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	<title>CentPapiers &#187; Louis Préfontaine</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Offre d’emploi – Premier ministre</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Nov 2010 05:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Offre d’emploi – Premier ministre Nombre de poste(s) à combler : 1 Appellation d’emploi à l’interne (si différente) : Premier ministre ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC Accès à l’égalité Nous souscrivons à un programme volontaire d’accès à l’égalité en emploi selon la Charte des droits et libertés de la personne et nous encourageons les personnes lésées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-47813" href="http://www.centpapiers.com/offre-d%e2%80%99emploi-%e2%80%93-premier-ministre/47806/2784134460_a4330be46a_z"><img class="alignleft size-full wp-image-47813" title="2784134460_a4330be46a_z" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2010/11/2784134460_a4330be46a_z.jpg" alt="" width="500" height="260" /></a><a title="Permanent Link to Offre d’emploi – Premier ministre" rel="bookmark" href="http://louisprefontaine.com/2010/11/15/offre-demploi-premier-ministre">Offre d’emploi – Premier ministre</a></h2>
<p>Nombre de poste(s) à combler : 1<br />
Appellation d’emploi à l’interne (si différente) : Premier ministre<br />
<strong>ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC</strong></p>
<p>Accès à l’égalité</p>
<p>Nous souscrivons à un programme volontaire d’accès à l’égalité en emploi selon la Charte des droits et libertés de la personne et nous encourageons les personnes lésées par des années de corruption libérale, les nationalistes, les francophiles, les démocrates et les progressistes à présenter leur candidature. Nous nous réservons cependant le droit de refuser la candidature de tout individu portant les noms « John », « James » ou « Charest » afin de préserver la confiance du public dans notre institution.</p>
<p>Lieu de travail</p>
<p>1045 Rue des Parlementaires<br />
Québec (Québec)<br />
G1A 1A4</p>
<p>Principales fonctions</p>
<p>De façon plus spécifique, la personne dirige l’État du Québec dans le respect de ses traditions démocratiques et non comme s’il s’agissait du carré de sable de ses amis mafieux, cesse de blâmer l’opposition pour ses propres avanies, déclenche une enquête publique sur l’industrie de la construction et ses liens avec le financement des partis politiques, instaure un financement par l’État des partis politiques, met en tutelle les municipalités où il y a corruption, gère un cabinet de ministres qui sont nommés pour leurs compétences et non pour leurs liens avec certains financiers occultes, protège le français langue commune et nationale du Québec, assure le bon fonctionnement de l’État en cessant de privatiser ses services pour avantager ses amis, se présente en conférence de presse avec le sourire et un discours positif pour la nation, vérifie et tient à jour les dossiers liés aux différents ministères sous sa responsabilité, assure la bonne direction des fonctionnaires gouvernementaux. Au besoin, elle accomplit toute autre tâche connexe, y compris l’écoute de la population et la capacité à admettre ses torts.</p>
<p>Exigences et conditions de travail</p>
<p>Scolarité : Secondaire (DES)<br />
Terminé<br />
Années d’expérience reliées à l’emploi : 1 à 2 années d’expérience<br />
Description des compétences : Très bonnes aptitudes pour la communication. Ouverture à travailler avec une clientèle non-mafieuse. Bonnes aptitudes pour l’analyse, avoir le souci de l’intégrité et faire preuve de jugement; Bonne connaissance du fonctionnement de l’Assemblée nationale; Connaissance des méthodes et usages propres à la tenue d’un gouvernement. Bonne connaissance de la langue française (parlée et écrite). Aucun lien avec Paul Desmarais, Pier-Karl Péladeau, Tony Accurso ou la mafia est un atout. Doit être propre de sa personne et en mesure de nettoyer l’odeur de pourriture émanant du bureau de l’ancien détenteur du poste.</p>
<p>Langues demandées : langues parlées : français<br />
langues écrites : français<br />
Salaire offert : 183 000$ par année<br />
Nombre d’heures par semaine : Illimitées<br />
Conditions diverses : Aucune enveloppe brune n’est acceptée sur les lieux du travail.<br />
Statut d’emploi : temporaire (jusqu’à la prochaine élection)<br />
Date prévue d’entrée en fonction : 2011-01-03</p>
<p>L’employeur accepte les candidatures en ligne : veuillez remplir le formulaire disponible sur <a rel="nofollow" href="https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-1123/index.html">cette page</a>.</p>
<p>Louis Prefontaine</p>
<p><a href="http://louisprefontaine.com/2010/11/15/offre-demploi-premier-ministre"> Sur son site</a></p>
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		<title>Haro sur le bilinguisme!</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/haro-sur-le-bilinguisme/9140</link>
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		<pubDate>Tue, 04 Aug 2009 14:32:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les ayatollahs du bilinguisme nous imposent deux arguments: parler anglais augmenterait nos chances d'emploi car l'anglais constitue la langue internationalise et le bilinguisme serait bon pour le développement cognitif des enfants.  Ce sont là deux fausses vérités qu'il faudrait replacer dans leurs contextes respectifs.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Je pratique mon anglais </em>».  Combien de fois par semaine entend-on cette plate justification?  On s&#8217;adresse à autrui dans la langue de Shakespeare et on a l&#8217;impression de faire quelque puissant exercice cognitif hautement utile.  Quand quelqu&#8217;un me répond comme cela, je lui rétorque: « <em>Mais quand pratiqueras-tu ton français?</em> »  On ne comprend pas l&#8217;ironie.  On me regarde au mieux comme si j&#8217;étais une relique passéiste, au pire comme un enfant un peu lent à qui il faut exposer les « incroyables avantages » de « pratiquer » son anglais.</p>
<p>Dans les faits, les avantages du tout-anglais ne sont pas si évidents que cela.  Les ayatollahs du bilinguisme nous imposent deux arguments: parler anglais augmenterait nos chances d&#8217;emploi, car l&#8217;anglais constitue la langue internationalise et le bilinguisme serait bon pour le développement cognitif des enfants.  Ce sont là deux fausses vérités qu&#8217;il faudrait replacer dans leurs contextes respectifs.</p>
<p><strong>L&#8217;anglais, langue internationale?!</strong></p>
<p>Personne de sensé aujourd&#8217;hui n&#8217;oserait nier que l&#8217;anglais occupe une place prépondérante dans les échanges internationaux.  Quand un chef d&#8217;entreprise du Canada rencontre un PDG en Inde, vous pouvez parier qu&#8217;ils ne discutent pas dans la langue de Molière.  Mais qui parmi nous occupe de hautes fonctions?  La minorité.  L&#8217;élite.  Celle-ci est bilingue par nécessité, voire trilingue, mais est-ce parce que l&#8217;anglais occupe une place dominante au niveau international qu&#8217;il faut angliciser et bilinguiser la langue locale?  En quoi est-ce que l&#8217;apprentissage de l&#8217;anglais pourrait être réellement utile au garagiste de Saint-Siméon ou de Roberval, dites-moi?</p>
<p>En fait, il s&#8217;agit d&#8217;un réel revirement de la pensée.  À une époque pas si lointaine, on se battait pour réclamer la possibilité pour les francophones de pouvoir atteindre les plus hauts échelons dans leur langue.  Contre un reliquat d&#8217;empire britannique francophobe, on a passé des lois, on a valorisé une élite francophone.  Et aujourd&#8217;hui, on régresse.  On préfère angliciser tout un peuple plutôt que de lui donner les moyens nécessaires de s&#8217;épanouir dans sa langue.  Comme le notait le politologue Christian Dufour dans une <a rel="nofollow" href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/la-presse/200810/22/01-31666-tous-bilingues.php">lettre ouverte</a>, « <em>[nous revenons] au bon vieux temps des Canadiens français qui ne pouvaient trouver d&#8217;emploi s&#8217;ils ne parlaient pas anglais et devaient supporter seuls le poids du bilinguisme. C&#8217;est faire des unilingues français qui le resteront des citoyens dont le statut sera inférieur &#8211; &laquo;&nbsp;ils ne sont même pas capables de parler anglais!&nbsp;&raquo;. C&#8217;est diminuer le statut du français seul, quand il n&#8217;est pas accompagné de l&#8217;anglais. </em>»  On recule, et on nous présente cela comme une victoire.</p>
<p>Or, la vraie victoire ne serait-elle pas, si on suit la logique des fanatiques du bilinguisme, de « mandariniser » le Québec?  Si on présente le tout-anglais comme un gain permettant d&#8217;internationaliser le Québec (ou ce qui en reste), ne serait-il pas logique d&#8217;apprendre le mandarin, la véritable langue de l&#8217;avenir?  La Chine constitue la future super-puissance mondiale; pourquoi ne pas permettre aux jeunes Québécois d&#8217;apprendre le mandarin plutôt que de leur imposer, de force, l&#8217;anglais dès la première année du primaire?  À moins, bien sûr, que les arguments sur l&#8217;aspect international de l&#8217;anglais en dissimulent d&#8217;autres&#8230;</p>
<p><strong>Le bilinguisme, bon pour les enfants?</strong></p>
<p>Un autre argument proposé par les inconditionnels du bilinguisme est que celui-ci serait bon pour le développement cognitif des enfants.  Manipulation.</p>
<p>En effet, d&#8217;affirmer bêtement que telle ou telle chose est « bonne pour les enfants » ne prouve absolument rien.  Cette information n&#8217;est utile qu&#8217;en comparaison avec autre chose.  De donner trois heures de cours d&#8217;anglais par semaine à des enfants et « rien » à d&#8217;autres ne prouve pas que l&#8217;anglais permet de davantage développer la pensée et l&#8217;intérêt du premier groupe.  La seule preuve est que l&#8217;anglais est supérieur à « rien » ou à davantage des mêmes vieilles choses.  Avec une telle logique, on peut démontrer n&#8217;importe quoi.   Un enfant mangeant des vers de terre sera effectivement davantage en santé que celui qui ne mange rien du tout.  Pure logique.</p>
<p>Or, les gains au niveau cognitif proviennent-ils véritablement de l&#8217;apprentissage d&#8217;une autre langue ou plutôt simplement d&#8217;un exercice intellectuel supplémentaire, s&#8217;additionnant aux autres cours?</p>
<p>Par exemple, plusieurs études ont démontré que l&#8217;apprentissage d&#8217;un jeu comme les échecs permet de développer la pensée cognitive et logique chez les enfants.  <a rel="nofollow" href="http://www.geocities.com/chess_camp/margulies.pdf">L&#8217;une d&#8217;elles</a> a comparé les résultats à un test de jeunes ayant suivi des cours à ceux qui ne les ont pas suivis.  Ceux ayant suivi les cours ont obtenu un résultat de 68%, contre un maigre 44% pour les autres.  Les auteurs de l&#8217;étude notent, en conclusion: « <em>Le processus [cognitif] de lecture est similaire à celui du joueur d&#8217;échecs.  Les joueurs d&#8217;échecs mettent en relation un haut niveau de connaissances et d&#8217;information à propos d&#8217;une position et une approche interactive quant à savoir quel coup jouer, ce qui est considéré très semblable à un mot ou une phrase lors de la lecture.  Les processus cognitifs sont très semblables.</em> »</p>
<p>Ainsi, l&#8217;apprentissage d&#8217;une seconde langue améliore peut-être les capacités cognitives, mais ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une de ses composantes inhérentes.  C&#8217;est l&#8217;activité cognitive elle-même qui contribue à l&#8217;évolution du cerveau.  Que ce soient les échecs, un jeu de mémoire ou d&#8217;autres, c&#8217;est l&#8217;activité intellectuelle elle-même qui fait progresser les enfants et non le fait d&#8217;apprendre l&#8217;anglais.  Parler et écrire fait fonctionner notre matière grise, et en apprenant une seconde langue on contribue certes à améliorer ses capacités, mais on reste dans les limites de la parole et de l&#8217;écriture.  Utiliser des langages « neutres » comme les échecs, les mathématiques ou le latin mènent aux mêmes résultats.   Ce n&#8217;est donc pas le bilinguisme qui aide les enfants, mais plutôt l&#8217;activité cérébrale diversifiée, qui peut être stimulée d&#8217;une foule de façons différentes.</p>
<p>Par ailleurs, une étude a démontré que les enfants bilingues ont un vocabulaire moins développé que les monolingues.  Pire, leurs résultats peuvent en souffrir: « <em>Il se peut que les enfants bilingues ne soient pas au même niveau que leurs pairs monolingues et que les apprenants d’une langue seconde qui ne parlent ni l’anglais ni le français à la maison n’aient pas acquis les habiletés nécessaires dans la langue d’instruction pour réussir à l’école. </em>» (( Encyclopédie sur le développement des jeunes  enfants, ©2006-2009 Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants, Bialystok E, L’acquisition d’une deuxième langue, le bilinguisme pendant la petite enfance et leur impact sur le développement cognitif Précoce, ELLEN BIALYSTOK, Ph. D., York University, CANADA, (Publication sur Internet le 15 mars 2006) (Révisé le 9 février 2009) ))</p>
<p>Or, qu&#8217;est-ce que le vocabulaire, sinon la possibilité de faire du sens avec le monde, de comprendre l&#8217;environnement dans lequel nous vivons?   Entre deux individus, l’un sachant qu’un chat est un chat et l&#8217;autre pour qui cet animal est « un animal à quatre pattes se frottant sur ses jambes, possède sa litière et se lèche tout le temps », qui possède la meilleure emprise sur le monde?  Si à chaque fois que je parle d&#8217;un guéridon je dois parler de la petite table ronde avec un seul pied, ne suis-je pas moi-même un handicapé linguistique?</p>
<p>De plus en plus, on revendique une sorte de novlangue réduite et appauvrie.  On nous présente cela comme une victoire, évidemment.  Alexandre Duchêne, directeur de l’Institut du plurilinguisme suisse <a rel="nofollow" href="http://www.lagruyere.ch/fr/le-journal/les-editions/2009/20090414/bilinguisme.html">expose</a> ce que constitue réellement le bilinguisme: «<em> On doit en finir avec la définition normative, basée sur la maîtrise parfaite de deux langues, une vision élitiste de deux monolinguismes juxtaposés. Elle s’applique à un tout petit groupe. Mieux vaut retenir la définition fonctionnelle de l’usage régulier de deux langues, même avec des erreurs.</em> »  En clair, au lieu de maîtriser une seule langue, on en parle plusieurs « à peu près » et peu importe s&#8217;il faut douze mots pour en exprimer un seul.  On nous vole une richesse et on a le culot de nous dire qu&#8217;on n&#8217;a rien perdu.</p>
<p>Soyons honnêtes: l&#8217;élite intellectuelle qui désire parler deux, trois, voire six langues, en profite largement.  Elle est hyper-éduquée et la perte de qualité de chacune des langues peut être compensée par un fort désir de perfectionnement.   Pour la majorité, cependant, l&#8217;apprentissage d&#8217;une langue seconde nuit à la qualité de la langue principale.  Dans le contexte d&#8217;un Québec <a rel="nofollow" href="http://www.ledevoir.com/2004/09/04/62922.html">gangrené par l&#8217;analphabétisme</a> et englué par son passé colonial où le joual et les expressions anglophones ont pris le dessus sur la bonne utilisation du français, faut-il réellement contribuer à abaisser davantage la qualité de l&#8217;utilisation de notre langue?  Il faudrait peut-être commencer par bien savoir parler et écrire dans notre langue avant de penser en réduire la richesse en la mélangeant avec une autre, surtout si l&#8217;hégémonie historique de cette dernière la rend si dominante.</p>
<p>Dans tous les cas, l&#8217;anglais possède sa place au Québec.  Au même titre que d&#8217;autres langues étrangères &#8211; espagnol, italien, russe, mandarin &#8211; elle peut être parlée et valorisée par l&#8217;élite, mais l&#8217;institutionnalisation du bilinguisme entraîne une dégénérescence de la qualité de la langue et une atrophie de la capacité des Québécois à bien se représenter le monde.</p>
<p>Il serait peut-être temps de davantage pratiquer son français avant qu&#8217;il ne devienne une langue morte sur l&#8217;autel de dévots du bilinguisme ayant oublié que la bonne connaissance d&#8217;une seule chose vaut infiniment mieux que celle, approximative, de quantité d&#8217;autres.</p>
<p><em>Texte original publié <a href="http://louisprefontaine.com/2009/08/03/haro-sur-le-bilinguisme">ici</a>.</em></p>
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		<title>Frais de scolarité: la malhonnêteté de André Pratte</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Jul 2009 14:13:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Plus c&#8217;est cher, plus c&#8217;est populaire! » Voilà le titre et le leitmotiv du dernier texte d&#8217;André Pratte, l&#8217;éditorialiste de droite de La Presse. S&#8217;appuyant sur de nouvelles données de Statistique Canada, il s&#8217;échine à démontrer, à l&#8217;encontre de toute forme de logique économique, que la hausse des frais de scolarité n&#8217;aurait pas d&#8217;incidence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8872" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-8872" title="20080618-133135-g" src="/wp-content/uploads/2009/07/20080618-133135-g5.jpg" alt="Photo : Flickr specialkrb" width="500" height="332" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr specialkrb</p></div>
<p>« Plus c&#8217;est cher, plus c&#8217;est populaire! »  Voilà le titre et le leitmotiv du dernier texte d&#8217;<a rel="nofollow" href="http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=1670">André Pratte</a>, l&#8217;éditorialiste de droite de La Presse.  S&#8217;appuyant sur de <a rel="nofollow" href="http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/090713/dq090713a-fra.htm">nouvelles données</a> de Statistique Canada, il s&#8217;échine à démontrer, à l&#8217;encontre de toute forme de logique économique, que la hausse des frais de scolarité n&#8217;aurait pas d&#8217;incidence sur la fréquentation des universités.  Pure malhonnêteté intellectuelle.</p>
<p>En effet, s&#8217;il est vrai que la fréquentation universitaire est en hausse presque partout au pays, passant notamment au Québec de 250 809 en 2002-2003 à 268 011 en 2007-2008, cela ne signifie pas pour autant que cette hausse soit tributaire du dégel des frais de scolarité.  Ce que ne montre pas André Pratte, c&#8217;est que la hausse de fréquentation a surtout eu lieu entre 2002 et 2005.  La hausse des frais de scolarité ayant été imposée en 2005, on a pu observer la première diminution du nombre d&#8217;étudiants québécois inscrits au premier cycle universitaire depuis l&#8217;an 2000, passant de 187 464 à 187 242 l&#8217;année suivante.  ((Statistique Canada, Tableau 477-00131, Effectifs universitaires, selon le régime d&#8217;études, le niveau d&#8217;études, la Classification des programmes d&#8217;enseignement, regroupement principal (CPE_RP) et le sexe, annuel (nombre) ))  En considérant les chiffres depuis 2002, M. Pratte camoufle ainsi une partie de la vérité.</p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;éditorialiste de la rue Saint-Jacques met beaucoup d&#8217;emphase sur la hausse de fréquentation des universités en Ontario et en Colombie-Britannique, deux provinces où les frais imposés ont augmenté au cours des dernières années.   Ce qu&#8217;il oublie de dire, cependant, c&#8217;est que la population âgée de 20 à 29 ans de ces deux provinces a explosé durant cette période, augmentant de 9,4% en Ontario et de 11,3% en Colombie-Britannique.  Même au Québec, celle-ci a augmenté d&#8217;un peu moins de 2%.    ((Statistique Canada, Tableau 051-00011, Estimations de la population, selon le groupe d&#8217;âge et le sexe au 1er juillet, Canada, provinces et territoires, annuel (personnes) )). Est-il surprenant qu&#8217;un plus grand nombre de jeunes dans la vingtaine signifie une plus grande fréquentation de l&#8217;université?</p>
<p>Parallèlement, le Nouveau-Brunswick, province où les frais de scolarité sont les plus élevés au pays, a vu sa population de jeunes dans la vingtaine diminuer de 6,7% de 2002 à 2008, passant de 98 574 à 92 016 individus.  Faut-il se surprendre si le Nouveau-Brunswick a connu une baisse significative de près de 4% ses effectifs universitaires?</p>
<p>On le constate, le facteur démographique n&#8217;est pas à négliger lorsqu&#8217;il est question de comprendre pourquoi les universités sont de plus en plus fréquentées.  Il est facile, tout comme le fait André Pratte, d&#8217;affirmer bêtement que hausse des frais de scolarité et hausse de la fréquentation universitaire prouvent qu&#8217;il n&#8217;y a pas de lien entre les variables, mais cette affirmation n&#8217;a pas davantage de sens que cette vieille blague consistant à affirmer que la baisse de l&#8217;utilisation du <a rel="nofollow" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Spirographe_(jeu)">spirographe</a> suite aux années 60 a coïncidé avec une hausse du crime et des violences urbaines.   On ne peut pas ignorer qu&#8217;il y a de plus en plus de jeunes en âge de fréquenter l&#8217;université, tout simplement.  Ce n&#8217;est pas parce que deux variables évoluent dans un même sens qu&#8217;elles sont reliées pour autant.</p>
<p>De la même manière, n&#8217;y a-t-il pas une tendance lourde dans notre société à exiger des diplômes universitaires?  Auparavant, on pouvait entrer dans une entreprise et y gravir les échelons; aujourd&#8217;hui on veut le diplôme, et c&#8217;est tout ce qui importe.  L&#8217;attrait universitaire est indéniable: combien de jeunes prive-t-on de cet accès à cause de frais de scolarité trop élevés?</p>
<p>Contrairement à ce qu&#8217;affirme Pratte, l&#8217;expérience nous contraint à être prudents lorsqu&#8217;on hausse les frais de scolarité.  En 1990-1991 et 1991-1992, les frais de scolarité, à l&#8217;échelle canadienne, se sont <a rel="nofollow" href="http://www.a-migration.com/modules/news/makepdf.php?storyid=762">accrus</a> de 15,2% et 16,% respectivement.  Le nombre d&#8217;étudiants a chuté drastiquement, passant de 677 157 en 1992 à 668 535 l&#8217;année suivante, puis 658 284	en 1994-1995 et jusqu&#8217;à 633 018 en 1997-1998.  En fait, il a fallu attendre le début des années 2000 pour qu&#8217;il y ait autant d&#8217;étudiants qu&#8217;avant les hausses des frais de scolarité.  ((Statistique Canada, Tableau 477-00131, Effectifs universitaires, selon le régime d&#8217;études, le niveau d&#8217;études, la Classification des programmes d&#8217;enseignement, regroupement principal (CPE_RP) et le sexe, annuel (nombre) ))</p>
<p>En fait, cela fait du sens: si l&#8217;université possède aujourd&#8217;hui un fort potentiel d&#8217;attraction sur les jeunes, cela ne doit pas nous faire oublier que toute hausse des frais de scolarité entraîne des conséquences.  Et celles-ci sont graves: on gaspille le potentiel d&#8217;étudiants n&#8217;ayant peut-être pas les moyens de s&#8217;endetter et on prive la société de leur apport.</p>
<p>Car quoi qu&#8217;on en dise, l&#8217;éducation est une richesse.  Et celle-ci devrait être accessible à tous, pas seulement à ceux qui ont les moyens de se la payer.  Le fait que le nombre d&#8217;universitaires soit en hausse ne signifie donc pas que les majorations des frais de scolarité soient sans conséquence, mais seulement que le nombre d&#8217;étudiants aux études supérieures serait de loin supérieur si on rendait celles-ci accessibles à tous.  C&#8217;est avant tout une question démographique, ce que ne semble pas comprendre André Pratte.</p>
<p>Éditorialiste à La Presse, voilà tout de même un endroit où le diplôme universitaire ne semble pas obligatoire&#8230;</p>
<p>Article original publié <a href="http://louisprefontaine.com/2009/07/14/frais-de-scolarite-malhonnetete-andre-pratte">ici</a>.</p>
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		<title>Vivre EN-DESSOUS de ses moyens</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jul 2009 14:11:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il serait peut-être temps d'arrêter de jalouser les baby-boomers.  Oui, ils ont joui de bonnes conditions de travail et de vie, profitant de tous les avantages offerts par une société sensiblement plus égalitaire.   Ceci dit, le fait que la nouvelle génération ne puisse pas se permettre ces avantages n'est peut-être pas le signe que les baby-boomers vivaient au-dessus de leur moyen, mais plutôt que celle-ci n'a pas su redistribuer adéquatement la richesse et s'assurer que l'ensemble des citoyens profitent des incroyables gains de productivité des dernières décennies.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8834" class="wp-caption alignnone" style="width: 406px"><img class="size-full wp-image-8834" title="20080618-133135-g4" src="/wp-content/uploads/2009/07/20080618-133135-g4.jpg" alt="Photo : Flickr ceebeeart" width="396" height="500" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr ceebeeart</p></div>
<p>Dans mon <a href="http://louisprefontaine.com/2009/07/11/jeunes-contre-vieux">dernier billet</a>, je parlais de l&#8217;aspect complètement stérile d&#8217;une guerre intergénérationnelle.  Les jeunes, les vieux, nous sommes tous dans le même train qui fonce on ne sait où. J&#8217;ai trouvé vos réactions intéressantes, mais j&#8217;ai particulièrement aimé la finale de <a href="http://louisprefontaine.com/2009/07/11/jeunes-contre-vieux#comment-20211">Steph</a>, qui reprend à son compte un des mythes les plus tenaces de ce début de siècle:</p>
<blockquote><p>Et là, je ne parle même pas du pique-nique que se sont payés les baby-boomers…</p></blockquote>
<p>N&#8217;est-ce pas là un genre de pensée assez courante, de nos jours?  On se prend à jalouser les baby-boomers, à les accuser de vivre au-dessus de nos moyens, voire de purger l&#8217;État de ses nécessaires ressources pour accommoder un rythme de vie qui serait trop généreux.  Même mon père, baby-boomer parmi les baby-boomers, me dit parfois à quel point il se considère choyé.  Il sait très bien que je n&#8217;aurai pas sa chance.</p>
<p>Pourtant, s&#8217;il est indiscutable que les baby-boomers ont eu l&#8217;incroyable aubaine de pouvoir obtenir des salaires décents pour leur labeur, cela signifie-t-il pour autant qu&#8217;ils ont vécu un véritable pique-nique dont nous payons les conséquences?  Cela veut-il dire que nous devrions rajuster nos espoirs et laisser tomber l&#8217;idée d&#8217;une meilleure société, où tous pourraient s&#8217;émanciper et être suffisamment rémunérés?  Je ne crois pas.</p>
<p>Entre 1965 et 2007, la productivité du travail a plus que doublé, passant d&#8217;un indice de 48,9 à 105,4 (( Statistique Canada, Productivité multifactorielle, valeur ajoutée, facteur capital et facteur travail dans le secteur agrégé des entreprises et ses principaux sous-secteurs, selon le Systéme de classification des industries de l&#8217;Amérique du Nord (SCIAN), annuel (indice, 2002=100 sauf indication contraire) )).  Concrètement, si un travailleur produisait une voiture en 100 heures en 1965, cela lui prend moins de 50 heures aujourd&#8217;hui.  Nous pouvons, collectivement, produire deux fois plus de richesse avec le même nombre d&#8217;ouvriers.</p>
<p>Or, qui a profité de ces avancées de la productivité? La minorité en haut de l&#8217;échelle sociale.  Louise Champoux-Paillé, membre du conseil d&#8217;administration du Médac (Mouvement d&#8217;éducation et de défense des actionnaires), a <a rel="nofollow" href="http://major.branchez-vous.com/2009/06/ratio_de_larnaque.html">récemment souligné</a> dans une conférence de presse le fait que le ratio entre la rémunération du plus haut dirigeant et le salaire d&#8217;un employé moyen est passé de 51, en 1965, à plus de 821 aujourd&#8217;hui, aux États-Unis.   Auparavant, le patron était riche, foutrement riche, et avait sa maison dans un quartier huppé où les travailleurs pouvaient parfois passer et rêver.  Aujourd&#8217;hui, sa richesse est pharaonique, il habite une villa privée et il ne met même plus les pieds à l&#8217;usine.  Qui a profité de la hausse de productivité?</p>
<p>Parallèlement, les écarts de richesse ne cessent de se creuser.  Le coefficient de Gini, qui mesure le degré d&#8217;inégalité d&#8217;une société, est passé de 0,447 en 1976 à 0,507 en 2007  (0=égalité parfaite et 1 inégalité parfaite) ((Statistique Canada,Coefficients de Gini du revenu du marché, total et après impôt, selon le type de famille économique, annuel (nombre) )). Pour la même période, le revenu moyen en dollars constants de 2007 est passé de 54 100$ à 61 000$, une maigre hausse de 12,5% en 31 ans! ((Statistique Canada, Revenu moyen du marché, selon le type de famille économique, dollars constants de 2007, annuel )).  La proportion de particuliers ayant un revenu de 5 000$ à 20 000$ (dollars constants de 2007) est passée de 43,2% en 1976 à près de 51,6% en 2007.   Et ceux gagnant plus de 60 000$ sont passés de 12,2% à 18,4%. (( Statistique Canada, Répartition du revenu après impôt des particuliers, dollars constants de 2007, annuel )). Les riches sont plus nombreux, et les pauvres aussi.   Ils sont là, les gains de productivité.  On disloque la classe moyenne et on s&#8217;envoie paître les uns les autres.</p>
<p>Il serait peut-être temps d&#8217;arrêter de jalouser les baby-boomers.  Oui, ils ont joui de bonnes conditions de travail et de vie, profitant de tous les avantages offerts par une société sensiblement plus égalitaire.   Cela dit, le fait que la nouvelle génération ne puisse profiter des mêmes avantages n&#8217;est pas le signe que les baby-boomers vivaient au-dessus de leur moyen, mais plutôt que nous n&#8217;avons pas su redistribuer adéquatement cette richesse et nous assurer que l&#8217;ensemble des citoyens profite des incroyables gains de productivité des dernières décennies.</p>
<p>Et si on cessait, nous, les jeunes, de vivre <em>au-dessous</em> de nos moyens?  Si on se décidait enfin à s&#8217;assurer que tous profitent de cette formidable richesse qui se crée avec de moins en moins d&#8217;efforts?  Au lieu de se plaindre de ceux qui ont réussi, si on se solidarisait et qu&#8217;on contribuait à améliorer la société, que ce soit en se syndiquant ou en militant pour moins d&#8217;inégalité?</p>
<p>Texte original publié <a href="http://louisprefontaine.com/2009/07/13/vivre-en-dessous-de-ses-moyens">ici</a>.</p>
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		<title>Quand le système de santé U.S. tue</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jul 2009 13:15:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Barack Obama a raison de travailler pour l&#8217;instauration d&#8217;un système universel de soins de santé. Non seulement le système de santé états-unien est-il le plus coûteux des pays de l&#8217;OCDE, mais il est tout à fait incapable de concurrencer un système comme celui du Canada, de loin supérieur. En effet, quand on regarde les dernières [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8718" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-8718" title="398255973_94d637d2c46" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/07/398255973_94d637d2c46.jpg" alt="Photo : Flickr Center for American Progress Action Fund" width="500" height="333" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Center for American Progress Action Fund</p></div>
<p>Barack Obama a raison de travailler pour l&#8217;instauration d&#8217;un système universel de soins de santé.  Non seulement le système de santé états-unien est-il le <a href="http://louisprefontaine.com/2005/12/01/sante-herbe-plus-verte-chez-le-voisin">plus coûteux</a> des pays de l&#8217;OCDE, mais il est tout à fait incapable de concurrencer un système comme celui du Canada, de loin supérieur.</p>
<p>En effet, quand on regarde les dernières statistiques de l&#8217;OCDE, on se rend compte à quel point le système de santé de nos voisins du sud est déficient.  Outre le fait qu&#8217;il gobe près de 33% plus de ressources que le nôtre, il est incapable de sauver autant de vies.  À preuve, l&#8217;indice d&#8217;années potentielles de vie perdues (APVP).</p>
<p>Voici le <strong>nombre d&#8217;années potentielles de vie perdues par 100 000 habitants</strong> pour:</p>
<ul>
<li>les maladies infectieuses et parasitaires:  64 au Canada et 201 aux États-Unis ;</li>
<li>les maladies dues au VIH: 25 au Canada et 94 aux États-Unis;</li>
<li>les tumeurs malignes: 823 au Canada et 851 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies du sang: 12 an Canada et 29 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques: 104 au Canada et 158 aux États-Unis;</li>
<li>le diabète sucré: 56 au Canada et 98 aux États-Unis;</li>
<li>les troubles mentaux et du comportement: 36 au Canada et 66 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies du système nerveux: 106 au Canada et 122 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies de l&#8217;appareil respiratoire: 422 au Canada et 781 aux États-Unis;</li>
<li>les cardiopathies ischémiques: 233 au Canada et 372 aux États-Unis;</li>
<li>les infarctus du myocarde:  120 au Canada et 151 aux États-Unis);</li>
<li>les maladies cérébrovasculaires: 57 au Canada et 107 aux États-Unis;</li>
<li>la grippe et les pneunomathies: 28 au Canada et 50 aux États-Unis;</li>
<li>les bronchites, asthme et emphysème: 8 au Canada et 28 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies de l&#8217;appareil digestif: 104 au Canada et 187 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies de peau; 1 au Canada et 6 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies du système ostéo-musculaire: 13 au Canada et 25 aux États-Unis;</li>
<li>les maladies du système génito-urinaire: 20 au Canada et 53 aux États-Unis;</li>
<li>les grossesses et accouchements: 5 au Canada et 19 aux États-Unis;</li>
<li>les pathologies périnatales: 342 au Canada et 395 aux États-Unis;</li>
<li>les malformations congénitales: 179 au Canada et 206 aux États-Unis;</li>
<li>les symptômes et états mal définis: 138 au Canada et 166 aux États-Unis;</li>
<li>les causes externes (agressions, accidents, chutes, etc.): 892 au Canada et 1478 aux États-Unis.</li>
</ul>
<p>Toutes ces données proviennent de l&#8217;OCDE et sont pour l&#8217;année 2004, dernière année où toutes les comparaisons sont possibles.</p>
<p>Ce que ces statistiques nous démontrent, c&#8217;est que le système de santé canadien est spectaculairement supérieur à celui des États-Unis, dans toutes les facettes possibles.  Concrètement, une personne tombant malade aux États-Unis a beaucoup plus de risques d&#8217;en mourir qu&#8217;au Canada.</p>
<p>Alors, peu importe ce qu&#8217;en pense une certaine ado-droite paralysée dans ses dogmes du passé, nous sommes un exemple à suivre pour nos voisins du sud et un système universel et public s&#8217;avère de loin meilleur qu&#8217;un système sélectif et privé.</p>
<p>Cela ne signifie pas que le système de santé canadien soit parfait, mais ça devrait orienter nos choix pour le futur et nous décourager d&#8217;opter pour la voie suicidaire d&#8217;une plus grande présence du privé.  Encore une fois, et plus que toujours, le public est de loin plus performant et utile que le privé.</p>
<p>Texte original publié<a href="http://louisprefontaine.com/2009/07/05/sante-etats-unis-prive"> ici</a>.</p>
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		<title>Les couilles de Louise Harel</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 14:01:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis en train de changer d&#8217;idée à propos de Louise Harel. Je crois toujours qu&#8217;elle est un rapace politique, à l&#8217;affût des moindres opportunités ou faiblesses de ses adversaires, mais au niveau de la realpolitik son élection à la tête de Montréal n&#8217;aurait pas que du mauvais. En effet, malgré tout ce qu&#8217;on peut [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8178" class="wp-caption alignnone" style="width: 420px"><img class="size-full wp-image-8178" title="398255973_94d637d2c410" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/06/398255973_94d637d2c410.jpg" alt="Photo : Flickr ameriquebec.net" width="410" height="345" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr ameriquebec.net</p></div>
<p>Je suis en train de changer d&#8217;idée à propos de Louise Harel.  Je crois toujours qu&#8217;elle est un <a href="http://louisprefontaine.com/2009/06/03/louise-harel-mairesse-vision-montreal">rapace politique</a>, à l&#8217;affût des moindres opportunités ou faiblesses de ses adversaires, mais au niveau de la <em>realpolitik</em> son élection à la tête de Montréal n&#8217;aurait pas que du mauvais.</p>
<p>En effet, malgré tout ce qu&#8217;on peut lui reprocher, elle ne s&#8217;est jamais écrasée devant qui que ce soit.  Ses convictions, elle les a toujours portées fièrement, que ce soit lorsqu&#8217;elle a démissionné du gouvernement Lévesque en 1984 pour protester contre le « Beau risque » ou lorsqu&#8217;elle a mené de front le dossier des fusions municipales.  Elle est une Québécoise fière de ce qu&#8217;elle est et près des gens.  Elle a les valeurs « à la bonne place » pour reprendre l&#8217;expression éculée.</p>
<p>Évidemment, elle a les défauts de ses qualités.  On lui reproche son obstination dans le dossier des fusions, et ce sera son plus important boulet pendant la prochaine campagne électorale.   Elle a un style autoritaire qui déplaît à certains, mais, parfois, une ville a besoin qu&#8217;un sens lui soit donné et d&#8217;un minimum d&#8217;autoritarisme.  Si Drapeau ne s&#8217;était pas tenu debout, aurions-nous eu l&#8217;Expo 67, ou les Jeux olympiques?  Et regardons ce que le maire Labeaume est en train de faire à Québec; ce n&#8217;est peut-être pas parfait, mais il a redonné la fierté à ses citoyens.</p>
<p>Le mot est lancé: fierté.  C&#8217;est ce qui manque le plus actuellement à Montréal.  S&#8217;il était possible d&#8217;avoir un maire (ou une mairesse) qui puisse rendre les Montréalais fiers de leur ville, ce serait déjà ça de gagné.  Un tel objectif peut être atteint par des programmes d&#8217;urbanisme et de revitalisation majeure de la ville comme le propose Projet Montréal, mais il ne faut pas oublier l&#8217;exemple que peut donner l&#8217;image d&#8217;un dirigeant qui se tient debout face au gouvernement, aux groupes de pression et aux entreprises privées.</p>
<p>Par ailleurs, Louise Harel, la soeur du virtuose des mots <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Harel">Pierre Harel</a>, a la cause du français tatouée sur le coeur.  Son unilinguisme, loin d&#8217;être un défaut, devrait plutôt constituer un exemple pour les Montréalais, le signal plus qu&#8217;urgent qu&#8217;il est possible d&#8217;atteindre les plus hauts échelons en français et que la métropole est une ville francophone qui doit demeurer francophone.  S&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire d&#8217;être <a href="http://louisprefontaine.com/2008/07/02/le-vrai-quebecois">né Québécois</a> pour avoir la cause de notre langue commune à coeur, son combat de plusieurs décennies pour celle-ci et son profond enracinement au sein du Québec ne nuit pas.   Il ne faut pas que la corruption apparente du régime Tremblay et l&#8217;urbanisme désuet de la ville nous fassent oublier ce fait: <a href="http://louisprefontaine.com/2008/11/08/ce-bilinguisme-qui-empeche-lintegration-des-immigrants">le français</a> <a href="http://louisprefontaine.com/2009/02/02/travailler-francais-montreal">recule</a> <a href="http://louisprefontaine.com/2009/01/14/la-liberte-dexister">à Montréal</a>.  Tout projet politique ne peut réussir sans intégrer à la fois les questions sociales et linguistiques.</p>
<p>Je ne sais pas encore pour qui je voterai le premier novembre prochain.  Je tenterai de demeurer ouvert d&#8217;esprit.  Pour le moment, j&#8217;aime beaucoup le programme de Projet Montréal et je suis en contact avec plusieurs candidats du parti.  Cela dit, le parti met de côté toute la composante identitaire des relati0ns entre les citoyens.  Qu&#8217;on le veuille ou non, Montréal n&#8217;est pas un gros<em> melting-pot</em>, mais une ville divisée entre une minorité anglophone en progression et une majorité francophone en régression.  Faire abstraction de cette situation n&#8217;aide pas à améliorer la situation du français dans la métropole (et au Québec) et ouvre la porte à d&#8217;autres déséquilibres aux conséquences beaucoup plus fâcheuses à long terme.</p>
<p>Car au-delà de l&#8217;urbanisme, du transport en commun, des rues et ruelles vertes, le bien-être d&#8217;une ville passe par sa cohésion sociale, c&#8217;est-à-dire la compréhension que son voisin fait partie de la même communauté que soi.    Et la connaissance d&#8217;une langue commune et acceptée de tous, quoi qu&#8217;on en dise, s&#8217;avère un des meilleurs outils intégrateurs et favorisant cette nécessaire cohésion.</p>
<p>Ainsi, ce n&#8217;est peut-être pas un hasard si Québec est plus propre que Montréal; c&#8217;est peut-être parce que les citoyens ont à la fois la fierté insufflée par des élus dynamiques et le sentiment d&#8217;appartenance issu du partage d&#8217;une même communauté culturelle.  Le partage d&#8217;une même langue permet à chaque citoyen de se parler plus directement, de s&#8217;apostropher, d&#8217;avoir un réel pouvoir sur sa ville.</p>
<p>Voilà ce qui m&#8217;intéresse avec Harel.  Fierté et langue française.  Si elle arrive à me convaincre qu&#8217;elle peut redonner de la fierté aux Montréalais grâce à son dynamisme et à son appui à des projets innovateurs tout en favorisant l&#8217;intégration des immigrants et anglophones au français, elle aura mon vote.  Sinon, je voterai pour Projet Montréal, car au niveau de l&#8217;urbanisme, ce parti est vingt ans en avance sur tous les autres.</p>
<p>Mais n&#8217;oublions pas qu&#8217;une ville n&#8217;est pas qu&#8217;asphalte ou arbres, mais aussi, et surtout ses citoyens.  Leur culture et leur langue.  Et dans un contexte où le français est si menacé, les convictions de Louise Harel ne peuvent pas nuire.  Elle a des couilles, cette femme.  En béton, peut-être, mais quand même.</p>
<p>Texte publié originalement <a href="http://louisprefontaine.com/2009/06/05/couilles-louise-harel-montreal">ici</a>.</p>
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		<title>Santé: la droite américaine en quête de manipulation</title>
		<link>http://www.centpapiers.com/sante-la-droite-americaine-en-quete-de-manipulation/8037</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 14:51:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La malhonnêteté intellectuelle de la droite américaine est sans limites. Opposée aux réformes de la santé proposées par le président Obama, elle décide de se lancer dans le pathos en prenant l&#8217;exemple d&#8217;une patiente canadienne ayant obtenu des soins aux États-Unis pour tenter de démoniser le système canadien et toute forme de médecine publique. Cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_8057" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-8057" title="398255973_94d637d2c48" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/05/398255973_94d637d2c48.jpg" alt="Photo : Flickr brykmantra" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr brykmantra</p></div>
<p>La malhonnêteté intellectuelle de la droite américaine est sans limites.  Opposée aux réformes de la santé proposées par le président Obama, elle décide de se lancer dans le pathos en prenant <a href="http://www.cyberpresse.ca/international/correspondants/200905/31/01-861539-gare-aux-horreurs-du-systeme-canadien.php">l&#8217;exemple d&#8217;une patiente canadienne</a> ayant obtenu des soins aux États-Unis pour tenter de démoniser le système canadien et toute forme de médecine publique.  Cette démarche s&#8217;avère tout autant pathétique que trompeuse.</p>
<p>En effet, prendre un seul cas et généraliser, c&#8217;est facile.  Même moi je peux le faire, et je l&#8217;ai déjà fait.  J&#8217;ai écrit <a href="http://louisprefontaine.com/2008/09/10/deux-milles-dollars-de-lheure">ici</a> sur le fait que mon père a été hospitalisé aux États-Unis à 2000$ de l&#8217;heure sans qu&#8217;on puisse lui trouver son problème et que c&#8217;est finalement un médecin canadien, deux mois plus tard, qui lui a diagnostiqué une tumeur au poumon.  Il a eu son opération en quelques semaines et il récupère à merveille aujourd&#8217;hui.  So long pour la supériorité du privé.</p>
<p>Malheureusement, on ne bâtit pas des réalités sur quelques cas.  Ce n&#8217;est pas parce que le système de santé américain peut occasionnellement sauver quelques patients qu&#8217;on doit passer sous silence le fait qu&#8217;il est responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes annuellement.  101 000 personnes, pour être plus précis, qui auraient pu être sauvées si les États-Unis se dotaient d&#8217;un système aussi performant que la France, bonne première.  C&#8217;est du moins le résultat d&#8217;une <a href="http://www.reuters.com/article/latestCrisis/idUSN07651650">étude</a> qui démontre que les États-Unis se classent bons derniers au sein de toutes les nations industrialisées, notamment parce que 47 millions de leurs citoyens ne disposent d&#8217;aucune forme de couverture médicale.  Le Canada, lui, se classe sixième sur dix-neuf.  So long pour les horreurs du système canadien.</p>
<p>Par ailleurs, il est toujours pertinent de rappeler que le système français, le meilleur des pays industrialisés, est <a href="http://louisprefontaine.com/2005/12/01/sante-l%e2%80%99herbe-est-elle-plus-verte-chez-le-voisin">davantage public</a> que celui du Canada (76,3% contre 69,9%; seulement 46% pour les États-Unis).  Et il coûte <a href="http://www.oecd.org/dataoecd/46/2/38980580.pdf">moins cher</a>: 3449$ per capita contre 3578$ pour le Canada et un astronomique 6714$ pour les États-Unis, de très loin le plus coûteux.  Les imperfections de notre système de santé ne découlent donc pas de son caractère public, contrairement à ce que certaines personnes mal intentionnées affirment.</p>
<p>En fait, s&#8217;il y a des problèmes avec le système canadien, c&#8217;est principalement causé par son sous-financement chronique.  Les États-Unis dépensent 15,3% de leur PIB pour la santé (tout en n&#8217;offrant aucune couverture à plus de 15% de leur population!) contre 10,0% pour le Canada.  En clair: le Canada surpasse aisément les États-Unis en dépensant près de 33% de moins!  Imaginons ce qu&#8217;il en serait si le système de santé était adéquatement financé! Encore une fois, on le constate, le public coûte moins cher et est plus performant, car il soigne davantage d&#8217;individus.</p>
<p>Avec ces chiffres en tête, on ne se surprend guère de la tactique utilisée pour démoniser le système canadien.  En se servant d&#8217;une seule personne et de sa triste histoire, on espère parler aux émotions des gens et leur faire oublier qu&#8217;ils vivent dans un pays avec un système de santé misérable, plus intéressé par les profits des entreprises que le bien-être de la population.</p>
<p>Texte original publié <a href="http://louisprefontaine.com/2009/05/31/sante-public-droite-manipulation">ici</a>.</p>
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		<title>Les éditorialistes contre la classe moyenne</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2009 14:30:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le front commun syndical fait beaucoup jaser la droite. On a encore une fois droit à toute la litanie de préjugés qui animent une partie du discours social face au syndicalisme depuis deux décennies. De nombreux éditorialistes, si enclins à se réclamer du vrai monde malgré leurs mirobolants salaires, deviennent soudainement d&#8217;intrépides propagandistes acharnés pourfendeurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le <a href="http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/101-travail/5158-syndicats-front-commun">front commun</a> syndical fait beaucoup jaser la droite.  On a encore une fois droit à toute la litanie de préjugés qui animent une partie du discours social face au syndicalisme depuis deux décennies.  De nombreux éditorialistes, si enclins à se réclamer du vrai monde malgré leurs mirobolants salaires, deviennent soudainement d&#8217;intrépides propagandistes acharnés pourfendeurs du syndicalisme et de la classe moyenne qu&#8217;il représente.</p>
<p><strong> Préjugé 1: Les syndicats font de la démagogie</strong></p>
<p>Cette opinion est véhiculée notamment par <a rel="nofollow" href="http://lavoie.argent.canoe.ca/2009/05/11/le_front_commun_syndical_encore">Luc Lavoie</a>.  L&#8217;ancien porte-parole de Quebecor et attaché politique de Brian Mulroney a écrit:</p>
<blockquote><p>Il est à peu près temps que le gouvernement retire le droit de grève dans les secteurs publics et d&#8217;ici là, il serait grand temps que les chefs syndicaux cessent leur démagogie. Le mélodrame qu&#8217;ils sont en train d&#8217;enclencher aura encore une fois pour victimes, les citoyens du Québec.</p></blockquote>
<p>Qu&#8217;est-ce que la démagogie?  Selon <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9magogie">Wikipedia</a>, il s&#8217;agit de « <em>l&#8217;art de mener le peuple en s&#8217;attirant ses faveurs, notamment en utilisant un discours simpliste, occultant les nuances, utilisant son charisme et dénaturant la vérité</em> ».  Concernant le Front commun, le discours des dirigeants est clair et sans ambiguïté.  Je dirais même honnête: le but est de simplifier la négociation et de pouvoir obtenir un meilleur rapport de force pour aller chercher un rattrapage salarial.  Démagogie?  Pas du tout.</p>
<p>Par contre, le texte de M. Lavoie est lui-même démagogique.  En réclamant l&#8217;interdiction du droit de grève dans les secteurs publics (pourquoi pas le retour du fouet tant qu&#8217;à y être?), c&#8217;est précisément lui qui crée le mélodrame qu&#8217;il essaie maladroitement de dénoncer.  C&#8217;est son discours qui cherche à s&#8217;attirer les faveurs du petit peuple en opposant ce dernier aux salariés qui profiteront de ce Front commun.  C&#8217;est lui, le démagogue.</p>
<p><strong>Préjugé 2: Leurs demandes sont irresponsables à cause de la crise</strong></p>
<p>Cette opinion est appuyée notamment par <a rel="nofollow" href="http://blogues.cyberpresse.ca/edito/?p=1451">André Pratte</a> dans son énième texte antisyndical.</p>
<blockquote><p>On sait déjà que les finances du gouvernement du Québec seront dans le rouge pour au moins quatre ans. Comment les syndiqués du secteur public peuvent-ils espérer convaincre les contribuables d’augmenter le déficit (et la dette) de l’État québécois dans le seul but d’améliorer leurs conditions de vie? La revendication me paraît irresponsable.</p></blockquote>
<p>Nous sommes dans une profonde récession, personne ne peut le nier.  Et c&#8217;est précisément pour cette raison qu&#8217;il importe que l&#8217;État relance la demande en augmentant ses dépenses.  Il ne s&#8217;agit pas de générosité ou d&#8217;altruisme, mais simplement d&#8217;une nécessité afin de permettre de se sortir de ce marasme.  C&#8217;est en dépensant que les États-Unis se sont sortis de la grande crise des années 30, et la recette n&#8217;a pas changé depuis.</p>
<p>En effet, quand on augmente le salaire de quelqu&#8217;un, on l&#8217;incite à consommer davantage.  Cette personne fait rouler l&#8217;économie et paie davantage d&#8217;impôts.  Pourquoi accepte-t-on que nos gouvernements donnent des millions, voire des milliards <strong>de nos impôts</strong> à de grosses corporations alors qu&#8217;on pourrait contribuer à relancer l&#8217;économie sur le plan local?</p>
<p>Le Québec fait partie des régions les moins touchées par la crise en Amérique du Nord.  C&#8217;est précisément grâce à son fort secteur public assurant une stabilité de la demande à un moment où beaucoup perdent leurs emplois.  Augmenter le salaire de ces employés n&#8217;est donc qu&#8217;un moyen supplémentaire de contribuer à la relance de notre économie.</p>
<p><strong>Préjugé 3: 11,25%, c&#8217;est trop</strong></p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;un autre préjugé assez répandu.  Pourtant, ces demandes sont très raisonnables.  Avec une inflation de 2% par année pendant trois ans, la véritable augmentation est plutôt de 5,25%.  La dernière enquête sur la rémunération des salariés de l&#8217;Institut de la statistique du Québec montre que les salaires des employés représentés par le Front commun sont de 15,6%<em> inférieurs </em> à leurs homologues syndiqués du privé.  Si on désirait un vrai rattrapage, il faudrait plutôt exiger 21,4% d&#8217;augmentation.  En ce sens, les demandes sont plus que raisonnables!</p>
<p>Les préjugés ont la peau dure.  À lire certains chroniqueurs (Richard Martineau, Luc Lavoie, etc.) on a l&#8217;impression que ceux-ci sont restés figés dans les années 1980.  S&#8217;il y a eu quelques abus par le passé de la part du mouvement syndical, les présentes revendications sont très honnêtes et permettraient non seulement de consolider notre classe moyenne, mais également de relancer la demande, et donc notre économie.</p>
<p>La classe moyenne représente le coeur et l&#8217;âme d&#8217;une nation développée.  Va-t-on laisser quelques éditorialistes grassement payés nous diviser et s&#8217;attaquer ainsi à ce que nous avons de plus précieux?</p>
<p>Classe moyenne et syndicalisme vont main dans la main.  S&#8217;attaquer à un c&#8217;est s&#8217;en prendre à l&#8217;autre.  Je l&#8217;avais déjà écrit dans mon texte <a href="http://lelectronlibre.net/2007/05/23/au-sujet-de-la-classe-moyenne">au sujet de la classe moyenne</a>:</p>
<blockquote><p>Aux États-Unis, par exemple, le taux de syndicalisation est passé de près de 35% il y a quelques décennies à seulement 13% aujourd’hui. Logiquement, si on suivait les arguments de la « drouate », on observerait une augmentation de la richesse de la classe moyenne et du pouvoir d’achat en général. Mais c’est exactement le contraire qui s’est produit.</p>
<p>En effet, les revenus réels nets du cinquième des foyers les plus pauvres ont crû de seulement 5% entre 1979 et 2002, ceux de 20% des foyers a augmenté de 15% en moyenne sur la même période. Au contraire, pour le cinquième le plus riche, la croissance a été de 48% et pour le 1% des foyers les plus riches, l’augmentation moyenne des revenus a été de près 111%. Tout ceci au même moment où la productivité augmentait de près de 53% et que le salaire moyen global, en dollars constants de 2004, stagnait de 15,24$ en 1973 à 15,23$ en 2004.</p>
<p>Bref, on le constate, la baisse du niveau de la syndicalisation n’a pas profité à la classe moyenne, loin de là. Les écarts entre les riches et les pauvres &#8211; donc la dislocation de cette classe moyenne &#8211; se sont accentués et la hausse de la productivité n’a pas le moindrement profité aux travailleurs. On a plutôt assisté à une désintégration sociale caractérisée par un appauvrissement marqué des plus pauvres et un enrichissement très important des plus riches. Entre les deux, ce qui reste de la classe moyenne s’est déchiré entre la majorité vers le bas et une minorité vers le haut.</p></blockquote>
<p>Il serait peut-être temps de comprendre et d&#8217;accepter que si les syndicats représentent avant tout leurs membres, c&#8217;est toute la société qui profite de chacune des avancées du mouvement syndical.  C&#8217;est <em>précisément</em> parce que nous sommes en pleine crise économique qu&#8217;il s&#8217;agit de s&#8217;assurer d&#8217;une redistribution optimale de la richesse.  Et le Front commun et les 475 000 membres qu&#8217;ils représentent en constituent le parfait véhicule.</p>
<p>Texte originalement publié <a rel="dofollow" href="http://lelectronlibre.net/2009/05/13/les-editorialistes-contre-la-classe-moyenne">ici</a>.</p>
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		<title>La fin des journaux?</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Apr 2009 15:54:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Faut-il tuer les journaux? Ces temps-ci, on dirait que tout le monde a quelque chose à dire sur la question. Si à terme l’existence des journaux traditionnels semble menacée, je ne crois pas pour autant que la méthode journalistique leur ayant permis de prospérer disparaîtra. Le gigantesque édifice avec ses centaines de prolétaires de la prose et son imprimerie rejoindront le musée, mais l’organisation elle-même se transformera. Ou disparaîtra.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_6533" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6533" title="3087502515_36a2d249d61" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/04/3087502515_36a2d249d61.jpg" alt="Photo : Flickr aloshbennett" width="500" height="376" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr aloshbennett</p></div>
<p>Faut-il tuer les journaux?  Ces temps-ci, on dirait que <a rel="nofollow" href="http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2009/03/les_journaux_sont_morts_vivent_les_journalistes.html">tout</a> <a rel="nofollow" href="http://www.axonpost.com/?p=457">le</a> <a rel="nofollow" href="http://blogues.directioninformatique.com/patrice/2009/03/20/nelson-dumais-le-journalisme-professionnel-face-au-web-no-future/111">monde</a> a quelque chose à dire sur la question.  Si à terme l&#8217;existence des journaux traditionnels semble menacée, je ne crois pas pour autant que la méthode journalistique leur ayant permis de prospérer disparaîtra.   Le gigantesque édifice avec ses centaines de prolétaires de la prose et son imprimerie rejoindront le <a rel="nofollow" href="http://www.newseum.org/">musée</a>, mais l&#8217;organisation elle-même se transformera.  Ou disparaîtra.</p>
<p>La crise actuelle est profonde.  Le Pew Research Center américain indiquait l&#8217;an dernier que la proportion de citoyens ayant lu un journal la veille était passée de 49% en 1994 à 40% en 2006.  Pire, seulement 29% des 18-29 ans l&#8217;avait fait, contre 47% pour les 50-64 ans et 58% pour les plus de 65 ans.  En clair, la génération montante ne lit pas le journal.</p>
<p>Traditionnellement, les journaux disposaient de plusieurs avantages:</p>
<ul>
<li>La crédibilité offerte par la pérennité de l&#8217;institution;</li>
<li>Des journalistes compétents adhérant à un ordre et à des pratiques établies;</li>
<li>Un accès à des bases de données journalistiques;</li>
<li>La capacité de rejoindre les gens directement dans leur foyer;</li>
<li>Un format pratique, qui peut être lu n&#8217;importe où.</li>
</ul>
<p>Ce sont là des avantages indéniables, mais font-ils le poids face à la révolution internet?</p>
<p><strong>La crédibilité</strong></p>
<p><a rel="nofollow" href="http://carnetsdudevoir.com/index.php/motsetmaux/commentaires/blogosphere_mode_passagere/">Antoine Robitaille</a> a raison de souligner le manque de crédibilité d&#8217;une large partie de la blogosphère.   Certains animent même de véritables dépotoirs virtuels où la calomnie et la manipulation consciente sont la règle.</p>
<p>Par contre, un changement est en train de s&#8217;opérer.  L&#8217;euphorie du début des blogues semble terminée et on peut établir une carte de blogues crédibles et qui offrent du contenu de qualité.  Aux États-Unis, déjà, de nombreux blogueurs sont devenus des références au même titre que des journalistes établis.  Le même phénomène semble en train de se produire au Québec également, notamment avec des individus comme <a rel="nofollow" href="http://michelleblanc.com">Michelle Blanc</a>, dont le blogue fait figure d&#8217;autorité quant aux nouvelles technologies.</p>
<p>En fait, la clef de la crédibilité des blogues tient à la spécificité des niches choisies.  Contrairement au journal traditionnel dont le nom garantie la crédibilité de tous ceux qui y travaillent, le blogueur bâtit sa propre crédibilité dans secteur spécifique, et cela prend du temps.</p>
<p>Pour le moment, les journaux traditionnels ont encore l&#8217;avantage dans ce domaine, mais pour combien de temps?</p>
<p><strong>Des journalistes compétents adhérant à un ordre et à des pratiques établies</strong></p>
<p>De nombreux blogueurs n&#8217;appliquent pas toujours la démarche journalistique requise pour construire le sens nécessaire à une nouvelle.   Au téléphone ce matin, Antoine Robitaille me rappelait un épisode où il a été informé par <a rel="nofollow" href="http://goudaille.com">Olivier Niquet</a> du plagiat d&#8217;une personnalité connue. Suite au travail de vérification journalistique et de mise en contexte effectuée par le journaliste du Devoir, M. Niquet avait <a rel="nofollow" href="http://www.centpapiers.com/le-devoir-reprend-une-nouvelle-de-cent-papiers/520/">affirmé</a> que le Devoir avait repris sa nouvelle.  Dans les faits, M. Niquet n&#8217;avait jamais eu de nouvelle en tant que tel, car le travail du journaliste ne consiste pas à simplement relater un fait non-vérifié à l&#8217;état brut, mais plutôt de vérifier sa véracité et d&#8217;organiser ce fait autour d&#8217;une pensée structurée afin de créer une plus-value autour de la nouvelle elle-même.</p>
<p>Ce problème rejoint également celui de la crédibilité.  Si je marche dans la rue et entend (sans voir) un accident se produire derrière moi et que je demande à une des deux personnes impliquées qui en a été responsable, ai-je fait un travail journalistique suffisant?  « <em>C&#8217;est elle la folle, elle a pas fait son stop!</em> »  Si je rentre chez moi et présente un super-scoop sur mon blogue en mettant en vedette la « folle » qui n&#8217;a pas fait son arrêt obligatoire, suis-je un bon journaliste?  Et si je me contente de relayer les faits sans en dégager le sens profond (dangerosité d&#8217;une intersection, nécessité de voitures plus sécuritaires, etc.), suis-je un bon journaliste ou un simple rapporteur de nouvelle?</p>
<p>Les pratiques et le code journalistiques existent pour une raison bien simple: assurer la crédibilité de la profession en général.  De nombreux blogueurs se contentent de rapporter la nouvelle sans polir ce diamant brut.  Comme je l&#8217;écrivais dans un <a href="http://lelectronlibre.net/2009/02/27/journalisme-citoyen-phobie-sociale">texte précédent</a>:</p>
<blockquote><p>Ce n’est pas parce qu’on peut sortir quelques accords d’une vieille guitare qu’on est prêt à aller faire un concert.  De la même manière, ce n’est pas parce que quelqu’un commence à appliquer les techniques journalistiques qu’il peut se considérer d’égal à égal avec des journalistes et croire que ce qu’il donne comme valeur &#8211; sa pierre légèrement polie &#8211; vaut celle d’un autre.</p></blockquote>
<p>À ce titre, de nombreux blogueurs ou journalistes en ligne ont adopté des pratiques se rapprochant de celles des journalistes établis et travaillant pour les journaux traditionnels.  Ils sont une minorité, mais une minorité en constante progression.  Et ceux-ci ont souvent une crédibilité presque aussi bonne que les meilleurs journalistes traditionnels.</p>
<p><strong>Un accès à des bases de données journalistiques</strong></p>
<p>Les bases de données journalistiques sont essentielles pour tout journaliste.  Vous entrez un mot-clef, dans <a rel="nofollow" href="http://eureka.cc">Eureka</a> par exemple, et vous obtenez immédiatement tout article sur le sujet écrit dans à peu près tous les médias.</p>
<p>Pourtant, avec le temps, les recherches simples sur des moteurs de recherche comme Google s&#8217;améliorent et la quantité d&#8217;articles en ligne progresse régulièrement.  Conséquence?  La valeur-ajoutée de la base de données journalistiques tend à diminuer, plaçant peu à peu sur un quasi-pied d&#8217;égalité journalistes institutionnels et journalistes sur le web.</p>
<p>Si le premier possède encore un léger avantage, quiconque ayant un minimum de motivation peut arriver à se débrouiller sans ces bases de données.  De toute façon, si les journaux en format papier n&#8217;existent plus, ces bases de données auront perdu leur utilité.</p>
<p><strong>La capacité de rejoindre les gens directement dans leur foyer</strong></p>
<p>Traditionnellement, le rituel matinal ressemblait à ceci: lever, toilette, et on allait chercher le journal sur le pas de la porte.  Si, si, parole d&#8217;un camelot qui a livré les journaux pendant six ans! Rares étaient mes clients qui venaient chercher leur journal sans avoir l&#8217;oreiller encore imprimé dans le visage.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui, êtes-vous comme moi?  La <em>première</em> chose que je fais au réveil, c&#8217;est d&#8217;ouvrir mon ordinateur.  Le voici, mon contact avec le monde.  Évidemment, je ne peux pas encore facilement manger devant mon journal en ligne, mais ce n&#8217;est qu&#8217;une question de temps&#8230;</p>
<p><strong>Un format pratique, qui peut être lu n&#8217;importe où</strong></p>
<p>Voici le seul argument de vente réellement concret pour les journaux traditionnels.  On les imagine presque nous dire: « <em>Ah, ah!  Vous pouvez nous déchirer, nous barbouiller, nous amener aux chiottes, mais pourriez-vous faire la même chose avec votre écran d&#8217;ordinateur? </em>»  En fait, oui.  Presque.</p>
<p>Le <a href="http://www.amazon.com/Kindle-Amazons-Wireless-Reading-Generation/dp/B00154JDAI">Kindle 2</a> permet déjà de lire des livres ou des journaux.  À peine plus épais qu&#8217;un gros carton, il peut être amené partout.</p>
<p>Bien sûr, on est loin ici du grand journal ouvert sur la table le matin.  Mais qui aurait pu prédire il y a dix ans que j&#8217;écrirais sur un écran plat de 22 pouces?  La technologie existe, et ce n&#8217;est qu&#8217;une question de temps avant que différents formats soient offerts et permettent aux lecteurs de ne plus avoir besoin du journal en format papier.</p>
<p>On objectera que plusieurs avaient prédit la disparition du livre avec Internet, mais l&#8217;exemple ne tient pas.  Un livre se lit du début à la fin.  Aurait-on idée de sauter une vingtaine de pages d&#8217;un roman de Patrick Sénécal ou Stephen King?  Le journalisme, au contraire, est un style permettant la captation rapide du sens d&#8217;un texte et il invite le lecteur à le survoler, voire à ne lire qu&#8217;une partie du texte. Bernard Poulet, l&#8217;auteur de <em>La fin des journaux</em> (Gallimard) écrit : « <em>Un texte n&#8217;a plus un début, un milieu et une fin, mais représente un ensemble de morceaux autonomes. On télécharge la page, le paragraphe ou la phrase qui nous est utile.</em> » ((Le Soleil, Livres, dimanche, 29 mars 2009, p. 39, Les journaux au musée!, Fessou, Didier, La place des journaux est-elle au musée?))</p>
<p>On peut très bien imaginer des textes disponibles sur un outil comme Kindle 2 et offrant des hyperliens vers d&#8217;autres textes au contenu semblable.</p>
<h2>Qui paiera les journalistes?</h2>
<p>La question qui tue.  Si tout le monde télécharge gratuitement son information et la lit sur un Kindle 2 (ou autre outil semblable), qui paiera les journalistes?  La question est cruciale: si on affirme que le travail de polissage du journaliste, qui consiste à rendre intelligible et à donner un sens à une nouvelle, est essentiel, qui paiera son salaire?  <a rel="nofollow" href="http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2009/03/comment_financer_profession_journaliste_jeff_mignon.html">Mario Asselin</a> pose la question et se base sur les calculs de <a rel="nofollow" href="http://mediacafe.blogspot.com/">Jeff Mignon</a>, qui affirme qu&#8217; il serait difficile de payer les journalistes selon le présent modèle publicitaire.</p>
<p>À mon avis la réponse est la même qu&#8217;elle a toujours été: par la publicité et l&#8217;abonnement.</p>
<p><strong>La publicité</strong></p>
<p>Le calcul de Jeff Mignon ne fonctionne pas.  Il prend le problème dans le mauvais sens.  Il tente d&#8217;appliquer un modèle de publicité actuel qui rapporte peu à une entreprise qui doit entretenir une lourde charge physique (gros immeuble, les presses, etc.).</p>
<p>Quand on affirme que les revenus publicitaires dans les journaux traditionnels ont <a rel="nofollow" href="http://www.axonpost.com/la-crise-des-medias-vue-par-les-publicitaires/">baissé de plus de 23%</a> en deux ans, signifie-t-on que cet argent a simplement disparu?  Non.  Même avec la crise, une large partie de ces ressources ont simplement été réaffectées ailleurs, notamment en ligne.</p>
<p>Concrètement, au fur et à mesure que le lectorat des journaux traditionnels diminue, la compétition entre les publicitaires pour annoncer en ligne augmente, contribuant à oser les revenus pour ceux qui écrivent en ligne.</p>
<p>Les journaux traditionnels opposent néanmoins l&#8217;argument suivant: le nombre de lecteurs en ligne de tel ou tel site internet est toujours moindre que les leurs.  Vrai.  Mais ils sont également plus ciblés.</p>
<p>En fait, quand vous ouvrez un journal, vous voyez des tonnes de publicités qui ne vous intéresse pas.  Spectacles, voitures, ameublement&#8230; Est-ce que ces choses vous intéressent vraiment?  En ligne, la publicité est ciblée.  Sur un site qui se consacre aux troubles paniques, par exemple, on y voit de la publicité sur les troubles paniques.  Au hasard, visitez le site <a href="http://symptomsofpanicattacks.net/">Symptoms of panic attacks</a>: voyez-vous des annonces de spectacles, voitures ou ameublement?  Non.  La publicité est extrêmement ciblée, et cela s&#8217;avère très profitable pour les annonceurs.  Au fur et à mesure que les journaux en format papier disparaîtront, les publicitaires se tourneront vers ce type de publicités et leur compétition entraînera le coût à la hausse, et permettra peut-être à certaines entreprises de journalisme de survivre.  La majorité devra pourtant offrir du contenu payant.<br />
<strong><br />
L&#8217;abonnement</strong></p>
<p>Hérésie!  Faire payer pour ce qui se trouve en ligne gratuitement?  « Es-tu fou Louis ou quoi? »  Peut-être, mais ce sera le sujet d&#8217;un autre article.  Pour le moment, je vous invite à réfléchir à la situation actuelle: quel est le modèle financier qui vous permet d&#8217;avoir accès à vos nouvelles sur <a rel="nofollow" href="http://cyberpresse.ca">Cyberpresse</a>, par exemple?  Croyez-vous que les publicités sur ce site permettent de payer le salaire de tous les journalistes qui y contribuent?</p>
<p>Évidemment, non.  En grande partie, ce sont les gens qui s&#8217;abonnent à La Presse ou à un autre journal du groupe Gesca qui permettent à Cyberpresse d&#8217;exister.  Enlevez ces revenus, et je ne crois pas que même les recettes publicitaires montantes permettraient de compenser cette perte.</p>
<p>La vérité, c&#8217;est que le contenu de qualité se paie.  Actuellement, nous sommes dans une période où nous avons le meilleur des deux mondes.  Un peu comme à la fin des années 1990 dans le domaine de la musique, où il était possible de tout télécharger gratuitement.  Le buffet à volonté.  Mais la source s&#8217;est tarie et l&#8217;industrie de la musique a réagi: le téléchargement gratuit est aujourd&#8217;hui illégal.  Résultat?  De nombreux sites offrent maintenant la possibilité de télécharger de la musique à la carte pour un coût ridiculement bas.</p>
<p>D&#8217;ici quelques années, la situation risque d&#8217;être la même dans le domaine journalistique.  Tant qu&#8217;il y aura une masse critique de personnes plus âgées qui continuent à payer pour leurs journaux, il n&#8217;y aura que du contenu gratuit en ligne.  Éventuellement, pourtant, il faudra également faire payer les gens pour télécharger une partie des textes sur leur lecteur numérique.  Un prix insignifiant.  Juste assez pour que ce soit plus d&#8217;effort essayer de voler le contenu que de le payer.  Et cette source de revenus, couplée avec la publicité, permettra à l&#8217;entreprise journalistique de survivre.</p>
<h2>La guerre du sens</h2>
<p>Aujourd&#8217;hui, l&#8217;information ne fonctionne plus à sens unique.  Les citoyens n&#8217;ont plus envie de se laisser dicter quoi penser par les journalistes.  Ils refusent le sens qu&#8217;on leur offre et Internet leur permet de s&#8217;allier avec n&#8217;importe qui qui pense comme eux.  À la limite, la toile permet à tous les <em>weirdos</em> de s&#8217;unir et de former une super-République de weirdos.  Ils lisent leurs blogues de weirdos, s&#8217;informent auprès d&#8217;amis weirdos, et ils ont une vision complètement déconnectée de la réalité.   Ils refusent le sens qu&#8217;on leur donne et choisissent leur propre sens.</p>
<p>Pour la majorité de la population, la crise de confiance vis-à-vis du journalisme n&#8217;atteint pas de telles disproportions.  Malgré tout, comme l&#8217;explique JD Lasica, rédacteur au Online Journalism Review, « <em>la multiplication des sources d&#8217;informations a soudainement fait prendre conscience au public que ce qu&#8217;ils lisent dans les journaux ou ce qu&#8217;ils voient à la télé ne reflète pas nécessairement leur propre réalité.</em> » ((Le Devoir, CONVERGENCE, lundi, 11 août 2003, p. B7, Technologie, À propos du journalisme citoyen, Fondamentalement engagé, ce type de journalisme peut servir de contrepoids aux dérives qui, quelquefois, affligent l&#8217;industrie des communications, Dumais, Michel))</p>
<p>Ainsi, il y a deux solutions possibles:</p>
<ol>
<li>On laisse le lecteur se créer son propre sens grâce à une « information » brute, dénudée et constamment mise à jour, tel un diamant que n&#8217;aurait pas poli le journaliste.  Il devient donc de la responsabilité du lecteur de créer son propre sens.  Cette option est peu coûteuse car le journaliste devient quasi-inutile.</li>
<li>On offre au lecteur une multitude de sens possibles en permettant au journaliste de polir la pierre précieuse et d&#8217;inter-connecter les nouvelles en leur donnant un sens.  Le lecteur choisit son journaliste et adhère ou non au sens; il peut commenter la nouvelle ou y répliquer lui-même.  Cette option est plus coûteuse et implique un travail journalistique accompli.</li>
</ol>
<p>Actuellement, Quebecor et son Journal de Montréal semblent avoir adopté la première voie et La Presse l&#8217;autre option.  Le Devoir, lui, traîne de la patte.  Étant principalement lu par l&#8217;élite intellectuelle, il peut se permettre d&#8217;attendre, mais s&#8217;il attend trop il prendra bien vite le même chemin que le tape à cassette huit pistes ou le vidéocassette BETA.</p>
<p>Il n&#8217;y a pas des milliers de solutions. On peut soit refuser de considérer le sérieux de la situation actuelle et considérer cela comme une mode ou une situation temporaire.  Ou bien on comprend la profonde mutation en cours et on agit.</p>
<p>Le journaliste, quoi qu&#8217;il arrive, survivra.  On aura toujours besoin de sens, et celui qui parviendra à en faire le plus pour la majorité sera le plus lu.  Mais il ne le sera plus sur papier, et sûrement pas dans le cadre professoral à sens unique actuel.  Il trouvera sa niche, se spécialisera, et s&#8217;adressera à un public spécifique cherchant dans ses mots le sens perdu d&#8217;une société en perte de cohésion.</p>
<p>Texte originel publié sur <a rel="dofollow" href="http://lelectronlibre.net">L&#8217;Électron Libre</a>.</p>
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		<title>Le CHUM en PPP: la pire des idées</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Mar 2009 14:55:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Louis Préfontaine</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_6436" class="wp-caption alignnone" style="width: 510px"><img class="size-full wp-image-6436" title="388221237_015dd31a9116" src="http://www.centpapiers.com/wp-content/uploads/2009/03/388221237_015dd31a9116.jpg" alt="Photo : Flickr Neubie" width="500" height="375" /><p class="wp-caption-text">Photo : Flickr Neubie</p></div>
<p>La décision du gouvernement du Québec d’aller de l’avant avec le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) construit en partenariat public-privé (PPP) a de quoi inquiéter les citoyens.   Non seulement les PPP coûtent-ils plus chers, mais il y a risque de conflit d’intérêts et l’engagement à long terme augmente les possibilités de dérapage.</p>
<p>D’abord, les PPP sont coûteux, très coûteux.   Comme le souligne avec justesse Sylvain Simard, porte-parole du Parti Québécois pour le Conseil du trésor, les entreprises privées peuvent plus difficilement obtenir des taux d’intérêt avantageux que l’État, surtout en période de crise.  Les taux pratiqués actuellement sur le marché du crédit sont 2,5% plus élevés pour le privé   ((Le Devoir, LES ACTUALITÉS, samedi, 28 mars 2009, p. a3, CHUM: qui paiera les coûts d&#8217;emprunt supplémentaires, demande le PQ?, Alexandre Robillard)). Et si les taux venaient à baisser, l’État n’en profiterait pas puisque l’entente est scellée avec l’entreprise qui gère le PPP.    Martine M. Bellanger, professeure d&#8217;économie à l&#8217;École des hautes études en santé publique (EHESP) à Rennes, en France, explique :</p>
<blockquote><p><em>Dans la mesure où les PPP comportent un potentiel plus élevé d&#8217;aléas pour les entreprises que les contrats traditionnels, leurs banquiers et leurs assureurs en tiennent compte. Comme les promoteurs de PPP ne sont pas des philanthropes, ils reportent ces coûts sur les loyers et les autres formes de paiement exigés des partenaires publics </em>((Le Devoir, LES ACTUALITÉS, mardi, 7 octobre 2008, p. a6, Un regard critique sur les PPP en santé, Tremblay, Jacinthe)).</p></blockquote>
<p>La ministre des Finances, Mme. Jérôme-Forget, se défend en disant que le gouvernement sera un bon payeur et qu’il rencontrera ses obligations, mais ce que sous-entend cette déclaration apparaît plutôt comme l’aveu que le gouvernement sera toujours là pour subvenir aux besoins du privé et absorber les dépassements de coût.</p>
<p>Jean Charest martelait depuis des années que les PPP ne devaient pas alourdir la dette publique.  Le gouvernement étudie pourtant des scénarios permettant de faciliter l’accès au crédit des consortiums en lice pour ceux-ci après les inquiétudes de ces dernières quant à leur incapacité à se financer adéquatement  ((Le Devoir, LES ACTUALITÉS, mardi, 10 mars 2009, p. a1, PPP: Québec assumera plus de risques, Feu vert à l&#8217;appel de propositions du CHUM, Lévesque, Kathleen)).  Le but du partage de risques consiste à faciliter l&#8217;accès au crédit pour les promoteurs privés en faisant porter un fardeau plus élevé sur les épaules du gouvernement du Québec.  Ainsi, une partie du risque devient une dette pour les contribuables.  Le PPP devait (théoriquement) sauver de l&#8217;argent: si en plus de payer les profits des consortiums il faut partager leurs risques, à quoi bon?  Qui veut-on récompenser ici : les amis du gouvernement? Pourquoi ne pas simplement bâtir le CHUM de manière traditionnelle et leur envoyer un chèque par le poste tant qu&#8217;à ça?</p>
<p>Outre la théorie, il y a la pratique.  Une étude financée par l&#8217;Association des comptables agréés de Grande-Bretagne a démontré que les PPP sont économiquement plus coûteux que le financement public ((La Presse, Nouvelles générales, mardi, 4 avril 2006, p. A5, FINANCEMENT DES HÔPITAUX, Les PPP sont trop coûteux, selon une étude anglaise, Noël, André)).  Sur 13 hôpitaux construits en PPP et analysés par l’étude, six étaient en déficit.  Et quatre de ces six hôpitaux avaient des coûts plus élevés.  L’augmentation des coûts observés pour les PPP atteint de 25% à 50% du coût d’un financement traditionnel.  Ce n’est d’ailleurs par pour rien que le ministère de la Santé a suspendu la réalisation de plusieurs programmes en 2006, notamment parce que les hôpitaux devaient verser aux promoteurs des montants fixes trop élevés eu égard aux budgets accordés par l&#8217;État pour leur fonctionnement régulier.</p>
<p>Par ailleurs, les risques de conflits d’intérêts sont bien réels.  Il n’est pas question ici d’enveloppes brunes glissées sous la porte d’un politicien bien en vue (même si ces choses peuvent exister), mais plutôt de promoteurs qui conseillent le centre hospitalier de l’université McGill et soumissionnent pour le CHUM et vis versa.   Le danger est clair : une firme peut obtenir des informations dans un projet dont elle profitera dans le second.  Pour surveiller tout ce fouillis, un avocat a été embauché par l’agence des PPP à titre d’arbitre des conflits d’intérêts.  La bureaucratie dans toute sa splendeur.</p>
<p>Un autre aspect à ne pas négliger est l’engagement à long terme vis-à-vis d’une entreprise privée.   Ces dernières peuvent changer ou chuter; on se rappellera que la gestion de l’eau de la municipalité de Hamilton s’est retrouvée dans les mains d’une filiale d’Enron.   Les besoins peuvent changer : qui sait si dans 35 ans on aura besoin d’un CHUM rempli à pleine capacité ou s’il ne faudra pas privilégier d’autres solutions?   Comme le notait avec pertinence l’organisation Médecins québécois pour le régime public (MQRP) le <a href="http://www.mqrp.qc.ca/communiques.php">8 mars dernier</a>, un PPP ne concerne pas uniquement la construction d’un projet, mais son financement, sa conception, sa transformation, sa possession et son exploitation.  Il s’agit d’une structure incroyablement rigide enchaînant l’État pour plusieurs décennies.   On en arrive progressivement à des situations quasi surréalistes, comme dans certains hôpitaux britanniques où on détermine la durée optimale d’une ampoule électrique et où on refuse de la remplacer si celle-ci avait le malheur de brûler avant la date prévue  ((Le Devoir, CAHIER SPÉCIAL, samedi, 26 avril 2008, p. g5, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Des conditions toujours trop difficiles, «La pénurie d&#8217;infirmières ne se résorbe pas», Vallée, Pierre)).  Le fait que le premier hôpital britannique construit en PPP ait déclaré faillite en 2006 devrait également nous inquiéter.  ((La Presse,  Nouvelles générales, mardi, 4 avril 2006, p. A5, FINANCEMENT DES HÔPITAUX, Les PPP sont trop coûteux, selon une étude anglaise, Noël, André))</p>
<p>Ce n’est donc pas un hasard s’il existe un quasi-consensus contre les PPP en santé.  L’Ordre de architectes du Québec, l’Association des économistes du Québec, le Parti Québécois, Québec Solidaire, le MQRP, la Coalition Solidarité Santé, la CSN, l’APTS; tous s’y opposent.</p>
<p>Encore une fois, pourtant, le gouvernement fait la sourde oreille aux revendications des citoyens et préfère suivre son idéologie jusqu’au bout, quand bien même celle-ci a prouvé son inefficacité.  Jusqu’où faut-il aller avant de comprendre l’illogisme d’une façon de faire qui coûte cher et lie nos mains pour des décennies?</p>
<p>Au lieu d’être de simples locataires du CHUM, pourquoi n’en serions-nous pas propriétaires à moindre coût?</p>
<p>Texte originellement publié <a rel="dofollow" href="http://lelectronlibre.net/2009/03/30/chum-ppp">ici</a>.</p>
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