jeudi, septembre 3, 2015
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incendiaire CP

Au b?cher! ? la hart! ? la potence!!!

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ANDRE LEFEBVRE

Charles-Gabriel Lefebvre, un autre fils de Gabriel-Nicolas et de Louise Duclos, nait ? Batiscan le 16 juin 1700; Il est coureur de bois et il sait ?crire. C?est lui qui vivra constamment ? Montr?al et tiendra commerce comme n?gociant en fourrure, ce qui permettra ? la famille de faire la traite en douce.

Il adoptera le surnom de ??Landreville??.

Il d?c?de ?g? de 80 ans, appr?ci? de ses concitoyens, ? Montr?al.

Le 24 janvier 1731, il ?pouse, ? l??ge de 31 ans, Josephte Gaudet (24 ans) fille de Jacques Gaudet et de Marguerite Duguay ? Montr?al. Sont pr?sents au mariage?: Fran?ois Poulin de Francheville (Marchand et fondateur des forges de Saint-Maurice, mort en 1733 ?g? de 41 ans. Son esclave noire, Ang?lique, sera pendue pour avoir br?l? Montr?al.); Louis De la Corne ?cuyer, aide-major des troupes, Fran?ois Maillot (Marchand), Bertrand Trutau et Paul Jourdain sculpteur et facteur d?orgue.

Ang?lique?Francheville:

Ang?lique est l?esclave noire de Fran?ois Poulin de Francheville. Elle tombe amoureuse d’un blanc nomm? Claude Thibault qui travaille pour Francheville. Thibault ?est un faux saunier (contrebandier de sel en France), d?barqu? ? Montr?al en 1732 parce que sa sentence aux gal?res est commu?e en exil au Canada. Le marchand Fran?ois Poulin de Francheville d?c?de de l??pid?mie de variole de 1733. ?L?ann?e suivante, Ang?lique apprend que sa ma?tresse, Th?r?se De Couagne, veuve de Fran?ois Poulin, a d?cid? de la vendre ? Fran?ois Etienne Cugnet, marchand de Qu?bec. Le 22 f?vrier 1734, elle d?cide plut?t de s’enfuir vers la Nouvelle Angleterre, avec son amant depuis un an, Claude Thibault. Ils sont captur?s et ramen?s ? Montr?al le 5 mars. Ang?lique retourne ? sa propri?taire et Thibault est emprisonn? pour ?tre rel?ch? le 8 avril.

Le lendemain de sa remise en libert?, Thibault se pr?sente chez la veuve Poulin pour r?clamer un salaire d? avant sa fuite. La somme est pay?e mais on averti Thibault de ne jamais remettre les pieds ? cette r?sidence. Il vient de perdre son emploi. Le soir du 10 avril, Ang?lique sort de la maison de la veuve, rue Saint-Paul ? Montr?al, en criant ??Au feu! Au feu?!??. Un incendie vient ?d??clater sur le toit de la maison. Le feu se r?pand rapidement et 46 maisons sont la proie des flammes, incluant une partie de l?Hotel-Dieu.

? cause de rumeurs qui se mettent ? circuler, on arr?te l?esclave Ang?lique que l?on trouve dans la cour de l?h?pital, o? elle a plac? en s?curit? des effets de sa ma?tresse. On tente d?arr?ter ?galement Thibault, mais il a disparu. Il ne sera jamais revu en Nouvelle France. Le 11 avril 1734, on accuse l?esclave noire d’avoir mis le feu ? la moiti? de la ville de Montr?al. Apr?s une enqu?te qui, au d?part, semble s?rieuse, l’accusation, parmi plus de 12 t?moignages, fini par s’appuyer sur le t?moignage d’un enfant de cinq ans. Cette enfant s?appelle Amable, fille du marchand Alexis Moni?re. Notons que celui-ci avait voulu accoupler Ang?lique avec un autre esclave. Ang?lique, reconnue coupable, la condamnation se lit comme suit :

???? faire amende honorable nue en chemise, la corde au col, tenant en ses mains une torche ardente du poids de deux livres au devant de la porte et entr?e de l’?glise paroissiale de la Ville de Montr?al, ou Elle sera men?e et conduite par l’Ex?cuteur de la Haute Justice dans un tombereau servant ? enlever les immondices, ayant ?criteau devant et derri?re avec le mot incendiaire, et la, nue t?te et ? genoux d?clarer que m?chamment Elle a mis le feu et caus? ledit incendie dont Elle se repent et demande pardon ? Dieu, au Roy et a la Justice, ce fait avoir le poing coup? sur un poteau qui sera plant? au devant de la dite ?glise, apr?s quoi sera men?e par ledit Ex?cuteur dans le m?me tombereau ? la place publique pour y ?tre attach? ? un poteau avec une chaine de fer et brul?e vive, son corps r?duit en cendres et celle-ci jet?es au vent.???

APQ. Registre criminel, IV: 24-26; Proc?dures judiciaires, Mati?res criminelles, IV: feuille 237. – BRH, XXIV : 275

Conduite ? Qu?bec, Marie-Jos?phe Ang?lique en appelle au Conseil Souverain qui accepte d?adoucir sa peine. Elle n’aura pas le poing coup? et son corps ne sera br?l? qu’apr?s la mort. La coupable est ramen?e ? Montr?al o?, selon l’ordonnance, le 21 juin 1734, on l?ex?cute.? Le matin de son ex?cution elle est soumise ? la Question Ordinaire et Extraordinaire. Ang?lique avoue son crime apr?s quatre tentatives du tortionnaire. Elle persiste, cependant, ? ne d?noncer aucun complice. Vers les trois heures elle est plac?e dans la charrette ? vidanges, conduite ? l’?chafaud o? elle est pendue et ensuite brul?e.

On ne peut emp?cher l?impression que cet ?v?nement est une page sombre de l?histoire judiciaire de la Nouvelle-France. Il est certain, ? mes yeux, qu?Ang?lique n?est pas coupable de la catastrophe. Au d?part, elle ne serait pas sortie de la maison en criant ??Au feu!!!?? si elle avait voulu tout br?ler. Il est m?me plus que probable que cet incendie ne soit pas criminel.

En 1734, le 26 janvier, Charles-Gabriel Lefebvre devient parrain de Marie-Josephe Trudau fille de Bertrand Trudau et Marie-Anne Gervay ? Montr?al. La marraine est Marie-Josephe Gervay.

Ce Bertrand Trudau est le fr?re de Fran?ois Trudau, ?poux de Jeanne Burel, qui d?m?nage ? la Nouvelle Orl?ans, en Louisiane, avant 1710. ?Ce Trudau de Louisiane t?moigne en faveur de Lemoyne de Bienville lors du proc?s sur son administration. Son beau-p?re, ?tienne Burel, fournit un t?moignage aussi positif, malgr? que Bienville l?ait d?j? condamn? ? fermer sa taverne et ? une amende de 50 couronnes. Fran?ois Trudau d?c?de le 29 septembre 1739 en Louisiane, dans la maison de son gendre Pierre Gabriel de Juzan. Son neveu Z?non Trudeau deviendra Lieutenant gouverneur de la Haute-Louisiane en 1792 et sera acteur de l?histoire de la prise de possession de la Louisiane par les USA vers 1805.

L??pouse de Charles-Gabriel, Josephe Gaudet, est marraine de Marie Josephe Larchevesque, fille de Jacques Larchevesque (forgeron et marchand de pelleteries) et Jeanne Godet. Charles Gabriel est le beau-fr?re de celui qui deviendra, en 1769, beau-p?re de Jean-Baptiste Chaboilliez, le marchand de fourrures. Ce Jacques Larchevesque est le m?me personnage que l?on a d?j? rencontr?, auquel ?Fran?ois Duclos, selon son contrat de voyageur, ne devait rien remettre lors de son passage ? D?troit.

Charles-Gabriel est ensuite parrain de Marie-Madeleine Parant, fille de Joseph Parant armurier et Marie-Josephe Mauni. La marraine est Marie-Madeleine Trutau. Armuriers, forgerons, coureurs de bois, marchands de fourrures, on se rend compte que ce domaine commercial des pelleteries, plus ou moins en parall?le, est ??tiss? serr? chez nos Canayens au moyen de liens familiaux et n?a rien ? envier aux commerce structur? officiellement.

Son ?pouse Josephe Godet, est choisie marraine de Marie Josephe Bouvet, fille de Michel Bouvet (profession: ?Boulanger) et Isabelle Mignot Lafrenaye. Charles-Gabriel est pr?sent ? la c?r?monie.

Le 16 mai 1738, Charles Lefebvre engage Andr? Larivi?re de St-Fran?ois de Contrecoeur comme milieu et gouvernail, au montant de 210 livres, ?pour se rendre ? Michilimakinac,

Le 12 f?vrier 1748? il assiste au mariage de Joseph Trutau et Catherine M?nard, fils de Jean Baptiste Trutau et Madeleine Parent. Sont ?galement pr?sents?: Bertrand Trutau, Charles Drouillard et Charles Demers.

En 1751, il organise deux voyages de traite. L?un ? Michilimakinac et l?autre au pays des Illinois. Ceux qui se rendent aux Pays des Illinois sont Joseph Lefebvre? son fr?re (400 livres), Jean Baptiste L?ger dit le Parisien (250 livres), Nicolas Mongrain (250 lives), Paschal Beauchamp (250 livres), Laurent Dicaire (380 livres), Ren? Maillot (260 livres), Charles Cadot (300 livres) et Joseph Dicaire (250 livres). Selon l??chelle des salaires, il d?coule de ces contrats que Joseph Lefebvre est Gouvernail et Charles Cadot, Devant.

Ceux en route pour Michilimakinac?sont: Pierre Pompert de Louiseville, Gouvernail (250 livres), Julien Lefebvre et Claude Mongrain. Encore selon les salaires, il est ?vident que Michilimakinac repr?sente une destination moins longue et moins risqu?e que celle du pays des Illinois.

Le 7 f?vrier 1752, ?Charles-Gabriel assiste au mariage de Louis Belec (de Batiscan) et Louise Gauthier St-Germain (Veuve de Phillippe Gervaise). La c?r?monie a lieu ? Montr?al.

Le 22 mai 1755, on le trouve au mariage de Jean Baptiste Mongrain 38 ans (Batiscan) fils de Jean Mongrain et Fran?oise Loranger, et Marie-Anne Jourdain 19 ans, fille de Paul Jourdain dit Labrosse (facteur d?orgue) et Fran?oise Gaudet.

En 1757, le 31 mars, il devient le parrain de Charles Gassien, fils de Rene Gassien et Th?r?se Maret. La marraine est Marie Josephe Gassien, ?pouse du voyageur Pierre Boyer. Charles est enregistr? sur l?Acte de Bapt?me, comme ??N?gociant??.

Cette ann?e-l? il organise deux autres voyages de traite, toujours ? Michilimakinac et au pays des Illinois.

Vers Michilimakinac?: Jean Baptiste Letendre, gouvernail (340 livres) et Charles Leger dit le Parisien, guide (600 livre). Il n?envoie donc qu?un seul canot ? cet endroit.

Au Pays des Illinois?: Joseph Marie Pouillon, gouvernail et hivernant (400 livres), ?tienne Vall?e dit Blois, gouvernail et devant, hivernant (400 livres), Jean Baptiste Lavigne hivernant, gouvernail et devant (400 livres). Ici, on voit qu?il exp?die au moins deux canots, sinon trois, aux Illinois.

1759 C’est l’escarmouche des Plaines d’Abraham o? Montcalm se sert des Canayens comme de la chair ? canon, sans leur donner l’opportunit? de combattre comme ils savent le faire. L’ann?e suivante Montr?al capitule sans tirer un seul coup de feu. On a appel? ?a: la Conqu?te.

1761 le 16 mars, on le choisit comme parrain de Jean Baptiste Jobert fils de J.B. Jobert et de Charlotte Larchevesque. La marraine est Jeanne Gaudet. La s?ur de cet enfant, Charlotte Jobert, ?pousera ? l??ge de 18 ans, ?Joseph Frobisher de la Compagnie du Nord Ouest, en 1779. On voit bien que toutes ces familles orbitent dans le commerce des pelleteries pendant plusieurs g?n?rations.

1762 Il est parrain de Josephe, fille de son neveu Joseph Lefebvre fils d?Antoine Lefebvre dit Despins. La marraine est Josephe Vissinas (V?zina); le 8 novembre il est pr?sent au mariage ?d?Antoine Perot, fils de Pierre Perot dit St-Pierre, veuf d?Ang?lique Dulignon, et Jeanne Piquet fille de Fran?ois Piquet et Charlotte Gaudry.

1763 le 22 mars, il est parrain? de Philippe Dejean fils de Philippe et de Marie-Josephe Larchevesque dit Lapromenade. La marraine est Charlotte Larchevesque dit Lapromenade

Le 29 mars 1766,? son ?pouse Josephe Gaudet, d?c?de ? Montr?al ?g?e de 59 ans. Charles est alors ?g? de 66 ans.

1778, ?le 19 octobre, il assiste au mariage d?Augustin Dubuc 30 ans, fils d?augustin et Marie Maillot, et d?Archange Prat 33 ans, fille de Jean Baptiste Prat et Marie Charlotte Gaudet. On l?inscrit comme Charles Landreville Lefebvre.

1780, le 3 ao?t, il d?c?de, finalement, ? Montr?al ?g? de 80 ans. Il est inhum? ? l?int?rieur de la chapelle St-Amable de l??glise Notre-Dame de Montr?al.

Le couple Charles Lefebvre dit Landreville et Josephe Gaudet n?aura aucun enfant. Il faut, cependant qu?il ait ?t? reconnu comme une figure importante de sa communaut? pour ?tre inhum? ? L?INT?RIEUR ?de cette chapelle St-Amable de l??glise Notre-Dame.

Cette chapelle St-Amable fut construite aux frais du cur? Antoine D?at, sulpicien qui fonda, la m?me ann?e, la confr?rie de la Bonne Mort. L??pouse d?un autre Lefebvre de la lign?e, Suzanne Turner,? beaucoup plus tard, sera membre de cette confr?rie de la Bonne Mort et enregistr?e dans ses livres. Le cur? Antoine D?at fut reconnu comme un grand pr?dicateur. On conserve 150 de ses sermons ?crits de sa main. Il d?c?de le 23 mars 1761 ?g? de 65 ans. Il est inhum? dans cette chapelle de St-Amable.

Il est assez remarquable que l?histoire des habitants Canayens est tr?s vivante, productive ?depuis longtemps au Canada et se d?roule en parall?le de l?histoire officielle que l?on nous a racont?. La diff?rence entre les deux « histoires » est que celle des « Canayens » n’est pas en fonction de s’accaparer des richesses personnelles ou de l’installation du « capitalisme sauvage ». Ce capitalisme annonc? d?j? par Murray avant 1764, lorsqu’il dit:  » La diligence et la m?thode SUP?RIEURE des trafiquants anglais donnera ? ce genre de commerce une expansion beaucoup plus consid?rable que sous l’administration fran?aise« .

? suivre.

Andr? Lefebvre

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