<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>CentPapiers &#187; Philippe Renève</title>
	<atom:link href="http://www.centpapiers.com/author/philippe-reneve/feed" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.centpapiers.com</link>
	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
	<lastBuildDate>Mon, 13 Feb 2012 16:57:58 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.2.1</generator>
		<item>
		<title>La révélation tardive d&#8217;un terrible méfait</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-revelation-tardive-dun-terrible-mefait/3136</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/la-revelation-tardive-dun-terrible-mefait/3136#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2008 10:39:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=4594</guid>
		<description><![CDATA[Je ne peux pas garder ce terrible secret pour moi seul&#160;; il me faut crier au grand jour le honteux forfait auquel il m&#8217;a été donné d&#8217;assister. Après les abominables événements que j&#8217;ai narrés ci-dessous dans &#171;&#160; La maison de l&#8217;indicible horreur&#160;&#187;, tout portait à croire que l&#8217;auteur de ces lignes était mort de frayeur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4594.jpg" border="0" />
<p>Je ne peux pas garder ce terrible secret pour moi seul&nbsp;; il me faut crier au grand jour le honteux forfait auquel il m&#8217;a été donné d&#8217;assister.</p>
<p>Après les abominables événements que j&#8217;ai narrés ci-dessous dans &#171;&nbsp;<a href="http://www.centpapiers.com/La-maison-de-l-indicible-horreur,4570"> La maison de l&#8217;indicible horreur</a>&nbsp;&#187;, tout portait à croire que l&#8217;auteur de ces lignes était mort de frayeur avant l&#8217;incendie de la funeste baraque. En réalité, après un évanouissement dont je ne peux estimer la durée, je me suis réveillé, avec encore dans la tête l&#8217;ignominie qui en était la cause. Désespéré par cette information venue du futur ou du fond des âges par une sorcellerie inconnue, je dois dire que je mis un long moment à retrouver mes esprits et à me dégager de ceux qui m&#8217;avaient naguère si horriblement torturé.</p>
<p>Une fois revenu à une conscience à peu près claire, je fus stupéfié par le spectacle qui s&#8217;offrait à moi. La cave, tout en gardant sa forme et son volume assez vaste comme je l&#8217;ai dit, était maintenant fort confortablement garnie de meubles de style victorien, de fauteuils douillets en bibliothèques de bois foncé et de tapis de laine en tentures épaisses. Des fenêtres, bien anciennes semblait-il, ne dispensaient que des lueurs d&#8217;éclairage public, fort maigrelet du reste&nbsp;; il me parut que ce devaient être des becs de gaz trouant à grand-peine un brouillard recouvrant une épaisse nuit. A un bureau ministre surchargé d&#8217;objets scientifiques, d&#8217;instruments de mesure, de livres de toutes tailles et de quelques boîtes de seringues, un homme lisait un journal.</p>
<p>Grand et mince, le visage émacié, il était strictement vêtu de tweed sévère et coiffé d&#8217;un curieux couvre-chef qui me parut familier. &#171;&nbsp;Basil&nbsp;?&nbsp;&#187;, tentai-je&nbsp;; mais, d&#8217;incroyable façon, c&#8217;est le mot &#171;&nbsp;Sherlock&nbsp;&#187; qui sortit de ma gorge, ou plutôt d&#8217;une autre, car la voix était tout à fait différente de la mienne&nbsp;: un peu hésitante, tirant sur le fausset. C&#8217;est alors que je m&#8217;aperçus que j&#8217;étais vêtu d&#8217;une manière similaire au personnage qui me fixait maintenant et que j&#8217;étais assis devant lui, le regardant tirer fiévreusement des bouffées bleuâtres de sa pipe bourrée sans doute possible de tabac blond et miellé. Je sentis clairement que j&#8217;étais pourvu d&#8217;un joli petit ventre de protonotaire apostolique, de favoris sur les joues, sûrement blondasses tirant sur le roux, et de curieuses bottines d&#8217;intérieur douillettement fourrées, qui réchauffaient mes orteils vieillissants dans cette grande pièce où seule une cheminée lointaine peinait à combattre la fraîcheur humide qui semblait son ambiance coutumière.</p>
<p>Enfin je compris&nbsp;: Holmes et Watson, et je n&#8217;étais pas le plus intéressant&nbsp;; ou plutôt, j&#8217;étais dans le crâne, passablement chenu mais indispensable, de l&#8217;hagiographe du grand homme. Je ressentais la curieuse impression d&#8217;habiter ce corps peu enviable, mais en observateur, en élément neutre&nbsp;: je ne pouvais dire un mot ni esquisser un geste indépendamment de mon hôte, qui lui-même semblait ne rien savoir de cette étrange cohabitation.</p>
<p>Ainsi la voix reprit-elle&nbsp;: &#171;&nbsp;ce quotidien est-il authentique ou le fruit de quelque supercherie de Moriarty&nbsp;?&nbsp;&#187;. Je reconnus le style empesé et solennel de cette vieille baderne de toubib, qui aura quand même bien mérité de suivre son mentor comme un caniche &#8211; que dis-je, comme un Yorkshire Terrier&#8230;</p>
<p>Holmes, levant les yeux du journal, que je reconnus sans peine comme celui qui avait causé mon malheur, l&#8217;air prodigieusement agacé, répondit, d&#8217;une splendide voix chaliapinesque semblant venir des tréfonds de l&#8217;enfer&nbsp;:</p>
<p>&#171;&nbsp;Bien entendu, mon pauvre Watson. Il s&#8217;agit là d&#8217;un faux grossier annonçant des catastrophes ignobles&nbsp;&#187; &#8211; j&#8217;en savais quelque chose &#8211; &#171;&nbsp;à seule fin de masquer ses entreprises criminelles par des diversions diaboliques.&nbsp;&#187;</p>
<p>Mon soulagement fut volcanique&nbsp;: donc, le funeste futur annoncé par ce torchon de Belzébuth n&#8217;était pas inéluctable&#8230; C&#8217;est alors que la porte, dissimulée derrière de lourdes tentures d&#8217;un bordeaux éteint, s&#8217;ouvrit assez vivement&nbsp;; apparut une petite vieille dame boulotte et abondamment couverte de fuligineux lainages. Je reconnus sans peine Mrs Hudson, la logeuse de Holmes&nbsp;; elle s&#8217;excusa de n&#8217;avoir pas attendu une réponse pour entrer, ayant frappé juste auparavant. Derrière elle s&#8217;impatientait un grand diable mince ressemblant comme deux gouttes de vieux sherry à Barack Obama, le président élu, ou presque, des USA. Holmes se leva alors et alla accueillir avec respect le nouveau venu, qui demanda à lui parler en privé. Watson, habitué à ce genre d&#8217;exercice, allait s&#8217;éclipser, mais Holmes le pria de rester, avec l&#8217;accord du grand diable, qui se présenta alors très simplement par ses nom et prénom&nbsp;: c&#8217;était bien Obama. Il dit quelques phrases à Holmes, dans un américain rapide et fort accentué, que je ne saisis qu&#8217;à moitié&nbsp;; il demandait au prince des détectives d&#8217;enquêter sur une affaire privée. La rapide conversation achevée sur l&#8217;accord de Holmes, voilà que Watson, toujours un peu benêt, entreprit une causette avec notre hôte, lui demandant tout de go s&#8217;il escomptait mener une politique vraiment &#171;&nbsp;sociale&nbsp;&#187;. Obama réprima un rictus, puis une grimace, et finit par grincer&nbsp;:</p>
<p>&#171;&nbsp;Cher docteur, ou bien je prends des mesures &laquo;&nbsp;libérales&nbsp;&raquo; et on ressuscitera Lee Harvey Oswald pour moi, ou bien je marche droit. Vraiment, Watson, vous n&#8217;êtes qu&#8217;une fieffée andouille&nbsp;&#187;.</p>
<p>Watson, vexé comme un pou, baissa la tête, ce qui lui évita de trop voir Holmes qui ricanait sous cape dans son coin. Tout secoué d&#8217;une hilarité inhabituelle, celui-ci reconduisit son hôte en le priant d&#8217;excuser ce lourdaud qui posait de si benoîtes questions.</p>
<p>Revenant vers lui, Holmes s&#8217;arrêta soudain, et fixa le docteur avec une expression indéfinissable, visiblement en proie à une intense réflexion. Il se dirigea vers un mur éloigné, où une grande panoplie d&#8217;armes exotiques paradait fièrement, et en tira une sorte de casse-tête à long manche.</p>
<p>&#171;&nbsp;Voyez-vous, Watson, ceci est un casse-tête amazonien, astucieusement confectionné à l&#8217;aide d&#8217;un galet de gneiss du Jurua et d&#8217;un manche taillé dans ce magnifique bois de pupunheira. C&#8217;est une arme redoutable, et le moment est venu de mettre enfin à exécution le projet que je forme depuis deux décennies&nbsp;: après la visite de M.&nbsp;Obama, l&#8217;occasion est parfaite. On ne peut rêver témoin plus prestigieux.</p>
<p>&#8211; Que voulez-vous dire, Holmes, chevrota le docteur&nbsp;?</p>
<p>&#8211; Vous vous rappelez très bien, n&#8217;est-ce pas, Martina Koulibiakova, cette sublime et admirable jeune Russe que j&#8217;aimais de tout mon être, qui fut le seul amour de ma vie et que vous me ravîtes par perfidie&nbsp;? Le temps de ma vengeance est enfin venu&nbsp;; adieu, Watson.&nbsp;&#187;</p>
<p>Et sans autre forme de procès, il assena un formidable coup de son arme sur le crâne du docteur, pétrifié d&#8217;horreur. Je ressentis une terrible douleur, puis soudainement me retrouvai à côté du corps de Watson, qui n&#8217;avait pas survécu&nbsp;; sorti de ce corps maintenant sans vie et qui ne pouvait plus m&#8217;héberger, j&#8217;avais repris mon enveloppe charnelle.</p>
<p>Holmes, à peine surpris par ma présence soudaine, scruta mes vêtements et mes traits avec un regard d&#8217;aigle qui me transperça de part en part. Il glapit alors&nbsp;:</p>
<p>&#171;&nbsp;J&#8217;ai tout prévu&nbsp;: je vais incendier ce lieu, qui redeviendra la cave que vous connaissez, et la police prendra ce corps pour le vôtre. Rappelez-vous, Renève&nbsp;: si vous touchez un seul mot de tout cela, fût-ce à un sourd-muet, je vous retrouverai jusqu&#8217;au fin fond du Yukon pour vous pendre par les testicules aux bois d&#8217;un orignal jusqu&#8217;à ce que mort s&#8217;en suive.&nbsp;&#187;</p>
<p>Je déteste cet humour british qui prend un plaisir malsain à noircir encore des propos menaçants. Je sortis de la pièce avec la plus grande dignité possible, et me retrouvai à l&#8217;extérieur de la baraque, qui flambait déjà. Je ne perdis pas de temps en vains questionnements et m&#8217;enfuis à tire d&#8217;arpions.</p>
<p>Après ces révélations, je crois que je vais demander la protection de la police. Mais mes chances de survie sont minces&nbsp;: Sherlock Holmes, diabolique de perspicacité, saura toujours me retrouver. Mon seul espoir est qu&#8217;il casse sa pipe de bruyère écossaise avant que j&#8217;aille étudier les ophrys par le bas.</p>
<p>Je ne désespère pas&nbsp;: je t&#8217;aurai, vieux junkie, va.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/la-revelation-tardive-dun-terrible-mefait/3136/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La maison de l&#8217;indicible horreur</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-maison-de-lindicible-horreur/3113</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/la-maison-de-lindicible-horreur/3113#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2008 08:53:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chroniques]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=4570</guid>
		<description><![CDATA[Même si ces lignes ne sont jamais lues, il faut que j&#8217;écrive ce qui se passe. Hier, jour de Toussaint, en me promenant dans le quartier de ***, j&#8217;avais remarqué une épouvantable odeur qui sourdait de cette maison, une bicoque à demi démolie au milieu d&#8217;une friche, un terrain vague en bordure de la voie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4570.jpg" border="0" />
<p>Même si ces lignes ne sont jamais lues, il faut que j&#8217;écrive ce qui se passe.</p>
<p>Hier, jour de Toussaint, en me promenant dans le quartier de ***, j&#8217;avais remarqué une épouvantable odeur qui sourdait de cette maison, une bicoque à demi démolie au milieu d&#8217;une friche, un terrain vague en bordure de la voie désaffectée. Une odeur étrange car elle évoquait à la fois la chair en décomposition, comme ces remugles que les charognes dégagent, et l&#8217;&#339;uf pourri, le soufre en somme, mais avec une telle combinaison des deux senteurs que l&#8217;ensemble était à la limite du supportable&nbsp;; tout pour éloigner de cet endroit.</p>
<p>Je ne suis guère attiré par ce genre de chose &#8211; il y faudrait un considérable masochisme &#8211;, mais ce caractère unique de l&#8217;odeur, quoique ignoble, me fit m&#8217;intéresser au lieu&nbsp;: quelle abomination, carnée et corrompue sans doute, pouvait bien produire une telle horreur&nbsp;? M&#8217;efforçant de respirer seulement par la bouche mais nauséeux à l&#8217;idée qu&#8217;elle était traversée par cet air malsain, je fis quelques pas dans le petit terrain qui entourait la construction. Des gravats épars, des immondices de toutes sortes, des broussailles folles m&#8217;empêchèrent d&#8217;approcher de la porte, un simple assemblage de planches qui ne fermait plus. Mais je vis alors dans son embrasure une lueur bleuâtre suintant de l&#8217;intérieur en vacillant, en ondoyant comme un liquide épais, et qui semblait venir vers moi&nbsp;; au même instant, je crus entendre des cris inarticulés de terreur panique semblant sortir du sol lui-même.</p>
<p>J&#8217;avoue que je pris peur et que je m&#8217;enfuis sans demander mon reste.</p>
<p>La soirée et la nuit me furent difficiles. Je ne crois pas le moins du monde à l&#8217;au-delà, aux sorcelleries ni à toutes ces stupidités lovecraftiennes, mais ces événements m&#8217;avaient terriblement secoué. Après avoir vainement cherché le sommeil toute la nuit, je résolus au petit matin de retourner sur les lieux avec un appareil photo et un carnet de notes où je viens d&#8217;écrire ces lignes. J&#8217;ai aussi laissé un message sur mon répondeur expliquant où je me rendais.</p>
<p>Me voici maintenant devant cette maudite baraque. Plus de lueur. J&#8217;arrive enfin à la porte&nbsp;; je la pousse et entre. L&#8217;odeur est ignoble, je rends tripes et boyaux. Et voici des croassements, des mugissements&nbsp;; je ne vois rien qui explique.</p>
<p>Mes cheveux sur la nuque se dressent&nbsp;: c&#8217;est donc vrai. Les cris sont abominables, on dirait des nouveau-nés qu&#8217;on bat. C&#8217;est épouvantable.</p>
<p>Que des gravats terreux, de la poussière, des saletés sanieuses. Ma raison vacille. Sont là Haborym, Gamycyn, Belaam l&#8217;Inconnu, Astaroth peut-être. Pas de réponse, pas d&#8217;être mais le vivant de la pourriture.</p>
<p>Des hordes défilent soldats sans têtes le sang des esclaves bouillonne sur les dalles souillées. Le goût de l&#8217;abominable sur la langue tranchée. La fin de la peur sous la menace mortelle. Et partout cet amer.</p>
<p>La lumière rouge sang atroce vient de la cave. Escalier. Ma lampe.Vite.</p>
<p>&#8230;</p>
<p>Je suis tombé et assommé. Me relève, plus de bruit ni de lueur. Calme.</p>
<p>Je prends le temps de mieux noter car la chose est étrange&nbsp;: est-ce que j&#8217;ai rêvé&nbsp;? Tout est normal dans cette cave, ravagée sans doute par des squatters, sentant la moisissure et le champignon comme toute cave ancienne. Encore étourdi, j&#8217;explore avec ma lampe cet espace assez vaste.</p>
<p>Des bouts de vêtements, des cartons éventrés, des journaux froissés en boule, des boîtes de conserve  béantes indiquent que des gens ont habité un moment l&#8217;endroit&nbsp;; pauvres malheureux. Il reste une table debout, tout au milieu.</p>
<p>Sur la table, un vieux journal. Je note. Curieux nom&nbsp;: &#171;&nbsp;Libération Nationale&nbsp;&#187;. Date&nbsp;: 2 novembre 2012. Titre&nbsp;: &#171;&nbsp;Les jeunes filles méritantes reçues par le Président Nicolas Paul Sarkozy de Nagy-Bocsa&nbsp;&#187;.</p>
<p>Hurle</p>
<p>Ma tête</p>
<p>Je ne peux pas supp&#8230;</p>
<p><strong>Extrait du <i>Courrier de Chenôve</i> du 4 novembre 2008.</strong><br />
&#171;&nbsp;<i>(&#8230;) Selon les premières constatations, l&#8217;homme retrouvé sans vie dans cette cave après l&#8217;incendie qui a détruit la baraque a probablement succombé à une crise cardiaque consécutive à une grande frayeur, comme en témoigne la terrible expression de son visage. Il tenait entre ses mains des feuillets manuscrits que la police se refuse à divulguer pour le moment.<br />
Suivant une source proche du dossier, le Procureur de la République de Dijon invoquerait des motifs de &laquo;&nbsp;sécurité publique&nbsp;&raquo;.</i>&nbsp;&#187;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/la-maison-de-lindicible-horreur/3113/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Un art nouveau : le surréspam</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/un-art-nouveau-le-surrespam/2941</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/un-art-nouveau-le-surrespam/2941#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2008 00:15:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[TECHNOLOGIE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=4383</guid>
		<description><![CDATA[Depuis quelque temps et même un peu plus, j&#8217;ai la chance inouïe de recevoir dans ma messagerie des textes concis qui sont de véritables &#339;uvres d&#8217;art. Il est tout à fait impossible de croire que ces bijoux de chatoyantes constructions de mots miroitants soient le produit brut de quelque traduction automatique ou hâtive&#160;: un kaléidoscope [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4383.jpg" border="0" />
<p>Depuis quelque temps et même un peu plus, j&#8217;ai la chance inouïe de recevoir dans ma messagerie des textes concis qui sont de véritables &#339;uvres d&#8217;art. Il est tout à fait impossible de croire que ces bijoux de chatoyantes constructions de mots miroitants soient le produit brut de quelque traduction automatique ou hâtive&nbsp;: un kaléidoscope ne délivre que les surprises qu&#8217;on y a prévues.</p>
<p>Ces <strong>courriels</strong> (mails pour les intimes), en général d&#8217;une brièveté de haïku japonais, prennent, sans que cela ne trompe aucunement le lecteur avisé, le tour et l&#8217;apparence de messages publicitaires banals, le génie en plus&nbsp;: qui pourrait jamais croire un seul instant que ces feux d&#8217;artifice sémantiques ne soient qu&#8217;utilitaires&nbsp;?<br />
L&#8217;art véritable dont ils témoignent ne se conçoit que dans la gratuité du propos, qui ne veut signifier que son propre sens émotionnel ou descriptif, sans qu&#8217;il soit jamais au service d&#8217;un but extérieur&nbsp;; les plus grands artistes l&#8217;ont hélas appris à leurs dépens &#8211; l&#8217;expression est opportune.</p>
<p>Enterré, le <strong>Cadavre Exquis</strong> de nos bons Bretonnants. Ces messages réalisent de manière systématique, mais si diverse que le procédé ne lasse pas, un télescopage, un entrechoquement permanent de mots choisis avec le plus grand soin parmi les plus ordinaires de notre langue, afin que leur rencontre soudaine, et qui paraît fortuite à force de talent, produise un étonnant choc esthétique s&#8217;opposant avec la plus grande violence à leur signification originelle.</p>
<p>Ainsi vit-on en les lisant des événements linguistiques fabuleux, dignes des grandes épopées de l&#8217;humanité, qui voient se colleter la vaisselle et le pied à coulisse, le potiron et les vertèbres, la sous-préfecture et la brosse à dents, bientôt suivis, dans un carnaval sabbatique, par les accouplements frénétiques de la scie sauteuse et du b&#339;uf miroton, de l&#8217;aspirine et du tire-bottes, et de l&#8217;ordinateur avec la bassine à confiture.</p>
<p>Vous pensez bien que, <strong>partageux par nature</strong> à l&#8217;indignation permanente des ultralibéraux gâteux, je n&#8217;allais pas résister à la tentation gourmande de publier les plus brillamment talentueuses de ces &#339;uvres. Vous aviez raison&nbsp;: en voici un florilège, car je manque de best-of en cette période de crise. Pas de récession, mais de crise. Là.</p>
<p><strong>Je jure</strong> devant tout Dieu présentable et les hommes de bonne volonté que les textes ci-dessous ont été copiés-collés avec la minutie la plus sourcilleuse et sont l&#8217;exact reflet des scintillants originaux. Cependant, je préviens honnêtement l&#8217;ensemble des lecteurs&nbsp;: je traînerai par les cheveux, même sales, devant les tribunaux de proximité ou de distance tout indélicat qui aurait l&#8217;idée de reproduire, même partiellement et en patois, une de ces délicieuses mignardises, sauf dans la plaisante hypothèse où il accompagnerait son forfait d&#8217;un compliment bien tourné célébrant avec la plus grande mauvaise foi une des nombreuses qualités dont je suis dépourvu. Allons-y.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Non Existe-t-il plus Aveugles Hopital Confiavel</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Demandez-moi comment&nbsp;!</strong></p>
<p>Avec nous, votre santé&nbsp;! Que fera appel à tous nos médicaments enthousiasme. Nos prix trop&nbsp;! Envoyer lui tout ordre Rapide, sûr et facile&nbsp;! Qu&#8217;est-ce que vous voulez&nbsp;!<br />
Ces pilules, vous vai amour de la qualité, ispirera. Très rapidement clarifie la bonne.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Utilisez Votre Hersen s&nbsp;! Le Systeme Pilulas&nbsp;!</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Être en bonne maintenant&nbsp;?</strong></p>
<p>Êtes-vous satisfaits de notre garantie de qualité. Vous pouvez facilement éviter l&#8217;embarras. Le temps et quelque chose pour votre santé.<br />
Avec nous, et facile d&#8217;être en bonne santé. Avec les clients afin de réitérer les médicaments génériques à faible coût.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Sain et Très Rapidement Diminuer&nbsp;! Garanti&nbsp;!</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Prendre la pilule</strong></p>
<p>Notre pharmacie en ligne attractives par une équipe de spécialistes prend en charge pharmaceutique et vous propose ainsi que les meilleurs médicaments. Nous disposons d&#8217;une large gamme constamment renouvelée.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Moins cher et Rapide Si non &#8211; Montres</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Non bas Prix Marques</strong></p>
<p>Marques de montres et de très petits prix. Dites-vous que ce n&#8217;est pas vrai. Chez nous, vous recevrez toutes les montres très rapidement et en toute sécurité à la maison. La qualité va vous enthousiasmer, veuillez consulter notre site.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Acheter Meilleur Disponible pour Votre Santé</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Pillules pour la joie</strong></p>
<p>Afin de sûreté et de sécurité de votre propre maison au plus bas des prix abordables.<br />
Si vous avez des problèmes de santé et ne veux pas attendre un médecin visite la fiabilité de notre magasin en ligne, la meilleure source pour la médecine en ligne.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;:<strong> Qualite Pilula Rapport Qualite Pharmaceutiques</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;:<strong> Seul Pills</strong></p>
<p>Nous sommes une confiance populaire et de pharmacies en ligne que les clients avec une variété de haute qualité à faible coût des produits génériques.<br />
Vous pouvez compter sur notre pharmacies de l&#8217;expérience et une excellente réputation.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: [<i>Noms de logiciels bien connus</i>]</p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;:<strong> Permet téléchargements</strong></p>
<p>Veuillez vous invitons maintenant notre logiciel bas&nbsp;! Il s&#8217;agit seulement Pour les versions d&#8217;origine, ceux-ci sont dans toutes les langues européennes disponibles. Nous avons Prix le moins cher et de logiciels pour PC et MAC.<br />
Nos collaborateurs sont à l&#8217;installation unsterstuetzen. Nous proposons d&#8217;argent et de garantie de retour très rapidement Les réponses à vos questions.</p>
<p><i>Sujet</i>&nbsp;: <strong>Ils sont Heureux, si vous Achetez nos Pillules</strong></p>
<p><i>Expéditeur</i>&nbsp;: <strong>Nicolas Gonzalez</strong></p>
<p>Votre santé nous est très important&nbsp;! Rejoignez-nous et nous ferons tout pour que vous puissiez de nouveau en bonne santé&nbsp;!</p>
<p><strong>NDLA</strong> J&#8217;écris de ce pas décidé à l&#8217;Académie suédoise pour la menacer des pires tourments de l&#8217;enfer libéral si elle n&#8217;attribue pas dans les quarante-huit heures son prix de littérature au génial auteur de ces messages méticuleusement surréalistes.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/un-art-nouveau-le-surrespam/2941/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;économie élitiste de marché</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/leconomie-elitiste-de-marche/2815</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/leconomie-elitiste-de-marche/2815#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 20 Sep 2008 00:08:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[international]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=4248</guid>
		<description><![CDATA[Le juriste et sociologue Alain Supiot, dans un article paru dans Le Monde du 25 janvier 2008 [1], décrit par une remarquable synthèse les caractéristiques de nombre de gouvernements en fonctions et définit pour les nommer une notion d&#8217;&#171;&#160;économie communiste de marché&#160;&#187;, expression employée par les dirigeants chinois actuels. Il montre en premier lieu que, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4248.jpg" border="0" />
<p>Le juriste et sociologue Alain Supiot, dans un article paru dans Le Monde du 25 janvier 2008 [1], décrit par une remarquable synthèse les caractéristiques de nombre de gouvernements en fonctions et définit pour les nommer une notion d&#8217;&#171;&nbsp;économie communiste de marché&nbsp;&#187;, expression employée par les dirigeants chinois actuels.</p>
<p>Il montre en premier lieu que, dans deux arrêts récents (affaires Viking et Laval) , la Cour de Justice Européenne, qui se substitue (étrangement) pour partie aux représentants des citoyens de l&#8217;Europe dans la fonction législative, avait <strong>institutionnalisé la liberté de choix des entreprises contre celle des salariés de protestation contre ces choix</strong> qui pourraient les léser. En l&#8217;occurrence, les deux arrêts ont donné raison à des entreprises qui avaient décidé d&#8217;appliquer le droit du travail le plus favorable pour elles, et le plus défavorable aux salariés, et nié le droit des salariés à la grève contre ces décisions.</p>
<h3>Droit européen et défense des citoyens</h3>
<p>Ainsi l&#8217;union européenne se fait-elle dans le sens d&#8217;un droit communautaire, qui échappe aux citoyens, <strong>à l&#8217;abri de l&#8217;action syndicale</strong>, alors même que le droit à la grève est exclu du champ des compétences sociales communautaires et reconnu par le Droit du travail de chaque pays membre.<br />
Citons l&#8217;article&nbsp;: &#171;&nbsp;<i>A cette fin, les règles du commerce sont déclarées applicables aux syndicats, au mépris du principe de &#8220;libre exercice du droit syndical&#8221;, tel que garanti par la convention 87 de l&#8217;Organisation internationale du travail (OIT)</i>.&nbsp;&#187; Or, &#171;&nbsp;<i>Le droit de grève et la liberté syndicale sont le propre des vraies démocraties, dans lesquelles l&#8217;évolution du droit n&#8217;est pas seulement imposée d&#8217;en haut, mais vient aussi d&#8217;en bas, de la confrontation des intérêts des employeurs et des salariés.</i>&nbsp;&#187;<br />
L&#8217;auteur estime que cette orientation du droit communautaire va précisément dans le sens d&#8217;une réalisation des &#171;&nbsp;<i>projets constitutionnels de l&#8217;un des pères du fondamentalisme économique contemporain&nbsp;: <strong>Friedrich Hayek</strong>. Hayek a développé dans son &#339;uvre le projet d&#8217;une &#8220;démocratie limitée&#8221;, dans laquelle la répartition du travail et des richesses, de même que la monnaie, seraient soustraites à la décision politique et aux aléas électoraux.</i>&nbsp;&#187;</p>
<h3>L&#8217;économie communiste de marché</h3>
<p>Les dirigeants chinois appellent &#171;&nbsp;<strong>économie communiste de marché</strong>&nbsp;&#187; la forme de gouvernement politique et économique qu&#8217;ils appliquent depuis quelques lustres, qui peut également nommer celle de nombreux pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est, et qui concerne largement aussi les tendances des institutions européennes et de nombreux gouvernements démocratiquement parvenus au pouvoir un peu partout dans le monde et notamment dans l&#8217;union européenne.<br />
&#171;&nbsp;<i>Edifié sur la base de ce que le capitalisme et le communisme avaient en commun (l&#8217;économisme et l&#8217;universalisme abstrait), ce système hybride emprunte au marché la compétition de tous contre tous, le libre-échange et la maximisation des utilités individuelles, et au communisme la &#8220;démocratie limitée&#8221;, l&#8217;instrumentalisation du droit, l&#8217;obsession de la quantification et la <strong>déconnexion totale du sort des dirigeants et des dirigés</strong>. Il offre aux classes dirigeantes la possibilité de s&#8217;enrichir de façon colossale (ce que ne permettait pas le communisme) tout en se désolidarisant du sort des classes moyennes et populaires (ce que ne permettait pas la démocratie politique ou sociale des Etats-providence). Une nouvelle nomenklatura, qui doit une bonne part de sa fortune soudaine à la privatisation des biens publics, use ainsi de la libéralisation des marchés pour s&#8217;exonérer du financement des systèmes de solidarité nationaux.</i>&nbsp;&#187;</p>
<h3>La sécession des élites</h3>
<p>Et de conclure&nbsp;: &#171;&nbsp;<i>Cette &#8220;<strong>sécession des élites</strong>&#8221; (selon l&#8217;heureuse expression de Christopher Lasch) est conduite par un nouveau type de dirigeants (hauts fonctionnaires, anciens responsables communistes, militants maoïstes reconvertis dans les affaires) qui n&#8217;ont plus grand-chose à voir avec l&#8217;entrepreneur capitaliste traditionnel</i>.&nbsp;&#187;</p>
<p>Il cite enfin, pour montrer les signes explicites de ce comportement dans notre pays, les propos de M.&nbsp;Kessler, PDG de la SCOR (5e réassureur mondial) et ex-vice-président du Medef, qui assenait en octobre 2007&nbsp;: &#171;&nbsp;<i>Il s&#8217;agit aujourd&#8217;hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance&nbsp;! (&#8230;) (qui) se tradui(si)t par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l&#8217;importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d&#8217;être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.</i>&nbsp;&#187; [2]</p>
<h3>L&#8217;économie élitiste de marché</h3>
<p>Décrivant nous-même ce type de pouvoir depuis longtemps, plus que &#171;&nbsp;économie communiste de marché&nbsp;&#187;, qui est un paradoxe nécessitant des explications, nous proposerons l&#8217;expression &#171;&nbsp;<strong>économie élitiste de marché</strong>&nbsp;&#187;. Elle nous semble bien décrire cette forme de gouvernement menée pour leur propre profit par des dirigeants cooptés, qui réunissent parfois avec ostentation deux pouvoirs, le politique et l&#8217;économique, ce dernier se traduisant par leur enrichissement personnel.<br />
Ils arrivent au pouvoir et s&#8217;y maintiennent soit par la contrainte (Chine, Russie il y a peu) ou par la ruse pseudo-démocratique, en prenant l&#8217;apparence de dirigeants de partis républicains et respectueux des lois, feignant d&#8217;&#339;uvrer pour la prospérité et le bonheur matériel de tous les citoyens. Leur but n&#8217;est que de s&#8217;enrichir eux-mêmes et d&#8217;accroître toujours plus leur pouvoir sur les sociétés. En conséquence, une partie de leurs actions s&#8217;éloignent temporairement de leurs objectifs matériels immédiats, à seule fin de s&#8217;attirer, lorsqu&#8217;ils sont nécessaires, les suffrages indispensables à leur maintien par des voies démocratiques au moyen de mesures en faveur des classes moyennes supérieures&nbsp;: pour notre pays, citons la baisse de l&#8217;impôt sur le revenu des plus hautes tranches, des droits de succession, les allégements de charges sociales et de fiscalité sur les PME et TPE, etc.<br />
Le système politique démocratique est verrouillé par cette sorte de caste qui ne recrute que par cooptation&nbsp;: les citoyens des classes populaires et moyennes, même supérieures, n&#8217;ont pas accès au cénacle de décision&nbsp;; ceux qui s&#8217;engagent en politique, obscurs soutiers, n&#8217;obtiennent, sauf exception dûment médiatisée, que des fonctions et des mandats locaux qui ne leur donnent que des miettes de pouvoir.</p>
<p>C&#8217;est bien la forme moderne, adroite et discrète, de la ploutocratie.</p>
<p>[1] disponible sur <a href="http://lucky.blog.lemonde.fr/2008/02/02/alain-supiot-%C2%AB-voila-l-economie-communiste-de-marche-%C2%BB-une-critique-accablante-de-lunion-europeenne-par-un-europeen-specialiste-du-droit-du-travail-friedrich-hayek-et-la-democratie-limitee-s/" class="spip_url spip_out">http://lucky.blog.lemonde.fr/2008/0&#8230;</a></p>
<p>[2] Pour des détails , cf <a href="http://philippereneve.blogspot.com/2008/08/le-programme-du-gouvernement-actuel-est.html" class="spip_url spip_out">http://philippereneve.blogspot.com/&#8230;</a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/leconomie-elitiste-de-marche/2815/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Gilet, triangle et ronds-de-cuir</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/gilet-triangle-et-ronds-de-cuir/2637</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/gilet-triangle-et-ronds-de-cuir/2637#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2008 19:51:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=4006</guid>
		<description><![CDATA[Ne voilà-t-il pas dans notre bonne vieille France que des éminences, sans doute plus chenues que grises, viennent, dans un bel élan de compassion altruiste pour les &#171;&#160;usagers&#160;&#187; de la route, de nous ciseler finement un petit bijou de réglementation sur les conditions d&#8217;arrêt d&#8217;urgence des automobiles. Afin d&#8217;entériner cette merveille, un Comité interministériel de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4006.jpg" border="0" />
<p>Ne voilà-t-il pas dans notre bonne vieille France que des éminences, sans doute plus chenues que grises, viennent, dans un bel élan de compassion altruiste pour les &#171;&nbsp;usagers&nbsp;&#187; de la route, de nous ciseler finement un petit bijou de réglementation sur les conditions d&#8217;arrêt d&#8217;urgence des automobiles.</p>
<p>Afin d&#8217;entériner cette merveille, un Comité interministériel de la sécurité routière (CISR), comprenant modestement le Premier Ministre et pas moins de six ministres plus ou moins concernés et attentifs, s&#8217;est réuni le 13 février 2008. Après avoir évoqué pieusement l&#8217;objectif fixé par le Président de la République &#171;&nbsp;de passer sous la barre des 3 000 personnes tuées sur les routes d&#8217;ici à 2012&nbsp;&#187; et les orientations prioritaires qu&#8217;Il a définies à cet effet, le Comité a bellement décidé de rendre obligatoire la présence dans les véhicules d&#8217;un gilet &#171;&nbsp;rétro-réfléchissant&nbsp;&#187; et d&#8217;un triangle &#171;&nbsp;de pré-signalisation&nbsp;&#187;.</p>
<p>Par bonté d&#8217;âme et économie d&#8217;indignation, n&#8217;insistons pas sur le somptueux pléonasme technocratique de &#171;&nbsp;rétro-réfléchissant&nbsp;&#187; ni sur la redondance rond-de-cuirienne de &#171;&nbsp;pré-signalisation&nbsp;&#187;&nbsp;; le lecteur philologue en goûtera aisément toute la saveur et la longueur en bouche.</p>
<p>Voici les <strong>explications</strong> que fournit l&#8217;administration sur <a href="http://www.service-public.fr/actualites/00905.html">http://www.service-public.fr/actualites/00905.html</a>.</p>
<p>&#171;&nbsp;Le gilet de sécurité rétro-réfléchissant sera porté par le conducteur avant de sortir de son véhicule immobilisé sur la chaussée ou ses abords (on ignore en quoi ils consistent, NDLA) à la suite d&#8217;un arrêt d&#8217;urgence. Le marquage &laquo;&nbsp;CE&nbsp;&raquo; devra être apposé sur le gilet. Dès qu&#8217;il sortira du véhicule, le conducteur placera sur la chaussée, à une distance de 30 mètres au moins de lui-même (admirons ensemble l&#8217;oiseuse et ambiguë rédaction du texte, NDLA) ou de l&#8217;obstacle à signaler, le triangle de pré-signalisation. La conformité de ce triangle sera attesté (sic) par le marquage &laquo;&nbsp;E 27 R&nbsp;&raquo; apposé sur le triangle. Ce gilet et ce triangle sont disponibles  dans les rayons accessoires automobiles des supermarchés, chez les équipementiers automobiles, dans les stations-service&#8230;&nbsp;&#187;</p>
<p><strong>Imaginons un instant</strong>&nbsp;: vous tombez en panne subite sur une autoroute&nbsp;; faute d&#8217;assistance de direction, votre voiture s&#8217;immobilise au beau milieu de la chaussée ou peu s&#8217;en faut, et est rasée de près à 130 km/h par des hordes de bolides aux klaxons hurlants. Gestes à accomplir de toute urgence&nbsp;: enfiler votre gilet rétroetc ., sortir gracieusement de votre abri précaire, en ouvrir le coffre, prendre le triangle de préetc. et, en esquissant une petite danse de joie, aller promptement le placer à plus de trente mètres (non, pas 29, 30). Voilà qui devrait sans nul doute combler d&#8217;aise vos héritiers si vous avez à peu près remboursé tous vos crédits.</p>
<p>Et dans ces judicieuses mesures, s&#8217;il n&#8217;y a <strong>pas de carotte</strong>, sauf de colossales pour les fabricants, qui se frottent des mains manucurées devant ce marché pharaonique, le bâton est prêt.<br />
&#171;&nbsp;L&#8217;entrée en vigueur des sanctions contre les automobilistes dont le véhicule ne sera pas équipé d&#8217;un gilet rétro-réfléchissant de sécurité et d&#8217;un triangle de pré-signalisation ne s&#8217;appliquera qu&#8217;à compter du 1er octobre 2008. À cette date, le non-respect de ces nouvelles obligations sera passible d&#8217;une contravention de 4ème classe (amende forfaitaire de 135 euros, minorée de 90 euros).&nbsp;&#187;</p>
<p><strong>Résumons-nous</strong>&nbsp;: du jour au lendemain, des équipements de sécurité, jusqu&#8217;à présent à peu près inconnus et inutilisés, doivent être présents dans tous les véhicules. Bien mieux, le gilet devra être conservé dans l&#8217;habitacle et non dans le coffre, puisqu&#8217;il &#171;&nbsp;sera porté par le conducteur avant de sortir de son véhicule&nbsp;&#187;&nbsp;; une chaîne d&#8217;arpenteur sera par ailleurs d&#8217;une précieuse utilité pour éviter de placer le triangle à moins de 30m. Si un citoyen aussi inconscient qu&#8217;incivique ne détient pas ces objets, il devra sortir de sa honteuse poche 135 euros, soit, rappelons-le pour les étourdis, 885 de nos bons vieux francs [1].</p>
<p><strong>Neuf cents balles</strong> [2] &#8211; 13% du SMIC [3] net, 30% du RMI [4] &#8211;  pour deux bouts de plastique d&#8217;une laideur avérée, qui ne seront peut-être jamais d&#8217;aucune utilité, sinon après de nombreuses années qui les auront probablement mis dans un triste état.<br />
Il devient donc une infraction grave, presque un délit, de ne pas détenir des équipements <strong>susceptibles</strong> d&#8217;améliorer la sécurité d&#8217;un conducteur lors d&#8217;événements qui ne se produiront <strong>peut-être jamais</strong>&nbsp;: curieuse conception du Droit et de la liberté des citoyens.</p>
<p>Par un douloureux effort pour éviter toute démagogie, on ne développera aucune allusion aux multiples points noirs qui agrémentent notre beau réseau routier, ni à la signalisation parfois aussi pléthorique qu&#8217;aberrante, ni à l&#8217;impunité dont jouissent les chauffards faute de répression puisque de surveillance &#171;&nbsp;in situ&nbsp;&#187;. Non. Chacun les connaît assez, sauf sans doute quelques centaines de hauts fonctionnaires de l&#8217;Intérieur douillet et du Ménagement du Territoire, et d&#8217;éminents policiers et officiers supérieurs de gendarmerie.</p>
<p><strong>Bien mieux</strong>, il est actuellement à peu près impossible de trouver ces équipements dans le commerce, la plupart des magasins étant en permanente rupture de stock&nbsp;: il est bien entendu matériellement exclu, sauf pour quelques ministres éthérés, de fournir en quelque mois <strong>plus de trente millions</strong> de ces accessoires, malgré le dévouement spontané de nos amis Chinois, qui n&#8217;hésitent pas à travailler jour et nuit avec autant d&#8217;altruisme que de coercition pour nous fabriquer tout cela en se gaussant de la pollution toxique et des salaires de misère.</p>
<p>Et lorsque, comme l&#8217;auteur de ces lignes, vous détenez déjà ces babioles obligatoires polymérisées, votre satisfaction citoyenne et votre soulagement financier sont loin d&#8217;être assurés&nbsp;: le gilet porte bien le CE réglementaire (quoique sur une étiquette&nbsp;: est-ce bien &#171;&nbsp;apposé sur le gilet&nbsp;&#187;&nbsp;?), mais le triangle arbore vicieusement un sibyllin &#171;&nbsp;CE13 27R 030019&nbsp;&#187; où la chatte gendarmienne ne retrouvera peut-être pas ses petits &#171;&nbsp;E 27 R&nbsp;&#187; formellement exigés par notre génial aréopage.</p>
<p><strong>Que conclure</strong> de cette mascarade administrativoministérielle&nbsp;? Bien des choses peu amènes évidemment, mais peut-être avant tout que certains de nos dirigeants, qui ne circulent bien souvent qu&#8217;au mépris du Code de la Route, creusent la tombe de l&#8217;Etat avec les stylos qui signent ce genre de calembredaine, et que tout cela renforce le sentiment, déjà assez naturel chez nous autres irréductibles Gaulois, d&#8217;un gâchis savamment organisé par les puissants afin de dégoûter de l&#8217;Etat l&#8217;honnête citoyen, même s&#8217;il a voté comme il fallait qu&#8217;il votât.</p>
<p>[1] environ 215 dollars canadiens.</p>
<p>[2] la &laquo;&nbsp;balle&nbsp;&raquo; était au franc ce que la &laquo;&nbsp;piastre&nbsp;&raquo; est au dollar canadien. L&#8217;euro, (lourde) monnaie imposée, n&#8217;a pas de désignation argotique à ce jour&nbsp;: la technocratie décourage l&#8217;inventivité.</p>
<p>[3] salaire minimum en France.</p>
<p>[4] Revenu Minimum d&#8217;Insertion, versé en France aux personnes sans emploi ni autres ressources.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/gilet-triangle-et-ronds-de-cuir/2637/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Beaumarchais ou Marivaux ?</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/beaumarchais-ou-marivaux/3574</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/beaumarchais-ou-marivaux/3574#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 May 2008 09:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=3760</guid>
		<description><![CDATA[Un de mes lointains parents vient de découvrir dans des papiers de famille trois feuillets manuscrits visiblement anciens. Des érudits locaux les attribuent à quelque dramaturge du XVIIIe siècle&#160;; malgré les imperfections de ce qui semble être un premier jet, ils les jugent d&#8217;assez bonne tenue pour que leur auteur soit un des grands du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton3760.jpg" border="0" />
<p>Un de mes lointains parents vient de découvrir dans des papiers de famille trois feuillets manuscrits visiblement anciens. Des érudits locaux les attribuent à quelque dramaturge du XVIIIe siècle&nbsp;; malgré les imperfections de ce qui semble être un premier jet, ils les jugent d&#8217;assez bonne tenue pour que leur auteur soit un des grands du siècle, peut-être même Beaumarchais ou Marivaux.</p>
<p>Le premier feuillet porte seulement la mention suivante en son milieu, ce qui semble être un titre&nbsp;:</p>
<p><strong></p>
<h3>Nicolas ou le valet enrichi</h3>
<p></strong></p>
<p>Voici le texte des deux autres feuillets.</p>
<p>SCENE 2</p>
<p>(Charlotte, le Comte de Bouygues)</p>
<p>CHARLOTTE ah , Monsieur le Comte, je suis bien aise de vous voir.<br />
LE COMTE voyez-vous bien l&#8217;impertinente. Sache donc, ma fille, qu&#8217;une servante n&#8217;a pas d&#8217;aise, mais seulement des devoirs. Chanter des berceuses d&#8217;un frais minois en caressant une guitare ne fait pas de toi une dame de compagnie. Mes bottes.<br />
CHARLOTTE oui, Monsieur.<br />
LE COMTE tu veilleras à les cirer avec soin.<br />
CHARLOTTE comme à l&#8217;habitude, Monsieur.<br />
LE COMTE dis-moi, on m&#8217;a rapporté que Nicolas donnait des fêtes avec des paysans&nbsp;?<br />
CHARLOTTE cela est possible, Monsieur.<br />
LE COMTE que sais-tu de ces fêtes&nbsp;?<br />
CHARLOTTE peu de chose, assurément.<br />
LE COMTE (agacé) vas-tu bien parler&nbsp;?<br />
CHARLOTTE Monsieur, je ne fus pas à toutes, loin de là.<br />
LE COMTE dis-moi donc ce que tu en sais.<br />
CHARLOTTE on dit qu&#8217;il en fut de très belles. Celles où j&#8217;étais furent charmantes.<br />
LE COMTE ha. Tu as bien dû faire ta Madame.<br />
CHARLOTTE oh, Monsieur le Comte, devant les paysans&nbsp;!<br />
LE COMTE les paysans ne sont point si stupides&nbsp;; et ils parlent beaucoup entre eux, n&#8217;hésitant pas à médire. Je veux que tu n&#8217;y paraisses plus.<br />
CHARLOTTE oh, Monsieur&nbsp;!<br />
LE COMTE c&#8217;est ainsi. Où étaient-elles tenues&nbsp;?<br />
CHARLOTTE tantôt dans nos appartements, tantôt dans des tavernes.<br />
LE COMTE des tavernes&nbsp;? Soit. Et y avait-il de nos gens&nbsp;?<br />
CHARLOTTE François, mais pas toujours, Claude, Jean-François, et d&#8217;autres.<br />
LE COMTE ont-elles été au moins de bonne tenue&nbsp;?<br />
CHARLOTTE oh oui, Monsieur, tout le monde était bien habillé, avec des bijoux, des révérences, des élégances.<br />
LE COMTE des bijoux, tiens donc. Nicolas aussi&nbsp;?<br />
CHARLOTTE oh, surtout Nicolas, Monsieur le Comte, des gourmettes, et puis des bagues, et beaucoup de belles choses.<br />
LE COMTE ah, tu finis par le dire. J&#8217;ai appris qu&#8217;il était tout bonnement couvert d&#8217;or et de pierreries, ton Nicolas. Quel aplomb&nbsp;! Va-t-il se prendre pour un Monsieur, à cette heure&nbsp;?<br />
CHARLOTTE Monsieur le Comte, il faut que je vous dise.<br />
LE COMTE quoi donc&nbsp;?<br />
CHARLOTTE de vilaines gens cherchent à lui nuire. Toutes sortes de rumeurs méchantes courent la campagne. Et Nicolas a interdit les placards dans toute la Comté.<br />
LE COMTE (songeur) le sot&nbsp;! Il apprendra que les murmures sont mieux à prendre que les cris.<br />
CHARLOTTE s&#8217;il vous plaît, Monsieur le Comte&nbsp;?<br />
LE COMTE rien. (Plus fort) Ces bijoux ont un très mauvais effet sur les paysans, et Nicolas devra s&#8217;en défaire.<br />
CHARLOTTE (rembrunie) comme il plaira à Monsieur le Comte.</p>
<p>SCENE 3</p>
<p>(Nicolas entre côté jardin)</p>
<p>LE COMTE ah, te voici.<br />
NICOLAS pour vous servir, mon maître.<br />
(Charlotte, derrière le comte, fait des signes à Nicolas, qui ne comprend pas)<br />
LE COMTE enlève donc ton bonnet.<br />
NICOLAS c&#8217;est qu&#8217;il fait bien froid, Monsieur.<br />
LE COMTE on se découvre devant son maître, effronté.<br />
NICOLAS mille pardons, Monsieur le Comte, je suis étourdi.<br />
LE COMTE plutôt qu&#8217;étourdi, tu es bel et bien enivré de ton succès, Nicolas, et les laquais qui te flattent te grisent davantage encore. N&#8217;oublie jamais, Nicolas, que tu n&#8217;es régisseur que par mon bon vouloir, et que tu n&#8217;as cette fortune que pour me servir, ainsi que nos amis seigneurs des comtés voisins.<br />
NICOLAS oui, mon maître.<br />
LE COMTE on m&#8217;a rapporté que tu t&#8217;es pris de querelle avec un pêcheur, est-ce vrai&nbsp;?<br />
NICOLAS encore oui, mon maître.<br />
LE COMTE de même, que tu as fort vilainement traité un paysan à la foire, avec des mots de palefrenier.<br />
NICOLAS hélas oui, mon maître.<br />
LE COMTE de plus, que tu donnes des fêtes bien brillantes, tout empesé de brocart et scintillant autant de bijoux que de souci de l&#8217;apparence&nbsp;?<br />
NICOLAS c&#8217;est un peu vrai, mon maître.<br />
LE COMTE tu cesseras tout cela, Nicolas, sous peine de rester à jamais le petit serviteur ne commandant qu&#8217;à un hameau reculé. Entends-tu bien&nbsp;?<br />
NICOLAS sans doute, mon maître.</p>
<p>Le manuscrit s&#8217;achève ici. Souhaitons que l&#8217;auteur en soit identifié et que le reste de la pièce soit un jour retrouvé.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/beaumarchais-ou-marivaux/3574/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le principe de non-rétroactivité de la loi</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/le-principe-de-non-retroactivite-de-la-loi/3484</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/le-principe-de-non-retroactivite-de-la-loi/3484#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 Mar 2008 10:18:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[SCIENCE]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=3287</guid>
		<description><![CDATA[A l&#8217;heure où certains voudraient remettre en cause ce point fondamental, il me paraît utile de lire ou de relire ce qu&#8217;en disait un des créateurs de notre Code civil&#160;: il serait vain de tenter d&#8217;innover quand les Anciens ont écrit de si belle façon. Discours préliminaire du premier projet de Code civil Extrait du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton3287.jpg" border="0" />
<p>A l&#8217;heure où certains voudraient remettre en cause ce point fondamental, il me paraît utile de lire ou de relire ce qu&#8217;en disait un des créateurs de notre Code civil&nbsp;: il serait vain de tenter d&#8217;innover quand les Anciens ont écrit de si belle façon.</p>
<p><b>Discours préliminaire du premier projet de Code civil</p>
<p>Extrait du discours prononcé le 21 janvier 1801par Jean-Étienne-Marie PORTALIS</b></p>
<p><span class='spip_document_1021 spip_documents' ><br />
<img src='IMG/jpg/180px-Portalis.jpg' width="180" height="237" alt="" /></span><br />
C&#8217;est un principe général que les lois n&#8217;ont point d&#8217;effet rétroactif.</p>
<p>À l&#8217;exemple de toutes nos assemblées nationales, nous avons proclamé ce principe.</p>
<p>Il est des vérités utiles qu&#8217;il ne suffit pas de publier une fois, mais qu&#8217;il faut publier toujours, et qui doivent sans cesse frapper l&#8217;oreille du magistrat, du juge, du législateur, parce qu&#8217;elles doivent constamment être présentes à leur esprit.</p>
<p>L&#8217;office des lois est de régler l&#8217;avenir. Le passé n&#8217;est plus en leur pouvoir.</p>
<p>Partout où la rétroactivité des lois serait admise, non seulement la sûreté n&#8217;existerait plus, mais son ombre même.</p>
<p>La loi naturelle n&#8217;est limitée ni par le temps, ni par les lieux, parce qu&#8217;elle est de tous les pays et de tous les siècles.</p>
<p>Mais les lois positives, qui sont l&#8217;ouvrage des hommes, n&#8217;existent pour nous que quand on les promulgue, et elles ne peuvent avoir d&#8217;effet que quand elles existent.</p>
<p>La liberté civile consiste dans le droit de faire ce que la loi ne prohibe pas. On regarde comme permis tout ce qui n&#8217;est pas défendu.</p>
<p>Que deviendrait donc la liberté civile, si le citoyen pouvait craindre qu&#8217;après coup il serait exposé au danger d&#8217;être recherché dans ses actions, ou troublé dans ses droits acquis, par une loi postérieure.<br />
Ne confondons pas les jugements avec les lois. Il est de la nature des jugements de régler le passé, parce qu&#8217;ils ne peuvent intervenir que sur des actions ouvertes, et sur des faits auxquels ils appliquent des lois existantes. Mais le passé ne saurait être du domaine des lois nouvelles, qui ne le régissaient pas.</p>
<p>Le pouvoir législatif est la toute-puissance humaine.</p>
<p>La loi établit, conserve, change, modifie, perfectionne. Elle détruit ce qui est&nbsp;; elle crée ce qui n&#8217;est pas encore.<br />
La tête d&#8217;un grand législateur est une espèce d&#8217;Olympe d&#8217;où partent ces idées vastes, ces conceptions heureuses, qui président au bonheur des hommes et à la destinée des empires. Mais le pouvoir de la loi ne peut s&#8217;étendre sur des choses qui ne sont plus, et qui, par là même, sont hors de tout pouvoir.</p>
<p>L&#8217;homme, qui n&#8217;occupe qu&#8217;un point dans le temps comme dans l&#8217;espace, serait un être bien malheureux, s&#8217;il ne pouvait pas se croire en sûreté, même pour sa vie passée&nbsp;: pour cette portion de son existence, n&#8217;a-t-il pas déjà porté tout le poids de sa destinée&nbsp;? Le passé peut laisser des regrets&nbsp;; mais il termine toutes les incertitudes. Dans l&#8217;ordre de la nature, il n&#8217;y a d&#8217;incertain que l&#8217;avenir, et encore l&#8217;incertitude est alors adoucie par l&#8217;espérance, cette compagne fidèle de notre faiblesse. Ce serait empirer la triste condition de l&#8217;humanité, que de vouloir changer, par le système de la législation, le système de la nature, et de chercher, pour un temps qui n&#8217;est plus, à faire revivre nos craintes, sans pouvoir nous rendre nos espérances.</p>
<p>Loin de nous l&#8217;idée de ces lois à deux faces, qui, ayant sans cesse un &#339;il sur le passé, et l&#8217;autre sur l&#8217;avenir, dessécheraient la source de la confiance, et deviendraient un principe éternel d&#8217;injustice, de bouleversement et de désordre.</p>
<p>Pourquoi, dira-t-on, laisser impunis des abus qui existaient avant la loi que l&#8217;on promulgue pour les réprimer&nbsp;? Parce qu&#8217;il ne faut pas que le remède soit pire que le mal. Toute loi naît d&#8217;un abus. Il n&#8217;y aurait donc point de loi qui dût être rétroactive. Il ne faut point exiger que les hommes soient avant la loi ce qu&#8217;ils ne doivent devenir que par elle.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/le-principe-de-non-retroactivite-de-la-loi/3484/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Ne dites plus&#8230; mais dites&#8230; ou le vocabulaire politiquement correct du XXIe siècle</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/ne-dites-plus-mais-dites-ou-le-vocabulaire-politiquement-correct-du-xxie-siecle/3468</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/ne-dites-plus-mais-dites-ou-le-vocabulaire-politiquement-correct-du-xxie-siecle/3468#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 10 Mar 2008 11:18:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=3271</guid>
		<description><![CDATA[Il serait grand temps de prendre conscience [1] des changements profonds intervenus dans la langue française depuis quelques décennies dans les domaines politique, économique et social, et qui s&#8217;accélèrent de vertigineuse façon depuis quelques mois. Il est intéressant d&#8217;en dresser un début d&#8217;inventaire, qui pourra être complété par les lecteurs. Il a été établi pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton3271.jpg" border="0" />
<p>Il serait grand temps de prendre conscience [1] des changements profonds intervenus dans la langue française depuis quelques décennies dans les domaines politique, économique et social, et qui s&#8217;accélèrent de vertigineuse façon depuis quelques mois.</p>
<p>Il est intéressant d&#8217;en dresser un début d&#8217;inventaire, qui pourra être complété par les lecteurs. Il a été établi pour la France, mais nul doute que nos amis Canadiens auront des apports féconds.</p>
<p>Par convention, le signe = sera employé dans le sens de &#171;&nbsp;est remplacé par&nbsp;&#187;.</p>
<p><b></p>
<p><center>Petit traité de sémantique libérale</center></b></p>
<p><b></p>
<p><center>A (Aide aux plus démunis) à C (Corruption)</center></b></p>
<p>Aide aux plus démunis = <b>assistanat</b>. Ex.<i>  L&#8217;assistanat, qui induit une lamentable mentalité d&#8217;assisté, doit dans une société moderne faire place à la charité privée, qui crée un louable sentiment de reconnaissance et libère la croissance économique en réduisant l&#8217;imposition des forces vives de la nation </i>(voir Entreprises privées).</p>
<p>Allégement d&#8217;impôts pour les plus aisés = <b>paquet fiscal, loi TEPA.</b> Ex. <i>Le président a fait un grand pas en avant vers la justice sociale par le paquet fiscal, qui réduit les droits de succession et de donation et protège les nantis derrière un flamboyant bouclier anti-impôts.</i></p>
<p>Augmentation de l&#8217;emploi précaire = <b>baisse du chômage.</b> N.B. Deux ou trois salariés en CDD à temps partiel, au minimum horaire exonéré de charges, remplacent avantageusement un salarié à temps plein parti en préretraite avec trente ans d&#8217;ancienneté.</p>
<p>Caisse noire = <b>fluidifiant de relations sociales.</b> Ex. <i>Selon ses dirigeants, les fonds officieux de l&#8217;UIMM ont fluidifié les relations sociales.</i></p>
<p>Capitalistes = <b>actionnaires, épargnants.</b> Ex. <i>Les épargnants se félicitent de la baisse d&#8217;un tiers de l&#8217;impôt sur les sociétés.</i></p>
<p>Centre de profit =<b> pôle économique.</b> Ex. <i>L&#8217;usine Michelin, pôle économique de Clermont-Ferrand.</i></p>
<p>Chevalier d&#8217;industrie = <b>repreneur d&#8217;entreprises.</b> Ex. <i>D&#8217;aucuns prétendent que M.&nbsp;Bernard T*** fut un éminent repreneur.</i></p>
<p>Chômeur = <b>demandeur d&#8217;emploi.</b> <i>Offreur d&#8217;emploi</i>, curieusement, n&#8217;est pas utilisé.</p>
<p>Clochard, cloche, clodo, etc. =  <b>SDF.</b> N.B. Le SDF ne sent pas mauvais.</p>
<p>Code du Travail, législation sociale = <b>frein à l&#8217;embauche, réglementation tâtillonne de l&#8217;emploi.</b> N.B. L&#8217;Inspecteur du Travail (<i>Inspector laboris L.</i>), espèce affectée par des maladies paralysantes et une réduction des effectifs, est en voie de disparition.</p>
<p>Concentration =<b> rationalisation, synergie, gains de productivité.</b> N.B. ne réduit jamais la concurrence. Ex. la concentration dans le domaine de la téléphonie portable (du pétrole, des services des eaux, de l&#8217;agroalimentaire, de la grande distribution, rayer la mention inutile) a profité au consommateur.</p>
<p>Concurrence = <b>marché, selon l&#8217;occasion.</b> Ex. <i>Les forces du marché doivent être respectées entre les petits producteurs.</i> Voir Marché.</p>
<p>Concurrence déloyale = <b>concurrence.</b> N.B. La notion et l&#8217;expression de concurrence déloyale tombent naturellement en désuétude, du moins pour les économies de pays riches, puisque la concurrence est par essence loyale et bénéfique. Elle devient une sorte d&#8217;état naturel, de grâce immanente, qui souffre avec une tolérance innée et une grande bonhomie les exceptions les plus capilloérectrices, comme les multiples ententes entre grands groupes.</p>
<p>Conglomérats = <b>grands groupes.</b></p>
<p>Conventions collectives = <b>accords par branches.</b> Le mot <i>collectif</i> et ses dérivés sont bannis du vocabulaire de l&#8217;honnête homme moderne.</p>
<p>Corruption = <b>fluidifiant de relations sociales.</b> Voir Caisse noire.</p>
<p><b></p>
<p><center>D (Défense des salariés) à O (Oligopoles)</center></b></p>
<p>Défense des salariés = <b>syndicats archaïques, obsolètes.</b> 	Ex. <i>Les syndicats archaïques appellent à défendre le pouvoir d&#8217;achat des privilégiés de la fonction publique.</i></p>
<p>Déficit des comptes publics = <b>caisses vidées par les gouvernements passés</b>&nbsp;;<br />
 1 &#8211; en période préélectorale, charge insupportable pour les générations futures&nbsp;;<br />
 2 &#8211; en période postélectorale, parlons d&#8217;autre chose&nbsp;: d&#8217;allégements d&#8217;impôts, par exemple.</p>
<p>Déficit du système de protection santé = <b>trou de la Sécu.</b> Tend à faire croire qu&#8217;elle finira par y basculer, et qu&#8217;il faut donc passer à un système d&#8217;assurances volontaires privées, dont les Américains les plus pauvres ne cessent de se féliciter.</p>
<p>Déréglementation = <b>libéralisation.</b> Ex. <i>La libéralisation des transports aériens a amené une concentration dans le secteur (i.e. des faillites).</i></p>
<p>Déréglementer = <b>libérer la croissance, desserrer les freins de la croissance, libérer les énergies.</b></p>
<p>Diminuer la protection juridique des salariés = <b>libérer les énergies, simplifier les formalités pour les entreprises.</b></p>
<p>Entreprise qui licencie malgré des profits records = <b>entreprise bien gérée améliorant sa compétitivité.</b></p>
<p>Entreprise réalisant des profits scandaleux = <b>entreprise particulièrement performante.</b> Cas particulier&nbsp;: entreprise réalisant des profits scandaleux par la seule valorisation de ses stocks = <b>pétrolier.</b></p>
<p>Entreprises privées = <b>forces vives de la nation.</b></p>
<p>Exploitation des pays pauvres = <b>délocalisation.</b></p>
<p>Faciliter les licenciements = <b>réduire les freins à l&#8217;embauche.</b></p>
<p>Fermeture d&#8217;usine = <b>rationalisation de la production, hausse de productivité, recherche de synergies (d&#8217;effets d&#8217;échelle, de compétitivité), simple délocalisation.</b></p>
<p>Fonctionnaires (variante&nbsp;: fonctionnaires mal payés) = <b>privilégiés (variante&nbsp;: privilégiés employés à vie)</b>.</p>
<p>Français =<b> ménages</b>. Ex.<i> Les ménages constatent un tassement relatif de leur revenu en termes réels (et non plus les Français subissent une baisse de pouvoir d&#8217;achat).</i></p>
<p>Grand capital = <b>tissu industriel.</b></p>
<p>Impérialisme économique =<b> mondialisation.</b></p>
<p>Indemnisation du chômage = <b>assistanat.</b> Ex. <i>L&#8217;assistanat creuse les déficits et est créateur d&#8217;oisiveté, comme le chômage du dimanche au XIXe siècle.</i> Voir Aide aux plus démunis.</p>
<p>Licenciement collectif = <b>compression de personnel, réduction d&#8217;effectifs, hausse de productivité.</b></p>
<p>Licenciement individuel = <b>séparation à l&#8217;amiable</b> (bientôt).</p>
<p>Licencier = <b>se séparer d&#8217;un collaborateur.</b></p>
<p>Lutte contre l&#8217;inflation = <b>politique monétaire.</b> Ex. <i>La politique monétaire de la BCE enchérit l&#8217;euro et plombe la croissance en Europe.</i></p>
<p>Marché = <b>concurrence</b>, selon l&#8217;occasion. Ex. <i>La concurrence étrangère, souvent déloyale, étrangle certains grands groupes.</i> Voir Concurrence.</p>
<p>Monopoles = <b>grands groupes.</b></p>
<p>Monsieur le président de la République française = <b>Nicolas Sarkozy (variante&nbsp;: Sarkozy, Sarko).</b></p>
<p>Oligopoles = <b>grands groupes.</b></p>
<p><b></p>
<p><center>P (Paradis fiscal) à V (Vautours de la finance)</center></b></p>
<p>Paradis fiscal =  <b>offshore.</b> Ex. <i>Les grands groupes français ont tous des filiales financières offshore.</i></p>
<p>Passer quelques jours sur un yacht de milliardaire =  <b>travailler plus pour gagner plus.</b> Oups, pardon.</p>
<p>Patronat =  <b>MEDEF.</b></p>
<p>Patrons =  <b>dirigeants, forces vives, entrepreneurs, chefs d&#8217;entreprise </b>(au pire).</p>
<p>Patron voyou, vampire du capital =  <b>agent économique rationnel.</b></p>
<p>Pauvreté =  <b>précarité.</b> Voir aussi ce mot.<br />
Sous-entend un état transitoire et rassure le locuteur.</p>
<p>Politique favorisant les nantis = <b> réforme </b>(nécessaire, inévitable).</p>
<p>Pot de vin = voir Corruption.</p>
<p>Précarité du travail =  <b>flexibilité.</b> Le point de vue de l&#8217;observateur est passé du salarié à l&#8217;employeur, ce qui est un phénomène fondamental expliquant ces évolutions sémantiques.</p>
<p>Privatisation =  <b>ouverture du capital, libéralisation, restitution d&#8217;activités aux forces du marché.</b> Elle n&#8217;est pas un cadeau somptueux aux grands capitalistes au détriment des citoyens consommateurs. Ex.<i> La libéralisation des sociétés d&#8217;autoroutes a aidé les grands groupes à améliorer leur compétitivité.</i></p>
<p>Privatisation du secteur public de la santé =  <b>réforme hospitalière.</b></p>
<p>Profits =  <b>bénéfices</b>&nbsp;: on ne profite plus d&#8217;une situation (actif, péjoratif), on en bénéficie (passif, positif).</p>
<p>Prolétariat =  <b>salariés.</b></p>
<p>Rachat d&#8217;actions par l&#8217;entreprise =  <b>investissement.</b> Ex.<i> Les grands groupes favorisent leurs actionnaires par l&#8217;investissement dans la croissance du bénéfice par action.</i></p>
<p>Riches, richards =  <b>libéraux, forces vives, épargnants, chefs d&#8217;entreprise</b> (au pire).</p>
<p>Salariés =  <b>collaborateurs</b> (microéconomie),  <b>classes moyennes</b> (macroéconomie). Ex. 1. <i>Nos collaborateurs travaillent plus pour gagner plus.</i> 2.<i> La consommation des classes moyennes est en berne.</i></p>
<p>Salaud de capitaliste =  <b>patron voyou</b>. Ex.<i> Un patron voyou (étranger) déménage en cachette les machines d&#8217;une usine.</i></p>
<p>Se crever la paillasse pour gratter trois ronds de plus =  <b>travailler plus pour gagner plus.</b></p>
<p>Solidarité =  <b>prélèvements</b> (confiscatoires). Ex. <i>Les prélèvements énormes de l&#8217;Etat en cotisations sociales étranglent les plus performantes de nos entreprises.</i></p>
<p>Soupe populaire =  <b>Restos du C&#339;ur</b>. Ex.<i> Les clochards allaient à la soupe populaire, les salariés précaires modernes vont aux Restos du C&#339;ur.</i></p>
<p>Subventionner les entreprises =  <b>libérer les énergies, réveiller les forces vives</b>. Appartient au domaine des <i>réformes</i> (voir Politique favorisant les nantis).</p>
<p>Subventions publiques aux entreprises =  <b>allégement de charges sociales, économie politique.</b></p>
<p>Taper dans la caisse =  <b>avoir recours  à un abus de biens sociaux.</b> Ex.<i> Les entrepreneurs ayant recours à des abus de biens sociaux (par erreur, sous la menace, par distraction ou pour se nourrir) n&#8217;encourront bientôt plus d&#8217;amende ni de peine de prison.</i></p>
<p>Usurier =  <b>organisme de prêt à la consommation.</b> N.B. Le taux usuraire (20,88% au 1er janvier 2008) est celui que ne doivent pas atteindre ceux que pratiquent ces sociétés, actuellement entre 18 et 20% hors assurance et en petites lettres.</p>
<p>Vautours de la finance =  <b>investisseurs, fonds d&#8217;investissement.</b> Ex. <i>Un fonds d&#8217;investissement a mis un pied dans le capital de Charles Jourdan.</i></p>
<p><cr><br />
<cr><br />
[1] la prise de conscience est une activité maintenant très <i>tendance</i>.<br />
<cr><br />
<cr></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/ne-dites-plus-mais-dites-ou-le-vocabulaire-politiquement-correct-du-xxie-siecle/3468/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Non à l&#8217;obligation de compassion pour les enfants</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/non-a-lobligation-de-compassion-pour-les-enfants/3456</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/non-a-lobligation-de-compassion-pour-les-enfants/3456#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 15 Feb 2008 10:54:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[S O C I E T É]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=3066</guid>
		<description><![CDATA[Monsieur le Président, Vous avez déclaré hier avoir &#171;&#160;demandé au ministre de l&#8217;Education nationale de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d&#8217;un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah&#160;&#187;. ( cf http://www.liberation.fr/actualite/&#8230; ) Eh bien non, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton3066.jpg" border="0" />
<p>Monsieur le Président,</p>
<p>Vous avez déclaré hier avoir &#171;&nbsp;demandé au ministre de l&#8217;Education nationale de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d&#8217;un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah&nbsp;&#187;. ( cf <a href="http://www.liberation.fr/actualite/politiques/309964.FR.php" class="spip_url spip_out">http://www.liberation.fr/actualite/&#8230;</a> )</p>
<p>Eh bien non, Monsieur le Président, je n&#8217;accepterai pas que mon fils, qui a quatre ans, soit soumis à neuf, dix ou onze ans à une  obligation de compassion sur le malheur passé et les crimes des hommes à travers les siècles&nbsp;: à cet âge, on a encore le droit de croire que les hommes ne sont pas tous mauvais et d&#8217;ignorer les horreurs du passé.</p>
<p>A cet âge, Monsieur le Président, on n&#8217;a pas à se flageller le corps et l&#8217;esprit pour expier les crimes des générations précédentes, parfois lointaines&nbsp;: on est insouciant et heureux, et l&#8217;esprit ainsi prêt à accepter la liberté future à travers les difficultés de la vie.</p>
<p>Cette entreprise de contrainte psychologique et émotionnelle des enfants, dans la suite de la lamentable lecture de la lettre du malheureux Guy Môquet, dans une logique d&#8217;abrutissement compassionnel, ne peut amener que trouble dans les esprits des enfants et <i>violences en retour</i>.</p>
<p>Nos enfants, Monsieur le Président, n&#8217;ont pas à se sentir responsables ni concernés par les horreurs du passé. Surtout pas&nbsp;: voulez-vous donc qu&#8217;ils soient choqués et affligés, ou a contrario qu&#8217;ils rient de ces abominations pour se protéger&nbsp;? Imaginez-vous ce que pourrait être l&#8217;état d&#8217;esprit d&#8217;un enfant de dix ans à qui on dirait&nbsp;: voilà, mon enfant, ce petit garçon, dont voici les nom et prénom, a été persécuté, affamé, battu, puis gazé par les nazis&nbsp;; tu dois penser à lui&nbsp;? Veux-tu des détails, voir des photos, des films montrant ces malheureux&nbsp;?</p>
<p>Et pourquoi donc les seuls enfants français&nbsp;? Les enfants juifs allemands réfugiés en France, les enfants de résistants italiens ou allemands ont-ils démérité&nbsp;? Quel est ce curieux nationalisme de la douleur&nbsp;? Alors, que faudra-t-il, après ce commencement&nbsp;? Que chaque élève de CM1 &#171;&nbsp;se voie confier la mémoire&nbsp;&#187; d&#8217;un petit rwandais victime du génocide&nbsp;? Que chaque élève de CE2 &#171;&nbsp;se voie confier la mémoire&nbsp;&#187; d&#8217;un petit arménien massacré&nbsp;?</p>
<p>J&#8217;appelle tous les citoyens, jeunes et vieux, croyants et incroyants, parents ou non, de toutes origines et de toutes idées, à protester contre ce projet dont la réalisation serait un évident abus de pouvoir de l&#8217;Etat.</p>
<p>Monsieur le Président, laissez vivre nos enfants. Ne rendez pas des innocents responsables des épouvantables meurtres d&#8217;autres innocents. Qui êtes-vous pour vouloir leur enlever la joie&nbsp;?</p>
<p><cr><cr><cr><cr></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/non-a-lobligation-de-compassion-pour-les-enfants/3456/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>26</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Chômage, productivité et désentreprise</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/chomage-productivite-et-desentreprise/1694</link>
		<comments>http://www.centpapiers.com/chomage-productivite-et-desentreprise/1694#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 19 Dec 2007 06:41:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Renève</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[FRANCE]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.centpapiers.com/?p=2616</guid>
		<description><![CDATA[En quelques décennies, les économies occidentales sont passées d&#8217;un idéal de société de plein emploi (les utopies socialistes et libérales) à une fatalité inéluctable d&#8217;une société où le chômage est une constante supportable comme l&#8217;inflation ou la pluie du ciel&#160;: les entreprises, même bénéficiaires, en partie en raison de la mondialisation, embauchent le moins possible [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton2616.jpg" border="0" />
<p>En quelques décennies, les économies occidentales sont  passées d&#8217;un idéal de société de <strong>plein emploi</strong> (les utopies socialistes et libérales) à une fatalité inéluctable d&#8217;une société où <strong>le chômage est une constante</strong> supportable comme l&#8217;inflation ou la pluie du ciel&nbsp;: les entreprises, même bénéficiaires, en partie en raison de la mondialisation, embauchent le moins possible et tentent sans cesse de réduire leur emploi.</p>
<h3>Productivité et emploi</h3>
<p>Les <strong>gains de productivité</strong> ne se font plus essentiellement par le progrès technologique permettant de produire plus au même coût, mais par une organisation de la production tournée vers l&#8217;économie de main-d&#8217;&#339;uvre. Dans les secteurs des <strong>services</strong> où le traitement des fichiers clients et comptables est lourd (banque, assurance, administrations), l&#8217;informatique a permis de réduire les effectifs à production égale, sans que de nouveaux métiers soient créés&nbsp;; le solde en emplois est largement négatif. Dans une moindre mesure, la gestion automatisée des stocks et de la comptabilité a grandement amélioré les marges des commerces de grandes surfaces, en réduisant le personnel administratif.</p>
<p>Dans les secteurs de production physique (<strong>industrie</strong>), la concurrence internationale, souvent déloyale dans les pays émergents (salaires de misère, protection sociale inexistante, droits de l&#8217;homme bafoués), a conduit à délocaliser des pans entiers de l&#8217;économie, au seul profit des actionnaires et des consommateurs. Le paradoxe de cette situation est que les consommateurs ont un pouvoir d&#8217;achat croissant par la baisse des prix ainsi induite, mais que, leurs revenus étant moins élevés en raison du chômage accru, leur demande finale stagne ou baisse&nbsp;: il ne faut pas chercher plus loin les explications au marasme de nos économies. Les actionnaires en revanche n&#8217;ont qu&#8217;à se louer de ces opérations.</p>
<h3>Management et désentreprise</h3>
<p>A la suite de la recherche effrénée des profits à court terme, qui ne peuvent croître facilement que par des compressions de coûts, une culture s&#8217;est répandue chez les dirigeants et actionnaires&nbsp;: <strong>la recherche de l&#8217;effectif minimum</strong>, toujours revu à la baisse. Les premiers trouvent dans les plans de réductions d&#8217;emplois ou de réorganisation, voire de cessations d&#8217;activités, des justifications à leur rémunération parfois pharaonique, et les seconds ne peuvent que se féliciter de la hausse du bénéfice et du dividende par action. Notons au passage que la distribution de bénéfices s&#8217;est considérablement accrue ces dernières décennies, ce qui est bien le signe d&#8217;une politique à courte vue des entreprises&nbsp;: ces super-dividendes diminuent bien sûr d&#8217;autant les mises en réserve des bénéfices et, à terme, les investissements. Ceux-ci, en constante régression relative, font parfois place à des rachats de leurs actions par les sociétés, ce qui, en détruisant une partie de la richesse, est la négation même de l&#8217;esprit d&#8217;entreprise, sous l&#8217;indifférence générale.</p>
<p>Arrêtons-nous un instant sur cette incroyable <strong>destruction économique</strong> que représente une réduction de capital par rachat d&#8217;actions&nbsp;: des dirigeants, véritables <strong>tueurs de capital</strong>, font procéder, alors même que l&#8217;entreprise est prospère, à des achats &#8211; longtemps interdits &#8211; d&#8217;actions en vue de leur annulation. Cette opération, qui n&#8217;a pour but que de renchérir le cours des actions devenues moins nombreuses pour les mêmes benéfices et dividendes présents et à venir, est l&#8217;antithèse totale de l&#8217;esprit d&#8217;entreprise. Elle consiste en effet à la priver non seulement de capitaux propres, mais aussi de la capacité associée à emprunter pour financer sa croissance&nbsp;: dans bien des cas, racheter un million d&#8217;euros d&#8217;actions privera la société d&#8217;un ou deux millions d&#8217;emprunts possibles et donc de deux ou trois millions d&#8217;investissements.</p>
<p>Le credo est ainsi devenu non plus l&#8217;esprit d&#8217;entreprise, mais de <strong>désentreprise</strong>&nbsp;; non la croissance, mais la baisse des coûts. Non se développer, mais améliorer les bénéfices sans produire plus. De même, fermer ou vendre des unités de production moins rentables que les autres dispense de rechercher nouveaux marchés et croissance de l&#8217;activité, au détriment de la substance même de l&#8217;entreprise. Il s&#8217;agit là du reniement de l&#8217;entreprise par les décideurs eux-mêmes, avec l&#8217;approbation des actionnaires dont le raisonnement à courte vue joue contre les intérêts à long terme de la société.</p>
<h3>Le chômage, peste commune</h3>
<p>Ces politiques de <strong>stock minimum</strong> en matière de ressources humaines ont pour conséquence le développement accéléré de l&#8217;intérim, des contrats précaires et des embauches à court terme, détruisant un peu plus le tissu humain de l&#8217;emploi. Les CDI deviennent l&#8217;exception pour de nombreuses entreprises, en ne faisant que concrétiser à contrec&#339;ur des suites de contrats précaires. Il convient de noter que les pouvoirs publics, dans de nombreux cas, loin de lutter contre la précarité des emplois, la justifient, voire l&#8217;encouragent au prétexte de flexibilité, cheval de bataille des dirigeants d&#8217;entreprise aux effets humains catastrophiques. Il est vrai que l&#8217;humain n&#8217;entre pas dans leurs considérations.</p>
<p>Le travail devient non un luxe, mais <strong>une chance</strong>, une &laquo;&nbsp;opportunité&nbsp;&raquo; qui n&#8217;est pas ordinairement offerte à tous&nbsp;; chez les jeunes, les petits boulots, précaires, à temps partiel et mal payés sont souvent la règle pour les moins qualifiés et les plus récemment arrivés sur le &laquo;&nbsp;marché du travail&nbsp;&raquo; &#8211; quelle expression, maintenant habituelle. Même les diplômés, parfois très bien et longuement formés, doivent souvent subir cette phase d&#8217;antichambre de la vie professionnelle, passage obligé vers des emplois plus stables et moins mal payés.<br />
Plus personne ne s&#8217;étonne que le chômage frappe un Français sur douze ou sur dix selon les calculs, que les plus jeunes ne trouvent pas de travail sérieux, que dans certaines banlieues-ghettos un jeune sur deux n&#8217;ait pas d&#8217;emploi.</p>
<p>L&#8217;ultralibéralisme, poison instillé goutte à goutte dans la gestion privée et publique de l&#8217;économie, affirme haut et fort que <strong>la recherche du profit et la déréglementation</strong> sont des conditions nécessaires et suffisantes au bonheur matériel de tous. Ces deux principes sont bien à l&#8217;origine de cette <i>endémisation</i> du chômage&nbsp;; une adroite communication a permis de le rendre psychologiquement et politiquement supportable, ce qui permet de ne plus avoir à chercher véritablement à améliorer la situation de l&#8217;emploi&nbsp;: qui irait à notre époque jusqu&#8217;à reprocher aux dirigeants d&#8217;entreprise de ne pas employer suffisamment de salariés, ou aux gouvernements de ne pas tout faire pour que chaque citoyen ait un emploi &#8211; simplement un emploi&nbsp;?</p>
<p>L&#8217;ultralibéralisme est au libéralisme ce que la ploutocratie est à la démocratie. Mais l&#8217;ultrachômage n&#8217;est pas une antithèse du chômage&nbsp;: il en est la forme durable, entretenue et fatalisée.</p>
<p></cr></cr></cr></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.centpapiers.com/chomage-productivite-et-desentreprise/1694/feed</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

