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Agriculteurs tueurs ! rendez-nous nos oiseaux !

 

« Les populations d’oiseaux vivant en milieu agricole ont perdu un tiers de leurs effectifs en 17 ans ». Le Suivi temporel des oiseaux communs initié par le Muséum national d’histoire naturelle est extrêmement préoccupant. Sont plus particulièrement touchés les oiseaux qui vivent, ou plutôt tentent de survivre, en milieu agricole, avec une diminution de 33% des effectifs. Suivent, ceux de milieux bâtis avec – 30% et le milieu forestier qui perd seulement 3%.

Mais désigner l’agriculteur tueur d’oiseaux comme seul responsable du désastre écologique en cours, alors qu’il est lui-même victime d’un engrenage productiviste et prisonnier des « firmes chimiques et alimentaires qui encadrent, en amont et en aval, l’activité agricole », serait injuste. L’un d’eux disait « On a toujours quelque chose qui nous pousse au derrière […]. On est passés à 50 vaches : il faut travailler vite […]. On est devenus comme des dingues, tout le temps en train de courir comme les Parisiens dans le métro ». Comment ne pas voir que ce modèle agricole productiviste dégrade l’environnement et tue la biodiversité. Comment ignorer les conséquences désastreuses sur la santé des consommateurs, mais aussi des agriculteurs. Faut-il encore rappeler que la baisse des revenus pousse certains travailleurs agricoles au suicide.

Rendez-nous nos oiseaux et ne détruisez plus les insectes et les plantes sauvages.

« Les raisons de ce déclin sont en effet à chercher du côté de l’intensification de l’agriculture. « Les surfaces dédiées à la monoculture n’ont cessé d’augmenter en France, conduisant à la destruction des milieux favorables aux oiseaux et aux insectes. Et en 2009, la Politique agricole commune a donné un coup d’arrêt aux jachères, ce qui est également néfaste pour la biodiversitéDernier facteur nuisible : les pesticides. » Si, dans les années 1960, c’est le DDT qui fait parler de lui, ce sont aujourd’hui les néonicotinoïdes, des insecticides qui contaminent l’ensemble de l’écosystème, mais aussi le glyphosate (Roundup), l’herbicide le plus utilisé au monde, qui inquiètent. Tous les deux concourent à la disparition des plantes et des insectes et donc aux ressources alimentaires des oiseaux, surtout au printemps. « Il n’y a quasiment plus d’insectes, c’est ça le problème numéro un », Et le constat est le même partout. Deux études récentes ont révélé que l’Allemagne et l’Europe auraient perdu 80 % d’insectes volants et 421 millions d’oiseaux en 30 ans ». (Source – https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs)

Pipit farlouse

La situation est-elle irréversible ?

Les oiseaux de mauvais augure seront tentés de répondre oui. Déjà, il y a 55 ans, l’écologiste Rachel Carson prédisait le « silent spring », « un « printemps silencieux ». Aujourd’hui, le CNRS considère que la situation n’est pas irréversible. À condition « d’accélérer les changements de pratiques ». Faut-il le croire et y a-t-il encore des raisons d’espérer qu’on nous rendra nos oiseaux avant qu’il ne soit trop tard pour l’espèce humaine. Car le jour où il faudra lire une vidéo pour voir et écouter un moineau friquet, il ne nous restera plus que les yeux pour pleurer.

Commentaires

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A propos de gruni 57

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J'ai une fâcheuse tendance à l'ambiguïté. Ce n'est pas ma faute je suis tombé dans le deuxième degré quand j'étais petit. Depuis, pour me soigner, j'ai tenté une cure prolongée sur Agoravox. Le résultat a été désastreux, c'est encore pire qu'avant. Alors ne me prenez surtout pas au sérieux, mon cas déjà désespéré pourrait s'aggraver avec une grosse tête.

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