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Attentats de Paris : Ansar Al Islam, aux sources de la manipulation terroriste

Si l’on cherche des commanditaires aux attentats de Paris, on tombe aussi sur des idéologues. Or il y en a un auquel à ce jour on n’a pas beaucoup pensé, et cela m’étonne. C’est un peu le fameux chaînon manquant, qui explique aussi ce remplacement express d’Al-Qaida (aux origines plus que douteuses comme on le sait) par un « Etat Islamique » à qui ont fait beaucoup trop d’honneur en l’appelant Etat. Ce n’est en fait qu’un groupuscule regroupant diverses factions  dont une apparue au Kurdistan et qui aujourd’hui voit son leader réfugié en Norvège dicter ses fatwas et ses ordres à des hordes de décérébrés persuadés qu’elles émanent d’un véritable théologien. L’homme est celui qui a le premier proposé d’avoir recours à des attentats kamikazes en Irak, bien avant l’arrivée des américains qui ont tenté sans succès d’en faire l’allié de Saddam Hussein. Voici donc le Mollah Krekar, celui capable de lancer des attaques un peu partout dans le monde, et surtout en Europe, protégé lui-même jusqu’ici par les règles du respect des personnes chère aux démocraties, alors que lui, depuis toujours souhaite en finir avec elles. On a été bien trop complaisant avec cet homme, à l’évidence, et on a bien trop cherché à composer avec lui au temps de Saddam Hussein. Sa place est bel et bien en prison.

zarqawi192Car tout tient dans l’origine même de Daech, qui n’est qu’un glissement progressif de l’horreur ayant comme origine Al-Qaida. « L’Etat islamique (EI)qui a revendiqué les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre, est né de la guerre en Irak. Le mouvement a été créé par le Jordanien Abou Moussab Al-Zarqawi. Personnage important d’Al-Qaida, ce dernier a quitté l’Afghanistan au début des raids américains (automne 2001) pour rejoindre l’Irak. C’est là qu’il a regroupé autour de lui la frange la plus radicale de l’insurrection antiaméricaine, piochant notamment dans les rangs des anciens officiers de Saddam Hussein, le dictateur irakien. Il a été tué par des frappes américaines en 2006. L’Etat islamique est aujourd’hui dirigé par l’Irakien Abou Bakr Al-Baghdadi (1) . » Or chacun s’accorde facilement à dire que le fameux Al-Zarqawi n’était autre qu’une simple marionnette américaine, manipulée dans les médias avides de raconter des exploits qu’il était bien incapable de faire. Cette petite frappe syrienne devenue leader charismatique d’un mouvement fortement médiatisé, on ne peut y croire en effet. L’homme en baskets incapable de tirer correctement à moins d’être aidé par des mains bien attentionnées, sur une de ces grotesques vidéos n’était pas à même de conduire des attaques coordonnées comme on a pu les lui attribuer : en somme, c’est une Abaaoud bis. Qui marchait en baskets New Balance, avaient remarqué des petits malins lors de ces vidéos de démonstration de tir !!! Mais à qui on a dressé le portrait d’un être impitoyable, coupeur de têtes, déjà, dont celle de Nicolas Berg, dont Wikileaks a révélé l‘impossibilité telle que cela avait été officiellement annoncé. Al-Zarkaoui. est une fabrication complète des services secrets US, qui lorsqu’ils n’en ont plus eu besoin, l’ont oblitéré sous le bombardement de deux F-16. Deux avions qui n’avaient pas eu à aller loin : l’homme le plus recherché du pays habitait dans une villa bâtie grâce à l’argent du trafic d’opium qui se situait à deux pas d’une base américaine !!!

Une image manipulée ? A fond, même ! Les tribulations de la cassette vidéo de la décapitation de Nicholas Berg résume à elle même la manipulation, l’œuvre encore une fois d’un faucon bien connu : « pour ce qui est du site Web en langue arabe « lié à Al Quaeda » qui aurait diffusé le fichier vidéo, www.al-ansar.biz, il n’est plus en service. Le nom de domaine a été enregistré auprès d’un régistraire aux États-Unis le 7 janvier 2003 au nom d’un certain Omar AbuOmar, qui a donné une adresse fictive au Danemark, et une adresse de courriel Hotmail. Le service d’hébergement du site, tassmeem.net, semble lui aussi hors service. Le nom de domaine a été enregistré le 13 janvier 2002 auprès d’un régistraire aux États-Unis. L’adresse citée pour l’entreprise est au Caire (Égypte), l’adresse des services techniques est à Riyadh (Arabie Saoudite), certaines recherches DNS pointent vers des serveurs en Malaisie ». C’est la société malaisiienne de « web servers » de Kuala Lumpur, Acme Commerce Sdn Bhd, créée en 1998, qui était responsable du site, qu’elle fermera aussitôt en déclarant ne pas en avoir vérifié le contenu. Le gouvernement malaisien mettra en fait une journée à faire fermer le site. Aux Etats-Unis, imparablement, la « découvreuse » de la vidéo juste après Al-Djezira sera bien entendu l’inévitable Rita Katz. A peine la vidéo reprise, le débat éclatait... au sein de l’armée américaine, certains se plaignant de ne pas avoir réussi à en bloquer la diffusion via l’organisme ad hoc. Qui avait favorisé la diffusion de cette vidéo et pourquoi voilà bien tout le problème…  » Bref, la décapitation, largement mise en scène et largement édité photographiquement, avait davantage servi à certains plutôt qu’à d’autres.

De sérieux doutes subissent en effet sur le rôle exact joué par Zarqawi petite frappe de quartier syrien devenu leader d’un « réseau ». Le centre d’études du  Commonwealth Institute a indiqué par exemple que « sa notoriété était le produit de la propagande de guerre des États-Unis visant à promouvoir l’image d’une figure de l’ennemi démoniaque pour aider à justifier la poursuite des opérations militaires américaines en Irak, » « avec « le soutien tacite des éléments djihadistes qui souhaitaient l’utiliser comme propagande ». L’idée a été reprise par The Daily Telegraph qui a affirmé que DEC_BIGO_2008_01_L204 faire celui le chef du «réseau terroriste» en Irak était un «mythe». Pire encore le 10 avril 2006 quand le très sérieux  Washington Post a écrit qu’effectivement, que « l’armée américaine a mené une offensive de propagande à grande échelle visant à exagérer le rôle de Zarqawi dans l’insurrection irakienne« . Le journal révélait par exemple que Le Général Mark Kimmitt y avait auparavant dit officiellement que la campagne de propagande «n’était pas une tentative de manipulation de la presse. »Or, dans une note interne, il avait affirmé tout le contraire  « Le programme PSYOP Zarqawi est la plus réussie campagne d’information à ce jour. » L’objectif principal de la campagne de propagande visait selon le Post à  « exacerber le fossé entre les forces insurgées en Irak »  (diviser pour peigner, donc) mais les experts du renseignement s’étaient inquiétés qu’il avait « effectivement renforcé aussi l’influence de Zarqwi. » En somme, ils avaient créé un monstre ! Le colonel Derek Harvey, responsable des renseignement en Irak pour le Joint Chiefs of Staff, avait averti lord d’une une réunion en 2004 que «notre propre accent sur Zarqawi a élargi son image, ou si vous préférez –  cela l’a rendu plus important qu’il n’était vraiment, à certains égards » …. on ne peut être plus clair : on a bien fabriqué médiatiquement Zarqawi, et ce sont bien les services de propagande US qui l’ont fait. Or, le gros problème actuel, c’est de constater que l’EI a, tout le monde le dit,  Zarqawi comme père… médiatique !!!  L’ouvrage ci-contre de Didier BigoLaurent BonelliThomas Deltombe explique le parcours de Zarqawi… et sa manipulation.

Les américains en avaient fait trop, avec ce personnage. « Zarqawi ! En moins de deux années, les médias US le rendront responsable de tous les attentats dans le monde, à en devenir grotesque ! Michael Chossudovsky le démontrera avec brio : Selon The Weekly Standard – qui est connu pour avoir une relation étroite avec les néo-conservateurs dans l’administration de Bush : « Abou Moussab al Zarqawi est chaud en ce moment. Il a orchestré non seulement l’assassinat de Berg, mais aussi la carnage de Madrid sur le 11 mars, le bombardement des chiites fidèles en Irak le même mois, et le 24 avril l’attentat suicide contre le port de Bassorah. Mais il est loin d’être un terroriste nouveau venu. Bien avant le 9 / 11, il avait déjà concocté un complot visant à tuer une israélienne et des touristes américains en Jordanie. Son label porte sur des groupes terroristes et des attaques sur quatre continents. » (le Weekly Standard, le 24 mai 2004). Un seul homme pouvait-il manigancer tout ça et être présent à chaque fois sur place comme l’affirmera aussi la presse ? La réponse est non, bien entendu. Les Etats-Unis n’ont pas inventé Superman pour rien à vrai dire. On lui ajoutera même des projets d’attentat londonien à la ricine, en 2003 !  » rappelons que Nicolas Berg avait été arrêté par la police irakienne et remis à l’armée américaine, qui a très certainement commis sur lui une bavure (il a été confondu avec un « leader supposé de cellule terroriste »), attribuée ensuite à -Zarkaoui, le bien pratique monstre, toujours maintenu en réserve médiatique. Or Al-Anṣār Media Foundation existe toujours, et montre toujours des vidéos des avancées jihadistes en Syrie… comme le montre le site Jihadology de Aaron Y.Zelin. Al-Ansar semble resté fidèle à Al-Qaida, opérant toujours en banlieue de Damas. Dès sa création, la formation sunnite a été financée par… Ben Laden : né en 2001,  sous le nom de Jund al-Islam dans le Nord de l’Irak, le mouvement a effectivement et directement reçu d’emblée 300.000 et 600.000 dollars, versés en liquide (?) par Ben Laden !

 

kerkarDerrière le mouvement se cache un théologien, le Mollah (autoproclamé) Krekar, de son vrai nom Najmuddin Faraj Ahmad (ici à gauche),  qui s’est réfugié… en Norvège (ici à gauche arrivant plutôt décontracté à son dernier procès). L’homme y est toujours, et il tire toujours aussi à distance les ficelles du jihadisme : or personne à ce jour, dans les médias, n’a fait de lien entre lui et les récents attentats parisiens. Et pourtant….  Dans un reportage saisissant ici, on peut voir l’organisation systématique dans son organisation de kamikazes, hommes, femmes et enfants par Krekar , qui a toujours réussi à fuir les accusations d’organisateur du terrorisme mondial avec un art consommé de la dissimulation. Pourquoi, et qui l’a aidé à fuir l’Irak en 2002, pour devenir intouchable, pose toujours question, quinze ans après. En 2002, Krekar avait en effet été arrêté en Hollande lors d’un vol vers l’Iran qui le soutenait. ouvertement (et le soutien toujours).  Comment a-t-il pu rejoindre aussi facilement la Norvège demeure une question sans réponse. Fait notable, Les gens d’Ansar Al Islam arrêtés en Irak possédaient déjà des passeports européens contrefaits, pour certains, notamment des passeports italiens, à l’époque. L’histoire de ce Mollah se résume ainsi : il est arrivé tôt en Norvège, dès 1991, en tant que réfugié, faisant partie d’un « quota » alors défini par la démocratie norvégienne. Grâce à un regroupement familial, il a d’abord installé sa famille sur place, avant de… repartir en Irak, vers lequel il a effectué plusieurs vols pour organiser sur place un mouvement de résistance à Saddam Hussein. En 1994, il fonde la communauté  Vision islamique en Norvège et devient imam.; prêchant dans une mosquée à Oslo jusqu’en 1998. Son but est déjà clair : il s’agît de renverser Saddam (d’où l’attrait qu’il va exercer sur les américains à partir de 2001) et d’instaurer un état islamique à la place. Il fonde à cette date son mouvement Ansar Al Islam, qui tient des camps d’entraînement au nom d’Al-Qaida. Sur place, il s’oppose violemment aux deux mouvement kurdes principaux que sont le PUK et le KDP. L’arrivée des américains semble lui porter un coup sérieux, mais on s’aperçoit après coup que c’est plutôt l’inverse qui s’est passé. Les vols pépétitifs de Krekar soulèvent surtout un sacré problème en effet : ils ont eu lieu vers son pays d’origine kurde, qui était alors sous la protection des avions de guerre américains pour maintenir une zone « d’interdiction de vol ». Il avait donc obtenu une dérogation spéciale pour les effectuer ! Et leur but était clair :  selon lui-même, au début de 2001, lui et d’autres dirigeants kurdes ont eu une rencontre avec trois agents de la CIA pour discuter de la façon de renverser Saddam Hussein !!!

kurdishLe passé de Kelkar explique en effet tout un système douteux. Dès qu’on s’est aperçu qu’il devenait gênant, on a essayé de lui mettre des bâtons dans les roues. Le fameux théologien aurait aussi été un trafiquant de drogue. En 2002, en effet les Pays-Bas reçoivent une demande d’extradition de la Jordanie, pour son implication dans un trafic de stupéfiants. Les avocats de Krekar prétendent que les USA sont à l’origine de cette demande d’extradition (ils se sont aperçus que leur créature était nettement moins contrôlable que Zarqawi !). En novembre 2002, les Pays-Bas refusent cette extradition et le renvoient en Norvège. Alors qu’il était à Amsterdam, Krekar affirme avoir été interrogé par des agents du FBI à deux reprises. « Ils voulaient parler d’Al-Qaïda », at-il rappelé. « Je n’ai rien répondu. Je leur ai dit, c’est suffisant de me questionner sur moi et de mon groupe. » Les Hollandais trouveront les charges jordaniennes un peu trop téléphonées, et renverront l’homme… en Norvège. Depuis plusieurs années déjà, Krekar fonctionnait déjà sous le mode de la charia stricte, ayant avait déjà établi un embryon de califat dans Biara et Tawela, deux villages de montagne proches de la frontière avec l’Iran,  situés au nord de Halabja. On s’attendait donc à ce que la rupture soit consommée avec les USA, qui aurait vu d’un mauvais œil ses attaques suicides, trop vite devenues complètement incontrôlables et recourant à des femmes ou même des enfants.

Iraque OkOr, à partir de 2003, Ansar Al Islam, au lieu de disparaître s’est soudainement renforcé :  « mais cette nouvelle organisation réalise des opérations beaucoup plus sophistiquées et meurtrières que ne pouvait le faire l’Ansar al Islam de la première génération: ce serait elle qui serait responsable de l’attentat contre le siège de l’ONU à Bagdad en août 2003 au cours duquel Sergio Vieira de Mello (ici à droite en Irak) a trouvé la mort. Ce serait également elle qui serait responsable des deux attentats simultanés à Erbil, le 1 février dernier, qui ont fait 117 morts. Ces opérations requièrent une organisation, des capacités logistiques et des sources de renseignements hors de portée des petits maquisards kurdes des monts Haoramand. Seule une OPA menée par une organisation beaucoup plus vaste expliquerait qu’Ansar al Islam ait pu étendre son champ d’action à l’ensemble de l’Irak, et… éventuellement à l’Espagne » note RFI. » Qui a bien pu structurer autant le mouvement, qui a pu lui donner des moyens qu’il n’avait pas avant, la encore les questions restent sans réponse. En  2003, les USA avaient largement utilisé la violence du mouvement pour en faire à tout prix un « allié » de Saddam Hussein le « chaînon manquant » qui leur faisait défaut pour pouvoir attaquer Saddam avec autre chose que des mensonges sur ces armes. Un article passionnant du Middle East Forum, montre cette soudaine résurgence, alors que les américains avaient pourtant arrêté ses principaux leaders. Parmi les armes détenues par Ansar Al Islam, attentatles américains auraient trouvé de la racine, du gaz au cyanure et des gaz innervants (VX- à gauche l’attentat qui a tué Sergio Vieira de Mello). « Mais de nombreuses questions demeurent sur l’étendue du réseau de Ansar al-Islam, Des marocains, des combattants syriens, palestiniens, libanais et afghans, jordaniens ont tous combattu dans les rangs d’Ansar. Cela pourrait signifier que c’est une infrastructure de recrutement dans chaque pays pour les amener au nord de l’Irak. En outre, si le groupe a reçu des fonds de Abou Qatada à Londres, Ansar al-Islam a également au moins une partie de ces infrastructures là-bas. Si la Syrie est une terre de transit pour les combattants d’Ansar, comme les écoutes téléphoniques italiennes l’ont révélé,  Ansar y est encore une organisation terroriste opérant avec « un clin d’œil et un hochement de tête » de Damas. Et enfin, si un financement pour le groupe vient de l’Arabie saoudite, comme le suggère Michael Rubin, alors on peut supposer que les infrastructures wahhabites soutiennent ce groupe » écrivait le rapport à l’hiver 2004. On aura noté au passage la bienveillance de la Syrie à l’égard du mouvement, comme celui de l’Iran… ce qui renforce à nouveau l’idée du rôle actif des services secrets syriens et iraniens dans les attentats récents !!! En résumé, toute la structure de l’EI est chez Ansar Al Islam : un Etat Islamique géré par la charia, un financement de l’Arabie Saoudite, des terroristes venus de partout et la protection bienveillante de Bachar el Assad !!!

indagata-9Les américains avaient-ils « raté » en Irak l’envoyeur de kamikazes ? Souhaitaient-ils vraiment s’en emparer, désormais ? L’avaient-ils raté par incompétence ou par calcul, cela on ne peut le déterminer. Mais à l’évidence, car on trouve trace un peu après d’une bien étrange expédition pour tenter de le récupérer, façon raid à l’étranger, ce qu’ils n’hésitent pas à faire, on le sait, au mépris des accords diplomatiques, parfois, comme en Italie avec la rocambolesque expédition pour enlever un imam (Hassan Mustafa Osama Nasr alias Abu Omar).... « En 2003, des agents de la CIA, y compris Lady Cynthia Logan et Gregory Asherleighs, ont été envoyés en Norvège. Ils sont arrivés directement après l’enlèvement de Hassan Mustafa Osama Nasr de Milan, Italie. Les agents souhaitaient utiliser les facilités de l’espace Schengen. Quelques jours avant leur arrivée, l’avocat du mollah Krekar, Brynjar Meling, a demandé la protection de la police pour son client. Le service de renseignement norvégien a admis qu’il avait eu connaissance de la visite des agents en Norvège, et Meling à confirmé qu’il avait entendu des rumeurs selon lesquelles Krekar pouvait être kidnappé et transférés à Guantanamo Bay. Comme l’opération n’avait pas été approuvée par la Norvège il aurait été une violation, du droit norvégien. Mullah Krekar n’a pas été enlevé. Selon un article paru dans Newsweek, un responsable du Pentagone a proposé l’envoi d’une équipe US Navy SEAL pour se livrer à une opération type « capture au lasso » contre Krekar; Cependant, le plan aurait été rejeté parce qu’une confrontation de tir entre les Seals et la police norvégienne aurait déclenché une catastrophe diplomatique entre la Norvège et les États-Unis. Cependant, une semaine plus tard, le Los Angeles Times a cité un fonctionnaire de haut rang l’intelligence qui a affirmé « que les forces spéciales américaines étaient en fait entrées dans un pays européen allié avec les États-Unis par le biais de l’OTAN, afin de mener à bien une opération d’extraction dont les circonstances sont étonnamment similaires au cas de Krekar. La révélation a conduit à soupçonner que le plan n’a été, en fait, pas annulé, mais que le Pentagone l’avait surestimé. Selon le journal norvégien Stavanger Aftenblad, qui a été la source originale de la mission des agents de la CIA à Oslo, les forces spéciales américaines, au plus probable des Navy SEALs, avait surveillé  un « chef militant » sur une période de temps, et étaient restés en place prêt à effectuer son enlèvement. Selon le Los Angeles Times, le Pentagone a tenu le gouvernement du pays allié dans l’ignorance de la mission, et de comment apparemment elle a échoué ou a été annulée. » L’arrivée des envoyés US s’était produit deux mois seulement après avoir que la CIA ait tenté de kidnapper le religieux musulman Abu Omar en Italie pour le conduire au Maroc se faire torturer.La juste italiennes les sanctionnera vertement. Krekar aurait très bien pu faire l’objet d’une « restitution extraordinaire » en jet privé… En zoût 2003, une fois que les agents de la CIA ont quitté Oslo, le procureur général John Ashcroft a fait un voyage pour faire monter la pression. Il avait alors affirmé qu’Ansar Al Islam , était « un groupe très dangereux« , dont les dirigeants « méritaient une attention très proche de la part de ceux qui luttent contre le terrorisme. » L’action des américains, à la fois insistante et téléphonée, et leur tentative ratée de l’embarquer ni vu ni connu avait provoqué l’effet inverse chez les Norvégiens, alors scandalisés par les énormités débitées par le gouvernement Bush depuis 2003. Quand bien même ils auraient trouvé  Krekar dangereux, ils en avaient fait une question de principe de ne pas céder à l’équipe de Rumsfeld, Cheney et Bush !

Oslo_-_Radisson_PlazaIl semble y avoir eu un beau pataquès US sur le cas de Krekar, car ce sont deux équipes distinctes qui auraient tenté de s’en saisir. « Trois mois plus tard, le 24 avril, un officier de la CIA est arrivé à Oslo sur un vol SAS de New York. Il a débarqué au Radisson SAS Plaza Hôtel à Oslo, à quelques pâtés de maisons de l’appartement de Krekar, et s’est enregistré comme un employé d’une entreprise de technologie fictive à Hyattsville, dans le Maryland. Le même officier de la CIA, en utilisant un faux nom de couverture, avait été présent à Milan deux mois plus tôt pour l’enlèvement d’un religieux musulman radical, Hassan Mustafa Osama Nasr, selon les procureurs italiens. Nasr avait été emmené en Égypte, où il affirmait avoir été torturé. Les autorités italiennes ont déposé des accusations d’enlèvements contre 25 agents de la CIA, plus tard, y compris l’officier qui a volé en Norvège. Aucun n’a été arrêté. Les voyages en Europe espions ont été reconstruits par les enquêteurs italiens, qui a tracé leurs voyageurs fréquents et de cartes de crédit des enregistrements de compte. L’existence des dossiers a été rapporté pour la première fois par le Stavanger Aftenblad, un journal norvégien. Quatre jours après l’officier de la CIA est arrivée à Oslo, l’avocat de Krekar, Meling, a dit qu’il a reçu un avertissement à propos de son client à partir d’une source du gouvernement norvégien, par un intermédiaire. Bien que le message était vague, il a précisé que des espions américains avaient Krekar dans leur mire. En réponse, l’avocat a écrit une lettre à la police norvégienne, demandant une protection supplémentaire pour Krekar. La CIA a quitté la Norvège le 18 mai Mais deux semaines plus tard, l’agent a été remplacé par une espionne américaine – également inculpée dans l’affaire de l’enlèvement italien- qui a fait un vol jusqu’à Oslo en partant de Chicago. Elle avait rejoint un mois plus tard par un autre femme agent, selon le Stavanger Aftenblad. Les deux femmes s’étaient inscrites sous des noms et des entreprises fictives et avaient loué une voiture pendant un mois, a déclaré le journal. Les deux ont quitté le pays à la fin de l’été. » Deux équipes d’espions pour le surveiller et le rapatrier : voilà que notre islamiste intéressait énormément les USA. Sa petite phrase sur ses liens avec la CIA sous Saddam Hussein lui valaient-ils ce soudain regain d’intérêt à son égard ? Ou voulait-on empêcher de découvrir qu’il préparait déjà l’avènement de l’EI ? Ou de quels soutiens il avait bénéficié… au départ ?

mullah_krekarCar Krekar est bien celui qui a parmi les premiers soutenu la création de l’EI, en en définissant même les frontières il y a plus de six ans : « en novembre 2009 la controverse a éclaté lorsque Krekar dans une interview à la chaîne de télévision arabe Al-Hiwar a dit qu’il voulait l’établissement d’un nouveau califat islamique, affirmant que pour les djihadistes il n’y a pas d’Etat légitime, à l’exception de l’Émirat islamique des talibans de l’Afghanistan . Pour le « super-Etat » islamique il voulait comme représentants Ben Laden, ou le leader haut placé d’Al-Qaida,  Ayman al-Zawahiri ou même Hizb-e Islami Gulbuddin Hekmatyar ou d’autres islamistes radicaux en tant que chefs, citant par exemple Gulbuddin Hekmatyar ou Ayman Al -Zawahiri comme ministre des Affaires étrangères. En conséquence, le Parti du progrès a continué son appel à l’emprisonner Krekar, et le Parti travailliste a pour la première fois formé un nouveau groupe de travail pour examiner si les gens officiellement étiquetés comme «danger pour la sécurité nationale » pourraient être emprisonnés »… C’est assez surprenant comme vision, aujourd’hui où le même Ayman al-Zawahiri s’est fait complètement doubler par l’EI, et où Al-Qaida ne représente presque plus rien sauf… Ansar al Islam. La Norvège mettra trois ans encore pour se rendre compte de la dangerosité de celle que sa démocratie a laissé héberger.  « Le 26 mars 2012 Krekar a été condamné à cinq ans de prison pour avoir proféré des menaces de mort répétées contre les politiciens et les Kurdes norvégiens qui avaient poursuivi les actions civiles contre lui. Il a fait appel de cette peine de prison. Le lendemain, le 27 Mars 2012, il a été arrêté par le service de sécurité de la police norvégienne (PST) et la police norvégienne et placé sous bonne garde avant en attendant son incarcération ». On a beaucoup tardé semble-t-il, en Norvège, en lui évitant d’être enlevé par la CIA…. Krekar, devenu sur place une caricature de l’islamisme virulent sera même cité comme… témoin par Andeas Breivik à son procès, le 22 mars.2012… la réponse à cette demande saugrenue faite par l’avocat de Krekar avait été assez étonnante, à vrai dire  : « Krekar n’a aucune compréhension de l’Islam et de l’Europe (à la fois). Il n’a pas de programme ou l’objectif de créer un Etat islamique en Norvège européenne. Il n’a aucune idée de la société multi-culturelle norvégienne « avait alors dit Meling, plaçant bien son client dans une bulle surréaliste de quelqu’un profitant des avantages de la démocratie, dont la notion d’accueil fondamental de l’étranger, pour mieux y faire proliférer ses idées de destruction de la démocratie. Certains mal intentionnés avaient alors fait le parallèle avec les gens du FN, devenus députés européens largement profiteurs du système, et qui dénoncent tous les jours l’existence même de l’Europe, et encore plus depuis les attentats de Paris… Etre assis sur un trône pour énoncer tous les jours qu’il faut décapiter le roi !

Unknown-1Un Krekar beaucoup plus impliqué qu’on ne l’imaginait dans le terrorisme à l’extérieur de la Norvège. Ce qu’il a toujours nié aussi (c’est simple, selon lui il n’a jamais fait de mal à une mouche) C’est une interview à ABC Australie qui l’a perdu, en ce sens. Interrogé sur l’assassinat du journaliste australien Paul Moran en 2003 près de Sulaymaniyah, Kerlar dit qu’il « était notre ennemi. » Il avait aussi affirmé « que l’on pouvait aussi tuer leurs interprètes et les personnes qui leur donnaient de la nourriture, de l’eau ou de les soignaient, car il c’est une situation de guerre en Irak. » Mais, lors du même interview, il avait donné des détails précis sur le kamikaze saoudien qui était responsable de la mort de Moran, jusque dans les cinq minutes qui avaient précédé l’explosion, révélant ainsi une forme d’implication dans l’attentat. Moran avait été le premier journaliste tué en Irak : tout un symbole. Un télégramme de Wikileaks du 15 décembre 2009 avait exprimé en toutes lettres la frustration des australiens : « dans un long article dans le journal « The Australians » Hier, des journalistes australiens exaspérés demandent que Mollah Kerkar soit extradé vers l’Australie (…) La toile de fond de la demande des journalistes remonte à 2003, quand un attentat suicide a tué le cameraman australien Paul Moran, alors qu’il était en mission pour la télévision nationale pour la société ABC au Kurdistan dans le nord de l’Irak. Le terroriste était sous l’emprise d’Ansar al-Islam, dirigé par l’homme qui en Norvège est connue comme le mollah Krekar. Les collègues journalistes de Moran sont exaspérés par le gouvernement australien qui n’a fait aucun effort pour faire de la question une résolution, et laisse Krekar en Norvège « et se moquant du gouvernement australien, » comme le dit Mark Corcoran. Corcoran est un  journaliste vétéran d’ABC et en 2003 il fut le premier à recevoir lannonce de la mort de son collègue. »

Unknown-2Le rôle de la Syrie, à partir de là devient aussi beaucoup plus évident.  C’est celui d’un soutien direct aux islamistes sunnites irakiens, selon Martin Chulov, citant un dénommé « Abyu Ahmed », nom d’emprunt d’une ex prisonnier de Bucca. « Les incarnations antérieures de l’ISIS (l’EI)  a fricoter vec les baasistes, qui ont tout perdu Quand Saddam a été renversé, sont devenues évidentes sous principe que « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Mais au début de 2008, Abu Ahmed et d’autres sources ont indiqué que les réunions étaient devenu beaucoup plus fréquentes, et que beaucoup d’entre elles avaient eu lieu en Syrie. Les liens de la Syrie avec l’insurrection sunnite en Irak avait été régulièrement soulevés par les responsables américains à Bagdad et par le gouvernement irakien. Les deux étaient convaincus que le président syrien Bachar al-Assad,  autorisait les djihadistes à se poser à l’aéroport de Damas, où les responsables militaires allaient les escorter jusqu’à la frontière avec l’Irak. « Tous les étrangers que je connaissais sont entrés en Irak de cette façon, »  m’a dit Abu Ahmed. « Ce n’était pas un secret. » Bachar al Assad a nourri dans sa main l’EI, espérant ainsi ouvrir un contre-front à ces opposants eux aussi islamistes… mais ça aussi on le sait, même si certains ne veulent pas  l’entendre aujourd’hui !!!

Okobanen retombe tardivement en novembre 2014 sur le même mouvement kurde, grâce à un excellent article de Vice News, qui les a retrouvés à Kobane (la ville dévastée ici à gauche), là où de violents combats et de non moins violents bombardements US ont eu lieu,  un article clairement intitulé « Tous les kurdes ne combattent pas l’Etat Islamique – certains l’ont rejoint. « Les membres kurdes de l’État islamique, dirigé par un commandant connu sous le nom d’Abou Khattab al-Kurdi, jouent un rôle majeur dans la bataille pour la ville et contre d’autres Kurdes, rapporte l’Asscociated Press. Beaucoup d’entre eux, al-Kurdi, y compris, viennent de la ville de Halabja, dans le Kurdistan irakien près de la frontière iranienne, mais certains des combattants sont de Kobane elle-même, et à proximité des villes syriennes. « Le combattant qui est de Kobane n’est pas comme quelqu’un qui est originaire de Tchétchénie avec aucune idée des pistes et des routes, » affirme  à l’AP, Hassan, un porte-parole du GPJ à Kobane. Le nombre de Kurdes qui ont rejoint l’Etat islamique est minime – jusqu’à 300 par les estimations des analystes – mais ils ont les mêmes motivations et les mêmes entraînements des combattants de partout dans le monde pour rejoindre les militants. » C’est surtout idéologique. C’est cette interprétation stricte de l’islam, essentiellement qui essayent de ramener les jours anciens de l’islam », dit Shwan Zulal, directeur d’une société d’analyse des risques au Royaume-Uni qui se concentre sur le Kurdistan irakien, tel qu’il l’a déclaré à Vice Newss. «Ces gens ont été recrutés dans la communauté, mais ils ne sont pas d’accord avec les principaux partis politiques au Kurdistan. Ils les considèrent comme athées, apostats, et corrompus. » L’ islamisme kurde n’est pas nouveau – ni particulièrement différent des autres formes de l’extrémisme islamique dans la région, ajoute Zulal.  « C’est une chose très commune, ils existaient dans la communauté, en tant que minorité, » at-il dit. « Si vous allez vers les années 1990, il y avait cette époque-là des groupes kurdes extrémistes avant même qu’Al-Qaïda ait été connu. Au début des années 2000 Ils avaient déjà décapité un bon nombre de peshmergas du PUK et ils avaient même fait sauter une célébration du  Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de l’Aïd à Erbil, tuant des membres supérieurs du  PDK, de sorte qu’ils se montraient toujours actifs au sein de la communauté kurde « . Ce bombardement en 2004 a tué 105 personnes et Ansar al-Islam, un groupe militant salafiste, a apparemment revendiqué la responsabilité de ces explosions. Al-Kurdi, qui est recherché en Irak, était un membre de Ansar al-Islam avant de rejoindre l’Etat islamique. Le Mullah Krekar, un sunnite kurde et fondateur du groupe, est actuellement en prison en Norvège, où il avait demandé l’asile, sur des accusations de terrorisme. Avant la montée rapide de l’importance de l’État islamique dans la région, de nombreux islamistes kurdes ont rejoint les rangs de Ansar al-Islam, pour la guerre en Irak, qui a constamment lutté contre les troupes américaines et l’armée irakienne. Mais comme le groupe a été affaibli et le conflit en Syrie voisine s’est approfondi, de nombreux combattants ont rejoint les groupes islamistes de l’ISIS, qui s’est  déclaré l’Etat Islamique en juin » conclut Vice, résumant ce passage d’Al-Qaida à l’EI qui a surpris pas mal de monde (et qui explique aussi l’hémorragie qui a surprise aussi les dirigeants d’Al Qaida, privés de leurs deux chefs « invisibles » en quelques mois – Ben Laden; et le Mollah Omar).

Krekar, un indécrottable récidiviste qui profite de la démocratie. Libéré le 25 janvier dernier en Norvège après avoir été interné depuis deux ans et 10 mois, il est assigné à résidence à Kyrksaeteroera, à 500 kilomètres au nord d’Oslo, et y a aussitôt recommencé les mêmes attaques et les mêmes propos menaçants. L’emprisonnement dont il sortait tout juste était dû à des menaces de mort portant sur la première ministre, députée conservatrice Erna Solberg, pour avoir déclaré que s’il était assassiné, à la suite d’une « déportation », « elle subirait le même sort ». Manque de chance pour lui, devenue premier ministre du pays et surnommée la « dame de fer de la Norvège », elle ne l’avait pas oublié ! Quand il sort, l’attentat de Charlie Hebdo a eu lieu une quinzaine de jours auparavant, ce qu’il ne peut empêcher, bien entendu de commenter. A sa façon.

charlie attaqueLe 20 Février 2015, on apprend donc sans surprise que Krekar a de nouveau été arrêté en Norvège, à la suite d’une citation  du prédicateur radical dans un article qui  saluait l’arrestation des tueurs de Charlie Hebdo. Krekar avait été cité dans cet article pour avoir dit que que lorsqu’un caricaturiste « bafoue notre dignité, nos principes et notre foi, il doit mourir. » L’article cité  indiquait que, « Krekar, qui a été seulement libéré de prison le mois dernier, a été arrêté jeudi soir sur des accusations d’incitation à la criminalité », a affirmé la police. « Par conséquent, la principale raison de l’arrestation de Krekar par la police norvégienne est l’allégation qu’il a incité au crime par ses déclarations. L’article ne cite aucune autre raison pour l’arrestation de Krekar. Le 13 novembre 2015, il était signalé que Krekar a été arrêté et envoyé en prison le 11 novembre « dans une attaque surprise de police coordonnée sur les militants islamistes qui planifiaient des attaques. » Lui et 14 autres Kurdes irakiens et une famille non-Kurde ont été « arrêtés dans des pays à travers l’Europe en collaboration avec la police de l’Italie, du Royaume-Uni, de Norvège, de Finlande, d’Allemagne et de Suisse. « La BBC a rapporté que les raids visant Rawti Shax (le nom du réseau, appelé aussi  Didi Nwe (2)) ciblaient  » ceux « qui cherchent à l’établissement d’un califat dans la région du Kurdistan de l’Irak « . Les déclarations de Krekar réfèrant au journal Charlie Hebdo des dessinateurs qui ont été abattus à Paris pour les dessins auxquels se référait Krekar. L’attaque de Charlie Hebdo à Paris a été décrite par le président français François Hollande  comme « un acte de barbarie exceptionnelle a été commis à Paris contre un journal. Un magazine, en d’autres termes, qui est l’organe de la liberté d’expression.  »  L’opération, une rafle anti-terroriste d’ampleur sans précédent,  a eu lieu le 12 novembre, la veille même des attentats de Paris. Elle visait la tête d’Ansar al Islam et l’ensemble de son réseau terroriste. La réponse n’a pas tardé. C’est le lendemain même que Paris a été attaqué. Le démantèlement du réseau de Krekar avait révélé que pour le libérer, des kamikazes avaient été choisis et étaient près à intervenir…

Mais il y a d’autres influences encore, pour ces attentats, comme celle de bien étranges visiteurs de prison, mais ça je vous en parle très bientôt, rassurez-vous.

(1) dont l’origine de la radicalisation est comme par hasard une prison américaine en Irak… celle de Bucca

http://www.theguardian.com/world/2014/dec/11/-sp-isis-the-inside-story

« Selon Hisham al-Hashimi, l’analyste basé à Bagdad, le gouvernement irakien estime que 17 des 25 plus importants chefs d’Etat islamiques faisant la guerre en Irak et la Syrie ont passé du temps dans les prisons américaines entre 2004 et 2011. Certains ont été transférés de la garde américaine dans les prisons irakiennes, où une série d’évasions dans plusieurs au cours des dernières années a permis à plusieurs hauts dirigeants d’échapper et de rejoindre les rangs des insurgés. »

(2) qui a toujours un site actif, comme d’ailleurs une page Facebook : à se demander ce qu’on attend pour les fermer….

l’article de base est ici

http://www.1meee.com/mullah-krekar/

Sur Krekar

pour s’y retrouver dans les enjeux de Daech , cette excellente analyse d’Olivier Roy :

  • En Turquie, Erdogan est extrêmement clair : l’ennemi, ce sont les Kurdes. Point. On ne va donc pas les aider à casser Daech pour renforcer les Kurdes ce qui permettrait au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) de se créer un sanctuaire et de reprendre la lutte armée en Turquie. D’ailleurs, les Kurdes ne cherchent pas à écraser Daech, seulement à défendre leurs nouvelles frontières. Pour les Kurdes d’Irak, la menace principale c’est la reconstitution d’un Etat central fort à Bagdad, qui pourrait contester l’indépendance de fait dont jouit le Kurdistan irakien aujourd’hui. Daech en empêche la création. Des mauvaises langues prétendent que Barzani a laissé Mossoul tomber dans les mains de Daech. Il préfère un Mossoul dans les mains de Daech qu’un Mossoul dans les mains du gouvernement irakien.
  • En Syrie, Bachar al-Assad, qui a eu un moment intérêt à favoriser l’émergence de Daech, aimerait désormais se poser en ultime rempart contre le terrorisme islamique, et regagner aux yeux de l’Occident la légitimité qu’il a perdue en réprimant la population syrienne aussi violemment que son régime l’a fait.
  • Pour les Saoudiens, l’ennemi principal n’est pas Daech, qui n’est que l’expression d’un radicalisme sunnite qu’ils ont toujours soutenu idéologiquement. Ils ne font donc rien contre, leur ennemi étant avant tout l’Iran.
  • Les Iraniens, quant à eux, veulent contenir Daech, mais pas forcément l’anéantir, pour ne pas à avoir à administrer un territoire sunnite et parce que son existence lui permet de jouer un rôle capital sur la scène internationale.
  • Pour les Israéliens, Daech c’est génial : des Arabes qui tapent sur des Arabes et réciproquement ! Ils ne peuvent  que se réjouir de voir le Hezbollah se battre contre des Arabes, la Syrie s’effondrer, l’Iran être empêtré dans une guerre, tandis que la question palestinienne devient une cause secondaire.

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