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	<title>CentPapiers &#187; Étienne Blais</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Arlette Farge : Des traces de vie</title>
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		<pubDate>Tue, 11 Nov 2008 12:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le bracelet de parchemin est un livre de 113 pages, publié en 2003 par Bayard. Son auteure, Arlette Farge, est reconnue pour ses recherches originales portant sur le 17e siècle français. Intégrité et empathie caractérisent l&#8217;historienne. Les dimensions insoupçonnées de l&#8217;histoire sont sa spécialité. Ce livre est le fruit d&#8217;une attention particulière sur une tendance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4576.jpg" border="0" />
<p>Le bracelet de parchemin est un livre de 113 pages, publié en 2003 par Bayard. Son auteure, Arlette Farge, est reconnue pour ses recherches originales  portant sur le 17e siècle français. Intégrité et empathie caractérisent l&#8217;historienne. Les dimensions insoupçonnées de l&#8217;histoire sont sa spécialité. Ce livre est le fruit d&#8217;une attention particulière sur une tendance surprenante&nbsp;: presque toutes les dépouilles trouvées au 17e siècle par la prévôté française sont porteuses d&#8217;un papier quelconque portant une écriture.  Trois siècles plus tard, Farge tombe sur ces compilations détaillées. Son regard attentif fera de ces petits papiers disparates un objet historique ayant échappé à l&#8217;attention de tous.</p>
<p>L&#8217;importance associée aux mots et à l&#8217;écrit<br />
Les supports et l&#8217;écriture seront soumis à un examen.  L&#8217;auteure fera la démonstration de l&#8217;existence d&#8217;une culture parmi ceux qui justement devaient en être exclus. Résumons la situation ainsi, au 17e siècle, en France, il y a ceux qui existent et il y a les autres qui s&#8217;effacent presque anonymement. Ce terrible constat dissimule une réalité universelle&nbsp;: le genre humain a des caractéristiques communes peu importe ses origines et sa condition. La conscience et le désir de communiquer sont aussi présents chez les individus marginalisés. La preuve étant la présence trop singulière d&#8217;un document écrit sur soi. Cet exercice démontre que la recherche nécessite une ouverture d&#8217;esprit.</p>
<p>En effet, un regard attentif est primordial pour trouver et décoder un message. Une appréciation superficielle pourrait nous garder dans l&#8217;ignorance de la réelle profondeur de la vie itinérante. Le manque d&#8217;intérêt, l&#8217;indifférence et la méconnaissance d&#8217;une réalité nuisent à la compréhension du phénomène de l&#8217;exclusion sociale. La chercheure décrit ces morceaux de vie comme fragiles et laissés à eux-mêmes dans les dédales des archives nationales. Néanmoins, ils démontrent la contradiction du genre humain. En effet, il s&#8217;évertue à traiter avec humanité les débris de ceux vivant dans la furtivité.</p>
<p>À la lumière des faits exposés par Farge, nous comprenons que la pauvreté et l&#8217;itinérance sont perméables au rayonnement de la culture et malgré tout, soumises aux contraintes de l&#8217;État français. Porter une preuve d&#8217;identité est préférable, mais elle est aussi l&#8217;expression simple d&#8217;avoir une raison sociale. L&#8217;individu est un véhicule, il a horreur du vide, il est donc normal de porter en lui le désir d&#8217;être connu et reconnu lorsque nécessaire.</p>
<p>La société se reproduit à chaque jour. Cependant, le contraste vient des individus qui sont en règles et ceux qui vont et viennent. Malgré les zones d&#8217;ombre, tous sont soumis au même encadrement de l&#8217;État. Sur ce tapissage étatique se déplace des itinérants. Personne n&#8217;échappe vraiment à cette attention, la preuve étant le traitement confié à la dépouille mortelle. Elle fait l&#8217;objet d&#8217;une attention particulière considérant les moyens et surtout la fréquence de ces situations tragiques.</p>
<p>La mauvaise nouvelle</p>
<p>La route est un lieu de partagé avec ceux qui ont choisis d&#8217;y vivre à temps plein . La mort est préoccupante, elle est source de mouvement. Les gens communiquent et transmettre le message comme une trainée de poudre . Tous sont concernés. La mort est ritualisée et la reconnaissance du défunt fait parti de ce processus . La présence de l&#8217;objet peu importe sa forme est généralisée . En nombre impressionnant et dans un fouillis total de forme, une singularité reste, on écrit pour se souvenir et pour avoir sur soi un rappel de l&#8217;existence. Le papier est forme d&#8217;appartenance et rassurant, il est une forme d&#8217;acceptation des rudiments de la société&nbsp;: &#171;&nbsp;Il n&#8217;est rien de pire sous l&#8217;Ancien Régime que de ne pas pouvoir être enterré en terre chrétienne. La reconnaissance par autrui du corps mort est un acte fondamental&nbsp;&#187; .</p>
<p>Dans les poches des défunts se trouve aussi l&#8217;emprise des institutions, le monde militaire ou bien les activités économiques ni sont d&#8217;ailleurs pas étranger. Définitivement, le papier forme une mosaïque aux multiples facettes. Le mouvement et le droit de passage sont l&#8217;objet d&#8217;une grande attention considérant le grand nombre d&#8217;individu en circulation. Raison sociale ou encore certification de la bonne conduite, ces accessoires sont une vraie panoplie  pour faire face à l&#8217;État de droit français.</p>
<p>Un trompe-l&#8217;&#339;il</p>
<p>La simplicité apparente d&#8217;un écrit dissimule la complexité de la vie du porteur. Les sentiments et les intentions de celui-ci restent à deviner. En effet, écrire peut être aussi l&#8217;action de se travestir et de maquiller une réalité. En contrepartie, identifier une dépouille est une action voulant démontrer une certaine supériorité de l&#8217;esprit. C&#8217;est aussi un geste absurde dans la mesure où le vivant n&#8217;est pas considéré mais son corps inerte lui fait part d&#8217;une attention particulière.</p>
<p>Écrire c&#8217;est se réduire dans un format portable. Pour sa part, la culture est vénérée, quasiment magique, elle permet de s&#8217;élever. L&#8217;appropriation par l&#8217;état de ces restants d&#8217;humanité ne garanti en rien leur compréhension. Le sens de ces trouvailles, il est fort possible qu&#8217;il ne soit jamais vraiment saisit. Est-ce vraiment nécessaire de comprendre&nbsp;? Cette présence humaine sans éclat perce malgré tout et laisse sa trace. Après avoir accroché le lecteur sur cette découverte intime, l&#8217;auteure nous met en garde . L&#8217;appréciation d&#8217;une source doit rester dans la sobriété même si l&#8217;absence peut être troublante. En effet, si le message est toujours physiquement accessible, l&#8217;émetteur et surtout le destinataire eux manque à l&#8217;appel. La parole est selon Arlette Farge un élément primordial qui fait toujours défaut. Que retenir de ces milliers d&#8217;exemple&nbsp;: le respect et l&#8217;empathie</p>
<p>Pour terminer, la compréhension d&#8217;un phénomène ne peut jamais être complète à moins de détenir l&#8217;ensemble de la preuve. La problématique&nbsp;? Le jugement de valeur des historiens empêchent d&#8217;apprécier à sa juste valeur les documents qui auparavant étaient ignorés ou qui maintenant peuvent faire l&#8217;objet d&#8217;une attention trop enthousiasme. L&#8217;hypothèse&nbsp;? La paupérisation d&#8217;une partie de la société française au 17e siècle ne l&#8217;a pas empêché d&#8217;aspirer à la culture et d&#8217;en connaître certains de ses rudiments.</p>
<p>L&#8217;individu, la société et l&#8217;État français sont étroitement liés. L&#8217;existence humaine est facilitée par la reconnaissance écrite. Même si l&#8217;orbite de certains semblent lointaines ou franchement hors du système, ils sont tous animés par la même force de gravité. Arlette Farge a voulu nous démontrer que l&#8217;individu quel qu&#8217;il soit agit par mimétisme&nbsp;: il écrit ou porte sur lui l&#8217;écrit pour exister. Deuxièmement, cette appropriation de la culture par les exclus est fort symbolique, elle démontre que ceux-ci ne rejettent pas les valeurs de la société et en reproduisent les comportements. Finalement, l&#8217;auteure nous prescrit une bonne dose de retenue et de précaution face aux traitements de la source historique, aussi infime soit-elle, pour éviter d&#8217;avoir un regard trop pointu sur l&#8217;objet historique et ainsi perdre l&#8217;&#339;il critique qui caractérise la recherche historienne.</p>
<p>Conclusion</p>
<p>Pour résumer, ce bout de parchemin est une manière comme  une autre de se lier à l&#8217;humanité et ainsi de combattre l&#8217;anonymat. C&#8217;est aussi un moyen de se forger une identité et de prendre place dans la société. La récupération et l&#8217;analyse de ce document par les autorités confirment donc l&#8217;appartenance du porteur à la communauté. Finalement, accorder de l&#8217;importance à ce document et en effectuer la &#171;&nbsp;lecture&nbsp;&#187; remettent en question notre vision étroite de la pauvreté et sa place dans l&#8217;histoire . Cette pensée devrait se refléter dans notre appréciation des problématiques contemporaines.</p>
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		<title>Être pharaon en Égypte</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 10:04:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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<p>L&#8217;Égypte que l&#8217;on dit pharaonique varie en taille et en puissance. Les cycles créatifs et destructeurs qu&#8217;ont connus les différentes dynasties ont un dénominateur commun&nbsp;: le pharaon.  On associe cette entité à la vallée et au delta du Nil en Égypte. L&#8217;an 3100 avant notre ère est la référence historique qui fixe le départ du premier état pharaonique. Cet état est le fruit d&#8217;une lutte vigoureuse parmi la constellation de forces contenues sur les rives du Nil. La réunification de la Basse et Haute Égypte semble être l&#8217;événement fondateur de la civilisation égyptienne. L&#8217;état ainsi constitué a permis de tirer profit des ressources dans un dessein commun. Cet outil de gestion original a été en mesure de tirer profit des ressources naturelles et de permettre une meilleure productivité. Le titre de pharaon est issu d&#8217;une longue tradition. Son rôle clé est la protection de l&#8217;ordre. Après s&#8217;être acquitté de ses tâches divines, la gestion des ressources humaines est certainement sa plus grande responsabilité. Disposant d&#8217;une vue d&#8217;ensemble, le pharaon peut rendre l&#8217;état productif et fonctionnel. En dernier lieu, celui-ci est responsable de protéger le territoire contre les attaques sporadiques des peuples du désert ainsi que des éléments exogènes à la vallée du Nil.</p>
<p>La nature du régime</p>
<p>La nature du système politique est de type monarchique dynastique. Le pharaon en est le titre suprême. Alors, le porteur de cette dénomination devient sacré, auréolé d&#8217;une origine divine, il devient alors hors d&#8217;atteinte pour le commun des mortels. Finalement, cette fonction est exclusivement réservée aux hommes de la famille régnante quoique quelques exception célèbres et bien sûr les nombreuses Cléopâtre de la dynastie des Ptolémée.</p>
<p>Nous pouvons énoncer que ce pouvoir royale est exercé par une seule personne. Toutefois, il peut arriver qu&#8217;un tuteur agisse au nom d&#8217;un pharaon trop jeune. Ce type de gouvernance se distingue des juntes militaires ou du despotisme. En effet, l&#8217;intérêt premier des pharaons est de faciliter la vie des paysans pour que ceux-ci produisent davantage. Ensuite, nous observons que le pharaon nécessite l&#8217;appui des institutions civiles et religieuses, alors, il règne suivant une étiquette ainsi que des règles bien précises et doit se soumettre à des contraintes liées au fonctionnement de l&#8217;état.</p>
<p>La politique pharaonique est donc orientée vers la satisfaction de sa paysannerie et dans la formation académique de ses scribes. En effet, l&#8217;activité économique primordiale en Égypte est la production céréalière ainsi que la gestion comptable de cette ressource. Pour ce qui est des surplus, ils sont massivement investis dans le clergé, dans la construction de bâtiment funéraire et tout ce qui touche de près ou de loin le culte aux morts. Ce système politique de gestion des ressources humaines a été rendu possible par une relation symbiotique et d&#8217;interdépendance entre le pharaon et la paysannerie. Cependant, il peut arriver qu&#8217;un groupe intermédiaire puisse prendre tellement d&#8217;ampleur que le pharaon dispose plus d&#8217;un rôle de figuration que d&#8217;un réel pouvoir. Ainsi, le pouvoir pharaonique semble une institution solide, cependant il n&#8217;est pas à l&#8217;abri des intrigues et des luttes d&#8217;influence.</p>
<p>Donc, malgré une puissante affirmation de soi et un accès au levier du pouvoir, le pharaon n&#8217;est pas à l&#8217;abri de complot ou de coup d&#8217;État. En fait, il doit constamment faire face à l&#8217;adversité d&#8217;individu ambitieux souvent de sa propre famille ou de l&#8217;aristocratie égyptienne. Lourdes sont ses responsabilités, il est redevable devant les dieux mais généralement le pharaon s&#8217;acquitte de ses devoirs avec brio. Pour comprendre la complexité de la tâche, il est essentiel de saisir le lien étroit réunissant celui-ci avec la paysannerie. Malgré le fait que le monarque soit inaccessible aux yeux de tous, il partage le sol avec le paysan. Il est propriétaire de toutes les terres cultivables ainsi que tout ce qui est produit en sol égyptien. Le paysan est copropriétaire de son lopin de terre qu&#8217;il cultive (droit historique inaltérable).</p>
<p>En contrepartie, le pharaon assure le contrôle des crues ainsi que les travaux d&#8217;aménagement et d&#8217;irrigation. Décidemment, la nature de ce pouvoir est tournée vers l&#8217;aménagement agraire, la consolidation de l&#8217;état et la promotion idéologique et religieuse. Les valeurs fondamentales sont la justice et la protection du faible, la fertilité et l&#8217;abondance sont des garanties proposées par l&#8217;idéologie. Le culte au mort est certainement l&#8217;apport le plus original de la propagande égyptienne antique. Il est le pilier sur lequel s&#8217;appuie le discours pharaonique. Le monde surnaturel et terrestre ne font qu&#8217;un, le pharaon est tout simplement la courroie de transmission divine entre ces vases communiquant.</p>
<p>Le pharaon est à la tête d&#8217;un système interventionniste qui régularise chaque opération du processus d&#8217;acquisition des ressources avant tout céréalières et maraîchères. En effet, ce système vise avant tout à offrir aux paysans les conditions optimales pour bénéficier des crues fertiles du Nil.  Cette intervention est assurée par les scribes qui anticipent les récoltes et qui vont veiller à l&#8217;arpentage rigoureux pour éviter les conflits de voisinage. L&#8217;appropriation de la récolte est d&#8217;une importance capitale dans le bon fonctionnement du régime pharaonique. En effet, la céréale est monnaie et nourriture. Grâce à cela, l&#8217;état fonctionne et accumule les ressources, il distribue les surplus aux intermédiaires, les investit dans la construction d&#8217;infrastructure, des entreprises de prospection ou gère des crises momentanées pouvant survenir. Finalement, la structure subsiste et permet la libre circulation de manière sécuritaire des personnes et des biens dans un marché commun.</p>
<p>Le pharaon à une place primordiale. Sa figure est sculptée, son image est saisie sur des fresques monumentales et son nom est inscrit sur tous les supports possibles. Cette figure prédominante va même influencer les cultures étrangères qui vont s&#8217;emparer du titre sans changer la structure de l&#8217;institution. Selon la religion égyptienne, le pharaon ne fait pas partie de l&#8217;univers des hommes mais serait un dieu. Un dieu unique qui fait jonction entre deux mondes différents. S&#8217;il est d&#8217;origine humaine, il est l&#8217;incarnation terrestre du dieu Horus. Le pharaon est alors source vivante de légitimité de l&#8217;ordre cosmique, en maintenant Maat, il peut vaincre le chaos et faire triompher l&#8217;ordre. En plus d&#8217;être dépositaire de nombreux titres célestes et héritier de la première dynastie, il est symbole de toutes les forces de la nature et dépositaire de pouvoir assurant le cours normal et quotidien de l&#8217;astre solaire.</p>
<p>Le détenteur du titre de pharaon jouit d&#8217;un prestige inégalé. Il est en quelque sorte le cerveau du corps égyptien. Il  possède les insignes royaux et il est détenteur des objets symboliques rappelant ses origines et ses devoirs envers les dieux et sa communauté. Ainsi, il veille continuellement au maintien du territoire et il observe minutieusement les crues du Nil. La constitution d&#8217;un calendrier efficace est certainement la plus grande réalisation de ce travail d&#8217;observation. De plus, il assure la distribution de l&#8217;eau fluviale et il établit avec précision le cadastre. En effet, dans l&#8217;Égypte pharaonique, il n&#8217;y a pas pire outrage que l&#8217;occupation illégale d&#8217;une terre. Cet acte est passible d&#8217;une condamnation  touchant plusieurs générations d&#8217;où l&#8217;importance d&#8217;un arpentage précis suite aux crues du Nil.</p>
<p>Représentant religieux par excellence, il veille à la perpétuation du culte. En effet, son pouvoir a besoin d&#8217;un clergé en bonne vitalité pour assurer sa légitimité. Le pharaon se fera aussi réformateur dans une certaine mesure. Ayant appris des échecs des dynasties précédentes, le titre va s&#8217;humaniser et à un certain moment, il se fera chef de guerre directement sur le terrain. Alors, le pharaon cumulera plusieurs tâches et deviendra même grand organisateur d&#8217;une armée professionnelle. Il devra alors subir un entraînement rigoureux aux chars de guerre et au tir à l&#8217;arc. De plus, le monarque est l&#8217;instigateur d&#8217;une fête spéciale appelée &#171;&nbsp;Sed&nbsp;&#187; qui a pour objectif de prévenir la faiblesse d&#8217;un règne et d&#8217;affirmer le leadership entre les deux territoires. Il est attentif aux tensions internes et doit être à l&#8217;affût de pressions extérieures et doit agir concrètement sur le terrain et nourrir les besoins imaginaires de ses concitoyens.</p>
<p>Il en contrôle des trois branches de l&#8217;état, il est reconnu comme chef d&#8217;état avant tout. Donc, il promulgue les lois, exécute la justice et maintien l&#8217;ordre. Grand rassembleur, il a une poigne sur le clergé qu&#8217;il a réuni et dont il approuve l&#8217;existence. Il a son mot à dire sur le culte et les divinités. Finalement, il délègue des tâches et distribue les ressources. Il délivre des titres honorifiques et organise le territoire en nomes. À ce titre, il nomme les nomarques en collaboration avec le Vizir qui est le chef de la bureaucratie et du bureau de renseignement. Enfin, il veille à l&#8217;équité et la justice de droit commun auprès de ses concitoyens libres.</p>
<p>Définir l&#8217;univers des scribes dans le contexte du système politique</p>
<p>Dans la consolidation de l&#8217;état pharaonique, les scribes deviennent essentiels, leur place est importante. On tente de leur inculquer la maîtrise de l&#8217;écriture et aussi un sens de la retenue. Bureaucrate polyvalent, on les voit dans tous les domaines publics, religieux et même militaire. Ces partenaires du pharaon ont la tâche de gérer les ressources, la redistribuer et gérer les crises et conflit au nom de leur chef. Considérant que les scribes constituent une petite minorité ayant reçu une éducation de choix, nous pouvons comprendre qu&#8217;ils jouissent d&#8217;un grand privilège de lire et de pratiquer l&#8217;écriture.</p>
<p>Les individus, majoritairement des jeunes adolescents, sont choisis pour poursuivre cette éducation intensive souvent selon le rang social de leur paternel ou encore par &#171;&nbsp;repêchage&nbsp;&#187; de talent local. Ils subissent alors une éducation de base sévère et par la suite chaque individu va se spécialiser selon les opportunités qui s&#8217;offrent sur son chemin. Être créateur et porte enseigne de la culture, le scribe partage le prestige du pharaon. Il est alors un agent propagateur de l&#8217;idéologie pharaonique. Dans cette Égypte ancienne où l&#8217;effort physique et les travaux agricoles dominent, le travail intellectuel semble très attrayant pour ceux qui sont capables de se soumettre à la rigueur de longues journées passé assis à copier d&#8217;abord les hiéroglyphes et ensuite des textes fondamentaux de la littérature antique tel que Le Naufragé. Ce moyen de promotion social est bien sûr accompagné de sa culture propre. La Maison de vie incarne le lieu par excellence où les scribes se réunissent pour socialiser, pour apprendre et opérer une forme de compagnonnage qui permet un transfert des connaissances.</p>
<p>La Maison de vie est une bibliothèque et une archive permettant de réunir les connaissances écrites autant que les acteurs actifs dans ce milieu intellectuel. L&#8217;univers du scribe est avant tout cette profondeur de la pensée qui permet la création d&#8217;un métarécit national. Cette dimension nouvelle de l&#8217;humanité enracine davantage les croyances et l&#8217;affirmation d&#8217;un groupe sur son environnement. Cette perspective nouvelle octroie la possibilité de bâtir une carrière dans un monde qui semble immuable et d&#8217;une lenteur extrême. De plus, la cogitation intellectuelle permet certainement le début d&#8217;une forme de spéculation et d&#8217;hypothèse, cependant, les égyptiens tirent essentiellement leur savoir des expériences au quotidien à partir de cas concret.</p>
<p>Donc peu ou pas de progrès tel que l&#8217;on le conçoit émerge de cette société car elle détient un mode de pensée n&#8217;incitant pas à la remise en question mais propose plutôt un mode opératoire favorisant la stabilité et la consolidation. Donc, nous pouvons affirmer que ces intellectuels ont mis sur papyrus les savoirs qu&#8217;ils avaient acquis par l&#8217;observation et dans des traditions plus que millénaires. Ils ont certainement des connaissances médicales, mathématiques et astronomiques mais celles-ci étaient limitées dans la mesure qu&#8217;elles répondaient à des problèmes concrets.</p>
<p>Cet intérêt limité pour le monde abstrait des sciences est le résultat d&#8217;une société tournée vers le coté pratique de la vie. Cependant, il est étonnant de constater l&#8217;immense variété d&#8217;écrit politique, enseignements, littérature funéraire, poésie lyrique, hymne divin et écrit de sagesse dont l&#8217;Égypte pharaonique est l&#8217;auteure. Cette énumération démontre bien le grand besoin qu&#8217;avaient ces individus de communiquer, de capter des réalités liés au travail, au monde politique, à la vie personnelle tout comme au monde surnaturel. Pour terminer, malgré un nombre assez restreint d&#8217;individu, ceux-ci ont accès aux postes clés de l&#8217;administration, même s&#8217;il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une caste, nous devons comprendre que cette cohorte de scribe était un incontournable dans le fondement de l&#8217;état pharaonique.</p>
<p>La conscience du scribe rend possible la mémoire écrite, il est certainement la source d&#8217;inspiration de la connaissance universelle et de l&#8217;appropriation efficace de l&#8217;état sur son milieu.<br />
En résumé, le caractère agraire de l&#8217;état qui influe son organisation. La nature du pouvoir est hiérarchisée et centralisé s&#8217;appuyant sur des scribes versatiles. Ce régime fort et puissant encadre sa population sans être oppressif. Il est un système disposant d&#8217;une légitimité n&#8217;ayant jamais été remis en doute et son personnage principal, le pharaon, semble plus vrai que nature. Agissant autant sur le monde terrestre que dans l&#8217;ordre surnaturel, le pharaon est bien appuyé par diverses institutions (organe de renseignement, harem, Maison de vie). Le développement de l&#8217;écriture va consacrer par écrit l&#8217;idéologie pharaonique et va amorcer les débuts d&#8217;une bureaucratie. Enfin, l&#8217;univers des scribes est riche, profond et dynamise l&#8217;état pharaonique, il le rend plus sophistiqué et l&#8217;embellit d&#8217;une allégorie d&#8217;une nation bien ancrée sur son milieu.</p>
<p><a href="http://www.egypteeternelle.net/index_a.htm">Égypte éternelle</a></p>
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		<title>Une ferveur religieuse bien normale</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 10:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Souvent la Nouvelle-France est associée à une grande ferveur religieuse. L&#8217;héroïsme de Marguerite Bourgeois, des Saints Martyrs canadiens ainsi que l&#8217;acte de dévotion ultime de Jeanne Leber sont souvent cités. Cette impression est un problème en soi. En regardant de près l&#8217;histoire de cette colonie, il est possible de constater des variations dans l&#8217;influence de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4540.jpg" border="0" />
<p>Souvent la Nouvelle-France est associée à une grande ferveur religieuse. L&#8217;héroïsme de Marguerite Bourgeois, des Saints Martyrs canadiens ainsi que l&#8217;acte de dévotion ultime de Jeanne Leber sont souvent cités. Cette impression est un problème en soi. En regardant de près l&#8217;histoire de cette colonie, il est possible de constater des variations dans l&#8217;influence de l&#8217;Église catholique romaine auprès du pouvoir colonial. En effet, celle-ci aura différents visages&nbsp;: effacé, dominant, subordonné et complice.</p>
<p>Certes, la présence de l&#8217;Église est continue en Nouvelle-France, cependant, nous constatons une variation dans le pouvoir qu&#8217;elle dispose auprès de ses paroissiens et face aux institutions françaises. Le problème historiographique réside donc dans une interprétation erronée de l&#8217;histoire dont on ne retient souvent que deux épisodes. D&#8217;abord, la période 1630-1650 qui a été marquée par une domination de l&#8217;Église catholique qui correspond à la période missionnaire et mystique de l&#8217;expérience chrétienne en Amérique du Nord. Ensuite, au 19e siècle, longtemps après la chute de la Nouvelle-France, on se remémore l&#8217;ultramontanisme et le fulgurant succès de l&#8217;Église dans un recrutement religieux sans précédent.</p>
<p>On pense souvent à tort que la période de domination ecclésiastique qui dure en fait 20 ans est représentative de deux siècles d&#8217;histoire. En plus, on fait un lien inopportun avec cette autre période atypique de l&#8217;histoire du Québec. À la lumière de ces faits, il ne semble pas que la Nouvelle-France est connue une véritable domination du clergé. Nuance et logique sont nécessaires pour apprécier de manière plus appropriée la présence et l&#8217;impact des religieux dans la période coloniale.</p>
<p>La confusion persiste dans les esprits car l&#8217;héroïsme chrétien a été repris par nombre d&#8217;auteurs. Ces missionnaires dévoués et investi d&#8217;une mission salvatrice se situent dans une période bien précise. En effet, ils sont le résultat du renouveau catholique suivant le Concile de Trente en Europe. Ce phénomène était une réaction à la vague protestante. Cette imposition de la discipline du haut vers le bas a aussi touché la Nouvelle-France. En effet, la colonie a été le territoire privilégié des individus les plus aptes à la tâche de l&#8217;évangélisation. Ambitieux et très motivés, ils se lancèrent dans une entreprise difficile et parfois funeste. Cet activisme religieux frappe l&#8217;imaginaire mais est limité dans un espace-temps.</p>
<p>Malgré tout l&#8217;image persiste, en effet, 99% de la population était catholique, les autres confessions étant interdite en Nouvelle-France par décret royal. Cependant, il n&#8217;y avait pas de domination mais plutôt une persistance du culte catholique romain. Cela s&#8217;explique notamment par le fait que la philosophie des Lumières a eu peu d&#8217;écho dans la colonie. Ne disposant pas de presse ni de journaux, celle-ci n&#8217;est pas perméable aux idéologies philosophiques d&#8217;outre-Atlantique. Graduellement, l&#8217;Église catholique en Nouvelle-France va se subordonnée aux volontés de la monarchie française. Le gallicanisme se substitue à l&#8217;influence de Rome. Nous pouvons noter quelques incidents entre pouvoir militaire et clérical. Le rapport de force change et l&#8217;Église devient la subordonnée de l&#8217;État.</p>
<p>Au niveau local, dans l&#8217;administration des paroisses, il n&#8217;est pas rare de voir des marguillers se disputer avec le curé dans le conseil de fabrique. Aussi, les tenues parfois audacieuses des dames provoquent l&#8217;ire des curés, tandis que les hommes fument la pipe nonchalamment sur le parvis en écoutant d&#8217;une oreille distraite l&#8217;homélie de ceux-ci. La pratique religieuse est une routine sans excès pour la plupart des habitants de la Nouvelle-France. Le manque de prêtre, l&#8217;existence de superstitions et les tentatives rigoristes manquées de quelques évêques démontrent bien qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu un niveau de religiosité extrême dans les 200 ans d&#8217;histoire. Finalement, même le jansénisme n&#8217;est même pas venu déranger la quiétude sereine des habitants de cette colonie vivante et dynamique.</p>
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		<title>L&#8217;Empire Ottoman : un effondrement pas si lointain</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 08:25:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Toujours d&#8217;actualité, le Maghreb et le Machrek sont les héritiers directs de l&#8217;Empire Ottoman imaginé par les Turcs. Le vide créé par la dispersion du pouvoir a été source du panislamisme ainsi que du panarabisme. Dans l&#8217;optique d&#8217;une meilleure compréhension des enjeux du Moyen-Orient, il est primordial de se questionner sur ce qui a fossoyé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4535.jpg" border="0" />
<p>Toujours d&#8217;actualité, le Maghreb et le Machrek sont les héritiers directs de l&#8217;Empire Ottoman imaginé par les Turcs. Le vide créé par la dispersion du pouvoir a été source du panislamisme ainsi que du panarabisme. Dans l&#8217;optique d&#8217;une meilleure compréhension des enjeux du Moyen-Orient, il est primordial de se questionner sur ce qui a fossoyé le plus grand Califat de l&#8217;histoire.</p>
<p>D&#8217;entrée de jeu, la nature même de l&#8217;Empire semble être son plus grand ennemi. En effet, celui-ci semble un copié-collé du royaume grec orthodoxe. Cette appropriation sur Byzance c&#8217;est fait à tous les niveaux. En passant par l&#8217;administration jusqu&#8217;à la formation d&#8217;un &#171;&nbsp;clergé&nbsp;&#187; hiérarchisé, les Ottomans ont adopté un modèle qui vieillis mal et qui est peu enclin aux changements. Les Turcs n&#8217;étant pas issus d&#8217;une grande civilisation favorisant le développement scientifique ou technique, ils n&#8217;ont pas cherché à réformer l&#8217;architecture qu&#8217;il s&#8217;appropriait. De plus, ils n&#8217;ont pas été en mesure de s&#8217;adapter aux réalités nouvelles qui foisonnaient du côté de l&#8217;Europe. Ensuite, la composition de l&#8217;Empire est diverse au niveau ethnique, langagier et confessionnel. L&#8217;Afrique du Nord, l&#8217;Égypte, le couloir Syro-palestinien, la Mésopotamie et la Turquie sont des zones linguistiques distinctes. De plus, les individus qui sont majoritairement musulmans sont partagés dans des confessions religieuses aux antipodes. À cela, nous devons ajouter les chrétiens et des juifs. L&#8217;appartenance à l&#8217;Empire est donc mitigée. Il est bâti avant tout par un rapport de force, le sort de cette entité est voué au même sort que le royaume des Habsbourg ainsi que la Russie tsariste. Par après, la domination de l&#8217;Empire Ottoman sur les routes commerciales avec l&#8217;Asie est certainement motrice de l&#8217;agressivité de l&#8217;Europe à son endroit. L&#8217;Europe réduite et confinée dans ses frontières étroites va se lancer dans des entreprises audacieuses. Celle-ci va développer son savoir technique. À ce moment, les Ottomans vont commencer leurs isolements et les tentatives de réforme trop tardive ne seront pas en mesure d&#8217;éviter le naufrage.</p>
<p>Les causes lointaines de l&#8217;effondrement ne peuvent expliquer totalement la cassure de cet empire. En effet, l&#8217;implosion guettait les Ottomans car au sein même de ce royaume va se constituer des agents déstabilisateurs qui vont créer des interférences entre le sultanat et ses protégés. Tout d&#8217;abord, l&#8217;Égypte de Mehmet (Ottoman albanais) va s&#8217;inspirer de l&#8217;invasion de Napoléon pour se moderniser et s&#8217;enrichir. Cette ouverture vers l&#8217;Europe par une périphérie de l&#8217;Empire va mettre en lumière l&#8217;immobilisme du régime. Par après, au Liban se constitue un foyer intellectuel rayonnant par l&#8217;entremise du collège Syrien. Les penseurs chrétiens vont s&#8217;affirmer contre le rigorisme turc et exiger une forme de citoyenneté en laissant de côté le statut de &#171;&nbsp;protégé&nbsp;&#187; selon la coutume islamique. Le nationalisme et les idées laïques vont secouer la rigidité de l&#8217;Empire. Finalement, en Turquie même, les intellectuels germanophiles vont exiger des réformes. L&#8217;objectif était d&#8217;imiter l&#8217;Europe pour être en mesure de la contrer. Les &#171;&nbsp;tanzimats&nbsp;&#187; turques seront cette tentative de réforme qui va connaître une fin malheureuse et sanglante. L&#8217;ambiguïté et la réaction d&#8217;impatience face à la réforme sont symptômes d&#8217;un système incapable de s&#8217;adapter.</p>
<p>Les contraintes externes et les pressions de l&#8217;intérieur peuvent se situer dans un cadre chronologique bien précis. D&#8217;abord, l&#8217;échec à Vienne en 1638 (Manger un croissant était à l&#8217;époque un geste politique en l&#8217;honneur de la défaite ottomane), ensuite la Crimée, l&#8217;aventure française en Égypte (3 ans), la Russie déclare l&#8217;Empire comme &#171;&nbsp;l&#8217;homme malade de l&#8217;Europe&nbsp;&#187;, la Grèce devient autonome, l&#8217;Algérie tombe et les Balkans deviennent la grande poudrière de l&#8217;Europe. À ces événements, nous pouvons énoncer la montée du nationalisme jeune turc ainsi que l&#8217;orientation malheureuse de l&#8217;Empire avec l&#8217;Allemagne de Guillaume lors de la Première Guerre Mondiale. Décidemment, l&#8217;Empire est criblé de toute part et il sera l&#8217;objet d&#8217;un outrage supplémentaire par le découpage anticipé (Entente secrète entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie des Tsar), dans la Déclaration de Balfour suite aux succès anglais en Palestine et finalement par la révolte arabe fomentée à l&#8217;aide de promesses tordues.</p>
<p>Bien que l&#8217;effondrement de l&#8217;Empire Ottoman remonte aux années 1920, les conséquences de cet événement sont toujours bien actuelles. Conflits, antagonisme confessionnel, désir nostalgique de puissance et surtout un grand sentiment d&#8217;injustice animent ce Moyen-Orient qui cherche toujours son identité.</p>
<p>Source&nbsp;: <a href="http://membres.lycos.fr/samiaoun/">http://membres.lycos.fr/samiaoun/</a></p>
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		<title>Le rêve d&#8217;Hussein s&#8217;est-il réalisé ?</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Nov 2008 08:41:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<category><![CDATA[arabie saoudite]]></category>

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		<description><![CDATA[D&#8217;origine humble, de nulle part, à l&#8217;image de l&#8217;Islam qu&#8217;elle protège, l&#8217;Arabie Saoudite est pourtant un incontournable dans le monde politique et religieux du Moyen-Orient. On peut voir dans la fuite du Prophète Muhammad et dans la reconstitution du royaume saoudien des épreuves de force qui ont permis l&#8217;affirmation d&#8217;un pouvoir plus puissant et étendu. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4532.jpg" border="0" />
<p>D&#8217;origine humble, de nulle part, à l&#8217;image de l&#8217;Islam qu&#8217;elle protège, l&#8217;Arabie Saoudite est pourtant un incontournable dans le monde politique et religieux du Moyen-Orient. On peut voir dans la fuite du Prophète Muhammad et dans la reconstitution du royaume saoudien des épreuves de force qui ont permis l&#8217;affirmation d&#8217;un pouvoir plus puissant et étendu. L&#8217;Arabie Saoudite était avant tout un espace de transit. Une terre inculte située entre l&#8217;Indo-Gangétique et le Levant. Une vaste zone inhospitalière où circulait caravanes et guerriers bédouins. La prospection pétrolière de la fin des années 1930 va transfigurer le visage de l&#8217;Arabie. Le paysage désertique va se tapisser de puits de pétrole sous le regard attentif de l&#8217;américain, protecteur désigné de la dynastie saoudienne.</p>
<p>Chef lieu de la spiritualité islamique, la Mecque est avant tout une ville d&#8217;importance autant dans la période préislamique qu&#8217;à l&#8217;avènement de la révélation à Muhammad. La présence de pierres bétyles a conféré à ce lieu son caractère sacré, les puissantes oligarchies arabes ont protégées jalousement ce site depuis longtemps. Ensuite, nous trouvons Médine qui est le lieu récepteur de l&#8217;Hégire et aussi la première ville de l&#8217;alliance avec le Prophète. L&#8217;État saoudien se fait non seulement gardien des lieux saints mais aussi propagateur de l&#8217;ordre moral dans la constellation islamique.</p>
<p>La fondation de l&#8217;état saoudien est assez récente. Néanmoins, ses origines remontent vers 1740 où la famille Saoud va procéder à une alliance entre Mohammad ibn Saoud &#171;&nbsp;l&#8217;épée&nbsp;&#187; ainsi que le cheikh Mohammad ibn Adb &#171;&nbsp;le livre&nbsp;&#187;. Cette affiliation entre une famille guerrière et la prédication wahhabite va survivre à la disparition du royaume saoudien. Par après, 1902 sera l&#8217;année de renaissance de l&#8217;Arabie Saoudite dite &#171;&nbsp;moderne&nbsp;&#187;. Les correspondances entre Britanniques et Hussein vont déboucher dans des accords de protection et éventuellement, dans une révolte contre l&#8217;Empire des Ottomans. Aidé par T.E. Lawrence, Hussein va reconquérir un espace arabe. Cependant, les accords Sykes-Picot et la Déclaration de Balfour vont miner la portée du Grand Royaume arabe rêvé par Hussein. Il termine sa conquête territoriale en 1924-25, devient roi du Hedjaz en 1927, détruit la résistance des &#171;&nbsp;frères musulmans&nbsp;&#187; en 1929 et finalement va consolider l&#8217;état saoudien tel que l&#8217;on le connaît actuellement.</p>
<p>Les lois tribales et coraniques sont les impératifs de ce Mamkalat arabe. Le vieux roi Abdalah est contraint de régner selon les vieilles règles consensuelles permettant d&#8217;éviter la dictature d&#8217;un seul. Cependant, la nature du régime fait en sorte que la famille royale (Environ 7000 individus) domine la majorité des Saoudiens. L&#8217;état saoudien est une monarchie dynastique appuyé par une idéologie rigoriste. L&#8217;alliance sacrée entre les Saoud et le wahhabisme est toujours à l&#8217;ordre du jour. Sans parlement, sans représentation politique et n&#8217;ayant aucune représentation féminine, ce pays est un exemple dans la répression et détient un piètre résultat dans sa liberté de Presse comparable à l&#8217;Algérie et à l&#8217;Iran. Le pouvoir y est corrompu et il est perméable aux luttes d&#8217;influence d&#8217;où la nécessité du roi Abdalah d&#8217;établir une garde prétorienne pour se prémunir contre les velléités de ses comparses.</p>
<p>Le pouvoir de ce roi vieillissant est assuré par une double alliance. Premièrement à l&#8217;interne avec la prédication wahhabite qui a juré de ne jamais déstabiliser l&#8217;état. La famille et les oulémas wahhabites partagent alors un lien privilégié. En effet, l&#8217;Islam est la constitution de cet état. De plus, l&#8217;idéologie de Wahab, sous la protection des princes, se perpétue et est, jusqu&#8217;à ce jour, la seule lecture autorisée de l&#8217;Islam en sol saoudien. Ensuite, la deuxième alliance a été scellée avec l&#8217;Occident. D&#8217;abord avec les Britanniques et depuis 1938, avec les Américains qui assurent la suprématie militaire et l&#8217;approvisionnement logistique en échange de l&#8217;Or noir.</p>
<p>En apparence, l&#8217;Arabie Saoudite semble forte et inébranlable. Cependant, elle possède en son sein des irritants et des forces contradictoires. D&#8217;abord, les bourgeois intellectuels tout comme les &#171;&nbsp;libéralo-islamistes&nbsp;&#187; qui se cherchent une niche dans un espace public restreint. Ensuite, les ultraconservateurs jugeant que le régime n&#8217;est pas suffisamment orthodoxe dans l&#8217;application de sa doctrine suivis d&#8217;une minorité de chiites pouvant servir de tête de pont au régime révolutionnaire iranien. Il ne faut pas oublier les milliers d&#8217;expatriés travaillant durement qui font face à la saoudisation du marché du travail. De plus, il y a l&#8217;opposition muette des femmes vivant dans un milieu lui laissant peu ou pas d&#8217;espace. Finalement, on trouve Ben Laden qui représente le mouton noir indésirable de ce régime. En effet, son dérapage spectaculaire aura causé l&#8217;affaiblissement du sunnisme en Irak, remis en question la talibanisation de l&#8217;Afghanistan (un produit du triumvirat américain, pakistanais et saoudien) et surtout, il a amené l&#8217;Arabie Saoudite vers un gouffre politique que le roi Abdallah a habilement évité.  Les hommes forts du régime saoudien</p>
<p>La fraternité saoud au pouvoir</p>
<p>Les hommes dirigent cet état. Le pouvoir est accordé à l&#8217;homme le plus âgé de la famille royale. Les membres les plus influents de ce régime se partagent les postes de commande et se distribue comme suit&nbsp;:</p>
<p>Le roi actuel Abdalah&nbsp;: homme pieux reconnu pour son franc-parler. Il se fait réformateur et il est bien apprécié. Véritablement en poste depuis 20 ans, il a su gérer la crise du 11 septembre 2001 de manière à éviter le courroux de son allié américain.</p>
<p>Le Sultan&nbsp;: ministre de la Défense, frère d&#8217;Abdalah mais ne disposant pas du même charisme, il est un personnage clé du régime. Une forte rivalité l&#8217;anime avec son ainé, il détient une poigne de fer sur l&#8217;armée et l&#8217;aviation saoudienne. Taxé de pro américain, il a aussi été l&#8217;objet de rumeurs de corruption.</p>
<p>Le Prince Nayef&nbsp;: assez âgé et disposant d&#8217;une mobilité réduite, cet homme reste néanmoins déterminé. Au poste de ministre de l&#8217;intérieur, il a été accusé d&#8217;avoir appuyé le terrorisme. Actuellement, il est possiblement l&#8217;individu le plus impliqué pour combattre et pourchasser Al-Qaeda.</p>
<p>Le chef du conseil de sécurité&nbsp;: omniprésent et fin stratège, cet homme influent a passé plus de 20 ans aux U.S.A., il a une forte ascendance sur l&#8217;administration américaine et il gère actuellement les relations avec l&#8217;Iran et la Syrie.</p>
<p>Le ministre des affaires extérieures&nbsp;: intellectuel et parlant l&#8217;anglais sans accent, cet homme dispose d&#8217;une grande ouverture vers l&#8217;extérieur. Il souffre du Parkinson.</p>
<p>L&#8217;Arabie Saoudite&nbsp;: une terre de contraste et d&#8217;inégalité</p>
<p>Disposant d&#8217;infrastructure moderne et sophistiquée, l&#8217;état saoudien est un pôle attrayant pour l&#8217;investisseur étranger. Le régime Wakil est très profitable et permet aux Saoudiens de garder 51% des profits fait en sol arabe. De plus, le processus de saoudisation donnant la priorité d&#8217;emploi aux Saoudiens ainsi que l&#8217;ouverture de cités industrielles et la création d&#8217;école de métier sont des mesures positives pour la main d&#8217;&#339;uvre locale. En contrepartie, l&#8217;état étant un grand exportateur de pétrole, il dispose d&#8217;une économie non productive surconsommatrice. De plus, les entreprises privées tout comme les individus semblent dépendant à l&#8217;aide des travailleurs expatriés qui pullulent en Arabie Saoudite. En second lieu, l&#8217;état est dépositaire de la Mecque qui est le centre religieux par excellence du monde islamique. Il finance les études coraniques, la formation d&#8217;imam et la construction de mosquée. Cependant, nous observons que le message wahhabite a peu d&#8217;écho dans l&#8217;univers musulman. L&#8217;Arabie Saoudite rigoriste est donc marginale dans sa démarche, elle n&#8217;arrive pas à universaliser son idéologie au sein de la Oumma. Le spectre d&#8217;une guerre civile entre sunnite et chiite à ses frontières et dans son propre territoire est aussi à considérer. Finalement, ce pays est fort, puissant et tire sa légitimité d&#8217;une alliance sacrée intérieure additionnée d&#8217;un fort appui extérieur. Cet état est un contrepoids à l&#8217;Iran chiite. Cependant, il faut se rappeler que l&#8217;injustice sociale règne et que les châtiments corporels y sont toujours appliqués. On peut reprocher aussi cette absence absolue de droit aux femmes ainsi qu&#8217;une part de responsabilité dans le conflit afghan.</p>
<p>Sources&nbsp;:</p>
<p><img src="dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" />&nbsp;<a href="http://membres.lycos.fr/samiaoun/">http://membres.lycos.fr/samiaoun/</a></p>
<p><img src="dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" />&nbsp;<a href="http://insidethegulf.com/central.php?o=1&amp;s=372&amp;d=3&amp;i=1324">http://insidethegulf.com/central.php&nbsp;?o=1&amp;s=372&amp;d=3&amp;i=1324</a></p>
<p><img src="dist/puce.gif" width="8" height="11" alt="-" />&nbsp;<a href="http://www.romandie.com/infos/news2/081023091845.67bgj98v.asp">http://www.romandie.com/infos/news2/081023091845.67bgj98v.asp</a></p>
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		<title>La face cachée des Amériques</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Nov 2008 08:36:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De l&#8217;époque coloniale jusqu&#8217;à la période antebellum, la réalité de l&#8217;esclavagisme dans les Amériques est une source infinie d&#8217;expérience personnelle difficile et d&#8217;exemple de dépassement de soi. Le mouvement de fuite du sud vers le nord, via le chemin de fer, représente souvent l&#8217;image la plus connue de cette résistance à l&#8217;institution esclavagiste. Parmi les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4531.jpg" border="0" />
<p>De l&#8217;époque coloniale jusqu&#8217;à la période antebellum, la réalité de l&#8217;esclavagisme dans les Amériques est une source infinie d&#8217;expérience personnelle difficile et d&#8217;exemple de dépassement de soi. Le mouvement de fuite du sud vers le nord, via le chemin de fer, représente souvent l&#8217;image la plus connue de cette résistance à l&#8217;institution esclavagiste. Parmi les récits de ces clandestins, nous pouvons nommer ceux de Frederick Douglas (La vie de Frederick Douglas, esclave américain, écrite par lui-même), Charles Ball, Moses Roger ainsi que l&#8217;intrépide entreprise d&#8217;Henry &#171;&nbsp;Box&nbsp;&#187; Brown s&#8217;étant expédié par la poste à un complice abolitionniste. Ces témoignages démontrent l&#8217;incroyable ingéniosité de l&#8217;humain et aussi la grande humanité de ceux à qui l&#8217;ont refusait l&#8217;existence.</p>
<p>Le sort des esclaves et les annonces de fuite parues dans les Gazettes américaines ont été l&#8217;objet de l&#8217;&#339;il attentif de plusieurs chercheurs. Notamment, Gerald Mullin, Peter Wood ainsi que Daniel Meaders. Ceux-ci ont accordé une importance particulière à la pertinence de l&#8217;utilisation des annonces de fuite pour bâtir leurs argumentations. Depuis les années 1950 à aujourd&#8217;hui, la nature même de l&#8217;esclave va connaître plusieurs attributs&nbsp;: être infantilisé, victime, acteur, agent de changement, révolté permanent et finalement individu négociateur. La résistance à l&#8217;esclavagisme et le rôle prépondérant de l&#8217;esclave &#171;&nbsp;maron&nbsp;&#187; sera défendue par l&#8217;École Haïtienne incarnée par Gabriel Debien, Lucien Peytrand, Gaston Martin et Pierre de Vaissière. L&#8217;angle identitaire (Michael Gomez) et le retour à la grille d&#8217;analyse des classes (John Hope Franklin) sont les éléments les plus récents de l&#8217;historiographie relative à cet objet de recherche.</p>
<p>La défragmentation de l&#8217;objet historique permet d&#8217;accéder à des lieux communs difficilement accessibles. Cependant, nous devons prendre garde à ne pas déshumaniser ces morceaux de vie par l&#8217;emploi de méthodes statistiques ou quantitatives. La vie est une expérience personnelle et chacune doit être considérée avec égard.</p>
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		<title>Angélique et l&#8217;esclavagisme en Nouvelle-France</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 15:38:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;objet historique qu&#8217;est la présence d&#8217;esclave dans les basses terres du St-Laurent et dans ce que l&#8217;on a appelé la Nouvelle-France a été occulté par le besoin des premiers historiens canadiens-français de bâtir le récit d&#8217;une nation. Pour faire l&#8217;éloge d&#8217;un peuple, la simple mention d&#8217;un &#171;&#160;épisode&#160;&#187; de deux siècles de présence humaine en servitude [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4506.jpg" border="0" />
<p>L&#8217;objet historique qu&#8217;est la présence d&#8217;esclave dans les basses terres du St-Laurent et dans ce que l&#8217;on a appelé la Nouvelle-France a été occulté par le besoin des premiers historiens canadiens-français de bâtir le récit d&#8217;une nation. Pour faire l&#8217;éloge d&#8217;un peuple, la simple mention d&#8217;un &#171;&nbsp;épisode&nbsp;&#187; de deux siècles de présence humaine en servitude n&#8217;est pas tout à fait à propos. Le phénomène de l&#8217;esclavage semble avoir touché l&#8217;ensemble des colonies en Amérique. Cependant, même si l&#8217;utilisation des esclaves diffère d&#8217;une colonie à l&#8217;autre, elle demeure une pratique injuste et immorale. La Nouvelle-France, à moindre échelle, a eu son lot d&#8217;esclaves. Le cas d&#8217;Angélique, une &#171;&nbsp;négresse&nbsp;&#187; domestique, en est un exemple dramatique.</p>
<p><strong>Une vision qui change</strong></p>
<p>L&#8217;histoire écrite se bâtit selon les perceptions et les motivations des auteurs. Les trois extraits suivant démontrent en effet différents stades dans l&#8217;appréciation du phénomène de l&#8217;esclavagisme en Nouvelle-France. D&#8217;abord Sulte&nbsp;: &#171;&nbsp;Les horreurs que le mot esclavage nous rappelle n&#8217;ont jamais pu se produire sous le système paternel que les anciens Canadiens avaient adopté&nbsp;&#187; . Ensuite, Marcel Trudel énonce&nbsp;: &#171;&nbsp;Nos ancêtres du Québec ont désiré recourir à l&#8217;importance massive des Noirs&nbsp;&#187; . Finalement, Afua Cooper déclare&nbsp;: &#171;&nbsp;À ce chapitre, les universitaires ont brossé un tableau immaculé du passé du Canada. Il est par conséquent difficile de trouver des ouvrages savants ou populaires sur l&#8217;histoire canadienne où les images, les récits et les analyses portent sur la vie des esclaves&nbsp;&#187; . Le déni, la &#171;&nbsp;découverte&nbsp;&#187; des esclaves noirs et autochtones par l&#8217;étalement statistique et finalement la remise en question de la pensée historienne du 19e siècle sont les trois approches que l&#8217;on peut constater ici.</p>
<p><strong>Le procès de Marie-Josèphe Angélique</strong></p>
<p>L&#8217;événement tel que décrit dans le site internet Les grands mystères de l&#8217;histoire canadienne semble être l&#8217;objet d&#8217;un intérêt toujours vivace. En effet, en plus des publications récentes à ce sujet (Afua Cooper 2007 et Denyse Beauregard-Champagne 2004), quelques articles ont été écrits tels que le compte rendu critique de Charles-Philippe Courtois (Action nationale 2008) ainsi qu&#8217;un exercice de comparaison d&#8217;Evelyn Kolish (RAAF 2007). Ensuite, nous pouvons souligner qu&#8217;après 270 ans, le gouvernement québécois a souligné le triste anniversaire et il a apposé une plaque commémorative au musée de la Pointe-à-Caillère. De plus, la Gouverneur Générale Michaëlle Jean a tenu une cérémonie similaire en 2006 pour sensibiliser les Canadiens sur l&#8217;esclavagisme au Canada et le destin funeste d&#8217;Angélique. Finalement, il est possible de trouver plusieurs mentions sur cet objet d&#8217;étude sur internet, notamment sur la page web de la ville de Montréal et dans la section arts et spectacle de Radio-Canada.</p>
<p><strong>1734 en Nouvelle-France</strong></p>
<p>Le soir du 10 avril 1734 sur la rue St-Paul à Montréal un incendie se déclare. Le feu se propage et va détruire plusieurs maisons et un couvent. Le drame de 1721 se répète, les figurants de cette nouvelle épreuve vont s&#8217;impatienter et la rumeur va se répandre comme une trainée de poudre&nbsp;: la &#171;&nbsp;négresse&nbsp;&#187; Angélique a mis le feu au grenier&nbsp;! Les autorités prêtant oreilles aux quolibets de la rue vont procéder à l&#8217;arrestation d&#8217;Angélique. Son amant, Claude Thibault, a pris le large. Le fameux procès se met alors en branle. Malgré les longues semaines, la pression et l&#8217;épreuve de la &#171;&nbsp;sellette&nbsp;&#187; un fait demeure&nbsp;: Angélique nie et persiste dans son témoignage. Elle se garde aussi de dénoncer Thibault. Le procès atteint alors un cul-de-sac. Le Procureur décide alors d&#8217;en finir. Malgré un appel sur sentence, Angélique sera exécutée le 21 juin 1734 par pendaison. Parmi les déclarations des témoins oculaires et circonstanciels, se mêle des affirmations sur la réputation et des observations sur des comportements antérieurs. De plus, la preuve en ouï-dire constitue une bonne part des témoignages rendus.</p>
<p><strong>Identification des procédures et documents présentant les points de vue</strong></p>
<p>D&#8217;abord, il y a la confrontation qui est une procédure lors du procès entre le témoin et l&#8217;accusée. L&#8217;accusée peut énoncer des reproches à celui-ci et ensuite écouter le contenu du témoignage. Angélique aura à participer à 12 confrontations durant ce procès. La déposition et recollement est une déclaration statutaire faite sous serment devant greffier que doit écouter l&#8217;accusée lors de la procédure de confrontation. Par après, l&#8217;interrogatoire est la procédure lors du procès entre le Procureur du roi et l&#8217;accusée où celle-ci doit répondre sous serment. Angélique aura à comparaître à quatre reprises, le Procureur du roi la soumettra à chaque fois à un interrogatoire sur ses déclarations antérieures. De plus, certains témoins peuvent intervenir lors du procès en effectuant une &#171;&nbsp;addition d&#8217;information (déclaration statutaire sous serment devant greffier). Finalement, dans l&#8217;impasse, le Procureur du roi opte pour la sellette. Il s&#8217;agit d&#8217;une technique d&#8217;interrogatoire qui a pour objectif de mettre à l&#8217;épreuve physiquement et mentalement l&#8217;accusée.</p>
<p><strong>Point de vue des Montréalais libre versus les esclaves</strong></p>
<p>L&#8217;impression générale du contenu du procès est que le système de justice à Montréal en 1734 ne jouit pas d&#8217;une longue tradition juridique. Certains individus sont inexpérimentés ou encore rebutés à la tâche. Cependant, nous pouvons constater que les procès-verbaux ont été produits avec une grande attention. De plus, les thèses de l&#8217;accident (en s&#8217;inspirant du témoignage de Jacques Jalleteau) ou encore de la négligence (Alexis Lemoyne et Catherine Custeau) semblent avoir été écartées ou simplement ignorées. Les préjugés et les impressions semblent avoir eu plus d&#8217;impact que la pertinence, suffisance et crédibilité des témoignages. La pression de la communauté exercée sur le tribunal et l&#8217;administration est certainement un facteur pouvant expliquer l&#8217;issu du procès. Angélique la &#171;&nbsp;négresse&nbsp;&#187; est esclave, noire, têtue et jouit d&#8217;une certaine notoriété pour son attitude et sa tentative de fuite. Tous s&#8217;accordent pour dire qu&#8217;elle était présente lors de l&#8217;incendie, personne ne l&#8217;a vue tenter de se dérober de ses responsabilités. Les Montréalais libres ont trouvé en cette femme l&#8217;exutoire parfait pour soulager leurs colères.</p>
<p><strong>Les angles conceptuels</strong></p>
<p>Les procès-verbaux de la cause d&#8217;Angélique sont une source intéressante pouvant nous éclairer sur la nature de la relation que partagent les individus libres et les esclaves. La proximité, l&#8217;attitude condescendante, les intérêts convergeant de la collectivité et finalement une certaine réalité commune (le feu) m&#8217;apparaissent comme étant les éléments déterminants de cette relation de domination basée sur la servitude. À la lumière des sources entourant le procès d&#8217;Angélique, nous pouvons observer les faits suivant&nbsp;: les individus partagent les mêmes lieux soit un environnement urbain. Ils se côtoient dans les rues, ils entretiennent des relations de divers types et ils semblent avoir une bonne connaissance et/ou une opinion sur les individus du voisinage.</p>
<p>Le commérage et la rumeur font partie du paysage de la rue St-Paul, tous ont leur mot à dire dans cette histoire scabreuse. Un préjugé franchement négatif et parfois neutre ressort de cette épreuve judiciaire. On dénote l&#8217;animosité fébrile dans les témoignages. L&#8217;esclave noire nous apparaît malicieuse, égoïste et perverse. De plus, quoique le niveau d&#8217;éducation des témoins soit très variable et inégale, en aucun cas le document fait mention d&#8217;une quelconque intelligence ou sens de la réparti dans la manière que l&#8217;accusée a de témoigner. Finalement, ce qui frappe l&#8217;imaginaire est cette répétition des termes &#171;&nbsp;négresse&nbsp;&#187; et &#171;&nbsp;panis&nbsp;&#187; dans le discours des habitants de l&#8217;époque. De plus, dans la lettre d&#8217;Elisabeth Rocbert de la Morandière dite Madame Bégon au sujet de ses esclaves en date de 1748 nous constatons l&#8217;attachement des propriétaires et la nature servile des individus&nbsp;: &#171;&nbsp;[&#8230;] de meme et ton cheval ce soutien tan bien que mal. voila te randre conte, cher fils, des 3 meuble inutille que tu nous a laisser et que nous aimons, t&#8217;ayan apartenue. je ne scay rien ette dit adieu.[...]&nbsp;&#187; .</p>
<p>Les individus (marchands, propriétaires, voisins) semblent avoir l&#8217;intérêt commun de trouver rapidement le fautif de l&#8217;incendie. Qu&#8217;il soit accidentel ou criminel, le feu occulte la raison. L&#8217;intérêt collectif dépasse alors les prétentions de l&#8217;accusée. Même la propriétaire de l&#8217;esclave ne va pas s&#8217;objecter à la mise en branle du processus judiciaire contre Angélique.  Cette dernière va offrir un témoignage sans conviction qui ne pourra pas faire contrepoids à la pression exercée du public. Qu&#8217;il soit esclave ou libre, chaque individu à un devoir envers tous de prévenir les risques d&#8217;incendie. Malgré tout, les hivers sont rudes et il peut arriver à certains de se brûler en se tenant trop près du poêle la nuit. Les événements passés démontrant l&#8217;insouciance d&#8217;Angélique qui a brûlé ses vêtements à deux reprises. Il s&#8217;agit certainement d&#8217;une réalité expérimentée par plusieurs. Le traitement réservé pour la fautive qu&#8217;elle soit coupable ou non est disproportionné. On peut faire l&#8217;hypothèse que le sort de l&#8217;accusée aurait été différent avec un statut libre.<br />
La bibliographie</p>
<p>BEAUGRAND-CHAMPAGNE Denyse et Léon ROBICHAUD. &#171;&nbsp;La torture et la vérité&nbsp;: Angélique et l&#8217;incendie de Montréal&nbsp;&#187;, Site Les grands mystères de l&#8217;histoire canadienne,<br />
http://www.canadianmysteries.ca/sites/angelique/accueil/indexfr.html, (Page consultée le 2008-10-01)</p>
<p>COOPER, Afua. La pendaison d&#8217;Angélique&nbsp;: l&#8217;histoire de l&#8217;esclavage au Canada et de l&#8217;incendie au Canada et de l&#8217;incendie de Montréal, Éd. De l&#8217;Homme, 2007, 309 pages</p>
<p>TRUDEL, Marcel et Micheline D&#8217;Allaire. Deux siècles d&#8217;esclavage au Québec. Éd. Hurtubise HMH, Coll. Cahiers du Québec, 2004, 405 pages.</p>
<p>TRUDEL, Marcel. Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français. Éd. LaSalle, Hurtubise HMH, Québec, 1990, 490 pages.</p>
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		<title>La pérennité de la civilisation égyptienne</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Oct 2008 22:54:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une image marquante L&#8217;appréciation d&#8217;un empire ou d&#8217;une civilisation se situe souvent dans son héritage culturel ou dans les vestiges décorant le paysage contemporain. L&#8217;Égypte pharaonique a fait preuve d&#8217;une étonnante longévité considérant le parcours de l&#8217;humanité. Elle a laissé bien sûr les pyramides, l&#8217;organisation étatique et aussi une très longue histoire suivant un fil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4504.jpg" border="0" />
<p><strong>Une image marquante</strong></p>
<p>L&#8217;appréciation d&#8217;un empire ou d&#8217;une civilisation se situe souvent dans son héritage culturel ou dans les vestiges décorant le paysage contemporain. L&#8217;Égypte pharaonique a fait preuve d&#8217;une étonnante longévité considérant le parcours de l&#8217;humanité. Elle a laissé bien sûr les pyramides, l&#8217;organisation étatique et aussi une très longue histoire suivant un fil conducteur. En effet, malgré les périodes sombres et difficiles de l&#8217;histoire de l&#8217;Égypte ancienne, le pharaon reste la figure de proue qui parvient à amener son peuple à bon port.</p>
<p><strong>L&#8217;art de gouverner</strong></p>
<p>L&#8217;Égypte pharaonique dispose d&#8217;une volonté de puissance et d&#8217;unification. En effet, malgré que l&#8217;institution étatique soit ébranlée lors des périodes intermédiaires, le désir d&#8217;unifier l&#8217;Égypte et de perpétuer le rôle de pharaon reste toujours vivace. Le titre de pharaon qui persiste sur plus de 3000 ans démontre la légitimité de la fonction et la nécessité du système. Cette situation est le résultat de deux phénomènes&nbsp;: d&#8217;abord l&#8217;élaboration d&#8217;une mythologie complexe ainsi que le développement de l&#8217;écriture hiéroglyphique. La dimension religieuse explique l&#8217;enracinement profond des dynasties pharaoniques. Elles sont issues des dieux et sont dépositaires du pouvoir sur Terre.  D&#8217;autre part, l&#8217;écriture donne davantage de crédibilité, de pertinence et de suffisance à l&#8217;idéologie pharaonique. Ensuite, nous pouvons énoncer que le bon fonctionnement de l&#8217;appareil étatique repose sur une délégation de pouvoir judicieuse. D&#8217;abord, le pharaon dispose d&#8217;un mandat divin pour faire régner l&#8217;ordre. Celui-ci délègue des pouvoirs au Vizir, aux nomarques et aux scribes qui vont voir à la supervision des ressources. Cette intervention de l&#8217;état est visible à tous les niveaux. La présence directe du pharaon est certainement impossible. Par contre, il est omniprésent en image, par l&#8217;écrit et surtout dans l&#8217;application étendue des ses politiques et orientations. On remarque que les villes telles que Memphis ont joué un rôle d&#8217;importance dans le maintien de l&#8217;unification et dans la propagation de l&#8217;idéologie. Les rituels, cérémoniaux et monuments servent la propagande et tapissent le paysage de la vallée marquant ainsi la conscience des individus. De plus, la constitution de nécropole perpétue le pouvoir d&#8217;un régent défunt et semble figer les dynasties pour l&#8217;éternité. Finalement, l&#8217;état se renouvèle grâce à une transmission du savoir et une succession dynastique souvent remplie d&#8217;intrigue et de lutte de pouvoir. L&#8217;habile relation symbiotique entre le pouvoir et la paysannerie est garante de la perpétuité de l&#8217;institution.</p>
<p><strong>L&#8217;état pyramidal</strong></p>
<p>L&#8217;efficacité et la longévité de la formule adoptée par les pharaons s&#8217;appuient sur des institutions qui sont le fruit d&#8217;une longue adaptation. À l&#8217;image des pyramides qu&#8217;ils bâtissaient, les pharaons ont modelé l&#8217;État de manière à s&#8217;accaparer du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. La tête dirigeante est appuyée par un &#171;&nbsp;Tchaty&nbsp;&#187; qui s&#8217;occupe de la sécurité intérieure. Ensuite, le Harem (maison de femmes productrices de produits fins) et l&#8217;Archives (entreposage des livres comptables) sont à proximité du pouvoir pharaonique. Par après, nous retrouvons les nomes (provinces) et leurs nomarques qui font offices d&#8217;administration locale. Ceux-ci veillent essentiellement à la circulation des biens et à la sécurité fluviale. À cette hiérarchie s&#8217;agglomère le clergé qui dispose de sa propre organisation. Cependant, à sa tête se trouve le pharaon qui joue donc le rôle de chef d&#8217;orchestre de l&#8217;administration civile et fait office de divinité dans le monde mortel et surnaturel. Tout ce système est supporté par une horde de scribes. Ils sont versatiles et apparaissent dans tous les milieux (civils, religieux, agraires, militaires). La bureaucratie à l&#8217;égyptienne a permis de consolider l&#8217;état, de perpétuer celui-ci dans les périodes d&#8217;affaiblissement et finalement de répandre la culture pharaonique.</p>
<p><strong>Un tapissage étatique omniprésent</strong></p>
<p>Le pharaon et l&#8217;état qu&#8217;il bâtit sont renforcés par la propagation d&#8217;images fortes et rassurantes. Disposant de nombreux titres et se réclamant directement de Ré, le pharaon apparaît comme le seul être capable de maintenir la stabilité. Même en période de désordre, les individus de la vallée du Nil sont tellement &#171;&nbsp;intoxiqués&nbsp;&#187; de l&#8217;idéologie pharaonique qu&#8217;ils ne vont pas chercher à détruire l&#8217;institution mais simplement user d&#8217;une rationalisation complexe pour expliquer les déboires de l&#8217;individu détenteur du rôle primordial de pharaon. Un exemple pouvant supporter cette assertion sera l&#8217;aventure &#171;&nbsp;monothéiste&nbsp;&#187; d&#8217;Akhenaton. En effet, celui-ci jugeant que la puissance du clergé drainait trop de ressources économiques, il tenta une réforme du culte en faveur d&#8217;Aton. Cette lutte de pouvoir entre le clergé rébarbatif et le pharaon aurait pu complètement changer le visage de l&#8217;Égypte pharaonique. En effet, les traces de ce monarque ont été complètement effacées. L&#8217;entreprise malheureuse d&#8217;Akhenaton fut rayée de la mémoire, malgré tout les membres du clergé n&#8217;ont jamais menacé les fondements même de l&#8217;institution. Ils ont seulement éliminé un élément gênant à leur propre pouvoir. Décidemment, cette idéologie qui persiste résolument dans le long parcours de l&#8217;Égypte des Pharaons. La raison en est bien simple, tout d&#8217;abord, elle nourrit l&#8217;esprit d&#8217;une double réalité. En effet, monde imaginaire et réalité se côtoient dans le paysage quotidien. Cette dimension double est rassurante. La mort est alors mieux perçue. La vie est vécue de manière plus sereine. Simplement car le système garanti une certaine qualité de vie et l&#8217;idéologie remplie tous les questionnements concernant  la vie, le monde visible et invisible ainsi que la mort.</p>
<p><strong>La force de la paysannerie</strong></p>
<p>La vallée du Nil est restreinte et entourée d&#8217;un environnement hostile. Cette zone chaude où l&#8217;eau se fait rare exige une mise en valeur efficace des crues fluviales. L&#8217;emprise sur l&#8217;environnement et la maîtrise de la crue vont permettre une production agricole accrue. Par après, une prise en charge méticuleuse de cette production et sa redistribution selon la hiérarchie et les besoins vont consolider l&#8217;État pharaonique. Cette appropriation des ressources donne un outil puissant au pharaon. En effet, il peut ainsi diriger les incroyables revenus dans le développement de la classe lettré, dans la promotion du culte funéraire ainsi que dans l&#8217;accomplissement de projet d&#8217;envergure. Ensuite, l&#8217;organisation d&#8217;expédition militaire, de prospections minières et l&#8217;établissement de liens commerciaux sont des manifestations tangibles d&#8217;une richesse débordante. Finalement, nous pouvons énoncer que tout cela est rendu possible par l&#8217;enracinement de la paysannerie sur les terres de la vallée fluviale et cela malgré les périodes de turbulence politique.</p>
<p><strong>En résumé</strong></p>
<p>Comment expliquer rapidement la persistance de l&#8217;Égypte pharaonique&nbsp;?  D&#8217;abord par l&#8217;image puissante du pharaon dans le c&#339;ur des habitants de la vallée du Nil. L&#8217;institution &#171;&nbsp;clé en main&nbsp;&#187; avait réponse à tout et semblait satisfaire tous et chacun. Ensuite, il faut souligner cette qualité indéniable qu&#8217;a eu ce peuple à se gouverner et à consolider leurs acquis. De plus, la forme de l&#8217;état permettait de le gouverner même si on lui substitue sa tête. En plus, dans l&#8217;éventualité que l&#8217;état s&#8217;effondre, il semble que la forme de celui-ci soit tellement pratique que l&#8217;on tente de le reproduire. Ensuite, à l&#8217;image des publicités modernes, l&#8217;idéologie pharaonique avait saturée le paysage. Cette appropriation du territoire s&#8217;est faite par l&#8217;érection de stèles et de bâtiments monumentales décorés de fresques et de hiéroglyphes. Cette contribution culturelle est marquante pour les générations successives sur la vallée du Nil. Finalement, le point majeur de la pérennité de la culture pharaonique est cette volonté locale ou régionale de gérer la force du travail et d&#8217;orienter les efforts dans le but de produire des surplus agricoles et de dominer son environnement.</p>
<p><a href="http://www.egypteeternelle.net/index_a.htm">Lien.</a></p>
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		<title>L&#8217;expérience de la terreur</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Oct 2008 07:52:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La société québécoise a déjà connu une montée extrémiste dans les années 1970. La Crise d&#8217;octobre a été un événement qui a marqué nombres d&#8217;individus. La crise s&#8217;est déroulée dans une période de temps limité, elle va débuter avec quelques signes avant coureur et va se terminer de manière spontanée. Il serait intéressant d&#8217;étudier l&#8217;évolution [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton4493.jpg" border="0" />
<p>La société québécoise a déjà connu une montée extrémiste dans les années 1970. La Crise d&#8217;octobre a été un événement qui a marqué nombres d&#8217;individus. La crise s&#8217;est déroulée dans une période de temps limité, elle va débuter avec quelques signes avant coureur et va se terminer de manière spontanée. Il serait intéressant d&#8217;étudier l&#8217;évolution d&#8217;un individu ayant vécu une longue période de sa vie lors d&#8217;une crise semblable. L&#8217;enfance étant la période primordiale d&#8217;une personne, nous pouvons nous questionner sur le regard d&#8217;une jeune personne ayant vécu cette partie de sa vie dans un bain d&#8217;incertitude et de tension radicale.</p>
<p>Le Sentier Lumineux dans les années 1980 a opté eux aussi pour la voie radicale. Le Pérou s&#8217;est mis à trembler sous la menace d&#8217;attentat de plus en plus visible. La vie quotidienne en est alors grandement affectée. La population urbaine devient alors la cible des revendicateurs, la police tant qu&#8217;à elle, tarde à intervenir de manière efficace pour éradiquer les groupuscules radicaux.  Vivre son enfance dans un tel contexte semble être une épreuve supplémentaire au passage vers la vie adulte. Naître dans cet environnement où tout n&#8217;est pas normal est la situation qui a intéressé notre esprit. En effet, nous nous sommes demandé comment vit-on son enfance dans un tel contexte et comment la vie s&#8217;organise autour de nous. Pour être en mesure de scruter cette problématique, j&#8217;ai eu  l&#8217;opportunité d&#8217;entrer en contact avec une jeune femme péruvienne qui  m&#8217;a généreusement offert de répondre à nos interrogations.</p>
<p>Suite à la relecture de l&#8217;ensemble de la transcription, j&#8217;ai déterminé trois grandes tendances pouvant faire un portrait juste de l&#8217;expérience personnelle de cette jeune femme dans la période de crise qu&#8217;a connu le Pérou. Les liens familiaux, la tension et les répercussions sur la personnalité seront les angles d&#8217;approche privilégiés par l.enquête. La problématique serait que l&#8217;expérience de vie malgré qu&#8217;elle soit unique à chacun peut comporter de grandes similarités, ces grandes tendances peuvent être reconnues dans des groupes d&#8217;individus ayant une appartenance commune.</p>
<p>L&#8217;appartenance familiale, le sentiment d&#8217;insécurité et la prolongation de la crise dans la vie personnelle seraient à notre avis des caractéristiques communes pouvant possiblement être le propre de plusieurs individus ayant subi la crise notamment dans la ville de Lima au Pérou. J&#8217;ai fait l&#8217;hypothèse que les enfants ayant vécus la crise du Sentier Lumineux et dont un des parents faisait parti de l&#8217;armée péruvienne ont développé un plus grand attachement à leur famille et qu&#8217;ils ont souffert au même niveau que les autres enfants (malgré la garantie d&#8217;une aide gouvernementale pour un soutien alimentaire et économique). En conséquence, ils éprouveront une espèce de détachement envers leur société mais un appui indéfectible envers leur famille immédiate. L&#8217;amertume d&#8217;une enfance malmenée est alors bien vivace, l&#8217;acharnement au travail et l&#8217;espoir d&#8217;une vie meilleure sont le résultat tangible de cette réalité.</p>
<p>À la lecture de l&#8217;entrevue, il apparaît vraiment trois grandes tendances. En effet, la famille, la crainte et les conséquences sur l&#8217;individu se dégagent nettement du contenu. L&#8217;idée de départ était de vivre une expérience empathique pour être en mesure de plonger dans l&#8217;univers d&#8217;un enfant lors d&#8217;une expérience traumatisante. Évidemment, la question ne peut se poser sans avoir préalablement fait un portrait général de la situation. Les questions sont alors orientées vers les caractéristiques de la famille et la composition de celle-ci. La situation géographique du quartier où la famille s&#8217;est implantée ainsi que les aléas de la vie dans la ville de Lima sont exposés. Cette mise en matière permet d&#8217;entrer progressivement dans la vie personnelle du sujet. Les angles conceptuels apparaissent donc suite au traitement de l&#8217;information dévoilé par l&#8217;interviewée.</p>
<p>Contexte historique&nbsp;: Le Pérou et la crise nationale des années 1980-1990</p>
<p>Le Pérou, dans les années 1980, tente de se remettre d&#8217;un des plus grands tremblements de terre de son histoire. Le nord du Pérou est gravement touché et le gouvernement peine à remettre la situation à l&#8217;état normal. Ce pays était aussi déjà en proie à une grande crise financière. L&#8217;inflation et le chômage font nombre de victimes. De plus, les agriculteurs  ne sont pas en mesure de fournir à la ville des produits à un prix jugé raisonnable par les citadins. Les paysans pour leur part, peine à survivre au travers le tumulte économique. Le gouvernement d&#8217;Allan Garcia s&#8217;est malheureusement lancé dans une suite infructueuse d&#8217;intervention étatique laissant les coffres du trésor public bien vide. Les ingrédients sont alors réunis pour une insatisfaction et mécontentement généralisé. Le Pérou se militarise davantage pour faire face à des débordements incontrôlables et aussi contre l&#8217;intervention opportuniste du Chili. La société est partagée et des groupuscules radicaux se forment. Le Sentier Lumineux et le MRTA en sont des exemples concrets. Issus des milieux universitaires et de la gauche politique, certains individus, notamment Abigaël Guzmán va choisir de revendiquer sur le terrain et tenter de pousser la paysannerie à l&#8217;insurrection. Progressivement, les secousses lointaines et sourdes vont retentir jusqu&#8217;à la capitale Lima. Le gouvernement va tenter tant bien que mal de gérer la crise mais il semble évident que la situation va devenir chaotique et hors de contrôle. La menace devient évidente quand les couleurs du Sentier Lumineux seront déployés sur un mont à proximité du quartier historique de Lima, les symboles évoquant le communisme vont marquer ces murs. Décidemment, Lima se réveille avec une maladie qui semble être impossible à traiter, les assaillants agissent avec une grande impunité et les bruits de bombe viendront s&#8217;ajouter à la sonorité locale.</p>
<p>Le conflit peut être décortiqué en trois phases&nbsp;: l&#8217;écho lointain des mouvements radicaux, l&#8217;intrusion progressive dans la capitale et le mouvement réactionnaire du gouvernement. Nous pouvons ici nous intéresser aux deux dernières phases car elles correspondent davantage à la réalité qu&#8217;a vécue Mme&nbsp;X. En effet, ces phases étant plus contemporaines, il était plus aisé pour elle d&#8217;avoir un souvenir juste de sa situation lors de l&#8217;évolution de la situation. Étant donné que son père était militaire, nous pouvons constater une grande préoccupation de celle-ci face au travail de son père. Certaines opérations devant rester confidentielle, elle semble néanmoins bien consciente que son paternel participe activement à la lutte anti terroriste (M X était sous-officier de pont sur un hélicoptère). En résumé, le contexte historique semble bien vivace dans la mémoire de Mme&nbsp;X, les informations obtenues semblent corroborer avec le contenu des ouvrages de références à ce sujet. Le tout étant fondé, il apparaît encore plus intéressant de questionner Mme&nbsp;X.</p>
<p>Biographie de Mme&nbsp;X</p>
<p>Elle est issue d&#8217;une famille nombreuse de cinq enfants. Quatre des cinq enfants ont poursuivis des études supérieures (Santé dentaire, ingénierie, chimie). Les parents proviennent de milieux différents. Le père est un péruvien autochtone dont la famille s&#8217;est établit à Lima dans les années 1950, tandis que sa mère provient d&#8217;une famille vivant depuis de nombreuses générations à Lima. La famille est établie dans un quartier populaire de Lima. Les enfants ont reçu une éducation publique jusqu&#8217;au niveau universitaire. Le père est un militaire de carrière et un chimiste de formation. Il a travaillé comme technicien avec un grade de sous-officier dans l&#8217;aviation péruvienne plus de 30 ans. Il travaille toujours mais en tant que contracteur pour des compagnies privées. Le couple est pratiquant et ils vont à l&#8217;église catholique, les enfants sont presque tous mariés ou en voie de le faire.</p>
<p>L&#8217;histoire orale et son développement</p>
<p>La science historique étant une science humaine en constante évolution, il est nécessaire de regarder de plus près les tendances que celle-ci semble prendre en ce moment. L&#8217;objet d&#8217;étude est maintenant plus éclaté, les pistes de recherches se multiplient. Dans un contexte où la recherche sur les identités est vraiment mise de l&#8217;avant, il apparaît certain que la présente démarche peut fournir un appui considérable. L&#8217;histoire orale qui est mitigée en ce moment pourrait devenir une approche de plus en plus privilégiée. La maîtrise des éléments clés de cet angle d&#8217;étude est donc nécessaire, dans l&#8217;optique d&#8217;une appréciation à sa juste valeur de cette science faisant appel à l&#8217;expérience individuelle. L&#8217;empathie va devenir une dimension supplémentaire de l&#8217;approche historienne, elle sera un outil supplémentaire pour l&#8217;étude de ce qui n&#8217;est plus.</p>
<p>La préparation à l&#8217;entrevue</p>
<p>L&#8217;objectif d&#8217;une entrevue est d&#8217;extirper une source, une matière. Cependant, pour arriver à faire une entrevue de qualité, une cueillette de donnée parait nécessaire. L&#8217;espace-temps à l&#8217;étude, les références du milieu et aussi une certaine historiographie de la littérature concernant la problématique du Sentier Lumineux devait être effectuée. Pour des raisons de langues, la littérature hispanophone a été malheureusement mise de coté. J&#8217;ai cherché dans les ouvrages généraux, les monographies, les articles scientifiques ainsi que les articles de journaux. Cette recherche exhaustive m&#8217;a permis de dresser un portrait assez général des acteurs du moment, de la progression de l&#8217;actualité et de l&#8217;incidence du terrorisme sur la vie des Péruviens.</p>
<p>L&#8217;entrevue et la discussion suite à l&#8217;entrevue</p>
<p>Fort de cette recherche préalable et ayant en tête un plan d&#8217;entrevue bien précis, l&#8217;entrevue pouvait alors se dérouler. Le choix du lieu de l&#8217;entrevue a été fait dans l&#8217;optique d&#8217;accommoder au maximum Mme&nbsp;X. Une entrevue préliminaire au téléphone et une rencontre précédent l&#8217;entrevue m&#8217;a permis d&#8217;établir un contact qui a facilité la tâche. L&#8217;entrevue dans l&#8217;ensemble s&#8217;est bien déroulée, elle a duré près d&#8217;une heure et l&#8217;information contenue est d&#8217;intérêt. Mme&nbsp;X est volubile et semble être à l&#8217;aise de partager son expérience de vie. Suite à l&#8217;entretien, Mme&nbsp;X a révélé des détails plus personnels de la vie de ses parents (alcoolisme, violence verbale et difficulté de vivre une enfance normale). Ces détails n&#8217;ont pas été enregistrés à la demande de celle-ci. Il semble que le présent exercice a permis d&#8217;alléger un quelconque fardeau, car à la fin de la rencontre, nous nous sommes quitter avec des remerciements et une poignée de main chaleureuse.</p>
<p>La proximité&nbsp;: une expérience de vie commune dans laquelle les individus partagent les repas, le sommeil et les tâches quotidiennes peuvent forger un esprit de corps. Vivre dans la même pièce avec un minimum d&#8217;intimité est certainement une dimension permettant de comprendre le rapport étroit que partagent ces individus.</p>
<p>Une famille nombreuse, un phénomène pas si répandue que ça&nbsp;: contrairement à l&#8217;image que nous pouvons avoir des familles péruviennes, même dans les quartiers populaires, des familles de cinq enfants n&#8217;est pas si commun. Mme&nbsp;X nous révèle qu&#8217;auparavant, il était normal d&#8217;avoir de nombreux enfants. Cependant, dans son contexte à elle, il semble plutôt peu commun de voir cinq enfants dans une même famille. Encore une fois, cette dynamique est certainement motrice d&#8217;un rapprochement liant les membres de cette famille.</p>
<p>En réaction avec l&#8217;attitude du voisinage&nbsp;: il semble que le voisinage était un environnement possiblement hostile pour l&#8217;épanouissement de quatre des cinq enfants. Les filles restaient à la maison et leur sorties se limitaient à l&#8217;école. Le voisinage a eu donc un impact limité dans la vie de celles-ci. Mme&nbsp;X parle souvent d&#8217;une situation entre Eux et les Autres.</p>
<p>La couverture maternelle&nbsp;: la situation de  X semble être aussi celle de sa mère. Elles semblent confinées à la maison. Le temps est difficile et peu propice aux activités sociales. Cependant, l&#8217;éducation des enfants et le temps passé en famille sont des éléments marquants de la composition d&#8217;une journée. Celle-ci semble reconnaître le dévouement de sa mère envers ses obligations familiales.</p>
<p>Malgré l&#8217;adversité, chacun garde son rôle&nbsp;: à la lumière de cette affirmation, nous pouvons déceler que les problèmes peuvent dépasser largement celui de l&#8217;éducation et du maintien de la maisonnée, Barbara, la mère de famille, semble être au c&#339;ur des décisions et repose sur elle de grandes responsabilités. En effet, elle devait gérer le portefeuille familial et subvenir à d&#8217;autres membres de sa propre famille</p>
<p>Le travail, une valeur commune&nbsp;: le travail acharné du père est surement ce que l&#8217;on peut retenir de celui-ci. En montrant l&#8217;exemple, il s&#8217;est fait le modèle de la seconde génération d&#8217;X . L&#8217;unité s&#8217;est réellement bâti autour du support affectif et de la forte présence maternelle. L&#8217;appui financier est sous-entendu mais c&#8217;est vraiment le dévouement au travail qui a marqué l&#8217;esprit de Mme&nbsp;X. Pour résumé, ces citations évoquent vraiment une attitude, un mode de vie qui tente de se démarquer d&#8217;un ensemble. Le clan s&#8217;est formé une espèce de forteresse et les problèmes s&#8217;y règlent à l&#8217;interne pour être en mesure de paraître fort.</p>
<p>En deuxième lieu, nous avons ici l&#8217;angle concernant l&#8217;incertitude. Il est étonnant de constater que malgré tout, la vie semble suivre son cours normal. Le paysage est violent, les images sont fortes, la fillette qui devient adolescente va évoluer dans ce contexte incertain.</p>
<p>La crise fait partie intégrante de sa vie&nbsp;: comme on le sait, l&#8217;humain a la capacité de s&#8217;adapter à tous les types de climat. Qu&#8217;en est-il d&#8217;un milieu hostile et durant la période fragile de l&#8217;enfance. Il semble que cette épreuve a marqué Mme&nbsp;X, mais il est rare de l&#8217;entendre parler en son propre nom. Les gens souffraient de la faim et des privations, cependant, celle-ci ne fait pas mention de ses propres souffrances. Elle préfère énoncer les problématiques majeures de sa société.</p>
<p>La conscience d&#8217;un individu&nbsp;: ses parents l&#8217;avertissent sans l&#8217;inquiéter, Mme&nbsp;X est néanmoins en mesure d&#8217;apprécier à sa juste valeur la menace qui pèse sur elle et ses proches. Des attentats au hasard sont possibles, la mort guette possiblement à chaque coin de rue. Elle est aussi bien avisée que l&#8217;aide reçue ne touche pas nécessairement toute la société. Elle est donc consciente qu&#8217;il existe plusieurs réalités.</p>
<p>La résilience&nbsp;: l&#8217;approche d&#8217;une jeune adulte&nbsp;: on ne fait pas d&#8217;humour avec la crise, aucune blague n&#8217;est faite à ce sujet. Mme&nbsp;X est compatissante avec ceux qui ont souffert. Elle a été épargné, néanmoins elle a en tête la souffrance des autres.</p>
<p>La crise la touche directement&nbsp;: à ce moment de l&#8217;entrevue, nous pouvons nous immerger dans le coté sombre d&#8217;une crise de cette ampleur. La vie semble précaire, les difficultés sont grandissantes. L&#8217;emploi du père vient directement toucher le quotidien des membres de la famille. Mme&nbsp;X relate l&#8217;épreuve avec un certain détachement, cependant il est certain que le supplice de l&#8217;attente a surement été un moment difficile de sa vie.</p>
<p>Le vent tourne mais à quel prix&nbsp;: la crise prend un visage nouveau, Mme&nbsp;X déplore le fait que le gouvernement qui s&#8217;est finalement prit en main est en train de répandre une nouvelle terreur arbitraire. Pour conclure cette dimension, nous pouvons croire que le paysage décrit par Mélissa X semble être celui d&#8217;un état de siège informel, une espèce de chaos organisé dans lequel la vie doit suivre son cours. De plus, il est intéressant de constater que celle-ci garde tout de même une attitude assez sereine malgré les événements se déroulant à proximité. Je peux comparer cette insécurité à une grande arène dans laquelle les spectateurs sont conviés à être assis parmi les belligérants. Finalement, on peut constater que Mme&nbsp;X n&#8217;approuve aucun camp dans leur violence, la fin ne justifie pas les moyens.</p>
<p>Les répercussions</p>
<p>Les classes sociales et l&#8217;appréciation du conflit&nbsp;: la perception et la compréhension des revendications ne font pas l&#8217;unanimité dans la société péruvienne. Notamment dans le monde universitaire privé où il est hors de question d&#8217;avoir une quelconque sympathie pour les révolutionnaires. Mme&nbsp;X, malgré qu&#8217;elle soit aussi victime du conflit idéologique ne partageait pas nécessairement l&#8217;avis de tous ses collègues, elle avait une ouverture qu&#8217;elle devait garder pour elle.</p>
<p>La violence et le monde universitaire&nbsp;: une autre déception qu&#8217;a pu vivre Mme&nbsp;X dans son parcours de vie est possiblement la fin d&#8217;une illusion dans laquelle l&#8217;université est un lieu exempt des forces policières et militaires. La pression des groupes de gauche étant trop forte voir exubérante, l&#8217;intervention de l&#8217;État a été nécessaire. Les disparitions et les arrestations ont été une épreuve éprouvante. Cette situation est jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui loin d&#8217;être réglé, en effet des individus manquent toujours à l&#8217;appel.</p>
<p>Les interprétations</p>
<p>L&#8217;interprétation des faits permet de dégager la réalité de la cellule familiale X. Bien évidemment, il s&#8217;agit d&#8217;un survol rapide des événements marquants d&#8217;un individu vivant dans une famille péruvienne en milieu urbain. Nous pouvons dire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une histoire dans l&#8217;histoire, cette entretien m&#8217;a permis d&#8217;identifier des épisodes et des phases intenses de la vie familiale. Les répétitions et les images que nous présente le sujet sont riches en émotion et aussi sobre dans leur contenu. Les parties objectives de l&#8217;entrevue sont assez facile à dégager en prenant en considération la littérature concernant la crise, le contenu subjectif est cependant plus nuancé. En effet, il faut savoir décoder le discours de l&#8217;interlocutrice. Elle semble avoir été choqué de voir la violence de part et d&#8217;autre et aussi l&#8217;attitude méprisante de ses collègues universitaires mieux nantis. Je peux alors penser que dans l&#8217;ensemble, le message de celle-ci ne semble pas en contradiction, ses pauses, son débit de voix et ses hésitations peuvent présager un recours à des souvenir lointain mais toujours présent en tête. Pour terminer, je peux déterminer que les liens familiaux, la tension et les répercussions constituent véritablement le substrat dans lequel je peux développer une interprétation. Naître dans un environnement déjà tendu, la responsabilisation hâtive des enfants, l&#8217;insécurité palpable et finalement le regard lucide d&#8217;une enfant dans une dynamique de terreur constituent à notre avis les avenues secondaires pouvant mener à une appréciation plus complète de la transcription écrite de l&#8217;entrevue.</p>
<p>Conclusion et ouverture</p>
<p>Maintenant, voici un bilan de l&#8217;expérience d&#8217;entrevue en histoire orale. Les points positifs de cette démarche sont multiples. D&#8217;abord, le contact privilégié avec un témoin a été l&#8217;élément marquant de cette démarche. En effet, l&#8217;exercice d&#8217;empathie et d&#8217;écoute active qui font défaut dans la formation historienne ont permis d&#8217;entrevoir une nouvelle réalité. La possibilité d&#8217;être en présence d&#8217;un témoin d&#8217;une époque étudiée est sans contredit une des expériences les plus enrichissantes que nous puissions vivre. Ensuite, ce qui est intéressant au niveau de cette démarche est la grande autonomie nécessaire pour effectuer chacune des étapes de ce travail. Cette responsabilité supplémentaire rend l&#8217;exercice plus éducatif et donne un aperçu du coté professionnel des enquêteurs de témoignage oral. Ensuite, pour ce qui est des éléments à améliorer, je pense que la pratique des rudiments de l&#8217;entrevue permettrait une plus grande aisance et une fluidité lors de l&#8217;entretien. La conversation est un art, savoir diriger celle-ci est aussi un aspect qui se développe. Par après, il est évident que les préjugés sont toujours un grand obstacle pour apprécier pleinement le témoignage d&#8217;un individu face à l&#8217;histoire avec un grand &#171;&nbsp;H&nbsp;&#187;, en effet, il est toujours difficile de sortir des encadrements rigides de la démarche historienne. Faire l&#8217;histoire de ceux qui n&#8217;en n&#8217;ont pas dans les livres est vraiment un exercice riche et significatif qui nous donne une vision provenant d&#8217;un angle inhabituel.</p>
<p>Bibliographie</p>
<p>PADERES, Pablo. &#171;&nbsp;Les blessures sanglantes du Pérou&nbsp;&#187;, Monde diplomatique, no 459,<br />
juin 1992, p. 18.</p>
<p>RONCAGLIOLO, Santiago. &#171;&nbsp;Traces sanglantes sur le Sentier lumineux&nbsp;&#187;, Courrier international, no 805, 6 avril 2006, p. 44-46.</p>
<p>TOLOTTI, Sandrine. &#171;&nbsp;Pérou&nbsp;: le naufrage&nbsp;&#187;, Croissance, no 341, sept</p>
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		<title>Quand la boussole s&#8217;affole</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Oct 2008 09:53:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Étienne Blais</dc:creator>
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<p>Le Grand Nord, grande terre riche qui semble infinie, est maintenant dans la mire de Jean Charest. À l&#8217;image d&#8217;un politicien ayant une vision d&#8217;envergure, il a proposé dernièrement un projet qui se veut un des plus grands chantiers que le Québec aura connu depuis longtemps. On ne peut reprocher à cet habile politicien de professer les valeurs de développement économique en cette période apathique et incertaine. Cependant, cette préoccupation pressante et soudaine pour la problématique de la jeunesse autochtone sonne faux. La situation est connue depuis longtemps, elle est même gênante pour tous les gouvernements. Les efforts louables du système de justice du Québec ne peuvent suffire pour sortir ces individus de l&#8217;enfer de la toxicomanie et de la violence.</p>
<p>La pensée libérale occidentale prévoit qu&#8217;un développement économique est salvateur et permet une prise en charge de l&#8217;individu qui peut saisir sa chance de travailler et de bâtir son avenir. Cependant, ce développement a un prix, il ne rapporte pas nécessairement à ceux qui en ont le plus besoin. De plus, l&#8217;exploitation des ressources se concentre sur une période de temps limitée et laisse souvent un lourd héritage nuisible à la qualité de vie. La protection des terres nordiques devraient être priorisée. À l&#8217;abri des pressions minières et spéculatives, ces terres seront un joyau unique sur cette planète déjà trop exploitée. Le développement durable est souvent une facétie, il est une utopie de l&#8217;homme. Une fois exploitée, un environnement se détériore et se façonne à l&#8217;image des modes et de l&#8217;intérêt du moment. Le présent gouvernement n&#8217;a pas consulté les Premières Nations, au pire il négocie avec les Conseils de bande de manière malhonnête. L&#8217;état est une formidable machine ouvrant la voie aux intérêts privés sans considération pour la préservation de mode de vie ou simplement d&#8217;un environnement sain.</p>
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