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Centpapiers

  • Afghanistan : qui défend l’avis des Québécois ?

    21 août 2006 | 1 commentaire(s) | vu 441 fois

    Depuis quelques mois, plusieurs Québécois, mais aussi certains Canadiens, se plaignent de l’image que le Canada projette sur le reste du monde avec sa mission de guerre en Afghanistan.

    L’époque où le mot Canada était synonyme de mission de paix des Casques bleus semble être révolue. En effet, depuis le vote de la Chambre des communes sur l’intensification de la présence des militaires canadiens en Afghanistan, le 10 avril dernier, le Canada prend un nouveau virage vers la droite. Ou vers le sud, c’est selon. Faudra-t-il se résigner à accepter cette situation parce qu’elle a été prise à la suite d’un vote au sein d’un gouvernement démocratique ?

    En fait, il semblerait que la plupart des mouvements et partis politiques de gauche réclament un véritable débat public. C’est le cas des Artistes pour la paix, mouvement politique pacifique créé dans les années 1980, qui déplore l’absence d’une véritable consultation publique pour la mission du Canada en Afghanistan. D’ailleurs, ils affirment que l’industrie de la guerre se trouve à l’encontre des principes de la démocratie. Toutefois, ne détenant pas de réels pouvoirs politiques, les Artistes pour la paix restent impuissants devant les évènements dont il est question.

    Ensuite, étant donné le statut minoritaire du gouvernement Harper, on devrait pouvoir compter sur les partis de l’opposition pour faire valoir nos intérêts et nos objections. Du côté du Parti Libéral du Canada, il est impossible de trouver des informations sur la mission en Afghanistan, sur le site officiel du parti, pas plus que la place qu’occupe l’armée dans leurs intérêts. C’est en consultant le site du Bloc Québécois que l’on en sait un peu plus sur les visées du PLC. Effectivement, on y apprend que les libéraux s’engageraient « à fournir les ressources nécessaires pour transformer l’Armée canadienne » dans les cinq prochaines années en y investissant pas moins de 7 milliards de dollars (12 milliards du côté des conservateurs ( Le Bloc Québécois. Quel devrait être le rôle de l'Armée (…)) On comprend donc qu’avec ces objectifs, les pacifistes devront se tourner ailleurs.

    Il ne reste donc que le Bloc Québécois, le seul parti qui puisse avoir suffisamment de poids pour défendre les intérêts des Québécois à la Chambre des communes. Selon le Bloc, le Canada n’a pas les moyens financiers pour entretenir une armée et, avant même de songer à financer une telle entreprise, il vaudrait mieux convenir du mandat exact que l’on souhaite donner à l’armée canadienne. Gilles Duceppe et son équipe réclament donc un second débat. Cependant, le parti appuie les soldats canadiens en mission en Afghanistan en s’assurant « du caractère adéquat de la mission qu’ils mènent, des objectifs qu’ils visent, de l’équipement dont ils disposent et de la formation qu’ils reçoivent » ( LALONDE, Francine. Malgré les réserves, il faut appuyer la présence de (…))

    Finalement, on nous propose trois solutions pour protester contre l’occupation canadienne en Afghanistan. Les deux premières, contribuer monétairement au Bloc Québécois ou faire connaître le parti par le biais de cartes virtuelles, nous invitent subtilement à faire de la propagande et ne règle en rien le problème de l’Afghanistan. La troisième solution consiste à écrire au Ministre de la défense « afin d’exiger une vraie politique internationale » ( Le Bloc Québécois. Ce que vous pouvez faire[En ligne]. (…))

    On peut donc conclure que le virage militaire entamé par les conservateurs sera très difficile à freiner pour le moment. Le dossier semble clôt et notre honorable Premier ministre nous donne à chaque jour de nouveaux sujets à débattre, histoire de faire diversion sur les 26 soldats canadiens ayant perdus la vie jusqu’à maintenant. En définitive, rien ne semble pouvoir ébranler la décision du gouvernement du Canada, même si une grande partie des citoyens ne l’appuient pas. Il faudra sans doute attendre la fin du contrat, en 2009, pour ajuster le tir, mais d’ici là, la crédibilité des relations internationales du Canada en matière de maintien de la paix aura probablement disparue.

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  • Un commentaire

    • Gérard B.

    Le 4 septembre 2006,

    Son Excellence madame Michaelle Jean,
    Gouverneure générale du Canada
    Rideau Hall,
    1, Promenade Sussex,
    Ottawa (Ontario)
    K1A 0A1

    Excellence,
    Je m’adresse à vous aujourd’hui en tant que commandante en chef des armées canadiennes pour vous demander de démissionner en tant que Gouverneur général du Canada. Je vous exhorte solennellement de le faire simplement parce que votre geste au-dessus des partis politiques, servirait incontestablement d’exemple et débuterait un important mouvement au Canada (et peut-être même ailleurs dans le monde) pour ne plus cautionner la tragédie humaine qu’est cette intervention militaire de l’OTAN dirigée actuellement par le Canada en Afghanistan.

    En effet, la presse mondiale et canadienne nous apprenaient hier que quatre autres militaires ont été tués et neufs autres blessés dans le bastion taliban de Panjawaii au sud de l’Afghanistan. Aujourd’hui, un autre soldat est mort à la suite de tirs provenant d’un avion mitrailleur de l’OTAN. Des 32 soldats canadiens tués en Afghanistan depuis le tout premier déploiement de l’armée canadienne dans ce pays d’Asie, en automne 2001, 23 sont morts depuis février dernier. Toute proportion gardée, il s’agit sans doute des plus importantes pertes en vies humaines pour les sept nations de la coalition de l’OTAN en Afghanistan. Je n’ose imaginer le nombre d’hommes, de femmes et d’enfants afghans pour lequel la presse occidentale ne tient aucun décompte pour cette même période de folie.

    Contrairement au contenu du communiqué de presse qu’a diffusé votre bureau hier sur ces quatre décès, cette hécatombe guerrière ne vise aucunement la paix, la justice et la liberté dans ce pays. À mon avis et celui d’un nombre grandissant de québécois et de canadiens, qui l’affirment aussi par l’intermédiaire de sondages publics, cette guerre non déclarée du Canada à l’Afghanistan doit cesser immédiatement, pour de nombreuses raisons :

    1. Puisqu’elle va à l’encontre de la tradition de médiation dans les conflits et entre superpuissances adoptée par le passé par plusieurs gouvernements successifs au Canada et ce, tant libéraux que conservateurs.
    2. Mais surtout parce qu’elle ne sert qu’à faire la sale job des deux principales priorités stratégiques que s’est donné, Georges W. Bush, dès son investiture comme président des États-Unis soit : la modernisation et le développement des capacités militaires américaines ainsi que l’acquisition de réserves pétrolières supplémentaires auprès de sources étrangères. On le sait, la préservation du mode de vie prôné par nos voisins du Sud, excessivement consommateur d’énergie, contraint les États-Unis à un déploiement militaire tous azimuts sous prétexte de lutte contre le terrorisme. Et ce phénomène s’auto-alimente, car l’armée étatsunienne est elle-même le plus grand consommateur mondial d’énergie.

    3. En effet, plusieurs experts géopolitiques internationaux l’affirmeront , l’Afghanistan est maintenant le théâtre d’un enjeu énergétique mondial majeur, à la suite des découvertes pétrolières et gazières majeures au Turkménistan voisin, 5e plus importante réserve mondiale. Dans ce théâtre, les talibans ne sont que les pions du Pakistan et des grandes compagnies pétrolières mondiales.
    4. Au Turkménistan par exemple, le président Saparmyrat Nyazow règne de manière absolue sur le pays et ne tolère aucune opposition. Un très important culte de sa personnalité est en place. On trouve son visage presque partout dans le pays, des billets de banque jusqu’aux bouteilles de vodka. En ce sens, pouvez-vous me dire, Excellence, pourquoi l’OTAN, ou les USA, ou la Grande-Bretagne et le Canada n’interviennent pas militairement sur la base de la paix, de la justice et de la liberté dans des pays reconnus pourtant pour bafouer les droits humains fondamentaux comme le sont ce Turkmenistan, l’Arabie saoudite, le Darfour au Soudan, la Colombie, etc. ?
    5. Toujours concernant le Turkmenistan, des médias montréalais informaient le public qu’en septembre 2004 , l’ex premier ministre Jean Chrétien, le « p’tit gars de Shawinigan », devenu depuis conseiller pour deux cabinets d’avocats spécialisés dans le secteur du pétrole et du gaz, soit Bennett Jones et Hennan Blaikie, a participé à une délégation canadienne dans ce pays de l’ex-URSS, et ce, aux cotés de magnats canadiens de l’industrie tel que Roger Haines, président de Buried Hill Energy, pour des négociations concernant le Trans-Afghan Pipeline. Ce pipeline devrait traverser l’Afghanistan et approvisionner le Pakistan et l’Inde en gaz provenant du Turkmenistan. Le Trans-Afghan Pipeline devrait croiser la ville de Kandahar, en Afghanistan, justement là où se concentrent les troupes de l’armée canadienne.
    6. La connexion actuelle du Parti conservateur du Canada et du premier ministre Stephen Harper, sous-fifre anti-Kyoto des USA, bénéficient également de liens privilégiés avec ces deux firmes d’avocats. En effet, un des deux autres cofondateurs d’Heenan Blaikie, Peter M. Blaikie, fut président du Parti conservateur du Canada entre 1981 et 1983, tandis que Tony Clement, actuel ministre de la santé et ancien chef de l’Alliance canadienne, aujourd’hui le Parti conservateur du Canada, a oeuvré pour Bennett Jones pendant plus de 3 ans !
    7. En plus, le mois dernier deux députés libéraux fédéraux, l’honorable John Godfrey, ex-ministre d’État aux infrastructures et aux communautés et M. Mark Holland, député fédéral d’Ajax-Pickering réagissaient par communiqué de presse à un article paru récemment dans le Globe and Mail de Toronto où l’on soulignait comment Barry Copper, ami de Stephen Harper, avait été impliqué dans l’octroi de fonds, par le biais de l’Université de Calgary, à l’organisme Les Amis de la science, un groupe anti-Kyoto. Ce communiqué ajoutait « …que les politiques de l’actuel Premier ministre Stephen Harper sont motivées par des gens très proches du Parti conservateur qui remettent en question les changements climatiques, et qui sont payés par des compagnies pétrolières… Le lien entre les conservateurs, les scientifiques véreux et l’industrie du pétrole semble constituer un réseau franchement incestueux », a ajouté le député Mark Holland.
    8. Porté au pouvoir en février dernier seulement, le gouvernement conservateur de Stephen Harper, on le sait, a mis le renforcement du militarisme canadien dans les cinq premières places de sa liste de priorités (Ex. : augmentations substantielles des budgets de la Défense, achats de nouveaux armements, etc.). Depuis également, ce gouvernement minoritaire emploie non seulement les forces armées canadiennes pour gagner des zones d’influence géopolitique étrangères mais a mis totalement de côté l’idéologie du « maintien de la paix » et de « médiateur entre superpuissances » – comme lors du récent conflit libano-israélien – pour apaiser ainsi servilement l’administration Bush et son lobby militaro-pétrolier.
    Lors de votre installation comme Gouverneur général, il y aura bientôt un an soit le 27 septembre prochain, vous tourniez une page importante de votre propre histoire en mentionnant « … je suis forte de la conviction que le Canada doit continuer à accomplir de grandes choses si nous travaillons ensemble au mieux-être de la population et de l’humanité. »

    Pour toutes les raisons énumérées ci-haut, Excellence, votre démission historique et celle de votre époux, Jean-Denis Lafond, feront incontestablement plus, soit au-dessus des partis politiques, pour établir un sérieux dialogue et forger des liens entre tous ces jeunes militaires dont vous êtes symboliquement la chef et leurs conjoint-e-s de même que tous les québécois et québécoises, canadiens et canadiennes, qui aspirent tant à accomplir de grandes choses comme l’obtention d’une véritable paix et d’une véritable justice sociale sur terre.

    En toute sincérité,

    Gérard Briand
    4550, avenue Charlemagne, app.#2
    Montréal (Québec)
    H1X 3P2
    gbriand@sympatico.ca
    Copie conforme :
    • Le très honorable Stephen Harper, Premier ministre du Canada ;
    • L’honorable Bill Graham, Chef intérimaire du Parti libéral du Canada ;
    • Les chefs des partis politiques et critiques de l’opposition, Chambre des communes, Ottawa ;
    • Ministres et députés ;
    • Candidats à la chefferie du Parti libéral du Canada ;
    • Médias.

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