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Attentat contre deux policiers en France : une filière « récente » qui remonte… à de vieilles connaissances !

(Image à la une:  AFP / John SAEKI )

Ça sert d’avoir de la mémoire.. car, encore une fois, cela peut soulever des lièvres. En l’occurrence cette fois, des… lapins. Oh, pour l’instant ça vous semble abscons ce que je vous raconte, mais vous allez voir un peu plus loin que ça se tient. Derrière l’horrible assassinat au couteau d’un couple de policiers devant leur bébé de 3 ans, se dissimule une bien ancienne filière. Oubliée depuis par les médias français : mardi dernier, le journal le Figaro titrait de façon un peu maladroite que l’individu responsable de ces deux meurtres était l’objet d’une enquête « récente » syrienne. Ce qui était vrai, aussi, il faut bien l’admettre. Mais en réalité, l’homme avait été mêlé à un bien étrange périple pakistanais, il y a 5 ans, celui qui l’avait mené à entrer en contact avec deux français qui ont failli révéler avant l’heure la cachette de l’homme le plus recherché au monde, ou de son double trafiquant d’héroïne. Dévidons donc l’écheveau qui nous ramène une nouvelle fois à Al-Qaida (comme quoi aussi sa frontière « idéologique » avec l’EI n’existe pas, ou comme quoi des ficelles sont tirées par d’autres, derrière ces deux mouvements si bien présentés comme opposés). Tout ceci ressemble par trop à une vieille histoire, en effet. Et tout ceci ravive l’idée de personnes de l’ombre tirant les ficelles d’un terrorisme aveugle.

lahore busMa mémoire en effet a sursauté en apprenant le nom de l’auteur de ce double crime horrible. Celui d’un faible d’esprit, à l’évidence, plus qu’influençable selon tous ceux qui ont eu affaire à lui : Larossi Abballa, qui avait été jugé et condamné le 14 septembre 2013 en France pour participation à une filière terroriste… sans retourner ce jour-là en prison, ses deux années passées en détention provisoire ayant couvert sa peine déclarée de 3 ans. Une filière ayant menée deux clampins du groupe à Lahore, au Pakistan dans l’espoir de rencontrer Umar Patek, ce jihadiste bien illuminé, leader du groupe Jemaah Islamiyah (JI), qui à ce moment-là, tentait lui-même de rencontrer Ben Laden, à Abbotabad, (ou, comme je l’ai déjà dit le haut maître du trafic de l’héroïne dont les services secrets pakistanais étaient les véritables tenanciers, et ce au su de la CIA).

A Abbottabad, donc, qui n’est qu’à sept petites heures de route de Lahore (via les bus Daewoo, par exemple). Etrangement, en effet, Patek s‘est fait pincer 3 mois seulement avant le raid sur Abbottabad.  Etrangement encore, il a été arrêté portant sur lui 1 million de dollars cousus dans sa tenue. Pour faire quoi de cet argent, voilà toute la question : il est rare qu’un homme recherché porte sur la somme de sa propre récompense… Comme l’indique l’excellent History Commons, on ne comprend toujours pas pourquoi, alors que tout le monde savait qu’il était en contact étroit avec Ben Laden, ce dernier n’ait pas bougé de chez lui alors que son visiteur important annoncé s’était fait arrêter le 25 janvier 2011 (le raid ayant lieu le 2 mai 2011) avec son épouse, Husein Luceno, alias Ruqqayah  (ici à gauche amenée au tribunal à Djakarta) patekL’organisateur du rendez-vous prévu, Tahir Shehzad, n’était autre que l’agent de la poste d’Abbottabad, repéré dès 2010 comme agent d’Al-Qaida : il résidait alors (là où Patek a été arrêté) à 3 km à peine de la célèbre villa rasée depuis… (pour quelle raison véritable, autre que la tentation de servir de lieu de pèlerinage à certains ?). Patek, à ce moment-là, avait bien au-dessus de la tête une récompense de 1 million de dollars offerts par le FBI, s’il était arrêté. Il était, rappelons-le l’auteur des tous premiers attentats de Bali  (survenu le 12 octobre 2002) qui avaient vu la mort de 88 australiens (sur les 202 victimes au total). Selon la presse avant son arrestation, Patek aurait bien rencontré Ibrahim Saeed Ahmed (alias Abu Ahmed al-Kuwaiti), le non moins fameux « courrier » de Ben Laden, celui qui se promenait tranquillement dans le secteur avec son petit 4×4 Suzuki Vitara « rhino » repérable de partout. suzuki_au_rhino-f84ebC’est Tahir Shehzad qui devait aller chercher à Lahore les deux français, pour les amener à Abbottabad : c’était lui de fait le «facilitateur d’Al-Qaïda» cité dans la presse.  Tous deux arrêtés sur place le 23 janvier 2011 par les pakistanais, et remis juste après aux français, comme si on avait souhaité régler au plus vite et le plus discrètement possible un problème ennuyeux, l’arrestation ayant interféré avec des circonstances toutes autres. Par inadvertance, les deux égarés français auraient-ils pu révéler la présence de l’homme le plus recherché au monde, qui intéressait beaucoup de gens… y compris la France, (et Bernard Squarcini, avec un dénommé Mohamed Merah, qui se rendra lui-aussi à Abbottabad… mais un peu tard). Comme en pèlerinage, en ce qui le concerne, dira la presse.

loiseaubisC’est le troisième français connu à ce moment là à se rendre sur place (si on  oublie ceux décédés sur place, tel Hervé Djamel Loiseau, soldat perdu retrouvé mort… congelé en 2001 près du village de Tandor, au Pakistan) et pour y croiser Bryant Neal Vinas, alias  Yameen al-Kanadee et Bashir al-Amriki (« Bashir the American »).  Cet étrange jihadiste US localisé à Lahore et  dans le Mohmand, dans le Khyber Pakhtunkhwa (il s’est engagé au départ dans l’armée US à 18 ans) qui, arrêté en 2008, à décrit en détail les français rencontrés sur place. « Je ne sais pas ce qu’ils font exactement là-bas – il nous revient que le Français ne serait pas très apprécié, contrairement au Kurde, notamment, sur les théâtres d’opérations – mais une dizaine se trouvent actuellement sur zone », avait dit d’eux Bernard Squarcini. Lors de l’attentat de l’hôtel Marriott, le FBI avait foncé direct chez les parents de Vinas.  Pourquoi donc, cela reste sans réponse.  On apprendra plus tard que Vinas était aussi en contact avec le non moins fameux Moez Garsallaoui, franco-tunisien responsable de la filière belge, époux de la non moins célèbre Malika El Aroud (1), et l’homme qui aurait aussi rencontré et formé sur place… Mohamed Merah.  C’est fou comme on retombe toujours sur le même petit noyau… manipulé.  L’équipe belge de Malik9780060886882-l-613aba el Aroud et Garsallaoui est à l’origine, il faut le rappeler de l’élimination du Lion du Panshir, le fameux commandant Massoud – c’est le  premier mari d’El Aroud qui l’assassine- évènement précurseur du 11 Septembre, une élimination qui arrangeait tant les américains, plus que réticents à voir son mouvement croître et prospérer (ils lui préféraient de loin comme alliés les trafiquants d’armes et d »héroïne tel Abdul Rachid Dostum devenu depuis vice-président du pays).  Au point de leur offrir des missiles Stinger et même de payer pour les récupérer quelques années plus tard ! Depuis, plus de nouvelles, quel hasard du fameux « taliban américain » : Vinas a certes été condamné en 2009, mais on ne sait trop à quoi, et il serait détenu dans une « undisclosed location » dont l’Amérique a le secret, située paraît-il dans l’Etat de New-York.  Il aurait donné plein d’informations sur le réseau avant de se voir mis à l’ombre.  Certains estiment plutôt avoir été mis en retrait après de bons et loyaux services rendus, comme on a pu le faire à l’évidence pour Ali Mohamed… l’homme-clé de l’ouvrage fondamental Triple Cross de Peter Lance, dont je ne saurais à nouveau recommander la lecture.

Comme j’ai déjà pu l’écrire ailleurs (sur Agoravox), ces fameux camps d’entraînement étaient bien connus de tout le monde (le juge Bruguière avait aussi découvert leur localisation… et leur gestion commune CIA-ISI, ce qu’il avait clairement écrit  dans son livre)…. Mais une chose reste surprenante en effet : selon les archives d’History Commons, « le « ratage » de la ville par la CIA ne s’explique pas. Il était impossible de ne pas y croiser des islamistes poseurs de bombes. Et ce, depuis des années. « Des « rapports de l’Associated Press indiquent que trois camps d’entraînement de militants islamistes actifs existent depuis longtemps à seulement 35 miles d’ Abbottabad, au Pakistan, où Oussama ben Laden a été tué au début du mois (voir 2 mai 2011). Les camps sont situés dans la zone Ughi du district de Mansehra, une région plus montagneuse et à quelque distance de Abbottabad. L’Associated Press affirme avoir parlé à beaucoup de gens, même parmi les militants dans les camps, et a appris que les trois camps peuvent loger des centaines de militants. Les camps fonctionnaient avec la connaissance du gouvernement (pakistanais)- 20120711-MujahideenJamiat_e-Islami in Shultan Valley 1987 with DashakaLes militaires pakistanais disent ne pas avoir eu connaissance de ces camps, mais les villageois près du camp disent que c’est impossible. Ils soulignent qu’il est encore un point de contrôle militaire sur la route de l’un des autres camps. Il y a eu des camps de militants dans la région depuis les années 1990. Un participant du camp dit que les participants peuvent prendre part à un cours de quatre semaines de compétences militaires de base, ou un cours de trois mois sur la guérilla. Les diplômés les plus prometteurs sont ensuite envoyés à la partie pakistanaise du Cachemire pour plus de formation. Les camps sont très proches au Cachemire, une région disputée entre le Pakistan et l’Inde, et la plupart des participants du camp visent sans doute à combattre l’Inde au Cachemire avec l’approbation du gouvernement pakistanais. Mais il y a inévitablement une certaine formés dans les camps qui s’impliquent avec d’autres activités militantes et des groupes du lieu [Associated Press, 5/22/2011] » Au milieu des talibans, des européens…. « Des groupes » de militants et de poseurs de bombes sont liés aux Camps – Radio Free Europe a également affirmé que les groupes militants comme le Lashkar-e-Taiba et le Jaish-e-Mohammed ont longtemps été actifs dans la région d’Abbottabad, « apparemment tolérés par l’armée pakistanaise et les services de renseignement », et que les talibans ont également une forte présence dans la région ». [Radio Free Europe, 5/6/2011]. « Certains des kamikazes pour les attentats de Londres ont été formés dans la zone de Mansehra (voir Juillet 2001), et cinq Pakistanais britanniques reconnus coupables d’un attentat à la bombe à l’engrais en 2004 (voir Début 2003 6-Avril 2004) ont été formés là aussi ». (London Times, 5/8/2011). »

Beaucoup de gens se doutaient donc de la présence de Ben Laden a proximité de ces camps (avant 2002), et ce qui demeure incompréhensible c’est qu’en 2011, alors que supposé encore vivant, l’ISI lui nettoie le terrain pour ne pas se faire repérer, en retardant le rendez-vous prévu avec Patek, le voici qu’il ne déménage pas, alors que tous les voyants indiquent qu’on remonte bien vers lui et sa cachette.  Cela, l’ISI elle-même ne peut l’ignorer.  Les services australiens, restés concernés par les morts du mouvement de Patek notamment, qui ont cerné l’endroit, et on même expliqué plus tard dans la presse avoir levé le lièvre un peu avant le raid US :  « Ben Laden ne bouge pas d’Abbottabad immédiatement après que ces rapports sortent. Après  qu’il soit tué en mai 2011 (voir le chapitre sur le 2 mai 2011), le gouvernement pakistanais va enregistrer le mécontentement du ministre australien des Affaires étrangères Kevin Rudd qui avait confirmé l’information, à propos de l’arrestation du 30 mars. Mais la confirmation de Rudd vient après que l’article de l’Associated Press ait été publié. Un responsable pakistanais dira qu’une tentative a été faite pour maintenir l’arrestation dans le secret par crainte que «qu’il y ait des morts ultérieurs. »  Pas de réaction de Ben Laden? – le journal l’Australian notera ensuite que « de nombreux experts en sécurité ont trouvé … surprenant que l’arrestation de Patek à Abbottabad n’ait pas déclenché la sonnette d’alarme dans la villa deBen  Laden et lui donner l’idée de fuir la région » [AUSTRALIAN, 5 / 6/2011].  Tout cela à condition que ce soit bien l’homme visé : à défaut de photo du corps, et de sa rapide mise à l’eau (un phénomène incompréhensible avec l’explication officielle de respect de pratiques religieuses…).

Ce n’est donc pas Larossi Abballa en personne qui s’est rendu au Pakistan, certes.  Ce sont Mohamed Niaz Abdul Raseed, et Zohab Ifzal, deux membres de sa cellule de terroristes en herbe qui se font fait pincer à Lahore… (Yoan Glet, membre du groupe, a réussi à s’échapper « à l’étranger » avant le procès, on ne possède aucune information récente à son propos : où est-il donc passé, celui-là ?). Deux français vite reliés au groupe de Patek, dont on précise bien la visite annoncée (ici le 15 avril 2011, juste avant l’assaut US). Deux sujets embrigadés ? Sans aucun doute ce qu’affirmera d’ailleurs l’avocat du second à son procès : « Pour Me Denis Hervé, défenseur de Zohab Ifzal, son client, qui était parti pour le Pakistan quatre mois seulement après avoir intégré le groupe, aurait été la victime «d’une forme d’envoûtement typique d’une secte».«On voulait profiter de sa culture pakistanaise et de sa connaissance de l’Ourdou. On l’a présenté à ce groupe qui l’a influencé et à un homme qui lui a retourné la tête», dit-il en visant le chef présumé de la filière. » Des faibles d’esprit, donc :  «Ce ne sont pas de dangereux terroristes mais des pieds-nickelés, de jeunes paumés sans repère et incultes, qui se cherchaient une identité dans l’islam radical», avait soutenu Me Georges Sauveur, avocat de Saad Rajraji.  Certes, mais embrigadés par qui pour finir par devenir de véritables assassins ?  Dans le cas de Larossi Emballa, on découvre avec effroi que ces influences sont… fort particulières, et questionnent beaucoup, depuis ce sordide assassinat, sur les capacités des services secrets français à « lier les points » entre différentes affaires de ce genre.  Ou a déterminé qui les manipule ou qui leur fournit les armes. L’évidence est pourtant là, devant nos yeux.

aberouzCar on retombe bien sur des gens connus depuis longtemps, comme le précise le 19 juin Le Point en décrivant les personnes arrêtées après l’assassinat commis par leur ami de longue date.  Ceux-là même qui avaient expédié Niaz Abdul Raseed, et Zohar Ifzal à Abbottabad. « Ils sont trois à avoir été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur Larossi Abballa, l’auteur du meurtre d’un couple de policiers à Magnanville. Alors qu’un homme est ressorti libre, Saad Rajraji et Charaf-Din Aberouz, 27 et 29 ans, ont été mis en examen samedi soir par les juges antiterroristes pour « association de malfaiteurs terroriste » criminelle, les juges ne retenant pas à ce stade une complicité directe dans le double assassinat. Ils ont été placés en détention provisoire. Tous deux connaissaient bien Larossi Abballa. Ils ont été condamnés et incarcérés en même temps, évoluant clairement dans les sphères djihadistes. La cartographie relationnelle d’Abballa se dessine peu à peu. Elle indique que l’auteur des deux assassinats entretenait des liens directs avec des membres de la filière des Buttes-Chaumont, Forsane Alizza ou encore des attentats de Casablanca. La théorie du « loup solitaire » semble de moins en moins probable. » La théorie invoquée sans cesse, rappelons-le, par Claude Guéant, répétant les dires de Squarcini, proche de Nicolas Sarkozy, désireux à n’importe quel prix de faire de Mohamed Merah un loup isolé, ce qui vient juste de démentir le renvoi aux assises de son frère, membre éminent de la non moins fameuse cellule d’Artigat…  si longtemps surveillée par la police et la gendarmerie, aux temps de Sarkozy, justement (2)…  Ce sont bien les mêmes que j’ai déjà décrit en détail ailleurs. Les pieds-nickelés des Buttes Chaumont. Les gens manipulés par Farid Benyettou, qui orbitait autour de la  mosquée Adda’wa, dans le quartier de Stalingrad des Buttes Chaumont. Benyettou, qui connaissait aussi les frères Kouachi et Thamer Bouchnak, qui s’était rêvé en footballeur professionnel. Un Benyettou qui a su jouer les paravents transparents, devenu un temps maçon plutôt discret (en 2010) puis effectuant au sortir de prison une formation d’infirmier après avoir été condamné en 2008 six ans ferme pour terrorisme. Dans le même procès d’ailleurs, qui avait condamné… Chérif Kouachi (condamné à 3 ans dont 18 mois avec sursis… et qui récidivera avec son frère dans l’horreur que l’on sait). Or dans ce procès, le rôle de Benyettou, présenté comme le mentor hâbleur de la fine équipe avait été jugé crucial : « la « filière des Buttes-Chaumont » s’apparente quasiment à une secte avec à sa tête un « gourou », Farid Benyettou, beau-frère d’un islamiste chevronné, Youcef Zemmouri. Benyettou aurait également été formé par Mohamed Karimi, idéologue du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en France jusqu’en 2000″ avait-on pu lire : encore une fois on remontait aux sources du problème, avec le GSPC.  Aujourd’hui, son ex-leader…. collabore avec les services algériens ! L’argent du GSPC, en revanche, on ne sait où il est passé… (certains en ont une petite idée).  Benyettou, lui, sorti de prison et interrogé après les attentats de Charlie Hebdo a fait profil bas, très bas même, niant toute allusion à son passé plus que trouble. Bien entendu, serait-on tenté de dire. L’histoire nous rappelle pourtant que son beau-frère du GSPC algérien, avait été interpellé et emprisonné en 1998 avec quinze autres de ses amis pour avoir préparé un «projet d’attentat» pendant la Coupe du Monde de football… (3) !

vingt ansCar comme les deux sbires arrêtés, il peut difficilement avouer aujourd’hui ses sympathies. Mais, plus adroit, ou plus manipulateur, il sait mieux les dissimuler. (en photo à droite ci-dessous il est en train de faire une prière en pleine rue, une de ses nombreuses provocations). En revanche, Charaf-Din Aberouz, lui, n’a pas beaucoup cherché, même emprisonné, à cacher ses goûts et ses espérances . Charaf-Din Aberouz a été condamné à une peine de cinq ans de prison mais il a été remis en liberté dès novembre 2015, bénéficiant d’un aménagement de peine au grand dam des surveillants de prison, qui le jugeaient incontrôlable.  Le mouton égaré présenté par ses avocats avait bien tout d’un loup enragé et revanchard, nous disait en effet hier Le Point  : « selon les informations que nous avons pu consulter, il est loin d’avoir été un détenu modèle. L’administration pénitentiaire le qualifie de « radicalisé » se comportant « en recruteur » et note : « démarche les détenus arrivants, fait la promotion de l’islam et débute l’enseignement des individus qu’il prend sous sa tutelle ». Ainsi, le 21 février 2012, Charaf-Din Aberouz organise un rassemblement d’une quarantaine de détenus lors de la promenade et prononce un discours pendant 10 minutes « dans le plus strict silence des détenus présents qui semblaient conquis et admiratifs », notent les services, inquiets. Le 27 janvier 2013, il prononce un appel à la prière en pleine nuit.Farid-Benyettou prière de rue Le 6 juin, ses gardiens rapportent un comportement « violent dans ses rapports avec les mécréants », le 31 décembre 2014, il se réjouit à l’annonce de l’exécution d’Hervé Gourdel en Algérie.  Afin d’éviter qu’il ne radicalise tous ses camarades de détention, il changera cinq fois d’établissement sur une période de trois ans et demi. Ce voyage dans les prisons françaises sera aussi l’occasion de se lier d’amitié avec des figures du terrorisme islamiste. Il fait la connaissance de Maximilien Thibaut, membre du groupe Forsane Alizza – qualifié de pieds nickelés du djihad –, ainsi que de Teddy Valcy, relation bien connue des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, auteurs des attentats de janvier. Plus troublant encore, l’administration pénitentiaire note que Larossi Abballa est ami avec Rachid Aït El Hadj, un terroriste lui aussi originaire des Mureaux, condamné en 2007 pour les attentats de Casablanca ».  Avec lui, on connecte tous les points ensemble, il semble bien.  La cellule belge et celle du Maroc, avec au milieu des français formés par les terroristes algériens de la première heure… A Artigat, il ne faut pas l’oublier,  Sid Ahmed Ghlam avait pu aussi rencontrer Fabien Clain et les  frères Merah !  Valcy ayant entre temps été condamné pour… trafic d’armes.  Teddy Valcy, comme Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly. avait tenté de faire échapper leur mentor incarcéré.  Smaïn Ait Ali Belkacem, cet islamiste radical, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat contre la station RER Musée-d’Orsay, en 1995, à Paris.  Tous connaissant Djamel Beghal, leur deuxième gourou, purgeant alors une peine de 10 ans de prison pour tentative d’attentat contre l’embassade US à Paris.  Ils s’étaient vus dans le  Cantal, là ou Beghal avait été assigné à résidence après sa peine purgée. Le jour de l’arrestation de Valcy les policiers découvrent chez lui une arme et un livre sur… Ben Laden.  Belkacem avait été arrêté dans le Nord, à Villeneuve d’Ascq.  Chez lui, on avait ait trouvé ce qui aurait pu être à l’origine  du pire attentat jamais fait en  France  : «  Ils auraient pu faire un carnage… » Les policiers lillois, associés à l’arrestation de Smaïn Aït Ali Belkacem, au matin du 2 novembre 1995 à Villeneuve-d’Ascq, soufflaient d’angoisse rétrospective. Dans l’appartement occupé depuis quelques jours par l’artificier des attentats du métro parisien, ils avaient trouvé la bombe que Belkacem projetait de poser au marché de Wazemmes le lendemain matin. Ils l’avaient compris en écoutant ses conversations téléphoniques avec Boualem Bensaïd, lui-même arrêté quelques heures plus tôt à Paris » avait écrit la Voix du Nord le 2 novembre 2015… qui titrait à son propos, sur son autre « efficacité » flagrante  : « vingt années de prosélytisme en prison » !!!  Embrigadés… et attendant les ordres. Ghlam, le meurtrier d’Aurélie Châtelain, emprisonné à l’isolement à Fresnes, avait réussi à se procurer un téléphone… qui était placé sur écoute !  Il possédait à lui seul quatre Kalachnikovs et un revolver, rangés chez lui sous la surveillance de sa femme, une bretonne convertie mère de deux enfants, voilée de la tête aux pieds !  Deux de ses complices -dont le fournisseur de Kalachnikovs- connaissaient Fabien Clain, eux aussi.  Chez la compagne de Ghlam, on a aussi découvert des clés de chiffrement, pour envoyer ou recevoir des messages codés : qui pouvait donc bien leur en envoyer ? Quel commanditaire de Syrie ou ailleurs ? Qui pouvait lui donner des instructions aussi précises – quasi militaires, est-on fort tenté de dire – que celles entendues ici en (4).  Tous trois  travaillaient discrètement dans une crêperie des Yvelines dont le propriétaire avait déjà été embarqué en 2008 dans une affaire de terrorisme.  Lorsqu’on prononce en 2015 la déchéance de nationalité des auteurs des hommes condamnés en 2007 pour  leurs liens avec les auteurs des attentats de Casablanca en 2003 (Attila Turk, Rachid Aït El Haj, Bachir Ghoumid, Fouad Charouali et Redouane Aberbi), on découvre que l’un d’entre eux aussi avait la même crêperie en point de chute !  Larossi Abballa ayant fait lui dans le fast-food… parfois vendu à la sauvette (il avait été arrêté pour cela par des policiers) !  Dans la presse, on cite à nouveau Olivier Corel, l’imam d’Artigat à propos de l’affaire Ghlam…  car, encore une fois, on retombe sur le même noyau… et les mêmes fonctionnements. Farid Benyettou, encore lui, avait eu en effet comme disciple (qu’il « formait ») un dénommé Chérif Kouachi., alors simple…  livreur de pizzas.  Mais aussi Pascal K, un des amis de Ghlam, et également son frère Franck, qui possède un profil plus intéressant encore : c’est un ancien déserteur de l’armée française. : est-ce lui qui aurait formé les frères Kouachi aux rudiments de  la manipulation des armes ? Croisé chez Benyettou, un « repenti » qui s’est empressé de condamner l’attentat de Charlie-Hebdo, et qui pouvait difficilement l’ignorer ?

pass-meziche-jpg--30b8e67a15be5bae-Mais dans cette histoire, il y a un oublié, et il est de taille.  Ils n’étaient pas les seuls en prime à s’être rendus là-bas, au Pakistan, comme j’ai pu l’écrire ailleurs. L’année suivante, d’autres (dont Merah), effectueront le même chemin – preuve peut-être que ce n’est pas Ben Laden qui importait, mais le réseau entretenu par l’ISI : « lors de son arrestation le 28 mai 2012 par la police pakistanaise, dans un bus dans le sud-ouest du pays, il était en compagnie de trois autres Français, de futures jeunes recrues pour le jihad. Les trois, originaires d’Orléans, expulsés eux aussi en France un an après (après être restés détenus par les pakistanais) étant mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes » et placés en détention provisoire. Meziche en ayant beaucoup à dire, semble-t-il : « en octobre 2010, le Spiegel rapportait que Meziche était parmi les victimes potentielles d’une attaque de drone américain au Pakistan. Selon un article de CNN de la même période et citant des sources du renseignement allemand, Meziche était un ami proche de Mohamed Atta, un des terroristes qui ont détourné le vol d’American Airlines 11 lors des attentats du 11-Septembre. Selon les mêmes sources, Meziche a notamment été en charge du recrutement pour al-Qaida à la mosquée Taiba en Allemagne » avait rappelé Slate ; qui ajoutait dans la foulée que « le raid de la Navy américaine sur Abbottabad qui a tué Oussama Ben Laden l’année dernière a fait naître des interrogations autour de ce que savaient les forces de sécurité pakistanaises sur la présence du leader d’al-Qaida dans leur pays. Du côté pakistanais, le raid a fait enrager l’armée qui n’a pas été prévenue avant l’opération, et qui n’a rien pu faire après qu’elle a eu lieu. » .  Intriguant aussi quand on apprend que Meziche, qui fréquentait la la mosquée al-Qods de Hambourg, avait été pourtant arrêté plusieurs fois par la police allemande, sans jamais avoir été inculpé ou maintenu en détention, à l’image en France d’Abdelkader Merah !!!

mezicheAuraient-ils tous deux servi d’autres intérêts (on songe au rôle d’informateurs) ? Meziche, donné un temps pour mort puis arrêté au Pakistan, sera ensuite libéré au bout de 16 mois par les autorités pakistanaises… pour finalement être expulsé et mis en examen  en France pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en vue de commettre des actes criminels » le 12  octobre 2013.  Depuis aucune nouvelle… il en à dire, pourtant, sur le 11 Septembre:  on avait en effet découvert, rappelons-le, dans le sac de Zacarias Moussaoui, son propre numéro de téléphone ! Les pékins d’Orléans auraient-ils servi d’appât pour l’approcher et l’accrocher ?  Ce dernier aurait-il négocié quelque chose pour ne pas rester dans les geôles pakistanaises ?  Ou ne pas se voir retourner en Allemagne ?  Les allemands eux-mêmes ont-ils souhaité ne pas recevoir cet encombrant colis mettant en cause leurs propres services à la veille du 11 Septembre ?  La cellule de Hambourg est-elle sulfureuse à ce point ? Sa mise à l’écart actuelle sonne étrangement : bientôt quatre ans qu’il s’est fait prendre.  Et aucun procès en vue, et aucun média pour se demander ce qu’il a bien pu raconter aux juges français chargés de l’interroger.  Comme d’expliquer pourquoi en Allemagne, ce membre de la célèbre cellule de Hambourg avait été arrêté plusieurs fois sans pour autant jamais avoir été inculpé ou maintenu en détention… tiendrait-on avec lui un Ali Mohamed bis ? Pourquoi donc n’en entendons-nous pas parler ?

Plus le temps passe, et plus cette image se renforce.  Celle d’un autre « triple cross », sorte d’agent double au minimum, sinon triple, chargé à la fois de recruter… et d’informer en même temps le parti adverse ! Il aura fallu deux ans pour apprendre qui étaient les trois pieds nickelés orléanais arrêtés, condamnés à 5 ans de prison en 2014 :  il s’agissait de trois trentenaires : Mehdi Hammami, Grégory Boudrioua, et Mohamed el Hafiani. manifestation-GU Ils s’étaient tous trois revendiqués du tabligh, cet autre mouvement extrémiste qui avait eu aussi comme adeptes les jeunes désœuvrés de Lunel.  Leur prêcheur favori, Mohammed Hammami, avait été expulsé en 2012 de sa mosquée Omar, à Paris dans le XIe (par Manuel Valls), après les frasques précédents du mouvement qui le soutenait (Forsane Alizza, qui aura bien servi Claude Guéant à détourner les médias de ce qui se passait à Toulouse et à Artigat).  Nicolas Sarkozy, cet attiseur de problèmes, lui avait offert une notoriété pourtant en faisant entrer le mouvement au sein du Conseil français du culte musulman !  J’ai expliqué ici-même ce qu’était son « école » Tabligh… le reportage de Canal avait montré le vide du contenu éducatif (« d’apprendre le Coran par cœur' » et le comportement violent du gardien (le fils du directeur !) et du directeur de la prétendue école. (Hammami en personne !). Les sbires de Forsane Alizza ayant été également vus en train de manifester en compagnie de l’extrême droite française (avec Gabriac en photo avec son manteau beige !), la manipulation semblait évidente (avec un Claude Guéant faisant tardivement perquisitionner le mouvement avant de l’interdire définitivement, après seulement la tuerie de Toulouse) ! Après leur interdiction, un sociologue viendra naïvement révéler le pot aux roses : « C’est un groupe qui existe depuis un certain temps, qui est bien connu et surveillé par la police et les services de renseignement, explique Samir Amghar. Pour eux, ce type de groupe est d’ailleurs utile. Parce qu’ils sont visibles, ils permettent d’identifier des personnes qui gravitent autour d’euxLes dissoudre ou les interdire les fait basculer dans la clandestinité. » Un autre intervenant  tenant alors à préciser « qu’il n’y a « pas à notre connaissance » de lien entre les interpellés et Mohamed Merah, a toutefois tenu à rappeler Claude Guéant… ». Ben tiens…

Comme je l’ai laissé entendre dans mon introduction, la fine équipe d’apprentis terroristes manipulés dont faisait partie Emballa, faute d’aller se battre au Pakistan, ou en attendant de le faire, s’étaient entraînés en forêt à aller décapiter…. des lapins (Forsane Alizza s’exerçant au PaintBall – une vidéo bien ridicule le montrant toujours sur le You Tube, pas pressé de supprimer ce genre de choses !). Des pieds nickelés manipulés, hélas, eu aussi et encore une fois, capables pourtant d’embarquer leurs défenseurs durant leur propre procès: « dans leurs plaidoiries, les avocats des six prévenus avaient tous minimisé la dangerosité du groupe. «Ce ne sont pas de dangereux terroristes mais des pieds-nickelés, de jeunes paumés sans repère et incultes, qui se cherchaient une identité dans l’islam radical», avait soutenu Me Georges Sauveur, avocat de Saad Rajraji. »  Pas dangereux ? On a dit la même chose (et moi-même je l’ai dit, je l’avoue – de radicaux belges entraînés par un vieillard sénile, Bassam Avachi, retrouvé dans une effarante histoire digne de « We Are Four Lions« , (elle se terminera par la mort de Raphael Gendron). Une histoire rocambolesque qui avait pour origine le Centre islamique belge (CIB) de Molenbeek, véritable foyer de terrorisme, aux aventures exposées sur des sites « attractifs » (étroitement surveillés, pourtant !) pour les faibles d’esprit.  Et pourtant… un jour, ce genre de pied nickelé visiblement bien instable se retrouve à faire la une des journaux pour un assassinat barbare. I nfluencé par des lectures, à coup sûr et par un Internet où l’extrême droite s’avère fort active, fort intrigante et fort provocatrice. Des lectures dont Abassi en personne a donné la référence.  C’est l’Express qui a soulevé le lièvre, cette fois.  En révélant au détour d’un article relatant l’agression une référence fondamentale, elle aussi pas creusée plus loin, faute de références et de connaissance du sujet, peut-être bien.  Le renseignement est là, pourtant, bien précis : « Au cours des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé dans le pavillon des victimes trois téléphones portables, trois couteaux dont un ensanglanté, mais aussi une liste de « cibles », invitant à tuer diverses personnalités, policiers, journalistes ainsi que des rappeurs.  Un Coran, une djellaba et deux livres, intitulés « La Croyance authentique » et « L’explication des trois fondements » ont été découverts dans le véhicule du tueur.  A son domicile, les enquêteurs ont saisi divers documents et du matériel informatique en cours d’analyse ».  Le second, “Le Guide de la Croyance Authentique” du cheikh saoudien Saleh Fawzân.  Saleh Fawzan, de son vrai nom Saleh Ibn Fawzan Ibn Abdullah, est un saoudien nommé en 2013 à la plus haute instance religieuse du pays, le Conseil des Grands Oulémas.  Le livre ne se trouve pas que dans les librairies salafistes… il est aussi en vente sur Amazon !  Pour le premier, c’est moins évident : serait-ce l’ouvrage de Mohammed Ibn Sâleh AL-Uthaymin ? En fait ce serait celui d’Ibn Abdel Wahab une autre sommité religieuse… né en 1703, « commentée » par Saleh Bin Fawzan Al-Fawzan.  Celui-là s’est rendu célèbre avec ses propos sur l’esclavage, dont il est toujours partisan, et le rôle des images, dont celle de chatons qui circulent sur le net, et qui devraient selon lui être prohibées (c’est semble-t-il pousser un peu loin la fatwa sur la représentation religieuse, il me semble, à moins que ces chatons soient aussi prophétiques !).

armesEt là encore, le lien avec l’extrême droite manipulatrice réapparaît. C’est dans le site alterinfo.net, de de Zeynel Cekici que l’on trouve sans chercher bien loin un article du même Muhammad-ibn-Abdel-Wahhab.

A l’extrême droite complotiste, tout est bon dès qu’il s’agît de tout mélanger.  Enfin tout, je veux parles des juifs et des francs-maçons, ou des Illuminati en prime, bien sûr.  On trouve de quoi nourrir la haine religieuse.  Cette fois ça penche côté Tawhid, le pilier du monothéisme absolu cher aux suiveurs d’Abdel-Wahhab.  C’est dans une vidéo sidérante, intitulée « la griffe de Satan », « les cornes du diable » que les conspirationnistes demeurés vient partout dans le geste de la main censée la représenter.  Une vidéo qui fait des juifs et d’israël le fameux satan, bien entendu.  On peut y lire ce chapitre sidérant  : « le bien aimé Prophète Muhammad que la paix Dieu soit sur lui, s’était vu en songe avec le Messie Issa – que la paix de Dieu soit sur lui – tournant autour de la Ka’aba avec à ses côtés le Dajjal. Ce dernier entraînera les enfants d’Israël et les soldats qui auront œuvré pour lui dans un formidable holocauste. Mais avant que ne s’achève sa funeste mission, il parcourra le monde entier et pénétrera dans chaque cité pour duper les masses lobotomisées par la téléréalité, l’athéisme, le féminisme, et autres salmigondis conceptuels dégénératifs. » De quoi bien nourrir la haine des faibles d’esprits, en effet.  L’auteur du salmigondis religieux s’appelle Imran Hosein, il se présente en « expert en eschatologie » musulmane et a pignon sur rue… chez Soral.  Il y est aussi présenté par  » la fondation culturelle stratégique de Serbie« , ou voit aussi ses textes promus par la Pravda, version… suisse, voire par Croa, le nouveau site Croah antisémite du dessinateur préféré de Dieudonné (Joe le Corbeau, le faux nom de Noël Gérard, déjà réapparu une première fois sur le net), ou par Egalité et Réconciliation de Haute-Savoie. Chez E&R suisse, on trouve un dénommé Behram Najjari, qui ne cache pas ses sympaclaude-hermantthies nazies, et pas davantage son goût pour les armes. On a découvert chez lui en décembre 2015 « des kalachnikovs, un fusil à pompe, des pistolets Glock, une hache, un M16 et une trentaine de mousquetons (NDLR : un vieux fusil) » a-t-il énuméré, en sus «d’un drapeau du IIIe Reich» et de la littérature afférente. » avait relevé le Dauphiné Libéré. Un « survivaliste » bien entendu aussi ! Et un ami – et voisin- d’Alexandre Gabriac. Gabriac, rappelons-le, est un ancien de l‘Œuvre Française, mouvement dissous (enfin, officiellement). On songe aussi au Renouveau Français, autre groupuscule intéressé il y a peu par les armes, comme on a pu le constater, et à l’organisation de déstabilisations armées à mettre sur le dos des musulmans, bien sûr. Sans même parler ici du fournisseur d’armes de Coulibaly… et des ses liens avec l’extrême droite de Serge Ayoub, autre pote de Dieudonné (à droite Serge Ayoub et Claude Hermant). En tête de chapitre, le lot d’armes ukrainiennes que souhaitaient introduire en France le jeune déboussolé de Meuse et son acolyte, lui aussi semble-t-il affilié au mouvement extrémiste. Ces gens-là manipulent tout le monde : on en veut pour exemple que l’incroyable vidéo présentée en 2002 sur les écrans de la télévision française d’un Claude Hermant jouant un grand cirque de « stay-behind » d’opérette devant un journaliste médusé (voir ci-dessous). Un show de manipulateur laissant croire que des armes, il peut en avoir quand il veut grâce à une organisation « secrète ». Celle liée à des anciens du DPS de Jean-Marie LePen; dont il s’était réclamé. En fait de fournisseur de Coulibaly, Hermant, gérant quelque temps de la Vlaams Huis en banlieue lilloise, se débrouillait visiblement fort bien tout seul, en remettant dans les circuit  (des jihadistes !) des armes achetées soi-disant « neutralisées » en Slovaquie (le manuel pour les rendre à nouveau mortelles étant en ligne sur le net, il n’avait pas à mettre en œuvre de savoir particulier !).

Igman, Konjic, military 7,62x39, bullet M67, brass case on stripper clipsAuprès de Coulibaly, tué par la police, on a donc retrouvé ses fameuses  « livraisons » (qui lui valent d’être toujours emprisonné) : une  VZ 58 Compact, de marque CZ (Kalachnikov) – numéro de série 63622F –, et deux pistolets semi-automatiques Tokarev TT33 – numéros de série RK07 et O2027… plus deux autres Tokarev (numéros de série TE1035 et EB1574) que l’on a retrouvé dans son appartement de Gentilly. Un autre fusil d’assaut VZ 58 (numéro de série (21038 M) ramassé dans l’HyperCacher provenait de Patrick Hallveht, un ingénieur belge…  bien connu de Claude Hermant (et par d’autres, à l’évidence). Et également par Antoine Denevi, 27 ans, supporter du Losc et ancien responsable dans le Nord-Pas-de-Calais de l’organisation dissoute Troisième Voie de Serge Ayoub, proche lui aussi d’Hermant, qui a fini par se faire pincer en Espagne, à Rincon près de Malaga, où il était allé prendre l’air dès l’annonce des attentats de Paris (un pur hasard, on suppose, puisqu’à ce jour il n’a été arrêté que pour « trafic d’armes » !). Les balles de l’assaut de Charlie-Hebdo étaient bosniaques : fabriquées par la société Igman en 1986 à Konjic, au sud de Sarajevo. C’est avec ce type de munition qu’a été tuée (dans le dos) la policière de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe. On attend toujours, à cette date, de savoir d’où provenaient les 4 Kalachnikovs de Ghlam. De Slovaquie, elles aussi ? Quand je vous disais que tout cela rappelait de vieilles histoires…

 

(1) selon Le New-York Times du 22 juillet 2009 : « Les cas en Belgique et en France portent sur deux groupes de citoyens français et belges, dont plusieurs formés dans les camps, ainsi que d’une femme d’origine marocaine, Malika Aroud, accusée d’utiliser l’Internet pour recruter de jeunes musulmans pour les former à Al-Qaïda. M. Vinas devrait être un témoin clé dans ce cas parce qu’il a passé du temps dans les camps d’entraînement avec ces hommes. M. Vinas, qui est en détention à New York,a également fourni un témoignage une déclaration de 20 pages qui sera déposée comme preuve dans le cas de la Belgique, selon la justice. Mme Aroud, de nationalité belge, est devenue l’une des djihadistes d’Internet les plus importantes en Europe. Son mari a tué le chef de la résistance anti-talibans Ahmed Shah Massoud deux jours avant les attaques terroristes du septembre 11 2001,  à la demande d’Oussama ben Laden ».

(2) « La voisine d’en face est moins étonnée. Résidente depuis six ans, elle avait repéré le ballet des voitures de gendarmes. Ces derniers n’avaient d’ailleurs pas manqué de la questionner sur les anciens propriétaires à son arrivée, et de la prévenir : « Vous risquez de nous voir passer souvent. » «Des rumeurs circulaient à Artigat, dit-elle. Ça allait loin. Certains allaient jusqu’à dire qu’ils étaient impliqués dans les attentats de 1995 à Paris ! » Elle ajoute : «Vu qu’ils avaient un mode de vie repliés – tout était fermé chez eux-, on ne peut pas éviter d’être soupçonneux.» 

(3) Après s’être rendu en Qyrie et avoir tenté d’entrer en Irak, « il rentre à Paris, travaille quatre mois comme coursier, épargne les indemnités de son licenciement économique, devient livreur pour un traiteur chinois, reprend les cours de théologie chez Benyettou. Avec 8 000 euros d’économies, il paie un billet aller-retour pour Damas et règle celui d’un coéquipier. Thamer Bouchnak a l’intention de rentrer le 10 février. Début janvier, il postule d’ailleurs à plusieurs emplois, à la RATP, à la Poste et même «au rectorat pour devenir entraîneur ou animateur sportif». Il part quinze jours en Arabie Saoudite pour un pèlerinage, revient à Paris afin de repartir en catimini le lendemain en Syrie, puis en Irak. Farid Benyettou lui a enjoint de n’en rien dire à sa famille : «Le Jihad, c’est solitaire.» Côté formation militaire, «Benyettou a juste présenté à Bouchnak un type inconnu qui, à une station de métro du XIXe, lui a expliqué à partir d’une planche de croquis le fonctionnement d’une mitraillette, d’une kalachnikov, et lui a mimé comment tenir l’arme, la charger et l’actionner», rapporte un enquêteur. Thamer Bouchnak est censé expliquer la théorie à son coéquipier de Jihad, Chérif Kouachi. Pour la forme physique, ils font «un entraînement civique» qui consiste en «un jogging dans un stade sous la pluie».

(4 « Tu vas trouver sur cette rue une sandwicherie qui est dans un angle, ça s’appelle L’Atmosphère. (…) Tu regardes parmi les voitures garées là, et tu cherches une Renault Mégane. (…) Tu regardes sur la roue avant droite, tu vas trouver les clés posées dessus. (…) Tu ouvres, tu récupères le sac et tu vas le ranger dans ta voiture. (…) Une fois que c’est fait tu vas garer ta voiture plus loin et tu la laisses, tu reviendras la récupérer demain matin. (…) Tu rentres en transport à la maison.(…) Mets des gants quand tu touches la voiture. (…) Le paquet, c’est ce que tu as besoin pour travailler. Quand tu as récupéré le sac, envoie-moi un message. » La précision de la description fait énormément songer à des directives faites par un militaire, ou un habitué des filatures policières, voire des services secrets. La mise en scène nécessite un temps de préparation -celui du positionnement de la voiture et de la manière d’y dissimuler ses clés – qui tranche fortement avec l’impression d’amateurisme des participants (lors de l’attentat de Charlie-Hebdo on avait pu le constater).
Une des sources à lire sur Hermant :

http://www.greffiernoir.com/charlie-hebdo-amedy-coulibaly-claude-hermant-kouachi-suvivalisme-seth-outdoor-bad-terrorisme

L’émission « Pièces à Conviction » de 2002 (une mise en scène rocambolesque à mettre en correspondance avec les « ordres » émis par le commanditaire de Ghlam) :

Quand Hermant jouait au survivaliste (une idée empruntée à Piero San Giorgio, copain de Dieudonné et de Soral):

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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