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	<title>CentPapiers &#187; Olivier Pierson</title>
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		<title>Expendables : le Rambo qui est en lui</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2010 04:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans son dernier film, Sylvester Stallone renoue avec la recette qui a fait son succès : la baston. Pour réaliser Expendables, il a fait appel à une sacrée brochette de gros bras. Problème : cette forêt de muscles cache un scénario bien rachitique et des montagnes de déjà-vu. Le dernier film sorti sous la griffe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-28667" href="http://www.centpapiers.com/expendables-le-rambo-qui-est-en-lui/28328/poster"><img class="alignleft size-full wp-image-28667" title="poster" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/08/poster.jpg" alt="" width="134" height="193" /></a>Dans son dernier film, Sylvester Stallone renoue avec la recette qui a fait son succès : la baston. Pour réaliser Expendables, il a fait appel à une sacrée brochette de gros bras. Problème : cette forêt de muscles cache un scénario bien rachitique et des montagnes de déjà-vu.</p>
<p>Le dernier film sorti sous la griffe de Sylvester Stallone n’est pas, on s’en doute, une bluette ou un documentaire sur la nidification des Fous de Bassan en Gaspésie…</p>
<p>Non, Stallone reste Stallone, un dur à cuir, qui doit s&#8217;empiffrer de substances un peu louches pour conserver un physique sculpté au burin à 62 balais. Son visage bouffi par les cochonneries est son plus beau délateur ! Quant à la tuyauterie qui sert de pipeline à ses globules rouges, elle paraît si tendue qu&#8217;on n&#8217;oserait pas y planter une aiguille, sous peine de repeindre en ketchup toute la salle de cinéma. L&#8217;acteur bodybuildé aime ses grosses veines. Plus c&#8217;est gros, plus c&#8217;est viril. Pour un don du sang, appelez Stallone ! Bref…</p>
<p>Revenons au film, gorgé de testostérone. Sylvester (oui, nous sommes intimes) retrouve la jungle qui a fait sa gloire. Le problème, c&#8217;est que Rambo a vieilli. Il court moins vite, mais il garde en revanche ce cerveau ramolli par tous les coups de massue que Rocky a pris dans la gueule. Une façon de dire que le scénario est resté embourbé avec les GI du Vietnam, et que la profondeur des discussions atteint des sommets de platitude. Seule éclaircie : un petit mano à mano verbal plutôt émouvant entre Sly et Rourke, lequel épaissit, l&#8217;espace de 5 minutes, la qualité de cet Expendables, puisqu&#8217;il faut bien citer le titre.</p>
<p>L&#8217;histoire se déroule sur une île où un méchant Américain &#8211; un ex de la CIA &#8211; s&#8217;allie à un général bilingue (il parle anglais, enfin français pour nous, et espagnol) qui a des principes : on ne tue pas ses propres enfants. Car cet officier a le malheur d&#8217;avoir une fille un peu rebelle qui va lui faire fausse route en s&#8217;acoquinant avec la bande à Sylvestre (prononcé en français, ça brise le mythe !) . La fille en question ferait bander un tableau de Picasso, et elle doit être dotée d&#8217;une mâchoire en titane. Je dis ça, car une séquence la montre en fâcheuse posture : on la voit prendre une mandale, qui, personnellement, m&#8217;aurait décapité. Mais elle, rien, nada, juste le nez qui saigne&#8230; Passons.</p>
<p>Le « bon » point du film : l&#8217;action. J&#8217;avoue que pour se libérer la tête, c&#8217;est un exutoire comme un autre. C&#8217;est plutôt efficace, parfois un peu gore &#8211; les armes contemporaines ne font plus dans la dentelle &#8211; et un tantinet drôle, sauf si, comme moi, on n&#8217;est pas un adepte de l&#8217;humour des salles de muscu. Et comme Sly aime bien ses potes &#8211; quelle brochette de gros bras en effet ! &#8211; il n’en fait mourir aucun dans le sillage des balles perdues, malgré un déluge de feu qui, dans la réalité, effacerait toute trace de vie dans le périmètre de la baston.<br />
En réalisateur un peu à court d&#8217;idées, Mister Rambo a aussi osé les clins d&#8217;œil un peu faciles. La scène où apparaît Arnold Schwarzenegger, qui fut son grand rival à l&#8217;écran, est à la limite du ridicule, le tout assorti de répliques cul-cul, à défaut de finir cultes, si vous voulez mon avis. Schwarzy, comme Bruce Willis d&#8217;ailleurs, ne fait qu&#8217;une brève apparition dans cette campagne de pub pour la guerre à papa. Il arrive, on lui expose la mission, et lui, se paie le luxe de décliner, arguant que c&#8217;est du suicide, alors que dans sa jeune carrière &#8211; de Conan à Terminator &#8211; il dépiautait à tout va ! Y a plus vieillesse, j&#8217;vous jure !</p>
<p>L&#8217;originalité du film arrive à la toute fin. Stallone, en bon leader de la castagne, se plie en dix pour secourir la femme de magazines pour hommes. Et là, on se dit : il l&#8217;aime, ou il veut la niquer, les deux n&#8217;étant pas incompatibles. On sent venir le vent de la romance, juste avant le générique de conclusion. Eh bien non. Quel rebondissement ! Pas un baiser, juste une accolade affective, et un &laquo;&nbsp;prends soin de toi&nbsp;&raquo; qui fait déchanter les esprits les plus pervers. C&#8217;est d&#8217;autant plus du gâchis qu&#8217;après avoir rasé l&#8217;île et désossé les méchants, l&#8217;affaire était dans la poche. Elle repartait avec son héros, et ils auraient eu beaucoup d&#8217;enfants rompus aux maniements de la machette et de la grenade, ce qui aurait ouvert la voie à de nombreuses suites.<br />
Oui, c&#8217;est dur à avouer, mais Stallone s&#8217;est assagi. Depuis que son Adrianne l&#8217;a quitté, Rocky n&#8217;est plus le même&#8230;</p>
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		<title>Haine, comme Nicolas Anelka</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Jun 2010 04:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-17000" href="http://www.centpapiers.com/haine-comme-nicolas-anelka/16958/1323143131_7c52b60c79_t/"><img class="alignleft size-full wp-image-17000" title="1323143131_7c52b60c79_t" src="/wp-content/uploads/2010/06/1323143131_7c52b60c79_t.jpg" alt="" width="112" height="150" /></a></p>
<p>On pensait avoir touché le fond avec la production insipide des Bleus lors du mondial sud-africain. Eh bien non, figurez-vous. Non contents d&#8217;être la risée de cette épreuve et d&#8217;être coupés de la réalité et de leurs supporteurs smicards (en comparaison avec leurs émoluments de stars), les Tricolores en ont remis une couche. Ou plus tôt l&#8217;un d&#8217;entre-eux. Nicolas Anelka, sans doute un des joueurs les plus inutiles et arrogants de cette épreuve. Ils sont quelques-uns dans cette équipe à souffrir d&#8217;une inflammation de la tête, au grand dam du reste de l&#8217;équipe qui ne demande qu&#8217;à jouer et à rester digne. Samedi matin, la UNE du quotidien L&#8217;Equipe a fait l&#8217;effet d&#8217;une bombe en France, provoquant un certain malaise dans beaucoup de salles de rédaction. Le gros titre n&#8217;est rien d&#8217;autre que la pensée tout en finesse adressée par Anelka à Domenech à la mi-temps du match désastreux face au Mexique. Je cite  : &laquo;&nbsp;Va te faire enculer sale fils de pute ! &nbsp;&raquo; La grande classe !</p>
<p>Je n&#8217;aime pas particulièrement Domenech &#8211; je me réjouis même de son prochain départ -, mais je condamne ces propos choquants et indignes d&#8217;un joueur sélectionné dans l&#8217;équipe nationale et qui gagne des salaires princiers. Abasourdi, honteux, scandalisé&#8230; je peine à trouver mes mots alors que la Fédération française de football est en pleine déliquessence. Je suis triste pour cette équipe qui renvoie une image désastreuse sur la scène nationale et internationale. Un bonheur n&#8217;arrivant jamais seul, on apprend que William Gallas s&#8217;est fendu d&#8217;un petit doigt d&#8217;honneur à l&#8217;adresse d&#8217;un journaliste qui le sollicitait pour une entrevue.  L&#8217;Equipe révèle aussi que certains cadres, ou cadors devrait-on dire, exercent des pressions sur des joueurs moins charismatiques, à commencer par Gourcuff, joueur talentueux mais trop polissé, cloué au banc par Franck &laquo;&nbsp;Scarface&nbsp;&raquo; Ribéry qui s&#8217;est vu trop grand.</p>
<p>Je résume : une insulte, un majeur, une mafia. Laurent Blanc doit se demander si on lui a fait une fleur en le désignant comme futur capitaine de ce navire à la dérive. Il va devoir rebâtir sur un champ de ruines, et tout cela deux ans avant le prochain Championnat d&#8217;Europe des nations. Bref, un sacré défi ! Reste à savoir si ce dernier aura le cran et la latitude pour faire le grand ménage et redorer le blason tricolore. Cela passera sans doute par la mise à l&#8217;écart des fortes têtes et autres petites frappes du ballon rond. Il est temps de revenir à des fondamentaux en faisant suer le maillot avant le compte en banque. Ce que les supporteurs recherchent, ce ne sont pas onze Pelé, onze Maradona ou je ne sais quels autres extraterrestres sur une pelouse, mais onze mineurs qui vont au charbon et qui saluent leur partisans à la fin d&#8217;un match. Des mecs qui restent dignes, même dans la défaite.</p>
<p>Qu&#8217;on prenne exemple sur l&#8217;équipe algériennne, qui, sans être extraordinaire, a tenu tête face à l&#8217;armada anglaise en faisant match nul, au prix d&#8217;un délicieux mélange de courage et de fierté. J&#8217;ai presque regretté de ne pas être un &laquo;&nbsp;Fennec&nbsp;&raquo; ce soir-là, alors que ma télévision retransmettait des images de supporteurs maghrébins fêtant ce match nul comme une victoire sur les Champs-Elysées. Une petite éclaircie dans la noirceur française&#8230;</p>
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		<title>Sale temps pour les vuvuzelas</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Jun 2010 04:00:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-16713" href="http://www.centpapiers.com/sale-temps-pour-les-vuvuzelas/16605/4697433004_d8c5f0e033/"><img class="alignleft size-full wp-image-16713" title="4697433004_d8c5f0e033" src="/wp-content/uploads/2010/06/4697433004_d8c5f0e033.jpg" alt="" width="500" height="279" /></a></p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Trompetteu, de la renommée, vous êteu bien mal embouchées..</em>.&nbsp;&raquo; Qui n&#8217;a pas ces paroles d&#8217;une célèbre chanson de Georges Brassens blotties dans un coin de la tête ? Les trompettes dont je veux parler sont celles de la discorde. Elles beuglent leur nuisance lancinante, au grand dam des amateurs du ballon rond qui s&#8217;arrachent les cheveux devant leur télévision contaminée. Certains ont trouvé la parade en coupant le son du poste et en allumant la radio. D&#8217;autres appellent les pompiers à la rescousse, persuadés d&#8217;héberger un essaim d&#8217;abeilles sous leur toit.</p>
<p>Et dire que l&#8217;objet était totalement inconnu avant la coupe du monde de football. Grâce à l&#8217;Afrique du Sud, nous avons introduit un nouveau mot dans notre vocabulaire : vuvuzelas. Assurément le premier fait marquant du rendez-vous sportif le plus couru de la planète. On se souvient par le passé de la main de Dieu de Maradona, du coup de boule de Zizou, de la sortie dans les mâchoires de Schumacher&#8230; Il y aura désormais les perce-oreilles sud-africains.</p>
<p>Avant la grand-messe du &laquo;&nbsp;foutcheuboll&nbsp;&raquo;, on n&#8217;aurait pas parié sur un instrument envahissant.  Vuvuzela, ça faisait plutôt penser à un &laquo;&nbsp;killer mosquito&nbsp;&raquo;, du genre à mettre des grains de sable dans votre belle mécanique. Un cousin africain du chicungugna si on peut dire&#8230; Ou alors à un &laquo;&nbsp;dancer mosquito&nbsp;&raquo; qui vous hypnotise avec un diable de tango avant de vous dévaliser quelques globules rouges. Mais loin de moi l&#8217;idée et l&#8217;envie de vous dispenser un cours débridé sur les insectes. Revenons donc à nos vuvuzelas, ces bébêtes infernales qui tournoient dans la périphérie de nos écrans &#8211; sacrés &#8211; de télévision. Infernales, c&#8217;est le mot, et pour une fois, les Français ne sont pas les seuls à râler. Un peu partout, on fustige cet ennemi auditif, on s&#8217;emporte contre cette tradition ancestrale avec un culot et une condescendance de nations supérieures. La coupe du monde se passe en Afrique du Sud mais on veut imposer notre culture, nos règles.</p>
<p>On rapporte que le volume sonore de ces cornes en plastique équivaut à celui d&#8217;une tronçonneuse et avoisine les 120 décibels. Alors imaginez en vrai, dans ces tribunes gorgées de supporteurs où il est impossible d&#8217;appuyer sur le bouton &laquo;&nbsp;mute&nbsp;&raquo; ? Je reconnais qu&#8217;à la longue, ça saoûle un peu les tympans, mais avec une once de recul, de tolérance et de relativité, on arrive à suivre les rencontres sans trop de difficulté. Et puis, pour tout dire, je préfère ces sons un tantinet agressants mais festifs aux chants baveux, haineux, et autres saluts nazis et cris de singe des stades européens. Si un vuvuzela peut étouffer la vindicte des imbéciles, alors je suis pour&#8230;</p>
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		<title>Le Canadien, c&#8217;est fou !</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 05:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Personne ne donnait cher de sa peau, et pourtant… En éliminant deux gros prétendants à la coupe Stanley, le Canadien de Montréal a insinué le rêve dans des esprits en ébullition. Ils sont incroyables, phénoménaux… Depuis le début des séries, les Canadiens cumulent les superlatifs et imposent leur encre fougueuse à bon nombre de théories [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne donnait cher de sa peau, et pourtant… En éliminant deux gros prétendants à la coupe Stanley, le Canadien de Montréal a insinué le rêve dans des esprits en ébullition.</p>
<p>Ils sont incroyables, phénoménaux… Depuis le début des séries, les Canadiens cumulent les superlatifs et imposent leur encre fougueuse à bon nombre de théories sur le papier. Après avoir éliminé la meilleure équipe de la ligue nationale de hockey, puis récidivé en désignant la porte de sortie aux détenteurs de la coupe Stanley, voilà le CH en finale d’association.</p>
<p>Soyons honnêtes, personne n’aurait parié un kopeck sur cette formation dilettante qui a choisi la plus petite des portes pour se frayer un chemin parmi les prétendants à l’honneur suprême. Et puis le miracle s’est produit, et puis la rue Sainte-Catherine s’est enflammée, matches après matches, prouesses après prouesses.</p>
<p>Pittsburgh qui pleure et Montréal qui chavire, c’est presque la revanche d’une équipe longtemps dénigrée, qui faisait sourire avant de faire frémir. Gageons que le Tricolore a bien choisi son heure pour se réveiller et insuffler du bonheur à des partisans sous perfusion.</p>
<p>Les Glorieux ont désormais les cartes en main, alors que se profile une dernière ligne droite aussi excitante que stressante. S&#8217;ils se rendent à LA grande finale, et qu&#8217;ils soulèvent le trophée mythique et adulé, Montréal pourra rattraper le temps perdu. Dix-sept ans de sevrage, ça creuse l’appétit.</p>
<p>Et l’équipe dans tout ça ? Courageuse, imprévisible et fière. Du caractère, des tripes, des patins soudés. Halak, label étoile, Mike Camalleri, l’ailier inspirant. Un goal en état de grâce et un tireur d’élite au service d’une équipe cendrillon qui se prend à rêver d&#8217;un destin doré. Et un peuple qui y croit, qui pousse, qui pousse&#8230;</p>
<p>Quoi qu&#8217;il arrive désormais, le Canadien de Montréal a sauvé sa saison. La joie qu’il prodigue se passe de commentaires, mais prouve à quel point il reste un pilier du patrimoine québécois. Ce club prescrit de la chair de poule et ferait presque pleurer un bourreau sur l&#8217;échafaud. Souhaitons à cette légende du sport collectif de toucher les dividendes de ses efforts sur la glace.</p>
<p>Les cendres sont encore chaudes, et c&#8217;est toute une ville qui attend son Phénix&#8230;</p>
<p>Olivier Pierson</p>
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		<title>Affaire Eric Zemmour : l&#8217;hypocrisie française</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Mar 2010 20:44:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les propos polémiques tenus par le journaliste du Figaro Magazine ont provoqué une levée de boucliers en France. Discriminatoires, ils cachent peut-être une vérité plus dérangeante&#8230; L&#8217;affaire Zemmour monopolise les médias en France, depuis que l&#8217;éditorialiste du Figaro Magazine a déclaré sur une chaîne de télévision que &#171;&#160;la plupart des trafiquants sont noirs et arabes&#160;&#187;, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-12191" title="eric_zemmour_article_big" src="/wp-content/uploads/2010/03/eric_zemmour_article_big.jpg" alt="eric_zemmour_article_big" width="485" height="336" /></p>
<p>Les propos polémiques tenus par le journaliste du Figaro Magazine ont provoqué une levée de boucliers en France. Discriminatoires, ils cachent peut-être une vérité plus dérangeante&#8230;</p>
<p>L&#8217;affaire Zemmour monopolise les médias en France, depuis que l&#8217;éditorialiste du Figaro Magazine a déclaré sur une chaîne de télévision que &laquo;&nbsp;la plupart des trafiquants sont noirs et arabes&nbsp;&raquo;,  mettant le feu aux poudres et servant sur un plateau d&#8217;argent le rôle de bouc émissaire dont la France avait besoin. Je m&#8217;explique&#8230;</p>
<p>Si je déplore les propos tenus par cet homme aussi cultivé que provocateur, je fustige tout autant la vindicte dont il est la cible. Sans m&#8217;étendre sur cette affaire, et ajouter de l&#8217;eau à un moulin qui tourne à plein régime, je veux juste ajouter que le malaise suscité par ce sujet tabou révèle une belle hypocrisie. Ce qui est le plus inquiétant dans cette histoire, c&#8217;est que cet homme livré à la curée dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas, et quelle que soit leur appartenance politique ! Il suffit de tendre l&#8217;oreille autour de soi pour s&#8217;apercevoir qu&#8217;il ne faut pas forcément voter FN pour tenir des propos que n&#8217;aurait pas renié un facho. Il m&#8217;est arrivé d&#8217;écouter des gens de gauche, voire d&#8217;extrême gauche, lesquels, dans l&#8217;intimité de leur foyer, se laissent aller à des commentaires qui font froid dans le dos, et qui cohabitent mal avec une étiquette rose, rouge ou verte. Mais une fois dans l&#8217;isoloir, une fois devant les caméras de télévision, le discours s&#8217;adoucit, se ramollit. On préfère endosser l&#8217;uniforme des gentils, plus seillant il est vrai que celui des méchants. Ces gens continuent de voter à gauche par tradition ou pour ne pas perdre la face. Mais au fond d&#8217;eux mêmes, il y a cette peur latente de l&#8217;étranger. Un rictus sous le maquillage.</p>
<p>C&#8217;est cette France qui me fait peur, cette France qui tombe le masque devant son écran de télévision et qui crache à l&#8217;abri des regards sur les Noirs, les Arabes, ou les électeurs du FN, avec un bel opportunisme. La France des girouettes et des apparences, qui ne sait plus d&#8217;où elle vient ni où elle va, où on dit tout et son contraire sous la bannière du politiquement correct.</p>
<p>En 2002, l&#8217;Hexagone a lavé l&#8217;affront d&#8217;un Le Pen au second tour des élections présidentielles en élisant Chirac à plus de 80% des voix. C&#8217;était une belle façon de redorer le blason du pays et de sauver les meubles sur la scène internationale. Une belle façon, aussi, de désamorcer l&#8217;indicible : le Front national a plus de partisans qu&#8217;on ne le pense en France. Si Zemmour est sacrifié pour ses propos polémiques, il aura servi de fusible pour permettre de sauvegarder une certaine image de la France.  Il y a beaucoup de Zemmour dans le berceau des Lumières, qui dressent des constats ou prennent des raccourcis.</p>
<p>Je leur dirai simplement qu&#8217;il existe aussi des Noirs et des Arabes qui se battent et se lèvent tôt le matin pour aller gagner leur croûte. Il y en a même beaucoup qui acceptent des tâches que beaucoup de Gaulois de souche jugent indignes et dévalorisantes. Et inutile de dire que le sport et la culture de ce pays auraient beaucoup à perdre sans l&#8217;apport de ces gens qui ont une autre couleur de peau, mais le même étendard sur leur carte d&#8217;identité.</p>
<p>Il serait peut-être temps que la France procède à un examen de conscience. Une petite vidange, ça n&#8217;a jamais fait de mal&#8230;</p>
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		<title>Joannie Rochette : la médaille du respect</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Feb 2010 23:54:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le courage suintant de larmes de Joannie Rochette restera un des moments forts des Jeux olympiques de Vancouver. Le deuil en pleine page, au réveil. Le destin qui bourre le papier d&#8217;un journal, et la tristesse diffuse qui accentue l&#8217;encre des mots&#8230; Une athlète canadienne perd sa mère un samedi matin, laquelle venait à peine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-11837" title="Vancouver Olympics Figure Skating" src="/wp-content/uploads/2010/02/mél.jpg" alt="Vancouver Olympics Figure Skating" width="505" height="276" /></p>
<p>Le courage suintant de larmes de Joannie Rochette restera un des moments forts des Jeux olympiques de Vancouver.</p>
<p>Le deuil en pleine page, au réveil. Le destin qui bourre le papier d&#8217;un journal, et la tristesse diffuse qui accentue l&#8217;encre des mots&#8230;</p>
<p>Une athlète canadienne perd sa mère un samedi matin, laquelle venait à peine d&#8217;atterrir à Vancouver avec son mari pour assister au premier entraînement de sa fille unique. Crise cardiaque. Vous avez dit malheur ? Injustice ? Je vous réponds la vie dans son plus triste habit.</p>
<p>Je ne connais pas Joannie Rochette, cette patineuse artistique présentée comme un grand espoir de médaille aux Jeux olympiques. Mais je voue à la vice-championne du monde 2009 un profond respect. Oh, pas pour ses prouesses et son élégance sur la glace, mais pour ce tempérament de battante malgré le fardeau d&#8217;un drame terrible sur ses épaules. Je suis toujours en admiration devant ces sportifs qui décident de poursuivre la compétition quand rien ne les y oblige. Faire comme si de rien n&#8217;était, enfiler ses patins et foncer, s&#8217;entraîner, avec l&#8217;espoir d&#8217;accrocher une médaille d&#8217;hommage autour de son cou. Si cette compétitrice l&#8217;emporte ou se hisse sur le podium, elle a une dédicace toute prête, et sans doute que l&#8217;émotion longtemps contenue devant les caméras se fera la belle sur des joues sans vie privée. Et même si elle abandonne, même si elle chute et doit se contenter des seconds rôles, comment lui en vouloir ? Comment en vouloir à cette jeune femme de 24 ans qui avait hâte de retrouver sa grande complice et qui doit se contenter d&#8217;un cercueil ?</p>
<p>Quoi qu&#8217;il arrive à cette athlète, quelle que soit l&#8217;issue de la compétition, sa détermination sans mouchoir vaut déjà une médaille, l&#8217;or du respect que cette force de caractère impose. On pense trop souvent, à tort, que les champions se distinguent par leur palmarès, par le nombre de breloques qui s’agrippent à leur nuque, aux titres qu&#8217;ils compilent sur leur album de sueur&#8230; On oublie qu&#8217;ils sont aussi au-dessus du lot quand ils s&#8217;accrochent à un objectif en faisant fi de l&#8217;adversité, même la plus cruelle. C&#8217;est comme si leur mental était compartimenté, et que dans un des tiroirs, on y range quelques peines. Celle de Joannie Rochette doit être immense, et je ne voudrais pas me retrouver  dans sa tête endolorie, comme je n&#8217;aurais pas aimé être à la place de cet entraîneur qui lui a annoncé l’inadmissible nouvelle&#8230;</p>
<p>Ni les applaudissements nourris, ni les claquements de mains tragiques dans l&#8217;enceinte de la patinoire où elle tentera de remporter un titre à la symbolique très forte en pareille circonstance, n’inverseront la pendule du destin. Les récompenses suprêmes comme les millions en banque sont bien peu de chose face à l&#8217;absence d&#8217;un être cher. Si le deuil de cet ange blond ne laisse personne indifférent, c&#8217;est parce qu&#8217;il vient rappeler que la faucheuse ne connaît aucun protocole, aucune pause, même olympique. Elle frappe partout, tout le monde, en se foutant bien des happy-end, et encore moins du scénario rêvé qui se dessinait à Vancouver. Celui d&#8217;une championne pleine de promesse qui finit médaillée devant ses parents fiers et comblés. On connaît la suite. Le Canada entier ne suffira pas à remplir ce siège vide, plein à craquer d&#8217;absence.</p>
<p>Chapeau bas madame Rochette. La victoire ou la défaite sans rougir seront de piètres mouchoirs, mais le courage dont vous faites preuve épongera bien des larmes&#8230;</p>
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		<title>Catastrophe surnaturelle</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 00:05:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai vu 2012, le dernier caprice de Roland Emmerich, qui nous avait déjà servi des brouettes d&#8217;effets spéciaux et des cargos de patriotisme américain dégoulinant avec son fameux Independance Day, où des novices s&#8217;improvisent pilotes de chasse grâce à une formation accélérée. Et que dire de son cousin Le jour d&#8217;après, où la nature pique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai vu 2012, le dernier caprice de Roland Emmerich, qui nous avait déjà servi des brouettes d&#8217;effets spéciaux et des cargos de patriotisme américain dégoulinant avec son fameux Independance Day, où des novices s&#8217;improvisent pilotes de chasse grâce à une formation accélérée. Et que dire de son cousin Le jour d&#8217;après, où la nature pique une colère monstre qui atteint des proportions ridicules, en transformant par exemple des humains en bâtonnets glacés, et tout cela en moins de temps qu&#8217;il n&#8217;en faut pour péter. Ces deux productions s&#8217;étaient également distinguées par des répliques qui sont passées dans le postérieur de la postérité. C&#8217;est mieux que rien.</p>
<p>Cette fois, le réalisateur d&#8217;origine allemande a mis les bouchées doubles, au mépris encore une fois du réalisme et du bon sens. C&#8217;est dur de parler d&#8217;un film qui prend les spectateurs pour des imbéciles lobotomisés. J&#8217;y suis pourtant allé avec mon second degré, et même le 3e je crois. On nage donc en plein délire, on boit la tasse du ridicule et on a vite le mal de l&#8217;air (je veux sortir !) sur son siège moelleux qui est le seul à résister à la catastrophe surnaturelle. Ce long métrage qui porte bien son nom &#8211; 2h38 de supplice &#8211; m&#8217;aura au moins permis d&#8217;inaugurer un record dans une salle obscure, puisque j&#8217;ai dû regarder ma montre 5 fois sous le feu roulant des effets numériques.</p>
<p>Autour de moi, j&#8217;ai entendu des gens rire, c&#8217;est vous dire, et même quelques applaudissements ironiques. En même temps, il y a matière. Qu&#8217;on se le dise, 2012 est drôle, même si ce n&#8217;était pas l&#8217;effet recherché. Encore une fois, le héros s&#8217;extirpe de situations invraisemblables. Tout le monde meurt, sauf lui. Toute une ville s&#8217;écroule dans un chaos dantesque, mais lui zigzague entre les crevasses abyssales, fait planer sa limousine pour sauver sa famille. Il répète l&#8217;exploit dans le parc national de Yellowstone, au volant cette fois d&#8217;un véhicule-caravane. La terre voit rouge, ça pète dans tous les sens, les météorites transforment les jolies plaines vallonnées en gruyère, mais il s&#8217;en sort. Il ne marche pas sur l&#8217;eau, mais il évite une pluie battante de boulets incandescents avec une chance de cocu ou l&#8217;insolence du fils patenté d&#8217;un dieu tout puissant. Je vous passe les scènes dans les airs, où là encore des pilotes du dimanche réalisent des prouesses à faire pâlir les bellâtres de Top Gun.</p>
<p>Très cohérent également, le président américain &#8211; noir comme Obama, la seule particule réaliste du film &#8211; qui décide de rester sur terre avec les petites gens, refusant de monter dans ces arches de Noé high tech construites en secret pour les puissants de ce monde. Inutile de vous dire qu&#8217;on pleure dans ce film, qu&#8217;on crie beaucoup et que les tsunamis dévastateurs font mousser les bons sentiments (je vais mourir, vite j&#8217;appelle mon fils que j&#8217;ai renié). Et puis il y a l&#8217;amour et l&#8217;espoir qui finissent toujours par avoir le dernier mot. Un des personnages central, un scientifique qui déborde d&#8217;humanisme, finit par bécoter la fille du défunt président, tandis que le héros du film se rabiboche avec sa femme et son garçon qui avait une piètre image de lui. Mais si cette femme, et c&#8217;est là que le scénario est bien fichu, retombe dans les bras de son ex, c&#8217;est parce que son amoureux du moment, très sympathique au demeurant, finit en hachis parmentier pour faciliter les retrouvailles.</p>
<p>Donc, si je suis ce raisonnement, les couples qui battent de l&#8217;aile ont tout intérêt à ce que le 21 décembre 2012 marque vraiment la destruction de la Planète bleue pour sauver leur relation. C&#8217;est cher payé la réconciliation, mais comme l&#8217;a matraqué le film épileptique, l&#8217;amour triomphe toujours&#8230;</p>
<p>Une conclusion sirupeuse et téléphonée, mais il ne fallait pas en attendre davantage d&#8217;une super production qui a dilué son message premier sous un déluge d&#8217;excès. La sensibilisation et la science-fiction, ce n&#8217;est pas la même chose&#8230;</p>
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		<title>Haïti : l&#8217;espoir sous les décombres</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jan 2010 17:19:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pourquoi faut-il toujours des catastrophes pour se donner la main ? C&#8217;est la réflexion que m&#8217;inspire le séisme qui vient de frapper Haïti. Je parcours un journal qui relate la tragédie. Vingt-quatre pages où rôde la mort qui dénotent à côté de mon café au lait et de mon confort québécois. J&#8217;aperçois des ruines, des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_11255" class="wp-caption alignnone" style="width: 479px"><img class="size-full wp-image-11255" title="11_haiti--469x239" src="/wp-content/uploads/2010/01/11_haiti-469x239.jpg" alt="Photo : letemps.ch" width="469" height="239" /><p class="wp-caption-text">Photo : letemps.ch</p></div>
<p>Pourquoi faut-il toujours des catastrophes pour se donner la main ? C&#8217;est la réflexion que m&#8217;inspire le séisme qui vient de frapper Haïti. Je parcours un journal qui relate la tragédie. Vingt-quatre pages où rôde la mort qui dénotent à côté de mon café au lait et de mon confort québécois. J&#8217;aperçois des ruines, des cadavres et un titre énorme qui écrase les lignes d&#8217;un article : « Désolation ». Moi aussi, je suis désolé. Désolé de constater que le malheur est meilleur diplomate que tous ces gouvernements et ces nations qui s&#8217;efforcent de ramener la paix à leur table, ou à tout le moins de l&#8217;inviter.</p>
<p>Donc, quand une ville s&#8217;écroule, quand les morts s&#8217;entassent et s&#8217;enlacent, la résistance s&#8217;organise. Les collectes spontanées d&#8217;argent, de vivres et de matériel en tous genres prouvent qu&#8217;on peut encore avancer dans la même direction sur cette Terre. Les colères de la nature, qu&#8217;elles viennent du sol, des océans ou du ciel nous rappellent une criante évidence : que c&#8217;est pas bien compliqué d&#8217;aider son prochain, qu&#8217;une main tendue est plus réconfortante qu&#8217;un fusil, et qu&#8217;une armée de bénévoles sera toujours plus puissante que la plus technologique des armées.</p>
<p>Haïti, c&#8217;est triste, c&#8217;est horrible&#8230;, c&#8217;est tous ces sentiments mêlés qui vont pousser entre les décombres&#8230; Mais une fois encore, il faut mettre la race humaine devant le fait accompli pour lui enseigner que sa nature première n&#8217;est pas belliqueuse. Si l&#8217;homme pouvait être un loup pour l&#8217;injustice, nous en sortirions tous grandis.</p>
<p>Ce qui est triste dans ce genre d&#8217;histoire, c&#8217;est la mort programmée des bons sentiments qu&#8217;on va balayer sous le tapis du temps. L&#8217;oubli va encore nous donner bonne conscience et garder notre morale intacte en nous rappelant que la vie continue. C&#8217;est aussi un paradoxe gravé dans notre écorce : nous avons besoin du malheur des autres pour maintenir l&#8217;espoir dans un monde qui en manque cruellement. La solidarité qui déploie ses ailes et plane sur les cicatrices béantes d&#8217;une catastrophe fait un bien fou, car nous ne faisons alors plus qu&#8217;un.</p>
<p>Il y aura d&#8217;autres tremblements de terre et d&#8217;autres malheurs sans frontières pour secouer les amnésiques que nous sommes, et décréter la mobilisation des coeurs et des esprits. Dommage que cette capacité à dépasser les différences, les races et les langues, soit moins coriace que tous ces conflits larvés et imbéciles où l&#8217;être humain ne sort jamais grandi&#8230;</p>
<p>Alors oui, je suis désolé&#8230;</p>
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		<title>Hockey : un échange crève-coeur</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 03:43:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-10758" title="95977_feature" src="/wp-content/uploads/2009/11/95977_feature.jpg" alt="95977_feature" width="435" height="295" /></p>
<p>Latendresse contre Latristesse. Il y a des transferts qui chagrinent plus que d&#8217;autres, surtout quand une équipe ponctionne ce qu&#8217;il lui reste d&#8217;identité francophone.</p>
<p>Quand une équipe échange un joueur populaire, retranche un francophone alors qu&#8217;elle n&#8217;en compte plus beaucoup dans ses rangs, ça crée forcément une petite commotion. Et quand ce retrait se déroule dans une province fortement attachée à ses racines linguistiques, ça fait jaser dans les chaumières !</p>
<p>Suite&#8230;Le transfert de Guillaume Latendresse au Wild du Minnesota a fait couler beaucoup d&#8217;encre, c&#8217;est le moins que l&#8217;on puisse dire ! Journaux, radios, télévision : la nouvelle a laissé peu d&#8217;ondes indifférentes. C&#8217;est vous dire la pression qui pesait sur les épaules de cet homme d&#8217;à peine 23 ans, propulsé Messie avant d&#8217;avoir mérité ses galons dans la rigoureuse LNH, puis crucifié avant d&#8217;avoir vécu pleinement sur la patinoire. Incapable de livrer la marchandise, écrasé sous le plancher de la confirmation pour les uns, souvent mal utilisé par ses entraîneurs pour les autres, l&#8217;espoir a donc été convié à patiner sous d&#8217;autres cieux.</p>
<p>Les attentes étaient trop grandes pour cet athlète robuste, soulagé sans doute à l&#8217;idée de s&#8217;éloigner de la pression d&#8217;une ville qui a le hockey. Dans les gradins, on aurait aimé que cet enfant du pays distribue du frisson à ses admirateurs, comme un certain Guy Lafleur avant lui. C&#8217;était il y a une trentaine d&#8217;années déjà. Depuis, le public québécois, et montréalais en particulier, attend désespérément une nouvelle icône, ce sauveur local taillé pour regonfler l&#8217;identité francophone de l&#8217;équipe et doper la fierté nationale en empilant les exploits et en enfilant les buts.</p>
<p>Toutes les équipes glorieuses connaissent le vide béant qui sépare souvent deux générations dorées et distancie les mythes. En France, on a longtemps poireauté devant la porte du successeur de Platini. Et depuis que Zidane a remisé ses crampons, on pousse des soupirs d&#8217;impatience en regardant évoluer les prétendants au trône laissé vacant.</p>
<p>Dans un monde parfait ou sur les pages jaunies d&#8217;un passé glorieux, Latendresse aurait mouillé le même maillot toute sa carrière, et peut-être rameuté dans son sillon d&#8217;autres joueurs parlant la langue de Molière. Car il ne fait aucun doute qu&#8217;en regardant s&#8217;évaporer le numéro 84, certains supporteurs ont dû ravaler leur amertume et avoir un petit pincement au coeur.</p>
<p>Et qui sait si demain une équipe du Canadien de Montréal ne brandira pas le prestigieux trophée de la coupe Stanley sans un Québécois dans ses rangs ? Pas de quoi ébranler un partisan au bord du coma idyllique, ni d&#8217;atténuer l&#8217;effet grisant d&#8217;une victoire suprême qui aplatit les petites nostalgies. Mais sans doute de quoi limiter la portée de ces histoires que ces mêmes partisans raconteront plus tard à leurs enfants ou se remémoreront autour d&#8217;une bière. La victoire brandie par une formation de joueurs mercenaires et étrangers, ça ne fait pas venir Morphée&#8230;</p>
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		<title>Le virus à deux vitesses</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 00:53:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Olivier Pierson</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je pense qu&#8217;on devrait rebaptiser le virus de la grippe A H1N1 le virus de la zizanie. Qui croire ? Que faire ? Dans quelle étagère ? Depuis son apparition, on est contaminé par les discours contradictoires, sous perfusion de la controverse.</p>
<p>Sur le front de la vaccination, la désorganisation des soldats de la santé est totale. Tandis que certains appellent à la mobilisation générale, d&#8217;autres préfèrent déserter les rangs en contestant la validité du remède. Et le trouffion lambda là-dedans ? Il rame, il flotte entre deux interprétations. To be vacciné ou not to be vacciné, that&#8217;s a beau bordel ! Internet n&#8217;a rien arrangé en engrossant la rumeur, laquelle allaite déjà bon nombre de Terriens sous dépendance. Dans ce capharnaüm sans ordonnance, on tente de prescrire du bon sens pour inciter le peuple à se protéger de la pandémie.  On en vient presque à se demander si le vaccin sensé nous protéger n&#8217;est pas un cheval de Troie imaginé par des compagnies pharmaceutiques toujours avides de pognon. Bienvenue dans la délire-réalité !</p>
<p>Devant les discours alarmistes, difficile de ne pas virer parano. Quand une personne se mouche, éternue ou tousse trop fort, elle endosse la suspicion. Et si elle ne met pas sa main devant la bouche, c&#8217;est un tueur en série. Moi, devant un lavabo, je me conduis comme un chirurgien avant une opération&#8230; Jamais eu les paluches aussi propres !</p>
<p>La grippe porcine n&#8217;est pas la seule à faire grimper la température. Un autre parasite est apparu sur les radars et sème la pagaille. En fait, c&#8217;est une sale habitude, un travers de la race humaine : le germe du passe-droit.  Il colonise en général les egos  qui chaussent large et tous les organismes qui se croient uniques, spéciaux, d&#8217;un autre monde.</p>
<p>Au Canada, les premiers foyers d&#8217;infection ont été relayés dans la presse, et les révélations sont allées bon train. On a ainsi appris que des équipes  professionnelles de hockey, une équipe de basket-ball, des écoles privées et même des personnalités publiques avaient court-circuité les ordres de priorité. Dernier exemple en date, celui d&#8217;un chanteur québécois qui a profité de sa notoriété pour obtenir un traitement de faveur avec femme et enfant, et après avoir emprunté la porte dérobée d&#8217;un hôpital, alors qu&#8217;au même moment des dizaines de personnes poireautaient dans une longue file d&#8217;attente. L&#8217;affaire a fait grand bruit dans les médias, et un journaliste s&#8217;est même fendu d&#8217;une chronique assassine à l&#8217;endroit de la star francophone. Ayant eu vent de cette petite commotion, le ministre de la Santé a décidé de resserrer les boulons, allant même jusqu&#8217;à menacer de licenciement les personnels pris en flagrant délit de favoritisme.</p>
<p>Le syndrome du « deux vitesses » n&#8217;épargne décidément aucune sphère de la société. Moi d&#8217;abord, les autres ensuite. Les nantis d&#8217;un côté, les anonymes de l&#8217;autre. Je plains les gens qui souffrent d&#8217;un mépris incurable, et qui se conduisent comme des bêtes avant de penser comme des hommes.</p>
<p>Olivier Pierson.</p>
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