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? propos du bonheur

?

Une mani?re d??tre ?

?Une mani?re d??tre qui parle d?un ?tat de pl?nitude sous-jacent ? chaque instant de l?existence et qui PERDURE ? travers les in?vitables al?as le jalonnant.? Voil? ce que Matthieu Ricard, moine bouddhiste et ex-scientifique dans sa premi?re vie, dit sur le bonheur.

Cette d?finition du bonheur suppose qu?on ne peut le trouver ? l?ext?rieur, mais en soi. Qu?il faut ?tre un peu sage, et affranchi des conditionnements mentaux qui assombrissent notre vision pour y avoir acc?s.

D?finition d??pitecte sur le bonheur

?Il faut m?diter sur ce qui procure le bonheur, puisque, lui pr?sent, nous avons tout, et, lui absent, nous faisons tout pour l?avoir.?

Par o? commencer?

Mais par o? commencer pour obtenir ce pr?cieux bonheur dont chacun a tellement soif?

S?il est difficile de changer le monde ext?rieur dans lequel nous ?voluons, il est en revanche possible de transformer la mani?re de le percevoir. Voil? le secret d?un bonheur joyeux, paisible comme un tranquille matin d??t?, qui n?a rien ? voir avec le nombre de voitures qu?on poss?de, du succ?s que l?on obtient dans la soci?t?, de la sant? ou de la s?curit? financi?re, m?me si ces derniers sont des atouts pr?cieux pour jouir de la vie, mais qui d?coulent d?un sentiment d?AVOIR plus que d??TRE.

M?me si nous agr?ons intellectuellement avec le concept que le bonheur d?coule d?un ?tat d??tre ? d?une mani?re d??tre ? il n?en reste pas moins que le chemin est ardu pour y parvenir. Trop souvent, nous cherchons ? AVOIR BEAUCOUP pour nous sentir mieux! Il n?y a qu?? voir les messages publicitaires v?hicul?s par les outils de t?l?communication pour comprendre que la soci?t? nous incite ? chercher ? AVOIR beaucoup pour ?tre heureux.

Qui ne s?est jamais dit ?Si J?AVAIS plus d?argent, je SERAIS plus fort, capable, et je profiterais de la vie.?? ?Si J?AVAIS l?amour dans ma vie, je SERAIS heureux, compatissant, g?n?reux.?? ?Si J?AVAIS un travail qui me passionne, je pourrais ?TRE dynamique, MOTIV?.?? ?Si J?AVAIS la sant?, je SERAIS ?panoui et j?appr?cierais la vie.?

Malheureusement, nous proc?dons ? l?envers du processus en voulant acqu?rir des biens et des richesses et du succ?s pour ?tre heureux. Nous croyons au fond de nous que l?acquisition des biens et des richesses va nous rendre plus heureux. Pour un temps, c?est certain. Mais il manquera toujours quelque chose, nous voudrons toujours en avoir un peu plus. Nous connaissons tous beaucoup de gens qui ?ont tout pour ?tre heureux? et qui ne le sont pas.

Avoir pour ?tre est un processus ext?rieur qui nous am?ne ? d?pendre des autres et des circonstances, alors qu??TRE conduit ? faire et par la suite apporte l?avoir, n?cessairement puisque nous vivons dans un univers mat?riel et que nos pens?es doivent se mat?rialiser. Nos pens?es ont une relation avec la manifestation des circonstances de notre vie.

Cultiver la paix int?rieure ? le pouvoir de l?attention

?Celui qui conna?t la paix int?rieure,?dit de nouveau Matthieu Ricard,?n?est pas plus bris? par l??chec qu?il n?est gris? par le succ?s. Il sait vivre pleinement ces exp?riences dans le contexte d?une s?r?nit? profonde et vaste, en comprenant qu?elles sont ?ph?m?res et qu?il n?a aucune raison de s?y attacher. Il ne saurait tomber de haut lorsque les choses tournent mal et qu?il doit faire face ? l?adversit?.?

Lorsque nous souffrons, nous cherchons instinctivement ? trouver une solution ? l?ext?rieur. Bien s?r, il est souhaitable de vivre en bonne sant?, d?habiter une belle demeure, de trouver le partenaire id?al, d?avoir un travail gratifiant, d??tre libre dans un pays en paix, d?avoir acc?s ? l??ducation, de voyager, de contribuer au bien-?tre des autres (tout le monde pr?f?re ?tre riche et en sant? que pauvre et malade), il n?en reste pas moins qu?en pla?ant toutes nos attentes en-dehors de nous, nous ne pouvons qu??tre d??us.

Le bien-?tre versus le mal-?tre

Le sentiment d?altruisme fait na?tre chez celui qui l?exprime une joie qui transcende toutes les circonstances parce qu?elles ne viennent pas du dehors. Une exp?rience g?n?reuse envers autrui nous d?tourne de nos pr?occupations et nous ouvre la voie vers un meilleur ?tre. Go?ter ? la splendeur d?un paysage, contempler un ciel ?toil?, se laisser absorber par la tranquillit? de la nature, les arbres, les fleurs, les plantes, les vall?es et les montagnes, les lacs et les rivi?res, g?n?re en nous un sentiment impersonnel et d?tach?, tout en gardant la saveur de la passion, et apporte une joie et un contentement qui viendront nourrir notre paix int?rieure. La m?ditation produit le m?me r?sultat. Arr?ter pendant quelques instants le tumulte des pens?es qui se bousculent sans cesse dans le mental est reposant et nous met en contact avec la force du silence qui r?side en nous. On prend du recul. On s?apaise. Ces actions sont du bien-?tre.

Son contraire est le mal-?tre qui refl?te une vuln?rabilit? fondamentale ? la souffrance, qui peut aller jusqu?au d?go?t de vivre, au sentiment que la vie ne vaut pas la peine d??tre v?cue parce qu?on est dans l?impossibilit? de lui trouver un sens.

Distinction entre le bonheur ext?rieur et int?rieur

Lorsque les conditions de vie ne sont pas trop oppressantes, la majorit? des gens se d?clarent satisfaits de la qualit? de leur existence, surtout dans les pays d?velopp?s.?Le bonheur de ces personnes se maintient d?une fa?on relativement stable, parce que les conditions mat?rielles de vie dans les pays d?velopp?s sont en g?n?ral excellentes. Attention, ce bonheur est ?minemment fragile. Que l?une de ces conditions vienne ? manquer (la perte d?un proche, d?un emploi,? de la renomm?e, du succ?s), et ce sentiment de bonheur s??croule. Ainsi, les gens ne font pas constamment l?exp?rience de la souffrance, mais ils restent vuln?rables ? une souffrance latente.

Il existe une confusion entre le plaisir et le bonheur. La nature du plaisir est instable et sa r?p?tition peut conduire ? la ti?deur. Matthieu Ricard dit?: ?Le plaisir s??puise ? mesure qu?on en jouit, comme une chandelle? qui se consume. Il est presque toujours li? ? une action (faire). Le bonheur, ? l?inverse du plaisir, na?t de l?int?rieur, il peut ?tre influenc? par les circonstances mais n?y est pas soumis. Loin de se transformer en son contraire, il perdure et cro?t ? mesure qu?on l??prouve. Il engendre un sentiment de pl?nitude qui avec le temps devient un trait fondamental de notre temp?rament. Tandis que les plaisirs ordinaires se produisent au contact d?objets agr?ables et prennent fin d?s que cesse le contact, le bonheur est ressenti aussi longtemps que nous restons en harmonie avec notre nature profonde.?

Le bonheur d?coule de la vraie connaissance

La recherche du bonheur ne consiste pas ? voir ?la vie en rose? ni ? s?aveugler sur les souffrances et les imperfections du monde. Cette recherche consiste ? percevoir la r?alit? des choses dans leur impermanence, d?o? le perp?tuel changement de la vie. Cesser de chercher le bonheur dans l??ph?m?re et l?impermanent.

Le bonheur va d?couler de la connaissance, non pas par une ma?trise d?une masse d?informations et de savoirs, mais la compr?hension de la nature v?ritable des choses. Le grand obstacle ? l?atteinte du bonheur est la perception que nous nous faisons de la r?alit?. Pour dissiper l?ignorance fondamentale qui conduit au mal-?tre, un moyen existe, celui d?une introspection lucide et sinc?re faite par la m?thode analytique et contemplative.

Accorder du temps ? notre vie int?rieure

Si le bonheur d?coule de notre ?tat int?rieur, ne vaut-il pas la peine de consacrer du temps ? am?liorer notre condition int?rieure, qui d?termine notre qualit? de vie? Il y a longtemps, Marc-Aur?le ?crivait?: ?Regarde en-dedans de toi, c?est l? qu?est la source intarissable du bien.?

Que pouvons-nous voir ? l?int?rieur? Nos pens?es, nos ?motions, nos intentions, nos d?ceptions, nos passions, nos haines, nos frustrations. Au-del? de tout ce remue-m?nage, nous acc?dons aussi ? un silence profond qui ressemble ? celui de la nature, de son calme, de sa permanence. Cet ?tat silencieux, quand il est cultiv? par la m?ditation et l?attention, s?amplifie et apporte un contentement qui ne d?pend de rien d?autre.

On s??merveille de la performance, du d?passement de certains athl?tes, de la r?ussite d?artistes, d?hommes d?affaires, qui ont d?pass? leurs limites. Sur le plan de l?esprit, ? l?int?rieur, il est aussi possible de s?entra?ner et d?am?liorer notre qualit? d??tre.

Voici un commentaire du psychiatre Christophe Andr??: ?Le bonheur ne se d?cr?te pas, ne se convoque pas, mais se cultive et se construit, peu ? peu, dans la dur?e.?

Et cette phrase du philosophe d?Alain laisse ? r?fl?chir?: ?On ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c?est encore d??tre heureux.

Le bonheur est une mani?re d??tre, or les mani?res s?apprennent.

Carolle Anne Dessureault

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4 Commentaire

  1. avatar

    Carole,

    Bonjour, pour la 1ere fois, nous ne serons pas en accord et c’est la raison, pour laquelle nous avons placé cet article en « article du moment » sur Les Voix du Panda »

    Là, vous touchez en quelques citations fantomes au plus profond de l’être.
    La communication est une chose être heureux et le bonheur ne sont nullement des faits.
    La santé est un bien matériel et parfois « violent ».
    Les psychiatres en certains cas sont encore plus dangereux que la modeste sagesse.
    Quand à axer, le « bonheur » vers la réflexion, n’est pas une action qui me donne une raison de vous rejoindre.
    Il y a bien des mélanges ou diverses actions s’entrechoquent avec d’autres, dans la mesure ou c’est ce que vous souhatiez démontrer vous y êtes arrivée.
    Le bonheur comme la vie sont plus difficile à porter, alors que le « plaisir » charnel ne peut se mesurer par une action, c’est un mérite ou un repos.
    La vrai connaissance c’est quoi ?
    Vous nous plonger dans un monde d’illusions ?
    La réalité est du concret, la contemplation est totatelement différente.
    Alors, les dés sont sur le manége et j’attends avec impatience vos réactions.
    Amicalement,
    Le Panda
    Patrick Juan

    • avatar

      « La réalité est du concret, la contemplation est totatelement différente. »

      Personnellement, je ne suis pas très « contemplatif »; je suis plutôt « réaliste »; et cette « réalité » j’en prend conscience:

      « Je suis »; donc lorsque « je fais » quelque chose, je fais quelque chose « d’autre que moi ».

      Résultat: si je « fais mon bonheur », il m’est impossible de dire : « Je suis heureux »; car je ne peux pas « être » ce que « je fais ».

      Amicalement

      Elie l’Artiste

    • avatar
      Carolle Anne Dessureault

      Bonjour Lartiste,

      On peut être réaliste, et aussi contemplatif. Pensez à l’Abbé Pierre qui a su créer des oeuvres humanitaires en France. C’était un grand contemplatif, il contemplait, puis passait à l’action. Mère Térésa aussi. Et bien d’autres, moins connus.

      JE SUIS, DONC LORSQUE JE FAIS QUELQUE CHOSE, JE FAIS QUELQUE CHOSE D’AUTRE QUE MOI
      Pourriez-vous préciser, je ne saisis pas le sens …

      SI JE FAIS MON BONHEUR, IL M’EST IMPOSSIBLE DE DIRE «JE SUIS HEUREUX» CAR JE NE PEUX PAS ÊTRE CE QUE JE FAIS
      Ouf … le bonheur est un état d’être, il est normal de dire Je suis heureux …

      En toute amitié,

      Carolle Anne Dessureault

    • avatar
      Carolle Anne Dessureault

      Bonjour Patrick (Le Panda),

      Tout d’abord, merci de votre franchise pour exprimer vos réels sentiments sur l’article.

      Très humblement, voici une réponse de mon côté tout aussi sincère à vos propos :

      1) QUANT À AXER LE «BONHEUR» VERS LA RÉFLEXION, N’EST PAS UNE ACTION QUI ME DONNE UNE RAISON DE VOUS REJOINDRE
      Réfléchir à ce qui me procure du bonheur dans la vie me semble important. Réfléchir à ce qui me blesse aussi.

      2) LA SANTÉ EST UN BIEN MATÉRIEL ET PARFOIS «VIOLENT»
      Là-dessus, je suis parfaitement d’accord avec vous, et je peux en témoigner personnellement. J’ai subi cette année deux chirurgies au pied gauche – suite à une chute bête – qui ont amené plusieurs autre complications. Il est difficile d’être heureux lorsque la santé manque.

      3) LE BONHEUR COMME LA VIE …. C’EST UN MÉRITE OU UN REPOS
      Je ne sais pas trop ce que vous voulez dire. Mais je crois que vous faites écho à l’écrit LE PLAISIR EST PRESQUE TOUJOURS LIÉ À UNE ACTION (FAIRE). Cette pensée n’est pas de moi, mais j’y crois, elle vient de MATTHIEU RICARD. J’ai beaucoup d’admiration et de respect pour Matthieu Ricard et sa profondeur d’esprit.

      4) LA VRAIE CONNAISSANCE?
      Évidemment, nous ne parlons pas de la connaissance des objets concrets, matériels qui se résument à une définition et à leur usage.
      Dans le sens où je l’entends, la vraie connaissance découle d’une compréhension intellectuelle alliée à l’expérience. intérieure. Exemple : Si je dis que respecter les autres consiste à les traiter avec égards, avoir un comportement décent (ICI JE M’EN TIENS À LA DÉFINITION DU DICTIONNAIRE POUR LE MOT RESPECT, CHACUN POUVANT DONNER SON INTERPRÉTATION, ON N’EN FINIRAIT PLUS), mais que dans mes actions, je suis méprisante avec eux, alors JE NE FAIS PAS L’EXPÉRIENCE DU RESPECT, je sais intellectuellement ce qu’est le respect, mais je ne le mets pas en pratique. IL Y A UNE COUPURE ENTRE LES DEUX. Mes parents nous enseignaient que L’EXEMPLE EST PLUS IMPORTANT QUE LES PAROLES, le comportement parle, on reconnaît un arbre à ses fruits, c’est dans ce sens que je mentionnais la véritable connaissance.

      5) LA RÉALITÉ EST DU CONCRET … LA CONTEMPLATION EST TOTALEMENT DIFFÉRENTE
      Oui, la contemplation est différente du concret et des gestes physiques que l’on pose. Mais, dites-moi, la nature de nos pensées n’est-elle pas tout autant différente? Nous ne voyons pas nos pensées, mais nous y croyons autant que nous croyons dans des choses concrètes, parce qu’elles sont en nous. La contemplation SE VEUT UNIQUEMENT UN BIEN-ÊTRE INTÉRIEUR DANS LEQUEL LE SUJET NE S’ATTACHE PAS À SES PENSÉES – le temps de sa contemplation) – IL NE FAIT QU’ÊTRE LÀ, ATTENTIF À CE QUI VIENT, SANS S’Y ATTACHER NI LE REJETER. C’est tout ce que je peux en dire pour le moment car il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet.

      6) VOUS NOUS PLONGEZ DANS UN MONDE D’ILLUSIONS?
      C’est l’inverse. Je fais la chasse aux illusions. Elles sont comme des mouches, elles sont tenaces.

      Voilà, en toute amitié,

      Carolle Anne Dessureault