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Attentats de Paris : un des objectifs figurait dans « Inspire »

Quel dommage : j’avais écrit une longue série après Charlie Hebdo, mais pour des tas de raisons qui ne sont pas de mon ressort, elle n’était pas parue. J’y racontais notamment la source d’inspiration principale qui selon moi avait eu une influence certaine sur les frères Kouachi. Un magazine n’existant que sur le net, jamais imprimé alors qu’il se présente comme étant sur papier glacé : une sorte d’OVNI de l’édition en quelque sorte, dédié à AlQuaida et non à Daech (les deux s’opposant idéologiquement en plus !). Dans un des épisodes, j’y montrais une sorte de tableau récapitulatif des objectifs décidés par les islamistes terroristes en France. On y trouvait un élément crucial, qui, s’il avait été expliqué auparavant aurait mis davantage l’accent sur la crainte à avoir d’attentats en plein Paris. Voici un résumé de cet épisode, remanié à la lueur des événements récents. Daech n’est qu’un clone d’Al-Qaida, alors que les deux mouvements se présentent comme « concurrents », à lire le contenu du magazine de propagande du second. De là à dire qu’ils sont tous deux manipulés…

Le Yémen est donc bien l’endroit actuel d’où sortent de nouvelles générations de kamikazes, formés dans des écoles et non dans des camps d’entraînement. Des écoles-mosquées ayant pignon sur rue, telle celle de l’ineffable « Barbe Rouge », Abdel Majid al-Zindani. Un fondamentaliste illuminé, ayant annoncé en 2007 un traitement contre le SIDA.  Un obscurantiste, s’accrochant aux préceptes surannés alors qu’il est censé représenter la « branche scientifique » du Coran, devenu le penseur à suivre pour les faibles d’esprit. Le prophète du Califat Islamique et donc la référence actuelle des décapitateurs, et le protégé du gouvernement (depuis remplacé), bien qu’étant dans l’opposition. Il dispose de l’aide financière saoudienne importante de la Muslim World League. Et c’est aussi le fondateur de la Charitable Society for Social Welfare (CSSW). dont le vice président n’était autre… qu’Anwar al-Awlaki. C’est à lui, et aux manipulateurs de tous bords, y compris des services secrets, qui facilitent son maintien dans le pays, qu’aboutit cette longue enquête. Charlie, qui n’aimait pas trop les barbus, a été tué par l’un d’entre eux, ou plutôt par les sbires sans cervelles qu’il fabrique à tour de bras. Ou qui propagent ses idées rétrogrades sur des feuilles de chou fabriquées sur ordinateur, tel Inspire.

Al-Qaida yemen, espèce à part

Les vidéos de l’ACAP présentaient en effet aussi à outrance des mise en scènes avec surimpression de logo… dessiné façon As-Sahab, le studio vidéo censé être celui d’Al-Quaida au Pakistan, et qui pourrait très bien être celui dIntel Center (voir les deux articles de Cent Papiers, pour les liens IntelCenter et le Memri ou le SITE !), ce qui faisaient douter encore plus de leur véritable origine. Car comme je vous l’écrivais déjà dès décembre 2009, c’est la composition même de la branche yéménite qui était en cause, avec d’anciens prisonniers de Guantanamo passés entre les mains des saoudiens et d’un programme censé les remettre dans le droit chemin : « on ferait bien aussi de s’interroger sur la composition de cet avatar yéménite d’Al-Quaeda, avec un ancien marchand de tapis devenu chef de guerre, Abu Basir Nasir al-Wuhayshi (Nasser al-Wahaishi), cet ancien de… Guantanamo, libéré en 2007 (juste avant l’arrivée d’Obama au pouvoir) et remis aux autorités…. saoudiennes pour un camp de « rééducation » paraît-il !

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Ici le troisième à droite, avec à ses cotés à l’extrême droite de la photo Said al-Shihri, lui aussi libéré de Guantanamo en 2007 (il y portait le N°372 et a a été tué par un tir de drone le 17 juin 2013). Abu Hareth Muhammad al-Awfi, lui aussi sorti de Guantanamo (N°333) est au centre gauche, à l’extrême gauche c’est Qassim al-Raymi (alias Abu Hureira al-Sana’ani, déclaré mort à plusieurs reprises notamment en 2010). Abu Hareth Muhammad Al-’Awfi, le plus poseur des quatre, qui s’est rendu depuis aux Saoudiens, en mai 2009, « après que ces derniers aient menacé sa famille ». Un Nasir al-Wuhayshi, alias Abu Asir, pourtant bien encensé en 2010 dans le tout premier numéro d’Inspire (ici présenté comme « le Nouveau Ben Laden » par Ouest-France !), il fallait bien dérouler le tapis rouge -à un marchand de tapis, donc -et à l’artiste yéménite local ! Un homme largement critiqué par la direction de son mouvement, mais filmé par un drone en avril dernier encore (sans être tué, celui-là…)… selon le Washington Post, qui, décrivant la scène, faisait du même Nasir al-Wuhayshi le « second en chef d’A-Qaida »… un de plus, pourrait-on dire… c’est à en plus finir, ses numéros deux ou trois à répétition, comme on a pu le voir Un numéro deux de plus, et celui-là pas plus en odeur de sainteté que les précédents,et visiblement épargné des tirs de drones ? Parlez-donc d’un modèle pour un mouvement… factice !! Car la diversion était présente dans les médias. Ainsi, je vous ai retrouvé un site norvégien qui commentait la sortie de l’exemplaire du magazine yéménite en ligne à l’origine d’Inspire. Or qu’y trouvait-on comme avis ? Tout le contraire du texte sorti de West Point : « Pas plus tard qu’en août 2010 Ben Laden a clairement dit qu’il voulait Al-Wuhayshi comme chef dans AQAP, selon une lettre que le Navy Seals ont trouvé dans la résidence de Ben Laden à Abbottabad » : c’est exactement le CONTRAIRE du contenu de la lettre révélée !!! Le texte citant le même Al-Wuhayshi comme s’étant évadé d’une prison : « en février 2006, al-Wuhayshi s’est échappé avec plusieurs autres prisonniers d’Al-Qaïda en creusant un tunnel à partir d’une prison de haute sécurité, et l’homme de 36 ans a récemment été à l’origine de plusieurs attentats terroristes au Yémen, selon Cruickshank » (Paul Cruishank). La prison étant celle de Sana’a, au Yémen. Selon la presse, Nasser al-Wuhayshi, le fondateur d’al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), serait un des cerveaux des attentats à Paris. Etrangement, c’est encore un… évadé : « c’est en 2006 que le chef d’Aqpa gagne ses galons, en organisant son évasion de la prison de Sanaa. Avec vingt-deux de ses camarades, il creuse un tunnel de 45 mètres de long à l’aide de cuillères et de gamelles. Pour couvrir le bruit de leurs travaux, les prisonniers récitent le Coran à voix haute. Après deux mois d’efforts, ils atteignent les toilettes pour femmes de la mosquée voisine. Et disparaissent. C’est le début d’al-Qaida au Yémen ». Devenu un des principaux rivaux de… Daesh ! « En 2014, il affirme à nouveau son autorité, contestant la désignation de Abou Bakr al-Baghdadi à la tête du califat proclamé par l’organisation État islamique ». 

Vendre des armes

Au regard des sommes dépensées par l’armée américaine, on peut voir aussi l’action des drones US au Yemen comme une autre gigantesque gabegie financière, ou le spectre d’une nation ne fonctionnant que dans l’économie de guerre (et ne pouvant donc se passer de celles-ci !), ce que note Gordon Lubold (le détail des fournitures est ici). » En 2012, par exemple, le Pentagone a dépensé 14 millions de dollars sur une seule des opérations spéciales américaines pour améliorer de la lutte antiterroriste dans laquelle un nombre limité de personnel militaire américain avaient reçu une formation et des équipements – des armes légères et de munitions, des radios ; des bateaux gonflable à coque rigide et des jumelles à vision nocturne et des systèmes de navigation, pour le contre terrorisme au Yémen Un autre programme, appelé Fixed-Wing Capability Program, » avait dépensé environ 23 millions de dollars »en fournissant du matériel et de la formation pour améliorer la portée et le temps de réaction opérationnelle des forces de CT du Yémen, « dont deux avions à décollage court et atterrissage.thrust-2b8d1-44edd Les États-Unis ont dépensé 75 millions de dollars pour la construction de l’unité de lutte contre le terrorisme des forces de sécurité centrale du Yémen. Au cours de 2013, le Pentagone a dépensé près de 50 millions de dollars pour un programme appelé « integrated border and maritime security »pour aider les Yéménites être plus efficaces avec la surveillance aérienne et la mobilité au sol, selon un responsable de la défense. Cela a aidé les Yéménites à renforcer la capacité de surveiller les menaces le long de la côte jusqu’à près de 1,200 miles du pays. Le programme comprenait 12 avions à décollage et atterrissge court, chacun avec à bord des capacités de reconnaissance, ainsi que les équipages de pilotes et d’entretien. Les États-Unis ont dépensé autre somme sur le Yémen, y compris 24,000,000 dollars pour les garde-côtes pour construire deux bateaux de patrouille côtière de 87 pieds, et 11 autres millions de dollars pour environ 340 camionnettes Ford F-350, selon les données de passation de marchés publics disponibles. 27 millions de dollars ont été dépensés pour un contrat avec Bell Helicopter pour quatre hélicoptères Huey II au cours des trois dernières années ». A noter que dans la fourniture de matériels aux yéménites, il y avait des pick-up ford du même modèle que celui du plombier texan, retrouvé aux mains d’un groupe islamiste radical en Syrie… une bien étrange coïncidence ! Une guerre asymétrique a-t-on dit… les avions cités étant les CASA CN-235, aujourd’hui ce sont des Air Tractors At-802, ou des Thrush 710, des avion de travail agricole modifiés, qui sont proposés… dans un contrat en date du 3 février 2014 Les trois CASA (et donc des Airbus EADS) proviennent bizarrement du Naval Air Warfare Center Aircraft Division de Lakehurst, N.J ! A noter le terme « contractor » pour l’entraînement de leurs pilotes ! En juin 2012, les livraisons de matériel avaient été reprises après avoir « suspendues » en raison de « l’instabilité du pays »…. à voir le nombre de camionnettes Ford utilisées par les islamistes, c’est à se demander où elle sont passées, ces fameuses livraisons américaines (1) !

A tout prix en faire un magazine yéménite

indicted-f9c8b-eba24D’autres sources montrent ses curieux efforts pour faire à tour prix d’Inspire un bidule important bel et bien fabriqué au Yemen, et non ailleurs. En septembre 2013, dans l’East District de New-York, on jugeait Lawal Olaniyi Babafemi, un nigérian suspecté d’appartenir à « al Qaeda in the Arabian Peninsula » (AQAP), pour avoir fourni du matériel et formé un camp d’entraînement à des jihadistes au Yemen. Une inculpation banale, avec un homme qui l’est tout autant. waiting-d41b4-6c3d4L’homme, surnommé « Ayatollah Mustafa », qui avait été arrêté précédemment au Nigéria, avait été extradé par le gouvernement après son arrestation. Dans son réquisitoire, l’Assistant Director du FBI George Venizelos avait évoqué ses nombreux voyages entre janvier 2010 et août 2011 au Yemen pour « rencontrer les leaders d’AQAP« .  Selon lui, en particulier, étant bilingue, il avait aussi « assisté à la mise en anglais des moyens de propagande d’Al-Qaeda », et notamment avait aidé sur place à rédiger… « Inspire » en anglo-saxon. Ben tiens. A se demander ce qu’étaient que ces deux supposés responsables, Al-Alawki et Samir Khan ! A noter qu’encore une fois, c’est le FBI qui tente de faire du magazine un produit important d’Al-Qaida, et de le localiser à tout prix au Yemen. Babafemi, aurait « reçu 9 000 dollars en cash de la main même d’Anwar al-Awlaki pour recruter d’autres nigérians parlant anglais pour réaliser le magazine », assure le FBI (sans le prouver). fbi_indict-ab0db-dce59 Lors de son procès, on avait ressorti le coup des imprimantes piégées comme preuve des activités d’Al-Qaida en Afrique, ce qui a été pourtant démontré comme un montage éhonté ! Rien qui ne correspondait en tout cas à ce qu’avait pu en dire le grand chef « Zamarai »… liquidé à Abbottabad en mai 2012, qui ignorait royalement « Inspire » !!! Un magazine manquant manifestement de sérieux, en tout cas : car ce n’est pas un hasard non plus, si dans l’avant dernier numéro, on avait fait appel à Adam Gadhan, autre célèbre clown de la saga jihadiste, comme auteur de phrases-clé à retenir (il est ici promu par SITE, de Rita Katz, celle qui a entretenu au jour le jour sa légende). Le dernier numéro rendait hommage en même temps à al-Alawki et à Samir Khan… à croire que les conseils mortifères ne peuvent être donnés que par ses deux zombies de l’islamisme violent. Ou bien qu’il faille à tout prix faire des deux écartés de la saga des indispensables du magazine. Et entretenir la manipulation, surtout !!!

Les frères Chérif et Saïd Kouachi apparus sur les radars US ?

carte_identite-3-63877-24564De jeunes américains sont venus s’entraîner au Jijhad eu Yemen, on l’a vu avec l’étonnnant Omar Hammami. Des français aussi, révéle le New-York Times dans une étonnante annonce suivant les événements de Charlie. En somme, ils savaient, que l’un des deux frères assassins des dessinateurs était venu s’entraîner (voire les deux)… mais n’en avaient pas averti les autorités françaises, manifestement, puisqu’à son retour Saïd, l’aîné parti s’entraîner n’avait pas été questionné par la DCRI. « Les services officiels français et américain n’étaient pas au courant que le lonewolf Kouachi avait été formé au Yémen. Il y est allé à un moment où des jeunes hommes musulmans venus de l’Ouest s’étaient dirigés vers le Yémen, inspiré par Anwar al-Awlaki, l’imam d’origine américaine qui, en 2011 était devenu une figure opérationnelle supérieur pour le groupe terroriste Al-Qaïda enpéninsule Arabique. thumb-x480-1420654670-0972f-11a12 Avant qu’il ne soit tué par un drone américain en septembre 2011 (c’est en fait le 30 septembre 2011 !) M. Awlaki avait demandé à plusieurs reprises le meurtre de caricaturistes qui avaient insulté le prophète Mahomet ». Etrange, fort étrange mise au point provenant du journal US : comment l’aurait-il appris ? Et pourquoi citer Saïd, l’aîné, comme étant celui qui se serait rendu en priorité au Yemen ? Depuis hier, on sait aussi que des terroristes ayant sévi à Paris étaient en liaison avec la vieille cellule jihadiste de Molenbeek, à Bruxelles. Une cellule qui avait comme imam le même informateur que celui ayant dénoncé toute l’organisation des attentats de Madrid avant qu’ils ne se produisent, mais qui n’avait pas été écouté : comment était-il devenu belge, et que faisait-il donc à Bruxelles où il avait rencontré Mohamed Merah, avouez que cela intrigue.

Des dires suprenants

Et quelle était sa source d’information, ou que penser d’un journal qui en saurait davantage que les services secrets du pays (ci-dessus un extrait de Metro News) ??? Pourquoi vouloir à tout prix relier Saïd Kaouchi à Al-Alawki ??? A ce jour, rien ne dit que ce sont ces prêches qui l’auraient convaincu (pour ce faire, les frères auraient dû lire l’anglais, langue de rédaction d’Inspire, qui n’avait alors pas de version française !) !!! En prime, le rencontrer au moment où il était pourchassé jour et nuit était une opération bien téméraire ! Les seuls éléments dont on dispose pour sa radicalisation sont le visionnage de scènes comme celles… d’Haditha ! Pour ajouter à la confusion, « selon CNN, c’est même la France qui aurait informé Washington que l’un des deux frères avait été formé, en 2011, à l’utilisation d’armes automatiques »… une information complètement contradictoire avec la précédente, mais qui impliquerait plutôt le gouvernement précédent et surtout le rôle fort trouble d’un dénommé… Squarcini à qui aurait échappé bien des choses !!! « Selon une source américaine, le passé tumultueux des deux hommes leur valait d’avoir leur nom inscrit sur la liste noire américaine du terrorisme. Ils figuraient sur « notre liste de surveillance depuis des années », a dit un responsable américain, qui n’a pas souhaité être identifié, selon le « New York Times »« . Inscrits sur une liste noire, donc, sans que l’administration judiciaire ou policière US ne le sache, ou que les français en soient informés ? Depuis quand les américains surveillent-ils mieux les jihadistes français que les français eux-mêmes ? Le flou dérange, à ce propos : Chérif ou Saïd, ou les deux au Yemen ? Et Mohamed Mérah, renvoyé par les américains à un check-point, c’était quoi alors ? Un touriste ?

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Pourquoi autant rappeler le « label » al-Alawki ?

Dans Libération, sous la plume de J-P Perrin on pourra même lire ceci  : « la figure la plus emblématique d’Aqpa est un religieux né aux Etats-Unis, Cheikh Anouar al-Aulaqi, un des chefs de la puissante tribu du même nom. C’est lui qui va permettre l’essor du groupe dont le chef est Nasser al-Wahayshi, un proche d’Oussama Ben Laden, dont le père est d’ailleurs né dans l’Hadramaout (sud du pays d’où est originaire la famille du défunt chef d’Al-Qaeda). C’est encore Cheikh Anouar al-Aulaqi, selon une source sécuritaire yéménite, qu’a rencontré pendant son séjour sur place Saïd Kouachi. » Qui a glissé ça dans l’oreille des journalistes ??? En quoi le présumé leader médiatique local, l’ancien imam préféré du Pentagone aurait-il rencontré l’obscur jihadiste français Cherif Kouassi (ou Saïd ?) ? Et les services secrets n’en auraient rien su ? Ou l’auraient su et n’auraient rien dit ??? C’est plus que tiré par les cheveux là !!! De dire qu’ils les suivaient depuis des années, n’est-ce pas plutôt un risque… de laisser faire des Lonewolwes, quitte à leur donner un coup de main comme jadis dans le camp de Khalden, ou Willy Brigitte avait vu l’ISI et la CIA la main dans la main ? Christian Prouteau, créateur du GIGN, le 9 janvier 2014 en direct sur France Info réfutera complètement l’annonce du camp d’entrainement yéménite, en affirmant que si l’un des services l’avait su, la surveillance aurait été renforcée, ce qui n’a pas été le cas !!! Le 24 décembre 2009, al-Awlaki avait déjà subi une attaque aérienne menée par des avions yéménites, près de Rafd, à l’est de Shabwa, et s’en était sorti vivant. L’attaque aurait bénéficié d’appuis saoudiens. Une vidéo le montrera en effet vivant en mars 2010. Mais était-il aussi facilement… joignable que ça en août 2011, date à laquelle Saïd Kouachi l’aurait rencontré ??? L’hypothèse semble peu probable… al-Alawki est en effet carbonisé par des tirs de Hellfire venus de la base saoudienne de la CIA  le 30 septembre, un mois après seulement !!! Un tel fugitif craignant tous les jours une telle attaque du Joint Special Operations Command US, pour avoir été désigné la cible privilégié d’un assassinat (paraphé par Barack Obama) pouvait-il ainsi prendre rendez-vous avec un obscur français venu de sa banlieue pour prendre des ordres de sa bouche ?

Une rencontre surréaliste

Aux dernières nouvelles (ce texte a été rédigé pendant les événements), Chérif Kouachi aurait bien affirmé au téléphone à BFMTV d’être « l’envoyé » d’Al-Alawki qu’il aurait donc effectivement rencontré quelques semaines seulement avant sa mort (à la pleine époque où il était traqué tous les jours par des drones ! Il en aurait eu de la chance, le Chérif, de ne pas se prendre un Hellfire sur la tête avant de voir son idole ! Car cela paraît bien forcé : « juste après la tuerie de Charlie Hebdo, l’un des deux agresseurs avait également lancé à un automobiliste à qui ils avaient volé sa voiture : « Dites que nous sommes Al-Qaïda au Yémen ». C’est tout simplement surréaliste ! « Les autorités américaines et yéménites ont affirmé que c’était Saïd qui s’était rendu au Yémen, mais cette information semble désormais confuse ». Les autorités yéménites précisant que « la présence d’un des frères Kouachi a été signalée à différents moments entre 2009 et 2013, d’abord comme étudiant, puis dans des camps d’entraînement dans le sud et le sud-est du pays. Il fréquente d’abord l’Université al-Imanedirigée par le prédicateur fondamentaliste Abdel Majid al-Zindani, qui figure sur une liste noire américaine ». bare rougeEt tout cela sans que la France ne l’ait su, ou n’a pas bougé à son ou ses retours ??? al-Zindani,, le célèbre « Barbe-Rouge » (ici à droite) dont la « fac » est abondamment nourrie des dollars du Qatar et des saoudiens ??? Décidément, on retombe toujours sur les mêmes sources de fondamentalisme religieux !!!Le même Perrin qui reprend aussi l’affaire des imprimantes comme étant effectivement un acte d’Al-Qaida !!! « Pour le jour de Noël de la même année, l’Aqpa tente de faire exploser un avion de ligne américain. En novembre 2010, il revendique la responsabilité de l’envoi de colis piégés aux Etats-Unis et de l’explosion d’un avion-cargo américain deux mois plus tôt à Dubaï ». Mais comment peut-on se laisser berner aussi facilement ??? Le crash de Dubaï n’a jamais eu comme origine un attentat, mais un incendie à bord causé par des piles au lithium en soute !!!  En octobre 2010, suite au crash, la FAA produisait un document interdisant le transport de ce genre. Ne serait-on pas plutôt dans une charge post-mortem de manière à masquer un problème sinon d’éthique, mais juridique, aux Etats-Unis ??? A parier combien que chez les trois terroristes parisiens on trouvera un exemplaire d’Inspire… traînant dans un ordinateur  (à ce stade, on a rien trouvé semble-t-il, mais on a trouvé celui qui avait fourni les armes à Coulibaly, et il est d’une toute autre espèce…) ?

L’influence de Benyettou surtout

farid_benyettou-077ed-3-41bb7-ff3d9Selon les informations d’origine française, la radicalisation avait été surtout le fait du « gourou » azimuté Farid Benyettou de la mosquée Adda’wa, dans le quartier Stalingrad, à Paris. : « dans le viseur des services de renseignements, Kouachi se radicalise progressivement. Il est convaincu par les paroles de Benyettou. « Farid m’a dit que les textes donnaient des preuves du bienfait des attentats-suicides. C’est écrit dans les textes que c’est bien de mourir en martyr », a-t-il affirmé à l’époque, selon une enquête de 2005 sur les jeunes djihadistes de l’émission « Pièces à conviction » dont le site « francetvinfo » rediffuse un extrait. » « Lorsque Benyettou me parlait, j’avais l’impression qu’il me disait d’une certaine manière : +Tu vois, les preuves sont devant toi+ », dit Chérif Kouachi. « J’avais vraiment l’impression que la vérité était là, devant moi, quand il parlait. » ajoute La Tribune de Genève.

La grande peur entretenue

inspire_last-e5f2c-dc8deDans le dernier numéro de cette revue qui perdure (et souhaitait faire école en France en 2013), malgré la mort de celui que l’on a présenté comme son fondateur et son metteur en pages attitré, le 13eme, sorti la veille de Noël… apparaît une page sur les compagnies aériennes à attaquer en priorité par les apprentis kamikazes, ce qui alarme la presse : on vient juste alors d’annoncer la disparition d’un Airbus A320, un appareil à la réputation de fiabilité, en mer de Java, et le monde est en émoi : incident mécanique, météo, ou.. attentat islamiste ? Le Daily Mail, en Angleterre, n’hésite pas à faire le lien en tout cas ! Le spectre du MH370, toujours inexpliqué, réapparaît aux yeux de ses lecteurs. Faire peur aux populations, le principe du jeu, ce que nous a brillamment expliqué Power of Nighmaresce documentaire anglais, toujours autant au goût du jour et toujours autant indispensable pour les épris de vérité, désireux d’éviter les écueils de la manipulation médiatique. Même disparu ou prétendu mort, le fondateur du magazine continuerait ainsi ses ravages chez les têtes les plus jeunes. De là dire qu’il n’en a jamais été le réel responsable… ce numéro 15 paru en septembre 2015 sera le dernier du magazine : sa disparition, davantage que celle de son concepteur d’origine, tué dès le 30 septembre 2011 correspond plutôt à l’affaiblissement notable d’Al Qaida, remplacé par tout un système de vidéos sanguinolentes présentées par l’EI, avec ses mises en scène de décapitations dont beaucoup posent question sur leur réalisation.

Le traducteur français rattrapé

Le 19 septembre 2013, le traducteur français d’inspire avait été arrêté, ce qui m’avait échappé lors de cette première rédaction. « Le traducteur français de la revue d’Al-Qaida, Inspire, diffusée sur Internet, a été mis en examen, jeudi 19 septembre au soir, pour « apologie du terrorisme » et « provocation à la commission d’actes de terrorisme », délits sanctionnés de cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. A l’issue de 48 heures de garde à vue, il a été placé en détention provisoire, une première depuis que la loi le permet pour ce type de délit, en 2012. Cet homme de 26 ans avait été interpellé, mardi 17 septembre au matin, à son domicile, en Normandie, par les enquêteurs de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Converti à l’islam à 20 ans, marié, il était également administrateur d’un site islamiste, Ansar Al Haqq. Le jeune homme était dans le viseur de la justice depuis juin, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « apologie des actes de terrorisme », dirigée conjointement par la section antiterroriste et la section presse du parquet de Paris. » avait précisé Le Monde. « administrateur d’un site islamiste, Ansar Al Haqq » avait-on pu lire … or le 4 avril dernier encore, sur un forum islamiste, un bête visiteur s’exclamait : « tout est dans ma question, comment se fait t-il qu’il soit toujours en ligne, que dans le forum des personnes y postent toujours. Pourtant il me semblait que la France avait déclaré la guerre a ce genre de site/forum. » Une question bête... à moins de savoir quel peut être l’intérêt de le laisser ouvert… on arrête le webmaster pour apologie, mais on laisse tourner le site ??? Un webmaster qui s’appelle Romain Letellier, alias « Abou Siyad al-Normandy »… arrêté à Hérouville-Saint-Clair près de Caen. Décrit ainsi par François Molins : « désigné comme «émir» au début de l’année, Romain Letellier alias Abou Siyad al-Normandy y a publié d’après le procureur de la République de Paris «de nombreux messages et communiqués d’Aqmi ». Il aurait aussi traduit en français puis diffusé les dixième et onzième opus de la revue Inspire, créée le 2 juillet 2010 par al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa). Ces écrits, précise-t-on de la même source sont tout à la fois «apologétiques, incitatifs et opérationnels». » Son relais étant à Toulon.

Les Anonymous entrent en jeu et découvrent le pot aux roses… par hasard

Etrange situation à la suite de ça avec une intervention des Anonymous dans ce jeu de billard à bandes : le 7 janvier, en réponse aux attentats de Charlie Hebdo, les hackers pénétraient dans le site… effectivement toujours ACTIF d’Ansar Al Haqq pour l’empêcher de diffuser sa propagande mortifère. L’opération, baptisée « Opération GPII » allait avoir une drôle de répercussion, comme on avait pu le lire sans trop de surprises, pour ceux qui étaient au courant de ce qui s’y passait vraiment :  « bien que partie d’une bonne intention, l’attaque perpétrée par les Anonymous sur le site Ansar Al Haqq perturbe la surveillance mise en place par le gouvernement sur la plateforme. Il s’agit en effet d’une énorme source d’information sur les échanges de communication du groupe EI. Et pourtant, les Anonymous refusent de coopérer avec les forces de l’ordre dans leurs opérations. » avait-on pu lire... en clair, sans avoir à mettre des gants. Au même moment, les jihadistes s’en prenaient au site internet du conseil général du Lot, en réponse à l’attaque. Le 5 mars 2013, Letellier était condamné à un  trois ans de prison dont deux avec sursis (soir un an ferme). Au tribunal, il fera profil bas… et avouera un drôle de fonctionnement du site : « je me suis trompé. C’était une erreur, je le reconnais » a-t-il admis, comme il l’avait déjà fait à l’audience en février dernier. Quant au site Ansar al-Haqq, il nie en avoir été l’administrateur, admet seulement la fonction de modérateur. « J’assurais juste l’intérim. Je n’étais pas le gérant. » « Qui était alors l’administrateur ? », le questionne-t-on alors. Et le jeune homme d’admettre qu’il « n’y en avait pas. » Etonnant, non ? Son site avait affiché un photo montage pourtant hautement provocateur et menaçant :  une photo de la Tour Eiffel avec comme légende ‘Malheur à la France, malheur à son peuple’ … » Gag ultime à l’audience : présenté partout comme le « traducteur » du magazine, il avait avoué… ne pas même « comprendre l’anglais »!!!

L’expulsion d’Omar Diaby, la connerie du siècle:

recrutement_jihad-55fdfL’image de la Tour Eiffel avait été reprise par Abu Tasnim, fils d’une famille d’évangélistes haïtiens, alias « Oggy et les Kouffars » sur Twitter. Et candidat au départ pour la Syrie, bien décrit dans « Les Français jihadistes » de David Thomson. Il était parti avec son pote  Zakaria, alias Abu Ayoub, qui était encore mineur à l’époque !!! On le suivra aisément (il était fort discret sur Facebook) : il laissait sa géolocalisation partout !!! Il sera rejoint en décembre par Omar Diaby, le plus grand recruteur niçois de jihadistes, avec qui Merah avait été en contact devenu une sorte d’imam se faisant appeler Abu Omsen. Ce monde est fort petit, en fait : je l’ai décrit ici en mars 2014. Diaby était déjà dans le coup des islamistes d’Artigat de 2007, déjà surveillés par la police française, sous Nicolas Sarkozy. On avait rien trouvé de mieux, sous Manuel Valls, que de l’expulser... « Omar Diaby, expulsé par Manuel Valls, c’est peut-être bien l’erreur du siècle ou la goutte qui fait déborder le vase »bouquinavais-je alors écrit. « Pourquoi donc avoir à nouveau laissé filer celui qui avait contacté Mohamed Merah et son frère Abdelkader ? Pourquoi s’être privé de cette pièce essentielle et l’avoir permis à nouveau d’agir ? Pour le voir recruter aujourd’hui en Syrie ? Que ne voulait-on pas révéler sur son cas ? Pourquoi s’être privé d’une source importante de renseignements sur les liens fort particuliers qu’entretenait la DCRI avec la famille Merah ? Pourquoi avoir laissé partir dans la nature quelqu’un qui tenterait à l’évidence d’en refabriquer d’autres de Merah ? Pourquoi la DCRI du temps de Squarcini est-elle entrée en contact avec les deux personnages pour les laisser filer tous les deux au final, l’un d’entre se faisant arrêter par une autre composante de la Police ? Le ministre de l’intérieur actuel est prié de s’expliquer au plus vite, en ce cas, sur ce qui est bien une gigantesque erreur… de sa part ! » avais-je ajouté… il n’y a jamais eu d’explication à cette expulsion qui a eu comme effet de multiplier les recrutements syriens…

Appâter pour mieux attraper

inspire_magazine_issue_6-19a3c-147a5Pour donner au magazine une importance plus grande encore, on a édité depuis des lois, notamment aux Etats-Unis mais aussi en Angleterre, précisant que celui qui le téléchargent risque désormais la prison. Oubliés les virus dans le fichier PDF pour ne pas le lire, ou les pages de cuisine à la place de comment fabriquer des bombes dans sa cuisine (c’était dans le premier numéro, et cela aurait servi aux frères Tsarnaev à Boston, paraît-il). Autant dire que l’interdiction crée l’effet contraire ; tant la revue vise des adolescents attardés restés au stade de la provocation et de l’opposition contre l’ordre établi. En somme, on reproduit la crise d’adolescence de Samir Kahn (l’homme à la base d’Inspire, expliqué dans les autres épisodes de la série) détournée en recrutement de jihadistes ! Désormais, on incite plutôt à le lire par un interdit facilement contournable, comme le savent tous les utilisateurs d’ordinateurs. On appâte, et on suit ensuite l’hameçon via les ordinateurs de la NSA. Il n’y a plus qu’à ferrer, dès qu’on le décide : c’est imparable, comme on a pu le voir avec la longue liste des apprentis poseurs de bombes pincés le magazine dans la poche ! De là à dire qu’Inspire est une manipulation grossière, il n’y a qu’un pas que je franchis avec vous, à voir les efforts désespérés pour piéger de nouvelles recrues pour le jihad : « Inspire » n’a jamais été fabriqué par Samir Khan, comme il n’a jamais été fait par Al-Qaida. C’est très certainement en revanche une création de sites bien connus. tels SITE, IntelCenter ou MEMRI, en cheville avec des services secrets US. Les plus grands fabricants de haine au monde : des manipulateurs d’opinions. Mais cela ne nous dit toujours pas où donc aurait pu être fabriqué « Inspire »… quoique…

Inspire, fabriqué… et sa liste d’objectifs en France !

cibles_good-c0cf5-c33e9Très certainement, de personnes liées aux groupes mentionnés et dont les bureaux seraient localisés… en Angleterre, ou en Europe, plutôt qu’aux Etats-Unis, en tout cas, ce que nous avait fortement laissé entendre l’épisode précédent. Car le dernier opus d’Inspire nous révèle en effet beaucoup plus sur ses concepteurs que les précédents numéros. Dans un chapitre sur les « cibles » qu’il propose à ses fidèles jihadistes, les cibles en France s’énoncent de manière fort surprenante : le RER, y est placé en premier (et non par exemple la Tour Eiffel, voire les Champs Elysées…). La vallée de la Dordogne (?), ensuite pour selon ses rédacteurs « y tuer… à la fois des anglais et des français ». « La coupe de la ligue de football » (pourquoi celle là particulièrement et pas le championnat ou la Coupe de France ?), « pour viser les foules à l’entrée des stades ». Ce qui prend aujourd’hui une mauvaise résonance en effet… Suivent le « défilé de la Bastille »(celui du 14 juillet), le musée du Louvre, le musée « le plus visité au Monde«  et … la Côte d’Azur, appelée chez Inspire la « French Riviera« , comme on le dit aussi… surtout en Angleterre. Le RER et les matchs de foot font clairement penser à des jeunes gens habitant en banlieue, comme il peut en exister aussi à Manchester ou à Croydon, qui auraient comme habitude de transport vers ces banlieues. Mais ce sont plutôt les cibles citées dans le pays laissent clairement entendre que les auteurs du texte sont plutôt anglais, et non américains : pas un seul américain en effet ne connaît ce qu’est la Dordogne, ou ne sait la situer, et moins encore ne sait que des anglais y habitent ! Seuls des anglais (voire des hollandais, on pense alors à IntelCenter et Verneke) ont pu penser à cette région et aucunement des américains ! L’idée est renforcée dans le choix des cibles d’avions, ou Easy Jet, compagnie lowcost inconnue aux USA est citée comme British Airways, au même titre qu’American Airlines, United, Continental et Delta. Air France étant aussi citée. Delta est décrite de façon surprenante comme une société qui « dessert le monde entier excepté l’Antarctique ! « . Dans les priorités de ces jihadistes de pacotille, viennent en premier les USA, mais juste après vient l’Angleterre et ensuite la France. Et ensuite seulement « les pays de l’Otan selon l’ordre connu » (lequel, celui de leur engagement en Afghanistan ou en Irak ?).

L’autre influence flagrante

obsession-0a591-95318Mais le contenu du dernier numéro, qui s’accompagne d’une vidéo de promotion, qui fait aussi également penser à un… DVD, celui d’ « Obession », qui a été distribué gratuitement dans les journaux US lors de la campagne de l’élection américaine de 2008 et réalisé par les frères Shore…. dont les deux rabbins de l’Aish al Torah, ceux derrière la série Docteur House ! Avec l’aide financière de Sheldon Adelson, magnat des casinos et soutien important de Netanyahou et de l’extrême droite israélienne ! Celui qui avait investi 70 millions de dollars dans l’élection -ratée- de Mitt Romney !!! Avec ces liens, on retombe en ce cas sur… le MEMRI ou Rita Katz, et leurs provocations habituelles ! Des provocations comme celles à laquelle Al-Alawki avait dû répondre, lorsqu’on l’avait accusé de solliciter des prostituées : « en 1996 en attendant à un feu de circulation dans mon minivan, une femme d’âge moyen a frappé à la fenêtre du siège passager. Au moment où j’ai baissé la fenêtre et avant même que moi-même ou la femme puisse dire un mot j’étais entouré par des policiers qui m’ont sorti de mon véhicule uniquement pour être menotté. J’ai été accusé de solliciter une prostituée, puis libéré. Ils ont fait un point de me faire connaître en termes non équivoques que la femme était un policier infiltré « … étrange déposition, quand on sait les sommes qu’il avait dépensées pour son plaisir…

Un magazine anglais, à l’évidence

L’idée d’une fabrication en Europe d’Inspire n’est pas nouvelle, en fait : dès la sortie du numéro un en 2010, certains, tel Marc Ambinder (« Al Qaeda’s First English Language Magazine Is Here« ) avaient émis de séreuses réserves sur les prétendus créateurs : « la copie que j’ai a été obtenue à partir d’un chercheur privé. AQAP avait annoncé il y a plusieurs jours que le magazine apparaîtrait avec les interviews spécifiés dans la table des matières. Il est possible, bien que peu probable, que le magazine est une fabrication, une production d’une agence de renseignement occidental qui veut affaiblir Al-Qaïda en érodant la confiance dans ses réseaux de production et de distribution. generation-awlaki-facebook-9ff98-1b98aLes États-Unis sont engagé dans une guerre sur une base « net-direct » avec les djihadistes ; ce type d’opération ne serait pas trop difficile à faire « . Le fait aussi que le tout premier exemplaire ait pu aussi facilement être atteint et ridiculisé par le MI6 anglais laisse aussi augurer d’une proximité de création de la sorte, ne serait-ce que des serveurs à atteindre. Le fait aussi qu’il s’intéresse aux jeunes, en fabriquant un FaceBook pour Al-Alawki…. preuve que c’est le terrain sur lequel il veut répandre ses célébrations mortifères de martyr.

Des actes manqués

ember_test-05932-c104cEn fait, ce qu’on observe également, c’est que ce sont les propositions ridicules des lieux de « combat » sur terre « impie » qui démontrent la faiblesse de conceptions de ses architectes du malheur, étrangement suiveurs de l’actualité, des gens manifestement en mal d’inspiration, en tout cas. Après le vol MH370, voilà qu’Inspire qui nous a ressorti dans son dernier opus la théorie du « Lonewolf » (à la Squarcini ?) à bord d’avions, muni de sa bombe en « do it yourself » (cette fois-ci c’est à partir d’une bouteille d’eau comme emballage), rappelant l’épopée d’un Richard Reid, s’est allumé, c’est le cas de le dire. Dans le numéro précédent, sorti après les grands incendies de l’été en Californie… ces pitoyables individus du jihad nous avaient proposé sans sourciller « the arson jihad », qui évoquait de mettre le feu aux forêts américaines, bien sûr, en choisissant une « ember bomb » plutôt dans le Montana « parce que les régions montagneuses ont une population qui s’agrandit plus vite » (mais où sont-il allés chercher ça ?)… on croit revivre les projets fous ou dérisoires des japonais pendant la seconde guerre mondiale et les incendies de la côte Ouest des USA déclenchés par des ballons ! Toute la presse avait conclu que « l’ember bomb » (« bombe de braise »était impraticable (comme le sont les explosifs liquides !)… on fera même des essais le démontrant !.

Des attentats d’une toute autre dimension que le 11 Septembre

Ou d’autres encore, comme ceux d’empoisonner des réservoirs d’eau douce, un vieux thème complotiste récurrent (en juin 2011, un homme venait alors de se faire arrêter pour avoir uriné dans un de ces réservoirs de Portland que l’on avait intégralement vidé). En somme, le contenu d’Inspire est constamment lié à l’actualité télévisuelle, à celle des chaînes câblées qui tourne en boucle davantage qu’à partir d’ouvrages savants. Ce sont tout sauf des intellectuels, qui font un magazine jihadiste qui pourrait très bien être à la place un catalogue d’articles de sport aux photos léchées destiné à des ados. Un magazine fait.. en Angleterre, plutôt, qu’au Yemen, à bien y regarder!

Inspire, un paravent minable pour cacher la réalité

four_lions-2-de19e-607caQu’est ce donc qu’Inspire, au final ? Lui qui se présente sans sourire comme « l’Open Source du Jihad » ? Un catalogue de pierres tombales censé motiver les jeunes (quel avenir parlez-donc !) ou un formulaire d’inscription pour suicidaires désireux de finir en produit explosif ? Ou encore un répertoire d’opérations Gladio de quartiers ? De la mort glorifiée sur du papier glacé fictif ? Un Call of Duty islamiste présenté par Powerpoint ? Un magazine de surf sanguinolant ? Un Counter Strike relié ? Un centre de recrutement jihadiste déguisé (2) ? Ou un centre d’enfouissement de la jeunesse perdue ?  Le paradigme a en effet changé nous dit Peter Neumann, directeur du Centre international pour l’étude de la radicalisation (ICSR) de l’université King’s College de Londres, fin observateur du terrorisme : « l’an dernier, ils ont compris qu’il n’y avait pas besoin de s’attaquer au World Trade Center pour causer la terreur et exacerber les tensions dans nos sociétés. Un attentat de petite échelle impliquant peu de gens et ne nécessitant pas beaucoup de préparation peut créer un choc identique. C’est ce que nous avons commencé à voir l’an dernier à Ottawa et à Sidney ». charlie-5-0696f-2bb06C’est la thèse de l’attentat « LowCost », revenue bizarrement depuis quelques jours dans les téléviseurs, après les attentats de Paris. Inspire est tout ça à la fois, Ou tout bêtement et plus simplement une ode à la bêtise meurtrière humaine, genre l’affiche réelle de We Are Four Lions, voilà en effet plutôt ce qu’il représente ! A part qu’à Paris, les Four Lions se sont transformés en trois terribles assassins, en prenant au mot le magazine  (et ils se sont multipliés, récemment à nouveau) ! Inspire ne sert qu’à démontrer que les attentats de la taille du 11 Septembre ne sont en rien à la portée des groupes jihadistes dont il tente de faire la pitoyable promotion, comme il promeut encore ceux qui étaient derrière ces attentats, en oubliant de dire pour qui ils travaillaient exactement. Une tentative pitoyable de manipulation des esprits simples. Une grotesque manipulation, à coup sûr. Comme l’ont été celles des vies d’Anwar Al-Alawki et de Samir Kahn. Comme l’a été le 11 Septembre, et comme semblent bien l’être aussi les attentats de Paris, qui ont une nouvelle fois bernés les services secret français, malgré la présence en Belgique d’un homme clé décrit dans mon article précédent.

PS : le 14 janvier, Asser Ben Ali Al-Anassi, un des responsables de la branche yéménite d’Al-Qaida revendiquait « bien sûr » l’attentat en répétant le rôle d’Al-Awlaki… décédé depuis plus de trois ans déjà : « en conformité avec la volonté d’Allah et de son messager. Et sous les ordres de notre émir général, le généreux cheikh Ayman Al-Zawahiri, respectant la volonté du cheikh Oussama Ben Laden. En coordination avec le commandant Anwar Al-Awlaki, qui aura menacé l’Occident durant sa vie et après son martyre. » Le fantôme sévit encore. C’est fou comment un mort peut encore avoir de l’influence… La fin du communiqué précisant « par la grâce d’Allah, l’un d’entre eux figurait parmi les recherchés (wanted list) dont la revue “Inspire” a publié les noms et les photos »... estampillant ainsi définitivement la revue !!! Un autre leader, Hareth al-Nadhari, avait fait de même un peu auparavant, en menaçant la France dès le 10 janvier: il a été lui aussi « oblitéré » le 5 février dernier. le plus étonnant, c’est la conjonction des résultats malgré les oppositions : « Cheikh Hareth al-Nadhari, Harith ibn Sulayman ibn Dhari al-Zoba’i al-shamri de son nom complet, était en effet considéré comme le référent du groupe islamiste en matière de charia, la loi islamique. Il était également connu pour ses talents d’orateurs, et son opposition à l’Etat islamique (EI). » avait écrit à son propos Paris-Match.

(1) lire ici l’étrange réseau de distribution…

http://www.centpapiers.com/les-fameux-pick-up-toyota-de-daech-une-vieille-histoire-a-la-top-gear/

(2) dans un premier jet, rédigé huit jours environ avant les attaques de Paris, j’avais ajouté « un manuel d’attaque de supérettes de quartier… » ce que la décence et le respect dû aux personnes disparues m’oblige à retirer, aujourd’hui. Il n’empêche que la théorie de l’attentat « low-cost » a fait depuis son chemin et plus de 100 morts, à Paris, hélas.

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