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Au Michigan, Trump envoyait des espions surveiller les profs !

Etonnamment, à la recherche de renseignements sur le Michigan, je suis tombé sur un article (de Vanity Fair) évoquant une visite surprise, le 30 septembre 2016 à Grand Rapids, au J. W. Marriott hôtel. Trump y était venu ce jour-là moissonner de l’argent pour sa campagne, auprès notamment de Keeler Brass Company, qui vend des poignées de meubles et avait fait fortune en fournissant des éléments de cuivre pour la Ford T, mais aussi Cole’s Quality Foods, le leader du pain surgelé (à l’ail !), dirigée par W. Scott Devon, le fils du fondateur, mais aussi de Richard DeVos Sr, le fondateur du système de distribution pyramidale Amway (que l’on retrouve ici). L’un des plus gros donateurs du GOP, avec  Coors, Koch, Sheldon Adelson et les Mercer). Le début d’une histoire qui nous mène à une bien étrange affaire d’espionnage et de détournements de fonds, bien dans l’esprit tordu d’un Donald prêt à tout, y compris à s’accorder avec des techniques médiatiques condamnables (1) comme celles pratiquées par O’Keefe, dont j’ai déjà parlé ici (celui-là étant sponsorisé par les frères Koch).

Le contact ce jour-là ne s’est pas fait que sur le thème de l’argent, nous avait expliqué Vanity Fair dans l’article redécouvert : « La préférence des DeVos pour les candidats «axés sur les valeurs» reflète les enseignements de l’Église chrétienne réformée. Petite dénomination sécessionniste de son précurseur néerlandais, elle compte quelque 300 000 adhérents en Amérique du Nord, dont beaucoup vivent dans les mêmes villes de l’ouest du Michigan où leurs ancêtres immigrés se sont installés dans les années 1840 pour poursuivre une foi qui allie la dévotion calviniste à l’éthique du travail, la prière, un dévouement à la famille et à la communauté – et à la philanthropie. Les DeVos prennent cela au sérieux. Indépendamment de leurs dons politiques, ils ont consacré des millions à des projets caritatifs dignes dans et autour de la ville et bien au-delà. Cependant, ils ont fait tout cela avec une flamboyance inhabituelle pour Grand Rapids, en imprimant le nom de famille, ou Amway, sur de nombreuses surfaces les plus visibles de la ville. » Et maintenant, Donald J. Trump, lui-même étranger à la charité mais pas à l’image de marque, était dans le pays des DeVos (…)

« Environ cinq semaines plus tard, le 7 novembre, Trump et son colistier, Mike Pence, sont de nouveau revenus pour le dernier rassemblement de la campagne – au DeVos Place Convention Center (ci-dessus). Trump, il s’est avéré, réussira à passer, par moins de 11 000 voix (aujourd’hui le pronostic est moins bon… c’est Joe Biden qui risque de rafler les 16 représentants de l’Etat, cf le croquis ici à droite). Alors que les banlieues baromètres à l’extérieur de Detroit ont certainement aidé, les Michiganders savaient que les votes critiques qui formaient la base de Trump provenaient de la partie ouest de l’État. Le point a été décroché 12 jours plus tard, lorsque Betsy DeVos, vêtue d’une veste grise élégante et d’un sourire exercé, s’est tenue aux côtés de Trump dans son complexe de golf à Bedminster, dans le New Jersey (qui emploie des équatoriens non répertoriés..). Elle avait accepté d’être la responsable  de l’éducation de Trump. L’annonce a introduit «la royauté de l’ouest du Michigan dans le giron de Trump», a observé le New York Times  (…) Rétrospectivement, cela semblait être un signe de reddition à venir, alors que les dirigeants G.O.P. feraient leur marché avec l’intrus Donald Trump. C’était une façon de voir les choses. Un autre était que Trump était un véhicule utile pour faire avancer à l’échelle nationale la révolution que les DeVos avaient déjà déclenchée dans le Michigan. Il y a eu, par exemple, la campagne de Betsy DeVos pour défaire le système d’éducation publique de l’État et le remplacer par des écoles à but lucratif et à charte qui, comme elle l’avait dit vingt ans plus tôt, partageait sa mission de «défendre les valeurs judéo-chrétiennes qui font de nous ce que nous sommes, mais qui sont attaquées par l’élite libérale. Il y a eu aussi la campagne qu’elle et son mari avaient menée pour affaiblir les syndicats du Michigan. Et il y avait l’embourgeoisement de Grand Rapids, financé par la famille DeVos, qui avait effacé les images obsédantes d’une ville autrefois en difficulté de la ceinture de rouille, bien qu’elle soit en proie à des tensions raciales. » Inquiétante présentation, qui n’était que le haut hélas de l’iceberg !

En somme nous disait Vanity Fair, ce sont les Devos qui se sont servis de l’opportunité Trump et non l’inverse : voilà qui en disait long, à la fois sur la famille et ses thèses religieuses surannées, la « mission » qu’elle s’était fixée de l’imposer partout aux USA et la faiblesse intellectuelle du maître et distributeur des fake news débitées comme cours professoral. Ce qui l’intéressait chez les Devos était leur argent et les idées rétrogrades qu’ils prônaient un seul élément décoratif du gâteau à se goinfrer. Trump, en politique, n’a toujours eu qu’une conviction : celle de son porte-monnaie et c’est pour cela qu’il est assis sur les valeurs véhiculées jusqu’à lui par un parti conservateur, devenu simple chambre d’enregistrement grâce à la soumission de son chef Mitch McConnell, transformé en vraie serpillère de Donald (2).

Le « Trump facilitator«  va d’ailleurs payer cher son alliance contre-nature avec le républicain rallié à la dernière minute devenu président. Aujourd’hui complètement essoré, il va tout perdre dans la chute de celui qu’il a poussé à bout de bras, en entraînant dans son sillage un parti décontenancé et revanchard de la période Obama. L’effondrement du parti aliéné à la baudruche blonde sera à l’image de la suppression du personnage dans l’histoire de la présidence US : rapide et définitive, même si les profonds stigmates laissés par les liens avec l’extrême droite resteront, hélas (3). Trump, une fois évincé, ne sera perçu plus tard que comme un simple épisode assez surréaliste ou grotesque, une sorte d’avatar raté de la démocratie américaine rongée par une pseudo liberté d’expression autorisant tous les abus. Trump n’étant qu’un de ses abus les plus représentatifs ! Même le transparent Gerald Ford sera davantage respecté et reconnu par les générations futures que cette caricature vivante de président, si bien résumé récemment par son prédécesseur !!!

Betty Devos ministre de l’Education, imaginez donc les ravages : en plein débat crucial sur les armes, après plusieurs massacres d’enfants dans des écoles, à la question des congressistes lors des auditions pour sa nomination pourquoi faudrait-il placer des armes dans les écoles (la solution qu’elle recommandait !), cette quiche avait répondu « par crainte des grizzlys » (« potentiels », les grizzlys chez elle !). Révélant sa bêtise crasse et son petit esprit de clocher, car, effectivement, là où elle passe ses vacances , il y en a des grizzlys. C’est dans l’un de ses ranchs, comme par exemple à Middleburgh en Virginie, où son frère Erik s’amuse  au tir le week-end avec Dana Rohrabacher, inquiété dans l’enquête sur les intrusions russes, ou écoute entre deux tirs Matt Gaetz raconter ses salades favorites sur le Deep State, cette cabale surréaliste à laquelle il croit dur comme fer comme le général Flynn qui, en famille, fait lui le signe des suprémacistes avec ses  enfants…  le petit monde habituel de Donald, celui auquel il s’adresse en tweets convulsifs et acrimonieux…  Un frère en effet qui n’est autre qu’Erik Prince, le fondateur de Blackwater, devenu Xe puis Academi. Une armée parallèle de tueurs à la gâchette facile en Irak ou au manche à balai pas maîtrisé en Afghanistan. Il travaille aujourd’hui pour des émirs, comme on l’a vu. En Somalie !  En photo des vues de la « maison mère » : l’immense villa des DeVos sur le Lac Macatawa. Elle fait 2043 mètres carrés.

Un kidnapping rémunérateur 

Chez les DeVos, tout est bon pour faire de l’argent : ainsi le Bethany Christian Services, un centre d’adoption d’enfants d’émigrés leur appartenant. Il en héberge 81, séparés de force de leurs parents à la frontière mexicaine. La plupart n’ont eu aucun contact avec leur famille. Ils facturent à l’Etat 700 dollars par enfant et par nuit pour l’hébergement : il ne s’agit pas d’un placement familial, mais d’un véritable kidnapping parrainé par l’État. « Les liens entre la famille élargie DeVos et Bethany sont indéniables. Les déclarations fiscales archivées par ProPublica montrent qu’entre 2001 et 2015, la Dick and Betsy DeVos Foundation (l’organisation philanthropique dirigée par DeVos et son mari) a donné 343 000 dollars de subventions à Bethany Christian Services. Entre 2012 et 2015, Bethany a reçu 750000 dollars de subventions de la Fondation Richard et Helen DeVos, qui est dirigée par le beau-père du secrétaire à l’éducation, le milliardaire fondateur d’Amway Richard DeVos, et son épouse Helen. En outre, Brian DeVos – un cousin du mari de Betsy DeVos, Dick – était vice-président principal des services à l’enfance et à la famille chez Bethany aussi récemment qu’en 2015, et Maria DeVos – qui est mariée au frère de Dick DeVos, Doug – a siégé au conseil d’administration de Bethany »... à droite des manifestants opposés à ces séparations, citées par Joe Biden comme inhumaines dans le second débat télévisé… ils sont 545 enfants !

L’espion du ranch

Les Devos en ont un second de ranch, dans le Wyoming, près de la ville de Cody, dans la Wapiti Valley (autre occasion de se munir de fusils ou de pistolets, le Wapiti, sorte de cerf taille XXL n’est pas d’un naturel commode). L’école dont parlait Betty DeVos, à protéger selon elle par des armes étant à deux pas en fait. Un ranch familial dans lequel s’est tenu en 2017 une bien étrange réunion, réunissant les gens du Project Veritas de James O’Keefe et un personnage bien particulier : Richard Seddon, recruté pour les former. Car Seddon n’est autre qu’un ancien… espion, anglais d’origine, ayant bossé pour le MI6. C’est un autre larron de cette fine équipe qui a fini par lâcher le morceau : Samuel Chamberlain, ancien officier de l’U.S. Army mis lui aussi dans la confidence. L’homme, mis en question par une association d’enseignants du Michigan, celle de l’AFT (nous y revoilà) a en effet dévoilé le nom de ce surprenant intervenant scolaire.

L’espion dans les écoles

« La déposition de M. Chamberlain offre un rare aperçu des activités du groupe. Il a déclaré que la société de M. Seddon, Branch 6 Consulting International, l’avait embauché en 2017 dans le cadre d’une expansion de Project Veritas qui avait presque triplé le nombre d’agents d’infiltration du groupe. On ne sait pas qui payait M. Seddon. Le nom de son entreprise semble être une référence au service britannique de renseignement secret connu sous le nom de MI6. «C’était son projet, son contrat, donc finalement il en était responsable, mais il y avait un si grand nombre de personnes qui avaient postulé pour les postes, j’aidais simplement à filtrer et à passer tout au crible », a déclaré M. Chamberlain à propos de M. Seddon. Ancien ingénieur de combat ayant servi en Irak, M. Chamberlain a déclaré que son expérience dans l’armée était utile pour gérer ce que les agents du Projet Veritas collectaient, selon sa déposition. M. Chamberlain a déclaré qu’il opérait comme «un intermédiaire entre les journalistes et l’échelon supérieur de Project Veritas», y compris M. O’Keefe (ici à gauche) et Joe Halderman. Ancien producteur de télévision, M. Halderman a été reconnu coupable en 2010 d’avoir tenté d’extorquer 2 millions de dollars au comédien David Letterman. M. Chamberlain a déclaré qu’il travaillait avec un autre responsable de terrain nommé Gaz Thomas, un ancien commando britannique, qui avait également été recruté par M. Seddon. » La femme de Seddon, Alice, est en fait une diplomate américaine, qui a travaillé au Nigéria (ici à droite) et sur d’autres poste à l’étranger. Ce qui doit ouvrir bien des portes à son mari !

Un secret bien gardé : l’ordinateur qui ne faisait rien

La famille Devos a aussi servi à autre chose qui, à ce jour, est toujours objet d’un profond mystère. Juste après l’annonce du piratage du serveur démocrate (par des russes et non des ukrainiens comme Trump a tenté de le faire croire avec l’affaire Zelensky), des chercheurs en sécurité informatique ont pisté les traces de leur passage. A leur grande surprise, ils sont d’abord tombés sur une minuscule ville de Pennsylvanie, appelée Lititz, où était d’ailleurs en campagne Donald le 26 octobre dernier (ici à droite), pour y débiter les mêmes sornettes sur Hunter Biden, son seul sujet de campagne actuel (et l’histoire folle de l’ordinateur préparé aux petits oignions par l’espion russe, voir ici). C’est le New-Yorker qui nous  explique la surprenante suite : « dans la petite ville de Lititz, en Pennsylvanie, un domaine lié à l’organisation Trump (mail1.trump-email.com) semblait se comporter d’une manière particulière. Le serveur qui hébergeait le domaine appartenait à une société appelée Listrak, qui aidait principalement à envoyer des e-mails de marketing de masse: des explosions de messages annonçant des soins de spa, des week-ends à Las Vegas et d’autres incitations. Certains domaines de l’organisation Trump ont envoyé des e-mails massifs, mais celui que Max (le spécialiste sécurité appelé) et ses collègues ont repéré ne semblait rien envoyer. Dans le même temps, cependant, un très petit groupe d’entreprises semblait essayer de communiquer avec lui. En examinant les enregistrements du domaine Trump, le groupe de Max a découvert des recherches DNS à partir d’une paire de serveurs appartenant à Alfa Bank, l’une des plus grandes banques de Russie. Les ordinateurs d’Alfa Bank recherchaient l’adresse du serveur Trump presque tous les jours. Il y avait des dizaines de recherches certains jours et beaucoup moins sur d’autres, mais le nombre total était notable: entre mai et septembre, Alfa Bank a recherché le domaine de l’organisation Trump plus de deux mille fois. «Nous regardions cela se produire en temps réel, c’était comme regarder un avion voler», a déclaré Max. «Et nous avons pensé: pourquoi diable une banque russe communique-t-elle avec un serveur appartenant à l’organisation Trump, et à un tel rythme?» Des contacts constamment recherchés venant de Russie, mais… aucun échange : bizarre. Très bizarre !

Un second au Michigan, terre des DeVos

Ça c’est pour le premier, car il en a un second de serveur envoyant les mêmes appels répétés vers le même endroit, et celui là nous ramène chez des gens connus : ceux que l’on vient de décrire au début de cet article ! « Une seule autre entité semblait atteindre le domaine de l’organisation Trump avec une fréquence quelconque: Spectrum Health, de Grand Rapids, Michigan. Spectrum Health est étroitement lié à la famille DeVos; Richard DeVos, Jr., est le président du conseil d’administration et l’un de ses hôpitaux porte le nom de sa mère. Son épouse, Betsy DeVos, a été nommée secrétaire à l’Éducation par Donald Trump . Son frère, Erik Prince, est un associé de Trump qui a attiré l’attention de Robert Mueller, l’avocat spécial enquêtant sur les liens de Trump avec la Russie. Mueller s’est penché sur la réunion de Prince, à la suite de l’élection, avec un responsable russe aux Seychelles (c’est Kirill Dmitriev ici avec Vladimir ¨Poutine !) , au cours de laquelle il aurait discuté de la création d’une chaîne secondaire entre Trump et le président russe, Vladimir Poutine. (Prince soutient que la réunion était «fortuite») À l’été 2016, Max et les autres n’étaient au courant de rien de tout cela. «Nous ne savions pas qui était DeVos», a déclaré Max. Les enregistrements DNS ont soulevé des questions embêtantes. Pourquoi le domaine de l’organisation Trump, mis en place pour envoyer des e-mails de marketing de masse, a-t-il mené une activité aussi maigre ? Et pourquoi les ordinateurs d’Alfa Bank et de Spectrum Health essayaient-ils d’atteindre un serveur qui ne semblait rien faire ? Après avoir analysé les données, Max a déclaré: «Nous avons décidé qu’il s’agissait d’un canal de communication secret.» La suite du long article ne trouvera pas plus d’explication au phénomène : peut-être un simple mode de communication de courrier, sans transferts, comme le coup des « dossiers » ouverts dans un Outlook, mais pas envoyés, lus par le même compte à l’autre bout, le système employé par Petraeus pour communiquer avec sa maîtresse-biographe. En tout cas il existait bien un lien direct entre deux serveurs de l’organisation Trump et une banque russe !!! Et l’un d’entre eux appartenait au groupe de Betty DeVos et de son frère !

Cartes de crédit russes

L’article ajoutant : « dans une tranche de données qu’il leur a fournies, ils ont remarqué qu’une troisième entité, en plus d’Alfa Bank et de Spectrum Health, avait recherché le domaine Trump: Heartland Payment Systems, un processeur de paiement basé à Princeton. Sur les trente-cinq cents requêtes DNS vues pour le domaine Trump, Heartland n’en a fait que soixante-seize – mais aucune autre entité visible n’en a fait plus de deux. Heartland avait un lien avec Alfa Bank, mais fragile. Elle avait été récemment acquise par Global Payments qui, en 2009, avait payé soixante-quinze millions de dollars pour United Card Services, la principale société de traitement des cartes de crédit en Russie; deux ans plus tard, United Card Services a acheté l’unité de traitement des cartes de crédit d’Alfa Bank » Spectrum Health a un lien commercial indirect avec Alfa Bank. Le père de Richard DeVos a cofondé Amway et son frère Doug est président de la société depuis 2002. En 2014, Amway a rejoint Alfa Bank pour créer un programme de cartes de fidélité «Alfa-Amway» en Russie. Mais de telles connexions sont au mieux circonstancielles; la famille DeVos semble bien plus clairement liée à Trump qu’à la Russie. Si Trump et Alfa Bank – ainsi que Spectrum Health et Heartland Payment Systems – communiquaient, de quoi auraient-ils pu parler ? C’est vrai ça, à quoi bon cette liaison ?

Une autre hypothèse, plus triviale, est alors apparue : « Max et certains des autres scientifiques à qui j’ai parlé ont émis l’hypothèse qu’ils utilisaient peut-être le système pour se signaler mutuellement des événements ou des tâches à effectuer: de l’argent à transférer, par exemple, ou des données à copier. «Je suppose que chaque fois que quelqu’un voulait parler, il effectuait une recherche DNS et acheminerait le trafic ailleurs», a déclaré Richard Clayton, de l’Université de Cambridge. Camp a également émis l’hypothèse que le système aurait pu être utilisé pour coordonner le mouvement des données. Elle a noté que Cambridge Analytica, qui travaillait pour la campagne Trump, avait pris des millions de dossiers personnels sur Facebook. Dans le scénario de Camp, ceux-ci auraient pu être transférés au gouvernement russe, pour aider à guider son ciblage des électeurs américains avant les élections. »  Les russes, possédant les adresses des électeurs américains pour tenter de les influencer, imaginez la menace : à côté les bombinettes nucléaires de la Guerre Froide font quelque peu chiffon rouge agité !!! Quelle intrusion !! Et quel succès pour les services secrets de Poutine !!!

Le hold-up électronique 

L’autre possibilité étant la mise en place effectivement d’un siphonnage d’adresses (partagé avec les russes), destiné à alimenter les projets de Brad Parscale (voir ici)  de contacter nommément les gens inscrits sur les listes électorales, via une appli dédiée, avec ce qu’on appelle du microtargeting comme il l’a expliqué lui-même : « Il ne suffit plus de diffuser une annonce radio à Scranton et une autre à Pittsburgh. Ces jours-ci, les campagnes peuvent scinder l’électorat en segments effroyablement minces: les mamans Gold Star (les décideuses d’achats de famille) « près des bases militaires, les veufs jouant au paintball dans le Florida Panhandle, la récupération des toxicomanes dans la péninsule supérieure du Michigan. Et, pour quiconque souhaite atteindre un public spécifique avec un message exploitable, il n’y a jamais eu de plateforme aussi puissante que Facebook. Peu importe le nombre de mauvais cycles de presse ou de boycotts localisés endurés par l’entreprise, le nombre d’utilisateurs ne cesse d’augmenter; en moyenne, ces utilisateurs vieillissent, et cela revient vraisemblablement à l’avantage de Trump. «J’ai compris très tôt que Facebook était la façon dont Donald Trump allait gagner», a déclaré Parscale, en octobre 2017, sur «60 minutes. » » Facebook était la méthode – c’était l’autoroute sur laquelle roulait sa voiture.  » « La campagne Trump, au total, a diffusé 5,9 millions d’annonces Facebook. La campagne Clinton en a envoyé soixante-six mille ». Pas de l’e-mailing, donc, mais du push à répétition vers les mobiles !

Son ami le troll russe

Les coïncidences sont nombreuses. Parscale est devenu le directeur numérique de la campagne de Trump en juin 2016, alors qu’elle avait toujours son siège au cinquième étage de la Trump Tower, mais qu’il continuait à la diriger depuis San Antonio, « dans un bureau de fortune près de l’aéroport« . Preuve que ça fonctionnait déjà à distance, par VPN ! Il avait baptisé son travail le Project Alamo, « qui a rapidement passé à plus d’une centaine de personnes, y compris des membres du personnel de campagne, des employés du Comité national républicain et des fournisseurs de diverses entreprises technologiques ». La communication avec les russes continuant d’être incluse, ne serait-ce que pour alimenter la désinformation, et les sites à l’étranger à la gloire de Donald, ou pour pilonner les démocrates.

Une collaboration efficace, à voir le nombre d’articles de RT Russia ou de Sputnik, ici, par exemple, en France, ou les noms d’emprunts regroupés sous un nom générique, déjà aperçus dans Agoravox par exemple (« Patrice Bravo ») ou dernièrement avec la découverte du site trumpien FL24 et la très active Anne Van Gelder. « À l’été 2016, Parscale a embauché deux grandes sociétés de technologie publicitaire – Sprinklr, basée à New York, et Kenshoo, basée à Tel Aviv – pour envoyer des sous-traitants travailler pour lui à San Antonio. Sprinklr a également affecté des employés distants, stationnés dans divers fuseaux horaires, pour croquer les chiffres à toute heure. En plus des données fournies par le RNC et des fichiers d’électeurs traditionnels, la campagne Trump a eu accès à un référentiel d’informations fourni par le Data Trust, une société privée que Karl Rove et d’autres bigwigs conservateurs avaient créée en 2011. Il existe des restrictions qui empêchent certains types de partage de données entre entités politiques à but non lucratif, mais ceux-ci ne s’appliquent pas aux entreprises à but lucratif. » En somme, il a pillé les répertoires de données personnelles, comme l’a fait depuis ses débuts Facebook en fait ! Et les russes eux-mêmes dans tout ça ? Et bien Mueller les avait bien repérés, mais c’est le procureur général William P.Barr qui l’ empêché dans dire trop, ce que Mueller a clairement dit depuis.

Il en avait trouvé un en tout cas et très significatif : «  le rapport Mueller ne mentionne Parscale qu’une seule fois, citant un re-tweetage d’un compte appelé @Ten_GOP, maintenant connu pour avoir été la création d’un troll russe »… le responsable de la campagne 2016 de Donald Trump discutant tranquillement avec un troll russe : avouez qu’elle est trop belle celle-là ! En parfait idiot, ou en complice avéré ? L’un comme l’autre est condamnable, de toute façon  !!!

La discrète revente à dix millions

Il y a aussi la revente de la société de Parscale. Les liens avec CloudCommerce Inc, firme d’Andrew Van Noy (ici à droite) à laquelle Parscale a vendu la sienne pour 10 millions de dollars en août 2018 demeurent aussi en effet inquiétants : l’obscure société qui a dépensé 19 millions en investissements depuis sa création il y a une vingtaine d’années (en 1999) n’a jamais rien gagné ou presque  : elle n’avait en 2018 que 107 000 dollars en cash et avait été déjà surveillée en 2006 par le FBI, alors sous son nom d’origine. Van Noy avait fait banqueroute en 2010 dans l’Utah, ne déclarant alors que 9000 dollars de revenus sur les 3 dernières années sous des noms d’entreprises changeant régulièrement comme Latinocare Management Corp., Ret Warp 9 Inc. ou Roaming Messenger Inc dirigée par un dénommé Jonathan Lei (avec Louie Ucciferri, Harinder Dhillon, Roger Endo, et Hope Investments, Inc),.  Cette dernière acquise par un Hedge Fund à qui Jonathan Lei devra 1 million de dollars : en réalité le Hedge Fund en question s’avérera être des employés du FBI qui surveillaient les tripatouillages de Lei !!! Celui-ci avait évité la prison en devenant informateur de la police. Sur les 10 millions, en prime, « 9 millions de dollars sont décrits dans les documents financiers de la société comme la «valeur déclarée» de l’action privilégiée de Parscale, ce qui signifie qu’elle est hypothétique et n’a aucun rapport avec sa valeur actuelle » note ici The Times Of Israel qui a suivi l’étrange transaction. « Il est interdit à Parscale de vendre ses actions CloudCommerce pendant au moins deux ans. Le million de dollars restant de la vente était censé être payé en espèces le 1er janvier pour l’activité d’hébergement Web de Parscale, mais la société a informé les investisseurs plus tôt ce mois-ci qu’elle paierait Parscale en plusieurs versements au cours d’une année. » Bref, une bien obscure vente !

Le 15 mai 2020, autre découverte : un blogueur curieux retrouvait la trace de Parscale, via un versement en prêt de 800 000 dollars du Federal coronavirus relief fund for small businesses, selon l’U.S. Securities and Exchange Commission. Rédigé au nom de CloudCommerce Inc ! En juillet, Parscale se fait fait virer après une rencontre fort houleuse avec Trump en personne.  Selon certaines sources, davantage que le flop complet du meeting de Tulsa en juin, ou les sondages défavorables, ce sont les finances qui avaient fait l’objet des remontrances : l’argent, seule indication sensible chez Trump ! Et seul moyen de le mette hors de lui !  Se serait-il aperçu de ce genre de détournement de fonds, ou que l’entreprise désormais gigantesque de Parscale siphonnait avant tout de l’argent tous azimuts ? Difficile d’en parler, Parscale employant au passage Eric Trump et sa femme Laura, qui viendra chanter les louanges de son beau-père à la Convention réupublicaine en oubliant de dire d’on venait son salaire… « Elle assure également la liaison entre le clan Trump et l’agence Giles-Parscale, spécialisée en marketing digital, selon le Raleigh News & Observer. » Pour 180 000 dollars (153 600 euros) par an. Le salaire (et le silence) de la bru.

Un ordinateur a disparu !

Il y a  même un dernier chapitre à cette histoire restée inexpliquée… Trois mois après l’inauguration de Trump : « le Secret Service, chargé de la protection du président des Etats-Unis et des personnalités, a annoncé, vendredi 17 mars, avoir lancé une enquête sur le vol d’un de ses ordinateurs portables. Selon la chaîne CNN, cet ordinateur contenait des plans et des projets d’évacuation de la Trump Tower, où résidait le président, Donald Trump, avant son investiture, le 20 janvier. Sa femme, Melania, et son dernier fils, Barron, y habitent encore ». Ça, à mon avis, c’est l’explication « propre » qui a été offerte au grand public. Il devait contenir autre chose que des plans d’incendie dans cet ordinateur : « selon ABC, l’appareil contiendrait aussi des détails de l’enquête sur le scandale du serveur privé de l’ex-candidate démocrate Hillary Clinton. » En somme, il aurait très bien pu faire partie du circuit cité au-dessus ; un simple VPN, et hop, on accédait avec lui au serveur du Michigan ou de Pensylvannie… pour causer directement aux russes via le canal secret installé !

L’alerte de 2018

Trump avait trouvé son génie de l’informatique en la personne de Parscale. Ça c’est comme ça que ce dernier s’est vendu, après coup, après la victoire de Trump. Un mythe en fait. En réalité, c’est un piètre informaticien, un simple webmaster, qui n’y est jamais arrivé tout seul et a causé de gros dommages en 2018 au Parti Républicain en raison de mauvaises mises à jour de ses données : « un exemple: des projections sophistiquées du score des électeurs du RNC pour le représentant John Culberson, un titulaire de neuf mandats défendant un siège de banlieue de Houston détenu par des républicains pendant un demi-siècle, ont montré que Culberson remportait sa course facilement, avec une marge de 56% contre 35% parmi les probables électeurs 11 semaines avant le jour du scrutin, montrent les documents examinés par ProPublica. D’autres sondages au cours de cette période ont régulièrement montré Culberson et la démocrate Lizzie Fletcher dans une course beaucoup plus serrée. Culberson a finalement perdu , à 52,5% contre 47,5%. D’anciens experts en données de RNC attribuent ces problèmes à une mauvaise «hygiène» des données, le travail fastidieux de maintenir les fichiers exacts et à jour. L’un d’eux dit: «Ils reçoivent de mauvaises adresses, de mauvais numéros de téléphone, de mauvais e-mails. … Ils ne le mettent pas à jour. Ils construisent des fichiers électoraux et des ensembles de données politiques (…) Shields, qui a été conseiller principal du Data Trust jusqu’au 31 juillet, affirme que tous les changements se sont produits «en pleine connaissance de la campagne Trump et de Brad». Il nie catégoriquement tout problème systémique. Lui et les responsables du RNC défendent la qualité des données et attribuent la critique à une «petite poche» d’agents politiques qui ont perdu des affaires à l’époque de Trump. » Shields ne pouvant que faire corps avec son collègue, ils mangent dans la même gamelle !

Copier les russes

Au lien de s’occuper de la collecte correcte des données du parti pour les analyser, Parscale s’est surtout mué en troll en chef, selon Pro Publica : « Parscale a assumé le rôle de troll en chef de Trump, soutenant les vantardises et les fausses déclarations de son patron; générant des publicités répondant aux craintes des électeurs; tordant le cou aux opposants au président; et caricaturant la politique des démocrates. Récemment, la campagne Trump a diffusé une publicité sur Facebook affirmant que chaque candidat démocrate à la présidentielle éliminerait l’assurance maladie privée » (c’est ce que clame toujours Donald Trump en meeting, 6 mois après !). « Comme l’a d’abord souligné un site Web appelé Popular Information, l’annonce comprenait une photo de cinq candidats levant la main par l’affirmative lors de leur débat du 27 juin, mais elle omettait le fait qu’ils répondaient à une question différente. Quand je lui ai posé des questions sur l’annonce, Parscale a ignoré la fausse photo et a affiché un certain défi Trumpien. «Ne vous y trompez pas», dit-il. « Tous les démocrates de Bernie à Biden élimineront l’assurance privée soit purement et simplement, soit en raison de l’option publique d’éviction de l’assurance privée. » Voilà qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux efforts des trolls russes ! Qui a déteint sur l’autre ? Qui a exercé une influence sur l’autre ? qui a nourri de fake news le second ? Le plus doué des deux, pour sûr : or entre le GRU, sa ferme à trolls et Brad Parscale, l’écart est grand, très grand… immense, même. Et la manipulation du second chose aisée, à voir aujourd’hui sa faiblesse d’esprit éclater au grand jour !!!

La continuation, après l’élection, l’éviction de Parscale

J’ai déjà expliqué ici que ça s’était poursuivi ce pillage, et que les russes n’ont pas été indifférents, loin de là de l’extension dans les réseaux sociaux de la thèse farfelue de QAnon. Pire, il y ont activement participé et l’ont beaucoup amplifié  en l’alimentant activement tous les jours. Ça ou le coronavirus bien sûr, et aujourd’hui la thèse Hunter Biden sortie du chapeau. L’espoir fou de Parscale de contacter directement les gens sur leur téléphone qu’il n’a cessé de vanter ces derniers mois s’est retourné d’une certaine manière contre lui avec cette emprise russe de désinformation manifeste. On ne peut même pas parler de « backdoor » ou de logiciels du même nom à ce stade ; c’était opération portes ouvertes chez lui !!! Parfois de façon un peu plus subtile, par exemple, sous couvert d’ONG : ainsi pour Peace Data, soupçonné de propagande à plusieurs niveau et de dissémination de fake news. Alimenté par des apprentis journalistes US ou au chômage, qui n’avaient rien vu au départ; très fort ! Au sein même, certainement donc, des relais des serveurs de Trump, ceux effectivement gérés par Brad Parsale qui en aura donc à raconter une fois sorti de l’hôpital psy où il a été placé de force après avoir pété les plombs (et avoir appris qu’il avait été évincé par Donald en personne, et donc aussi perdu une grande partie de ses revenus récents : dans sa déclaration confuse à propos de sa femme, il s’était écrié « this is all about money » !!). Parscale ayant annoncé la veille à ses employés qu’il était « sous enquête fédérale » sans en préciser les contours… Qu’avaient donc découvert ces fédéraux ?

Selon Business Insider, Tump était furieux au sujet avant tout, comme on le soupçonnait, d’une question d’argent : « les conseillers de Trump disent que le président a récemment repris ses plaintes à propos de Parscale, répétant à plusieurs reprises à ses collaborateurs vendredi dernier: « Il m’a arnaqué ! » Trump a longtemps évacué ses frustrations avec Parscale, lui criant dessus lors des réunions de la Maison Blanche et le surnommant «l’homme à 10 millions de dollars» pour le montant qu’il pense que Parscale a gagné sur lui ». On note que ça correspond pile poil au montant de la vente de la société d’origine de Parscale à CloudCommerce : étonnant télescopage !!!  » L’ampleur des dépenses électorales de Parscale et la manière dont il a transféré l’argent sont encore inconnues parmi les conseillers et le personnel de campagne de Trump malgré son enquête interne en cours. Les conseillers GOP de Trump se sont régulièrement plaints du fait que les seules personnes qui connaissaient le financement de la campagne 2020 étaient Parscale et deux principaux alliés, Katie Walsh (ici à droite) et Mike Shields(mariés en 2017) ». Walsh avait été évincée assez tôt de son rôle de Chief of Staff à la Maison Blanche dès mars 2017, pour rejoindre Kellyanne Conway et Ivanka Trump comme conseillère: comment avait-elle réussi à se recaser à une telle place dans la campagne de 2020 ? L’extrême droite ne semblait pas les apprécier : à gauche, l’ineffable Carlson en train d’attaquer le 10 août Walsh et Shields en évoquant un « complot » républicain contre Trump, autrement dit l’expression du complot du « Deep State » et du « Swamp » conte Trump !

Ça pouvait se comprendre car, ironie totale, les deux cités avaient participé en 2016 à des négociations secrètes au sein du parti républicain pour que Donald Trump retire sa candidature et ne se présente donc pas, avant de le rejoindre et d’en devenir les plus ardents partisans… qu’est ce qui avait pu les faire ainsi virer à 180° de bord ??? Un revirement, ça se paye cher, dit-on souvent… au figuré (notez que sur la photo elle est aux côtés de Michael T.Flynn). Tout est toujours tortueux avec Donald ! Dans le bouquin de Wolff, Walsh affirme que travailler avec Trump c’est « essayer de comprendre ce que veut un enfant« . Pour en avoir assez profité, on peut appeler ça du cynisme. Un enfant, ça se manipule si facilement ! Et ça les russes s’en sont bien rendus compte !

Les russes toujours à l’affût en 2020

L’argent détourné et le soupçon russe, pour y revenir. L’emprise russe avait aussi été également forte sur Twitter note NBC news: « Twitter a annoncé jeudi la suppression de 418 comptes liés à l’Agence de recherche Internet soutenue par le Kremlin, le groupe de désinformation dont les employés ont été inculpés par le conseil spécial Robert Mueller en février dernier pour tentative d’ingérence électorale. Les tweets des comptes comportaient le hashtag #MAGA, généralement à l’appui du président Donald Trump, près de 38 000 fois – le plus grand nombre de hashtag. #ReleaseTheMemo, une campagne sur les réseaux sociaux lancée l’an dernier par des alliés du président et visant à discréditer certains membres du FBI, a été tweetée 37 583 fois. Au total, les quelque 400 comptes ont tweeté plus de 900 000 tweets. Lors de la suppression des messages de type spam qui comprenaient plusieurs hashtags, le deuxième sujet le plus tweeté pour les comptes des trolls russes était #Qanon, une théorie du complot sans fondement qui prétend que Mueller et Trump travaillent secrètement ensemble pour éliminer un réseau pédophile mondial dirigé par des célébrités et les politiciens démocrates.x #GreatAwakening et #FollowTheWhiteRabbit (encore une allusion à la trilogie Matrix des Wachowski), qui sont des slogans pour les adeptes de #Qanon, figuraient également en bonne place dans les tweets des trolls russes. À l’époque, des alliés proches de Trump avaient rejeté les suggestions selon lesquelles #ReleaseTheMemo, qui avait tendance sur Twitter, avait été stimulé par l’influence russe. « Les trolls russes n’ont rien à voir avec la publication de la note de service. C’était un vote du comité des renseignements », a déclaré la conseillère du président Kellyanne Conway en février dernier… Aurait-elle fait la gaffe de sa vie ce jour-là en annonçant que le « renseignement US » était dans le coup ?, avais-je alors écrit. L’acharnement de Trump a vouloir à tout prix placer ses fidèles à la tête de ces mêmes renseignements s’explique alors facilement. Leur faculté à venir exonérer les russes de toute intrusion également, par la même occasion (comme ici en février Robert O’Brien ici à gauche)). !!! L’arrivée de Grenell est le symbole même de cette reprise en mains pour enterrer les dossiers dans lesquels les russes sont impliqués. Le précédent venait juste de parler d’ingérence russe dans l’élection de 2020 !!! Hop, dehors ! A noter qu’O’Brien est un des fréquents invités de The Hugh Hewitt Show (ultra-conservateur) : on retombe sur les mêmes du petit monde de Donald ! A droite une des pages actuelles de Southfront, un des piliers de la désinformation russe, (selon les renseignements US !!!) présente la théorie ridicule de  l’ordinateur de Hunter Biden avec un gars pour venir l’applaudir : Jack Posobiec, agitateur activiste pro-Trump !!!

La seconde a venir à nouveau foncer sur le sujet pourri fabriqué de toutes pièces est bien sûr Chanel Rion, de OAN, qui s’est trouvée un témoin ayant la classe: Rudy, bien sûr !!! Incroyable : le gars qu’il ne fallait surtout pas inviter si on voulait en faire quelque chose de quelque peu sérieux de cette affaire bien trop foireuse !!! Ils sont bien tous d’une bêtise crasse !

Un danger évident pour la démocratie

Espionner des citoyens, mais aussi… des opposants élus, ce qui devient un véritable danger pour l’exercice serein de la démocratie, en rangeant l’opposition démocrate au rang d’ennemi intérieur !!! « En utilisant un pseudonyme différent l’année suivante, le même agent d’infiltration a infiltré la campagne du Congrès d’Abigail Spanberger (ici à gauche) alors ancienne officier de ka C.I.A, qui a remporté un siège important à la Chambre en Virginie en tant que démocrate. La campagne a découvert l’agent et l’a renvoyée. […] Ils ont utilisé un nom de code – LibertyU – pour leur agent au sein de l’organisation, Marisa Jorge, diplômée de la Liberty University en Virginie, l’un des plus grands collèges chrétiens du pays (elle avait été repérée – ici à droite- par des activistes pistant ces activités douteuses de Veritas et d’O’Keefe, véritable mafieux se présentant comme journaliste enquêteur ce qu’il n’est pas, et a déjà été arrêté et condamné, on le rappelle. Dans le petit monde véreux du Parrain Donald, ça n’a en fait rien d’étonnant !). « M. Seddon a écrit que Mme Jorge «avait copié un grand nombre de documents de la salle des archives», et M. O’Keefe s’est vanté que le groupe serait en mesure d’avoir «une tonne d’agents d’accès supplémentaires à l’intérieur de l’établissement d’enseignement». Les e-mails font référence à d’autres opérations, y compris des mises à jour hebdomadaires des cas, ainsi que des activités de formation impliquant un «ciblage opérationnel». Project Veritas a rédigé les détails de ces opérations dans les messages. »

Voilà ce qu’auront été les années Trump : l’enterrement sans classe des principes de la démocratie.

 

(1) Donald a complaisamment (et contre rémunération) servi de support publicitaire à la vente d’un équipement téléphonique obsolète déjà au moment de sa sortie, et dont la vente ne servait qu’à enrichir le sommet d’une hiérarchie selon un schéma classique d’escroquerie pyramidale. Lire ici le procédé. Ce qu’il a touché fait partie des secrets de la Deutsche Bank, que l’on finira bien par connaître malgré toutes les manœuvres de Trump pour les dissimuler pendant ces quatre dernières années (et les précédentes). Un exemple des relations douteuses avec cette banque selon les Echos : « elle accepte pourtant de financer un projet de tour de 92 étages à Chicago en ignorant les mises en garde des analystes internes: son patrimoine, qu’il chiffrait à 3 milliards, ne valait d’après eux que 788 millions de dollars ».

(2) McConnell, en ayant sapé la procédure d’Impeachment a permis à Trump de rester en place, alors que sa culpabilité et sa trahison devant les russes était une chose établie, et cela personne ne peut l’oublier. « Beaucoup ont considéré le soutien de McConnell à Trump comme un coup de génie politique cynique. McConnell a semblé à la fois protéger son caucus et couvrir son flanc dans le Kentucky – un État rouge profond où, peut-être pas par hasard, Trump est beaucoup plus populaire que lui. Lorsque la pandémie a pris racine, la position du président a initialement augmenté dans les sondages nationaux, et McConnell et Trump vont sûrement s’attribuer le mérite du programme d’aide dans les mois à venir. Pourtant, alors que le COVID-19 décime l’économie et tue les Américains dans tout le pays, l’alliance de McConnell avec Trump semble plus risquée. En effet, certains critiques soutiennent que McConnell porte une responsabilité singulière dans la situation difficile du pays. Ils disent qu’il savait depuis le début que Trump n’était pas équipé pour diriger une crise, mais, parce que le président était aimé de la base républicaine, McConnell l’a protégé. Il est même allé jusqu’à interdire les témoins lors du procès de destitution, garantissant ainsi que le président resterait en fonction. David Hawpe, l’ancien rédacteur en chef du Louisville Courier-Journal, a déclaré à propos de McConnell: «Il y a beaucoup de gens déçus en lui. Il aurait pu mobiliser le Sénat. Mais le Parti républicain a changé sous lui et il voulait rester au pouvoir. » La rupture sensible aujourd’hui date en fait de 2018. Ils ne se parlent plus depuis, parait-il et McConnell a affirmé récemment ne pas avoir mis les pieds depuis des mois à la Maison Blanche en prétextant le manque de sérieux de tout son staff sur le porte du masque…

(3) « La vie à l’ère Trump est comme le média préféré du président, Twitter: un rouleau sans fin de petite colère à moitié connectée, des Chiclets nous plongeant tous rapidement dans la folie et le conflit, sans fin en vue. C’est l’héritage de Trump. En raison de son incapacité totale à se concentrer ou à diriger, il ne fera probablement jamais rien de significatif avec le véritable pouvoir gouvernemental qu’il possède – s’il avait un dixième des compétences managériales d’Hitler, nous serions dans une merde incroyablement profonde en ce moment. Mais en tant que facilitateur de comportement, en tant qu’agent d’arguments et durcisseur de ressentiments, il n’a pas d’égal. Sous Trump, les racistes deviennent plus racistes, les excités deviennent nécessairement plus excités, et les zones de compromis entre tous diminuent et disparaissent rapidement. Il nous fait discuter de choses qui n’étaient même pas des questions il y a quelques minutes, comme les nazis sont-ils mauvais? » Un Trump dont l’hire tous azimuts récente est la preuve d’un mode de fonctionnement qui ne peut que que s’aggraver. « Et nous devrions savoir maintenant qu’il n’est jamais fini, jamais battu. Historiquement, il est le plus dangereux quand il est au plus bas. Et il n’a jamais été plus bas que maintenant. »

Lire dans le New Yorker d’avril 2020 « Enabler in chief » de Jane Mayer et « Let Them Eat Tweets » de Jacob S.Hacker et Paul Pierson.

document

https://www.state.gov/wp-content/uploads/2020/08/Pillars-of-Russia’s-Disinformation-and-Propaganda-Ecosystem_08-04-20.pdf

 

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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