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Afghanistan – Il faut partir… vite !

A la suite des attentats du 11 septembre, il ?tait l?gitime de faire tomber le r?gime des Talibans qui prot?geait Ben Laden. Une intervention militaire, essentiellement a?rienne, a permis de lib?rer l’Afghanistan de ces fous de Dieu – des cingl?s comme l’histoire en produit h?las r?guli?rement. Ce fut une r?ussite, m?me si Ben Laden ?chappa aux bombes et aux actions men?es sur le terrain par des commandos pour finir le nettoyage, et que le mollah Omar nous ?chappa en s’enfuyant sur une mobylette.

Les Talibans en d?route, une forte pr?sence militaire sur le terrain fut n?cessaire pour mettre en place un nouveau r?gime d?mocratique stable, et cr?er les conditions pour la reconstruction du pays autour d’un gouvernement d?mocratiquement ?lu. En finir avec les barbus illumin?s, l’oppression des femmes sous la burqua, l’analphab?tisation, la loi des chefs de guerre et de la violence, la culture de l’opium etc., intentions ? combien louables !

Or ce fut le d?but d’une erreur, car l’Afghanistan est un espace sur lequel vivent des groupes ethniques qui ne partagent pas notre vision de la soci?t? et de l’?tat (sans parler de nos diff?rences sur les valeurs, les droits de l’homme, l’?galit? et la libert?) ; qui pr?f?rent l’absence d’?tat ? tout ?tat, et dont la culture n’est pas perm?able ? nos id?aux. Un « choc de civilisation » a eu lieu l?, beaucoup le pr?disaient : ce fut la chronique d’un ?chec annonc?.

Nous poursuivons dans cette erreur, avec l’illusion qu’une pr?sence militaire permettra d’?radiquer finalement les groupuscules arm?s – sous l’ordre de chefs de guerre, souvent tr?s folkloriques, dont on sous-estime la d?termination, le culte des armes et du conflit, l’indiff?rence face ? la mort, l’acceptation d’une fatalit? inscrite dans l’islam -, pour que la reconstruction du pays soit entreprise et que les r?sultats positifs visibles am?nent la population ? participer ? la cr?ation de ce cercle vertueux n?cessaire ? la consolidation du pays. C’est ne rien comprendre ? ces populations archa?ques, qui n’ont tir?s de l’Occident que les armes et les technologies pour les servir, et n’y voient des march?s pour ?couler la drogue. Nous agissons donc sans voir le monde r?el tel qu’il est ; pour employer des termes populaires, nous prenons des vessies pour des lanternes ! La la?us doloriste sur la n?cessit? d’arracher les femmes et les enfants des mains de ces fous de Dieu, est une imposture !

Aller au sol a ?t? non pas une erreur militaire mais une faute politique.
Que faut-il faire maintenant ? Nous devons nous retirer d’Afghanistan, en laissant les Afghans poursuivre leurs luttes tribales dans une soci?t? archa?ques, pour nous en tenir ? des interventions a?riennes, accompagn?es si n?cessaires d’op?rations au sol ponctuelles et limit?es, pour « les contenir » et pr?server nos int?r?ts. L’Afghanistan ne peut ?tre contr?l? que de l’ext?rieur : un cordon a?rien fond? sur un bon syst?me de renseignements est la seule solution r?aliste pour r?duire les nuisances de ce pays, c’est-?-dire son exportation de la drogue, des armes et du terrorisme. Et si, le cas ?ch?ant, il faut frapper durement certaines r?gions, peut-?tre faudra-t-il employer des armes nucl?aires tactiques qui ne feront pas la diff?rence entre des civils et des militaires. Il ne faut pas exclure cette option, d’autant qu’elle peut faciliter le retrait de nos troupes en s’inscrivant dans une strat?gie militaire de long terme.

C’est, il est vrai, abandonner le pays avec ses d?mons ; c’est priver des femmes et des enfants des conditions de vie d?cente ; c’est renoncer ? imposer le droit sur la violence. Oui, c’est h?las tout cela, mais on ne peut pas donner de force aux hommes ce dont ils ne veulent pas ! On ne va pas mourir pour d?fendre les Afghans contre les maux qu’ils se causent ? eux-m?mes : cela serait du colonialisme, plus de l’action missionnaire. L’histoire nous enseigne que ?a ne marche pas !

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