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APL – gouvernement Macron: les pauvres, premiers visés par une mesure d’austérité

Macron annonce la réduction de l’aide au logement dès octobre
Par Kumaran Ira
24 juillet 2017

Dans le cadre de l’austérité drastique qu’il veut mener, le gouvernement Macron a annoncé une réduction des aides personnelles au logement (APL) de cinq euros par mois à partir du 1er octobre.

Les APL subiront «une baisse de 5 euros par mois et par ménage à partir d’octobre suite à l’application d’une réforme d’économie budgétaire décidée sous le quinquennat précédent et pas encore appliquée», a indiqué à l’AFP une responsable du ministère de la Cohésion des territoires.

Cette réduction touchera 6,5 millions de personnes, dont 800,000 étudiants, qui bénéficient de l’APL afin de suppléer à leurs revenus, insuffisants pour payer leurs loyers.

Les APL ont pour objectif de réduire les dépenses de logement des ménages. Elles sont calculées en fonction de la situation familiale, de la nature du logement et du lieu de résidence du bénéficiaire, afin de permettre à des populations qui ont des difficultés à se loger, dans une contexte de montée rapide des loyers, à bénéficier d’une certaine réduction de leurs loyers.

L’Etat verse environ 18 milliard d’euros pour les aides au logement par an. Grâce à cette réduction, le gouvernement compte économiser 32 millions d’euros par mois (390 millions d’euros par an). C’est la troisième fois dans un an que l’Etat annonce la réduction de l’APL.

Le gouvernement prétend que la réduction de l’APL permettra de limiter l’inflation des prix du logement, en empêchant notamment que les propriétaires, qui touchent directement l’APL, n’en profitent pour faire flamber les loyers encore davantage.

Lors de son discours de politique générale du 4 juillet, le premier ministre Edouard Philippe a estimé que « nous dépensons deux fois plus que nos voisins dans l’aide au logement, et pourtant les Français continuent d’éprouver des difficultés à se loger ».

Selon Jean-Noël Barrot, économiste et député LREM des Yvelines, les APL entraînent ainsi « une augmentation des loyers qui bénéficie aux propriétaires », car « 18 milliards d’euros » reviendraient « chaque année à une politique qui produit des effets opposés à ceux fixés ».

Cela fait partie de dizaines de milliards d’euros en coupes sociales que prépare Macron, alors que sa réforme de la fiscalité fait davantage de cadeaux aux riches. Elle réduira encore la charge fiscale des grandes entreprises, et sa baisse de l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) permettra aux riches de payer 3 milliards d’euros de moins en impôts.

 

Cette attaque sociale n’est qu’un début. Selon le gouvernement, l’Etat français contribuerait beaucoup plus d’argent aux aides sociales que ses voisins européens. Alors qu’il lance son assaut sur la classe ouvrière, Macron veut encore augmenter l’effort de défense de plusieurs milliards d’euros pour financer les guerres extérieurs et pour les mesures d’État policier à l’intérieur du pays.

Jeudi, lors du débat d’orientation des finances publiques pour 2018, le ministre des Comptes publics Gerald Darmanin a annoncé des coupes dans les dépenses de logement, de formation professionnelle et dans les aides sociales, où la France dépense «plus que ses voisins sans pour autant améliorer les services». Il avait appelé à un «effort sans précédent», afin de réduire de 3 points le poids des dépenses publiques (56,4% du PIB) d’ici 2022. «Trop de dépenses, donc trop d’impôts, trop de déficits et trop de dette», avait-il plaidé.

«Avec le niveau de dépenses le plus important de tous les pays européens, nous devrions avoir le taux de chômage le plus faible, la croissance la plus forte, la balance commerciale la plus vigoureuse et c’est exactement le contraire», avait ajouté le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

La réduction de l’aide au logement pour les ménages souligne l’hostilité envers les travailleurs et les jeunes de l’aristocratie financière représentée par Macron.

Le gouvernement veut continuer à faire payer les travailleurs qui pour la crise provoquée par la criminalité financière des classes capitalistes. Après la crise économique en 2008, le capitalisme européen a intensifié les mesures d’austérité et les coupes sociales à travers l’Europe, y compris en Grèce, qui ont produit une catastrophe sociale. Des millions des travailleurs ont souffert une destruction sans précédent de leurs acquis ; des millions d’emplois ont été supprimés.

L’austérité n’a pas réduit la dette publique, qui continue à grimper. C’est l’aristocratie financière qui a largement bénéficié de ces coupes sociales drastiques. Les allégations selon lesquelles l’État n’a pas d’argent est une fraude. Au courant de la dernière décennie, alors que la classe ouvrière voyait s’effondrer leurs salaires et leurs acquis, les super riches ont énormément augmenté leurs fortunes. L’argent extrait de la classe ouvrière par l’élimination des programmes sociaux de base est allé directement dans les poches de super-riches.

La fortune totale des milliardaires français a bondi de 21 pour cent par rapport à 2016, à 245 milliards de dollars, selon le magazine Forbes. Les seuls 10 Français les plus riches détenaient 20 milliards d’euros en 1996 ; mais leurs richesses ont atteint 71,3 milliards d’euros en 2009. Entre 2009 et 2015, le montant a augmenté pour s’élever en 2015 à 195,3 milliards d’euros, selon le magazine économique Challenges. Le capital de ces dix Français les plus riches avait donc augmenté en moyenne de 273 pour cent.

Selon ce même hebdomadaire, le capital cumulé des 500 fortunes plus grosses fortunes s’élève en 2015 à 460 milliards d’euros, cinq fois plus qu’en 1996.

Alors que les gouvernements successifs mènent des attaques sociales contre la population, ils font tout pour que les riches puissent bénéficier de réductions de leurs impôts, grâce au bouclier fiscal. Sous Hollande, les plus riches ont bénéficié des allègements sur l’ISF en 2015.

En 2016, Le Canard enchaîné s’est procuré un document de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) recensant les allègements sur l’ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) en 2015. Sur les 50 contribuables les plus riches, 11 d’entre eux n’ont pas payé d’ISF grâce au bouclier fiscal du PS. Selon le Canard, « les 50 contribuables les plus riches auraient dû payer 220 millions d’euros d’ISF. Finalement, avec la réduction Hollande, ils n’ont payé que 21 millions d’euros. Soit une réduction de -90% d’ISF. Record à battre. »

 

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