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	<title>CentPapiers &#187; Patrice Potvin</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Lettre à la Ministre de l’éducation relativement au projet de règlement portant sur le bulletin unique</title>
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		<pubDate>Wed, 25 May 2011 04:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Image Flickr par jeanwi1980 Voici la copie d&#8217;une lettre envoyée à la Ministre de l&#8217;éducation le premier septembre dernier et qui n&#8217;a fait l&#8217;objet d&#8217;aucune réponse jusqu&#8217;ici. Lettre à la Ministre de l’éducation Objet : Projet de règlement portant sur le bulletin unique et l&#8217;enseignement de la science et de la technologie Madame Beauchamp, À titre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-71294" href="http://www.centpapiers.com/lettre-a-la-ministre-de-l%e2%80%99education-relativement-au-projet-de-reglement-portant-sur-le-bulletin-unique/71281/261008136_19ad290824"><img class="alignnone size-full wp-image-71294" title="261008136_19ad290824" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2011/05/261008136_19ad290824.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p><em>Image Flickr par <a href="http://www.flickr.com/photos/92015520@N00/">jeanwi1980</a></em></p>
<p><em>Voici la copie d&#8217;une lettre envoyée à la Ministre de l&#8217;éducation le premier septembre dernier et qui n&#8217;a fait l&#8217;objet d&#8217;aucune réponse jusqu&#8217;ici.</em></p>
<p>Lettre à la Ministre de l’éducation</p>
<p>Objet : Projet de règlement portant sur le bulletin unique et l&#8217;enseignement de la science et de la technologie</p>
<p>Madame Beauchamp,</p>
<p>À titre de professeurs universitaires œuvrant en formation des futurs enseignants, mais également en recherche dans plusieurs milieux scolaires du Québec, nous souhaitons vous informer que les enseignants de science et technologie qui œuvrent dans les écoles secondaires sont actuellement plongés dans la plus grande confusion.</p>
<p>En effet, ces enseignants n’ont d’autre choix professionnel que de s’en remettre aux documents ministériels pour connaître et comprendre la volonté de l’État quant à la nature des cibles qu’ils doivent atteindre pour favoriser l’apprentissage, et assurer ainsi la réussite de leurs élèves. Cependant, les différents documents qui ont été diffusés ces dernières années ne semblent pas converger. En effet, on compte :</p>
<ul>
<li>un programme de formation qui exige le développement de « compétences disciplinaires » en science et technologie ainsi qu’une banque de « concepts prescrits »;</li>
<li>un document « progression des apprentissages », disponible en ligne qui contient des cibles qui prennent exactement la forme de celles des anciens programmes (anciens programmes par objectifs) et qui n’utilise jamais le mot « compétence »;</li>
<li>un document « échelles de niveaux de compétence » qui soutient l’enseignant dans l’évaluation finale des compétences, seules;</li>
<li>un projet de « bulletin unique » qui exige que les résultats des étudiants en science et technologie soient exprimés en deux volets « pratique » et « théorique », qui ne trouvent aucun écho dans les documents précédemment mentionnés; et</li>
<li>des épreuves de fin d’année qui semblent avoir négocié à la baisse les intentions des programmes pour des raisons structurelles ou organisationnelles.</li>
</ul>
<p>Nous croyons que l’identification d’une cible claire, d’un objet de traitement nettement identifié, est indispensable au travail de tout professionnel. Sans la disponibilité d’un tel objet,  aucun professionnel ne peut affirmer être sur la bonne voie, ou se rendre compte qu’il s’en écarte. Impossible pour lui non plus de chercher à optimiser sa pratique, car les indicateurs lui sont alors indisponibles, ou confus.</p>
<p>Nous nous interrogeons également sur la différence qui existe dans le Projet de règlement (L.R.Q., c. I-13.3, page 2222a) entre le format de résultats scolaires de « science et technologie » et celui qui est proposé pour d’autres matières, comme « langues d’enseignement », « langue seconde » et « mathématique ». Les enseignants ont en effet l’impression que la matière « science et technologie » est confirmée par le Ministère comme étant une « petite matière », moins importante que d’autres.</p>
<p>Nous comprenons aussi assez mal comment les résultats pourraient être présentés dans ce bulletin seulement « si » elles « ont fait l’objet d’une évaluation » (30.1 du même projet). Cette notion de cible « optionnelle » nous semble ajouter à la confusion. Comment les cibles identifiées par l’État pourraient-elles être ne pas être obligatoires?</p>
<p>Finalement, nous nous demandons à quoi correspondra le résultat de ce même bulletin s’il est exprimé en pourcentage, alors qu’il a été maintes fois démontré que l’évaluation des compétences est incompatible avec ce format et que le résultat final doit en rendre compte?</p>
<p>Des milliers d’enseignants et de nombreux universitaires travaillent depuis maintenant plusieurs années au développement de modèles d’enseignement et d’évaluation des compétences. Les modèles existants sont de plus en plus satisfaisants. Il est de notre avis que ces efforts considérables devraient être considérés et que renoncer à parachever certaines ambitions du renouveau pédagogique nous interdirait en définitive de connaître sa véritable valeur, quelle qu’elle soit, et minerait la motivation des plus dynamiques de nos enseignants pour des années à venir et contribuerait à nourrir le cynisme de ces derniers.</p>
<p>Nous demandons donc à la Ministre de considérer des changements au Projet de règlement sur le « bulletin unique » en ce qui concerne le format des résultats scolaires. Ce sont non pas des changements qui remettent en cause l’idée d’uniformiser le bulletin, car nous ne sommes pas opposés à l’idée d’une certaine unité dans la rétroaction donnée aux parents, mais plutôt qui vont dans le sens de la cohérence entre les messages adressés aux enseignants.</p>
<p>Nous proposons donc</p>
<ol>
<li>de renoncer à l’idée des deux volets « pratique » et « théorique », qui ne trouvent pas d’écho dans les autres documents du Ministère et qui constituent une nouveauté problématique pour les enseignants de science et technologie. Nous souhaiterions avoir des rubriques qui rapprochent les évaluations des cibles identifiées dans leur Programme (compétences et connaissances) et sur lesquelles les enseignants travaillent déjà depuis plus de 6 ans;</li>
<li> d’éviter les distinctions fondamentales entre « science et technologie » et d’autres « grosses » matières, car nous estimons que ce champ est aussi important qu’elles pour toutes sorte de très bonnes raisons que nous n’énumérerons pas ici et que tous peuvent facilement comprendre. Nous croyons qu’éviter ces distinctions (ainsi que les volets ») contribuerait à augmenter le caractère uniforme du bulletin;</li>
<li>de permettre d’exprimer le résultat en d’autres formats que la note en pourcentage, notamment en ce qui concerne les rubriques portant sur les compétences; et</li>
<li>d’éviter dans le texte la présence d’indices qui suggèrent que les enseignant ne soient pas tenus d’atteindre les cibles dûment identifiées dans leur programme de Formation.</li>
</ol>
<p>Nous comprenons que le Ministère s’est engagé depuis plusieurs années à « réhabiliter les connaissances » dans l’enseignement et dans le bulletin. Nous n’avons en fait aucune objection à cet engagement puisque nous avons toujours été convaincus que les compétences ne sont rien d’autre que la mise en action des connaissances et qu’il est impossible de parler des connaissances sans les mettre en action, ne serait-ce qu’en les articulant. Notre objectif est ici de contribuer aux travaux du Ministère dans ce dossier de manière à améliorer la réception du projet de règlement dans les milieux éducatifs et faciliter le travail au jour le jour des professionnels de l’enseignement des sciences et de la technologie.</p>
<p>Et de fait, nous restons à la disposition de vos services pour toute forme d’aide ou de clarification que nous pourrions fournir, par des échanges téléphoniques, courriels, réunions, ou autres.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Patrice Potvin</strong></p>
<p>Professeur en didactique des sciences à l’UQAM</p>
<p>(potvin.patrice@uqam.ca)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Patrick Charland</strong></p>
<p>Professeur en didactique des sciences et de la technologie à l’UQAM</p>
<p>(charland.patrick@uqam.ca)</p>
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		<title>Faire des élèves des perroquets</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Mar 2010 14:53:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Articles]]></category>
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		<description><![CDATA[Je souhaite vous faire part d’une situation extrêmement préoccupante dont j’ai pris connaissance récemment lorsque j’ai été impliqué par le Ministère de l’éducation (loisirs et sport) dans une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire. À mon avis, il s’agit d’un baril de poudre. Les fonctionnaires du MELS ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_12059" class="wp-caption alignleft" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-12059" title="class" src="/wp-content/uploads/2010/03/class.jpg" alt="Photo : Flick foundphotoslj" width="500" height="243" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flick foundphotoslj</p></div>
<p>Je souhaite vous faire part d’une situation extrêmement préoccupante dont j’ai pris connaissance récemment lorsque j’ai été impliqué par le Ministère de l’éducation (loisirs et sport) dans une des étapes de validation des travaux relatifs aux programmes de formation du secondaire. À mon avis, il s’agit d’un baril de poudre.</p>
<p>Les fonctionnaires du MELS ont ces derniers temps travaillé sur une « commande » émanant du bureau de la Ministre les contraignant à produire ce qu’ils appellent la « Progression des apprentissages ». Ce document avait été annoncé initialement comme étant un outil permettant aux enseignants de mieux cerner les moments (la Ministre a même parlé récemment d’une progression « mois après mois » très réductrice et contraignante pour les enseignants) où ils doivent aborder les contenus et de savoir également jusqu’où ces contenus devaient être approfondis. Il était également présenté comme un moyen de réhabiliter la place des connaissances dans l’enseignement, ce qui n’est peut-être pas, a priori, une si mauvaise idée, étant donné l’état de confusion assez avancé dans lequel les enseignants sont plongés depuis quelques années.</p>
<p>Cependant, après analyse, il apparaît très clairement que ce document entretient des ambitions fort différentes de celles qui avaient été annoncées initialement. Il est apparu à moi-même et à tous mes collègues alors présents qu’en réalité, ce document était profondément maladroit et surtout très dangereux pour le monde de l’éducation secondaire et mettait en péril la réalisation de la mission même de l’école et ce qu’on soit pour ou contre la réforme de l’éducation. Cela pour deux raisons principales :</p>
<p>Premièrement, parce que la manière dont on présente les contenus nous renvoie vingt ans en arrière. On colle tout simplement un verbe à une connaissance. Exemple : « Nommer les différents groupes sanguins ». Cette façon de faire, pourtant abandonnée dans la plupart des pays du monde, pourrait encore se justifier par le choix de revenir aux anciens programmes, mais le véritable problème, c’est que les seuls verbes autorisés sont d’un niveau d’exigence médiocre : « nommer, identifier, associer, définir, choisir, reconnaître, etc. ». Il s’agit ici uniquement d’apprentissages de très bas niveau qui ne présentent que la vertu de pouvoir être vérifiées facilement avec un test « papier-crayon » et pour lesquels le cours magistral suffit à les faire « apprendre ». Le document se suffit donc de faire de nos enfants des perroquets. Exit la réflexion! Nivellement par le bas total.</p>
<p>À titre de comparaison, les anciens programmes, formulés sur le même modèle (verbe + connaissance), ces programmes-là (alors jugés « assommants » et trop linéaires) dont la réforme de l’éducation a tenté de s’éloigner en raison de tous les problèmes qu’ils pouvaient engendrer et qu’on pouvait constater à l’époque (désintérêt, décrochage, désaffection, échecs, perte de sens, etc.), ces programmes-là, donc, utilisaient des verbes qui renvoyaient à des habiletés d’un bien plus haut niveau que le document de la Ministre; des verbes comme « résoudre, expérimenter, justifier, découvrir, expliquer, analyser, démontrer, etc. ». Ô ironie, les ANCIENS programmes étaient donc beaucoup PLUS AMBITIEUX que le document « Progression des apprentissages » de la Ministre. Qu’on soit donc partisan des anciens programmes ou qu’on le soit des nouveaux, qui « se veulent » progressistes, on peut légitimement s’inquiéter, car la Ministère menace par le truchement de ce document de ramener le Québec à l’époque d’AVANT LES ANCIENS programmes, alors que les systèmes éducatifs de partout à travers le monde ne se satisfont plus que de chercher à développer chez leurs élèves des habiletés de haut niveau, pour former des citoyens intelligents et des travailleurs complets. Même les tests internationaux comme le PISA enrichissent de plus en plus leurs épreuves de questions de la « vraie vie » qui font appel à la réflexion et à la bonne utilisation des connaissances, et pas juste à leur existence dans la tête des élèves et à la capacité de ces derniers à les réciter. La menace est donc bien réelle de rater le(s) bateau(x).</p>
<p>Deuxièmement, le document est dangereux parce qu’il contredit explicitement les programmes de formation malgré la prétention qu’il a de les compléter. Par exemple, il ne fait aucune mention des compétences, les fonctionnaires ayant été explicitement interdits de les évoquer, alors que les programmes les présentent comme très importantes, bien que non exclusives. Confusion. De plus, il suggère que les connaissances doivent précéder chronologiquement leur mobilisation, ce qui est contraire aux nouveaux programmes où il est indiqué que les connaissances et leur utilisation doivent être abordées en concomitance. Confusion encore. Il est clair depuis longtemps que la Ministre souhaite revenir à ce qu’elle appelle l’ « essentiel » (comme si les enseignants l’avaient oublié), mais les effets de son document ne seront pas ceux escomptés : en envoyant aux enseignants de tels messages contradictoires à répétition, elle alimente la confusion quant aux cibles que les enseignants doivent atteindre dans leur pratique.</p>
<p>Que l’on soit pour ou contre la réforme, on peut donc facilement anticiper les effets de cette dés-information et de ce recul sur les enseignants : simplification du travail de l’enseignant à des répétitions techniques, démotivation, perte de sens, ingrédients privilégiés du décrochage enseignant. Un phénomène qui n’a pas vraiment besoin d’être alimenté actuellement, puis-je ajouter.</p>
<p>Ce document ressemble de plus en plus à un testament que la Ministre semble vouloir laisser derrière elle (sans consulter, comme d’habitude) et qui est à l’image de toute sa contribution au monde de l’éducation… Qu’elle n’a jamais très bien compris d’ailleurs et qu’elle admet avoir hâte de quitter. Le plus vite possible s’il vous plaît…</p>
<p>Patrice Potvin, habituellement modéré, mais là, vraiment exaspéré.</p>
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		<title>Grève à l’UQAM : l’acharnement de la ministre se poursuit</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 20:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<div id="attachment_6160" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6160" title="3159001713_1084ede5ca4" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/03/3159001713_1084ede5ca4.jpg" alt="Photo : Flickr limako" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr limako</p></div>
<p>Après avoir négligé de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement dans le naufrage de l’îlot Voyageur, la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), poursuit son acharnement envers l’Université du Québec à Montréal. Après 21 mois de demandes syndicales réclamant le démarrage d’une négociation visant le renouvellement de la convention collective et les embauches de professeurs et qui n’ont eu pour réponse qu’un silence, après que la direction de l’UQAM ait obtenu à sa propre demande un rapport permettant de connaître la situation salariale dans les universités québécoises (le rapport AON) et qui permet de voir très clairement que les demandes syndicales n’ont finalement rien de farfelu (rattrapage salarial de 10% à faire pour une tâche équivalente à ce qui se fait ailleurs), la position de la ministre n’a pas changé : tout laisse croire que des universités québécoises, l’UQAM est celle qu’elle affectionne le moins.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">En effet, les pseudo-offres déposées par la direction de l’UQAM au syndicat des professeurs (SPUQ) la semaine dernière et qui ont été présentées comme finales, même s’il s’agissait des premières depuis 21 mois, témoignent bien du fait que l’UQAM est en réalité en tutelle, puisque ces offres ont émané directement du gouvernement (MELS et Conseil du trésor), sans même qu’on cherche à s’en cacher.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces offres, qui tiennent en 4 pages à double interligne, qui semblent écrites à la hâte et ne ressemblent en rien à l’ombre d’une convention collective, proposent une hausse des salaires de 2% alors que la ministre a pourtant annoncé par le passé et à plusieurs reprises que les demandes syndicales semblaient « raisonnables ». Elle ne semble donc pas en définitive adhérer à l’idée que l’UQAM puisse être aussi importante que les autres universités montréalaises, pas même aussi importantes que les petites constituantes du réseau UQ, comme l’UQAR ou l’UQTR, où les salaires sont meilleurs qu’à l’UQAM. Il ne s’agit donc apparemment pas d’un problème de crise économique, mais d’une question de préférence pure et simple. </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">Ces pseudo-offres proposent également l’embauche de 25 professeurs, alors que le syndicat en demande 300, pour réduire l’écart qui existe entre l’UQAM et les autres universités en ce qui a trait au rapport prof/étudiant et qui constitue un bel indicateur de l’importance relative de la charge de travail. Voilà qui est pour le moins surprenant : l’UQAM verra vraisemblablement 35 de ses profs prendre leur retraite la même année. La proposition aura donc pour effet de RÉDUIRE le nombre de professeurs d’une dizaine, alors que le besoin de renforts pour redresser cette institution fragilisée n’a jamais été si évident. Doit-on vraiment rappeler que les professeurs sont le coeur de l’université et que son développement dépend presque entièrement d’eux?</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">La ministre n’a pas encore compris que l’UQAM n’est plus qu’une « boîte à cours ». Ses professeurs y mènent désormais autant de recherches d’envergure que dans les autres universités québécoises, sans parler des services aux collectivités qui y sont beaucoup mieux développés qu’ailleurs. Dans cette course, les talents sont évidemment précieux, mais pour attirer et retenir ces derniers, il est nécessaire d’au moins pouvoir leur offrir des conditions de travail équivalentes à ce qu’on trouve ailleurs. Actuellement, les munitions manquent à l’UQAM pour qu’elle puisse se tailler une place. Il est difficile de ne pas croire que cette situation plaît à la ministre, tant les gestes qu’elle pose et le discours méprisant qu’elle tient sont révélateurs.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt;"><span style="font-size: 10pt;"><span style="font-family: Times New Roman;">C’est vrai, les étudiants ACTUELS et les autres employés de l’UQAM font actuellement les frais de la grève. Ils devront cependant comprendre que n’est jamais de gaîté de coeur qu’on se lance dans une telle entreprise : c’est pour déranger. Et pour l’avenir.</span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mario Dumont et le discours du perdant</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Nov 2008 18:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On a vu ces dernières années se multiplier les discours les plus tristes à propos des performances du système d&#8217;éducation québécois. Mais celui qui s&#8217;avère entre tous le plus stérile est celui qui évoque les problèmes de &#171;&#160;nivellement par le bas&#160;&#187; et qui dénonce la &#171;&#160;culture de la facilité&#160;&#187;. Nous n&#8217;utiliserons pas ici l&#8217;expression &#171;&#160;discours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4586.jpg" border="0" />
<p>On a vu ces dernières années se multiplier les discours les plus tristes à propos des performances du système d&#8217;éducation québécois. Mais celui qui s&#8217;avère entre tous le plus stérile est celui qui évoque les problèmes de &#171;&nbsp;nivellement par le bas&nbsp;&#187; et qui dénonce la &#171;&nbsp;culture de la facilité&nbsp;&#187;.</p>
<p>Nous n&#8217;utiliserons pas ici l&#8217;expression &#171;&nbsp;discours de looser&nbsp;&#187;, et ce, pour deux raisons. 1) Pour notre amour de la langue française et 2) pour éviter de manquer de respect aux gens qui ne comprennent rien à l&#8217;éducation et pour qui ce type de discours est davantage un cri de désespoir qu&#8217;une attaque en règle. Mais entendons nous bien, le recours à l&#8217;argument du &#171;&nbsp;nivellement par le bas&nbsp;&#187; est bel et bien un discours de perdant parce qu&#8217;il n&#8217;est qu&#8217;une plainte, qu&#8217;il n&#8217;apporte rien, ne propose rien et ne solutionne rien. Il est le résultat d&#8217;un manque de confiance en la capacité du système scolaire et de ses enseignants à livrer la marchandise. Il devrait être reçu comme une insulte -pas même polie- lorsqu&#8217;il est utilisé et davantage encore lorsque cela se produit dans l&#8217;espace public (Pour mieux comprendre ce à quoi je souhaite en référer, <a href="http://www.cyberpresse.ca/actualites/elections-provinciales/200811/11/01-38499-les-enfants-mal-prepares-a-la-vie-denonce-dumont.php">cliquez ici</a>).</p>
<p>Ce pauvre Monsieur Dumont, vraisemblablement au bout du rouleau et à court de vision, demeure populiste parce que c&#8217;est bien tout ce qui lui reste. Il exploite l&#8217;ignorance des électeurs et tente de l&#8217;utiliser à son profit.</p>
<p>Il faudrait qu&#8217;il enseigne juste une petite semaine dans une classe pour s&#8217;apercevoir que l&#8217;enseignement est une tâche impossible. Oui, impossible. Étant impossible, l&#8217;enseignement ne peut donc aspirer à être autre chose qu&#8217;une opération d&#8217; &#171;&nbsp;optimisation&nbsp;&#187;&nbsp;: faire le mieux possible avec les ressources disponibles. C&#8217;est ce que font les enseignants tous les jours et ils le font très bien au Québec, comme en témoigne une récente étude du Conseil des Ministres de l&#8217;éducation du Canada. Les premiers élèves québécois complètement réformés&nbsp;[<a href="#nb8" name="nh8" id="nh8" class="spip_note" title='[8] i.e. qui ont v&#233;cu les nouveaux programmes pour toutes les ann&#233;es de (&#8230;)&#8217; >8</a>] ont obtenu les meilleurs résultats canadiens en langue et en mathématiques et la médaille d&#8217;argent en science et technologie, juste après les albertains, dont les coffres regorgent et dont le système d&#8217;éducation est actuellement surfinancé. Alors, quand Monsieur Dumont affirme que les élèves québécois sont &#171;&nbsp;mal préparés à la vie&nbsp;&#187;, il parle d&#8217;élèves qui sont meilleurs que ceux de toutes les autres provinces du Canada et qui viennent juste de vivre une réforme dont l&#8217;un des objectifs principaux est précisément de mieux les préparer à la &#171;&nbsp;vraie vie&nbsp;&#187;, avec tout ce que cette dernière exige de compétences en plus du bagage de connaissances essentielles. Les ambitions que Monsieur Dumont entretient en termes de compétitivité sont donc déjà réalisées ou en chemin de l&#8217;être, sans même qu&#8217;il n&#8217;ait été impliqué dans ce résultat ou même qu&#8217;il se soit aperçu de quoi que ce soit. Il ne s&#8217;est pas rendu compte non plus que son discours n&#8217;est rien de plus qu&#8217;un peu de &#171;&nbsp;frottement&nbsp;&#187; dans ce réel mouvement social québécois dont plusieurs pays sont par ailleurs plutôt admiratifs.</p>
<p>Évidemment, il y a encore place à l&#8217;amélioration dans le système scolaire, afin qu&#8217;il permette aux enseignants de mieux faire ce qu&#8217;ils ont déjà par ailleurs commencé à faire. Le nombre d&#8217;élèves par classe, le développement de la professionalisation, la formation continue des enseignants et leur mise en réseau ainsi que le soutien aux élèves en difficulté (qui n&#8217;est pas du tout synonyme, en passant, de &#171;&nbsp;nivellement par le bas&nbsp;&#187;) sont tous des dossiers pour lesquels la recherche et le sens commun nous disent qu&#8217;ils doivent être priorisés.</p>
<p>Faites donc confiance aux enseignants. Malgré les conditions impossibles dans lesquels ils oeuvrent, ils travaillent fort et bien et avec coeur et n&#8217;ont nullement besoin de défaitisme ou de ruptures de confiance.</p>
<p>Patrice Potvin, professeur-chercheur à L&#8217;UQAM</p>
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		<title>Une insulte au monde de l&#8217;éducation : le palmarès des écoles secondaires</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Oct 2007 06:30:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton2331.jpg" border="0" />
<p>Comme à tous les ans, l&#8217;Institut économique de Montréal publie cette semaine dans les pages du magazine l&#8217;Actualité son palmarès des écoles secondaires du Québec. Encore une fois il faudra résister à la tentation de le consulter et il faudra encourager un boycott de cette édition. Mais il faut aussi comprendre pourquoi. Deux raisons.</p>
<p>La première, c&#8217;est que ce palmarès ne mesure pas ce qu&#8217;il prétend mesurer. Il se présente comme un indicateur de la performance des écoles, comme le &#171;&nbsp;bulletin des écoles&nbsp;&#187;. Mais tel n&#8217;est pas le cas. Il constitue plutôt un indicateur de la performance des élèves, puisqu&#8217;il base son classement sur leurs résultats. Bien sûr, l&#8217;école y est pour quelque chose dans cette performance, mais comme chacun peut comprendre que les résultats d&#8217;une course de formule 1 ne donnent pas une indication absolue de la qualité du pilotage mais comprend aussi celle de la voiture (et l&#8217;absence d&#8217;accident), chacun peut aussi comprendre que les élèves qui partent avec une longueur d&#8217;avance sont aussi ceux qui généralement finissent en premier. C&#8217;est même, nous dit le professeur Jean-Guy Blais de l&#8217;Université de Montréal, le meilleur indicateur de performance pour ce genre de classement. Ce monsieur a en effet publié en 2003 une étude qui révèle ce détail de manière très convaincante. Il faut donc boycotter le palmarès parce qu&#8217;il ment. Il ne mesure pas la performance des écoles&nbsp;; il mesure la performance de leurs mécanismes d&#8217;admission. Ainsi, le parent qui &#171;&nbsp;magasine&nbsp;&#187; dans les pages de l&#8217;Actualité un &#171;&nbsp;environnement favorable à la réussite&nbsp;&#187; pour son enfant ne magasine rien d&#8217;autre en définitive que ses camarades de classe&nbsp;; ce qui est peut-être, admettons-le, un facteur indirect d&#8217;apprentissage ou de non-apprentissage, mais ce parent doit comprendre qu&#8217;il ne magasine certainement pas une qualité de services. Évidemment, le magazine n&#8217;explique pas cela. Il n&#8217;explique pas non plus que l&#8217;arrivée récente d&#8217;écoles publiques dans les premières places est uniquement le résultat de la mise en place de mécanismes de sélections dans ces écoles qui, par la possibilité de donner une couleur particulière à leurs services à travers des &#171;&nbsp;projets scolaires spéciaux&nbsp;&#187;, ont désormais le droit de choisir leurs élèves.</p>
<p>Mais il faut aussi boycotter le palmarès parce qu&#8217;il constitue &#8211;consciemment ou non- un mécanisme qui favorise injustement la reproduction de certaines classes &#171;&nbsp;élites&nbsp;&#187;. Il est en effet très facile de comprendre que les écoles qui se retrouvent en tête de liste intéresseront un nombre croissant de parents, qui trop souvent croient que le palmarès ne ment pas et qu&#8217;il donne une bonne &#8211;bien qu&#8217;imparfaite- indication de la qualité de l&#8217;encadrement ou de l&#8217;enseignement ou de je ne sais quoi. Ces écoles, à moins de se construire des annexes, ne pourront pourtant accueillir davantage d&#8217;élèves. De toutes façons, telle n&#8217;est pas leur intention. Elles pourront cependant se permettre de réduire encore davantage la taille des trous du filtre qui leur sert de système d&#8217;admission. Ainsi, de plus en plus d&#8217;élèves qui ont déjà une longueur d&#8217;avance dans l&#8217;apprentissage se retrouveront dans ces écoles, favorisant à moyen terme leur classement aux palmarès subséquents. Le palmarès devient donc un facteur de cristallisation de la liste telle qu&#8217;il la publie, fixant artificiellement les collèges qui sont en tête de liste dans cette position et condamnant les écoles qui sont en queue de liste à y rester, malgré tous les efforts que ces dernières peuvent consentir pour s&#8217;en déloger. C&#8217;est en cela que le palmarès est élitiste&nbsp;: il est un outil permettant à l&#8217;élite de demeurer élite sans garantie de mérite et même&nbsp;; par l&#8217;utilisation du mensonge.</p>
<p>L&#8217;institut économique de Montréal prétend à travers ses représentants que le palmarès présente la vertu de pousser les écoles à améliorer la qualité des services. Il faudrait plutôt dire qu&#8217;il les amène à vouloir améliorer leur classement, car en réalité, il ne propose aucune solution crédible. Le message est d&#8217;ailleurs drôlement compris par certaines directions d&#8217;écoles qui pour &#171;&nbsp;mieux performer&nbsp;&#187; vont aller jusqu&#8217;à tricher dans la déclaration des résultats, comme cela s&#8217;est produit au collège Charlemagne récemment et comme on peut penser que cela se produit aussi ailleurs. La seule possibilité de voir une école faire des bonds de plus de 25 places (et même parfois de 100 places) suffit amplement à miner complètement la crédibilité du processus de recherche. Mais il existe aussi d&#8217;autres formes de tricherie, bien plus subtiles encore, et qui permettent d&#8217;améliorer artificiellement le classement, comme par exemple lorsqu&#8217;on enseigne ou qu&#8217;on évalue essentiellement en fonction de la réussite et non de l&#8217;apprentissage (teach the test). Le palmarès, par son classement &#171;&nbsp;échelle unique&nbsp;&#187; développe donc une obsession pour les résultats qui en définitive mine la crédibilité même des données qu&#8217;il emploie. Ainsi un palmarès qui prétendrait contribuer à la qualité par la mise en compétition aurait plutôt intérêt à établir plusieurs listes, par exemple un palmarès du nombre d&#8217;élèves par classe, un autre pour le nombre d&#8217;enseignants dûment qualifiés pour enseigner telle ou telle matière (eh oui, obtenir cela est un réel défi pour les écoles), du nombre de récupérations et de services offerts aux élèves, etc. Il y aurait alors un espoir de voir les écoles, dont la réalité est complexe et ne peut donc s&#8217;exprimer convenablement sur un seul axe, encouragées de s&#8217;améliorer dans leur intégrale réalité.</p>
<p>Les partisans du palmarès nous disent aussi que ce dernier présente au moins l&#8217;intérêt de voir certaines écoles évoluer d&#8217;une année à l&#8217;autre, s&#8217;améliorer ou dépérir. Cela est un leurre, car la liste est relative. La seule indication que nous donne la 56ième position est l&#8217;affirmation qu&#8217;on suit la 55ième et précède la 57ième. Un bond de cinq rangs vers le haut de la liste peut n&#8217;être le résultat d&#8217;aucune amélioration de telle école et signifier plutôt le dépérissement de cinq autres. Là encore, l&#8217;illusion est cultivée et il est impossible que le palmarès offre un diagnostic de l&#8217;état réel de nos écoles et de leur évolution absolue, en fonction de critères objectifs et qui renvoient à des faits. Quand bien même nous aurions les meilleures écoles du monde au Québec, il y aurait toujours un dernier, et quand bien même nous aurions les pires, il y aurait toujours un premier.</p>
<p>Combien de fois faudra-il encore répéter aux gens qui publient le palmarès et tirent intérêt de cette publication qu&#8217;élitisme et excellence ne sont pas synonymes&nbsp;? Et d&#8217;ailleurs, de quoi l&#8217;Institut économique de Montréal se mêle-t-il&nbsp;? Et depuis quand tolère-t-on des confusions aussi flagrantes entre les intérêts de l&#8217;éducation et ceux de l&#8217;économie&nbsp;? À mon avis, l&#8217;initiative de cet organisme devrait être perçue par le monde de l&#8217;éducation dans son entier (public comme privé) comme rien de moins qu&#8217;une gifle et devrait obtenir une réponse en conséquence.</p>
<p>(L&#8217;auteur a participé au débat sur le palmarès des écoles secondaire à l&#8217;émission Dominique Poirier en direct, le 25 octobre dernier à Radio-Canada)</p>
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		<title>Le nombre d&#8217;élèves pour chaque enseignant : l&#8217;enjeu oublié</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Jun 2007 09:15:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrice Potvin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si l&#8217;on s&#8217;intéresse un tant soit peu à l&#8217;histoire des idées pédagogiques, on remarque que celle-ci est ponctuée, périodiquement et depuis fort longtemps, de vigoureux rappels qu&#8217;il faudrait &#171;&#160;peut-être&#160;&#187; recentrer nos efforts sur l&#8217;élève et le remettre au centre de nos préoccupations. Accueillie tantôt comme une insulte à la vocation, tantôt comme une solution révolutionnaire, [...]]]></description>
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<p>Si l&#8217;on s&#8217;intéresse un tant soit peu à l&#8217;histoire des idées pédagogiques, on remarque que celle-ci est ponctuée, périodiquement et depuis fort longtemps, de vigoureux rappels qu&#8217;il faudrait &#171;&nbsp;peut-être&nbsp;&#187; recentrer nos efforts sur l&#8217;élève et le remettre au centre de nos préoccupations. Accueillie tantôt comme une insulte à la vocation, tantôt comme une solution révolutionnaire, cette grande idée a été réaffirmée durant les vingt-cinq dernières années à travers l&#8217;idéologie constructiviste. Souvent prise pour autre chose que ce qu&#8217;elle est, cette manière bien spéciale de comprendre le développement des connaissances a tout de même lourdement influencé les mouvements universitaires, inspiré les gouvernements et galvanisé les troupes sur le terrain. Elle reconnaît un rôle actif aux apprenants et exige que l&#8217;on tienne compte de ce qui existe déjà dans leurs têtes avant de leur enseigner des choses nouvelles. Le constructiviste sait que se contenter d&#8217;enseigner &#171;&nbsp;par-dessus&nbsp;&#187; ce que les gens savent déjà ne produit qu&#8217;un empilage de connaissances sans cohésion qu&#8217;on finit par oublier rapidement une fois l&#8217;examen passé.</p>
<p>Et donc, quand on examine les grands textes sur l&#8217;éducation qui ont ponctué l&#8217;histoire, on reste inévitablement sur l&#8217;impression que la société est condamnée à devoir régulièrement redécouvrir l&#8217;importance du rôle de l&#8217;élève dans l&#8217;apprentissage et à devoir constamment réinventer les façons de réaliser cela dans les classes. C&#8217;est donc qu&#8217;on n&#8217;y arrive pas. On peut réduire le problème à une question d&#8217;adhésion idéologique, ou de compétence professionnelle, on peut choisir d&#8217;imputer le non-événement constructiviste aux enseignants, mais cela ne saurait mener bien loin. Le problème doit être abordé de front&nbsp;: si on veut réaliser des enseignements qui souscrivent à ce que la didactique nous apprend, il faut que le prof connaisse tous et chacun de ses élèves, et pas juste par leur nom. Or, pour connaître ses élèves suffisamment, il faut pouvoir prendre le temps de le faire. Et, finalement, pour prendre le temps de le faire, il faut qu&#8217;ils soient moins. Voici que ressort l&#8217;enjeu véritable des systèmes d&#8217;éducation qui se veulent constructivistes et qui veulent faire de l&#8217;enseignant un &#171;&nbsp;accompagnateur&nbsp;&#187; plutôt qu&#8217;un &#171;&nbsp;haut-parleur&nbsp;&#187;, la condition essentielle à cette formidable révolution&nbsp;: le nombre d&#8217;élèves par classe, par prof. C&#8217;est à la fois si simple et inexplicablement si tabou. Comment peut-on, dans une province où l&#8217;on souhaite une réforme basée sur ces principes, taire le problème fondamental du nombre d&#8217;élèves qui se retrouvent sous la responsabilité de chaque enseignant&nbsp;? Comment se fait-il que l&#8217;on ne retrouve ceci ni dans les discours du pouvoir en place, ni dans les priorités syndicales (sauf entre deux négociations)&nbsp;? (Et c&#8217;est à peine si l&#8217;on effleure le problème dans le numéro spécial du Québec Science sur l&#8217;école). Et ceci même dans le contexte crucial de négociations&nbsp;? Faudra-t-il un jour y mettre de l&#8217;Ordre&nbsp;? Qui donc protège l&#8217;élève au Québec&nbsp;?</p>
<p>Au secondaire, il est désormais courant qu&#8217;un enseignant soit responsable de plus de 160 élèves par année, répartis dans des groupes de 32 à 36. C&#8217;est bien plus qu&#8217;une statistique, à l&#8217;image de celles que l&#8217;on cite pour la gestion du bétail&nbsp;; c&#8217;est un problème humain fondamental qui compromet gravement le progrès social. Comment l&#8217;enseignant pourrait-il, dans un tel contexte professionnel, établir les rapports cognitif et &#8211;simplement- humain indispensables au développement de ses élèves&nbsp;? C&#8217;est tout simplement une impossibilité arithmétique&nbsp;; il suffit de compter les minutes d&#8217;enseignement et de correction et de diviser par le nombre d&#8217;élèves pour s&#8217;en convaincre&nbsp;! Parfois même, et plus souvent encore quand il commence sa carrière, le prof enseigne plusieurs programmes différents qui sont tous très chargés. Dans bien des cas, loin d&#8217;être le formateur qu&#8217;il souhaite être, il ne devient donc bien vite qu&#8217;un informateur qui fabrique à la chaîne des donneurs de réponses. C&#8217;est bien souvent tout ce qu&#8217;il a le temps de faire et il y arrive d&#8217;ailleurs à grand-peine. Si désormais on souhaite en faire un développeur de compétences, comme la Réforme le réclame, ne faudrait-il pas lui en donner les moyens&nbsp;? Les &#171;&nbsp;trucs pédagogiques&nbsp;&#187; sont parvenus aux limites de leurs bienfaits. Il faut désormais travailler à développer une culture pédagogique. C&#8217;est l&#8217;instauration d&#8217;une telle culture qui fait défaut aux recherches qui nient l&#8217;effet du nombre d&#8217;élèves par classe. Car si le traitement didactique n&#8217;a pas le temps d&#8217;évoluer, comment peut-on prétendre mesurer ses effets sur la réussite&nbsp;? Et d&#8217;abord, pourquoi va-t-on à l&#8217;école&nbsp;? Pour apprendre des choses utiles et importantes ou pour réussir les examens qu&#8217;elle fabrique&nbsp;? C&#8217;est peut-être d&#8217;ailleurs pour cela que l&#8217;enjeu du nombre d&#8217;élèves est un enjeu oublié. Parce que parfois, la cible est incertaine&nbsp;: faut-il éduquer ou sélectionner&nbsp;?</p>
<p>Dans nos expériences pédagogiques en formation des maîtres en sciences à l&#8217;UQAM, où l&#8217;on travaille activement et chaque jour à matérialiser les commandes pédagogiques des décideurs, on se heurte constamment au même obstacle&nbsp;: &#171;&nbsp;et comment je peux faire ça, moi, dans ma classe de 35 élèves&nbsp;?&nbsp;&#187;. Parfois, la didactique a des éléments de réponse, mais très souvent, elle doit se taire devant l&#8217;évidence. Peut-être l&#8217;avènement constructiviste ne s&#8217;est-il toujours pas produit non pas parce que les éducateurs sont incapables de le matérialiser, mais bien parce qu&#8217;on ne leur en a pas encore donné les moyens. Et bien que ces moyens, nous l&#8217;assumons, réclament des investissements importants, il existe aussi des solutions organisationnelles simples et moins coûteuses.</p>
<p>Quand les profs réclament de la reconnaissance, ils ne parlent pas d&#8217;obtenir de plus longues vacances, ou un meilleur salaire, ou un mot de remerciement pour les services rendus. Ils veulent juste arriver à réussir ce pourquoi il se sont engagés dans la profession et ce pourquoi l&#8217;école existe&nbsp;: faire découvrir et aimer la connaissance à des jeunes. S&#8217;ils s&#8217;épuisent et décrochent, comme c&#8217;est si souvent le cas actuellement, ce n&#8217;est pas tant à cause des longues heures de travail ou des élèves difficiles, mais bien parce qu&#8217;ils ont si souvent l&#8217;impression d&#8217;abattre tout ce travail pour rien.</p>
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