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	<title>CentPapiers &#187; Catherine Courchesne</title>
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	<description>Plateforme québécoise de journalisme citoyen</description>
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		<title>Explosion causant le déraillement d&#8217;un train en Russie : sur qui porter le blâme ?</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Aug 2007 09:24:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;explosion d&#8217;une bombe placée sous les voies d&#8217;un chemin de fer a fait dérailler un train &#171;&#160;Nevskii Express&#160;&#187; entre Moscou et Saint-Pétersbourg lundi soir, blessant environ 25 personnes et ne faisant, heureusement, aucun mort. Les autorités russes tentent depuis de trouver les auteurs de cet attentat. Les soupçons sont dirigés vers trois groupes&#160;: les islamistes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton1852.jpg" border="0" />
<p>L&#8217;explosion d&#8217;une bombe placée sous les voies d&#8217;un chemin de fer a fait dérailler un train &#171;&nbsp;Nevskii Express&nbsp;&#187; entre Moscou et Saint-Pétersbourg lundi soir, blessant environ 25 personnes et ne faisant, heureusement, aucun mort. Les autorités russes tentent depuis de trouver les auteurs de cet attentat. Les soupçons sont dirigés vers trois groupes&nbsp;: les islamistes tchétchènes, les groupes ultranationalistes et&#8230; l&#8217;administration de Poutine.</p>
<p>Les combattants tchétchènes sont certes pointés du doigt dans une Russie victime d&#8217;une série d&#8217;attaques terroristes en raison des deux guerres de Tchétchénie et de la djihadisation des musulmans radicaux dans le Caucase du Nord. En effet, à cause du bourbier tchétchène et des actes sanglants qui en ont découlé, le pays connaît le niveau de terreur le plus élevé depuis la fin de l&#8217;époque stalinienne. Le pic s&#8217;est produit durant l&#8217;été 2004 surnommé &#171;&nbsp;l&#8217;été de la terreur&nbsp;&#187;&nbsp;: 2 attaques en mai, 1 en juin, 1 en juillet, 3 en août et finalement, en septembre, le monde entier a été subjugué par la prise d&#8217;otage dans une école de Beslan en Ossétie du Nord, faisant 344 morts dont 186 enfants.</p>
<p>En 2005-2006, les actes terroristes perpétrés à Moscou ont drastiquement diminué, laissant croire à un changement de stratégie de la part du réseau de combat islamiste qui a alors concentré ses attaques dans les républiques du Caucase du Nord. Ainsi, peut-on croire à un retour du terrorisme en zone moscovite&nbsp;? La chose est possible, surtout qu&#8217;un homme se disant membre du groupe islamiste Riyad As-Salahin revendique la responsabilité de l&#8217;attentat. Selon l&#8217;analyste Alexander Khramchikhin de l&#8217;Institut d&#8217;analyse politique et militaire, si tel est vraiment le cas, le déraillement du &#171;&nbsp;Nevski Express&nbsp;&#187; démontrerait l&#8217;échec de Moscou dans ses tentatives armées de stabiliser le Caucase du Nord et d&#8217;éliminer le réseau terroriste.</p>
<p>Pourtant, malgré la plausible responsabilité des islamistes tchétchènes, les autorités blâment plutôt les groupes d&#8217;extrême droite en raison de la ressemblance de la bombe en question avec celle utilisée en juin 2005 par deux ultranationalistes. Ces derniers ont fait dérailler un train entre Groznyï et Moscou dans le but de tuer les passagers tchétchènes à bord. Selon les experts, les bombes utilisées par les ultranationalistes ont en commun un système de détonation par câbles électriques, alors que les combattants tchétchènes optent habituellement un système de déflagration par radios ou téléphones mobiles.</p>
<p>Toutefois, l&#8217;expert en terrorisme Irina Borogan croit que si cet attentat est l&#8217;oeuvre des ultranationalistes, il n&#8217;est pas un acte xénophobe pour autant. Elle soutient son point en affirmant que le &#171;&nbsp;Nevsky Express&nbsp;&#187; est un train très dispendieux et que, conséquemment, ses passagers ne sont pas des migrants d&#8217;Asie et du Caucase, mais plutôt des bureaucrates et des hommes d&#8217;affaires. Selon elle, le but visé par cet acte est la déstabilisation politique du pays à la veille des élections parlementaires en décembre 2007 et du vote présidentiel en mars 2008.</p>
<p>Khramchikhin pousse encore plus loin cette idée en disant que les coupables sont des alliés de Poutine cherchant à légitimer un troisième mandat pour leur chef en exhibant le spectre de la menace terroriste. En effet, n&#8217;oublions pas que c&#8217;est l&#8217;incursion islamiste de combattants tchétchènes au Daghestan en août 1999 pour y implanter un État islamique qui a consolidé le pouvoir d&#8217;un Poutine jusqu&#8217;alors inconnu du public et qui lui a donné le support populaire  nécessaire au lancement de la deuxième guerre en Tchétchénie. Ainsi, le terrorisme serait une carte électorale de l&#8217;administration de Poutine.</p>
<p>Néanmoins, Dmitrii Orlov, analyste de l&#8217;Agence des Communications politiques et économiques à Moscou, ne croit pas qu&#8217;il soit dans l&#8217;intérêt de Poutine de jouer cette carte, tout simplement parce qu&#8217;il jouit déjà d&#8217;une forte popularité et n&#8217;a pas besoin de recourir à la peur pour que le peuple russe accepte sans trop broncher un changement dans la constitution lui permettant de faire un troisième mandat. De plus, ne serait-il pas stupide de la part du président russe de déstabiliser son pays alors qu&#8217;il fait de la stabilité et de la sécurité ses principales réalisations politiques&nbsp;?</p>
<p>L&#8217;enquête est ouverte, les théories se font nombreuses&#8230; Retour des actes terroristes des islamistes tchétchènes, acte xénophobe ou politique de groupes ultranationalistes, complot et stratégie machiavélique d&#8217;une élite assoiffée de pouvoir&#8230; qui dit mieux&nbsp;? Ce qui est certain, c&#8217;est que la situation explosive de la Russie qui met en danger la vie des civils fait relativiser quelque peu l&#8217;importance accordée par les médias québécois au problème des algues bleues de notre belle province.</p>
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		<title>L&#8217;Ours russe grogne</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jun 2007 07:59:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Général-(EN-RECLASSEMENT)]]></category>
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		<category><![CDATA[George W Bush]]></category>
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		<description><![CDATA[La Russie en a marre des projets américains qui se font sur son ancien terrain de jeu soviétique. Si ce n&#8217;est pas en Asie centrale et au Caucase, c&#8217;est dans les pays d&#8217;Europe centrale que les Américains viennent étendre leurs tentacules. La Russie a déjà donné et a assez donné, semble dire Vladimir Poutine. Maintenant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton1606.jpg" border="0" />
<p>La Russie en a marre des projets américains qui se font sur son ancien terrain de jeu soviétique. Si ce n&#8217;est pas en Asie centrale et au Caucase, c&#8217;est dans les pays d&#8217;Europe centrale que les Américains viennent étendre leurs tentacules.</p>
<p>La Russie a déjà donné et a assez donné, semble dire Vladimir Poutine. Maintenant, elle se fâche. Elle grogne. Elle dit aux Américains de retourner chez eux. Elle laisse même de côté le langage politique pour adopter le langage militaire, celui qui rappelle trop bien la rhétorique utilisée à l&#8217;époque de la Guerre Froide.</p>
<p>Lors de sa rencontre avec les journalistes étrangers représentant chaque pays invité au G8 qui se déroule à Heiligendamm en Allemagne, Vladimir Poutine a clairement indiqué que les Russes pointeraient leurs missiles nucléaires vers de nouvelles cibles européennes si le projet de bouclier antimissile américain voyait le jour en Europe.</p>
<p>Les Etats-Unis ont beau répéter que ce projet cherche à défendre l&#8217;Europe contre l&#8217;Iran et la Corée du Nord et non contre la Russie, Moscou n&#8217;en est pas persuadé. En fait, les Russes voient ce projet comme une manière de neutraliser leur potentiel, d&#8217;empêcher la Russie de retrouver son statut de grande puissance et de l&#8217;isoler sur la scène internationale. Et avec raison. Car depuis la chute de l&#8217;URSS, les Etats-Unis n&#8217;ont jamais répondu avec générosité aux attentes des Russes et agissent plutôt de sorte à les agacer. À titre d&#8217;exemples, soulignons l&#8217;absence de compromis sur la finalisation de l&#8217;admission de la Russie à l&#8217;OMC et l&#8217;appui donné par Bush à l&#8217;Ukraine et la Géorgie dans leur volonté de joindre les pays membres de l&#8217;OTAN.</p>
<p>De leur côté, les Etats-Unis sont insatisfaits de la réponse de Moscou en ce qui concerne la gestion du pétrole et du gaz russes dont, rappelons-le, l&#8217;Europe est largement dépendante. Alors que les Américains réclament la privatisation des oléoducs russes, la démonopolisation de Gazprom, et une plus grande ouverture de la Russie aux investissements étrangers et ce, à des fins de sécurité, Poutine et son administration tiennent mordicus à garder le contrôle sur ce secteur qui est l&#8217;un des plus décisifs pour le bon développement économique de la Russie.</p>
<p>L&#8217;enjeu de la sécurité énergétique se cacherait-il donc derrière ce projet d&#8217;antimissile américain en Europe&nbsp;? Se peut-il que, si la Russie utilise encore la stratégie du coup de marteau en arrêtant la livraison de pétrole et de gaz aux pays d&#8217;Europe centrale lui tenant tête, lui tournant le dos, lui faisant un pied de nez, ou lui levant un doigt bien haut, les armes américaines déployées en sol européen aient alors pour cible le Kremlin&nbsp;? Certes, si tel est le cas, espérons qu&#8217;aucun des deux camps ne sera assez fou pour faire feu, mais au grand désespoir de Moscou, la dissuasion nucléaire obligera le statu quo en lui enlevant la possibilité de jouer une des meilleures cartes de son jeu politique dans ses relations avec ses voisins de l&#8217;Ouest.</p>
<p>Pour montrer leur bonne volonté, les Etats-Unis invitent les Russes à participer au projet antimissile qui a toutefois pour cible deux partenaires économiques et géopolitiques de la Russie&nbsp;: l&#8217;Iran et la Corée du Nord. Il est donc facile pour les Etats-Unis de faire l&#8217;invitation avec le sourire, parce qu&#8217;ils savent très bien que la Russie ne peut l&#8217;accepter sans se tirer dans le pied, c&#8217;est-à-dire sans brimer ses relations avec son plus important partenaire dans le monde musulman et sans nuire à l&#8217;augmentation des échanges bilatéraux avec Pyongyang qui a court depuis l&#8217;an 2000. Voilà une autre raison qui rend ce projet hostile aux yeux de Moscou&nbsp;: il lui demande de se protéger contre des pays qui ne lui sont pas inamicaux.</p>
<p>C&#8217;est pourquoi, devant le projet de déploiement de l&#8217;ABM américain, il est normal que l&#8217;Ours russe grogne et tente d&#8217;empêcher qu&#8217;on le contraigne à rester dans sa tanière.</p>
<p>Néanmoins, Vladimir Poutine est obligé de prendre position et d&#8217;agir, car s&#8217;il se dit contre le projet des États-Unis sans trouver d&#8217;alternative, il devra faire face à des coups politiques énormes. Devant cette nécessité de trouver une solution, Poutine a donc proposé hier à son homologue américain, de permettre aux États-Unis d&#8217;opérer une station radar antimissile située en Azerbaïdjan et ce, en concert avec la Russie.</p>
<p>Bush a qualifié cette proposition d&#8217;intéressante&#8230; reste à voir si l&#8217;Aigle américain se contentera de voler au-dessus de l&#8217;Azerbaïdjan et s&#8217;il acceptera de partager le contrôle de ses futures proies avec un Ours qui a tendance à être gourmand.</p>
<p>Le pourquoi du comment des tensions russo-américaines.</p>
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		<title>&#171;&#160;La Russie aux Russes !&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Feb 2007 07:48:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[RUSSIE & Ex-URSS]]></category>

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		<description><![CDATA[En avril 2006, le ministre culturel de Kabardino-Balkarie &#8211; une république caucasienne de la Fédération de Russie à forte population musulmane &#8211; est attaqué par un groupe de skinheads lui criant&#160;: &#171;&#160;La Russie aux Russes&#160;!&#160;&#187;&#160;[14]. Le 4 novembre 2006, lors de la Journée de l&#8217;Unité du peuple russe, un millier de nationalistes russes manifestent non [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton1177.jpg" border="0" />
<p>En avril 2006, le ministre culturel de Kabardino-Balkarie &#8211; une république caucasienne de la Fédération de Russie à forte population musulmane &#8211; est attaqué par un groupe de skinheads lui criant&nbsp;: &#171;&nbsp;La Russie aux Russes&nbsp;!&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb13" name="nh13" id="nh13" class="spip_note" title='[13] &#171; 3 Given Prison Terms for Racially Motivated Assault &#187;, The Moscow (&#8230;)&#8217; >13</a>].<br />
Le 21 août 2006, une bombe explose dans un marché multiethnique de Moscou où travaillent de nombreux individus originaires du Caucase et d&#8217;Asie Centrale. L&#8217;attentat fait 10 morts&nbsp;[<a href="#nb14" name="nh14" id="nh14" class="spip_note" title='[14] &#171; Explosion au march&#233; : un attentat raciste commis par des &#233;tudiants (&#8230;)&#8217; >14</a>].</p>
<p>Le 4 novembre 2006, lors de la Journée de l&#8217;Unité du peuple russe, un millier de nationalistes russes manifestent non loin du parc Gorki à Moscou pour protester contre l&#8217;immigration illégale. La députée Irina Saveleva du Parti nationaliste de gauche <i>Rodina</i> (La Patrie) exprime une des idées motrices de la manifestation&nbsp;: &#171;&nbsp;Nous devons nous débarrasser des immigrés illégaux. Ils occupent nos emplois. La drogue et le terrorisme arrivent par eux&nbsp;!&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb15" name="nh15" id="nh15" class="spip_note" title='[15] &#171; Les nationalistes russes manifestent pour &#234;tre &#171; d&#233;barrass&#233;s &#187; des (&#8230;)&#8217; >15</a>].<br />
Le 22 novembre 2006, un homme de 23 ans originaire de la Kirghizie &#8211; Chingiz Kailypov &#8211; est battu à coup de barres de fer par 20 skinheads&nbsp;[<a href="#nb16" name="nh16" id="nh16" class="spip_note" title='[16] &#171; Skinheads Beat Man on Train &#187;, The Moscow Times, mercredi 22 (&#8230;)&#8217; >16</a>].</p>
<p>Galina Kozhevnikova, directrice de l&#8217;ONG russe Sova spécialisée dans l&#8217;étude des violences xénophobes, relate qu&#8217;en 2006 &#171;&nbsp;la Russie a connu 308 attaques à caractère racial. Sur ce nombre, 39 ont été fatales et 28 se sont déroulées à Moscou&nbsp;&#187;. Pour sa part, Sergueï Mirnov, président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) reconnaît que &#171;&nbsp;le nombre des agressions contre des étrangers a triplé en Russie en 2006 après avoir augmenté de 84% entre 2000 et 2005 .&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb17" name="nh17" id="nh17" class="spip_note" title='[17] &#171; Les agressions contre des &#233;trangers en Russie ont tripl&#233; en 2006 &#187;, (&#8230;)&#8217; >17</a>]</p>
<p>Devant de telles données, il est difficile de nier la prolifération des sentiments haineux et des crimes à caractère racial en Russie. Comment expliquer ce phénomène, quelles en sont les causes, et qu&#8217;en pensent les Russes et les immigrants en Russie&nbsp;?</p>
<p>Selon Ouliana Boborakhimova, une étudiante en Relations Internationales à l&#8217;Université d&#8217;État des sciences humaines de Moscou (RGGU) et originaire du Tadjikistan, les tensions entre les immigrants et les Russes ethniques découlent de la situation économique précaire et du manque d&#8217;éducation d&#8217;une certaine partie de la population&nbsp;: &#171;&nbsp;Certaines régions et certaines parties de la population en Russie sont gravement touchées par le chômage, la pauvreté et la criminalité. De nombreux jeunes entrevoient leur avenir avec peu d&#8217;enthousiasme et cherchent à trouver les raisons de leur désespoir en s&#8217;affiliant par exemple à des groupes ultranationalistes. Ces derniers accusent les immigrants d&#8217;être à la base de tous les problèmes sociaux actuels, comme la criminalité et le chômage. Selon eux, les <i>Tchiornye</i> sont tous des bandits qui viennent voler leurs emplois.&nbsp;&#187; Le terme <i>Tchiornye</i> (Noirs) est répandu au sein de la société russe pour décrire les immigrants du Caucase et d&#8217;Asie Centrale. Un bon nombre de ces immigrants en provenance du Tadjikistan, de Kirghizie, d&#8217;Ouzbékistan, d&#8217;Azerbaïdjan et de Géorgie viennent gagner leur vie en Russie de façon illégale. Selon le vice-directeur du Service national des migrations, Viatcheslav Postavnin, &#171;&nbsp;seul un étranger sur 10 travaille légalement en Russie&nbsp;&#187;. Il poursuit en affirmant que &#171;&nbsp;l&#8217;immigration illégale est un fardeau pour l&#8217;économie et pour les payeurs de taxes et c&#8217;est pourquoi elle engendre des tensions interethniques.&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb18" name="nh18" id="nh18" class="spip_note" title='[18] &#171; Migration Crackdown Defended &#187;, The Moscow Times, mardi 21 novembre (&#8230;)&#8217; >18</a>].</p>
<p>Pour Dmitrii Sokolov, un étudiant russe en diplomatie à l&#8217;Institut d&#8217;État des relations internationales de Moscou (MGIMO), les tensions interethniques découlent non seulement de la situation économique, mais de la hausse de la criminalité engendrée par la lutte de pouvoir entre les mafias caucasiennes (ingouches, tchétchènes arméniennes, géorgiennes) et russes. En effet, au début des années 90, différents groupes mafieux se sont entretués pour le pouvoir et le partage des richesses russes. La guerre entre ces différents groupes se déroulait dans la rue et la population a été marquée par les nombreux règlements de compte. Une des conséquences de cette guerre mafieuse serait que les Russes ethniques amalgament les termes criminalité, insécurité et immigrants caucasiens.</p>
<p>Dans son livre <i>Islam in Russia</i>&nbsp;[<a href="#nb19" name="nh19" id="nh19" class="spip_note" title='[19] HUNTER, Shireen. (2004), Islam in Russia, The Politics of Identity and (&#8230;)&#8217; >19</a>], la politologue Shireen Hunter soutient que l&#8217;augmentation des sentiments haineux au sein de la population russe à l&#8217;égard des individus du Caucase et d&#8217;Asie centrale est une des conséquences des guerres de Tchétchénie et des attentats terroristes perpétrés récemment dans plusieurs villes russes, comme la prise d&#8217;assaut du Théâtre Dubrovka de Moscou en octobre 2002 et la prise d&#8217;otage dans une école de Beslan en septembre 2004. Selon elle, ces événements traumatisants ont imprégné dans l&#8217;imaginaire des Russes l&#8217;idée que les populations venant de ces régions constituent une menace pour leur sécurité.</p>
<p>Selon Vladimir Maksakov, professeur d&#8217;Histoire à RGGU, la guerre en Tchétchénie et le terrorisme alimentent un problème né bien avant l&#8217;éveil des mouvements nationalistes de la période gorbatchévienne et post-soviétique&nbsp;: &#171;&nbsp;Tout Empire se crée en valorisant l&#8217;identité et la culture du conquérant aux dépens de celles du conquis, ce qui crée nécessairement des tensions interethniques. Sous l&#8217;Empire soviétique par exemple, la Russie jouait le rôle du grand frère culturel, idéologique et économique auprès des autres républiques. Les républiques du Caucase et d&#8217;Asie Centrale étant les plus pauvres et les plus dépendantes de l&#8217;État, les Russes ethniques percevaient par conséquent les populations originaires de ces régions comme un fardeau pour l&#8217;URSS. L&#8217;éveil de mouvements nationalistes durant la perestroïka et après la chute de l&#8217;URSS a tout simplement accentué ces sentiments.&nbsp;&#187; Des sentiments qui sont partagés par l&#8217;opinion de cette dame âgée russe&nbsp;: &#171;&nbsp;Avant nous étions tous membres de la grande famille soviétique, il était normal que nous les aidions. Maintenant ils sont chez nous. Ils ont voulu se séparer, et bien, qu&#8217;ils restent chez eux&nbsp;!&nbsp;&#187;</p>
<p>Selon certains spécialistes de la question identitaire russe, la chute de l&#8217;Union Soviétique a accentué les tensions entre les &#171;&nbsp;Noirs&nbsp;&#187; et les Russes ethniques, car elle a engendré un vide conceptuel dans la nature des relations interethniques. Le fait que les éléments antérieurs d&#8217;identification (territoire, idéologie, système économique et social) appartiennent à une époque soviétique révolue, oblige encore aujourd&#8217;hui les élites politiques et intellectuelles russes à répondre aux questions &#171;&nbsp;Qu&#8217;est-ce qu&#8217;être Russe&nbsp;?&nbsp;&#187;, &#171;&nbsp;Qu&#8217;est-ce que la Russie&nbsp;?&nbsp;&#187;, en recréant un ensemble de croyances, de représentations, de mythes, d&#8217;opinions et d&#8217;attitudes auxquels les individus adhèrent. Ce vide identitaire génère un foisonnement de courants idéologiques proposant des conceptions différentes de la Nation russe, dont certaines se fondent sur des éléments ethniques et religieux. Comme le notent les experts Denis Eckert et Vladimir Kolossov, &#171;&nbsp;le choix de ces éléments n&#8217;est pas sans conséquence en Russie du fait que le pays comprend et attire des populations d&#8217;ethnies et de religions diverses .&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb20" name="nh20" id="nh20" class="spip_note" title='[20] ECKERT, Denis et Vladimir Kolossov. (1999), La Russie, un expos&#233; pour (&#8230;)&#8217; >20</a>].<br />
Même si l&#8217;administration Poutine s&#8217;efforce de définir la Russie comme un pays multiethnique et multiconfessionnel, l&#8217;identité nationale russe est encore largement ethnocentrique et monoculturelle. Cette situation s&#8217;explique par la prédominance de la culture russophone et la supériorité numérique des Russes ethniques. Toutefois, tenant compte du faible taux de natalité chez les Russes et du problème démographique auquel fait face le pays, de plus en plus d&#8217;étrangers sont appelés aujourd&#8217;hui à s&#8217;installer en sol russe. C&#8217;est pourquoi il importe que les relations interethniques s&#8217;améliorent. Pour ce, il faut que les concepts &#171;&nbsp;multiethnique&nbsp;&#187; et &#171;&nbsp;multiconfessionnel&nbsp;&#187; trouvent écho dans les politiques adoptées et dans la réalité.</p>
<p>Heejun Li, un étudiant sud-coréen de 25 ans à RGGU, est impatient de voir une amélioration dans les relations interethniques, car son rêve est de vivre à Moscou. Il révèle remettre son rêve en question, parce que pour l&#8217;instant il ne se sent pas le bienvenu en Russie&nbsp;: &#171;&nbsp;Je me fais fréquemment bousculer, tirer la langue, montrer le poing et dire des injures.&nbsp;&#187; Il termine en disant que les bousculades ne sont que frivolités lorsqu&#8217;il les compare à la mort d&#8217;une de ses amies coréennes qui, deux ans auparavant, a été la victime d&#8217;une bande de skinheads à Saint-Pétersbourg.</p>
<p>Comment réagit le gouvernement face à cette vague de sentiments racistes&nbsp;? Aux yeux des organisations de défense des droits de l&#8217;Homme comme <i>Human Rights Watch</i> et <i>Amnesty International</i>, le gouvernement russe se montre beaucoup trop frileux dans le dossier du racisme, manie une rhétorique de plus en plus ouvertement hostile aux étrangers et ne prend pas les mesures nécessaires pour enrayer la multiplication des attaques contre les minorités ethniques&nbsp;[<a href="#nb21" name="nh21" id="nh21" class="spip_note" title='[21] &#171; Faire cesser imm&#233;diatement les crimes motiv&#233;s par la haine &#187;, Human (&#8230;)&#8217; >21</a>].</p>
<p>Selon Svetlana Gannouchkina de l&#8217;ONG <i>Memorial</i>, &#171;&nbsp;le fascisme est créé avec le soutien tacite des autorités qui l&#8217;utilisent pour servir leurs buts.&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb22" name="nh22" id="nh22" class="spip_note" title='[22] &#171; Les nationalistes russes manifestent pour &#234;tre &#171; d&#233;barrass&#233;s &#187; des (&#8230;)&#8217; >22</a>].</p>
<p>Conformément à cette idée, la montée du racisme permettrait à l&#8217;administration au pouvoir d&#8217;avoir le soutien populaire dans la poursuite de la guerre en Tchétchénie et dans l&#8217;expulsion des immigrants géorgiens illégaux. Une autre hypothèse, très prisée en Occident, est celle du &#171;&nbsp;calcul électoraliste&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb23" name="nh23" id="nh23" class="spip_note" title='[23] &#171; En Russie, une x&#233;nophobie &#224; g&#233;om&#233;trie variable &#187;, Le Devoir, mardi 9 (&#8230;)&#8217; >23</a>]. Selon cette hypothèse, l&#8217;administration Poutine nourrit les sentiments haineux afin d&#8217;encourager le développement de partis fascistes qui, une fois fusionnés, deviendraient son principal rival aux élections prévues pour l&#8217;année 2008. Grâce à cet adversaire, Poutine légitimerait son troisième mandat &#8211; même si la Constitution russe actuelle ne lui permet pas de se présenter à nouveau &#8211; en convainquant la population russe d&#8217;être le seul candidat ayant les capacités à résorber le problème du racisme. Selon certains Russes, cette idée ne tient pas la route, car un changement constitutionnel discréditerait Poutine non seulement aux yeux de la population russe, mais aux yeux de l&#8217;ensemble de la communauté internationale. Ils soutiennent leur point de vue en rappelant l&#8217;un des buts majeurs de Poutine à son arrivée au pouvoir, c&#8217;est-à-dire sortir la Russie de son isolement international en améliorant les relations avec le plus d&#8217;États possibles et surtout avec l&#8217;Occident. Ainsi, il lui serait hasardeux de discréditer toutes les politiques adoptées en ce sens, comme la ratification en 2001 d&#8217;un bon nombre des instruments juridiques internationaux dans le domaine de la lutte contre le racisme et l&#8217;intolérance. L&#8217;instrumentalisation des sentiments racistes à des fins électoralistes violerait donc la Constitution et dans une autre mesure, certains engagements internationaux. Bref, ce geste lui coûterait trop cher sur le plan politique.</p>
<p>Dans un discours fait le 31 janvier 2007 devant les dirigeants du Service de Sécurité Fédérale (FSB), Poutine a rappelé l&#8217;importance de lutter contre le racisme. Il faut maintenant que cette volonté politique se traduise par de réels engagements politiques et sociaux. Il faut par exemple faire en sorte que la justice russe ne traite plus les crimes à caractère racial comme de simples cas de hooliganisme. Il faut que cesse la corruption de certains corps policiers qui, lors de violences interethniques prennent le parti du plus offrant, attisant ainsi la haine au lieu de l&#8217;atténuer. Il faut aussi que les autorités gouvernementales continuent à bannir toutes les manifestations pouvant stimuler la haine raciale, comme l&#8217;a fait le 4 novembre dernier le maire moscovite Iouri Loujkov, en interdisant la &#171;&nbsp;marche russe&nbsp;&#187; organisée par le leader du Parti <i>Rodina</i>, Dmitrii Rogozin. Et surtout, il faut éduquer la population par rapport au phénomène de l&#8217;immigration. En effet, à l&#8217;époque soviétique, les étrangers étaient peu nombreux et venaient s&#8217;installer de façon transitoire pour les études et le travail. Après 1991, la situation a changé et la Russie est devenue non seulement un territoire de transit, mais aussi un territoire de départ et d&#8217;accueil. Le caractère récent des flux migratoires explique la méconnaissance de l&#8217;Autre, la réitération des préjugés et la peur de la différence. Selon nombreux Russes, seule l&#8217;éducation peut vaincre la méconnaissance, les préjugés et la peur. Évidemment, pour que ce projet de solution via l&#8217;éducation réussisse, il doit être pris en charge de façon conjointe par les élites politiques, les organismes communautaires, les forces de l&#8217;ordre, le système scolaire et les médias.</p>
<p>En somme, il y a beaucoup à faire pour que cesse la montée de la xénophobie et les attaques à caractère racial en Russie. Toutefois, à la lumière de l&#8217;ensemble des experts et des individus lus et interrogés sur la question, il semble que tout espoir n&#8217;est pas perdu&#8230; Car comme partout ailleurs, le problème du racisme en Russie n&#8217;est pas un phénomène biologique et naturel, mais s&#8217;explique bel et bien par des facteurs historiques, politico-économiques, idéologiques et culturels.</p>
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		<title>Russie-Géorgie : La Stratégie du coup de marteau</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Oct 2006 04:52:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton897.jpg" border="0" />
<p>L&#8217;assassinat de la journaliste Anna Politkovskaya le jour de l&#8217;anniversaire de Vladimir Poutine tombe à point pour le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui tente de convaincre l&#8217;ensemble de la communauté internationale de la dangerosité de la Russie sur le plan régional. Sans faire de lien étroit entre le meurtre d&#8217;une journaliste réputée pour ses propos critiques à l&#8217;égard des politiques du Kremlin au Caucase, et la montée des tensions entre la Russie et la Géorgie, ces deux événements ont tout de même un effet négatif sur l&#8217;image d&#8217;État pacifique, médiateur et démocratique que la Russie tente de projeter sur la scène internationale. En effet, le meurtre de Madame Politkovskaya relance le débat sur la fragilité de la liberté d&#8217;opinion des journalistes et médias russes post-soviétiques, et montre l&#8217;instabilité politique dans laquelle les élections de 2008 plongent la Russie. Pour leur part, l&#8217;arrêt des liaisons de la Russie avec la Géorgie et l&#8217;offensive russe contre la diaspora géorgienne laissent entrevoir une Russie plus agressive que souhaitée par certains États occidentaux. Alors que les Etats-Unis ont proclamé leur déception face aux sanctions imposées par la Russie à l&#8217;égard de la Géorgie, la France, quant à elle, a déclaré craindre qu&#8217;un tel comportement ne déstabilise l&#8217;ensemble de la région et accroisse les tensions en Abkhazie et en Ossétie du Sud.</p>
<p>Les événements récents sont une preuve flagrante de la complexité des relations russo-géorgiennes qui se sont particulièrement détériorées depuis l&#8217;arrivée au pouvoir de M.&nbsp;Saakachvili en 2003. Saakachvili, le leader de la Révolution des Roses, n&#8217;a jamais caché son désir de rapprochement avec l&#8217;Occident par l&#8217;adhésion de son pays à l&#8217;OTAN. Certes, un tel désir a toujours suscité de vives réactions chez les autorités russes. Ces dernières ne peuvent permettre à leur voisin de rejoindre l&#8217;Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN) qui, créée à l&#8217;époque de la guerre froide afin de contrer la puissance de l&#8217;URSS et bloquer l&#8217;expansion du Pacte de Varsovie, chercherait maintenant à encercler et affaiblir stratégiquement la Russie.</p>
<p>Pour le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, &#171;&nbsp;il est clair que le principal objectif de M.&nbsp;Saakachvili est l&#8217;adhésion à l&#8217;OTAN, car il espère par ce moyen régler tous les autres problèmes&nbsp;&#187;&nbsp;[<a href="#nb41" name="nh41" id="nh41" class="spip_note" title='[41] RIA Novosti, 3 octobre 2006&#8242; >41</a>], dont celui de la désintégration territoriale de la Géorgie causée par la sécession de l&#8217;Abkhazie et de l&#8217;Ossétie du Sud, deux régions qui échappent au contrôle de Tbilissi au profit de Moscou. En effet, les tensions entre ces deux régions sécessionnistes où sont déployées des troupes russes de maintien de la paix et la capitale géorgienne, donnent à la Russie un point d&#8217;ancrage géostratégique non négligeable au Caucase. Grâce à sa présence en Ossétie du Sud et en Abkhazie, elle garde un oeil sur les troupes américaines présentes dans la gorge de Pankisi pour contrer le terrorisme&nbsp;[<a href="#nb42" name="nh42" id="nh42" class="spip_note" title='[42] Le territoire de Pankisi est situ&#233; aux fronti&#232;res de l&#39;&#201;tat (&#8230;)&#8217; >42</a>] et elle jouit d&#8217;un plus grand accès à la Mer Noire. Le pouvoir central géorgien cherche bien sûr à reprendre autorité sur ces deux régions et accuse la Russie d&#8217;alimenter les tensions en sa faveur. La Russie refuse de telles accusations en disant que sans sa présence en Abkhazie et en Ossétie du Sud, la situation politique géorgienne serait encore plus instable. Toutefois, il est clair que la présence russe empêche la redéfinition du territoire géorgien en une seule autorité et empêche par le fait même la stabilisation de ce territoire où passe le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan, pipeline qui, rappelons-le, a une importance stratégique pour les Etats-Unis.</p>
<p>Les enjeux de la Russie en Géorgie sont donc nombreux et c&#8217;est pourquoi, selon le politologue et chercheur à l&#8217;Institut Carnegie de Moscou Alexei Malashenko, la stratégie adoptée par Moscou pour empêcher ses voisins d&#8217;être trop ambitieux est celle du coup de marteau&nbsp;[<a href="#nb43" name="nh43" id="nh43" class="spip_note" title='[43] Lib&#233;ration.fr, mardi 3 octobre 2006&#8242; >43</a>]&nbsp;: elle consiste tout simplement à assommer un adversaire qui met en jeu les intérêts nationaux et la sécurité de la Russie. Cette stratégie du marteau ayant fonctionné avec l&#8217;Ukraine et la Moldavie en coupant la distribution du gaz ou encore, en interdisant l&#8217;importation de vins moldaves, Moscou a donc décidé d&#8217;attribuer la même recette à la Géorgie. Cette fois-ci, c&#8217;est l&#8217;arrêt de toutes les liaisons de transport et la chasse aux ressortissants géorgiens qui assomment la population. La tactique est simple&nbsp;: une population géorgienne mécontente est une population qui votera pour un parti moins agressif à l&#8217;égard de la Russie. Cette tactique peut toutefois jouer contre Moscou. En effet, si Saakachvili se montre habile et sait aller chercher les appuis nécessaires, il peut profiter de ce mécontentement populaire pour mobiliser les foules contre l&#8217;ennemi russe.</p>
<p>Bref, qui entre Poutine et Saakachvili profitera des tensions&nbsp;? Saakachvili saura-t-il convaincre la population géorgienne de la responsabilité de Moscou dans le non respect de ses propres promesses électorales&nbsp;? Trouvera-t-il l&#8217;appui occidental nécessaire à la réunification de son territoire ou du moins, nécessaire pour insuffler un vent d&#8217;espoir chez une population géorgienne qui lui donnera une seconde chance lors des prochaines élections présidentielles&nbsp;? Ou au contraire, se verra-t-il évincé du pouvoir et contraint d&#8217;admettre l&#8217;impossibilité d&#8217;une négation totale de la Russie&nbsp;?</p>
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		<title>Drapeau blanc et masque à gaz : la Russie équipe-t-elle le Hezbollah ?</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Aug 2006 08:50:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton755.jpg" border="0" />
<p>Alors que la Russie a participé à l&#8217;élaboration d&#8217;un projet de résolution exigeant un cessez-le-feu au Liban et qu&#8217;elle espère maintenant le respect et la bonne application de la résolution 1701 adoptée vendredi dernier par le Conseil de sécurité de l&#8217;ONU, le ministre israélien de la Sécurité publique, Avi Dichter, et le ministre de la Défense, Amir Peretz, accusent la Russie d&#8217;avoir fournis des lance-roquettes modernes et des roquettes <i>katioucha</i> au Hezbollah.</p>
<p>En effet, le dimanche 6 août 2006, le quotidien israélien Ha&#8217;aretz publiait un article affirmant que les combattants du Hezbollah utilisaient des lance-roquettes antichar portatifs RPG-29 que la Russie aurait vendus à la Syrie.&nbsp;( &quot;Le Hezbollah serait &#233;quip&#233; de lance-roquettes modernes russes&quot;, Ria (&#8230;))</p>
<p>La Russie se défend contre de telles accusations par la bouche de ses experts en armement. Interrogés par <i>RIA Novosti</i>, ces derniers soutiennent que &#171;&nbsp;la présence de lance-roquettes dans l&#8217;arsenal du Hezbollah ne signifie aucunement que ces armements proviennent des livraisons russes réalisées dans le cadre de la coopération technico-militaire entre Moscou et Damas.&nbsp;&#187;&nbsp;(&quot;Isra&#235;l accuse les lance-roquettes russes de ses revers au Liban&quot;, Ria (&#8230;)) Toujours selon eux, les lettres d&#8217;alphabet cyrillique et les numéros de série analysés sur les éclats d&#8217;obus et les fragments de grenade envoyés par les officiels Israéliens, ne permettent pas de trouver l&#8217;identité du fabricant, du fournisseur et du destinataire. &#171;&nbsp;Le Hezbollah, le Hamas et les autres groupes armés du Proche-Orient ont pu se procurer des RPG-29 n&#8217;importe où et chez n&#8217;importe qui, par le biais d&#8217;un réseau de ravitaillement complexe. Évitons les accusations arbitraires.&nbsp;&#187;&nbsp;( Ibid.)</p>
<p>Au coeur de ce réseau de ravitaillement et de trafic d&#8217;armes se retrouveraient l&#8217;Iran et la Syrie, deux partenaires de coopération militaire de la Russie.  Si tel est le cas, peut-on avancer l&#8217;idée que l&#8217;État russe, l&#8217;un des plus importants exportateurs mondiaux d&#8217;armes avec les États-Unis et la France, vend ses équipements militaires en faisant l&#8217;autruche, c&#8217;est-à-dire en feignant d&#8217;ignorer entre quelles mains ses équipements vont réellement se retrouver&nbsp;? Après tout, lorsque nous tenons compte du fait que plusieurs des membres permanents du Conseil de sécurité de l&#8217;ONU sont aussi les plus gros exportateurs d&#8217;armes, une évidence nous saute aux yeux&nbsp;: vente d&#8217;armes et éthique ne vont pas de paire. L&#8217;héritière naturelle de l&#8217;imposante machine de guerre soviétique n&#8217;échappe pas à cette règle et semble avoir comme objectif de continuer à vendre des armes aux États et groupes intéressés afin de renflouer les coffres de son Complexe militaro-industriel qui, après la chute de l&#8217;URSS, est apparu comme une machine surdimensionnée dans une Russie fragilisée.</p>
<p>De plus, face aux accusations des hommes politiques israéliens, les experts russes cherchent à déculpabiliser la Russie en rappelant que les véhicules blindés M-113A1/A2 et M-577A2, les hélicoptères AH-1E/Bell-209, CH-53D Stallion, UH-60 Blackhawk,<br />
S-70A et AH-64 Apache, les missiles AMRAAM, AIM-120B et AIM-95, ainsi que le lanceur de missiles multiples MRLS de 227 mm utilisés par l&#8217;armée Israélienne au Liban, sont tous des produits américains. Alors pourquoi l&#8217;État israélien s&#8217;en prend-il à la Russie, demandent les professionnels russes, puisqu&#8217;il bombarde lui-même un pays étranger avec des bombes et des munitions étrangères&nbsp;?&nbsp;( Ibid.)</p>
<p>Spécialistes, analystes, politologues et stratèges répondront que cette dernière question est sans fondement, qu&#8217;au contraire du Hezbollah, l&#8217;armée israélienne est en droit de posséder des armes de provenance <i>x, y, z,</i> car représentante de l&#8217;État israélien qui, en tant qu&#8217;État moderne, détient le monopole de la violence physique légitime&#8230; Suivant cette logique, l&#8217;armée israélienne serait donc en droit de tuer d&#8217;innocentes personnes et les États-Unis de vendre leur équipement militaire sans ressentir le moindre malaise&nbsp;?</p>
<p>En fait, peu importe la culpabilité ou l&#8217;innocence de tous les acteurs qui sont en jeu. Ce qui est intéressant dans l&#8217;étude de la provenance des armes utilisées dans le cadre du conflit israélo-libanais est de voir certains États brandir le drapeau blanc de la paix au sein d&#8217;un organisme international tel que l&#8217;ONU, tout en portant le masque à gaz du parfait guerrier.</p>
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		<title>La Russie : grande médiatrice du monde musulman et chrétien ?</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Aug 2006 16:20:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Catherine Courchesne</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Du 3 au 5 juillet 2006 a eu lieu en Russie le premier Sommet mondial des leaders religieux. Se déroulant à quelques jours du Sommet du G8 à Saint-Pétersbourg et initié par le Conseil interreligieux de Russie (CIR), cette rencontre réunissait une centaine de responsables des Églises du Christianisme, de l&#8217;Islam, du Judaïsme et du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.centpapiers.com/IMG/arton729.jpg" border="0" />
<p>Du 3 au 5 juillet 2006 a eu lieu en Russie le premier Sommet mondial des leaders religieux. Se déroulant à quelques jours du Sommet du G8 à Saint-Pétersbourg et initié par le Conseil interreligieux de Russie (CIR), cette rencontre réunissait une centaine de responsables des Églises du Christianisme, de l&#8217;Islam, du Judaïsme et du Bouddhisme. &#171;&nbsp;Il ne s&#8217;agira pas de questions théologiques ou de tentatives pour unifier les religions&nbsp;&#187;&nbsp;(&#171; Pas d&#39;unification des religions au Sommet de Moscou (&#8230;)), a expliqué le chargé des relations extérieures du patriarcat de Moscou, &#171;&nbsp;l&#8217;objectif du sommet est de donner la possibilité aux leaders religieux d&#8217;examiner leurs positions sur les problèmes contemporains les plus importants, voire le terrorisme, l&#8217;extrémisme, la xénophobie et l&#8217;intolérance, pour que ce point de vue religieux soit présenté au G8&nbsp;&#187;&nbsp;( &#171; Le premier Sommet mondial des leaders religieux s&#39;est ouvert &#224; (&#8230;)).</p>
<p>Selon Vladimir Poutine, une telle rencontre trouve son importance dans les événements violents se perpétuant en Iraq et au Moyen-Orient qui, selon de nombreux analystes politiques, augmentent les tensions entre les mondes musulman et chrétien. &#171;&nbsp;Des tentatives sont faites pour diviser le monde sur une base religieuse et ethnique, et pour creuser un fossé d&#8217;incompréhension entre les communautés chrétiennes et islamiques&nbsp;&#187; a affirmé le Président russe Vladimir Poutine à l&#8217;ouverture du forum. Il a poursuivi en disant qu&#8217;&#171;&nbsp;un conflit de civilisations est virtuellement imposé à travers le monde&nbsp;&#187;&nbsp;( &#171; Putin Warns of Clash of Civilizations &#187;, The Moscow Times, (&#8230;)), sans toutefois spécifier qui est à blâmer dans ce dangereux processus de propagande. Rappelons ici que le terme &#171;&nbsp;Conflit de civilisations&nbsp;&#187; est devenu populaire grâce à la thèse controversée de Samuel Huntington voulant que la confrontation Est-Ouest entre les deux super-puissances est remplacée, depuis 1991, par une confrontation entre le monde civilisé (l&#8217;Occident, la liberté et la démocratie) et le monde barbare (la tyrannie islamiste opprimant le monde arabo-musulman).</p>
<p>Est-ce que Vladimir Poutine a raison de nous alarmer&nbsp;? La grande division du monde est-elle religieuse&nbsp;? Peut-on affirmer que la théorie d&#8217;Huntington est en voie de devenir réalité&nbsp;? Certains diront que les attentats terroristes perpétués dans plusieurs grandes villes occidentales, les situations politiques houleuses au Moyen-Orient ou encore, la polémique entourant les caricatures du Prophète Mahomet et celle entourant le port du kirpan et du voile, sont tous des symptômes de ce grand conflit des civilisations. Quoi qu&#8217;il en soit, en organisant un Sommet interreligieux, la Russie de Poutine a cherché à se présenter à la communauté internationale en tant &#171;&nbsp;qu&#8217;État multinational ayant une expérience unique des relations interethniques ainsi que celle de médiation en cas de conflits interethniques ou interconfessionnels.&nbsp;&#187;&nbsp;( L&#201;VESQUE, Jacques et Andre&#239; Minatchev. 2004. &#171; L&#39;identit&#233; et la (&#8230;)) La légitimité de ce rôle de médiation se trouverait dans l&#8217;importance démographique de la communauté musulmane russe (environ 20 millions sur 143 millions d&#8217;habitants) et de la coexistence entre les cultures russo-chrétienne et musulmane depuis le VIIe siècle.</p>
<p>Vladimir Poutine tente donc de convaincre le monde entier du rôle de conciliation pouvant être joué par la Russie dans le contexte international actuel où l&#8217;islamophobie d&#8217;un côté et la haine envers l&#8217;Occident de l&#8217;autre semblent gagner de l&#8217;importance dans les foyers des deux camps concernés. Toutefois, une question doit être posée&nbsp;: tenant compte de l&#8217;interminable conflit tchétchène, la Russie est-elle crédible dans un tel rôle&nbsp;? Certes, la guerre de Tchétchénie n&#8217;est pas à la base une guerre de religion, mais les Tchétchènes sont aujourd&#8217;hui identifiés comme des islamistes extrémistes ou encore, Vladimir Poutine le déclarait en 1999, comme des terroristes qu&#8217;il faut &#171;&nbsp;buter jusque dans les chiottes&nbsp;&#187;&nbsp;( AVIOUTSKII, Viatcheslav. 2005. &#171; La Russie et l&#39;Islam &#187;,Politique (&#8230;)). De son côté, l&#8217;Église orthodoxe de Russie donne son appui à la guerre, accentue ses relations avec les forces militaires et décore les chars blindés russes d&#8217;effigies religieuses&#8230; Par ailleurs, le chef d&#8217;État russe a beau répéter l&#8217;importance de ne pas mettre un signe d&#8217;égalité entre les musulmans dans leur ensemble et les islamistes fanatiques, mais l&#8217;amalgame de ces deux termes semble tout de même se faire au sein de la communauté tant russe qu&#8217;internationale.</p>
<p>Bref, depuis son arrivée au pouvoir, Vladimir Poutine tente de faire oublier le conflit tchétchène et de faire de la Russie un acteur incontournable dans les grands dossiers internationaux de sécurité. En ce sens, même si la déclaration conjointe adoptée par les différents chefs religieux se veut apolitique, l&#8217;organisation d&#8217;un tel sommet à quelques jours de celui du G8 constitue un geste hautement politique de la part de l&#8217;administration de Poutine qui cherche, par un tel moyen, à améliorer la position des pions russes sur le grand échiquier de la scène internationale.</p>
<p>Source&nbsp;: <a href="http://www.themoscowtimes.com">The Moscow Times</a></p>
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