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A Monsieur Le Président de La République algérienne et de son CSM (A.I)

Réf : 2018–A.I.

Monsieur Le Président,

J’ai l’honneur -au début d’un été qui pourrait être consacré à la troublante affaire de la cocaïne du port d’Oran- de rappeler, ci-dessous, la requête que j’ai adressée il y a plus de quatre ans, à votre double Autorité de Premier Magistrat et de Président du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).

Mes arguments (contre les quatre Magistrats) étaient si puissants, que j’ai été émerveillé par l’extrême rapidité avec laquelle j’ai été convié au Ministère de la Justice et par l’accueil qui m’a été réservé : « C’est le Ministre en personne qui a commandé un rapport sur votre affaire, et si vous voulez le confirmer, je vous emmène au bureau de ma Cheffe. Mon rapport finira sur le bureau du Ministre et le but en est votre retour à votre poste d’enseignant universitaire ».

La culture du droit devant remplacer celle des ‘faveurs’, et l’Etat (de droit) devant primer sur mes propres droits, j’ai, toutefois, passé bien plus d’une heure à essayer de faire porter la discussion sur le contenu de ma plainte. Je poussais mon interlocutrice à tenter une défense de ceux contre lesquels j’avais déposé une requête des plus destructrices de carrière, dans tout Etat ayant un minimum d’égards pour la Loi. L’ex Juge n’a pas pu dire un seul mot en ce sens. Ainsi, tout me confirmait que le Ministre, conformément à la loi, allait prendre une 1e sanction …en attendant que le Conseil de discipline du CSM -que la loi lui imposait de réunir- traite le cas.

Mais, plus tard, le Ministre me réserve deux chocs : A) Après qu’il a été, suite aux Présidentielles, reconduit à la tête de la Justice et du CSM, ma requête est classée sans suite. B) Ne pouvant ni nier l’extrême gravité de la plainte ni atténuer aucun de ses détails, on pousse le J’ose jusqu’à m’apprendre que c’est moi-même qui aurais –en explicite et implicite- demandé ce classement.

J’ai, d’abord, longuement et à mon grand bonheur, cru que c’était la Présidence qui avait ordonné de faire triompher le Droit dans cette affaire qui, ailleurs, aurait été traitée comme un scandale. J’ai dû finir par ceci : Par l’émerveillement qu’il m’a réservé, M. Louh ne cherchait-il qu’à demeurer -après les Présidentielles, d’autant plus que la campagne électorale était proche- dans les plus hautes sphères du pouvoir ? Par le double choc qui a suivi, s’est-il cru, une fois reconduit, doté d’un chèque à blanc, d’un statut de Ministre de la Justice (et Patron au CSM) …placé au-dessus des lois (1) ?

Quoi qu’il en soit, suite à cette volte-face justifiée par un J’Ose affranchi de toute contrainte, je vous ai saisi à nouveau, Monsieur Le Président, et ce, en même temps que j’ai saisi l’ensemble du CSM. En réponse, on a rouvert le dossier, mais ce, en optant pour une démarche bien plus inquiétante que le simple fait de contredire la démarche de janvier (2014). Pour résumer cette 2e démarche : les personnes choisies pour traiter ma requête, étant légalement non-habilitées à le faire, ont naturellement réussi à s’en dessaisir. Et depuis, je vis dans l’attente de connaitre la 3e démarche, celle qui devait réparer l’illégalité de la 2e, et ses conclusions.

En synthèse, Monsieur le Président, il y a cinquante-quatre mois que j’attends que M. Louh se décide à appliquer la loi qui s’impose à lui, dans cette affaire. D’où la citoyenne urgence qu’il y a à le mettre au défi (2) de nier (publiquement ou par écrit) ceci : CES MAGISTRATS N’ONT PU MAINTENIR MA RADIATION QU’EN COMMETTANT UN MAXIMUM DE CE QUI DEVRAIT, SELON LA LOI EN VIGUEUR ET L’ETHIQUE MINIMALE, LEUR COUTER LEUR PROPRE RADIATION …AUGMENTEE DE POURSUITES PENALES.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Mourad Remaoun.

Notes:
1- Outre qu’il a pu noter que certains justiciables souffrent d’un paralysant excès d’une certaine pudeur, ajouté à une pathologique naïve confiance …en l’Etat et son éthique ?
2- Avec toute la haute considération que j’ai pour M. le Ministre et Vice-président du CSM.

 

Le journal citoyen est une tribune. Les opinions qu’on y retrouve sont propres à leurs auteurs.

 

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    A l’heure où l’actuel scandale des 701 kg de cocaïne, ceux du port d’Oran (Algérie), vient nous rappeler l’urgence avec laquelle l’Etat (algérien) se doit de se préoccuper de la question judiciaire, voici un début de rappel d’une plainte qui, depuis plus de quatre ans, est entre les mains du Ministre de la Justice …attendant que ce dernier veuille bien la traiter –conformément à ce que Loi en vigueur exige- et la faire traiter par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).
    Cette attente –dont il faut bien noter, par ailleurs, qu’elle est celle d’une victime, et victime d’un groupe de Magistrats- est d’autant plus troublante que ledit Ministre possède un pouvoir central dans ledit Conseil (CSM). Plus, ou mieux encore, la victime –à laquelle on n’a pas encore rendu la plus minuscule justice- continue d’attendre la plus timide sanction contre des Magistrats qui, dans la plus grosse partie du Reste du monde, auraient été radiés de la magistrature …et, depuis et de surcroît, traduits devant leur Confrères de la Justice pénale.