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	<title>CentPapiers &#187; Manx</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Les études d&#8217;impacts environnementaux</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Mar 2010 18:29:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Bon, à la suite de la parution du budget d&#8217;hier, il y a un point particulier, d&#8217;importance majeure, qui doit être soulevé. Et cela concerne les études d&#8217;impacts environnementaux. Actuellement, les projets ayant de lourdes conséquences dans une société (construction de ponts, exploitation de projets énergétiques, exploitation minière, etc.) doivent passer par le processus d&#8217;études [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-11911" title="86793" src="/wp-content/uploads/2010/03/86793.jpg" alt="86793" width="500" height="333" /></p>
<p>Bon, à la suite de la parution du budget d&#8217;hier, il y a un point particulier, d&#8217;importance majeure, qui doit être soulevé. Et cela concerne les études d&#8217;impacts environnementaux.</p>
<p>Actuellement, les projets ayant de lourdes conséquences dans une société (construction de ponts, exploitation de projets énergétiques, exploitation minière, etc.) doivent passer par le processus d&#8217;études d&#8217;impacts environnementaux. Ces projets évaluent les conséquences sociales (arrivée de travailleurs, formation des gens, droits des Premières Nations, etc.), les conséquences économiques (profits, équipement nécessaires) et les conséquences environnementales (sécurité des employés et de la population, écosystèmes, etc.). Ce procédé est très rigoureux, et on connaît son importance au Québec, par exemple, parce que les projets nécessitent souvent l&#8217;approbation du BAPE (Bureau des Audiences Publiques en Environnement). Le BAPE a déjà refusé des études d&#8217;impacts environnementaux, ce qui retarde des projets. Le projet d&#8217;échangeur Turcot a été repoussé l&#8217;an dernier, parce que le BAPE estimait que les proposants ne tenaient pas suffisamment en compte des conséquences aux propriétés environnantes.</p>
<p>Par contre, les projets ayant des répercussions au niveau national comme ceux concernant la sécurité énergétique de la nation (par exemple, l&#8217;exploitation gazière dans la vallée du Mackenzie, qui pourrait facilement produire 800 millions de mètres cubes par jour de gaz naturel), passent par le ministère de l&#8217;environnement du Canada. Ce projet est un des plus importants au Canada, parce que le Nord contiendrait 30% des réserves d&#8217;hydrocarbures restant dans le pays et que le projet Mackenzie, supporté par Shell, ExxonMobil, Imperial Oil et ConocoPhillips, permettrait de construire le premier pipeline du Yukon.</p>
<p>Actuellement, le ministère de l&#8217;environnement est déjà très magnanime et gentil au niveau des études d&#8217;impacts environnementaux, ce qui nuit aux bénéfices que la population peut tirer des projets entrepris dans sa région. D&#8217;un autre côté, une structure plus permissive permet d&#8217;accepter plus de projets, ce qui permet, globalement, d&#8217;avoir plus de façons de bénéficier des activités économiques. Par contre, ce qui est étrange, c&#8217;est que le budget de 2010 prévoit que pour les projets d&#8217;énergie (ex.: vallée du Mackenzie), le superviseur des études d&#8217;impacts environnementaux ne soit pas le ministère de l&#8217;environnement, mais l&#8217;office national de l&#8217;énergie.</p>
<p>D&#8217;abord, l&#8217;Office National de l&#8217;Énergie n&#8217;a pas d&#8217;élu à sa tête. Ça veut dire que si son président ne fait pas un bon travail, il ne peut pas se le faire témoigner en perdant ses élections. On transfère donc une structure démocratique à une structure indépendante. Par la suite, il y a une certaine relation incestueuse à ce que l&#8217;Office National de l&#8217;Énergie ait le contrôle complet des projets énergétiques, de l&#8217;évaluation d&#8217;impacts environnementaux (qui est le processus initial d&#8217;un projet) à la complétion et la distribution d&#8217;énergie. Je n&#8217;ai pas confiance en l&#8217;Office pour lui laisser ce contrôle complet, et encore moins si son président n&#8217;est pas élu.</p>
<p>Finalement, cela peut aussi signifier que le mandat de l&#8217;office peut entrer en conflit avec le mandat de protéger le public par ce processus. C&#8217;est ironique que des gens qui doivent assurer la souveraineté énergétique du Canada et de l&#8217;Amérique du Nord (par les accords de l&#8217;ALÉNA) aient les clés en main pour accepter les projets d&#8217;énergie au Canada, ou les deux mains sur le volant, comme l&#8217;adage le dit maintenant. Dans notre pays, on appelle ça un <em>conflit d&#8217;intérêts</em>!</p>
<p>La dernière chose qui est étrange, c&#8217;est qu&#8217;un tel projet soit placé dans le budget fédéral. En faisant cela, le gouvernement du Canada s&#8217;assure que si les partis d&#8217;opposition désirent refuser cette proposition (qui n&#8217;est pas vraiment une proposition budgétaire, mais une proposition de transfert de mandat entre un ministère et une agence gouvernementale indépendante), une élection sera déclenchée. C&#8217;est encore plus frustrant, parce que le Parti Conservateur du Canada met la corde au cou des partis de l&#8217;opposition en leur disant que s&#8217;ils ne sont pas satisfait, ils peuvent tirer le levier de la trappe eux-mêmes. Ce n&#8217;est ni démocratique, ni sage, ni juste et ce n&#8217;est même pas partisan. C&#8217;est simplement irresponsable.</p>
<blockquote><p>Quelques sources intéressantes sur la crédibilité du Canada dans les études d&#8217;impacts environnementaux:</p>
<p>Le Devoir &#8211; Février 2009: <a href="http://www.ledevoir.com/politique/canada/234078/evaluation-environnementale-ottawa-exigera-dix-fois-moins-d-etudes-d-impacts">Évaluation environnementale &#8211; Ottawa exigera dix fois moins d&#8217;études d&#8217;impacts</a></p>
<p>Corus Nouvelles &#8211; 4 mars 2010: <a href="http://www.corusnouvelles.com/2010/NOUVELLES/NATIONAL/03/04/l_environnement.les.arts.et.4469953/index.html">L&#8217;environnement, les arts et la lutte à la pauvreté sont les perdants du budget</a></p></blockquote>
<p>Billet publié originalement sur <a href="http://manx.wordpress.com/2010/03/05/les-etudes-dimpact-environnemental/">le blog de Manx</a></p>
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		<title>Parlons d&#8217;hydroélectricité</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 16:07:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parce que plusieurs Québécois ne savent pas encore exactement quels mécanismes affectent la conversion de l’énergie stockée dans l’eau en énergie électrique, voilà quelques formules de base qui pourront vous éclairer.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_9040" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-9040" title="20080618-133135-g" src="/wp-content/uploads/2009/07/20080618-133135-g13.jpg" alt="Photo : Flickr Tuftronic10000" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Tuftronic10000</p></div>
<p>Les chiffres de 2006 indiquent que 97% de l’électricité produite au Québec provenait de l’hydroélectricité. Cela signifie qu’environ 40% de l’énergie consommée au Québec cette année-là venait de l’eau. D’une année à l’autre, l’hydroélectricité et le pétrole s’échangent le titre d’énergie primaire la plus consommée dans la Belle Province. Cela vaut aussi à Hydro-Québec, l’entreprise nationale qui s’occupe de l’acheminement et de la majorité de la production d’électricité, le titre de principal producteur d’hydroélectricité à travers le monde.</p>
<p>Avec le portrait que je donne actuellement de l’hydroélectricité, vous comprendrez qu’il serait bien de vous éclairer sur le fonctionnement de base de cette source d’électricité. Parce que plusieurs Québécois ne savent pas encore exactement quels mécanismes affectent la conversion de l’énergie stockée dans l’eau en énergie électrique, voilà quelques formules de base qui pourront vous éclairer.</p>
<p><strong>Tout est dans l’énergie potentielle</strong></p>
<p>C’est très simple: l’énergie qui est convertie en hydroélectricité vient de l’énergie potentielle (ou plus précisément, l’énergie potentielle de pesanteur). L’énergie potentielle est créée à partir d’une chute, et c’est l’énergie qui est dissipée lorsque l’on passe d’un point de très haute altitude à un point moins élevé. En temps normal, cette énergie est perdue ou transférée en énergie cinétique. Par contre, en bénéficiant de ce transfert, il est possible d’actionner des turbines qui permettront de transformer cette énergie en énergie électrique.</p>
<p>Voici l’équation de base de l’énergie potentielle:</p>
<blockquote style="margin-top: 0px; margin-right: 20px; margin-bottom: 0px; margin-left: 20px; padding-top: 0px; padding-right: 20px; padding-bottom: 0px; padding-left: 20px; border-left-width: 4px; border-left-style: solid; border-left-color: #4e5706; font-size: 0.92em;"><p>Ep = m * g * (h1 – h2)</p>
<p>Ep = Énergie potentielle (Joules)</p>
<p>m = masse d’eau (kg)</p>
<p>g = constante gravitationnelle (9.81 m/ s^2)</p>
<p>h1 = hauteur supérieure de la chute par rapport au niveau de la mer (m)</p>
<p>h2 = hauteur inférieure de la chute par rapport au niveau de la mer (m)</p></blockquote>
<p>Le watt, l’unité que l’on utilise habituellement pour la puissance, est un joule d’énergie produit en une seconde. Donc, en sachant quelle masse d’eau circule chaque seconde, on peut connaître l’énergie potentielle d’une chute. La masse, quant à elle, est calculée par la densité de l’eau (1000 kg/ m^3) et le débit d’une rivière ou un cour d’eau (le nombre de m^3/s qui y circule). Donc, on peut transformer l’équation précédente et obtenir ceci:</p>
<blockquote style="margin-top: 0px; margin-right: 20px; margin-bottom: 0px; margin-left: 20px; padding-top: 0px; padding-right: 20px; padding-bottom: 0px; padding-left: 20px; border-left-width: 4px; border-left-style: solid; border-left-color: #4e5706; font-size: 0.92em;"><p>ep = 9810 * Q * (h1 – h2)</p>
<p>ep = puissance potentielle (watts)</p>
<p>Q = débit du courant (m^3/s)</p>
<p>h1 et h2 = hauteurs supérieure et inférieure de la chute par rapport au niveau de la mer (m)</p></blockquote>
<p>Voilà, si vous avez réussi à suivre cela, le calcul de l’énergie potentielle est très simple une fois les autres paramètres mesurés! Il ne suffit que de résoudre une multiplication. Pas besoin d’équations compliquées ou quoi que ce soit.</p>
<p>Si vous suivez bien ce que je viens de donner comme informations, la puissance générée par l’eau ne dépend donc que de deux choses : la hauteur de la chute d’eau que vous utilisez et le débit du cours d’eau.  Il reste un dernier paramètre qui affecte la production d’électricité: l’efficacité du système à convertir l’eau en électricité. Une fois que tout cela est compris, vous avez les trois seules variables qui affecteront la capacité à produire de l’électricité à partir de l’eau. Habituellement, afin de produire de grandes quantités d’électricité, les projets hydroélectriques ont recours à des barrages afin d’affecter le débit et la hauteur de la chute.</p>
<p><strong>Le barrage (ou réservoir)</strong></p>
<p>Le but d’un barrage est simple: déplacer l’eau là où l’on veut qu’elle aille et former un bassin. On utilise les barrages notamment pour créer des sources d’eau artificielles pour l’irrigation afin de nourrir les gens, pour prévenir des inondations ou pour produire de l’électricité. Dans certains cas, les barrages remplissent ces trois fonctions en même temps. En électricité, on crée un barrage afin de contrôler le débit de l’eau et sa hauteur (comme mentionnés plus haut, les deux paramètres qui affectent la production d’électricité).</p>
<p>Le barrage est donc placé à un lieu stratégique. Ce lieu doit avoir une bonne dénivellation, afin de créer une grosse chute. Le barrage est ensuite équipé de portes et de turbines, qui s’ouvriront pour laisser l’eau circuler selon les besoins en électricité. En plus de cela, le barrage doit également pouvoir résister à la pression en eau et être étanche aux fuites naturelles et aux écoulements qui causeront l’affaissement du sol ou qui pourraient laisser l’eau couler dans le béton. Un barrage, c’est donc plus qu’un gros bloc de béton; c’est aussi une structure composée de systèmes de drainage et de rideaux d’écoulement.</p>
<p>Le barrage modifie un bassin hydrographique grandement, et cela peut avoir des conséquences sur les animaux, les gens vivant autour ou dans les sols. On classe habituellement les centrales en deux types: les centrales à réservoir et les centrales au fil de l’eau.</p>
<p><strong>Centrale au fil de l’eau vs centrale à réservoir</strong></p>
<p>Une centrale au fil de l’eau est une centrale qui ne forme pas ou forme un très petit bassin hydroélectrique, comme c’est le cas à Beauharnois. Ces centrales sont souvent dans des zones où il serait trop dangereux de faire un bassin et où le débit de l’eau est très très rapide. En règle général, une centrale au fil de l’eau a un bassin qui pourrait être vidé entièrement par le déit normal de la rivière en moins de deux heures.</p>
<p>Beauharnois est une centrale à l’ouest de Montréal, et est la 5e plus grande au Québec. Elle a une capacité de 1755 MW, une chute de 24m et produit son électricité au coût ridicule de 0.01$/kWh. Faisons un calcul: en assumant que la centrale a une efficacité de conversion de 70% (70% de l’énergie potentielle est convertie en énergie électrique), la centrale de Beauharnois, lorsqu’elle fonctionne avec toute sa capacité électrique, a le débit suivant:</p>
<p>Q = 1755 * 10^6 Watts de puissance / (0.7 d’efficacité) * 9810 * 24m de chute = 104500 mètres cubes par seconde</p>
<p>En gros, la centrale a été conçue pour recevoir environ 104,000 mètres cubes d’eau par seconde! Beauharnois a été construite sur un canal artificiel qui connaît des débits d’eau très rapide. Comme elle est près de Montréal et qu’elle est dans une région assez plate, il serait impensable de faire un bassin hydroélectrique trop gros, car cela inonderait les terres des gens habitant près d’une région métropolitaine.</p>
<p>Les centrales à réservoir, quant à elles, sont conçues pour avoir une très haute chute. Pour produire de l’électricité, le débit est moins important qu’à une station comme Beuaharnois, mais l’installation d’un tel projet demande la création d’un réservoir d’eau. En règle générale, le bassin formé par une centrale à réservoir se viderait en plus de 200 heures. Ces centrales ont l’avantage de pouvoir accumuler des réserves d’eau pour ne produire que la quantité d’électricité dont on a besoin.</p>
<p>La centrale LG-2 ou le bassin des Trois-Gorges, en Chine, sont deux exemples typiques de centrales hydroélectriques à réservoir. LG-2, maintenant appelée la centrale Robert-Bourassa, est la centrale avec la plus grande capacité au Québec: 5616 MW. La chute de LG-2, plus élevée que Beauharnois, est de 137.2 mètres. Cela signifie qu’avec le calcul précédent, on obtient un débit d’eau plus faible que Beauharnois, à environ 58,500 mètres cubes par seconde lorsque toutes les turbines sont en fonction (ce qui n’arrive pas souvent). Par contre, LG-2 a un avantage sur Beauharnois; en cas de problèmes de surcharge électrique, il est facile de fermer quelques turbines dans le complexe La Grande afin de ne pas créer de problèmes; Beauharnois, quant à lui, ne peut pas former de bassin hydroélectrique et est à la merci du courant, même en cas de problèmes.</p>
<p><strong>Les avantages et les problèmes reliés à l’hydroélectricité</strong></p>
<p>L’hydroélectricité est une technologie bien particulière. Elle provient de l’eau, une source de courant qui est plus fiable que le vent, mais qui n’est pas très régulière. Au Québec, par exemple, les crues du printemps font que le débit d’eau n’est pas constant. Comme nous produisons plus d’électricité que nous n’en consommons, par contre, nous nous arrangeons pour vendre nos surplus aux États-Unis en leur offrant des tarifs au prix de leur marché. Par contre, comme il est plus facile de contrôler notre production électrique (il faut quelques minutes pour fermer une turbine dans une centrale hydroélectrique et quelques minutes pour la repartir; dans une centrale thermique, il faut quelques semaines), certaines compagnies de distribution d’électricité nous vendent leurs surplus de production afin de s’assurer que les systèmes électriques du nord-est de l’Amérique ne tombent pas en panne à cause d’une surcharge.</p>
<p>L’hydroélectricité est donc une énergie renouvelable qui, même si elle est irrégulière, peut être contrôlée facilement une fois que l’on développe un plan global. Son empreinte écologique est plus faible au niveau de la pollution atmosphérique, mais elle comporte aussi d’autres problèmes.</p>
<p>La création de réservoirs modifie les écosystèmes de façon majeure. Il faut donc bien évaluer les conséquences d’un projet. Dans le Nord Québécois, par exemple, la présence de mercure dans les sols cause la contamination des eaux et de la chaîne alimentaire du à l’érosion causée par la formation de bassins. Au bout de quelques années, ces conséquences deviennent moins importantes. Les barrages ont de graves conséquences sur la vie aquatique, et plusieurs tribus amérindiennes dans le Nord ont souligné la diminution des bancs de poissons et d’autres animaux suite à l’implantation de barrages. Les conséquences de l’effondrement d’un barrage sont aussi extrêmement dangereuses, car elles posent le risque d’inonder d’encore plus grandes régions. Finalement, il faut aussi arriver à prévenir l’accumulation de boue dans le réservoir du barrage, afin de s’assurer que celui-ci dure plus longtemps. Mais au niveau des bénéfices et des conséquences entourant un barrage, l’exemple le plus poignant est celui du bassin des Trois-Gorges, en Chine.</p>
<p><strong>La centrale des Trois-Gorges</strong></p>
<p>La centrale des Trois-Gorges a pour but principal de prévenir des inondations. Dans les années ‘90, une inondation dans la région a causé des pertes économiques équivalentes au coût de production anticipé du barrage des Trois-Gorges sur la rivière Yangzi. Suite à de nombreuses polémiques à l’intérieur de la Chine, les autorités chinoises ont décidé qu’elles construiraient un barrage hydroélectrique afin de produire de l’énergie renouvelable, contrôler le trafic maritime et de contrôler les inondations. Ironiquement, le réservoir de la centrale des Trois-Gorges a forcé l’évacuation et la délocalisation de plus d’un million de personnes.</p>
<p>Le bassin fait un peu plus de 10 km^2 et la capacité électrique installée est de 18200 MW. Mes calculs me montrent que la centrale est censée fonctionner à environ 50% de sa capacité installée totale. Cela signifie que le débit de la rivière est d’environ 130,000 mètres cubes par seconde en moyenne, à longueur d&#8217;année. Par contre, afin d’éviter les crues, de nombreuses terres agricoles ont été évacuées et des villages entiers ont été fermés. On a délocalisé les populations dans les villes (sans plan social pour les aider) ou dans les montagnes. Par contre, l’agriculture dans des territoires montagneux, plein de pierres, ce n’est pas l’idéal.</p>
<p>Malgré tout, le bassin des Trois-Gorges sera fini cette année. C&#8217;est la plus longue centrale électrique (elle s&#8217;étend sur 2 km) et elle a la plus grande capacité électrique du monde. Le gouvernement chinois n&#8217;a pas géré ce projet avec les mêmes normes qu&#8217;un pays développé ne l&#8217;aurait exigé (une telle délocalisation serait impensable ici, même pour éviter les inondations), mais la gestion a été jugée comme à peu près &laquo;&nbsp;acceptable&nbsp;&raquo; selon les normes chinoises. C&#8217;est tout de même l&#8217;un des projets qui fut le plus critiqué à l&#8217;intérieur du pays.</p>
<p>En gros, voilà un bon aperçu de l’hydroélectricité, de ses moyens de production. Je n’ai qu’introduit les conséquences de base de l’implantation de projets hydroélectriques, mais j’espère que si vous êtes arrivés à suivre, vous comprenez un peu mieux tout ce qui se passe quand vous appuyez sur un interrupteur pour allumer une lumière.</p>
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		<title>Matière première recherchée</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 14:42:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà donc un petit résumé de nouvelles matières premières qui sont maintenant utilisées pour créer des produits que l'on peut consommer, comme de l'énergie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_9011" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-9011" title="20080618-133135-g" src="/wp-content/uploads/2009/07/20080618-133135-g10.jpg" alt="Photo : Flickr cliff1066" width="500" height="333" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr cliff1066</p></div>
<p>On retrouve de plus en plus de nouveaux matériaux dans tous les domaines, en ce moment. On utilise maintenant le carbone comme matériau de construction de luxe (la fibre de carbone est employée notamment dans l&#8217;industrie des automobiles haut-de-gamme et pour fabriquer des bâtons de hockey), la recherche biomédicale crée de nouvelles avenues de matériaux, on cherche à valoriser nos déchets afin de ne plus les rendre aussi &laquo;&nbsp;indésirables&nbsp;&raquo;, etc. De nombreuses avenues sont disponibles pour des matériaux qu&#8217;il y a à peine 5 ans, on aurait vu comme des rebus et qui auraient été envoyés au site d&#8217;enfouissement sans aucune pitié.</p>
<p>J&#8217;aimerais dire que les choses sont en train de changer, mais ce n&#8217;est le cas que pour certains produits particuliers. On retrouve maintenant de plus en plus d&#8217;utilisations qui sont devenues commercialisables et ont quitté les laboratoires de recherche pour atteindre le consommateur, mais surtout de façon indirecte (sans que vous ne vous en rendiez compte). Voilà donc un petit résumé de nouvelles matières premières qui sont maintenant utilisées pour créer des produits que l&#8217;on peut consommer, comme de l&#8217;énergie.</p>
<p><strong>Les résidus de scierie</strong></p>
<p>Les résidus de scierie sont souvent dans une forme difficile à collecter et entreposer. Les copeaux de bois, trop petits, ont par contre une valeur calorifique relativement élevée et une faible concentration en eau, indiquant qu&#8217;ils peuvent générer beaucoup d&#8217;énergie s&#8217;ils sont brûlés. Cela les rend très utiles comme matière première pour faire des granulés de bois. Les granulés sont en fait de la biomasse densifiée pouvant être utilisée dans les poêles comme combustible. L&#8217;utilisation de granules a des avantages nombreux, notamment d&#8217;avoir un contenu en cendres plus faible que les autres foyers au bois.</p>
<p>Les défis dans ce domaine concernent actuellement l&#8217;entreposage et la transmission de cette technologie aux consommateurs. Le Québec produit 1.5 millions de tonnes par année de granules de bois. Uniquement 25% de ces granules sont consommées au Québec, du à une faible demande. Le reste de la production quitte le Canada pour se rendre en Europe, où un marché s&#8217;est développé pour ce combustible. Étonnament, les Norvégiens et Danois, qui ont un climat similaire au nôtre, sont ceux qui achètent nos granulés.</p>
<p>L&#8217;entreposage, de son côté, pose problème dans les plus grandes installations. Il faut maintenir des conditions particulières pour conserver des granules longtemps, car il est possible que la granule fermente ou qu&#8217;elle absorbe l&#8217;humidité. Les granulés sont donc souvent vendus en paquets pré-emballés afin de prévenir ces effets néfastes.</p>
<p><strong>La bagasse</strong></p>
<p>Après avoir extrait les jus de la canne à sucre (ou de l&#8217;agave bleue &#8211; plante servant à faire la tequila), la partie fibreuse qui n&#8217;est pas utilisée pour l&#8217;extraction du sucre ou la fermentation d&#8217;éthanol est appelée la bagasse. En fait, c&#8217;est un des résidus agricoles les plus répandus en Amérique du Sud, et je ne vous cacherai pas que c&#8217;est une matière première qui est employée depuis un bon bout de temps.</p>
<p>La bagasse peut notamment servir à fournir de l&#8217;énergie qui sera convertie en électricité ou en chaleur. On estime qu&#8217;il est possible de produire jusqu&#8217;à 140 kWh par tonne de canne à sucre (ayant un contenu de bagasse de 30%), pour une production électrique allant donc à 1.68 GJ/t de bagasse. La production d&#8217;électricité n&#8217;est pas un moyen très efficace d&#8217;utilisation de la bagasse; une tonne de bagasse possède un potentiel énergétique d&#8217;environ 10 GJ/t. On n&#8217;y échappe pas; toute recherche relatant la combustion de biomasse doit donner les propriétés du bagasse, vu son potentiel d&#8217;utilisation dans l&#8217;hémisphère Sud. L&#8217;Inde et le Brésil ont tous deux des usines brûlant la bagasse pour produire de la chaleur et de l&#8217;électricité par des systèmes de cogénération.</p>
<p>Ce matériau est aussi l&#8217;un des seuls produits qui remplacent, sur une échelle appréciable, l&#8217;utilisation du bois dans les pâtes et papiers. La paille et la bagasse sont les deux produits les plus répandus comme remplacements du bois. Mais vous le devinerez; la bagasse n&#8217;est pas un produit qui connaît un grand marché au Québec.</p>
<p><strong>Vos poubelles</strong></p>
<p>Si vous saviez combien d&#8217;entreprises ont fait des gens riches et heureux, uniquement en jouant dans les poubelles des autres! C&#8217;en est horrible&#8230; et à la fois, c&#8217;est aussi très effrayant.</p>
<p>Les sites d&#8217;enfouissement sont des territoires contaminés par de nombreuses choses assez horribles; ils sont aussi riches en nutriments. Et qui dit richesse en nutriments dit aussi &laquo;&nbsp;activités biologiques&nbsp;&raquo;. En absence d&#8217;oxygène, les bactéries qui digèrent ces nutriments relâchent du biogaz, composé en grande partie de méthane. Il y a une dizaine d&#8217;années, la majorité des sites d&#8217;enfouissement se contentaient de capter le méthane et de s&#8217;assurer qu&#8217;il ne cause pas de mal à la santé des gens. Maintenant, on utilise le biogaz comme on utiliserait du gaz naturel, et l&#8217;on produit de l&#8217;électricité avec celui-ci.</p>
<p>Mais ce n&#8217;est pas tout! Plusieurs chercheurs évaluent, depuis les années &#8217;50, la possibilité de lancer des projets de &laquo;&nbsp;Landfill mining&nbsp;&raquo; (exploitation des décharges). Les nutriments contenus dans les déchets peuvent effectivement remplacer les fertilisants à base de combustibles fossiles, si les déchets eux-mêmes sont bien traités. Les sites d&#8217;enfouissement contiennent aussi de nombreux métaux rares et des éléments qui ont une valeur élevée, comme l&#8217;or (contenu dans quelques objets que vous utilisez) ou les métaux ferreux (faciles à extraire, vu leurs propriétés magnétiques). L&#8217;exploitation des décharges a été employée à quelques rares endroits, dont Tel Aviv. Un autre exemple proche de cette idée vient de la ville d&#8217;Edmonton, qui transforme 60% de ses déchets en compost après en avoir séparé les plastiques, RDD et métaux. Cela permet de transformer les déchets en nutriments pour les sols, et ce en tuant les parasites et les pathogènes pouvant se trouver dans les déchets. Cela leur a aussi permis de réduire la quantité de déchets à enfouir. Ce prodige a été accompli sans avoir recours à la collecte sélective du compost et a développé une expertise importante dans la ville en gestion des résidus solides très respectable.</p>
<p>En soit, l&#8217;exploitation des décharges descend des bidonvilles, où les gens cherchent à gagner des sous en trouvant des objets de valeur dans les déchets. Elle utilise cependant des mécanismes plus élaborés. Mais le principe est le même: on fouille les déchets pour y trouver des objets de valeur et les revendre.</p>
<p><strong>Les eaux usées</strong></p>
<p>Une autre grande source de nutriments, les eaux usées peuvent évidemment servir de matière première à plusieurs applications, notamment dans le domaine de l&#8217;énergie.</p>
<p>Les applications de la biologie et de l&#8217;eau sont nombreuses. Grâce aux bioréacteurs à membrane, une technologie maintenant implantée dans plusieurs centrales municipales de traitement des eaux, les bactéries arrivent à retirer le phosphore et l&#8217;azote de l&#8217;eau. Grâce à l&#8217;ajout de ces bioréacteurs, le village Olympique de Pékin a pu doubler la capacité de son centre de traitement des eaux et à faire circuler à nouveau 50% de ses eaux usées dans l&#8217;aqueduc municipal. Siemmens, une entreprise spécialisée en énergie et en mécanique, est l&#8217;entreprise qui a installé ces bioréacteurs à membrane.</p>
<p>Comme avec les sites d&#8217;enfouissement, les eaux usées peuvent aussi servir à la digestion anaérobique et à générer du biogaz. Les eaux usées des usines de pâtes et papiers, riches en nutriments, peuvent donc générer du biogaz et diminuer leur dépendance au gaz naturel lors de leurs opérations. Tembec Inc. vend 8,1 MW d&#8217;électricité à Hydro-Québec, en partie grâce à la production de biogaz à partir de leurs eaux usées. L&#8217;avantage de la digestion anaérobique est qu&#8217;elle permet aussi de partiellement traiter les eaux avant de les rejeter dans les rivières. Le traitement des eaux est une plaie pour plusieurs usines de pâtes et papiers, qui ont de la difficulté à atteindre les niveaux exigés par le gouvernement afin de limiter la pollution dans les cours d&#8217;eau.</p>
<p>Il est aussi possible d&#8217;utiliser les eaux usées ou partiellement traitées pour répondre à des besoins en eaux qui ne sont pas liés à la consommation humaine directe. Plusieurs pays d&#8217;Amérique du Sud ou d&#8217;Afrique utilisent les eaux usées municipales en aquaculture ou pour irriguer des plantations. Cela comporte plusieurs défauts, dont la propagation de pathogènes. Des étapes de traitement partiel sont donc nécessaires pour s&#8217;assurer de ne pas propager des épidémies.</p>
<p>Mais une autre particularité de l&#8217;eau est qu&#8217;elle abrite ses propres microorganismes: les algues. L&#8217;utilisation des eaux usées enrichies de nutriments sont des avenues prometteuses pour produire de l&#8217;hydrogène ou du biodiésel à partir de microalgues.  Mais rien ne bat encore, au niveau de la science-fiction, l&#8217;utilisation de microbes pour produire de l&#8217;électricité à partir de l&#8217;eau. En digérant des nutriments, les bactéries peuvent créer des réactions d&#8217;oxydoréduction dans l&#8217;eau (création de cations H+ et d&#8217;anions OH-). L&#8217;électricité est un mouvement d&#8217;électrons. Donc, l&#8217;oxydoréduction étant un échange d&#8217;électrons, il est possible de faire passer les anions et cations par une membrane filtrante et de créer un &laquo;&nbsp;potentiel&nbsp;&raquo;, ce qui générera directement de l&#8217;électricité.</p>
<p style="text-align:left;">Le glucose, la cellulose et d&#8217;autres sucres ont été employés comme sources de nutriments pour certaines populations de microbes. L&#8217;acétate est le produit le plus utilisé, mais la technologie est encore à un stade où ces cellules électriques ne sont employées qu&#8217;en laboratoire. Pour l&#8217;instant, on arrive à obtenir des rendements de 115 W / mètre cube d&#8217;eau, ce qui est encore très faible.</p>
<p style="text-align:left;">Alors voilà quelques matières premières auxquelles on ne pensait pas il y a quelques années et qui fournissent maintenant une partie de nos besoins en énergie ou en matériaux, ou qui pourraient le faire bientôt. Dans plusieurs de ces cas, plusieurs personnes affirment que ces produits sont des polluants, comme les déchets. La vérité est que la pollution est toujours un facteur relatif et qu&#8217;il est vrai que ces produits, souvent vus comme &laquo;&nbsp;déchets&nbsp;&raquo;, sont des polluants en grande quantité. Par contre, il est possible d&#8217;utiliser les eaux usées ou les déchets, pour ne nommer qu&#8217;eux, afin d&#8217;en extraire des nutriments que l&#8217;on extrait traditionnellement du pétrole ou du gaz naturel. Certains gens voient de la pollution, mais en regardant au-delà de cela, on peut aussi leur trouver des utilités qui font que l&#8217;on pourrait faire assez d&#8217;argent pour apprendre à mieux traiter nos vrais déchets.</p>
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		<title>L&#8217;électricité Québécoise: à l&#8217;heure de la biomasse</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 14:31:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En janvier 2009, Hydro-Québec Distribution a lancé un appel d’offres qui a pourtant laissé lettre morte dans la presse Québécoise, et je dois avouer ne pas comprendre pourquoi. L’appel d’offres de la Hydro-Québec concernait l’achat de125 MW d’électricité produite par cogénération de biomasse (au minimum de 75% – en hiver, il est parfois nécessaire d’enrichir la biomasse au gaz naturel).  Le tout devrait être disponible d’ici 2012.
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<div class="snap_preview">
<div id="attachment_8051" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-8051" title="398255973_94d637d2c47" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/05/398255973_94d637d2c47.jpg" alt="Photo : Flickr Greenpeace Finland" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Greenpeace Finland</p></div>
<p>En novembre 2008, Hydro-Québec Distribution lançait un appel d’offres de 500 MW pour les projets éoliens de 25 MW et moins, le tout séparé en 2 tranches: 250 MW iraient à des projets dirigés par des nations autochtones et 250 MW dans des projets de ce que l’on appelle ailleurs des “coopératives de vent”. Le tout devrait être disponible dès 2014.</p>
<p>En janvier 2009, Hydro-Québec Distribution a lancé un appel d’offres qui a pourtant laissé lettre morte dans la presse Québécoise, et je dois avouer ne pas comprendre pourquoi. L’appel d’offres d&#8217;Hydro-Québec concernait l’achat de <a rel="#someid0" href="http://www.hydroquebec.com/distribution/fr/marchequebecois/ao-200901/index.html">125 MW d’électricité</a> produite par cogénération de biomasse (au minimum de 75% – en hiver, il est parfois nécessaire d’enrichir la biomasse au gaz naturel).  Le tout devrait être disponible d’ici 2012.</p>
<p>Même si l’on en parle très peu, 125 MW, ce n’est pas rien; c’est l’équivalent d’environ 65,000 résidences.</p>
<p>Le système de base de la cogénération est simple à expliquer; son cycle thermodynamique est un peu plus complexe. Afin d’éviter le mal de tête, je vais simplement parler des résultats: le but de la cogénération est de générer de l’énergie sous deux formes: électrique ET thermique. En ne fournissant que de l’énergie électrique, on obtient une efficacité énergétique moins grande que par cogénération. Ces systèmes polluent plus (en relâchant plus de chaleur dans l’atmosphère et, souvent, plus d’autres contaminants) et génèrent moins d’électricité, mais coûtent moins cher à implanter. On juge toutefois, par cet appel d’offres, qu’il vaut mieux produire de l’électricité de façon plus efficace et moins polluante, quitte à ce que cela coûte un peu plus cher.</p>
<p>Actuellement, Hydro-Québec achète environ 47.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse venant de 3 fournisseurs. En voulant augmenter cette capacité à 172.5 MW d’électricité, cela représente une croissance de production d’électricité par cogénération de biomasse de 53.7% par année. Et malgré tout, ce n’est pas encore assez, à mon avis. Nous pouvons faire mieux.</p>
<p>La <a rel="#someid1" href="http://www.enr.fr/docs/fiches/SER_KitCommunication_biomasse_LD_RGB_03-cog%C3%A9n%C3%A9ration.pdf">France </a>produit un total d’environ 500 MW en électricité à partir de biomasse (478 MW selon les chiffres de 2007 – Une augmentation de 10% par rapport à 2006). En gardant cette croissance constante, en 2012, la production électrique sera d’environ 700 MW. <a rel="#someid2" href="http://www.renewables-made-in-germany.com/fr/biomasse-solide/">L’Allemagne </a>a franchi le cap des 1000 MW de cogénération par biomasse en 2007. <a rel="#someid3" href="http://news.mongabay.com/bioenergy/2007/12/india-to-add-1700mw-of-biomass-co.html">L’Inde </a>a lancé un plan qui fait que d’ici 2012, ils produiront 1,700 MW à partir de cogénération de bagasse (résidu de l’extraction de suc de la canne à sucre). Suite à l’appel d’offres, le réseau québécois achètera 172.5 MW d’électricité par cogénération de biomasse de différents fournisseurs. Nous possédons une des capacités en biomasse les plus élevées au monde et n’en tirons pas assez profit. Tembec Témiscamingue traite partiellement les eaux usées de son usine de pâtes et papiers tout en générant du biogaz qui fournit l’électricité de sa centrale, en plus de vendre 8MW d’électricité par année à Hydro-Québec en utilisant un minimum de 75% de produits de la biomasse (lire: pas du gaz naturel ou du pétrole). Si notre objectif est de devenir les leaders en énergie renouvelable en Amérique, nous devons tirer un meilleur profit de nos installations existantes et diversifier nos sources d’énergie, ce que notre gouvernement a compris en favorisant d’autres sources d’électricité que l’hydroélectricité. Cet appel d’offres reconnaît l’importance d’autres énergies, mais comparé à la capacité de production d’autres pays, il nous reste encore beaucoup de chemin à faire.</p>
<p>Je présume que les groupes environnementaux devraient eux aussi avoir cette vision moins réductrice de la production d’électricité. Ceux-ci font de plus en plus de lobbying afin de pousser le gouvernement du Québec à développer notre filière éolienne, qui peut être rentable et offre un grand potentiel. Afin de préserver des emplois dans l’industrie forestière et de fournir d’autres sources d’énergie renouvelable, j’aimerais qu’ils poussent aussi vers une filière <a rel="#someid4" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bois_%C3%A9nergie">bois énergie</a>, comme c’est le cas ailleurs dans le monde.  Ce type d’énergie serait facile à répandre au Québec, vu l’accessibilité de la ressource.</div>
</div>
</div>
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		<title>La norme FSC</title>
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		<pubDate>Tue, 26 May 2009 15:01:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Depuis plus de 10 ans, les entreprises désirant obtenir des produits issus d&#8217;une forêt administrée de façon durable et responsable ne peuvent plus crier qu&#8217;il est difficile d&#8217;obtenir une certification crédible, et ce, grâce à la certification du Forest Stewardship Council (FSC). Cette norme, maintenant une référence dans l&#8217;industrie forestière durable, a été établie en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_7890" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-7890" title="352250460_ee2f9e556519" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/05/352250460_ee2f9e556519.jpg" alt="Photo : Flickr cod_gabriel" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr cod_gabriel</p></div>
<p>Depuis plus de 10 ans, les entreprises désirant obtenir des produits issus d&#8217;une forêt administrée de façon durable et responsable ne peuvent plus crier qu&#8217;il est difficile d&#8217;obtenir une certification crédible, et ce, grâce à la certification du<a href="http://www.fsc.org/"> Forest Stewardship Council</a> (FSC). Cette norme, maintenant une référence dans l&#8217;industrie forestière durable, a été établie en 1993 par des forestiers, des entreprises forestières, des entreprises transformant le bois et même des groupes environnementaux (dont Greenpeace, qui se dit très fière des résultats de ces négociations). C&#8217;est un accomplissement en soi, que d&#8217;avoir placé des groupes qui ont tous des intérêts différents dans l&#8217;industrie du bois, et d&#8217;être arrivé à définir les balises d&#8217;une certification solide et reconnue de tous.</p>
<p>On estime qu&#8217;actuellement, 50% de la forêt mondiale a été détruite ou convertie à d&#8217;autres utilités (comme l&#8217;agriculture). Les 2/3 de la forêt restante, selon la FAO, se retrouvent dans 10 pays, dont le Canada fait partie. 64 pays sont moins chanceux; c&#8217;est le nombre de nations qui ont moins de 10% de leur territoire couvert par la forêt. Cela entraîne des conséquences majeures: Haïti, par exemple, a totalement détruit son industrie du bois en l&#8217;utilisant pour chauffer des maisons. Leur voisin, la République dominicaine, un pays dépendant du tourisme et notamment du tourisme écologique, a fait un usage plus responsable de la ressource, si bien que si l&#8217;on regarde une photo satellite de la frontière entre ces deux pays, cela donne un résultat comme <a href="http://seedmagazine.com/content/article/in_defense_of_development/">celui-ci.</a></p>
<p><a href="http://seedmagazine.com/images/uploads/haiti_article.jpg"></a></p>
<p>Haïti n&#8217;a pas détruit ses ressources forestières volontairement, c&#8217;est un climat de guerre associé à la pauvreté dans les régions rurales qui l&#8217;ont fait. Les conséquences sont multiples: les arbres contrôlent les ressources en eaux en créant des pluies (ce qui garde l&#8217;eau à la surface de la Terre, au lieu de la piéger dans le sol, où elle devient plus difficile à retirer) et en prévenant les inondations. Ils combattent l&#8217;érosion des sols en créant un réseau complexe de racines qui le maintiennent en place, le solidifient et en attirant la biodiversité. Finalement, et c&#8217;est là que le bât blesse, ils sont aussi une ressource économique dont le pays le plus pauvre d&#8217;Amérique s&#8217;est départi pour les décennies à venir.</p>
<p>Cela démontre l&#8217;importance de la forêt dans la vie de tous les jours. Elle remplit des buts économiques, sociaux, environnementaux et écologiques, car d&#8217;autres espèces que la nôtre en dépendent. La norme FSC s&#8217;attaque à toutes ces questions. Certains critères pour obtenir une gestion forestière certifiée FSC incluent la diversification des produits issus de la forêt (bois d&#8217;oeuvre, pâtes et papiers, etc. &#8211; et non uniquement faire des 2&nbsp;&raquo;x4&nbsp;&raquo;, ce qui peut avoir des conséquences dans la communauté si une partie du marché s&#8217;effondre), le maintien des eaux et des espèces afin de promouvoir un milieu plus &laquo;&nbsp;naturel&nbsp;&raquo;, de couper la forêt à un rythme qui représente sa capacité à se régénérer, d&#8217;éviter l&#8217;utilisation de pesticides ainsi que l&#8217;entraînement et la supervision des employés, qui travaillent avec des outils qui peuvent mettre leur vie en danger, sans la formation appropriée. Une liste plus détaillée des principes de la norme FSC se trouve <a href="http://www.fsccanada.org/forestmanagementstd.htm?RD=1">ici</a>, classée selon les types de forêt canadienne. Il faut bien noter que les forêts anciennes, comme celles de Colombie-Britannique, ne peuvent pas être régies de la même façon que la forêt boréale québécoise. Les standards varient donc d&#8217;une région à l&#8217;autre, mais sont déterminés par les mêmes valeurs de gestion forestière.</p>
<p>Il faut toutefois voir les limites de cette certification. D&#8217;abord, l&#8217;office de certification FSC est décentralisé; cela signifie qu&#8217;il donne à des groupes indépendants le droit de donner une accréditation de certification FSC aux entreprises de foresterie de la région. Cela permet de respecter des standards particuliers à chaque région (comme mentionné plus haut, on ne gère pas la forêt boréale comme une forêt ancienne), mais cela peut aussi signifier que certains groupes d&#8217;accréditations sont plus permissifs que d&#8217;autres au niveau de l&#8217;interprétation des normes. C&#8217;est pour cela que <a href="http://www.fsc-watch.org/">FSC-Watch</a>, un groupe indépendant du Forest Stewardship Council, observe minutieusement le travail des groupes de certification FSC et des entreprises forestières accréditées afin de s&#8217;assurer du respect des normes. Dans le passé, FSC-Watch a déjà dénoncé des entreprises forestières qui ont, par la suite, perdu leur accréditation pour avoir mal géré leur forêt. Le regroupement est un peu cynique face à la gestion du Forest Stewardship Council, mais le FSC a eu la crédibilité d&#8217;observer les plaintes portées par FSC-Watch dans le passé et d&#8217;avoir agi en conséquence.</p>
<p>Il faut aussi savoir que la norme FSC ne concerne que la gestion forestière directement. Elle ne garantit pas une saine gestion du papier certifié FSC et ne s&#8217;occupe pas du traitement effectué sur les 2&nbsp;&raquo;x4&nbsp;&raquo;. Elle ne se soucie que de la façon dont la forêt est gérée. Une entreprise forestière pourrait vendre son bois à une usine de pâtes et papiers qui décharge une trop grande quantité d&#8217;eaux usées dans le Saint-Laurent et ce papier serait tout de même apte à être certifié FSC. Il faut donc reconnaître les limites de la certification afin de comprendre l&#8217;influence que celle-ci peut avoir sur l&#8217;industrie du bois. Il est toutefois possible d&#8217;obtenir du papier ou d&#8217;autres produits certifiés FSC, mais en pratique, ce sceau signifie simplement que le bois acheté vient d&#8217;une forêt durable.</p>
<p><strong>Quelques chiffres pour terminer</strong></p>
<p>Actuellement, environ 10% de la production mondiale forestière est certifiée FSC (chiffres de décembre 2008). 112 millions d&#8217;hectares (1.12 million de kilomètres carrés) de forêt sont sous la certification FSC dans le monde, dont 27 millions d&#8217;hectares au Canada. Le Québec est la deuxième province avec le plus grand territoire certifié FSC (après l&#8217;Ontario), soit 5.9 millions d&#8217;hectares. La certification est très présente en Europe et en Amérique du Nord; elle fait des progrès en Asie, mais doit encore faire des efforts pour gagner du terrain en Amérique du Sud et en Afrique, là où cette certification pourrait bien changer les politiques à venir sur les ressources de bois.</p>
<p>La certification FSC est donc une excellente certification pour la gestion des forêts partout à travers le monde. Elle reconnaît l&#8217;importance de la localisation géographique de la forêt, de sa capacité à fournir du bois, mais aussi des impacts environnementaux, sociaux, économiques et écologiques d&#8217;une saine gestion forestière. Elle est limitée par le fait qu&#8217;elle ne s&#8217;étend qu&#8217;à la coupe forestière et par sa politique de décentralisation de la norme, mais elle a le mérite d&#8217;avoir obtenu le respect des gens dans l&#8217;industrie du bois en général, des groupes environnementaux aux compagnies de coupe. Elle a permis de montrer aux gens que malgré des buts totalement opposés, il est possible de créer des ententes respectables entre ces groupes. La certification FSC permet aux entreprises de gérer une ressource renouvelable de façon respectueuse en s&#8217;assurant que dans 50 ans, ils pourront toujours couper du bois sur le même territoire. Les groupes environnementaux voient que dans cette norme, ils bâtissent de meilleurs écosystèmes forestiers et que les communautés de la région bénéficient d&#8217;une activité commerciale qui leur donne des emploi</p>
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		<title>L&#8217;agriculture, plus précise que jamais!</title>
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		<pubDate>Sun, 17 May 2009 21:05:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les agriculteurs du Québec traitent souvent de leurs problèmes. Tous les 10 ans, notre province perd l&#8217;équivalent de l&#8217;île de Montréal en sols arables pouvant être utilisés pour l&#8217;agriculture. À ce niveau, l&#8217;UPA a lancé une campagne présente dans plusieurs régions du Québec: &#171;&#160;Pas de nourriture sans agriculture.&#160;&#187; Dans ce slogan, l&#8217;UPA essaie d&#8217;attirer l&#8217;attention [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div id="attachment_7694" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-7694" title="352250460_ee2f9e55656" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/05/352250460_ee2f9e55656.jpg" alt="Photo : Flickr tlindenbaum" width="500" height="288" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr tlindenbaum</p></div>
<p>Les agriculteurs du Québec traitent souvent de leurs problèmes. Tous les 10 ans, notre province perd l&#8217;équivalent de l&#8217;île de Montréal en sols arables pouvant être utilisés pour l&#8217;agriculture. À ce niveau, l&#8217;UPA a lancé une campagne présente dans plusieurs régions du Québec: &laquo;&nbsp;Pas de nourriture sans agriculture.&nbsp;&raquo; Dans ce slogan, l&#8217;UPA essaie d&#8217;attirer l&#8217;attention de la population par rapport aux problèmes actuels de l&#8217;industrie agricole, qui doivent souvent céder leur place à d&#8217;autres projets et qui sont tout bonnement ignorés par la population. Personne ne s&#8217;indigne bien longtemps de la perte de 350 hectares pour prolonger l&#8217;autoroute 30, mais plusieurs personnes mettent l&#8217;emphase sur des projets (tout aussi importants) comme la création de l&#8217;autoroute urbaine de la rue Notre-Dame ou du manque de verdure près de l&#8217;échangeur Turcot.</p>
<p>C&#8217;est important de donner au domaine agricole ses lettres de noblesse, mais je ne crois pas que la méthode actuelle de l&#8217;UPA ne serve à grand-chose. Effectivement, qui, en dehors des fermiers, connaît vraiment leurs revendications? On en parle à la radio pendant le trafic pendant 15 secondes et on l&#8217;oublie quand on arrive au bureau. Le gros défaut est que pour plusieurs, les régions, c&#8217;est du passé. Montréal et les environs comprennent la moitié de la population du Québec, sans compter d&#8217;autres grandes villes, comme Québec et Sherbrooke.</p>
<p>Pour que l&#8217;agriculture paraisse intéressante aux gens, il faut parler des nouvelles technologies, du fait que l&#8217;agriculture est arrivée au XXIe siècle elle aussi. C&#8217;est difficile, parce que l&#8217;agriculture évolue très lentement et que les changements sont parfois très simples et donnent l&#8217;impression d&#8217;être bien ordinaires. Ce n&#8217;est pas le cas de l&#8217;agriculture de précision, par contre.</p>
<p>L&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_de_précision">agriculture de précision</a> se base sur le principe que sur un terrain agricole, les propriétés du terrain et des plantes elles-mêmes diffèrent énormément. Cela signifie que les terrains n&#8217;ont pas besoin d&#8217;un apport uniforme en nutriments (azote, phosphore et potassium, principalement) ou de pesticides (naturels comme artificiels &#8211; le biologique employant aussi des pesticides). En fait, une fertilisation uniforme, c&#8217;est un peu comme dire que tous les êtres humains sur Terre ont besoin d&#8217;une diète de 2200 calories par jour, des athlètes olympiques aux bébés de 3 mois. Ça ne marche pas comme ça.</p>
<p>Actuellement, notre outillage est fait pour lancer des concentrations relativement uniformes dans les champs, ce qui signifie qu&#8217;à certains endroits, on injecte trop de nutriments et on crée de la pollution (le phosphore, par exemple, est amovible et peut se retrouver dans les eaux &#8211; ce qui favorise la prolifération d&#8217;algues bleues). À d&#8217;autres endroits, c&#8217;est le contraire: on injecte moins de nutriments qu&#8217;il ne serait suggéré pour avoir le meilleur rendement, et à cause de ces deux raisons, on se ramasse avec une terre qui produit moins de nourriture qu&#8217;elle ne peut réellement le faire et qui, en plus de cela, a une empreinte écologique plus grave. Dans cette situation, les cultivateurs, l&#8217;environnement et la population en général se retrouvent perdante, parce que l&#8217;on n&#8217;utilise pas suffisamment intelligemment les moyens à notre disposition. L&#8217;un perd des revenus, l&#8217;autre doit subir plus de pollution et les consommateurs se retrouvent avec moins de nourriture produite.</p>
<p>L&#8217;agriculture de précision utilise des données prises sur le terrain et applique la technologie pour être capable de mieux évaluer les besoins d&#8217;une terre. Elle peut se baser sur des analyses de sol, des photos aériennes ainsi que des calculateurs de rendement (selon certains spécialistes, l&#8217;outil le plus rentable par rapport à son coût initial en agriculture). Un point en commun avec l&#8217;agriculture de précision: elle est basée sur les systèmes d&#8217;information géographique, comme le GPS, afin de bien localiser les besoins d&#8217;une terre. Elle nécessite un suivi constant des terres agricoles et la compilation de plusieurs données complexes, préférablement sur plusieurs années.</p>
<p>Il y a quelques mois, j&#8217;ai pu voir une conférence au sujet de l&#8217;agriculture de précision en Nouvelle-Écosse concernant le<a href="http://asae.frymulti.com/azdez.asp?JID=3&amp;AID=25302&amp;CID=t2008&amp;v=51&amp;i=5&amp;T=1&amp;refer=7&amp;access="> bleuet sauvage</a>. Veuillez noter qu&#8217;ironiquement, le &laquo;&nbsp;bleuet sauvage&nbsp;&raquo; est un type de bleuet, et non un bleuet qui pousse uniquement sans intervention humaine. La recherche portait sur l&#8217;emploi de caméras pour calculer les rendements des bleuets à certains points précis d&#8217;un champ à fertiliser. En prenant des photos à partir de la récolteuse et en comptant le nombre de pixels bleus sur les photos prises (une plus grande présence de pixels bleus signifie une plus grande quantité de bleuets), il était possible d&#8217;évaluer de façon assez fiable les rendements d&#8217;une terre, et ce, sans calculateur compliqué. La prochaine étape est ensuite de lancer un plan de fertilisation plus précis qui tient compte des données géographiques et des rendements obtenus.</p>
<p>C&#8217;est donc un peu ironique que l&#8217;on considère l&#8217;agriculture comme &laquo;&nbsp;vieux-jeu&nbsp;&raquo;, alors que l&#8217;on voit que celle-ci profite de technologies avancées employées dans les autres industries. Le GPS, les systèmes d&#8217;informatisation robotisée et les progrès en sciences des sols et des plantes sont des éléments qui pourront aider les agriculteurs à nourrir la planète dans l&#8217;avenir, et je crois que cette image est celle que les agriculteurs devraient montrer aux gens, afin de leur expliquer que l&#8217;agriculture actuelle n&#8217;est ni ringarde, ni attardée technologiquement. L&#8217;agriculture est arrivée au XXIe siècle au Québec et en Amérique, et cela promet de grands succès dans l&#8217;avenir.</p>
<p>Voilà une petite vidéo qui explique plus en profondeur les implications de l&#8217;agriculture de précision. Veuillez noter que c&#8217;est une campagne d&#8217;information et une publicité commandée par la compagnie Tyler. Ils avaient le vidéo le plus complet, mais je ne vous encourage pas nécessairement à acheter leurs produits. Ce ne sont pas les seuls à faire de l&#8217;équipement en agriculture de précision, et les entreprises se sont fait un point d&#8217;honneur à rendre leurs technologies compatibles entre elles afin de rejoindre le plus d&#8217;agriculteurs possible.</p>
<p><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://www.centpapiers.com/lagriculture-plus-precise-que-jamais/7683"><img src="http://img.youtube.com/vi/hJcrDRnuLCU/2.jpg" alt="" /></a></span>L&#8217;agriculture de précision est un domaine en cour de recherche au Canada et aux États-Unis de façon active. Voilà une liste de <a href="http://www.css.cornell.edu/research/precisionag/Research.htm">recherches </a>que l&#8217;université Cornell effectue en ce moment dans le domaine.</div>
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		<title>Syncrude s&#8217;excuse</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2009 13:12:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Avant de partager avec vous les découvertes de notre enquête, permettez-moi de vous dire que nous sommes vraiment désolés pour cet événement.&#160;&#187; Cette phrase a été prononcée (en anglais, je me suis contenté de la traduire) par le PDG de Syncrude, M. Tom Katinas, lors d&#8217;une conférence de presse en mars 2009. La semaine précédente, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_6993" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6993" title="1894940150_3e496f55f712" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/04/1894940150_3e496f55f712.jpg" alt="Photo : Flickr badjonni" width="500" height="325" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr badjonni</p></div>
<p>&laquo;&nbsp;Avant de partager avec vous les découvertes de notre enquête, permettez-moi de vous dire que nous sommes vraiment désolés pour cet événement.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Cette phrase a été <a href="http://www.syncrude.ca/users/folder.asp?FolderID=7311">prononcée </a>(en anglais, je me suis contenté de la traduire) par le PDG de Syncrude, M. Tom Katinas, lors d&#8217;une conférence de presse en mars 2009. La semaine précédente, cette entreprise faisait face à la justice, suite à un événement ayant eu lieu en avril 2008, lors de la migration des canards. Ayant pris les étangs de décantation du territoire albertain pour des étangs dans lesquels ils pouvaient se poser, une large population de canards avait trouvé la mort par empoisonnement.</p>
<p><strong>Les étangs de décantation</strong></p>
<p>Aussi appelés &laquo;&nbsp;tailing ponds&nbsp;&raquo; en anglais, les étangs de décantation contiennent les résidus du traitement du bitume albertain. Le pétrole contenu dans les sables bitumineux albertains étant emprisonné dans le sol, dans l&#8217;argile et dans la roche, son extraction relâche aussi de lourds contaminants qui étaient chimiquement reliés au sol et nécessite l&#8217;utilisation de grandes quantités d&#8217;eau. Les étangs de décantation permettent au sable de se déposer dans le fond rapidement alors que les résidus plus dangereux peuvent rester dans l&#8217;eau pendant 30 ans. Un étang de décantation mature peut avoir une composition allant jusqu&#8217;à 29% de particules solides (sur une échelle de masse) et 68% d&#8217;eau. Les étangs de décantation sont considérés comme toxiques, vu le contenu de la matière solide et parce que la présence d&#8217;activités bactériologiques génère du méthane, à un niveau qui peut être mortel. La surface totale des étangs de décantation albertains équivaut actuellement à 125 km².</p>
<p>En avril 2008, Syncrude avait lâché un avertissement au ministère de l&#8217;Environnement de l&#8217;Alberta, après qu&#8217;une population d&#8217;environ 500 canards ait été retrouvée dans le bassin de décantation <a href="http://www.nationalpost.com/news/canada/story.html?id=482931">Aurora</a>, près de Fort McMurray. Les canards avaient touché à l&#8217;étang et étaient presque tous morts. Les canards pouvant être sauvés ont été envoyés à Edmonton au Wildlife Rehabilitation Centre. Selon Syncrude, des 500 canards ayant été retrouvés sur l&#8217;étang, seul 5 pouvaient être sauvés.</p>
<p><strong>Les canards: beaucoup d&#8217;efforts en conservation</strong></p>
<p>Si les populations de canards sont encore bien portantes en Amérique, c&#8217;est en grande partie grâce à l&#8217;ONG Ducks Unlimited (DU). Elle a été fondée en 1937 par des entrepreneurs et des chasseurs qui s&#8217;inquiétaient de la diminution des milieux humides et des habitats naturels des gibiers d&#8217;eau. DU se consacre à la restauration et la préservation de milieux humides, de prairies d&#8217;herbes longues (qui permettent au gibier de se protéger contre les prédateurs) et à d&#8217;autres activités de conservation. Son budget de 2008 a été de 261 millions de dollars, dont 80% ont été investis en projets de conservation. D&#8217;ailleurs, la forêt boréale et les prairies sont deux des territoires les mieux protégés par DU, si bien que Ducks Unlimited Canada a actuellement <a href="http://www.ducks.ca/province/ab/projects/index.html">1800 projets</a> en cours d&#8217;élaboration en Alberta.</p>
<p>*Petit point au sujet de Ducks Unlimited: si vous êtes intéressés par des projets de restauration, notamment avec des milieux humides, certains ingénieurs m&#8217;ont souligné que DU appuie financièrement plusieurs projets sérieux qui auraient un potentiel de conservation, particulièrement dans les milieux humides.*</p>
<p>Je tenais à souligner la participation de DU à la préservation de la faune pour expliquer à quel point tuer 500 canards n&#8217;est pas qu&#8217;une petite bêtise. Quand une ONG de 72 ans se consacre à la protection des canards et que son budget est supérieur à celui du ministère de l&#8217;Environnement et des parcs du Québec (236.5 millions de dollars pour 2009-2010), la mort de 500 canards, d&#8217;un seul coup, ça fait un très mauvais coup de pub pour Syncrude. Mais attention, car ce n&#8217;est pas fini&#8230;</p>
<p><strong>La surprise de 2009</strong></p>
<p>Dans le communiqué de presse que j&#8217;ai placé en extrait plus tôt, le PDG de Syncrude s&#8217;excusait d&#8217;abord de l&#8217;événement. Il était aussi placé dans l&#8217;embarras, car une enquête interne de son entreprise était arrivée à la conclusion que la majorité des canards avaient coulé dans le fond de l&#8217;étang de décantation Aurora, et qu&#8217;au lieu d&#8217;avoir tué 500 canards, 1606 d&#8217;entre eux avaient perdu la vie. Ce nombre a été publié par Syncrude et a nécessité une permission de la cour avant d&#8217;être divulgué.</p>
<p>Plusieurs groupes ont démontré leur inquiétude quant aux étangs de décantation depuis cet événement. Alors que le président des États-Unis essaie de diminuer la dépendance au pétrole étranger et depuis le numéro de <a href="http://ngm.nationalgeographic.com/2009/03/canadian-oil-sands/kunzig-text/2">National Geographic</a> (les photos et témoignages sont d&#8217;ailleurs très enrichissants) au sujet des sables bitumineux, le gouvernement du Canada essayait de défendre son exploitation de combustibles fossiles en affirmant que les régulations sévères permettaient d&#8217;éloigner la nature de ces exploitations. À défaut de ne pas avoir un impact environnemental très éloquent, les exploitations de sables bitumineux avaient le mérite de tout mettre en œuvre pour éloigner la faune des exploitations, afin de les protéger. L&#8217;événement de l&#8217;an dernier a encore une fois prouvé que la méthode actuellement employée n&#8217;était pas suffisante pour éloigner les animaux de milieux qui pouvaient être dangereux pour leur santé.</p>
<p><strong>Mais&#8230;</strong></p>
<p>Ce serait facile de lancer des roches à Syncrude au sujet de la mort des populations de canards. Depuis 30 ans, Syncrude utilise des moyens pour éloigner la faune et les gibiers d&#8217;eau des étangs à décantation. En mars 2008 , Syncrude faisait notamment patrouiller des épouvantails sur les étangs, afin de donner l&#8217;illusion d&#8217;une occupation humaine. Elle avait d&#8217;ailleurs aussi commencé à utiliser des canons au gaz naturel qui relâchent un bruit monstrueux afin d&#8217;éloigner la faune des étangs. Finalement, des radars tentent de suivre de façon plus active la migration des oiseaux afin de resserrer la sécurité des étangs à décantation au printemps et à l&#8217;automne.</p>
<p>Syncrude a fait ses preuves que la sécurité de la faune leur tenait à coeur, mais que les mesures qu&#8217;elles avaient mises en oeuvre jusqu&#8217;à l&#8217;an dernier étaient insuffisantes. Les canards se sont habitués à la présence d&#8217;épouvantails en acier sur les étangs. Il faut maintenant trouver des façons mieux développées pour repousser les animaux des étangs à décantation. Par contre, cela ne réglera jamais le problème fondamental, qui est de l&#8217;impact environnemental horrible des sables bitumineux via les étangs de décantation. Ce n&#8217;est pas normal pour une industrie de contaminer 125 km² d&#8217;étangs au poing de pouvoir tuer des animaux de masse moyenne, comme les gibiers d&#8217;eau, et que l&#8217;on devra s&#8217;occuper de ces énormes territoires contaminés pendant 30 ans.</p>
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		<title>Le microcrédit à l&#8217;abri de la crise</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 17:07:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans un article récent, Muhammad Yunus (qui a gagné, avec la Grameen Bank, le prix Nobel de la Paix en 2006) s&#8217;est fait demander si la crise économique actuelle affectait le monde du microcrédit. Sa réponse: &#171;&#160;Nous n&#8217;avons été touchés en aucun point par la crise économique.&#160;&#187; M. Yunus justifie cela en mentionnant que le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_6481" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6481" title="388221237_015dd31a911" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/04/388221237_015dd31a911.jpg" alt="Photo : Flickr Sumaiya Ahmed" width="500" height="334" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Sumaiya Ahmed</p></div>
<p>Dans un <a href="http://muhammadyunus.org/content/view/203/128/lang,en/">article </a>récent, <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Muhammad_Yunus">Muhammad Yunus</a> (qui a gagné, avec la Grameen Bank, le prix Nobel de la Paix en 2006) s&#8217;est fait demander si la crise économique actuelle affectait le monde du microcrédit. Sa réponse: &laquo;&nbsp;Nous n&#8217;avons été touchés en aucun point par la crise économique.&nbsp;&raquo; M. Yunus justifie cela en mentionnant que le microcrédit se base sur des actifs existants ayant une valeur et créant de la richesse à long terme, comme des animaux d&#8217;élevage.</p>
<p style="text-align:left;">Le microcrédit est un principe économique qui sert le développement social et communautaire tout d&#8217;abord. Son principe est de prêter de l&#8217;argent à des groupes coopératifs pour démarrer un projet entrepreneurial à but lucratif dans un domaine où cette communauté a de l&#8217;expérience. Cela a permis à plusieurs personnes de se sortir de la pauvreté grâce à des sommes que nous, Occidentaux, pourrions considérer comme étant minimes.  Comme le prêt est alloué à un groupe coopératif composé de plusieurs personnes qui se réunissent et qui gèrent ensemble leur argent, peu de gens sont prêts à laisser derrière eux des dettes et, sous la pression du groupe, la majorité des prêts sont remboursés avec intérêts à la fin d&#8217;une période de un à deux ans.</p>
<p style="text-align:left;">Le but du microcrédit est donc de fournir de l&#8217;argent aux gens pour qu&#8217;ils puissent le faire fructifier. La <a href="http://www.grameen-info.org/">Grameen Bank</a>, par exemple, visite souvent les villages où elle prête de l&#8217;argent et arrive à bien évaluer la situation des communautés locales. Cela permet à cette banque de développement social d&#8217;assister les gens et de les aider à véritablement sortir de la pauvreté.</p>
<p style="text-align:left;">Certaines communautés profitent du prêt pour démarrer un élevage animal (un élevage laitier ou un poulailler, par exemple), pour irriguer leurs plantations ou pour fabriquer des textiles qu&#8217;ils peuvent ensuite vendre pour rembourser l&#8217;argent emprunté. Depuis 1978, la Grameen Bank, ainsi que plusieurs groupes de microcrédit, ont réussi à faire sortir de nombreuses communautés de la pauvreté à travers le monde.</p>
<p style="text-align:left;">Cette banque est surprenante sur plusieurs points. Par exemple, les membres de coopératives doivent réciter 16 engagements avant de recevoir leur prêt; parmi elles, on retrouve l&#8217;engagement à faire pousser un jardin afin de subvenir aux besoins de la famille. Par contre, ce qui me frappe le plus est le sixième engagement, qui mentionne que les emprunteurs doivent s&#8217;engager à garder une petite famille.</p>
<blockquote><p>6.0  We shall plan to keep our families small. We shall minimize our expenditures. We shall look after our health.</p></blockquote>
<p>La Grameen Bank a d&#8217;abord et avant tout un but de développement social. Le fait d&#8217;inciter les familles à avoir moins d&#8217;enfants pou subvenir plus adéquatement à leurs besoins le démontre bien. Le but du microcrédit n&#8217;est donc pas de faire de l&#8217;argent; malgré tout, la Grameen Bank n&#8217;a fait que deux déficits depuis 1984. Le but principal du microcrédit est de sortir des gens de la pauvreté en leur donnant des moyens financiers qui leur permettront de s&#8217;enrichir. Elle permet aussi d&#8217;éduquer la population et de la rendre plus responsable, par les engagements conditionnels au prêt et par la notion du prêt elle-même. En prêtant de la monnaie au lieu de la donner, les entreprises de microcrédit responsabilisent les communautés sur la valeur de l&#8217;argent.</p>
<p>Un autre détail très intéressant de la Grameen Bank réside dans leurs indicateurs de pauvreté. Selon leur évaluation, une famille qui s&#8217;est sortie de la pauvreté est une famille qui:</p>
<blockquote><p>-Vit dans une maison ayant un toit de tôle</p>
<p>-Où aucun membre de la famille ne dort sur le sol</p>
<p>-Où les enfants ont accès à l&#8217;école primaire</p>
<p>-Qui utilise des latrines</p>
<p>-Qui mange trois repas par jour</p>
<p>-Dont les lits sont dotés de filets anti-maringouins</p>
<p>-Qui arrive à s&#8217;occuper de sa santé (accès aux médicaments, à un médecin en cas de blessures, etc.)</p></blockquote>
<p>Ces indicateurs, loin de se baser uniquement sur le revenu, traitent de la situation réelle de la famille à partir d&#8217;observations faites sur le terrain, ce qui rend une telle entreprise très intéressante. Elles permettent aussi aux Occidentaux de voir quelle est la situation des citoyens du Bangladesh (pays où M. Yunus a fondé la Grameen Bank) qui sont affectés par la pauvreté.</p>
<p>Finalement, un autre point qui est fascinant concernant le micro-crédit est qu&#8217;il se rapproche, par sa forme, aux <em>sub-primes</em>. Les personnes qui ont eu droit aux <em>sub-primes</em> (que je traduirais en français par &laquo;&nbsp;hypothèques de seconde classe&nbsp;&raquo;) avaient à peu près le même profil que les gens qui ont accès au micro-crédit: on ne leur demande aucune preuve de revenus, de garantie d&#8217;emploi, etc. En gros, la banque qui offre une hypothèque ou un prêt de microcrédit n&#8217;a pas d&#8217;autre garantie que la parole de la personne qui encaisse le prêt. Dans un cas, les <em>sub-primes</em> ont mené à une crise économique sur papier qui nous a fait perdre des millions d&#8217;emplois; dans l&#8217;autre, le microcrédit a permis à des banques de faire des profits et à faire sortir des millions de personnes de la pauvreté!</p>
<p>Cela est dû au fait que le micro-crédit se base sur la confiance des gens et en l&#8217;esprit de communauté. Le microcrédit investi aussi dans le but de créer de la richesse et de sortir de la pauvreté. Dans le cas des sub-primes, le tout a été un peu plus compliqué. Quelques explications s&#8217;imposent donc afin d&#8217;expliquer pourquoi le cas des <em>sub-primes</em> a eu lieu, et ce qui est particulier à propos de celui-ci.</p>
<p>Les sub-primes ont été alloués en bonne partie parce que les entreprises financières et des investisseurs pouvaient acheter les hypothèques à partir de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Collateralized_Debt_Obligation">CDO </a>(<em>Collateralised Debt Obligations </em>- cela signifie qu&#8217;un investisseur achète les droits sur une dette à long terme à une banque,  comme l&#8217;hypothèque sur une maison, afin de pouvoir en collecter les paiements mensuels) et encaisser les paiements d&#8217;hypothèque. Comme il n&#8217;y avait pas assez d&#8217;hypothèques sur le marché, on a créé une bulle en demandant à des agents immobiliers de prêter de l&#8217;argent à des gens qui étaient plus à risque de ne pas avoir les moyens de payer leur maison. Dans certains cas, plusieurs agents ne demandaient même pas de preuve d&#8217;emploi avant d&#8217;octroyer une hypothèque. Cela permettait de vendre plus de CDO sur le marché. Si les gens étaient incapables de payer, comme c&#8217;est arrivé à plusieurs reprises, les investisseurs ne perdaient rien, car ils saisissaient la maison des mauvais payeurs et la revendaient. Comme le prix des maisons ne cesse d&#8217;augmenter, d&#8217;un point de vue financier, investir dans les CDO semblait un bon investissement, ce qui explique pourquoi plusieurs paquets de CDO ont obtenu une cote AAA (très bonne) ou BBB (assez bonne) dans les évaluations sur la sécurité de l&#8217;investissement. En d&#8217;autres mots, les gens qui achetaient les hypothèques de type <em>sub-prime</em> croyaient qu&#8217;ils détenaient un investissement sécuritaire et qu&#8217;ils ne couraient aucun risque. Le problème est que beaucoup trop de personnes ont été incapables d&#8217;effectuer leurs paiements d&#8217;hypothèque, ce qui a provoqué un effondrement du marché immobilier américain et donc, des banques et des institutions qui avaient investi de l&#8217;argent dans les obligations de crédit. Comme les investissements étaient souvent considérés comme &laquo;&nbsp;sécuritaires&nbsp;&raquo;, cela a aussi nui à des entreprises qui ne prenaient pas souvent de risques.</p>
<p>Alors, ce que l&#8217;on voit est que d&#8217;un côté, les banques de microcrédit font preuve d&#8217;altruisme en voulant investir dans des entreprises plus risquées et limitées en moyen. Cela leur a permis de sortir un grand nombre de personnes de la pauvreté et de faire un profit. De l&#8217;autre côté, les banques occidentales ont prêté de l&#8217;argent à des gens dans le but égoïste de faire plus d&#8217;argent en vendant plus de CDO et, en cas d&#8217;impossibilité de paiement, de saisir la maison des personnes à qui elles ont octroyé un prêt. Cette vision réductrice de la micro-économie est ce qui a mené à la crise des <em>sub-primes</em> et joue un rôle majeur dans la crise économique actuelle. En tenant compte des impacts sociaux de leur rôle, les banques sont donc capables d&#8217;aider la population à s&#8217;enrichir et à se sortir de la pauvreté, alors que si elles n&#8217;en tiennent pas compte, elles peuvent parfois commettre des erreurs qui causent un effondrement boursier majeur.</p>
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		<title>La bioraffinerie forestière</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Mar 2009 18:15:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La situation actuelle dans les pâtes et papiers, partie importante de l&#8217;industrie forestière, a connu beaucoup de difficultés dans les dernières années. Pour l&#8217;instant, l&#8217;industrie canadienne survit grâce à des fusions, des centralisations et grâce à la rationalisation des coûts, mais ces méthodes connaissent leurs limites. Le problème est que le produit a perdu sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;">
<div id="attachment_5636" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-5636" title="62219140_62a6f4a8cb3" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/02/62219140_62a6f4a8cb3.jpg" alt="Photo : flickr Alex Scarcella" width="500" height="240" /><p class="wp-caption-text">Photo : flickr Alex Scarcella</p></div>
<p>La situation actuelle dans les pâtes et papiers, partie importante de l&#8217;industrie forestière, a connu beaucoup de difficultés dans les dernières années. Pour l&#8217;instant, l&#8217;industrie canadienne survit grâce à des fusions, des centralisations et grâce à la rationalisation des coûts, mais ces méthodes connaissent leurs limites. Le problème est que le produit a perdu sa valeur au cours des dernières années, suite à la compétition grandissante. De nombreux pays, notamment dans les tropiques, ont une nouvelle industrie de pâtes et papiers avec des installations plus récentes et plus modernes, ainsi que des salaires inférieurs à payer à leurs employés. De plus, la recherche et le développement se fait rare dans le domaine des pâtes et papiers, et elle est surtout concentrée sur l&#8217;efficacité de l&#8217;entreprise.
</p>
<p style="text-align:left;">Une des solutions, défendue de plus en plus par plusieurs experts et ingénieurs, est de convertir l&#8217;industrie des pâtes et papiers en un complexe de bioraffinerie intégrée (Integrated Forest Biorefinery &#8211; ou IFBR en anglais, pour les engins de recherche). La bioraffinerie est similaire à la méthodologie utilisée par l&#8217;industrie pétrochimique; elle consiste à séparer les constituantes de la biomasse (dans ce cas, le bois et ses biomatériaux le constituant, comme différentes lignines, la cellulose, l&#8217;hémicellulose, etc.) pour les convertir en différents produits à valeur élevée. Ces produits pouvant être faits à partir du bois sont nombreux, mais ils se séparent en trois catégories: la bioénergie (éthanol*, syngaz, syngaz converti en diesel grâce au procédé Fischer-Tropsch*, digestion anaérobique* des eaux usées), les biomatériaux (les lignosulphonates, pouvant être utilisées dans le béton, ou la pulpe dissoute qui peut être utilisée dans l&#8217;industrie textile ou pharmaceutique) et les bioproduits (comme les <a href="http://www.lactualite.com/shared/print.jsp?content=20080306_170202_2512&amp;">nanocelluloses cristallines</a>, qui sont de la cellulose réduite à un état cristallin et qui ont des propriétés intéressantes).</p>
<p style="text-align:left;">La bioraffinerie offre des possibilités. D&#8217;abord, elle crée des emplois de qualité dans les régions rurales (techniciens, ingénieurs, gestionnaires, etc.), offre de l&#8217;intérêt à des entreprises dans des domaines connexes comme l&#8217;énergie ou l&#8217;industrie (bio)chimique.  C&#8217;est aussi une industrie qui a intérêt à se départir du pétrole, et à réduire sa dépendance au gaz naturel. En effet, la biomasse du bois a un coût énergétique 3 fois moins élevé que le pétrole.</p>
<p style="text-align:left;">Par contre, il ne faut pas oublier que le but principal des pâtes et papiers n&#8217;est pas de produire de l&#8217;éthanol cellulosique ou des sous-produits de qualité, mais bien d&#8217;oeuvrer dans les pâtes et papiers. Transformer les usines en bioraffineries ne doit donc pas nuire à la qualité de la fibre produite. La bioraffinerie doit aussi faire preuve de flexibilité; en produisant différents types de produits, elle doit pouvoir s&#8217;adapter à l&#8217;évolution de différents marchés.</p>
<p style="text-align:left;">Une autre particularité des bioraffineries est qu&#8217;ils produisent des biens à l&#8217;échelle globale (pâtes et papiers), régionale (bio-énergie) et locale (produits spécialisés).</p>
<p style="text-align:left;">Il reste tout de même de nombreux défis avant que l&#8217;on intègre les technologies de bioraffinage forestier. Il faut que cette méthode puisse répondre au principe de rentabilité à court terme de l&#8217;entreprise. Pour cela, il faut convaincre les actionnaires du potentiel de cette adaptation. Il faut faire preuve de leadership et avoir une bonne vision des marchés à court et à long terme, et avoir un plan développé de gestion des risques. Il faut aussi trouver l&#8217;exploitation optimale. Celle-ci dépend des entreprises dans les environs, des prix sur le marché et des possibilités de synergie. L&#8217;implantation d&#8217;une bioraffinerie optimale doit aussi tenir compte des possibilités de symbiose industrielle*: l&#8217;industrie agricole, l&#8217;agro-foresterie, les centrales municipales de traitement des déchets et de traitement des eaux, etc.</p>
<p style="text-align:left;">Des recherches ont lieu à l&#8217;usine Tembec Temiscamingue. Tembec utilise du bois certifié FSC et produit de nombreux sous-produits issus de son entreprise: de l&#8217;éthanol, de la lignine modifiée, de la cellulose à haut degré de pureté (utilisé pour les explosives, en pharmaceutique et dans l&#8217;industrie textile, entre autre) et du biogaz. Pour que de tels produits soient faits, Tembec a émis quelques critères: l&#8217;exploitation doit être économique et ne nuira pas à l&#8217;opération principale de l&#8217;usine (produire des pâtes et papiers). Elle intègre donc surtout ses déchets et transforme les sous-produits de la transformation des pâtes et papiers pour en faire des produits de valeur. Par exemple, la centrale de cogénération qui sert à faire de la digestion anaérobique transforme 400 t sèches / jour pour créer des biogaz. Cette biomasse vient surtout de résidus forestiers, d&#8217;écorce et des eaux usées de  l&#8217;usine (183 tonnes de matière organique par jour), qui sont partiellement traitées par le procédé de digestion anaérobique. Grâce à cela, la centrale Tembec Temiscamingue est presque indépendante des combustibles fossiles, même si elle utilise encore un peu de gaz naturel.</p>
<p style="text-align:left;">L&#8217;idée d&#8217;intégrer les bioraffineries forestières fait du sens dans le contexte actuel. Le Canada a un pôle de recherche et une main d&#8217;oeuvre capable de faire des produits spécialisés. C&#8217;est une façon d&#8217;ajouter de la valeur à l&#8217;industrie des pâtes et papiers, et de pouvoir percer avec des produits locaux dans un domaine qui consomme beaucoup de combustibles fossiles (la fabrication de produits spécialisés).</p>
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:left;">Des articles intéressants à ce sujet:</p>
<p style="text-align:left;">Pulp and Paper Canada; Juin 2006; 107,6, p.13, <strong>THE FOREST BIOREFINERY: Survival strategy for Canada&#8217;s pulp and paper sector?</strong>, Paul Stuart</p>
<p style="text-align:left;">Pulp and Paper Canada; Juin 2006; 107,6, p.38, <strong>Converting a kraft pulp mill into an integrated forest biorefinery</strong>, A van Heiningen</p>
<p style="text-align:left;">Pulp and Paper Canada; Juin 2006; 107,6, p.44, <strong>Tembec Temiscaming integrated biorefinery</strong>, L. Magdzinski</p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://www.lactualite.com/economie/article.jsp?content=20080303_150934_4556">Une image des fermetures temporaires et permanentes d&#8217;usines et des pertes d&#8217;emplois dans le secteur forestier, d&#8217;avril 2005 à mars 2008</a></p>
<p style="text-align:left;">Des sources intéressantes sur certains procédés (venant de mon blogue):</p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://manx.wordpress.com/2007/07/19/vous-croyez-que-seul-le-petrole-fonctionne-le-procede-fischer-tropsch/">Le procédé Fischer-Tropsch</a></p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://manx.wordpress.com/2008/05/12/un-bio-carburant-prometteur-le-switchgrass/">L&#8217;éthanol cellulosique</a></p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://manx.wordpress.com/2008/04/19/energies-partie-7-du-fumier-a-lelectricite/">La digestion anaérobique</a></p>
<p style="text-align:left;"><a href="http://manx.wordpress.com/2008/05/19/la-symbiose-industrielle/">La symbiose industrielle</a></p>
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		<title>La fertilisation des océans</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/la-fertilisation-des-oceans/4765</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 12:38:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Manx</dc:creator>
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		<description><![CDATA["Give me a half tanker of iron and I'll give you another ice age!" (John Martin, 1991)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 450px"><strong><strong><img src="http://farm4.static.flickr.com/3233/2734065466_781c56c1e2.jpg?v=0" alt="Le Weatherbird II" width="440" height="330" /></strong></strong><p class="wp-caption-text">Le Weatherbird II *Source: Flickr, photo2c </p></div>
<p>&laquo;&nbsp;Give me a half tanker of iron and I&#8217;ll give you another ice age!&nbsp;&raquo; (Donnez-moi un demi-réservoir de fer et je vous créerai une nouvelle ère de glace!) C&#8217;est ce que disait John Martin en 1991. Cette phrase, suscitant l&#8217;imaginaire, a réussi tout de même à mettre sur la carte une technique de géoingénérie (modification des éléments de la Terre), qui est celle de la fertilisation des océans par le fer.</p>
<p>La fertilisation des océans par le fer est le principe d&#8217;ajouter dans des régions riches en nutriments et ayant une carrence en fer du sulfate ferreux (FeSO4) chimiquement lié à des molécules d&#8217;eau (donc sous une forme de mélange solide-liquide) pour favoriser la croissance de biomasse.</p>
<p><strong>Le</strong> <strong>fonctionnement</strong></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 198px"><strong><strong><img src="http://img171.imageshack.us/img171/1274/planktondu6.jpg" alt="Augmenter la production de phytoplankton permettrait de séquestrer du carbone" width="188" height="240" /></strong></strong><p class="wp-caption-text">Augmenter la production de phytoplankton permettrait de séquestrer du carbone</p></div>
<p>Plusieurs zones des océans sont connues sous le nom de <em>HNLC (High-nutrient, low chlorophyll)</em>. Ces zones ont de grandes quantités de nutriments dans leurs eaux, mais pourtant, le phytoplankton ne s&#8217;y reproduit pas en grandes quantités. Dans les années &#8217;80, John Martin (encore lui!) a prouvé, malgré la controverse, que le facteur limitant de ces régions était une carrence en fer.  Le fer se rend en effet naturellement dans les océans, grâce aux vents qui poussent du fer sous forme organique jusque dans les océans. Le fer est un élément nécessaire à la photosynthèse (méthode des plantes pour produire de l&#8217;énergie), mais une très petite quantité est nécessaire. Le ratio de Refield explique que pour la biomasse océanique, il existe un ratio de nutriments requis pour créer du plankton: 106 atomes de carbone pour 16 atomes d&#8217;azote pour un atome de phosphore et 0.001 atome de fer (<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Redfield_ratio">Ratio de Redfield</a>: 106C:16 N:1P:0.001Fe). Donc, le fer est un élément nécessaire à la photosynthèse chez le phytoplankton dans les océans, mais il n&#8217;a pas besoin d&#8217;une forte concentration.</p>
<p>Depuis 1980, on estime qu&#8217;il y aurait eu un déclin de 6 à 12% dans la reproduction du phytoplankton (le plankton microscopique qui effectue de la photosynthèse en milieu océanique et donc, fournit l&#8217;énergie à la chaîne alimentaire). Cette réduction représente des pertes de 3 à 5 milliards de tonnes d&#8217;équivalent CO2 absorbées par année de l&#8217;atmosphère vers les océans. Rétablir la population de phytoplankton au niveau qu&#8217;elle devrait avoir en fertilisant les océans permettrait donc de réduire considérablement la présence de GES dans l&#8217;atmosphère. Par contre, certains experts affirment que le rythme de reproduction du phytoplankton serait cyclique, et qu&#8217;éventuellement il reviendrait à un rythme &laquo;&nbsp;normal&nbsp;&raquo;.</p>
<p>La majorité du carbone absorbé par le phytoplankton est relâché dans l&#8217;atmosphère relativement rapidement. Par contre, lorsque le phytoplankton meurt sans être absorbé par d&#8217;autres organismes (comme le zooplankton ou de petits animaux marins), son squelette, composé de carbone, commence à se précipiter dans les fonds océaniques. 20 à 30% du phytoplankton finit donc par se retrouver à au moins 200m sous la surface de l&#8217;eau, où le carbone du squelette est séquestré pendant des siècles, voire des millénaires. À ce point, on peut donc affirmer que le carbone est séquestré &laquo;&nbsp;à long terme&nbsp;&raquo;, selon tous les standards de séquestration du carbone.</p>
<p><strong>Les avantages de la fertilisation des océans</strong></p>
<p>Selon les études actuelles mesurées pendant de petits intervalles de temps, il faut très peu de fer pour séquestrer de grandes quantités de carbone. <a href="http://www.planktos-science.com/index.html">Planktos </a>proposait, pour un projet de séquestration à but lucratif, de vendre de crédits de carbone à 5US$/tonne. Wikipedia estime le coût plutôt à 5€/t (ou 8-9$/tonne). Mais à ce prix, cette séquestration devient compétitive sur les marchés du carbone. La prolifération de phytoplankton pourrait aussi permettre le renouvellement de certains bancs de poisson, et donc d&#8217;accroître la biodiversité marine et de lancer des projets économiques, tel la pêche. Je reviendrai sur ce point plus tard, car il y a un &laquo;&nbsp;mais&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ces avantages seraient d&#8217;autant plus profitables si les méthodes pour la fertilisation des océans étaient améliorées.</p>
<p><strong>L&#8217;ingénérie de la fertilisation du fer</strong></p>
<p>La fertilisation a été effectuée 13 fois au cour des 15 dernières années par des expéditions de recherche. Chaque recherche jouait environ avec 1 tonne de fer à répandre sur une superficie déterminée. Par contre, il a été démontré dans un papier cette année par Stéphane Blain que cette fertilisation était de 10 à 100 fois moins efficace que les méthodes de fertilisation naturelle.</p>
<p>La première cause est dans la nature du fer. Le phytoplankton est habitué à absorber du fer sous forme organique, alors que les sulfates ferreux ne sont pas sous la forme de prédilection pour l&#8217;absorbtion. Trouver un moyen d&#8217;augmenter la prolifération du fer de façon naturelle serait donc une bonne avenue.</p>
<p>La seconde différence est que la prolifération du fer de façon naturelle se fait de façon relativement soutenue dans le temps. Une fertilisation artificielle se fait rapidement, presque d&#8217;un seul coup, et a une moins grande efficacité, car d&#8217;autres organismes, comme le zooplankton (un des prédateurs du phytoplankton) l&#8217;absorbe, se reproduit plus rapidement et diminue donc l&#8217;efficacité de la séquestration en mangeant plus de plankton. La reproduction rapide et soudaine du plankton est aussi un phénomène qui rend le procédé moins efficace, car une reproduction rapide d&#8217;une proie représente aussi la reproduction rapide de ses prédateurs. Une fertilisation plus constante serait donc plus efficace, si le but de la séquestration est que les squelettes de phytoplankton puissent se précipiter en profondeur dans l&#8217;océan.</p>
<p>Donc, il y a trois avenues à voir pour améliorer l&#8217;efficacité de la fertilisation des océans:</p>
<p>-S&#8217;assurer que le fer soit plus facilement absorbable</p>
<p>-Obtenir un transfert plus régulier du fer</p>
<p>-Favoriser l&#8217;absorbtion du fer par le phytoplankton, et non par d&#8217;autres espèces marines</p>
<p><strong>Les inconvénients de la fertilisation des océans<br />
</strong></p>
<p>Ils sont nombreux, surtout parce que l&#8217;on commence à envisager cette technique depuis à peine dix ans. À cause de la nouveauté de la technologie, certains aspects n&#8217;ont pu être bien cernés, et les conséquences théoriques d&#8217;une technologie de géoingénérie si primitive sont nombreuses, car nous n&#8217;avons que peu de contrôle sur les conséquences directes et indirectes de la fertilisation.</p>
<p><em>Modifications de la chaîne alimentaire océanique</em></p>
<p>La prolifération irrégulière de phytoplankton pourrait changer les modèles de prédation/proie dans le milieu océanique. Cela pourrait effectivement avoir un effet positif en favorisant la prolifération de poissons et d&#8217;espèces désirables. Par contre, il serait aussi possible que la prolifération de phytoplankton stimule la prolifération d&#8217;espèces indésirables, comme les méduses ou d&#8217;algues dangereuses. Cela pourrait donc nuire à la biodiversité. Une évaluation à long terme des conséquences de la fertilisation sur l&#8217;écosystème serait donc nécessaire avant tout projet important de fertilisation.</p>
<p><em>Manque de nutriments</em></p>
<p>Les nutriments sont présents en quantités limitées. Comme le montrait le ratio de Redfield, il faut de grandes quantités de carbone et d&#8217;azote pour former de la biomasse de plankton. Si le plankton absorbe trop de nutriments, les autres espèces ne pourront pas en bénéficier directement, ce qui peut débalancer un écosystème et l&#8217;apauvrir. La mort du phytoplankton et son dépôt dans les fonds océaniques fait que plusieurs nutriments de la surface des eaux tomberont dans les fonds océaniques, où ils ne seront disponibles à nouveau que dans quelques siècles ou plus.</p>
<p>Pour résoudre ce problème, une évaluation des nutriments serait nécessaire avant de lancer une expédition. On estime que la région qui a le plus grand potentiel de séquestration de carbone serait le Sud des Océans, près de l&#8217;Antartique. Cette région est une HNLC qui pourrait réduire de 70 ppm le nombre de particules de CO2 dans l&#8217;air (mesurée à environ 380 ppm &#8211; ou particules par millions). Cette zone possède des quantités très élevées de nutriments, mais d&#8217;autres problèmes apparaissent (les conditions de travail dans une région froide et le fait que la photosynthèse n&#8217;ait lieu que 6 mois par année, à cause de la noirceur).</p>
<p><em>Émission de GES par un manque d&#8217;oxygène</em></p>
<p>En mourant, le phytoplankton absorbe une grande quantité d&#8217;oxygène, nécessaire à la respiration des bactéries aérobes et de la majorité de la vie sur Terre. En absorbant trop d&#8217;oxygène, ce manque pourrait favoriser les modes de vie anoxiques (qui n&#8217;utilisent pas d&#8217;oxygène), qui produisent leur énergie en se nourissant de matière organique et en relâchant du méthane et des oxydes azotées. Ces éléments sont des GES qui sont plus dommageables pour l&#8217;environnement que le dioxyde de carbone. En théorie, je crois que l&#8217;on séquestrerait plus de carbone que l&#8217;on n&#8217;en émettrait, mais il faut tenir en compte dans les calculs de séquestration de GES des quantités de méthane dégagées par la modification de l&#8217;écosystème, et des autres effets néfastes qu&#8217;ont le manque d&#8217;oxygène dans l&#8217;eau.</p>
<p><em>Difficultés à évaluer les conséquences</em></p>
<p>Le dernier problème est qu&#8217;il est difficile d&#8217;évaluer les conséquences néfastes de la fertilisation à cause du mouvement de l&#8217;eau. Les budgets de recherche étant limités, peu d&#8217;expéditions expérimentales ont pu rester sur place pendant plus de 60 jours. Or, certains éléments, comme la diminution des nutriments ou la présence d&#8217;activités anoxiques, apparaissent après un certain temps, parce que l&#8217;eau circule dans l&#8217;océan et que les parties faibles en nutriments prennent du temps avant de revenir à la surface de l&#8217;eau.</p>
<p><em>Qui a séquestré du carbone?</em></p>
<p>Le protocole de Kyoto fixait des balises pour les diminutions d&#8217;émissions de GES ou pour la séquestration du carbone par pays. Or, le modèle de séquestration dans les océans se trouve dans un territoire international. Dans ce cas-ci, quel pays serait-il responsable de la séquestration du carbone engendré ou, dans le cas de conséquences négatives, de la restoration du milieu de vie aquatique? Cette séquestration, au niveau des normes internationales, entre dans une zone grise qui devrait être revue d&#8217;ici les années à venir. Elle entre aussi dans une zone grise au niveau de la gestion du rejet dans les océans; certains traités internationaux tendraient à montrer que de jetter du FeSO4 dans l&#8217;eau est en fait une forme de &laquo;&nbsp;dumping&nbsp;&raquo; de matières dangereuses. Et ce n&#8217;est pas entièrement faux.</p>
<p>C&#8217;est pour toutes ces raisons que la fertilisation des océans par le fer n&#8217;est pas LA seule solution à envisager pour séquestrer le carbone. Les risques d&#8217;une utilisation à grande échelle sont nombreux et graves, et il faut donc continuer la recherche pour bien comprendre leurs effets et trouver des pistes de solution qui addressent ces problématiques. Le cas de Planktos nous a bien montré que la hâte n&#8217;est pas la solution et que la recherche scientifique doit se poursuivre avant de mettre en oeuvre un projet commercial pour séquestrer du carbone à partir de cette méthode.</p>
<p><strong>Le cas de Planktos</strong></p>
<p>Planktos est une compagnie qui souhaite vendre des crédits de carbone à des particuliers qui veulent diminuer leurs émissions de GES. En 2007, elle lançait l&#8217;ambitieux projet d&#8217;utiliser le bateau Weatherbird II pour fertiliser une région près des îles Galapagos avec 1000 tonnes de fer. Elle favoriserait ainsi la prolifération de phytoplankton et vendrait des crédits de carbone à 5$/tonne pour ce projet.</p>
<p>Des opposition de l&#8217;EPA (Environmental Protection Agency) sur le &laquo;&nbsp;dumping&nbsp;&raquo; de matières dangereuses forcèrent d&#8217;abord Planktos à changer de drapeau sur leur bateau et à voyager dans l&#8217;océan sous une bannière qui n&#8217;était pas américaine. Comme les eaux à fertiliser n&#8217;étaient pas sous juridiction américaine, en faisant cela, Planktos n&#8217;avait pas à respecter les lois de l&#8217;EPA. C&#8217;est similaire aux entreprises qui vont installer des usines dans les lieux où les réglements environnementaux sont les plus légers, afin de revenir vendre un produit de moins bonne qualité (au niveau de la fabrication ou des conditions de travail) aux consommateurs. Des oppositions ont aussi été soulevées par le gouvernement Équatorien.</p>
<p>Planktos souhaitait toutefois poursuivre son projet, car son but était bien sûr de séquestrer du carbone et que cette méthode est, selon les estimations, extrêmement efficace. Pour aller chercher du fer, elle a du envoyer le Weatherbird II au Portugal, où les pressions de groupes écologistes comme le Sea Shepherd Conservation Society ou GreenPeace ont forcé l&#8217;administration portugaise à empêcher le Weatherbird II de charger sa cargaison de sulfate ferreux à bord de son bateau.</p>
<p>En février 2008, Planktos a affirmé qu&#8217;un manque de fonds monétaires l&#8217;empêchait de poursuivre son projet de séquestration de carbone dans les îles Galapagos, blâmant &laquo;&nbsp;une efficace campagne de désinformation&nbsp;&raquo; de la part des ONG. La <a href="http://www.seashepherd.org/news-and-media/news-080214-1.html">Sea Shepherd Conservation Society</a> se réjouit, un peu sarcastiquement, d&#8217;avoir été en partie la cause de cet abandon, en expliquant que le projet de Planktos ne respectait pas l&#8217;opinion des instances gouvernementales et était, selon leurs experts, une action illégale de &laquo;&nbsp;dumping&nbsp;&raquo; de produits dangereux dans les zones internationales. Le Sea Shepherd avait d&#8217;ailleurs mis à la disposition de la marine Équatorienne un de ses bateaux, afin de patrouiller la région des îles Galapagos et de s&#8217;assurer d&#8217;éloigner le Weatherbird II, si celui-ci venait à lancer son projet de fertilisation océanique.</p>
<p>Planktos a effectué des erreurs dans la gestion de ce problème. Premièrement, elle a rejetté les oppositions de l&#8217;EPA en voguant sous un autre drapeau au lieu de discuter avec les officiels. Ensuite, elle n&#8217;a pas tenu compte suffisament de l&#8217;opposition Équatorienne, responsable en partie de la protection des îles Galapagos. Plus important encore, Planktos jouait avec une quantités de 1000 tonnes de sulfates ferreux. Il faut bien comprendre qu&#8217;actuellement, 13 expériences ont été effectuées et qui tenaient en compte la fertilisation des océans par le fer; chacune de ces opérations jouait avec 1 tonne de FeSO4. Les modèles de séquestration du CO2 ont des limites, et un premier projet de séquestration du carbone à des fins commerciales aurait du avoir une beaucoup plus petite échelle, au lieu de jouer avec des quantités de fer de 1000 fois supérieures à tout ce qui s&#8217;est vu auparavant. La plus grave erreur de Planktos aura donc été de se précipiter trop rapidement vers une technologie qui n&#8217;est pas encore prête à évaluer les conséquences d&#8217;un projet à si grande échelle.</p>
<p><strong>Analyse de la séquestration</strong></p>
<p>J&#8217;ai publié récemment un article qui traitait des caractéristiques d&#8217;une bonne séquestration du carbone, en y ajoutant les critères les plus importants. Afin de bien comprendre comment on peut évaluer si la séquestration du carbone en fertilisant les océans est, pour l&#8217;instant, une bonne méthode, je propose d&#8217;utiliser ces critères pour analyser ce que j&#8217;en pense.</p>
<p><em>La solution doit absorber du carbone à court terme</em></p>
<p>Les effets de la séquestration du carbone sont mesurables rapidement, par la prolifération du phytoplankton et les tests de luminosité de l&#8217;eau pour l&#8217;évaluer.</p>
<p>Effectivement, la fertilisation des océans respecte ce critère.</p>
<p><em>La solution doit absorber du carbone à long terme</em></p>
<p>Vu le manque de moyens, aucune expérience n&#8217;a pu rester plus de 60 jours sur place et de mener des études à long terme sur la séquestration du carbone. Par contre, il semble clair que, adéquatement géré, cette méthode peut séquestrer du carbone à long terme.</p>
<p>Même si j&#8217;émets quelques réserves, que nous verrons plus tard, la fertilisation des océans par le fer séquestre du carbone à long terme.</p>
<p><em>Une personne ou un organisme doit être responsable de la fertilisation océanique</em></p>
<p>En règle générale, on pourrait dire que l&#8217;entreprise qui épand les sulfates ferreux dans l&#8217;océan serait responsable de la séquestration. Or, comme cette séquestration a lieu en zones internationales, il serait difficile, advenant une conséquences néfaste, de la tenir pour responsable des conséquences négatives de leur plan de fertilisation.</p>
<p>Il y a donc un bémol, au niveau de la loi, à émettre sur la notion de &laquo;&nbsp;responsabilité&nbsp;&raquo; dans ce procédé de séquestration de carbone. Cela devrait donc être revu rapidement, avant que l&#8217;on n&#8217;entâme des projets à grande échelle de séquestration de carbone par ce procédé.</p>
<p><em>La séquestration doit avoir des conséquences positives ou neutres sur l&#8217;environnement<br />
</em></p>
<p>Cette méthode peut avoir l&#8217;avantage d&#8217;augmenter la santé d&#8217;un écosystème en lui fournissant plus d&#8217;énergie (plus de phytoplankton). Par contre, les conséquences potentielles de cette technologie mentionnés plus haut (possibilités de favoriser des populations néfastes, diminution des nutriments dans l&#8217;eau, débalancement de la chaîne alimentaires, augmentation de milieux à conditions anoxiques) sont à étudier adéquatement, ce qui n&#8217;est pas le cas actuellement (les projets expérimentaux étant à trop petite échelle).</p>
<p>Donc, pour les conséquences positives sur l&#8217;environnement, rien n&#8217;est certain et une bonne gestion est de mise.</p>
<p>Pour ces raisons, je crois que la fertilisation des océans est une voie qui a de l&#8217;avenir, comme faisant partie d&#8217;un projet qui mettrait de l&#8217;avant l&#8217;utilisation de plusieurs techniques de séquestration de carbone. Il ne faut pas penser que l&#8217;on retirera 3 milliards de tonnes de  CO2 uniquement en utilisant cette technologie. Les conséquences seraient dangereuses pour les écosystèmes océaniques. Par contre, en gardant des projets à une échelle raisonnable, en évaluant les conséquences de ces projets et en effectuant plus de recherche sur les méthodes de fertilisation, cette technologie de géoingénérie a de l&#8217;avenir, ça c&#8217;est certain.</p>
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