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Algérie : Sur deux ex Ministres et deux initiatives récentes

J’ai été admiratif en entendant le Président de la République parler, plus encore que de Chopin et de Cervantès, de Saint Augustin, cette lumière que l’Algérie d’alors a offert au monde dès avant la fin de Rome.  L’enfant de Souk Ahras, qui, en plus d’avoir si longuement régné sur la planète des philosophes, sera un Rousseau et un Freud tout à la fois, avant l’heure.  L’évêque d’Annaba, qui, illuminé par La Cité de Dieu, retournera dans son Afrique pour s’abandonner dans l’adoration de ce même Etre –Le Divin- que l’Islam, deux siècles plus tard, exhortera à adorer.  D’où une certaine annonce -à sa façon, certes- de celui qu’un certain Age d’or léguera à la postérité, tel un dernier rayon de soleil …avant la fin du jour.  Ibn El Arabi qui, au-delà du rapport à Sidi Boumediene et à l’Emir, n’est pas démuni de toute algérianité, et qui, adolescent encore, émerveilla l’illustre Commentateur.
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En même temps, et étant entendu que ni la culture ni l’instruction ne sont synonymes d’Intelligence, j’ai perçu, en écoutant le Chef de l’Etat discourir ou répondre à des journalistes étrangers, une intelligence supérieure.  Mais, mon image du Président étant restée dominée par celle d’un homme de culture et d’intelligence hors du commun, je suis gêné, aujourd’hui, de voir M. Harraoubia présider « l’Initiative populaire de la candidature de M. Bouteflika au prix Nobel pour 2017 », et M. Tou présider « le Forum national et international des associations et des commissions de soutien au programme du Président ». Gêné car je ne connais pas d’algérien qui ait, autant que le 1e, contribué à démolir ce lieu de lumière qu’est censé être l’Université.  Gêné car il y a matière pour un livre qui lui attribuerait le plus sinistre record pouvant décorer un ministre.  Quant à M. Tou, il est directement ou non, intimement lié à ce désastreux bilan, outre qu’il y a à dire sur chacun de ses propres bilans ministériels,

 

S.I- Image de l’Université, sous le règne de l’amitié Harraoubia-Tou (frère).
M. Tou a pris ses fonctions à la tête du MESRS en plaçant à la tête de l’UDL, l’université Djilali Liabes, un intime de son jeune frère ; ce dernier n’avait pas encore soutenu sa thèse.  Ensuite M. Harraoubia offre le poste à ce frère. Frère du Ministre de la santé et intime du patron du MESRS, le 2° M. Tou a dirigé en « Moi le suprême » et le résultat en a été une fréquence de scandales que, peut-être, nulle autre université n’a connue.  Ci-après, je me limite à un très bref résumé de l’image rapportée par la presse et le web.

 

A- Généralités : Enseignants (à bout de patience) se plaignant du non-respect de la loi, en plus du mépris rectoral subi. Travailleurs dénonçant corruption et népotisme. Concours de résidanat « cotés en ‘bourse’ dans la ville ». Concours de magister népotiques et frauduleux –avec enquêtes policières et annulations. PV de notes d’examens, faits et défaits. Etudiants reçus en juin, mais recalés en septembre car remplacés par d’autres étudiants. Esclandre du département de sciences politiques. Doctorats soutenus avec articles étrangers à la thèse et parus jusque dans des guides. Auto-plagiat, ajouté au plagiat devenu culturel. « Faux doctorats ».

 

B- Deniers publics : Amphithéâtres construits en 2009 et dangereusement inclinés dès 2013.  Pire, amphithéâtres réceptionnés (2013) avec les gradins affaissés et les murs fissurés, (partie nord du Campus).  Bibliothèque livrée avec un sous-sol bon pour s’y baigner.  Scandaleux travaux de réfection de la faculté de droit ! « Détournement » dont on a dit (en 2012) qu’il aurait couté un préjudice de « dizaines de milliards de centimes échelonné depuis l’année 2005 ».  Blocage des Œuvres sociales (pourtant indépendantes du rectorat) et « absence de toute information ou contrôle de fonds propres qui doivent se chiffrer en milliards ».

 

C- Le pire est que malgré tous ces scandales, M. Harraoubia a maintenu M. Tou (frère) à la tête de l’UDL durant près de dix ans, et il l’aurait maintenu plus longtemps encore si, lors d’un remaniement ministériel, il n’avait pas dû lui-même céder la Tutelle à M. Mébarki.  En vérité, l’UDL n’est qu’un certain summum atteint par l’ère Harraoubia et dû à l’amitié avec M. Tou, le Ministre. Hors-UDL, limitons-nous, au lieu du livre qu’il y a à écrire dessus, au bilan ci-après.

 

D- Bilan macabre : Pur détail, des centaines d’étudiants intoxiqués à Annaba, Constantine et Tizi Ouzou, et trente-huit blessés à Tlemcen.  Etudiante décédée suite à une agression au couteau (à l’intérieur de l’USTHB). Feu Mohamed Benchehida, l’enseignant assassiné dans son bureau (Mostaganem). L’étudiant mort suite à une décharge électrique de 380° (labo. USTHB). Sept morts, une employée et sept étudiants, à Tlemcen.

 

S.II- Ministre complice de la plus totale violation de la Loi administrative.
L’UDL de M. Tou est l’auteure d’un licenciement contenant pas moins de vingt violations du droit administratif ; je n’en citerai qu’une partie.

 

E) 1. Enseignant titulaire licencié par un doyen auquel la loi ne permet même pas d’infliger une mise à pied de 4 jours à un enseignant stagiaire. 2. Alors que la Commission paritaire (CP) l’a rétabli dans tous ses droits. 3. En violation du principe de non-rétroactivité des sanctions. 4. En violation de la loi de Portalis. 5. Alors que la durée de la suspension exigeait sa réintégration. 6. Alors que la loi prescrivait la faute (inventée) motivant le licenciement. 7. En violation absolue du droit de la défense.

 

F) 8. Licencié en violation burlesque de tout droit [licencié en 2010, à partir de 2001 mais pas avant d’avoir été « classé, nommé et réintégré » en 2008].

 

G) Pour un abandon de poste inventé en double violation de la loi : 9. Nulle mise en demeure (MD), ni vraie ni fausse, faite pour plus de deux jours d’absence. 10. Nul avis d’envoi (AE) avec demande d’accusé de réception (AR), ni vrai ni faux.

S.III- Ministre complice d’un acte fondé sur plus de dix faux et usages de faux (FUF).
G) Licencié pour un abandon de poste inventé par : 11. Deux faux accusés de réception. 12. Deux fausses mises en demeure (l’une annulant l’autre et ‘envoi’ simultané). 13. Fausse date de réception (car date d’’envoi’). 14. Deux (fausses) MD faussement envoyées. 15. Deux vrais faux avis d’envoi. 15. Une 3e fausse MD, un 3e faux AR et un 3e vrai faux AE.
H) Licenciement fait après deux autres délits pénaux : 13. On a d’abord détruit (y compris sur le Registre) le PV de la CP qui a exigé de réintégrer la victime dans son poste et de le rétablir dans tous ses droits. 14. Ensuite, M Tou (frère) a déclaré (mensongèrement) dans un écrit officiel, que cette CP n’a jamais tranché le litige.
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S.IV- Conclusion.
S.I suffit à dire que le bilan de M. Harraoubia relève de la catastrophe et du chaos, autant que celui de M. Tou (frère).  Mais le pire est que même si, comme dans une amnésie universelle, on supprime tout S.I, il reste que ces 2 Mrs ont, au nom de l’Etat, commis (directement ou non) la plus radicale et la plus large violation1 du droit de l’Etat, le droit administratif, et porté atteinte à la Confiance publique …par un acte qui, à lui seul, comporte plus de dix délits pénaux.
En SII, ils bafouent ce que même le plus petit Etat contemporain respecte comme le pilier sans lequel l’Etat s’effondre.  SII où un recteur et un ministre –donc, un citoyen siégeant au sommet de l’Exécutif- piétinent les lois pour l’application2 desquelles, précisément, ils perçoivent des salaires.  En SIII, on a une série de (flagrants) FUF que le frère de M. Tou a fait commettre par un de ses subordonnés et que M. Harraoubia a exigé de retenir comme parfaite légalité.  Pour finir : défi est lancé aux concernés, de pouvoir nier ne serait-ce qu’une seule de ces plus de trente violations de la Loi !

Notes.
1. Qu’on trouve un seul acte administratif, en Algérie ou dans le reste du monde, qui ait atteint un plus haut degré d’illégalité.
2. Qu’est-ce que l’Exécutif sinon le pouvoir ayant pour mission d’appliquer les lois ?

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

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