le moment, c’est ce qu’on a de plus à gauche, ici.</p>
<p>Moi: Indubitablement, oui.</p>
<p>Mon fils: Très bien. Et tu as vu? Ils ont deux candidats en avance.</p>
<p>Moi: Oui, c’est probablement Madame David et Monsieur Khadir, les chefs des deux formations initiales.</p>
<p>Mon fils: Et ils se présentent où, ces deux socialistes?</p>
<p>Moi: Oh certainement dans deux de ces circonscriptions progressistes et gauchisantes du centre-ville de Montréal. Tu sais, si <strong><em>Québec Solidaire</em></strong> envoyait des députés à l’Assemblée Nationale, ce serait un petit événement historique.</p>
<p>Mon fils: Pourquoi? Ils ne seraient que deux…</p>
<p>Moi: Quand même…ils se lèveraient à la période de question et gueuleraient au gros Patapouf que ses politiques néolibérales de gestionnaire ruiné ne valent plus rien. Ils le brasseraient pas pour rire.</p>
<p>Mon fils: Cool…</p>
<p>C’est scellé. Mon fils vient de choisir son espoir de la soirée: <strong><em>Québec Solidaire</em></strong>. Il va <em>compter pour eux</em> ou <em>prendre pour eux</em>, comme on dit dans le jargon des joutes sportives. Il faut qu’ils fassent rentrer des députés, même si c’est en petit nombre. On connaît la suite de l’histoire. Madame David est malheureusement défaite par je ne sais qui et Monsieur Khadir l’emporte dans son compté de Mercier. Au moment de son petit discours, impromptu, vibrant et poignant, il cite des paroles de chanson à contenu social du chanteur Claude Dubois. Quelque chose comme ceci:</p>
<p><strong><em>Mais autour d&#8217;eux il y aura plus petit et plus grand</em></strong></p>
<p><strong><em>Des hommes </em></strong>[Amir Khadir dit ici:<strong><em> et j’ajouterais, des femmes</em></strong>]<strong><em> semblables en dedans</em></strong></p>
<p><strong><em>Comme un million de gens</em></strong></p>
<p><strong><em>Qui pourraient se rassembler</em></strong></p>
<p><strong><em>Pour être beaucoup moins exploités</em></strong></p>
<p><strong><em>Et beaucoup plus communiquer…</em></strong></p>
<p>Suave. Unique. Touchant. Enfin des références au corpus des artistes socialisants du Québec, qui est vaste, inspiré, et trop enterré sous la fadaise creuse depuis des années. Sorte d’Obama microscopique, Monsieur Khadir régurgite alors, en rythme, son credo social, sous les <em>viva! </em>de ses partisans en larmes. Quand ceux-ci l’applaudissent, il les applaudit aussi, en retour. Il dit aussi que <em>la souveraineté, c’est quelque chose de global et d’intérieur</em>, ou quelque chose dans le genre, je cite de mémoire (enfin cela se ramène à: noyons un peu le petit poisson des chenaux nationaliste, il en sortira toujours quelque chose à gauche). En contemplant cet homme nouveau, doux, raffiné, humain, charmant, planétaire, cette Chandelle de Mercier, je me suis inévitablement souvenu de quand j’avais les quinze ans de mon fils, mon enfant, mon amour, mon avenir. C’était en 1973. Une poignée flamboyante de péquistes en bois franc pétaradaient alors dans le poêle, à l’Assemblée Nationale, contre le libéral putride Bourassa. C’était trois ans avant que le <strong><em>PQ</em></strong> de René Lévesque ne prenne le pouvoir… et seulement quelques années avant qu’il ne se fasse botter hors de l’<em>Internationale Socialiste</em> pour dérive droitière…</p>
<p>Essayez de ne pas vous faire récupérer trop vite par la petite politique politicienne de merde, Monsieur Amir Khadir, député provincial <strong><em>Solidariste</em></strong> du comté de Mercier (et ex-candidat fédéral pour le <strong><em>Bloc Québécois</em></strong>, parti centriste nationaliste – pas un bon point pour vous, ça…). Si je vous en parle comme ça, entre nous, c’est que, à vous tout seul, bon an mal an…  vous êtes l’espoir de mon enfant…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/amir-khadir-l%e2%80%99espoir-de-mon-enfant%e2%80%a6/10289/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Explication de l’incompréhensible durabilité du SCHÈME DE PONZI contemporain</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/explication-de-l%e2%80%99incomprehensible-durabilite-du-scheme-de-ponzi-contemporain-il-blanchit-de-l%e2%80%99argent%e2%80%a6/10249</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/explication-de-l%e2%80%99incomprehensible-durabilite-du-scheme-de-ponzi-contemporain-il-blanchit-de-l%e2%80%99argent%e2%80%a6/10249#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 25 Oct 2009 23:32:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Argent]]></category>
		<category><![CDATA[crime organisé]]></category>
		<category><![CDATA[crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[Madoff]]></category>
		<category><![CDATA[schéma de Ponzi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10249</guid>
		<description><![CDATA[Le fameux SCHÈME DE PONZI, inventé par un pégreux du siècle dernier de nom de Charles Ponzi (1882-1949), consiste à créer une fausse structure d’investissement, sans moteur productif pour la supporter. Vous promettez des taux de profits pharaoniques au sein d’une discrète société à numéro d’allure confidentielle et chic et vous payez votre investisseur 2 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10280" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-10280" title="ponzi" src="/wp-content/uploads/2009/10/ponzi.jpg" alt="Photo : Flickr fdecomite" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr fdecomite</p></div>
<p>Le fameux SCHÈME DE PONZI, inventé par un pégreux du siècle dernier de nom de Charles Ponzi (1882-1949), consiste à créer une fausse structure d’investissement, sans moteur productif pour la supporter. Vous promettez des taux de profits pharaoniques au sein d’une discrète société à numéro d’allure confidentielle et chic et vous payez votre investisseur 2 avec une portion de la somme introduite par votre investisseur 1, puis votre investisseur 3 avec une portion de la somme introduite par votre investisseur 2 etc. (ou encore, dans l’autre sens: paiement des investisseurs plus anciens avec le fric des plus récent, il y a des variations). Voué à s’écrouler à terme, ce type de structure finit normalement avec Ponzi ou son semblable qui se sauve avec le restant de la galette et ferme la porte. Ce qui est sidérant et sidéral c’est de voir ce procédé évident de petite pègre fleurir à la Bourse, avec des avoirs colossaux et sur des laps de temps trop durables pour que cela s’explique clairement. Dans la mouvance de la panique financière actuelle, des gros bonnets de la finance viennent de se faire pincer en faisant les poches d’investisseurs selon la bonne vieille procédure éculée du schème de Ponzi. La question de fond est même, entre autres, celle-ci: finalement, l’intégralité des ci-devant services financiers (en soi du Monopoly sans support productif), n’est elle pas, en temps de déclin économique, une simple variation sur le schème de Ponzi?</p>
<p>Ponzi au départ est évidemment lui-même une simple superfétation quantitative des banques (comme toutes les activités pégreuses sont une simple superfétation qualitative des pratiques commerciales et industrielles du capitalisme). Mais le problème de l’incompréhensible durabilité du schème de Ponzi contemporain reste entier. Ponzi s’installe quand justement au lieu de promettre un retour de 3% on promet un retour de 15% ou 25%. L’abus quantitatif des pratiques bancaires EST Ponzi… la question se pose donc d’abord: comment Ponzi s’est-il niché à la Bourse sans se faire pincer? On répond, un peu abstraitement mais sans trop mentir, que la solution réside dans une unique notion: déréglementation. C’est un peu creux, mais ça ne mange pas de pain. Détail de notre temps: les banques sont censées appuyer leurs activités financières sur un support productif, genre investissement industriel, etc… contrairement à l’ami Ponzi, qui, lui, tripote intégralement dans les bouts de papiers, en changeant simplement le fric de poches. Les banques de notre temps ne SONT pas Ponzi. Elles VIRENT à Ponzi, nuance importante qui prouve bien que quelque chose est comme en déclin… Pensez-y. Le seul fait qu’on utilise de plus en plus banalement la notion d’ÉCONOMIE RÉELLE (par opposition à la boursiPonzicote &#8211; c’est fou quand on y pense) prouve bien qu’il y a du bois mort financier en masse… La question sociale en cause pour l’avenir est alors naturellement: peut-on y mettre bon ordre en restant dans un cadre capi? Mais laissons Ponzi, comme indice, opportunément déréglementé, de déclin d’une civilisation commerciale et industrielle, de côté pour le moment. C’est le vol de la chouette de Minerve, et Ponzi n’a pas livré tous les secrets qu’il a dans le ventre.</p>
<p>Car en fait, bon, Ponzi mon œil. Tout ça ne date pas d’hier. Il est toujours difficile de trouver un &laquo;&nbsp;inventeur&nbsp;&raquo; pour ce genre de combine et il est clair, en passant, que le groupe ethnique du fraudeur n&#8217;a rien à voir dans la situation. Charles Ponzi est né un an avant la mort de Karl Marx mais je suis certain qu&#8217;on pourrait trouver des cas antérieurs de combines de redispositions mirages d’avoirs financiers remontant aux sources les plus lointaines du capitalisme commercial. Groupe ethnique à part donc, ce qui reste fondamentalement bizarre ici est qu&#8217;un schème de Ponzi est normalement éphémère. Les profits pharaoniques promis et l&#8217;absence de source productive effective font qu&#8217;il faut que le nombre de nouveaux investisseurs soit en maintient constant pour que cela tienne. Ce n&#8217;est pas pour rien que nos schémateux de Ponzi contemporains se font vider par des appels de retraits (cela signifie que les rupins qui croyaient en eux laissaient dormir là de l&#8217;argent qu&#8217;ils n&#8217;avaient déjà plus). La longévité de certains des schèmes de Ponzi de Wall Street (quarante ans, dans certains cas, oh, là, là) est un problème qui n&#8217;a pas seulement à voir avec les autorités de la Bourse dormant au gaz, mais avec une dynamique des retraits sur investissement et des rentrées d’investissements dont certains leviers demeurent bien obscurs.</p>
<p>Insistons fermement. Police de la Bourse ou pas, il est de fait parfaitement incroyable qu’une structure comme le schème de Ponzi (déplacement de fonds d’un investisseur à l’autre sans activité productive aucune), tienne en soi si longtemps. Bon, partons un schème de Ponzi dans la cours d’une petite école. Le schème de Toto, qui te promet un retour de ¢20 (20 cents, ou 20 centimes de dollars, une ristourne de 20% donc) par semaine, sur ton dollar (la semaine scolaire ayant cinq jours). Au début, Toto arrive à intéresser un investisseur par jour. Il se fait donner une piastre par les investisseurs #1, #2, #3, #4 (dont le nom est Brico) et #5, la première semaine et rend  $1.00 (5 x ¢20) sur $5.00 le lundi suivant. Il intéresse les investisseurs #6, #7, #8, #9, et #10 la seconde semaine et c’est ici que le premier problème du retour de profit jaillit. Toto rend-il un autre ¢20 à #1, #2, #3, #4, et #5 (pour un total de $2.00, en incluant le retour aux nouveaux investisseurs, sur $9.00 qu’il détient maintenant) ou, plus probable, #1, #2, #3, #4, et #5 doivent-ils engager un autre dollar pour toucher les ¢20 de la seconde semaine? Pas clair. Imaginons que c’est le second cas (parce qu’autrement ce serait vraiment trop mirifique): Toto a vu passer entre ses mains, au second lundi, $15 (les lots de #1, #2, #3, #4 et #5 deux fois et ceux de #6, #7, #8, #9 et #10 une fois) et il a rendu $3.00 (les retours de #1, #2, #3, #4 et #5 deux fois et ceux de #6, #7, #8, #9 et #10 une fois). Il «tient» $12.00, mais pas en profit: en capital investi, en mise des autres qu’il «gère» improductivement. Il se sent plein aux as avec tout cet avoir (des autres, qui, eux aussi, pour le moment, jubilent), encaissé si vite. Pour fêter ça, il tue le veau gras. Un sandwich fin bien chevelu et un jus de fruits frais ($3.00) et il se fait cadeau d’un beau paquet de cartes à jouer (un autre $3.00 – ah ces schémateux de Ponzi mènent une vie somptuaire, c’est connu). Or, un matin, la mère de Brico lui demande de lui montrer les $2.00 d’allocs qu’elle lui a donné dans les deux dernières semaines. Brico ne peut faire tinter que ¢40. Le reste de son avoir est bloqué chez Toto… La mère de Brico se fâche et le somme de récupérer son fric, sinon, plus d’allocs la semaine suivante (et conséquemment, plus de placement chez Toto). Brico vient reprendre son avoir en catastrophe. Toto minaude. Brico n’aime pas ça et se retire définitivement. Comme Brico (l’investisseur #4) est un de ces investisseurs anciens, ce sera $2.00 à rendre. Toto ne tient soudain plus que $4.00. Il suffit maintenant que les mères de deux ou trois autres de sa douzaine d’investisseurs froncent le sourcil ainsi et Toto est subitement insolvable.</p>
<p>Toto aurait donc besoin, pour que l’arithmétique de Ponzi tienne un temps, de deux choses: d’une cour d’école lui fournissant, à l’infini et à un rythme constant d’horloge, au moins un nouvel investisseur solide (ou ré-investisseur avec de l’argent frais, mais alors plus fragilisant, car la mise qu’il retirera sera plus lourde quand il paniquera) par jour et, naturellement, du moins d’investisseurs possible réclamant de reprendre leur mise. Même en conditions de prospérité économique, l’arithmétique de la chose est trop mécanique et trop vide en profit effectif pour fonctionner durablement. Car enfin, revenons sur terre, cela reste une petite école et, quand Toto a convaincu ses amis, ses camarades de classes et les plus jeunes qu’il rançonne, les nouvelles rentrées d’investisseurs, cruciales pour la survie de la course en avant de ce roulement improductif, commencent à ralentir (notons, pour la bonne ethnologie, que les victimes de plusieurs schémateux de Ponzi sont des gens de leur communauté proche, inscrits dans un rapport interpersonnel de confiance, important pour une certaine survie du mirage). Abstraction faite de son illégalité donc, la raison pour laquelle un schème de Ponzi tient longtemps sur la place de la Bourse reste donc ici parfaitement obscure. La mécanique interne du schème de Ponzi est incompatible avec la durabilité.</p>
<p>Une chose est claire (quoique fort mal documentée aussi). Certains investisseurs discrets profitent parfaitement du schème de Ponzi en flouant les autres. Voyez Brico, dans mon petit modèle. Sa maman s’étant fâchée au bon moment, il sort de l’aventure avec sa mise entière et un profit solide. L’investisseur, qui n’est pas l’animateur-fondateur du schème de Ponzi (ce dernier étant toujours en fin de compte maximalement exposé), qui arrive assez tôt et retire ses billes avant l’effondrement, profite maximalement du déplacement de fonds dont il n’est même pas l’escroc-auteur. Il surfe sur la vague, au sens le plus balnéaire du terme. Je soupçonne certains investisseurs de savoir parfaitement cela et de placer l’argent (des autres) qu’ils gèrent, sur le tapis de ce genre de roulette. Ils arnaquent donc le système en se donnant des airs de victime et en transformant de facto l’animateur du schème de Ponzi en leur concierge et bouc émissaire… et le risque que ces investisseurs de l’ombre prennent ainsi bénéficie d’une dégaine chic et allumeuse, dans la notion tant répandue de «capital à risque». En un mot: l’empereur est nu et Ponzi a pignon sur rue en Bourse.</p>
<p>Mais cela ne règle pas le problème de fond: celui de la durabilité du schème de Ponzi contemporain. La Bourse arriverait tout à coup à réaliser ce que la Pègre n’a jamais su faire: pérenniser le schème de Ponzi sur des décennies? Un instant. Inversons un peu les choses. Primo, le schème de Ponzi est une structure improductive qui se fait passer pour productive mais, deusio, l’empereur est nu et tout le monde, sur la place financière, le sait. Conclusion: le schème de Ponzi est, d’évidence, une coquille improductive (illégale mais ouvertement tolérée) pour tous ceux qui sont dans le secret. Il devient alors le camouflage parfait pour son contraire: une structure productive illégale (et non tolérée). Je crois que les schèmes de Ponzi durables de la Bourse sont en fait des structures de protection pour du blanchiment d’argent. Retournons dans la cour d’école de Toto.</p>
<p>Sigouin a fait $20.00 en vendant illicitement des cigarettes. Il est emmerdé car sa maman, fort soupçonneuse, vérifie ses poches tous les soirs. Il place donc son argent illicite dans le schème de Toto. La structure confidentielle et selecte que Toto a su mettre en place est le camouflage idéal. Une semaine plus tard, le temps de se faire un peu oublier, Sigouin touche son $5.00 de ristourne, qui fait plus discret dans ses poches, car il a désormais une sorte de pedigree. Toto, qui était proche de l’insolvabilité à $4.00 vient de remonter à $19:00 (les $4.00 qu’il lui restait plus les $20:00 tout frais de Sigouin moins la ristourne de $5:00 de Sigouin). Toto triche à l’intérieur de sa triche. Il installe un alambic dans une maison close, pour ainsi dire. Ceux qui le prennent pour un Ponzi boursicoteux ne savent pas qu’il s’est remis en connexion avec une portion (illicite) de l’économie réelle. Il touche désormais discrètement des revenus de la nicotine et les partage, tout aussi discrètement, mécaniquement, avec ses investisseurs. Le jour où le sombre Sigouin se pointe pour toucher sa mise, Toto, de nouveau proche de l’insolvabilité, ne peut lui rendre le tout. On négocie en douce. Sigouin, qui ne peut quand même pas intenter une action, se contente de, disons, $11:00 et sacrifie $9:00 de son capital nicotine aux profits et pertes du blanchiment. Cet argent, pégreux mais productif, assure la pérennité du schème de Ponzi. La faiblesse financière de Ponzi EST sa force de blanchiment. Il pompe et masque, dans le même mouvement.</p>
<p>Échange de bons procédés. Pour perdurer, Ponzi requiert qu’un segment de ses investisseurs sacrifie une portion de leur mise et ce, sans rechigner. C’est là presque la définition littérale d’un blanchisseur d’argent… Ponzi survit grâce à l’argent productif de la drogue, et le profit illicite de la drogue, en se sacrifiant partiellement en Ponzi, se dissimule au sein de la boursicote improductive dudit Ponzi. C’est la force titanesque des profits de l’argent illicite qu’il blanchit qui fait rebondir et perdurer le schème de Ponzi contemporain. Cette explication a aussi l’avantage d’analyser plus concrètement le fameux sommeil au gaz de la police de la Bourse. Celle-ci cherche mollement (nous sommes, après tout, toujours sous déréglementation) des structures de boursicotes improductives. Alimentée par un secteur productif secret, le Ponzi contemporain échappe ici aux procédés myopes de détection des boursicotes sur fondements improductifs de la police de la Bourse. Et cette dernière, de bonne foi on non, ne trouve pas ce qu’elle ne cherche pas. C’est qu’en fait, c’est la Brigade des Narcotiques qui dort au gaz…</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/explication-de-l%e2%80%99incomprehensible-durabilite-du-scheme-de-ponzi-contemporain-il-blanchit-de-l%e2%80%99argent%e2%80%a6/10249/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>OBAMA et le monde : le Discours de Berlin</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/obama-et-le-monde-le-discours-de-berlin/10217</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/obama-et-le-monde-le-discours-de-berlin/10217#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 01:08:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[barack obama]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[centre droite]]></category>
		<category><![CDATA[État-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[europe]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10217</guid>
		<description><![CDATA[Il est très d’important de réécouter le Discours de Berlin de Barack Obama (Juillet 2008). On y retrouve une macédoine centriste fine et subtile: terrorisme, drogue, environnement, sécurité internationale, tout cela dans le même bol à salade. Gauche, droite, faites passer le plat et servez-vous. Et finalement l’homme politique demeure assez ferme envers l’Europe, notamment [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10245" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-10245" title="20080618-133135-g" src="/wp-content/uploads/2009/10/20080618-133135-g2.jpg" alt="Photo : Flickr aylamillerntor" width="500" height="332" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr aylamillerntor</p></div>
<p>Il est très d’important de réécouter le <strong><em>Discours de Berlin</em></strong> de Barack Obama (Juillet 2008). On y retrouve une macédoine centriste fine et subtile: terrorisme, drogue, environnement, sécurité internationale, tout cela dans le même bol à salade. Gauche, droite, faites passer le plat et servez-vous. Et finalement l’homme politique demeure assez ferme envers l’Europe, notamment avec une mention de la “générosité du plan Marshall” [sic], des vesses anti-soviétiques bien senties et une insistance assez pesante sur le pont aérien berlinois de 1948. En un mot: <em>l’Europe est notre meilleur partenaire </em>et… on ne lâchera pas notre bout du bâton dans l’affaire monde…</p>
<p>Le choix de Berlin n&#8217;était pas anodin. C’est une prise de parti sur le caractère non parisien ou londonien de l’Europe cruciale. L’Allemagne, troisième économie du monde est subitement prise très au sérieux. Les commentateurs politiques français ne sont arrivés, face à ce discours tenu devant un quart de millions de berlinois, qu’à éructer pures fadaises de politologues pseudo-savants et retardataires. Après le «candidat noir» (racistes comme les français sont hélas devenus même sans s’en rendre compte, cela va leur prendre encore un bon moment pour comprendre que Tiger Wood et Oprah Winfrey ne sont «plus» noirs), on parla alors du «jeune candidat démocrate au programme vague sans plus». Franchement là: la barbe. Il est parfaitement non avenu de présenter Obama comme une sorte de démagogue éclectique et semi-confus qui câlinait un peu tout le monde pour des votes. Cela procède d’une superficialité d’analyse sidérale ou pire, de la malhonnêteté intellectuelle de l’objecteur de droite inavoué. Écoutons attentivement le <strong><em>Discours de Berlin</em></strong>, tout y est.  <span lang="FR-CA">On y  a affaire à un centriste solidement méthodique qui va faire le pari “improbable” [sic] suivant: travailler à dissoudre les antagonismes politiques du siècle précédent, amalgamer subtilement les problèmes sociaux, accréditant les uns au risque des autres (le terrorisme, la pollution, l’inflation, c’est tout un… Comment? Simple: notre d</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">pendance aux carburants fossiles cause, dans une dynamique unique, r</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">chauffement climatique, crispation oligarchique des p</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">tro-lobbyistes, pouss</span><span lang="FR-CA">é</span><span lang="FR-CA">es inflationnistes et terrorisme international!), durcir en Afghanistan et mollir en Irak, en abandonnant la guerre truquée des lobbyistes pétroliers au profit d’une guerre «morale» rétablissant le Souverain Bien Impérial. </span>Il parle donc d’encourager les musulmans modérés à se distancier des musulmans extrémistes et la mission afghane viserait à cela. Cela fait bien plus justicier que la conflit pétro-pillard d’Irak, tout<span lang="FR-CA"> en contentant bellicistes et pacifistes d’un seul coup de plumeau. Méthode, méthode, méthode. Procédure calculée finement pour recycler l’impérialisme américain sur un modus operandi plus diplomatique, lui assurant un atterrissage en douceur.</span></p>
<p>Obama est aujourd’hui massivement populaire en Europe parce que le centrisme de méthode qu’il instaure confirme un déclin de la politique polarisée traditionnelle, et de la crédibilité des couleurs de parti, auquel l’homme et la femme de la rue s’identifient profondément, surtout, justement, en Europe. Le fameux syndrome suisse (<em>faisons donc travailler tous les partis ensemble au bien commun en atténuant les grondements des hiatus idéologiques</em>) est nettement aujourd’hui un syndrome européen.  Tout le monde se rejoint en Obama. Il joue de synthèse. En effet,  initialement, Obama émerge à gauche. La gauche politicienne classique reste un espace de conviction, un lieu où on ne transige pas avec la doctrine sociale. Pour la gauche <strong><em>il faut</em></strong> (ramener les troupes, cesser la gabegie, financer les besoins sociaux criants, etc). Sauf qu’Obama devaitt d’abord gagner. Politicien foncièrement fédérateur opérant depuis le tremplin d’une nation de retraités crispés, il se recentre donc en trois phases: l’électorat de Madame Clinton d’abord, la frange centre des Républicains ensuite, le monde occidental finalement. Il peut maintenant agir, mais pour ce faire il doit composer sans se dissoudre, se diluer politiquement. La politique traditionnelle ne permet pas de dégager cela. Il faut se fabriquer un Nouveau Centre. Il avait prévu ce recentrage depuis le début. Écoutez ses autres discours, tout est là, depuis même avant la course à l’investiture (réformer Washington, travailler ensemble par delà les clivages – du grand syndrome suisse version Coca-Cola)&#8230; Sauf que la gauche sociale, la gauche de la rue y voit –et c’est normal- une atteinte à son sens de l’intégrité et de l’intégralité. Son choix inexorable prend forme devant elle, hideux: un Obama articulé, organisé mais recentré ou… la vieille droite. La gauche politico-sociale ne pourra donc que redire un jour: <strong><em>Votons Obama, hélas</em></strong>… Elle sera aspirée dans la synthèse centriste d’Obama. Je m’en afflige mais c’est un fait. La droite, rigide, foutue, de nouveau crispée et vieillotte, sera marginalisée hors de la même synthèse. Son recentrage à elle (le GOP tente difficilement de se recentrer aussi – c’est bien dans l’air du temps) n’aura pas les dimensions de changement qualitatif de celui d’Obama, et mordra finalement la poussière.  Septembre 2001 marqua la fin du vingtième siècle politique. Novembre 2008 marquera la début effectif du vingt-et-unième siècle (a)politique…</p>
<p>Incontestablement, c’est un événement historique qui nous roule sous le nez en ce moment avec Barack Obama. Il va y avoir des réveils difficiles des deux bords du plateau politique à l’ancienne… mais cela procède tout de même de l’Historique. C’est, d’une certaine façon, aussi gros que la vente de feu de Gorbatchev du début des années 1990. C’est que l’impérialisme américain est un couteau planté dans la chair du monde. Et, l’un dans l’autre, Obama annonce: <em>bon ça va faire, on sort le couteau de là</em>. Et il va le “retirer de façon responsable” mais ça va crier de toute façon… et le sang va pisser de partout. Et il va botter le train des “alliés”, européens notammant – mais aussi tous les guignols des différents théatres, pour qu’ils “fassent leur part” dans l’application du Nouveau Cataplasme. Un impérialisme en repli, ça crie aussi, et ce n’est pas le paradis… Sans compter les divers intérêts <a href="http://ysengrimus.wordpress.com/2008/06/30/qu%E2%80%99est-ce-que-le-bellicisme/">bellicistes</a> qui ne voudront pas de ce mouvement de retrait de la lame et qui vont forcer pour la ré-enfoncer… ouille, ouille… Et de fait, quand l’Amérique manifestera de nouveau la dureté doctrinale de la nette constance impériale de ses choix post-impériaux face au monde, il faudra se souvenir de la rigidité bien enveloppée, de la main de fer d’Obama dans son déjà fameux gant de velours rhétorique, lors du <strong><em>Discours de Berlin</em></strong>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/obama-et-le-monde-le-discours-de-berlin/10217/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Partenariat public privé: gaver d’argent public l’accapareur privé</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/partenariat-public-prive-gaver-d%e2%80%99argent-public-l%e2%80%99accapareur-prive/10142</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/partenariat-public-prive-gaver-d%e2%80%99argent-public-l%e2%80%99accapareur-prive/10142#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2009 21:18:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[Partenariat Public Privé]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10142</guid>
		<description><![CDATA[Essayons de comprendre la logique qui anime les jovialistes promoteurs du fameux partenariat public privé. Aussi sidérant et sidéral que cela puisse paraître, certains d’entre eux croient de bonne foi à leur propagande et ne sont pas exclusivement des marionnettes des groupes de pression qui les engraissent… «en privé». Que disent-ils donc tant? Fondamentalement deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Essayons de comprendre la logique qui anime les jovialistes promoteurs du fameux partenariat public privé. Aussi sidérant et sidéral que cela puisse paraître, certains d’entre eux croient de bonne foi à leur propagande et ne sont pas exclusivement des marionnettes des groupes de pression qui les engraissent… «en privé». Que disent-ils donc tant? Fondamentalement deux choses fausse qui peignent le monde en rose:</p>
<p><strong><em>Le privé c’est efficace</em></strong>. On donne le secteur privé comme faisant aller les choses rondement en roulant dans l’efficace et le rentabilité bien rodés. Autant le parapublic a une réputation de bureaucratisme, de syndicalisme (le mal absolu!), de lenteur et d’incurie apathique, autant le privé est censé avoir aplani ces difficultés et trouvé la clef du moteur entrepreneurial qui tourne rond. <strong><em>Dans le privé, ça se passerait pas comme ça</em></strong> est devenu une sorte de dicton populaire, mythique et mythifiant comme bien des dictons. Car n’importe qui de minimalement sérieux ou honnête qui a un poste dans le privé vous dira qu’il y a autant de gabegie, d’incurie, de réunionite aiguë et de managérite chronique dans le privé que dans le parapublic. Ce qui perpétue le mythe de l’efficacité du privé est bien moins glorieux et  bien plus mécanique qu’autre chose. C’est simplement qu’une entreprise privée qui roule à perte jette impunément ses employés à la rue, se protège légalement contre ses créanciers, devient subitement invisible et repart sévir ailleurs jusqu’à temps de péter définitivement ou de se mettre à marcher. Un hôpital ou une université ne peuvent évidemment pas faire cela et doivent assumer leurs difficultés financières et leurs responsabilités sociales en restant debout et visibles contre vents et marées, ce qui a l’air plus bête à l’observateur superficiel que le perpétuel fourmillement d’affaire du privé. Avoir l’air efficace quand on dispose de l’incroyable impunité sociale que nos législations allouent au privé, ce n’est pas en soi si difficile vu que, finalement, ne flottent au dessus du cloaque-spectacle que les entreprises qui paraissent bien.</p>
<p><strong><em>Le privé c’est le Père Noël</em></strong>. Le privé c’est un vieux mononcle des États avec un chapeau de cow-boy et un air ahuri qui va fourguer plein de sacs d’argent dans notre projet. Faux, archi faux. Le privé a peut-être de l’argent, mais il n’est pas pour la société civile&#8230; Le privé, dans le développement global de l’exercice de partenariat public privé, n’injectera pas d’argent à terme, il en extorquera. Le privé ne s’associera qu’à un projet lui permettant de lever du profit, c’est une loi de fer qui transcende les volontés des uns et des autres. <strong><em>On occulte constamment le fait clair et net que le secteur privé s’associe à un projet de nature sociale non pour le rendre plus efficace ou plus performant financièrement, mais exclusivement pour s’enrichir à son détriment</em></strong>. Alors soudain, vlan, à la surprise générale de tous nos petits tartuffes du rentable et de l’efficace, le partenariat public privé rencontre une augmentation imprévue des coûts qui transforme le projet initial en gouffre financier dont il est toujours bien difficile de décrire la teneur exacte. L’éléphant rose se transforme graduellement en éléphant blanc… Le privé révèle finalement, par son action insidieuse, pourquoi il endure de s’associer au public dans ces aventures aventureuses. C’est que le public, c’est la planque parfaite pour tes combines d’extorsion. Tu pompes l’oseille en douce, quand les coûts augmentent il y a toujours de l’argent public pour colmater, et, surtout, si l’affaire tombe à terre, ce sera un jeu d’enfant d’accuser l’inefficacité, l’incurie, le «manque de sens des affaires» du partenaire public. Celui-ci sert de masque, de niche, de planque. C’est le secteur public qui sert de Père Noël au secteur privé, pas le contraire.</p>
<p>Le partenariat public privé c’est gaver d’argent public l’accapareur privé. Rien d’utile n’en sortira pour la société civile. Seuls les parasites en profiteront. Le plus écoeurant dans cette affaire est ceci: relisez ce billet, ce sera pour vous aviser du fait que je ne vous apprend pas grand chose. Comme chez un boulimique ou un alcoolique, ce problème est un de ceux où notre civilisation se ment le plus à elle-même. C’est qu’il met en cause sa définition même et cela, c’est faisable, mais toujours difficile.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/partenariat-public-prive-gaver-d%e2%80%99argent-public-l%e2%80%99accapareur-prive/10142/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le chêne et le roseau</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%e2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/10091</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%e2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/10091#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2009 01:12:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>
		<category><![CDATA[histoire du Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration et Integration]]></category>
		<category><![CDATA[interculturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[multiculturalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Canada]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10091</guid>
		<description><![CDATA[pourquoi l’épanouissement identitaire serait-il un communautariste? Pourquoi le repli identitaire serait il un multiculturalisme?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10133" class="wp-caption alignnone" style="width: 410px"><img class="size-full wp-image-10133" title="400px-Chauveau_-_Fables_de_La_Fontaine_-_01-22" src="/wp-content/uploads/2009/10/400px-Chauveau_-_Fables_de_La_Fontaine_-_01-22.png" alt="Photo : wikimedia.org" width="400" height="312" /><p class="wp-caption-text">Photo : wikimedia.org</p></div>
<p>L’un dans l’autre, la question de l’intégration multiculturelle ou interculturelle ou pluriculturelle rencontre deux traitements, celui du chêne et celui du roseau.</p>
<p><strong><em>Le chêne</em></strong> : la France. La république se réclame d’un certains nombre de valeurs de base qui fonctionnent comme des principes axiomatiques. Tous les citoyens étant égaux devant la loi française (dont l’extraterritorialité est fondée et légitimée dans la ci-devant universalité -voulue ou réelle- des fameux <strong><em>droits humains</em></strong> – valeurs de 1789 que les ricains implémentèrent… en 1776) et il faut se conformer. L’immigrant est une sorte d’accident de parcours, un apport toléré s’il s’intègre, un candidat  serein ou rebelle à l’assimilation. <strong><em>Politique identitaire</em></strong> est un terme péjoratif en France. Le concept central pour eux, c’est le <strong><em>communautarisme</em></strong>, synonyme de replis identitaire, de résistance indue face aux exigences élémentaire de la vie publique.</p>
<p><strong><em>Le roseau</em></strong> : le Canada. Terre d’immigration dotée de deux peuples fondateurs égaux en droits et en valeurs… sinon dans les faits. Décontraction très Nouveau Monde, ouverture (non exempte d’un type tout particulier de condescendance bienveillante). Toutes les religions, tous les restos, tous les langages. Port des couvre-chefs religieux autorisés partout, sans problème particulier. <strong><em>Tolérance</em></strong> est le maître mot, le calcul étant qu’une intégration saine et effective ne se fait pas sous la contrainte des lois mais par le serein exemple. Le Canada se réclame de la notion cardinale de <strong><em>multiculturalisme</em></strong> et l’épanouissement identitaire est une valeur endossée et promue. Huit personnes sur dix rencontrées sur la rue ignorent purement et simplement le sens glauque du mot <strong><em>communautarisme</em></strong>.</p>
<p><strong><em>Attention important! Notez qu’il ne s’agit pas ici de reprendre le jugement de valeur porté par la fable de Lafontaine. Si le chêne de la fable se déracine tandis que le roseau plie et reste indemne, la moindre promenade auprès d’un de nos beaux lacs canadiens vous montrera des roseaux ayant cassé d’avoir été trop flexibles et des chênes ayant parfaitement résisté à l’orage…</em></strong></p>
<p>Ceci dit, ces deux modèles gagneraient chacun à s’inspirer un peu de l’autre. L’exemple historique du Québec est ici particulièrement parlant. Au moment de la conquête anglaise de 1760, une population française de 60 000 âmes, implantée depuis plus de 150 ans se retrouve encadrée par un occupant n’alignant pas 20 000 gogos. Le cas est savoureux et fort utile à la réflexion car ici, c’est l’immigrant minoritaire qui a le pouvoir économique et politique… Spontanément communautaristes, les canadiens français du temps voyaient à leurs affaires, leur religion, leur cadastre rural, le mariage de leurs fils et de leur filles, leurs corvées villageoises, leur pot-au-feu selon leur loi traditionnelles. Le conquérant a vite vu qu’il ne pouvait pas réformer et angliciser tout ça. Il a donc fait la part du feu. Les crimes, impliquant notamment mort d’homme, seraient traités selon les lois de l’occupant. Pour le bazar de litiges de cadastre, de récoltes et de mariages, arrangez-vous entre vous avec vos lois françaises. Le Québec a, encore aujourd’hui, un code civil français et un code criminel de <em>common law</em> britannique. Il tient aux deux, comme il tient fermement à son parlement de type britannique, où il traite ses affaires en français. En 1774, deux ans avant la révolution américaine, craignant que les français de la vallée du Saint Laurent ne veuillent s’associer à la république américaine naissante, les britanniques du Canada produisent la première loi multiculturelle ou interculturelle en terre nord-américaine, <strong><em>L’Acte de Québec</em></strong>. En un mot: <em>OK les copains, vous pouvez rester catholiques, vous pouvez conserver la langue française, vous ne devez plus prêter explicitement serment au roi d’Angleterre</em>. Les autres ont répondu <strong><em>Vive le Roi George!</em></strong> (en français) et les bataillons canadiens français eurent un rôle important à jouer pour empêcher la révolution américaine de s’exporter dans nos arpents de neige…</p>
<p>Peut-on donner tort aux Québécois d’avoir continué de faire cuire leur couscous et portés leurs voiles? Peut-on les accuser de replis identitaire pour avoir perpétué ainsi leur existence nationale, produisant une des cultures francophones les plus originale au monde hors de France, et imposant de facto à toute l’entité canadienne la notion profonde de multiculturalisme dont elle se serait bien passé autrement? La culture arabe de France ne pourrait-elle pas, modulo les ajustements requis, produire un résultat lumineux similaire? Par la force des faits, les britanniques paniqués des premières décennies de la conquête nous donnent <strong><em>la leçons du roseau</em></strong>. Mais 250 plus tard, cette société québécoise se rend compte soudain que cette souplesse anglo-saxonne qui fonda son existence commence à sérieusement gripper. Les québécois et les québécoises sont profondément féministes, le droit de la femme est pour eux un enjeu cardinal. Peuvent-ils reprocher à nos jacobins de français dans leur raideur et leur grandeur de vouloir dire <strong><em>ça suffit!</em></strong> quand des pratiques juridiques inégalitaires grugent et compromettent de partout l’égalité républicaine? Sur le droit des femmes, la fermeté française en matière de replis identitaire (de ghetto, de combines maritales louches, de magouilles d’immigration, d’oppression occulte de l’immigrante par l’immigrant) nous donne indubitablement <strong><em>la leçon du chêne</em></strong>.</p>
<p><em> </em></p>
<p>Pourquoi l’épanouissement identitaire serait-il un communautariste? Pensez au Québec, de plus en plus ouvert sur le monde et épanoui. Pourquoi le repli identitaire serait il un multiculturalisme? Pensez aux femmes immigrantes ne bénéficiant pas effectivement des lois nationales et vivant incarcérées dans leur propre communauté, coupées du monde.</p>
<p>Il faut doser ces deux apports, au cas par cas. Voile, bouffe, mariage, musique, héritage, patrimoine, tout doit y passer. Il faut patiemment  tamiser. Chêne ici, roseau, là, Chêne pour ceci, roseau, pour cela, Il y en a pour une bonne génération. Des syncrétismes de grande valeur en émergerons, si c’est fait proprement… Je suis optimiste.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/le-chene-et-le-roseau-pourquoi-l%e2%80%99epanouissement-identitaire-serait-il-un-communautariste-pourquoi-le-repli-identitaire-serait-il-un-multiculturalisme/10091/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Renflouer l’«économie» ou simplement… maintenir l’accapareur privé en selle?</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/renflouer-l%e2%80%99%c2%abeconomie%c2%bb-ou-simplement%e2%80%a6-maintenir-l%e2%80%99accapareur-prive-en-selle/10037</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/renflouer-l%e2%80%99%c2%abeconomie%c2%bb-ou-simplement%e2%80%a6-maintenir-l%e2%80%99accapareur-prive-en-selle/10037#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2009 15:47:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[barack obama]]></category>
		<category><![CDATA[crise financière]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=10037</guid>
		<description><![CDATA[Crise de 2009. L’idée de remettre en question la propriété privée des banques n’était pas souvent venue à l’esprit de quiconque aussi crûment qu’à ce jour, du moins dans le giron du cadre capitaliste. Mais… surdité idéologique, quand tu nous tiens. Malgré l’évidence criante de la dérive ruineuse due à la propriété privée, ça continue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_10085" class="wp-caption alignnone" style="width: 346px"><img class="size-full wp-image-10085" title="6a00d8341c5dd653ef0120a629fd68970c-800wi" src="/wp-content/uploads/2009/10/6a00d8341c5dd653ef0120a629fd68970c-800wi1.jpg" alt="Photo : Flickr Brooks Elliott" width="336" height="336" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Brooks Elliott</p></div>
<p>Crise de 2009. L’idée de remettre en question la propriété privée des banques n’était pas souvent venue à l’esprit de quiconque aussi crûment qu’à ce jour, du moins dans le giron du cadre capitaliste. Mais… surdité idéologique, quand tu nous tiens. Malgré l’évidence criante de la dérive ruineuse due à la propriété privée, ça continue de bien coincer. On est aussi réfractaire à nationaliser une banque qu’on pourrait être réfractaire à privatiser un hôpital. Un hôpital fournit un service nécessaire à la vie, et l’idée d’enrichir des accapareurs privés au moyen d’un tel service répondant à un tel besoin répugne foncièrement, au sein de la société civile. Elle y résiste des quatre fers. Notons, pour la bonne bouche, que manger aussi est un besoin fondamental, ce qui n’empêche pas les supermarchés d’être encore entre les mains d’accapareurs affameurs privés qui s’enrichissent sur la faim. La distinction entre ce qui est «légitimement» privé (si tant est…) et ce qui ne l’est pas ne se fait pas si rationnellement que ça, en fait, dans notre triste petit monde. Enfin…</p>
<p>Bref, revenons aux banques et, plus globalement, à l’immense secteur des services financiers. Soudain, vlan, brutalement, en un temps incroyablement bref, on s’aperçoit qu’ils sont justement cela: des services. Dans la tourmente, il se démystifient et se démythologisent d’un coup sec. On redécouvre abruptement qu’ils sont des instruments pratiques bien avant d’être des pourvoyeurs de «produits financiers» garnissant allez savoir quel «portefolio» fumeux pour petits investisseurs que l’on arnaque en douce avec une constance d’horloge. Les services financiers sont avant tout, pour la masse immensément majoritaire de ceux qui les utilisent, des outils plombiers permettant tout prosaïquement, par l’accès au crédit, d’acheter un bien semi-durable (voiture, maison), de payer les salariés d’une petite entreprise, de faire démarrer un projet de n’importe quelle nature. L’empereur des placements est nu. Le gâchis financier mondial apparaît donc dans un tout autre angle, l’angle pratique. Voici donc que l’accapareur privé a boursicoté maladroitement en mondovision avec les avoirs (des autres…) devant assurer le crédit bancaire, ce très usuel service (y compris, sans vergogne, avec les avoirs financier reliés directement à la survie élémentaire, comme les fonds de pension). Le boursicoteur bancaire, outrecuidant et/ou malchanceux, qui mène son affaire comme il assure l’intendance de sa maison, c’est à dire <strong><em>privément</em></strong>, se met donc unilatéralement à restreindre l’accès audit crédit, pour se protéger lui-même, comme un épicier fermerait boutique en temps de rationnement, affamant de facto le quartier. On se retrouve alors devant un cas typique d’accapareur privé se souciant fort peu de ses responsabilités sociales, ne les discernant pas clairement, en fait, dans sa grosse bonne foi bourgeoise. C’est un peu comme si l’administration d’un hôpital mettait les patients à la rue pour quelque mois, histoire de renflouer sa caisse et d’éponger ses déficits. C’est inacceptable. L’état intervient donc, subitement, abruptement, cul par-dessus tête, à la vapeur, dans l’urgence. Il renfloue les banques avec de l’argent public (en grande partie emprunté) pour restaurer ce service plombier indispensable qu’est l’accès au crédit. C’est, bon an mal an, l’équivalent de l’état renflouant le déficit d’un hôpital ou d’une entreprise de transport national pour que le service se maintienne. La seule différence, et elle est de taille, c’est que les hôpitaux ou la SNCF ne sont pas la propriétés d’accapareurs privés. Ils n’appartiennent à personne et n’enrichissent personne, du moins pas ouvertement de par leur principe de fonctionnement (ils sont <strong>gangrenés par la privatisation rampante</strong>, mais ça c’est une autre histoire). Ils effectuent le service, paient leurs employés, coûtent ce qu’ils coûtent et, dans notre culture de propagande inique et torve, se feraient bien moins dénigrer s’ils enrichissaient des accapareurs.</p>
<p>La dynamique financière abruptement rectificatrice du moment, surtout aux USA, marche infailliblement à un résultat social incroyablement bancal. En gros, quand le secteur financier va bien, on laisse les accapareurs privés qui le noyautent s’enrichir tranquillement, mais quand il se met à aller mal, on devient subitement socialistes sans l’admettre, on le renfloue en pagaille avec l’argent du contribuable et de l’emprunt chinois. On est subitement (et c’est là le trait vraiment original de la ci-devant crise de 2009) prêts à remettre en question la sacro-sainte rigueur budgétaire des caisses de l’état <strong><em>AVANT</em></strong> de remettre en question la propriété privée des services financiers. Les dirigeants politiques américains actuels sont conscients que leur pays perd nettement prise sur l’économie réelle (qui passe graduellement aux mains des pays émergents, avec <strong>tous les problèmes spécifiques que cela pose</strong>) et ils savent que l’économie américaine s’enlise de plus en plus dans la boursicote stérile qui change de la valeur de place sans en produire de nouvelle. Le président Obama affirme donc, sur tous les forums, qu’il faut sortir de <strong><em>l’Économie de la Bulle qui Gonfle puis Éclate</em></strong> (<em>Bubble and Burst Economy</em>). Sauf que, pour ce faire, il se lance dans <strong><em>l’Économie qui Renfloue et Réforme sans Révolutionner</em></strong>… Les dirigeants politiques américains actuels vont même jusqu’à envisager d’improviser sur le tas la mise en place de services financiers publics, non-bancaires, pour rétablir un accès au crédit que les banques et les structures financières, gavées d’argent public mais toujours grippées par le titanesque marasme boursicotier mondial, n’arrivent plus à fournir. Dépêchons nous de bâtir des faubourgs de planches chambranlants aux pieds du temple d’or, aux portes verrouillées par les voleurs, avec notre trésor piégé dedans. Effarant.</p>
<p>Il est patent qu’on dissimule quelque chose à quelqu’un, ici. Soit on assiste à une batterie sans précédent de crypto-nationalisations. On cacherait alors à une classe capitaliste ultra-libérale, en déclin mais encore menaçante, une reprise en main historique des services financiers par des structures d’encadrement étatiques renouvelées. Soit on assiste à une colossale mobilisation de la richesse collective visant au strict maintient de l’accapareur privé en selle, sous couvert d’une renflouement de la ci-devant «économie», aux frais du petit peuple et des financiers semi-étatiques chinois (face auxquels ce n’est pas: <em>faites payer les riches</em> mais:<em> faites payer les concurrents</em>). Que ce soit un cas où l’autres qui se mette en place, il est clair que le danseur s’avance masqué. Tristement, je crois que c’est bel et bien l’accapareur privé qu’on s’efforce de maintenir le cul cousu de l’or des autres sur sa selle, rien d’autre. J’en veux pour preuve le fait que le renflouement en cours ne se retreint pas au secteur des services financiers. On renfloue aussi des entreprises industrielles, notamment dans le secteur automobile. Celles-ci ne sont pourtant pas indispensables. Elles diffusent un produit obsolète, déjà très élégamment outrepassé par celui de la concurrence étrangère. Le geste anti-libéral posé ici est moins socialiste que protectionniste… De fait, ces entreprises industrielles ruinées vérifient magistralement la thèse marxiste classique de la baisse tendancielle du taux de profit. Récemment, un administrateur supérieur de GM admettait que seulement 7% de ses dépenses allaient à la force de travail et que le reste allait à des produits (machinerie, placements, etc.) achetés aux prix forts, par son entreprise, sur le marché polymorphe contemporain. Le capital constant bouffe le capital variable, la plus-value, venue exclusivement du travailleur se ratatine, et l’entreprise fait faillite. Tout le capitalisme industriel actuel est un gros GM généralisé, même dans les économies émergentes. Baise tendancielle du taux de profit. La terre n’a pas fini de trembler.</p>
<p>Le symptôme automobile ne ment pas ici. Il fait tomber le masque du danseur. Renflouer le secteur industriel traditionnel est un acte réactionnaire, protectionniste, même dans le cadre restreint d’une logique capitaliste étroite. Renflouer, encadrer et nationaliser le secteur financier serait un acte progressiste si seulement, une fois l’activité économique reprise et les lunettes roses raccrochées sur les rouflaquettes des sourds en costards, on ne se remettait pas à laisser les accapareurs privés repartir en goguette, sans les tenir en laisse ou, encore mieux, les dézinguer. Mais il est patent que les cultures nationales, des deux côtés de l’Atlantique, font jouer les vieux réflexes de leurs traditions politiques respectives face à la situation financière en cours. L’Europe penche vers plus de réglementations vieillottes, l’Amérique penche vers plus de libéralisme à l’ancienne, et rien ne change vraiment: l’accapareur privé reste en selle partout, prêt à tout faire repartir selon la logique délirante des ses intérêts propres, de plus en plus contraires à ceux de la collectivité mondiale.</p>
<p>Tant qu’on restera aveugles au fait que <strong><em>c’est la propriété privée des moyens collectifs de production et d’encadrement des avoirs de la société civile qui est le problème fondamental</em></strong>, on ne sortira pas du cycle constitutif des crises. Combien de catastrophe et de vies brisées partout dans le monde faudra-t-il encore avant qu’on allume ses lumières sur cette question absolument cruciale?</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/renflouer-l%e2%80%99%c2%abeconomie%c2%bb-ou-simplement%e2%80%a6-maintenir-l%e2%80%99accapareur-prive-en-selle/10037/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La spéculation comme prospective hasardeuse</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-speculation-comme-prospective-hasardeuse/9981</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/la-speculation-comme-prospective-hasardeuse/9981#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 02:40:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ysengrimus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=9981</guid>
		<description><![CDATA[Il y a deux sortes de spéculation. La spéculation sur production et la spéculation sur mouvements financiers. Il est important de ne pas les confondre car leur caractère hasardeux n’est pas tributaire des mêmes avatars. Spéculation sur production: Une usine de machines à coudre de Shanghai voit sa production augmenter de huit cent unités par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a deux sortes de spéculation. La <strong><em>spéculation sur production</em></strong> et la <strong><em>spéculation sur mouvements financiers</em></strong>. Il est important de ne pas les confondre car leur caractère hasardeux n’est pas tributaire des mêmes avatars.</p>
<p><strong><em>Spéculation sur production</em></strong>: Une usine de machines à coudre de Shanghai voit sa production augmenter de huit cent unités par mois. Éventuellement, elle ne fournit plus à la demande. Il vient donc un moment où, devant cette croissance sensible bien attestée, elle doit s’ajuster. Elle doit amplifier ses infrastructures, augmenter ses acquisitions de matières premières, embaucher plus de travailleurs. Une banque accepte de la financer sur la foi prospective de cette augmentation stable de huit cent unités par mois. L’industriel, et la banque qui le finance, misent ensemble que cette augmentation va se poursuivre avec constance sur un laps de temps suffisamment long (fantasmatiquement, infini en fait) pour que l’investissement et l’amplification de la production s’avèrent fructueux. Ce type de spéculation industrielle, inévitable dans la situation d’investissement productif la plus ordinaire, est à l’origine de la majorité des crises de surproduction. On connaît bien, depuis 1929, la grandeur et les misères de la spéculation directe sur production&#8230; or justement, les pays émergents n’étaient pas dans le tableau du capitalisme industriel en 1929. Pour eux, ce sont encore les années folles&#8230;. Ouille, ouille, pour la suite… On doit mentionner ici, aussi, la <strong><em>spéculation foncière</em></strong>, qui est une spéculation indirecte sur production. Un investisseur achète un terrain en calculant qu’il le vendra plus cher plus tard. Si c’est le cas, c’est parce que ledit terrain deviendra agricolement exploitable, où qu’on y trouvera des mines, ou qu’on y fera passer un chemin de fer où qu’on y construira des maisons, parce qu’une usine ou des bureaux administratifs s’installent dans le coin. Dans tous ces cas la spéculation foncière mise indirectement sur le fait que la production et son développement rendront la terre plus chère. Comme la spéculation sur production industrielle, la spéculation foncière reste raccordée aux portions primaires et secondaires (éventuellement tertiaires aussi) de l’économie réelle.</p>
<p><strong><em>Spéculation sur mouvements financier</em></strong>: Un investisseur matois se voit promettre un retour de 15% sur son placement. Il flaire qu’il s’apprête à faire un investissement dans un <strong>schème de Ponzi. </strong>Ce dernier semble en phase d’amorce et la police de la bourse n’a rien vu encore. Notre investisseur joue l’argent (des autres) qu’il gère et le place dans ce mécanisme pour trois ans. Trois ans plus tard, pari gagné, le schème n’est pas encore éventé, cet investisseur là retire son placement et sa mise. Il est indemne, et le château de carte s’écroulera un peu plus tard, sans risque désormais pour lui. <em>Fiiiooouuu</em>…Par parenthèse, ceux qui se demandent où est passé l’argent, lors du démantèlement d’un schème de Ponzi. Il est là, chez les investisseurs qui ont su s’envoler avant que la vague ne retombe. Ponzi se fait pincer mais l’investisseur matois à qui il a servi de paravent court toujours. Un autre exemple de spéculation sur mouvements financiers, c’est <strong><em>l’achat massif de devises</em></strong>. Le Yuan est bas, vous en achetez pour des millions en Euros, en assumant qu’il va remonter. Quand le Yuan remonte effectivement, vous revendez vos Yuans pour plus d’Euros que la somme initialement engagée. <em>Ta-daaaam</em>, vous venez de faire un coup d’argent facile en faisant jouer la fluctuation des changes à votre strict petit avantage privé.</p>
<p><strong><em>Le principal avatar de la spéculation sur production est la surproduction</em></strong>. Prenez les ordis personnels. En 1983, il n’y en a presque pas. En 1990, ils sont partout. En moins d’une décennie, la production de cette invention nouvelle s’est intégralement mise en place. <strong><em>Non sans myopie, on projette alors spéculativement la croissance de leur consommation sur la base de la production résultant de leur apparition intégrale.</em></strong> On fantasme qu’il faudra continuer d’en sortir autant qu’à l’époque où ils apparaissaient intégralement et pour la toute première fois dans le monde. Le vieux serpent de mer increvable de la surproduction des biens de consommation semi-durables, bagnoles, ordis, cahutes (et les machines à coudre de mon industriel de Shanghai) se remet alors à hanter l’industrie. J’ai acheté quatre PC et deux portables pour moi et ma famille dans la dernière décennie. Je ne vais pas en acheter autant dans la décennie prochaine, vu que je les ai… Leur usure ne sera pas un facteur aussi massivement déterminant que leur littérale apparition dans l’existence. Parfois on dirait que, même en Occident, on n’a rien appris de 1929 et qu’on continue de projeter l’exponentiel rose fluo jusqu’à ce que cela se mette à nous refouler dans la gueule.</p>
<p><strong><em>Le principal avatar de la spéculation sur mouvements financier est l’improductivité</em></strong>. Fricoter dans les bouts de papier, flagosser dans le mouvement des changes, spéculer main dans la main avec Ponzi, Madoff et consort change la richesse de place mais n’en produit pas de nouvelle. En Occident, la poussée productive liée aux inventions des nouvelles technologies a produit les grands parcs informatiques contemporains. Ce n’est pas rien. Pour trouver un équivalent économique de ce phénomène vraiment peu fréquent, il faut remonter à l’invention de l’automobile, ou à celle du téléviseur. Cette productivité innovante des années 1990 a été suivie d’un crise croissante de surproduction (trop de téléphones portables, trop d’ordis, trop de logiciels, trop de «versions» de tout, et leur dévaluation en pagaille) et d’un glissement vers l’illusoire valeur refuge de la spéculation sur mouvements financier. Remplacer une spéculation d’investissements, engorgée par la surproduction, par une spéculation de placements, improductive et mordorée de rouerie et d’astuces, ne sert que des intérêts circonscrits, temporaires et est hautement nuisible socialement. Pas étonnant que les financiers contemporains basculent dans le plus grossier des banditismes, trait de plus en plus ordinaire de <strong>la guerre interne du capitalisme</strong>.</p>
<p>Au jour d’aujourd’hui,<strong><em> la spéculation sur production est surtout chinoise</em></strong>. Leur culture économique (comme celle de tous les pays émergent) n’a pas encore vécu un vrai équivalent de 1929 et n’a pas encore rencontré un vrai équivalent de Roosevelt. Excès de confiance, jubilation, jovialisme et tous les autres traits comportementaux du capitalisme sauvage sont en place. Le réveil sera difficile quand la crise de surproduction frappera (surtout avec, en complément de leur marché intérieur insuffisant, la baisse inexorable de la capacité de consommation de l’Occident). <strong><em>La spéculation sur mouvements financier est surtout américaine</em></strong>. C’est la fameuse <strong><em>Bubble &amp; Burst Economy</em></strong> que dénonce Obama. Tertiarisée, improductive, de plus en plus enracinée dans la boue gluante du baratin, de l’ésotérisme abscons de boursicotard, de l’arnaque et du court terme, cette autre spéculation est un signe patent du déclin du capitalisme occidental. Les leviers financiers effectifs vont de plus en plus suivre la production effective, <strong>du nord vers le sud</strong>. À la crise de l’économie mirage de 2009, succédera une crise de l’économie réelle, industrielle, non balisée, non-rooseveltisée des pays émergents. Un 1929 à la puissance mille.</p>
<p>Ce que ces deux types de spéculation ont en commun c’est d’être une prospective optimiste et mécaniste sur l’augmentation de gains futurs. Spéculer c’est miser. Inutile de dire aussi qu’investir c’est fondamentalement spéculer sur un gain. Investir à perte, ce n’est plus investir, c’est <strong>renflouer</strong>. On connaît alors la rengaine instaurée par 2009: privatisation des profits, collectivisation des pertes. La spéculation est un trait essentiel, fondamental du capitalisme. Elle est à la fois sa force et sa faiblesse. Mais il faut garder à l’esprit qu’il y a spéculation et spéculation. Une spéculation durillonne de capitalisme jeune, triomphaliste et inconscient et une spéculation mollassonne de capitalisme vieilli, avachi et cynique, Et surtout, il semble bien qu’il ne sera pas possible de se débarrasser ni de la spéculation, cette fichue de prospective hasardeuse, cette gageure privée aux effets colossaux, ni de ses terribles dommages, sans se débarrasser du capitalisme même.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/la-speculation-comme-prospective-hasardeuse/9981/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

