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http://www.centpapiers.com/ Le journal citoyen du Québec pour la francophonie
12 juin 2007 |
1 commentaire(s) |
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Il y a deux mondes dans le domaine de l’aide alimentaire : celui des Américains et celui des autres pays donateurs. Plus de 83 % de l’aide alimentaire achetée dans les pays donateurs en 2006 provenait des États-Unis. A contrario, plus de 80 % de l’aide alimentaire fournie par les autres pays donateurs a été achetée de producteurs agricoles des pays aidés ou de pays voisins de ceux-ci (ce que le PAM appelle l’aide triangulaire).
Le PAM a préféré passer sous silence l’attitude américaine en dévoilant les chiffres de 2006, et plutôt souligner que la part de l’aide alimentaire achetée de producteurs agricoles des pays dit en développement va en s’accroissant. Il est vrai qu’en 2006, plus de 40 % ou 2,6 millions de tonnes d’aide alimentaire ont été achetées localement, tandis que ce pourcentage était de 31 % en 2005.
Après les
États-Unis, le plus généreux donateur du PAM est la Communauté européenne, avec 11,3 % de l’aide alimentaire, dont plus de 96 % a servi a des achats auprès de producteurs locaux, ou de producteurs dans les pays voisins.
Si on ajoute l’aide du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède et de la Grande-Bretagne, le total de l’aide alimentaire européenne monte à 21 %, dont plus de 97 % a servi à faire des achats auprès de producteurs locaux ou régionaux.
La Suède est un pays exemplaire, puisque la totalité de son aide a servi à acheter des produits alimentaires à
l’extérieur de son territoire national.
Sur le site du Programme européen d’Aide et de Sécurité alimentaire, on peut lire que la Communauté européenne a entrepris depuis quelques années de dissocier l’aide alimentaire de la gestion des excédents agricoles européens, et ce « en développant progressivement les achats triangulaires et locaux et en renforçant la coordination entre les
donateurs. »
Outre les États-Unis, des pays comme la Corée (près de 100% d’aide directe), la Chine (98 %), le Canada (67 %) et le Japon (60%), auraient intérêt à s’inspirer de l’exemple européen.
Notons
que l’aide fournie à l’Afrique subsaharienne équivaut à plus de 60 % de l’aide alimentaire totale. Une proportion équivalente de l’aide gérée par le PAM (62 %) était une aide d’urgence. La plupart des observateurs s’entendent pour dire qu’il faut encourager les producteurs locaux, parmi les solutions qui permettront de régler à moyen et long terme les problèmes à l’origine de l’aide alimentaire.
The International Food Aid Information System,
Annual Issue Food Aid Monitor : Food Aid Flows 2006 – May 2007
En matière d’aide alimentaire, les États-Unis sont malheureusement dans un monde à part.
Vous avez raison, mais il faudrait peut-être ajouter que l’Europe, qui maintenant s’achète une vertu, a fait aussi longtemps de ces dons sa première manoeuvre d’asservissement du tiers monde. En donnant, on rend impossible que d’autres vendent et on a ainsi mis en banqueroute l’agriculture de subsistance de ces pays, les rendant indéfiniment dépendant de nous, tout en éliminant le « risque » que ne se crée une épargne qui aurait pu financer une industrie locale. Parler d’aide aux pays sous-développés est d’un grand cynisme….
PJCA
23:04, le Jeudi 14 juin 2007Vous devez être connecté pour publier un commentaire.
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