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Ambassadeur chez Trump, tarif d’entrée 1 million de dollars

Trump est bien plus condamné qu’on ne le pense, malgré sa horde de trolls fanatiques qui fait feu de tout bois pour le défendre (on a vu de drôles de titres apparaître chez BFM TV en France, notamment, ou chez RT Russia (repris ici), ce qui là n’est pas vraiment une surprise à cet endroit comme pour Sputnik).  Car c’est bien tout un système mis en place par son gang de mafieux, comprenant l’impayable Rudolf Guliani, et son beau-fils, englué lui-même dans la gestion à perte d’un immeuble new-yorkais déficitaire, qui est en cause.  Hier, je vous contais l’histoire d’une ambassadrice américaine nommée en Ukraine (par Obama) et brusquement relevée de ses fonctions alors qu’elle touchait au but sur place, en ayant pointé du doigt un procureur qui protégeait ouvertement l’envoyé de Trump, Paul Manafort, celui  qui dort depuis en prison pour corruption aggravée et dissimulations de revenus…

… Aujourd’hui, je vais vous expliquer à quoi à conduit la terrible campagne d’opinion orchestrée par l’extrême droite US de Steve Bannon notamment et par Jared Kushner, le fameux gendre, pour la retirer de ses fonctions.  Une cabale, montée de toutes pièces, car ce qu’il lui a été reproché est exactement l’inverse de ce qu’elle était en train de réaliser !  Il faut dire que le clan Trump, avec ce même Jared, et son beau-père, a de drôles de méthodes pour recruter des ambassadeurs à leur main : je vous en ai trouvé un qui vaut le détour en effet :  il a payé sa place, au tarif fort, soit un million de dollars !  Jusqu’à hier il y en avait aussi un autre, en Ukraine, mais il vient juste de démissionner, sans donner d’explications.  Chez lui, c’est à l’évidence « courage, fuyons » semble-t-il : il a senti le vent du boulet passer.  Le radeau qui tangue de l’équipe de forbans trumpiens voit ses rats le quitter et sauter à l’eau l’un après l’autre… La Trump Team, c’est aujourd’hui le radeau de la Méduse.  Ils ne devraient plus tarder à se dévorer entre eux… ça ne saurait tarder maintenant.  Le système Trump tient par la terreur qu’il impose aux républicains.  Ce système tenait tant que Trump était considéré comme intouchable.  Aujourd’hui qu’il est affaibli, la peur a fait place à l’incrédulité.  La fin de la kakistocratie de Donald Trump est proche…

L’allié oublié de Trump, qui a fait de la prison et que Donald a gracié

Mais avant, admirons cette image incroyable extraite d’un clip vidéo diffusé sur le site officiel du président américain et titré « je nettoie le marécage », un des slogans de campagne préférés de Donald, Un Donald ayant perdu la boule, visiblement, puisqu’on peut lire dès le début du clip cette injure incroyable à propos de Joe Biden : « fils de pute, t’es viré »... l’extrait de Trump a été emprunté en fait à The Sun de New-York, et c’est effectivement la phrase fort moqueuse qu’avait fait utiliser Biden, friand de faire des bons mots, pour expliquer et résumer les nombreuses demandes américaines pour évincer le procureur Shokin qui avait bien fini par être écarté (alors qu’il ne s’occupait pas du fils Biden contrairement à ce qu’a raconté partout Rudy Guliani, sans preuve aucune).  La phrase prononcée au Council on Foreign Relations de janvier 2018, devant son directeur Richard Haass, reprise des célèbres émissions de Trump ne lui a pas plu, visiblement.  Le journal Sun cité est un journal ultra-conservateur très ancien, resté célèbre pour avoir créé le premier Moon Hoax sur l’existence d’une vie sur la Lune… Trump, dénonciateur de fakes, lit donc un journal dont la réputation s’est faite à partir de fausses nouvelles !!!

On remarquera surtout que le journal droitier a pour principale signature Conrad Black, qui a aussi signé ce papier dans le National Post : « Why Donald Trump will win big in 2020 » ou celui-ci ; « Trump continues to beat a media e to bring him down ». Il faut aussi savoir qui est donc ce fameux Conrad Black, qui est canadien (il est né à Westmount est il est très anti-Québec) qui encense régulièrement Donald… et là, écoutez bien, il y a de quoi sourire : voici sa biographie, résumée ainsi dans l’Encyclopédie canadienne : « Conrad Moffat Black, baron Black de Crossharbour (ici à droite), éditeur de presse, auteur, chroniqueur et historien (né le 25 août 1944 à Montréal, au Québec). Entre 1969 et 2004, Conrad Black a possédé et publié un grand nombre de journaux au Canada et à l’étranger. En 2007, il a été reconnu coupable de fraude postale et d’obstruction à la justice et a été emprisonné aux États‑Unis. Cependant, en 2019, il a été gracié par le président américain Donald Trump. Conrad Black est un célèbre auteur et chroniqueur, spécialisé en histoire et en politique»  Non , vous n’avez pas rêvé : l’homme qui passe autant la brosse à reluire à Donald est un repris de justice, condamné mais gracié récemment (en mai 2019) par Trump, ce mafieux véritable  !!! La brosse à reluire a un coût (son livre « Donald J. Trump: A President Like No Other ») !!! Le marigot de Trump se nourrit de ses thuriféraires et leurs coups d’encensoir !!!  Plus sidérant encore:  Black, en décembre 2017, avait réussi à placer un texte dans la fondation Nixon expliquant selon lui que les attaques des médias contre Trump équivalaient à celles qu’avaient connues Richard Nixon. Un texte qu’il devrait méditer aujourd’hui à voir comment Nixon a terminé sa carrière, par une démission forcée… et la honte nationale (il devrait aussi repenser à son tweet de 2017 ici à droite…).  Oubliant aussi au passage les liens qui l’unissaient à Trump, des liens bien entendu… immobiliers : « Les relations commerciales entre Trump et Black s’étaient croisées lors d’une transaction immobilière à Chicago lorsque Hollinger, dont Black était alors président, avait vendu l’immeuble qui abritait son Chicago Sun-Times à Trump. À son apogée, la société Black possédait plus de 500 journaux en Amérique du Nord et à l’étranger, notamment le National Post et le Daily Telegraph à Londres. « Depuis le jour où, en 2003, les investisseurs institutionnels de Hollinger ont commencé à réclamer une « plus grande transparence » sur les frais de gestion versés à Black et à une poignée de lieutenants, Trump était de retour. Bien qu’il ne soit pas actionnaire, Trump a assisté à la réunion des actionnaires et a déclaré aux investisseurs rassemblés: «Je soutiens pleinement la société et son management, et en particulier, j’ai un grand respect pour Conrad Black. » Un an plus tard, plus se rassemblant contre Black, Trump fit de nouveau connaître son point de vue. «Conrad est un homme extrêmement fort qui finira par surmonter ces obstacles. Il prévaudra », a-t-il déclaré à Vanity Fair. » Rien ne se fait chez Trump sans ce genre de relation. C’est un mafieux entrepreneur immobilier, pas un président, qui sait se déplacer pour venir en aide à ses copains mafieux détourneurs d’argent ! Pour soutenir les corrompus et aujourd’hui dire que ce sont les autres qui le sont.  Chez Trump, jamais avare d’un retournement de veste, on peut rappeler qu’il avait affirmé en 2016 que les politiciens ukrainiens étaient selon lui « tous corrompus » !!!

Un drôle de pompier envoyé pour éteindre l’incendie

La cabale orchestrée par Jared Kushner, beau-fils genre la voix de son maître, reposait sur les délires d’un Rudy Giuliani, auto-bombardé « avocat des USA » lors d’une interview récente alors qu’il n’a jamais possédé de mandat officiel du gouvernement US pour agir ou plutôt s’agiter en Ukraine ; il est l’avocat personnel de Donald Trump, rien d’autre.  Il s’est aussi déclaré par la même occasion être le « héros du scandale Ukrainien ».  Le héros peut-être pas… le clown pitoyable très certainement, avec cet entêtement devenu obsessionnel contre les Biden.  Pour entretenir ce délire, il fallait des relais.  Les plus à même de le faire étant des envoyés sur place, ou à défaut des ambassadeurs plus coopératifs. En écartant celle qui avait ouvertement affiché son désir de lutter contre la corruption, la Trump Team choisissait donc plutôt ceux qui ont fermé les yeux sur ceux qui ont littéralement grugé l’Etat ukrainien.  Le but étant de protéger leur représentant, Paul Manafort.  L’idée imaginée par Guliani étant de faire tourner les regards vers quelqu’un d’autre, du camp (démocrate) opposé.  Le fils de Joe Biden, avocat conseil d’une entreprise ukrainienne était un objectif tout trouvé.  L’ambassadrice gênante revenue à Washington, Giuliani pouvait alors prendre parole avec la nouvelle équipe élue, moins expérimentée et plus malléable que la précédente.  C’est ainsi qu’est apparu un autre homme, un nouvel ambassadeur… européen.  Mais pas tout à fait dans le rôle auquel on aurait pu s’attendre… « Selon deux sources internes au ministère, des diplomates américains, notamment Sondland et Volker, étaient au courant des détails du travail de Giuliani en Ukraine sur Biden dès ce printemps. Ces sources ont déclaré que de hauts responsables du département avaient été vus lors d’appels de Giuliani avec Volker et Sondland. «J’ai le plus parlé à Kurt Volker, mais j’ai déjà participé à des conférences téléphoniques avec [Sondland]», a déclaré Giuliani. Giuliani a également affirmé qu’il n’avait pas demandé à être mis en contact avec Sondland, mais qu’un jour de façon inattendue, il s’est retrouvé «en conférence téléphonique avec lui» pour discuter des efforts de l’Ukraine ». En fait le 26 juillet, le même Sondland était en rendez-vous avec Andriy Yermak et Igor Novikov, à Kiev, comme il l’a lui-même posté sur Twitter (ici à droite).  Selon Rebbecca Balhaus, en juillet dernier, le premier des deux avait pris contact en avril mais pour toute autre chose : « Andriy Yermak, un des principaux collaborateurs du président ukrainien, a demandé au département d’État le numéro de Giuliani. Il a ensuite appelé Giuliani pour lui demander de calmer les critiques de Zelensky à la télévision. Giuliani a répondu en suggérant à l’Ukraine d’enquêter sur Hunter Biden ». Pour ce qui est du second rencontré, c’est un … futurologue, bien en cour auprès de Zelensky qui l’a nommé « conseiller indépendant à la présidence » mais qui surtout dirige la branche ukrainienne de l’American Institute of Singularity, créé à Moffett Field, en Californie. L’un de ses deux fondateurs est Peter Diamandis, celui qui a lancé le X-Prize, repris ensuite par Hamid Ansari. Les deux envoyés de la Maison Blanche, Sondland et Volker étaient venus pour déminer les frasques de Rudy, et ces envois répétitifs de messages confus et alarmants : « ils ont ensuite rencontré des membres de l’équipe du président ukrainien pour les aider à «comprendre les différents messages qu’ils recevaient des chaînes officielles américaines, d’une part, et de M. Giuliani, de l’autre» dit le texte de la plainte déposée.  Des pompiers venus volant au secours d’une diplomatie malade, kidnappée par un demi-fou !!!  Un pyromane en diplomatie, dont il fallait préserver le nouveau président ukrainien : « le lendemain, selon la plainte, Volker et Sondland ont rencontré Zelenskiy et d’autres politiciens ukrainiens pour leur donner des conseils sur la manière de «naviguer» dans les revendications du président américain ».  Des pompiers chargés d’éteindre les tweets présidentiels ?

Le travail de l’ombre de Rudy, sapeur de démocratie

Que venait faire l’ambassadeur américain à Bruxelles à Kiev pour rencontrer deux proches du nouveau président ? La réponse est donnée par le « whistleblower », lui-même, le lanceur d’alerte qui s’était immédiatement inquiété de la tournure mafieuse du coup de fil de Trump : « la plainte du lanceur d’alerte fournit des explications plus détaillées, alléguant que Sondland était impliqué de deux manières: faire un suivi en personne des responsables ukrainiens après l’appel du 25 juillet, et tenter d’aider à « contenir les dommages » causés par l’avocat personnel de Trump, Rudy Giuliani, qui s’est engagé dans un effort non officiel visant à pousser les responsables ukrainiens à enquêter sur les Biden ». En somme, que Sondland avait été envoyé comme pompier pour éteindre l’incendie provoqué par Giuliani, avec ces demandes à répétition d’enquêter sur Hunter Biden… En somme, que la Maison Blanche était déjà en train de s’apercevoir qu’elle se fourvoyait totalement en suivant les délires de celui qui avait toujours l’oreille du Président (du moins s’en vante-t-il toujours), montrant ainsi ce que décrit aussi le lanceur d’alerte, à savoir que pas mal de hauts fonctionnaires au sein même de la Maison Blanche trouvent Trump dangereux, notamment diplomatiquement.  D’où le fait de planquer dans des serveurs cryptés ses conversations (ce qui s’appelle aussi de la dissimulation de preuves), ou de faire suivre à la trace son principal envoyé dont on se demande s’il a encore toute sa tête, parfois, à dire tout et son contraire en moins d’une minute… (comme ici à droite sur CNN… Si le président a un grain, son joker est bon aussi pour l’asile !!!  Ici, un résumé des interventions de Giuliani à la télé américaine la semaine dernière :  c’est du grand cirque, d’un ridicule achevé !!!

Une photo fort révélatrice

Vous vous rappelez de l’ambassadrice US relevée de ses fonctions après une cabale organisée par…. Guliani et ses amis extrémistes (et Yared Kushner) ?  Elle s’était heurtée à un des symboles de la corruption ukrainienne, « le mur de briques » décrit à l’épisode précédent, qui bloquait toute les enquêtes, laissant la corruption courir et s’étendre.  Or que découvre-t-on ?  Que ce même procureur félon avait eu un visiteur bien particulier : « Giuliani a également fait les yeux doux à une personne au moins désignée par le Département d’État américain comme un mauvais acteur, le procureur spécial anti-corruption d’Ukraine, Nazar Kholodnytskyy. En mars, Marie Yovanovitch, ambassadrice des États-Unis en Ukraine, avait exhorté l’Ukraine à renvoyer Kholodnytskyy après que des informations auraient révélé qu’il avait informé les suspects de leurs affaires. Début mai, Yovanovitch a été rappelée de son poste en raison des pressions exercées par le procureur général de l’Ukraine, Yuri Lutsenko, qui avait été en contact avec Giuliani, selon les détails de la plainte. Quelques jours après l’inauguration de Zelenskiy le 20 mai, Giuliani a rencontré Kholodnytskyy, selon la plainte. Les reportages de l’époque montrent une photo de Giuliani, Kholodnytsky et du procureur anticorruption français Charles Prats à Paris le 22 mai ».  Giuliani, pourfendeur autodéclaré de la corruption en Ukraine, venu discuter avec celui blâmé par l’ambassadrice américaine comme étant un des grands facilitateurs de la corruption dans le pays (en France, Prats est classé plutôt à droite, insistant surtout sur la « fraude sociale« ) !!!

L’oligarque oublié de l’affaire

Tout le remue-ménage de Giuliani ne consistait qu’à une chose : tenter de tourner le projecteur ailleurs que sur Paul Manafort. On a vu que ça a raté, puisque l’envoyé de Trump dort désormais pour un bon bout de temps en prison. Trump n’a jamais digéré l’incarcération de son fidèle directeur de campagne et Giuliani n’a eu de cesse d’alimenter le feu de son ressentiment. La victime expiatoire de cette vengeance étant Hunter Biden, contre qui aucune enquête du gouvernement ukrainien n’a pourtant été diligentée.  Focaliser l’option sur lui, c’était oublier un autre homme dans l’affaire : Dmitry Firtash, l’homme aux deux jets privés, un énorme Boeing 737, modèle BBJ immatriculé D-AACM et un Embraer Legacy OE-IRK (ci -contre l’intérieur de son Boeing).  Car sur celui-là, il y a à en dire, en revanche… Depuis ses récents ennuis, on va voir lesquels un peu plus loin, Firtash s’est choisi un avocat de la trempe de Giuliani :  Joseph diGenova, qui a appelé Donald Trump à pardonner Scooter Libby, le conseiller véreux de Dick Cheney, ce que Trump a fait le 13 avril 2018 et que tout  le monde a oublié depuis.  DiGenova, secondé par sa son épouse, Victoria Toensing, enrôlée elle aussi dans l’équipe défendant Trump, est bien un Giuliani bis en effet :  en avril 2018 encore, il avait appelé au limogeage pur et simple du sous-procureur général Rod Rosenstein, en déclarant le même jour que que l’équipe de Robert Mueller enquêtant sur l’ingérence de la Russie lors de l’élection de 2016 consistait en des « terroristes légaux » et avait même qualifié l’ancien directeur du FBI, James Comey, de « flic sale ».  Un Giuliani bis qui a aussi travaillé avec lui, dans un cas bien particulier et vous vous doutez déjà de qui il s’agît : « DiGenova (ici à droite avec sa femme et en-dessous à gauche chez Fox News) et Toensing ont travaillé avec Rudy Giuliani sur une recherche d’opposition ukrainienne à utiliser contre le candidat démocrate Joe Biden en 2020, selon Fox News Sunday. Tous les trois travaillaient en dehors des textes de loi, en dehors de l’administration, selon Fox News. «La seule personne au gouvernement qui sait ce qu’ils faisaient est le président Trump», a déclaré l’animateur de la Fox, Chris Wallace », écrit Wikipedia !!!  Avocat d’un Firtash qui avait fait une partie de sa fortune en travaillant avec… Boeing, dans un cas fort particulier il est vrai :  en 2007 il avait signé un accord avec la firme d’aviation pour lui fournir du titane, matériau indispensable dont longtemps la Russie a été productrice principale (c’est assez incroyable, mais le Lockheed SR-71 qui a survolé Baïkonour pour prendre la photo du site explosé de l’immense fusée N1 avait été construit en grande partie avec du titane russe !!!).  Depuis, c’était l’Inde qui le proposait, ce matériau stratégique dont l’aviation a tant besoin.  Pour obtenir le minerai, Firtash avait largement arrosé les fonctionnaires indiens en leur versant des pots-de-vin :  c’est ce qu’on lui reproche entre autre aujourd’hui.  Le contrat de la mine offrait des pots de vins évalués à 18,.5 millions de dollars et devait rapporter 500 millions par an… à une entreprise américaine « indéterminée » …  Or l’année suivante, Paul Manafort apparaissait dans un des dossiers immobiliers de Firtash, celui de l’achat de l’hôtel Drake à Manhattan, un projet à 850 millions qui visait à transformer tout le bâtiment en appartements de luxe.  Un troisième associé au projet s’appelait comme par hasard Oleg Deripaska, autre milliardaire russe impliqué jusqu’au cou dans l’élection de 2016, apparu dans le consortium réunissant Manafort et Firtash appelé Pericles Emerging Market Partners.
Le projet n’avait pas abouti alors que Firtash avait mis 25 millions de dollars sur la table.

Firtash, à la surprise générale, a été arrêté en 2014 à Vienne, et placé en résidence surveillée en attendant une extradition vers les USA.  Un Firtash repéré pour ses amitiés sulfureuses … « Un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks en 2008 évoque déjà à l’époque ses liens avec l’un des rois de la pègre russe Semion Mogilevich, l’une des dix personnes les plus recherchées par le FBI. « Firtash reconnaissait qu’il avait besoin de l’autorisation de Mogilevich pour démarrer ses business », écrit l’ex-ambassadeur américain en Ukraine William Taylor à l’issue d’une rencontre de deux heures avec Firtash. Après l’effondrement de l’URSS, « c’était la loi de la rue », se justifiait-il auprès du diplomate. Autre exemple de l’étendue de son carnet d’adresses : c’est un Russe proche des cercles du pouvoir qui n’a pas hésité à payer sa caution de 174 millions de dollars pour le faire sortir de prison. Son nom ? Vassili Anissimov, un ancien propriétaire d’usines d’aluminium qui compte parmi ses partenaires Arkadi Rotenberg, ami d’enfance de Vladimir Poutine. « Firtash était un agent direct du Kremlin », poursuit Wicker dans sa missive » nous précise le Point qui nous rappelle que Firtash (comme Manafort) avait clairement choisi son camp, celui du président pro-russe Viktor Ianoukovitch (Yanukovych). Un Firtash qui n’avait pas du tout apprécié le rôle de… Joe Biden dans le pays pour écarter du pouvoir les proches de Poutine, ainsi que celui de Victoria Nuland (ici à droite), ancienne envoyée du State Department for the European and Eurasian Affairs, nommée par Obama, pour faire la chasse à la corruption dans le pays.  Nuland (qui est aussi la femme de Robert Kagan le néo conservateur, ex républicain parti à l’arrivée de Trump) est particulière, car c’est elle qui a découvert et  répandu le surenant rapport de l’espion anglais Chistopher Steele, que personne n’avait crû au départ et dont James Comey a parlé à Donald Trump le jour même de son intronisation, pour être viré peu de temps après sans ménagement, preuve que Donald Trump ne comprend rien à rien et prend tout personnellement (en ce moment Giuliani parle pour le pays, au nom de Trump seul par exemple !).

Un retour qui pourrait être catastrophique… pour Trump

Pour Firtash aussi, la révolution de Maidan qui a chassé Ianoukovitch est avant tout l’œuvre des américains et non d’un sursaut démocratique du pays. A ce jour, le milliardaire attend toujours son extradition vers les USA, en liberté surveillée après avoir payé une caution de 174 millions de dollars, un retour dont personne dans l’entourage de Trump ne souhaite la réalisation. Une caution payée en effet en partie par son ami Vassily Anisimov, autre oligarque milliardaire proche de Poutine (propriétaire du yacht de 70 mètres St Nicolas et du Bombardier BD-700-1A10 Global 6000 LX-NAD bien reconnaissable ici à droite). Car il aurait d’autres révélations à faire sur Paul Manafort et Oleg Deripaska !!!  Mauvaise nouvelle pour lui, le 22 juin 2019, la juge Rebecca Pallmeyer de l’U.S. District Court de Chicago récusait les plaintes de ses avocats demandant l’abandon des charges contre le milliardaire.  Le remue-ménage de Giuliani avait permis d’oublier l’épisode, dont les médias n’avaient pas beaucoup parlé, à la place des gesticulations en écran de fumée de l’avocat de Trump ! L’arrivée de Firtash aux USA serait pour sûr un désastre en effet, car en appartement il a facilement déclaré que Trump était un imbécile « qui ne sait pas parler, il n’a aucune éducation». « Trump est un homme d’affaires, une personne qui a fait faillite à quatre reprises », a-t-il déclaré. «Ce n’est pas facile pour lui. Il a cherché à se sortir du pétrin tout le temps. En ce sens, il est assez malin, assez capable de prendre des décisions et de faire avancer les choses. Mais je ne peux pas dire qu’il soit trop intelligent. Ça, je ne peux pas le dire ».  Voilà qui promet !  En somme un mafieux, mais pas un président, ce que le monde découvre enfin !

Les envoyés très spéciaux (et très riches) de Trump

L’un des deux hommes surgit dans l’affaire pour tenter de colmater les brèches ouvertes par Guliani dans la coque du vaisseau fantôme de Washington est lui-même, à sa façon, fort représentatif de cette politique sans boussole qui navigue à vue, guidée par deux illuminés (et deux vieux amis sinon complices dans leurs délires).  C’est en effet le choix de cet homme par Trump qui est significatif :  en aucun cas son savoir diplomatique n’a joué dans sa nomination.  S’il est arrivé à cette place, c’est qu’il l’a… payée, et cher : « Le président Donald Trump a annoncé vendredi qu’il comptait nommer l’hôtelier de Portland, Gordon Sondland, fondateur et PDG de Provenance Hotels (ici à droite), pour devenir l’ambassadeur du pays auprès de l’Union européenne.  Si approuvé par le Sénat, Sondland deviendrait le deuxième homme d’affaires de la région de Portland nommé par Trump à un poste d’ambassadeur. George Glass de Lake Oswego, ancien associé directeur et propriétaire de MGG Development (une entreprise immobilière) et fondateur de Pacific Crest Securities, a commencé à agir en tant qu’ambassadeur du Portugal en août 2017.  Glass et Sondland partagent un autre trait commun: tous deux ont contribué financièrement à Trump.  L’an dernier, Sondland a fait don d’un million de dollars au comité d’inauguration du président, selon le Center for Responsive Politics.  Glass a versé 22 000 dollars au comité d’inauguration, en plus des 77 500 dollars qu’il a versés au Fonds Trump Victory en 2016, selon les archives de la Commission électorale fédérale (il vante aussi sa foi catholique, comme ici en photo à gauche à Fatima jouant les touristes mais racontant ici qu’il a fait le pélerinage !) ). Sondland a remporté la nomination en dépit d’une déclaration publique en 2016 selon laquelle il n’appuierait pas la candidature de Trump à la présidence ». Un Sondland retourneur de veste donc et metteur de pieds dans le plat à Bruxelles : « arrivé début juillet, le fondateur d’une petite chaîne hôtelière qui doit sa nomination à un don de 1 million de dollars pour la cérémonie d’investiture de Donald Trump n’a pas tardé non plus à guerroyer avec ses hôtes. « La Commission européenne a perdu tout sens de la réalité » dénonçait-il, dès le mois d’octobre dans un entretien avec le site américain Politico en parlant de sa « mentalité d’obstruction » dans les négociations commerciales avec les EtatsUnis, dénonçant au passage la France qui n’en a « rien à faire de l’industrie allemande » toute occupée « à protéger son agriculture à tout prix ».  Et d’enfoncer le clou en affirmant que l’agriculture figure bien au menu des discussions entre Washington et Bruxelles.  L’homme n’a pas hésité non plus à dénoncer le projet des Européens de contourner l’embargo américain imposé à l’Iran via la création d’un « special purpose vehicule », « un tigre de papier » à ses yeux »… Ambiance !

Autre cas similaire : celui de Kelly Craft, (ici à droite, elle devrait plutôt arrêter le botox) ambassadrice au Canada après avoir versé des millions de dollars avec son mari aux Républicains. « Elle a probablement aussi été nommée ambassadrice des États-Unis, car elle est une donatrice importante aux causes du GOP, tout comme la campagne du président. En 2016, Craft a donné plus de 260 000 dollars à la campagne de Trump; son mari, Joe Craft, a donné environ un million de dollars au comité inaugural de Trump. Elle et son mari étaient tous deux responsables des finances du Kentucky lors de la campagne présidentielle de Mitt Romney en 2012 »... Idem pour Robert Wood Johnson, généreux donateur lui aussi récompensé et à peine nommé venu faire la leçon à Theresa May et vanter les mérites du Brexit !!!  (« Johnson lui-même a versé 100 000 dollars au Fonds de la victoire à la fin du mois de juin. Quelques semaines plus tard, il organisait une activité de financement dans son domaine d’East Hampton, avec des billets pour 10 000 et 25 000 dollars chacun – l’un des six événements de collecte de fonds pour Trump qu’il avait co-organisé ».) « Depuis la présentation de ses lettres de créance à la Reine Elizabeth, en novembre 2017, l’arrière petit-fils du fondateur du géant pharmaceutique américain Johnson&Johnson, gestionnaire des affaires familiales réunies dans The Johnson Company et propriétaire de l’équipe de football américain des New York Jets prêche, en effet, ouvertement en faveur de la sortie du Royaume Uni de l’UE (on a retrouvé ici une vieille photo montrant que Trump et lui se connaissent depuis longtemps : Johnson est sous la perruque grise). Le 4 juillet dernier, jour de la fête nationale des Etats-Unis, il faisait le parallèle entre l’indépendance américaine, les réticences de certains colons de l’époque à couper les ponts pour des raisons essentiellement commerciales avec Londres et celles affichées par certains Britanniques, aujourd’hui, vis-à-vis du risque de rompre avec leurs voisins européens. « Vous avez l’unique opportunité de votre vie d’aller dans une autre direction et de choisir ce que vous voulez être et ce que vous voulez accomplir (…) Ce pourrait être le début de quelque chose de très grand » expliquait-il alors avant de revenir à la charge le 28 novembre dernier dans une tribune publiée par The Times. « Si la Grande-Bretagne reprend le contrôle de sa politique commerciale, vous serez en tête de liste (…) . Ensemble, nous pourrions nous entendre sur le plus sophistiqué et plus ambitieux accord de libre-échange jamais conclu, d’un tel poids que le monde entier devra y réfléchir et en tenir compte » écrivait-il alors. » Pour mémoire, la société pharmaceutique Johnson & Johnson est au cœur de la crise des opïoides aux Etats-Unis…!!! 400 000 morts en 20 ans, et ça vient donner des leçons !

Chez Trump, tout s’achète ! Y compris des féaux inconditionnels (1).  Chez un mafieux, c’est la seule exigence, il est vrai… comme l’a si bien remarqué James Comey dans son ouvrage vengeur, à conseiller de lire.

(1) rien de tel pour ça que la foi :  le 9 janvier 2018 on a eu droit à un grand moment dans le genre, avec une intervention surréaliste de l’évangéliste trumpienne Paula White, elle aussi bien botoxée, bombardée « spiritual advisor » de Trump qui a déclaré que si les donateurs ne lui cédaient pas un mois de salaire par an ils pourraient se voir recevoir la fureur divine. A ce jour aucun n’est mort encore, il semble bien.

 

 

Article précédent:

Trump noyé dans son propre marigot : mais pourquoi donc l’Ukraine ?

 

 

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