Accueil / T H E M E S / ECONOMIE / Argent / À qui profite la politique énergétique de l’Union européenne?

À qui profite la politique énergétique de l’Union européenne?

À qui profite, en fin de compte, la politique énergétique de l’Union européenne?

Alors que l’on ne peut que plaider en faveur des énergies renouvelables, il apparaît que le système, tel qu’il fonctionne, ne fait que “gonfler” les factures des consommateurs et les portefeuilles de ceux qui vendent les équipements nécessaires. La pollution et les gaz à effet de serre, contre lesquels on veut (et doit) lutter, ne semblent pas préoccuper l’Union européenne qui finit par encourager en Grèce la construction d’une nouvelle centrale fonctionnant au lignite, dans la région de Ptolémaïde, déjà fortement affectée par la pollution puisqu’on pourrait la qualifier de « cœur énergétique » de la Grèce. Sans mentionner l’énorme projet éolien que l’on veut réaliser en Crète, sans nullement se préoccuper des habitats naturels ni des oiseaux qui y trouvent refuge.-CC, Tlaxcala

Selon un récent rapport d’Eurelectric, les gestionnaires européens des réseaux de distribution d’électricité sont confrontés à la nécessité de réaliser des investissements substantiels. Les raisons de cette nécessité sont au nombre de trois : la nécessité d’intégrer au réseau les Sources d’énergie renouvelables (SER), la nécessité de remplacer d’anciens éléments des réseaux et celle de développer les réseaux dits « intelligents ».

gal

S’agissant des réseaux européens d’électricité, on projette des investissements de l’ordre de 600 milliards d’euros, d’ici 2020. Le maintien de la « qualité de service offert aux clients », conformément au cadre réglementaire en vigueur dans chaque pays, exige que les éléments d’infrastructure construits il y a plusieurs décennies soient remplacés.

Enfin, le développement de réseaux « intelligents » et de compteurs « intelligents » nécessite des investissements supplémentaires.

Les 34 pays européens, dont la Grèce, qui participent au   Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d’électricité  (ENTSO-E/REGRT-E) ont abouti à 120 projets « d’intérêt commun », lisez « allemand », qui incluent  50 000 kilomètres de nouveaux réseaux haute tension, d’ici 2020, dont environ  7 500 kilomètres proviendront de l’amélioration de réseaux existants et environs  20 000 kilomètres seront de nouvelles interconnexions sous-marines.

Le Commissaire européen à l’énergie, l’allemand Oettinger, est le premier à avoir commencé à financer des projets d’interconnexion de l’Allemagne avec ses pays voisins, les intégrant aux projets prioritaires de l’Union européenne : il vise essentiellement à créer des réseaux pour exporter l’électricité produite par les éoliennes et les systèmes photovoltaïques, qui varient aléatoirement, au gré du vent et de la nuit ou des nuages, respectivement. En effet, il souhaite exporter le problème de la gestion des réseaux haute tension et garantir l’accès à de l’électricité fiable et bon marché, produite à partir du charbon de la Pologne et de Tchéquie, des eaux des Alpes et des  pays nordiques mais aussi des centrales nucléaires d’Europe centrale.

La base du Programme européen d’investissements de dix ans dans le domaine de l’énergie, ce sont les « 4 Visions » qui, en réalité, sont des scénarios concernant le mélange énergétique d’ici 2050, avec une étape intermédiaire en 2030. Tous les scénarios prévoient une pénétration des SER de l’ordre de 40% à 60% de la demande annuelle.

Ils parlent de « développement durable du système énergétique avec intégration des SER et d’une électricité bon marché pour les citoyens européens, par le biais de l’intégration du marché » mais avec la tendance continue et nette à l’augmentation des prix au cours des dernières années, les ménages européens plongent de plus en plus nombreux dans la pauvreté énergétique.

Mais à quoi la hausse constante des prix est-elle due ? Mais, bien entendu, à l’augmentation constante de la participation des éoliennes et du photovoltaïque, non seulement à la production mais, au départ, à la puissance installée : en effet, l’installation est, elle aussi, subventionnée, tout comme l’est la production.

La hausse des prix a lieu au même moment où les prix de vente en gros, en Europe, ont dégringolé. Cette dégringolade, quant à elle, est due au fait que, grâce à la loi allemande « EEG » -que nombreux pays se sont empressés de copier, tout comme la Grèce- toute quantité d’électricité produite à partir des SER est prioritaire pour être absorbée et, de surcroît, est payée à un tarif « garanti » au producteur. Les prix « garantis » pour les SER sont des multiples des prix de vente en gros et nettement supérieurs aux prix de vente au détail, gonflant ainsi la facture finale.

Les prix « garantis » des SER ont été fixés, dès le départ, à de très hauts niveaux, « pour attirer de gros investissements ». Des investissements qui consistent principalement en l’achat d’équipement à valeur ajoutée domestique minime et qui est produit, en UE, surtout par l’industrie allemande, que viennent compléter les industries danoise, espagnole et britannique.  Il est évident que, au fur et à mesure que la puissance installée d’électricité produite à partir des SER augmente, les factures d’électricité « gonfleront » tout comme les poches de ceux qui vendent l’équipement

gal_2

La centrale de Ptolémaïda

Enfin, en ce qui concerne la construction de centrales conventionnelles en Grèce, ici aussi, il semble que l’Allemagne aura un rôle « particulier » à jouer. Si elle est construite, l’Unité 5 de la centrale de  Ptolemaïda sera la plus grande centrale du pays fonctionnant au lignite, avec une puissance de 660 MW et un coût de construction s’élevant à plus de 1,4 milliards d’euros.

gal_3

Maquette de l’Unité 5

Près de la moitié de cette somme sera couverte par un prêt accordé à DEI (Entreprise grecque d’électricité) sous la supervision de la banque publique allemande KfW-IPEX, et avec la garantie de l’organisme allemand des crédits à l’exportation, Euler Hermes. Cette somme servira à l’achat d’équipement de construction allemand, pour la nouvelle centrale. Les travaux exigent, pour commencer, une avance de 400 millions d’euros dans le courant de 2015, qui proviendra des capitaux propres de l’entreprise. Une entreprise dont la situation financière se trouve déjà au plus mauvais à cause du nombre très important de factures non payées et de l’imposition du contrôle des capitaux aux banques grecques.

Kyriakos Mangos Κυριάκος Μάγγος

Traduit par Christine Cooreman

Vidéo:  Sébastien Lepy explique le plan de développement

 

 

Commentaires

commentaires

A propos de Tlaxcala

avatar

Check Also

Parmi les visiteurs de Normandie, beaucoup d’anciens avions… de la CIA ! (3)

Dans les deux épisodes précédents, nous avons pu voir que certains appareils venus nous visiter ...