Exposition de l’artiste sino-canadien au musée Cernuschi de Paris
Le musée Cernuschi situé à l’orée du parc Monceau à Paris et qui doit son nom à Henri Cernuschi, grand collectionneur de la fin du XIXème siècle, est célèbre pour ses chefs-d’œuvre d’art asiatique, des origines au XIVème siècle.
Réputé aussi pour son ouverture sur le monde moderne, il propose régulièrement des expositions d’artistes actuels et des échanges entre la tradition picturale asiatique et l’art contemporain. Il présente ainsi jusqu’à la fin de l’année, les œuvres de Chan Ky-Yut, peintre sino-canadien à la renommée internationale.
Chan Ky-Yut est né en Chine à Canton en 1940. Il vit et travaille actuellement à Ottawa. Petit, les leçons de peinture de son grand-père, un médecin lettré, l’initient à la calligraphie, sa gestuelle et sa poésie. Plus tard, son parcours universitaire dédié à la littérature chinoise classique l’amène à découvrir la spiritualité du taoïsme, le zen et la méditation tibétaine. Les fondements de son exploration picturale sont ainsi posés. Il quitte la Chine dans les années 70 pour s’établir au Canada. Là, confronté aux mouvements artistiques nord-américains, il élargit sa technique à différents supports et matériaux. Délaissant la figuration narrative, il élabore un nouveau langage, synthèse originale de la tradition picturale chinoise et de l’art occidental contemporain. Ainsi verront le jour des toiles très équilibrées mêlant peinture et calligraphie, et des champs colorés ornés d’une respiration d’encre noire et d’indices discrets rappelant la Chine antique. Dans les années 90, il revient au texte en illustrant poèmes et manuscrits d’artistes. Poésie et peinture, écrit et couleur, deviennent alors les maîtres mots de l’art de Chan Ky-Yut.
Et ce sont ces maîtres mots qui définissent aussi en filigrane l’exposition parisienne du musée Cernuschi. Y sont présentées principalement des œuvres de grand format qui frappe le spectateur par la force qu’elles dégagent. Force du geste et liberté des couleurs qui contrastent avec le blanc du papier (explosion de rose, violet, rouge, jaune…et encre noire). Autorité du travail accompli qui entraîne avec énergie à l’intérieur de l’œuvre, au plus intime, là où se comprend et se partage le geste créateur. Mais aussi, attraction de la toile et maîtrise d’un temps suspendu propre à l’artiste. Tel est l’univers proposé par Chan Ky-Yut, héritier d’une tradition, entre calligraphie et poésie, qu’il explore et renouvelle grâce à ses "voix visibles".

POST-SCRIPTUM : Exposition "Chan Ky-Yut – Voix visibles", musée Cernuschi à Paris jusqu’au 30 décembre 2007.

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