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	<title>CentPapiers &#187; Thierry Ternisien dOuville</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Une liberté d’esclaves ?</title>
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		<pubDate>Sun, 08 Mar 2009 17:56:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[OPINIONS]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[Consommation]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous sommes fiers d&#8217;appartenir à des sociétés démocratiques où la liberté est affichée au fronton de nos mairies. Nous nous battons, à juste titre, contre les atteintes de plus en plus nombreuses à cette liberté politique. Mediapart fait partie de ce combat. Mais nous en oublions la principale (parce que la première) remise en cause. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full" title="Photo: Flickr Robyn Gallagher" src="http://farm4.static.flickr.com/3104/2856416439_36b1ab15e7.jpg" alt="Take a step" width="500" height="438" /><p class="wp-caption-text">Photo: Flickr Robyn Gallagher</p></div>
<p>Nous sommes fiers d&#8217;appartenir à des sociétés démocratiques où la liberté est affichée au fronton de nos mairies.</p>
<p>Nous nous battons, à juste titre, contre les atteintes de plus en plus nombreuses à cette liberté politique. Mediapart fait partie de ce combat.</p>
<p>Mais nous en oublions la principale (parce que la première) remise en cause. La liberté que le &laquo;&nbsp;progrès&nbsp;&raquo; nous avait permis de gagner. La liberté par rapport à la nécessité vitale qui faisait espérer une société du &laquo;&nbsp;temps libre&nbsp;&raquo; (à ne pas confondre avec le loisir qui n&#8217;est que la consommation, autre face du travail).</p>
<p>Quelle est la liberté des employés ou inemployés que nous sommes devenus, citoyens des pays développés et émergents ?</p>
<p>Une liberté d&#8217;esclaves qui ne se rendent même plus compte qu&#8217;ils ont aux chevilles des fers certes beaucoup plus doux mais beaucoup plus solides : ceux du <a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/thierry-ternisien/050309/la-victoire-du-travail-et-la-defaite-du-monde">tout travail et du tout consommation</a> !</p>
<p>Cette situation de servitude, reconnue et dénoncée dès la fin des années 1960, est devenue depuis si admise, parfois même si volontaire, que le principal tabou est la remise en cause du tout travail et la principale revendication, si on en juge par les médias et les politiques, celle du pouvoir d’ACHAT !</p>
<p>Pour ceux qui, humanistes, cherchent d’autres <a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/thierry-ternisien/280209/trois-impasses-a-quitter-trois-sentiers-a-defricher">sentiers</a> à explorer, loin des impasses de la pensée zéro, l’émancipation intellectuelle par rapport à la prison du tout « travail/consommation » est redevenue indispensable.</p>
<p>Ce billet clôt ma série « <a href="http://www.mediapart.fr/club/blog/thierry-ternisien/120109/debattre-du-travail-est-ce-possible">Débattre du travail, est-ce possible ? </a>». La réponse à cette question est, je le crains, « Plus maintenant et pas encore ».</p>
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		<title>Trois impasses à quitter, trois sentiers à défricher</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/trois-impasses-a-quitter-trois-sentiers-a-defricher/5582</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 18:39:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[ENVIRONNEMENT]]></category>
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		<category><![CDATA[responsabilité sociale]]></category>

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		<description><![CDATA[Plus la crise s’amplifie, plus les mesures et les diagnostics se multiplient, plus la croyance magique en la reprise est affichée (magie pouvant d’ailleurs fonctionner, encore une fois, selon le principe des prophéties auto-réalisatrices des sociétés mimétiques), plus la colère sociale monte, plus il apparait que trois impasses, très fréquentées, sont à quitter et trois [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!--[if gte mso 9]&gt;  Normal 0         21   false false false  FR X-NONE X-NONE              MicrosoftInternetExplorer4              &lt;![endif]--><!--[if gte mso 9]&gt;                                                                                                                                            &lt;![endif]--></p>
<p class="MsoNormal">
<div id="attachment_5610" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-5610" title="62219140_62a6f4a8cb" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/02/62219140_62a6f4a8cb.jpg" alt="Photo : flickr Evgeni Karalamov" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : flickr Evgeni Karalamov</p></div>
<p>Plus la crise s’amplifie, plus les mesures et les diagnostics se multiplient, plus la croyance magique en la reprise est affichée (magie pouvant d’ailleurs fonctionner, encore une fois,<span> </span>selon le principe des prophéties auto-réalisatrices des sociétés mimétiques), plus la colère sociale monte, plus il apparait que trois impasses, très fréquentées, sont à quitter et trois sentiers, sur lesquels quelques-uns commencent à se retrouver, sont à défricher.</p>
<p class="MsoNormal">Trois impasses à quitter. L’impasse de l’économie d’abord qui ayant transformé l’humanité en une immense société de travailleurs employés à créer de plus en plus de « richesse » et à consommer/détruire de plus en plus de biens durables, artificiels ou naturels, n’est pas la solution à la crise mais sa principale origine. L’impasse de la gestion, autour du débat hallucinant sur la dette. Dette de qui vers qui, alors même que les Etats empruntent à ceux auprès de qui ils sont endettés pour leur prêter ensuite pour relancer une machine financière folle, sans lien avec une « économie réelle » tant le montant des sommes en jeu dépasse celui des richesses produites ? L’impasse technologique, enfin, dont un des exemples les plus criants est le délire des OGM. Après avoir détruit les cultures vivrières, empoisonné les sols, le « progrès » de l’agriculture vise à transformer les paysans du monde en employés de Monsanto. Ces trois impasses ne sont pas la solution, elles sont le problème.</p>
<p class="MsoNormal">Trois sentiers à défricher. Sentier de la construction d’un monde durable, habitable en lieu et place de la soumission à un processus de développement dont on voit aujourd’hui les dégâts croissants. Sentier tracé dès 1958 par Hannah Arendt, avec son souci et son amour du monde. Sentier défriché aujourd‘hui par Edouard Glissant et ses amis antillais autour des concepts du Tout-Monde et de la poétique. Sentier de la puissance de l’action collective remplaçant la politique du pouvoir/domination sur l’autre, exploré, là aussi, par l’action des Antillais. Enfin sentier de la pensée de ce que nous faisons, de la compréhension du monde que nous construisons. Sentier défriché par beaucoup d’auteurs de l’ère post-totalitaire : Arendt, Anders, Morin, Illich, Jean-Pierre Dupuy, &#8230;</p>
<p class="MsoNormal">Puissent les nouveaux-venus sur Terre, les nouvelles générations sortir de ces trois impasses et transformer ces trois sentiers en chemins d’un nouvel humanisme, respectueux du monde, de la nature et des êtres humains !</p>
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		<title>Quand les grandes entreprises créent la crise&#8230;qu’elles disent « anticiper »</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Dec 2008 15:59:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[En vedette]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>

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		<description><![CDATA[  Depuis plusieurs semaines les plans sociaux se multiplient pour « faire face à la crise ». Comment des dirigeants brillants, si on en juge par leurs parachutes dorés, peuvent-ils à ce point créer ce qu’ils affichent redouter ? Henry Ford, à son époque, n’arrivait pas à convaincre ses pairs de l’importance de payer correctement leurs ouvriers s’ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<div id="attachment_4652" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-4652" title="2604025264_0d5c40d380" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/12/2604025264_0d5c40d380.jpg" alt="Photo : wonker Flickr" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : wonker Flickr</p></div>
<p>Depuis plusieurs semaines les plans sociaux se multiplient pour « faire face à la crise ».</p>
<p class="MsoNormal">Comment des dirigeants brillants, si on en juge par leurs parachutes dorés,<span> </span>peuvent-ils à ce point créer ce qu’ils affichent redouter ? Henry Ford, à son époque, n’arrivait pas à convaincre ses pairs de l’importance de payer correctement leurs ouvriers s’ils voulaient les voir consommer leurs produits. Malgré la crise de 1929, et les catastrophes qui l’ont suivie, rien ne semble avoir changé. Vision à court terme et sur un espace limité, même s’il peut aujourd’hui être mondial.</p>
<p class="MsoNormal">Plus surprenant et plus grave la passivité des politiques capables au mieux (au pire ?) de déverser des milliers de milliards de dollars ou d’euros vers les déclencheurs même de la crise : banques, d’abord, grandes entreprises maintenant. Certains affichent posture et discours volontaristes de relance mais les actes ne suivent pas.</p>
<p class="MsoNormal">C’est que l’absence de vision des interdépendances (malgré la création de l’expression et de la fonction « risque systémique ») est une caractéristique des personnes sous l’influence d’une idéologie, au sens que donnait Hannah Arendt à ce terme : déploiement jusqu’au bout de la logique d’une idée. La main invisible du marché qui a créé ou n’a pas su empêcher la crise, devrait, par miracle, être capable d’assurer la relance à condition de lui fournir le carburant lui manquant : les fameuses liquidités.</p>
<p class="MsoNormal">C’est un peu, comme si voulant faire redémarrer ma voiture après un crash, je versais dessus de l’essence. Une allumette et tout flambe&#8230;</p>
<p class="MsoNormal">Pour les citoyens qui ne sont pas contaminés par cette maladie idéologique, il est en temps de remettre la politique à la première place, qu’elle n’aurait jamais du quitter au profit de ce qui n’était autrefois que le « ménage », l’économie. Quel monde voulons-nous ? Un monde de citoyens libres ? Libres de la nécessité vitale ? En quoi le libre échange, la division internationale du travail et la marchandisation généralisés à quasiment l’ensemble de la planète, favorisent-ils cette liberté ? En provoquant la famine dans des pays autrefois miséreux mais auto-suffisants, en rendant l’ensemble des citoyens dépendants d’une activité salariée et en les mettant en concurrence entre eux pour bénéficier d’emplois précaires, mal payés ?</p>
<p class="MsoNormal">Où agir ? Au niveau local, surement. Au niveau national, au niveau européen. En sortant de la paresse intellectuelle de ces dernières années, en résistant à la construction d’une Europe aux mains de commissaires aussi contaminés par la bêtise libérale que les pires des républicains américains. En profitant des prochaines élections européennes pour proposer une autre démarche ayant comme sens la liberté et donc l’égalité des citoyens. <span> </span></p>
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		<title>L’impuissance de la gauche politique à penser et donc à agir</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Dec 2008 20:52:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>

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		<description><![CDATA[      Les appels à « relancer la consommation » ou à « améliorer le pouvoir d’achat » venus des différents partis de gauche, anciens et en voie de décomposition ou de paralysie (PS, PCF, Verts), ou en construction, très difficilement et de manière dispersée, (NPA, Parti de Gauche et Nouvel Espace Progressiste) semblent confirmer une incapacité à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<div id="attachment_4493" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-4493" title="2956919981_b141b78afc" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/12/2956919981_b141b78afc.jpg" alt="Photo : TheTruthAbout... Flickr" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : TheTruthAbout... Flickr</p></div>
<p> </p>
<p> </p>
<p class="MsoNormal">Les appels à « relancer la consommation » ou à « améliorer le pouvoir d’achat » venus des différents partis de gauche, anciens et en voie de décomposition ou de paralysie (PS, PCF, Verts), ou en construction, très difficilement et de manière dispersée, (NPA, Parti de Gauche et Nouvel Espace Progressiste) semblent confirmer une incapacité à sortir de la vision productiviste (travail/consommation) dans lequel le capitalisme nous a enfermés. Que ce soit pour le réguler (PS, Verts) ou pour le combattre (NPA, PCF, PG, NEP), ces différents partis conservent cet unique référentiel.</p>
<p class="MsoNormal">La crise actuelle, qui touche le cœur même du capitalisme avec l’effondrement de ses trois piliers –le travail, la consommation et l’accumulation du capital –est pourtant une formidable opportunité d’accompagner, de façon civilisée, la<span> </span>sortie, déjà entamée,<span> </span>d’un système qui domine aujourd’hui la quasi totalité de la planète.</p>
<p class="MsoNormal">Encore faut-il accepter de penser autrement et, en premier lieu, de comprendre ce qui nous arrive. Dès 1958 ( !) Hannah Arendt écrivait dans <em>Condition de l’homme moderne</em> :</p>
<p class="MsoNormal"><em>« Plus proche, également décisif peut-être, voici un autre événement non moins menaçant. C&#8217;est l&#8217;avènement de l&#8217;automatisation qui, en quelques décennies, probablement videra les usines et libérera l&#8217;humanité de son fardeau le plus ancien et le plus naturel, le fardeau du travail, l&#8217;asservissement à la nécessité. Là, encore, c&#8217;est un aspect fondamental de la condition humaine qui est en jeu, mais la révolte, le désir d&#8217;être délivré des peines du labeur, ne sont pas modernes, ils sont aussi vieux que l&#8217;histoire. Le fait même d&#8217;être affranchi du travail n&#8217;est pas nouveau non plus; il comptait jadis parmi les privilèges les plus solidement établis de la minorité. A cet égard, il semblerait que l&#8217;on s&#8217;est simplement servi du progrès scientifique et technique pour accomplir ce dont toutes les époques avaient rêvé sans jamais pouvoir y parvenir.</em></p>
<p class="MsoNormal"><em>Cela n&#8217;est vrai, toutefois, qu&#8217;en apparence. L&#8217;époque moderne s&#8217;accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à transformer la société tout entière en une société de travailleurs. Le souhait se</em><em><span> </span>réalise donc, comme dans les contes de fées, au moment où il ne peut que mystifier. C&#8217;est une société de travailleurs que l&#8217;on va délivrer des chaînes du travail, et cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner cette liberté. Dans cette société qui est égalitaire, car c&#8217;est ainsi que le travail fait vivre ensemble les hommes, il ne reste plus de classe, plus d&#8217;aristocratie politique ou spirituelle, qui puisse provoquer une restauration des autres facultés de l&#8217;homme. Même les présidents, les rois, les premiers ministres voient dans leurs fonctions des emplois nécessaires à la vie de la société, et parmi les intellectuels il ne reste que quelques solitaires pour considérer ce qu&#8217;ils font comme des œuvres et non comme des moyens de gagner leur vie. Ce que nous avons devant nous, c&#8217;est la perspective d&#8217;une société de travailleurs sans travail, c&#8217;est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire.»</em></p>
<p class="MsoNormal">L’extension du « tout consommation » à l’ensemble de la planète a retardé cette échéance. La crise actuelle montre qu’aujourd’hui nous l’avons atteinte. Il serait temps que les partis politiques qui font de l’économie un moyen au service du bien-être et du vivre ensemble et non des citoyens des « ressources humaines » au service des entreprises, revoient leurs modes de penser. En commençant, comme les y incitent, par exemple, l’association trans-partis <a href="http://www.utopia-terre.fr/">Utopia</a>, par identifier les principales aliénations de nos sociétés développés : le dogme de la croissance comme solution aux maux économiques, le dogme de la consommation comme seul critère d’épanouissement individuel, la centralité de la valeur travail comme seule organisation de la vie sociale. En remettant donc en cause le productivisme et en construisant non des alternances mais des alternatives susceptibles d’entraîner le plus<span> </span>grand nombre.</p>
<p class="MsoNormal">Cette question devrait être positionnée comme centrale lors des prochaines élections européennes. A défaut, la régression sociale et politique continuera à s’étendre pendant que la gauche politique se déchirera sur les moyens d’accéder au pouvoir sans savoir pourquoi. Quand les idées sont confuses ou dépassées, le combat entre les personnes est dominant.</p>
<p class="MsoNormal">Comme en était convaincu <span> </span>André Gorz, <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/l-utopie/article/260908/la-sortie-du-capitalisme-a-commence">la sortie du capitalisme a commencé</a>. Il dépend de nous que cette sortie soit civilisée ou barbare.</p>
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		<title>Deux ans dans le monde sans toi</title>
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		<pubDate>Sun, 30 Nov 2008 20:47:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Général-(EN-RECLASSEMENT)]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Lettre à ma sœur Le 5 décembre 2006 tu nous quittais brutalement. Ta chute mortelle dans tes escaliers faisait écho à celle de notre mère 26 ans plus tôt. J’ai du depuis apprendre à vivre sans toi, sans ta joie, tes enthousiasmes, ton sens du don et de l’échange, tes coups de blues, tes coups [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_3888" class="wp-caption alignnone" style="width: 320px"><a href="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/11/10187684_78f140f0e2.jpg"><img src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/11/10187684_78f140f0e2-310x206.jpg" alt="Photo : kevinzim (Flickr) " title="10187684_78f140f0e2" width="310" height="206" class="size-medium wp-image-3888" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : kevinzim (Flickr) </p></div>
<p>Lettre à ma sœur</p>
<p>Le 5 décembre 2006 tu nous quittais brutalement. Ta chute mortelle dans tes escaliers faisait écho à celle de notre mère 26 ans plus tôt. J’ai du depuis apprendre à vivre sans toi, sans ta joie, tes enthousiasmes, ton sens du don et de l’échange, tes coups de blues, tes coups de fil du soir, tes lectures,&#8230;Je ne m’étais pas préparé à vivre sans toi comme cela avait été le cas, il y a bien longtemps, avant que tu ne viennes au monde ce jour ensoleillé d’août 1953. Deux ans après j’éprouve le besoin, moi qui ne suis pas croyant, de t’écrire, au-delà de la mort, pour te donner des nouvelles d’un monde qui te décevait tous les jours mais que tu aimais profondément.<br />
Fin 2007 je n’ai pas été capable d’une telle démarche. Et c’est heureux, tant l’évolution du monde, cette année là, apparaissait comme catastrophique et désespérante. Fin 2008 la tonalité n’est pas la même et si des risques de catastrophe planétaire se confirment, des germes d’espoir et de renouveau semblent se cristalliser.</p>
<p>L’année 2007 aura vu le triomphe du tout argent, habillé d’oripeaux plus ou moins séduisants et trompeurs. Finie la solidarité, place à la compassion et la pitié. Terminé le projet de construire une Europe où mieux vivre ensemble, place à la concurrence de tous contre tous. Finie la reconnaissance de la création et de l’imagination, place à la valorisation de la rente et des héritiers. Terminé le respect du travail et du labeur, place à l’exploitation sans limite des salariés avec la disparition de toutes les règles et garanties. Fini l’espoir d’une vie plus longue et meilleure grâce aux progrès de la médecine, place au travail tout au long de la vie.</p>
<p>Mais l’année 2008 aura aussi vu émerger, parfois de façon surprenante, des éléments d’espoir. Prise de conscience que nous habitons et partageons une terre dont les ressources sont limitées. Quarante ans après, retour du message de mai 1968 –même si c’est parfois pour le combattre – de l’impasse d’une civilisation basée sur le seul cycle production/consommation. Et, plus surprenant et intéressant, retour de l’action politique –même si c’est sous des formes personnelles et dévoyées – dans une société malade du tout gestionnaire. Et surtout effondrement du système financier avec une fin 2008 ahurissante : retour de l’état, panique des traders, élection d’Obama, travaillistes anglais défaisant ce qu’ils avaient fait&#8230;.  </p>
<p>Certes les pesanteurs intellectuelles restent présentes chez les adeptes de ce que Todd appelle la pensée zéro, et particulièrement chez les eurocrates. Démontrant leur enfermement dans une idéologie totalitaire ils défendent que c’est l’insuffisance de libéralisme qui est le problème, reproduisant ainsi le type même de discours de leurs ennemis, frères jumeaux, du stalinisme avant la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS. Certes le PS, après les électeurs français en 2007 et américains en 2008, vient de montrer que la barrière du genre, contre laquelle tu as lutté ta vie durant, restait la plus haute à franchir. </p>
<p>Mais, après le communisme, le libéralisme a échoué à représenter l’horizon indépassable de l’humanité. Un autre monde devient ainsi  possible. Tu aurais aimé ce défi !</p>
<p>Cinquante après la publication, en langue anglaise, d’un de ses livres majeurs, The Human Condition, la pensée de Hannah Arendt, qui a consacré sa vie à découvrir, après la rupture de la tradition qu’ont provoqué les horreurs inédites des totalitarismes du XXe siècle, les nouvelles conditions du vivre ensemble, est particulièrement actuelle. Sa vision, le plus souvent ternaire (travail, œuvre, action – pensée, volonté, jugement) de la condition et des capacités des êtres vivants que nous sommes, son besoin irrépressible de « comprendre ce que nous faisons », sa volonté d’agir et de penser par elle-même et avec les autres, sont totalement adaptés aux enjeux de ce siècle. Nous avions beaucoup échangé autour de sa pensée. Je continue ma recherche et le travail pour faire connaître son œuvre.<br />
<div id="attachment_3824" class="wp-caption alignleft" style="width: 288px"><a href="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/11/lo_last_web.jpg"><img src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2008/11/lo_last_web-278x240.jpg" alt="Laurence d&#39;Ouville" width="278" height="240" class="size-medium wp-image-3824" /></a><p class="wp-caption-text">Laurence d'Ouville</p></div><br />
Tu me manques terriblement, mais j’apprends chaque jour à vivre sans et avec toi&#8230;</p>
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		<title>Crise financière : humbles conseils aux puissants et bien-pensants&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 22:56:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Livres]]></category>
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		<description><![CDATA[Sortir de la quantophrénie (tendance excessive à introduire les statistiques dans les sciences de l&#8217;esprit) et écouter. Qui&#160;? Les consommateurs aux caisses des temples de la nouvelle religion&#160;: les centres commerciaux. La crise réelle est là bien présente et pas depuis quelques mois. Perte de revenu, perte de pouvoir d&#8217;achat, perte d&#8217;emploi, perte de confiance&#8230;et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4489.jpg" border="0" />
<p><strong>Sortir de la quantophrénie</strong>  (tendance excessive à introduire les statistiques dans les sciences de l&#8217;esprit) et <strong>écouter</strong>. Qui&nbsp;? Les consommateurs aux caisses des temples de la nouvelle religion&nbsp;: les centres commerciaux. La crise réelle est là bien présente et pas depuis quelques mois. Perte de revenu, perte de pouvoir d&#8217;achat, perte d&#8217;emploi, perte de confiance&#8230;et même parfois une question&nbsp;: de quoi avons-nous vraiment besoin&nbsp;? Ils pourront alors mesurer (mot fétiche) l&#8217;ampleur de la bêtise des dirigeants d&#8217;un système qui détruisent, peut-être définitivement, son moteur, très polluant&nbsp;: la consommation.<br />
 <strong><br />
Sortir de la quantophrénie  et observer les marchés et écouter les traders.</strong> Chaque étape du plan, chaque centaine de milliards supplémentaires &#171;&nbsp;injectée&nbsp;&#187; accroît la défiance et accentue la crise. Ce qui provoque un nouveau plan, une nouvelle injection pour ramener la confiance qui&#8230;</p>
<p><strong>Sortir de la quantophrénie et (re)lire Paul Watzlawick</strong>&nbsp;: Changements, Le langage du changement, La réalité de la réalité, trois livres disponibles en poche (Points/Seuil). Ils y verront notamment comment en cherchant l&#8217;ultrasolution (Plan Paulson, Plans d&#8217;aide aux banques, réforme du système financier,&#8230;et dernière trouvaille, refondation du capitalisme) ils ne font pas que tenter de se débarrasser de la crise mais aussi de tout le reste &#8211;selon cette vieille plaisanterie de carabin&nbsp;: opération réussie, patient décédé&nbsp;&#187;.</p>
<p>Mais ces personnes sont très prises, occupées qu&#8217;elles sont à sauver le monde. Deux petits livres, écrits avec un ton très humoristique, du même Paul Watslawick, pourraient, très rapidement,  les éclairer ou, au moins les faire rire (sur eux-mêmes&nbsp;?)&nbsp;: Faîtes vous-même votre malheur, Comment réussir à échouer&nbsp;?</p>
<p>Bonne écoute et bonne lecture&nbsp;!</p>
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		<title>Quand l&#8217;idéologie conduit à l&#8217;impuissance&#8230;et à la catastrophe</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Oct 2008 09:50:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
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		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Les technocrates et les politiques européens persistent dans une approche et une mise en &#339;uvre totalement idéologique d&#8217;un marché où la concurrence serait libre et non faussée. Une telle approche dogmatique et rigide n&#8217;existe nulle part ailleurs et sûrement pas aux États-Unis. Cette démarche, non pas dans son fond, mais dans sa forme rappelle les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4465.jpg" border="0" />
<p>&#171;&nbsp;Les technocrates  et les politiques européens persistent dans une approche et une mise en &#339;uvre totalement idéologique d&#8217;un marché où la concurrence serait libre et non faussée. Une telle approche dogmatique et rigide n&#8217;existe nulle part ailleurs et sûrement pas aux États-Unis. Cette démarche, non pas dans son fond, mais dans sa forme rappelle les heures très sombres du XXe siècle où deux idéologies fondées, l&#8217;une sur des prétendues &#8220;lois de la nature&#8221;, l&#8217;autre sur des prétendues &#8220;lois de l&#8217;histoire&#8221;, ont conduit aux régimes totalitaires remarquablement analysés par Arendt. En quoi&nbsp;? Dans le développement de la logique d&#8217;une idée, indépendamment de toute référence aux enseignements de l&#8217;expérience. Dans le monde réel aucun marché ne fonctionne selon les lois de la concurrence pure et parfaite. Dans le monde réel, la concurrence ne conduit pas forcément aux meilleurs prix, à la meilleure qualité et surtout à la satisfaction des vrais besoins. Dans le monde réel, les lois de l&#8217;économie ne sont pas des lois naturels mais des lois des hommes fondées sur des conventions, des règles et des institutions crées et amendables par les hommes.&nbsp;&#187;</p>
<p>J&#8217;avais apparemment commis une erreur d&#8217;appréciation. L&#8217;idéologie de la concurrence libre et non faussée et de la marchandisation de l&#8217;ensemble des activités humaines (sous le nom de libre-échange généralisé) a aussi contaminé le continent américain et particulièrement les républicains de Bush et Mac Cain.<br />
Essayons de décrypter ce qui se passe cette semaine. Plombé par cette idéologie l&#8217;ensemble des dirigeants de droite de la planète a traité, par la parole, la promesse de milliers de milliards de dollars et d&#8217;euros le mal-être des bourses, c&#8217;est-à-dire des réseaux d&#8217;acteurs de la finance. On a vu réapparaitre l&#8217;intervention des états mais uniquement sur les marchés financiers un consensus se dessinant pour abandonner, brutalement,  l&#8217;idée de l&#8217;efficacité de leur auto-régulation. Après une courte embellie, les bourses sont reparties à la baisse par manque de &#171;&nbsp;confiance&nbsp;&#187; et crainte d&#8217;une &#171;&nbsp;récession&nbsp;&#187; dans l&#8217;économie réelle.</p>
<p>Fascinant et terrifiant. Comme s&#8217;il existait une économie virtuelle&nbsp;! Comme si les marchés incapables d&#8217;auto-régulation dans le domaine de la finance, l&#8217;était dans les autres domaines (travail, produits agricoles..). Comme si la confiance à restaurer n&#8217;était pas celle des consommateurs/salariés/citoyens, , seuls &#171;&nbsp;créateurs de richesses&nbsp;&#187;, qui voient leurs conditions d&#8217;existence se dégrader dans les pays développés et, pour beaucoup, dans les pays &#171;&nbsp;en voie de développement&nbsp;&#187;, ce qui conduit à la réalisation de la prophétie auto-réalisatrice des marchés, la récession.</p>
<p>Pour imiter une expression célèbre de Reagan, &#171;&nbsp;le libre-échange et la marchandisation généralisés&nbsp;&#187; ne sont pas la solution mais le problème&nbsp;! Il reste à espérer, qu&#8217;un New-deal américain, que seule la victoire d&#8217;Obama peut permettre, redonne confiance au n&#339;ud (hub) actuellement le plus critique dans le réseau des échanges mondialisés&nbsp;: celui des consommateurs américains et de leur indispensable confiance dans le &#171;&nbsp;rêve américain&nbsp;&#187;.</p>
<p>Nous disposerons alors, peut-être, du répit pour reprendre nos esprits. Les politiques, pour sortir de l&#8217;idéologie de la concurrence généralisée et de l&#8217;abandon de l&#8217;action pour la gestion. Les citoyens pour sortir de l&#8217;idéologie du bonheur par la consommation. Il sera alors possible de réfléchir aux conditions de sortie civilisée et de dépassement du capitalisme du XXème siècle. Sinon, comme le dirait Edgar Morin qui se désespère à juste titre de l&#8217;incapacité actuelle à sortir de la &#171;&nbsp;pensée en pièces détachées&nbsp;&#187; et à agir dans un monde complexe &#8230;la barbarie nous guette.</p>
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		<title>Derrière la crise financière, les questions qui fachent&#8230;</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/derriere-la-crise-financiere-les-questions-qui-fachent/2990</link>
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		<pubDate>Thu, 16 Oct 2008 09:12:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
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		<description><![CDATA[Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui transforme les citoyens du monde en salariés (puis en chômeurs) les rendant dépendants de la folie financière pour simplement se nourrir&#160;? Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui fait du travail (salarié bien sur) sa valeur centrale et qui détruit emplois publics et emplois privés&#160;? Quel est l&#8217;avenir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4449.jpg" border="0" />
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui transforme les citoyens du monde en salariés (puis en chômeurs) les rendant dépendants de la folie financière pour simplement se nourrir&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui fait du travail (salarié bien sur)  sa valeur centrale et qui détruit emplois publics et emplois privés&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui fait de la consommation son moteur et sa drogue en vente libre, même le dimanche, tout en confisquant au profit du capital les 2/3 de la valeur créée&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui ne sait plus comment se construisent les prix et d&#8217;où vient l&#8217;argent&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui fait de la dette, et non de la juste rétribution, son moteur&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui maintient sa régle sacro-sainte d&#8217;accumulation en délocalisant à tour de bras et en réduisant le travail à un coût à faire diminuer à tout prix&nbsp;?</p>
<p>Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique qui pour poursuivre une croissance infinie épuise toutes les ressources, y compris les ressources humaines&nbsp;?<br />
Quel est l&#8217;avenir d&#8217;un modèle économique, le capitalisme du désastre,  qui se régénère par l&#8217;accumulation des catastrophes&nbsp;?</p>
<p>Qui sont ces politiques qui viennent découvrir l&#8217;intérêt des états et du travail coordonné alors qu&#8217;ils prêchent la concurrence (guerre) de tous contre tous&nbsp;?</p>
<p>Quel est notre avenir&nbsp;?</p>
<p>Pour conclure, comme le disait Stéphane Guyon sur France Inter ce matin, les pauvres n&#8217;ont qu&#8217;à relire les fables. A force de se plaindre et de crier au loup, plus personne ne les entend, et les 30 milliards de dollars nécessaires pour faire face à la crise alimentaire restent lettre morte. Les riches, eux, savent se tenir, et quand ils appellent à l&#8217;aide ils sont entendus. Les milliers de milliards de dollars et d&#8217;euros  affluent&#8230;</p>
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		<title>Crise financière ou agonie du capitalisme ?</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2008 00:16:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bien loin d&#8217;être due à l&#8217;&#339;uvre d&#8217;un des trois boucs émissaires créés par nos sociétés actuelles , le spéculateur, la crise financière qui secoue l&#8217;économie mondiale n&#8217;est que l&#8217;aboutissement logique d&#8217;une évolution qui s&#8217;est accélérée. Par son développement même le capitalisme a atteint des limites qu&#8217;il est incapable de dépasser et ne survit que par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4317.jpg" border="0" />
<p>Bien loin d&#8217;être due à l&#8217;&#339;uvre d&#8217;un des trois boucs émissaires créés par nos sociétés actuelles , le spéculateur, la crise financière qui secoue l&#8217;économie mondiale n&#8217;est que l&#8217;aboutissement logique d&#8217;une évolution qui s&#8217;est accélérée. Par son développement même le capitalisme a atteint des limites qu&#8217;il est incapable de dépasser et ne survit que par des subterfuges à la crise de ses trois piliers&nbsp;: l&#8217;accumulation du capital, la consommation, le travail.</p>
<p>Le capital. Du fait des gains croissants de productivité et de la baisse de contenu en travail des produits,  la production n&#8217;est plus capable de valoriser l&#8217;ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conservant la forme de capital financier. Une industrie financière s&#8217;est constituée qui ne cesse d&#8217;affiner l&#8217;art de faire de l&#8217;argent en n&#8217;achetant et ne vendant rien d&#8217;autres que diverses formes d&#8217;argent. C&#8217;est cette industrie que nous voyons s&#8217;écrouler. C&#8217;est ce qui a fait dire à André Gorz, dans le dernier article écrit avant sa mort que &#171;&nbsp;<a href="http://www.centpapiers.com/La-crise-economique,3399">la sortie du capitalisme a commencé</a>&nbsp;&#187;.</p>
<p>La consommation.  Cette impossibilité croissante de valoriser le capital est accentuée par la baisse du pouvoir d&#8217;achat dans tous les pays ayant adopté le dogme néolibéral. Le recours à l&#8217;endettement massif, dont les subprime ne sont que le dernier épisode, a servi à masquer cette évidence en poussant des millions de travailleurs à consommer des richesses qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas encore créées. C&#8217;est cette course à l&#8217;endettement qui vient de s&#8217;enrayer. Elle devrait logiquement être suivie par un effondrement de la consommation.</p>
<p>Le travail. Cet effondrement de la consommation sera lui-même accentué par la disparition du travail-emploi-marchandise. Ce n&#8217;est pas seulement le plein emploi, c&#8217;est l&#8217;emploi lui-même que le post-fordisme a entrepris de supprimer. Derrière des taux de chômage flatteurs et très souvent manipulés, cette destruction est visible dans la réalité des chiffres de la<a href="http://www.centpapiers.com/Duree-du-travail-realite-et,3871"> durée du travail</a> qui traduit une dégradation très profonde de la qualité des derniers emplois créés.</p>
<p>Il faut être précis&nbsp;: nous aurons toujours autant de travail que nous voudrons, mais il ne prendra plus la forme du travail-emploi marchandise.<a href="http://www.centpapiers.com/Questionner-le-travail,3761"> Questionner le travail</a> en revisitant l&#8217;&#339;uvre d&#8217;Hannah Arendt et sa distinction entre les différents types d&#8217;activité humaine (travail (labour), &#339;uvre (work), action) est très éclairant.</p>
<p>Par cette évolution, en détruisant ses moteurs, le capitalisme travaille à sa propre extinction et fait naître des possibilités sans précédent de passer à une économie affranchie de la domination du capital sur le mode de vie, les besoins et la manière de les satisfaire. C&#8217;est cette domination qui demeure l&#8217;obstacle insurmontable à la limitation de la production et de la consommation. Elle conduit à ce que nous ne produisons rien de ce que nous consommons et ne consommons rien de ce que nous produisons. Tous nos désirs et nos besoins sont des besoins et des désirs de marchandises, donc des besoins d&#8217;argent. L&#8217;idée du suffisant &#8211;l&#8217;idée d&#8217;une limite au-delà de laquelle nous produirions ou achèterions trop, c&#8217;est-à-dire plus qu&#8217;il ne nous en faut &#8211;n&#8217;appartient pas à l&#8217;économie ni à l&#8217;imagination économique.</p>
<p>Elle peut par contre appartenir à l&#8217;imagination citoyenne.</p>
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		<title>Sortir des logiques de guerre économique</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/sortir-des-logiques-de-guerre-economique/2573</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jun 2008 07:25:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry Ternisien dOuville</dc:creator>
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		<category><![CDATA[à la une]]></category>
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		<description><![CDATA[Pour Viveret, quand on laisse les logiques de guerre économique faire éclater en profondeur le tissu social, on se retrouve non seulement face à une guerre sociale mais aussi face à une guerre du sens, une guerre de religion, une guerre de civilisation, voire à une guerre tout court. Il s&#8217;appuie sur l&#8216; analyse fort [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton3911.jpg" border="0" />
<p>Pour Viveret, quand on laisse les logiques de guerre économique faire éclater en profondeur le tissu social, on se retrouve non seulement face à une guerre sociale mais aussi face à une guerre du sens, une guerre de religion, une guerre de civilisation, voire à une guerre tout court. Il s&#8217;appuie sur l&#8216; analyse fort pertinente des effets du passage d&#8217;une économie de marché à une société de marché menée par l&#8217;anthropologue et économiste Karl Polanyi dans La Grande Transformation. Polanyi  a cherché à comprendre les raisons pour lesquelles l&#8217;apparente réussite du capitalisme mondial dans la période allant des guerres napoléoniennes jusqu&#8217;à 1914, s&#8217;est complètement retournée, produisant deux guerres mondiales et trois grands faits totalitaires. La distinction entre économie de marché et société de marché est pour lui essentielle à cette compréhension,  alors même que libéraux et marxistes confondent allégrement les deux.  Le marché reste recevable dans l&#8217;ordre économique.  Mais même dans cet ordre il coexiste avec une économie publique, une économie sociale, une économie solidaire, une économie de la réciprocité pour  constituer ce qu&#8217;il serait plus judicieux d&#8217;appeler des économies plurielles avec marché.</p>
<p>Dans la société de marché, selon l&#8217;expression de Polanyi, &#171;&nbsp;le marché sort de son lit et en vient à inonder d&#8217;autres rives et à marchandiser d&#8217;autres ordres de liens humains fondamentaux qui relèvent d&#8217;autres logiques&nbsp;&#187;. Le &#171;&nbsp;fondamentalisme marchand&nbsp;&#187; attaque la substance même des liens politiques, des liens de réciprocité et des liens de sens. Aucune société ne pouvant vivre durablement sans ces liens, on assiste dans un deuxième temps  à leur retour. Le  politique revient de manière spectaculaire par le biais de la guerre. L&#8217;ordre du sens largement exclu par les phénomènes de marchandisation qui ont produit une crise des repères, des valeurs et du lien social, ressurgit selon des modalités régressives&nbsp;: hier sous la forme des régimes totalitaires &#8211;nazisme, fascisme, stalinisme &#8211;, plus récemment sous celle de l&#8217;intégrisme et du fondamentalisme.</p>
<p>Le passage à la société de marché,  avec la marchandisation non régulée et la disparition du travail comme source principale de revenu,  conduit  à une  explosion des inégalités, à la destruction des classes moyennes qui ont tendance à se retourner contre plus faibles qu&#8217;elles. On assiste à la mise en place de logiques autoritaires, très loin des logiques libérales. Le Royaume-Uni, pays de l&#8217;Habeas corpus, atteint aujourd&#8217;hui un niveau de vidéosurveillance que Georges Orwell n&#8217;avait pas même imaginé dans 1984. Les États-Unis, censés être la plus grande démocratie du monde, ont mis en cause avec le Patriot Act des éléments fondamentaux des libertés publiques. En France, enfin, un quasi-état de guerre a été décrété pendant les émeutes en banlieue sans vraiment provoquer de critiques. Le politique, d&#8217;abord détruit par le passage à la société de marché, fait ainsi son retour sur un mode autoritaire, voire guerrier.</p>
<p>Rappeler cette mécanique est important. Elle se révèle redoutable dans l&#8217;enchaînement qui conduit de la guerre économique à la guerre sociale et ensuite à toutes les formes de guerre du sens. Dans cet enchaînement, les phénomènes de peur sont déterminants, expliquant le succès des leaders autoritaires à trouver des boucs-émissaires ou des causes simplistes aux problèmes.</p>
<p>Dans le discours dominant on ne parle pas de guerre économique, de société de marché ou de fondamentalisme marchand, mais d&#8217;économie de marché, voire d&#8217;économie sociale de marché, dans une concurrence libre et non faussée. Ce lexique enferme dans une fausse alternative&nbsp;: &#171;&nbsp;Voulez-vous de l&#8217;économie administrée, de la bureaucratie, d&#8217;un système despotique ou de la concurrence libre et non faussée&nbsp;?&nbsp;&#187;.  La capacité même à construire des stratégies et des imaginaires alternatifs est ainsi terriblement limitée.</p>
<p>Pour Viveret ce sont de véritables stratégies anti-guerre qu&#8217;il faut développer. Les construire suppose de sortir de l&#8217;amalgame habituel entre conflit et violence. Rester du côté du fatalisme de la violence et répondre à la guerre par la guerre conduit à reproduire les mêmes erreurs historiques et dramatiques que la plupart des révolutions, pourtant généreuses et transformatrices à l&#8217;origine. Refuser la logique de guerre et la capacité de produire du conflit sans avoir fait la distinction entre conflit et violence, limite la portée de la stratégie que l&#8217;on veut mettre en &#339;uvre pour réduire au maximum les effets destructeurs de la société de marché. Il est donc essentiel de construire des stratégies de conflit non violent. Si un conflit n&#8217;émerge pas suffisamment tôt ou suffisamment clairement, on assiste à une poussée de violence comme dans les banlieues françaises à la fin de l&#8217;année 2005.</p>
<p>Ces stratégies peuvent s&#8217;inspirer des règles de base pour les radicaux (Rules for Radicals de Saül Alinsky) mises en &#339;uvre dans les mouvements sociaux aux États-Unis. &#171;&nbsp;Radicaux&nbsp;&#187; désignant ceux qui s&#8217;attaquent à la racine même de l&#8217;injustice sociale en développant le &#171;&nbsp;ju-jistsu de masse&nbsp;&#187;. Je vous laisse découvrir dans son livre  l&#8217;exemple savoureux de ce &#171;&nbsp;ju-jistsu de masse&nbsp;&#187; donné par Viveret. Son principe consiste à utiliser la force de l&#8217;adversaire pour la retourner contre lui, mais toujours en respectant les conditions fondamentales de la non-violence. La technique est la suivante&nbsp;: travail initial d&#8217;enquête sur le terrain pour repérer les points faibles de l&#8217;adversaire&nbsp;; appel à l&#8217;intelligence et la créativité collective pour cibler des exemples significatifs&nbsp;; créations des conditions d&#8217;un conflit non-violent obligeant les protagonistes à la négociation.</p>
<p>Ces stratégies doivent maintenant être pensées à l&#8217;échelle macroéconomique et sociale pour combattre les effets du fondamentalisme marchand dénoncé par Joseph Stiglitz, ancien vice-président et économiste en chef de la Banque mondiale. Pour Viveret, l&#8217;Europe, continent à l&#8217;origine de deux guerres mondiales, a une forte responsabilité. Face à cette logique destructrice du marché elle devrait prendre des initiatives au niveau mondial (stratégies régulatrices, taxation des capitaux, formes de fiscalité mondiale)  pour créer des situations de régulation permettant de faire &#171;&nbsp;rentrer l&#8217;économie de marché dans son lit&nbsp;&#187; et l&#8217;empêcher d&#8217;inonder les rives de la politique, du social et du sens.  Un groupe de travailleurs utilisant les stratégies ludiques du &#171;&nbsp;ju-jitsu&nbsp;&#187; de masse ne possède bien sur pas le pouvoir d&#8217;imposer une régulation des marchés financiers. Néanmoins ce groupe et les acteurs qui s&#8217;y associent peuvent parfaitement être partie prenante de mouvements et de combats plus globaux qui, eux, ont cet objectif. Ce que l&#8217;on appelle la société civile mondiale est ainsi parvenu à devenir, pratiquement sans argent, sans pouvoir institutionnel, un acteur majeur de la scène internationale.</p>
<p>Viveret conclut par la mise en regard des phénomènes de mal-être et des stratégies organisées autour du bien-être. Il s&#8217;appuie d&#8217;abord sur trois approches de la crise des années 1930. Celle de Freud, qui dans son texte Malaise de la civilisation (1929), développe l&#8217;idée que les phénomènes psychiques ne sont pas simplement individuels, mais aussi collectifs. En ne prenant pas garde aux pulsions mortifères qui peuvent traverser les collectivités, on risque de subir des régressions considérables. D&#8217;où la nécessité d&#8217;y répondre par ce que Freud désigne comme &#171;&nbsp;l&#8217;appel à l&#8217;Eros&nbsp;&#187;, c&#8217;est-à-dire l&#8217;appel  aux forces de vie.  Celle de Keynes qui, dans ses Essais sur la monnaie et l&#8217;économie(1930),  émet l&#8217;hypothèse que &#171;&nbsp;ce que nous vivons n&#8217;est pas une crise économique mais une crise de l&#8217;économique&nbsp;&#187;. L&#8217;économique a été mobilisé pendant des siècles pour combattre la pénurie et la rareté. Ce programme commence à aboutir avec une crise de surproduction plutôt que de rareté. Sans une mutation culturelle à la hauteur de la mutation technico-économique a qui engendré cette abondance, nos sociétés vont, selon Keynes, droit vers une dépression collective. Anticipant la mondialisation, il parle même de &#171;&nbsp;dépression nerveuse&nbsp;&#187; universelle. Celle de Georges Bataille, qui dans un texte intitulé &#171;&nbsp;La Dépense&nbsp;&#187; publié initialement dans une revue libertaire Critique sociale, puis  comme premier chapitre de La Part maudite,  développe l&#8217;idée que le problème clé face à l&#8217;abondance, c&#8217;est de savoir dépenser. Selon Bataille, si on ne sait pas dépenser, on finit par dépenser selon un mode pathologique et cela s&#8217;appelle la guerre.</p>
<p>Ces trois auteurs ont pour point commun d&#8217;alerter sur le risque de guerre et sur le fait que l&#8217;enjeu des grands phénomènes psychiques et culturels collectifs est absolument déterminant. L&#8217;abondance doit être gérée tant il est difficile de créer du lien social dans cette situation. Sin on ne sait pas gérer l&#8217;abondance, on va artificiellement créer de la rareté pour retrouver les repères culturels antérieurs, qui sont ceux des sociétés de rareté. Avec une situation de misère planétaire et  au c&#339;ur même de nos sociétés, qu&#8217;aucune raison économique ne justifie.</p>
<p>Tout cela est démontrable par les chiffres officiels des Nations Unies. En 1998 le programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) chiffrait à 40 milliards de dollars l&#8217;ensemble des dépenses supplémentaires nécessaires pour s&#8217;attaquer aux maux les plus scandaleux de l&#8217;humanité&nbsp;: la faim, le non-accès à l&#8217;eau potable et aux soins de base, les problèmes de logement. Dans le même temps le PNUD chiffrait trois autres budgets très caractéristiques, dix à vingt fois plus élevés&nbsp;: les 400 milliards de dépenses mondiales de publicité, les 800 milliards de dollars de dépenses mondiales d&#8217;armement, les 400 milliards de dollars de l&#8217;économie des stupéfiants. Les dépenses d&#8217;armement atteignent aujourd&#8217;hui 1 200 milliards de dollars et celles de publicité 700 milliards de dollars.</p>
<p>Que gère-on avec les trois budgets démentiels de l&#8217;armement, de la toxicomanie et de la publicité&nbsp;? A la lumière de la thèse de Keynes sur la dépression nerveuse collective, on peut avancer l&#8217;idée que, pour l&#8217;essentiel, il s&#8217;agit de gérer du mal-être. Directement à travers l&#8217;armement &#8211;de la peur et de la domination &#8211;et des stupéfiants. Quant à la publicité, sa caractéristique fondamentale est de permettre à des désirs qui sont de l&#8217;ordre de l&#8217;être de se transformer en désirs de l&#8217;ordre de l&#8217;avoir &#8211;de la possession ou de la consommation. Les publicitaires savent bien que l&#8217;aspiration fondamentale des hommes relève du bien-être et que ce désir fondamental s&#8217;exprime dès que nous ne sommes plus en situation de survie biologique et que nous pouvons nous poser la question de la qualité de la vie.</p>
<p>&#171;&nbsp;Il y a suffisamment de ressources sur cette planète pour répondre aux besoins de tous, mais il n&#8217;y en a pas assez s&#8217;il s&#8217;agit de satisfaire le désir de possession&nbsp;&#187;. Cette fameuse phrase prononcée par Gandhi peu de temps avant sa mort est formidablement actuelle. Le désir est illimité, à la différence du besoin, autorégulé par la satisfaction. Comme le démontrent les 225 personnes dont le revenu cumulé équivaut à celui de 2,5 milliards d&#8217;êtres humains, chiffre officiel des Nations Unies.</p>
<p>Les échecs de l&#8217;autorégulation du libéralisme et de la planification du socialisme ont confirmé que d&#8217;un point de vue anthropologique nous ne sommes pas seulement des êtres de besoin mais aussi de désir et d&#8217;angoisse. L&#8217;énergie du désir est sans commune mesure avec celle du besoin et, seule, nous permet, au sens propre et au sens figuré, de déplacer des montagnes. Si on place ce désir dans l&#8217;ordre de l&#8217;avoir, cela va engendrer une situation de rareté artificielle considérable entretenue par le fait que le désir de richesse ou de pouvoir des uns ne peut se réaliser qu&#8217;au détriment de celui des autres.<br />
 Si l&#8217;on approfondit cette question en termes de stratégie positive, on en déduit ceci&nbsp;: face à des systèmes de captation de la richesse directement liés à du mal-être et de la maltraitance collective, seules des stratégies de mieux-être, peuvent aboutir à une réussite positive. Les stratégies anti-guerre économique reposent donc aussi sur le fait que les acteurs qui les mettent en &#339;uvre vont s&#8217;auto-organiser de manière coopérative pour se donner mutuellement, non seulement des moyens de survie et de lutte, mais aussi des moyens de vivre mieux dans l&#8217;ordre de l&#8217;être.</p>
<p>Il faut, nous dit avec force Viveret, refuser les logiques sacrificielles qui laissent croire que le bonheur nous serait en quelque sorte interdit étant donné la situation tragique dans laquelle le monde est placé. Au contraire, on ne trouve l&#8217;énergie nécessaire aux combats individuels et collectifs que si on se donne les moyens, personnellement et collectivement, d&#8217;aller le plus possible vers des stratégies de mieux-être.</p>
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