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    • Étienne Blais
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    Témoignage

    Vivre au quotidien la terreur : le Sentier Lumineux 1980-1990

    le 30 septembre 2008 | 181 visites | 2.29 / 5 | 0 commentaire(s)
    Vivre au quotidien la terreur : le Sentier Lumineux 1980-1990
    Photo : altemark

    Entrevue avec une péruvienne vivant à Montréal

    Etienne : Alors bonjour M. ça va bien ?

    M : Oui, ça va bien,

    E : J’aimerais ça que tu te présentes un peu et que tu me dises ce que tu fais actuellement à Montréal. J’aimerais ça aussi que tu me parles de ce qui t’a amené au Québec ?

    M : Ok, je suis péruvienne, j’ai habité tout ma vie à Lima, et je suis ingénieure, j’ai fini ma profession à l’université catholique au Pérou, et il y a déjà quatre ans, j’ai fait du travail, deux ans à Lima, après j’ai cherché pour la maîtrise, j’ai cherché une place à l’université aussi changer la langue moi ma langue maternelle c’est espagnol après de faire la recherche de tout ça après l’opportunité de faire la maîtrise à Montréal, […]

    E : Tu as appris le français ici à Montréal ?

    M : J’ai pris des cours à Lima de français, ce n’est pas la même chose que de parler tous les jours,

    E : Bon, concernant l’entrevue, ce que j’aimerais dans le fond, c’est de partir de ton enfance,

    M : OK,

    E : et de monter graduellement dans le temps, j’aimerais ça te poser des questions sur l’univers de ton enfance, un peu que tu me parles de ta famille, et du quartier, de ta petite école, des amis que tu avais, tu pourrais me dire exactement où tu vivais à Lima ?

    M : Eh, j’habite à Lima, San Martin de Porres, c’est un endroit, un quartier, près de centre historique de Lima,

    E : Tu peux me parler de ta rue, la composition des gens qui étaient dans ta rue aussi, le voisinage ?

    M : OK, c’est un quartier populaire, et il y a un grand marché, populaire aussi près, il a changé beaucoup quand j’étais petite, je crois à cause de l’immigration et…

    E : L’immigration venait de quel endroit ?

    M : L’immigration s’est réellement des gens de la forêt ou de la montagne ou aussi de la cote péruvienne, l’immigration c’est après le gouvernement d’Allan Garcia, sont arrivé beaucoup de personne à Lima à cause du travail, c’est réellement que les personnes pensent que c’est la place pour le travail, pour les écoles aussi, il y a beaucoup de personnes qui arrivent à Lima pour l’université, maintenant mon quartier, je crois qu’il est populaire,

    E : As-tu été témoin dans le fond de l’évolution de ton quartier ?

    M : Oui, car j’ai vécu toute ma vie dans le même quartier,

    E : Est-ce que ta maison en tant que tel a changé aussi ?

    M : Elle a changé beaucoup, on est arrivé, elle avait un étage, et nous sommes plusieurs, nous avons dormi dans la même chambre, maintenant, c’est une maison de trois étages, chacun avait sa chambre, elle a changé beaucoup,

    E : Est-ce que c’est ton père qui a bâti le premier étage ou c’était déjà construit ?

    M : Euh non, mon père, ma mère, mes parents sont arrivés dans la maison quand il y avait encore le premier étage mais pas fini, ils ont commencé, mon père a aidé à la construction.

    E : Vous êtes une famille de combien ?

    M : Nous sommes cinq,

    E : Vous êtes cinq enfants,

    M : Oui,

    E : Pourrais-tu me décrire la composition de ta famille ?

    M : Il y a le plus vieux de la famille, Fernando, trente-deux, quatre filles, Karina, moi, la troisième, Vanessa et Émilie, la plus petite vingt-cinq,

    E : Dans le quartier est-ce que c’était commun de voir des familles de cinq enfants comme ça ?

    M : Peut-être dans l’époque de ma mère, oui, mais il a changé déjà beaucoup, maintenant ce n’est pas possible une famille de cinq enfants, c’est beaucoup, c’est beaucoup de temps, beaucoup d’argent, et tout, mais avant peut-être que oui,

    E : Concernant ton enfance en particulier, est-ce que tu jouais plus avec ta famille ou tu jouais avec les enfants du voisinage,

    M : Avec ma famille, mon quartier est un quartier populaire, ma mère elle avait des peurs, à cause de la situation […] elle dit que peut-être qu’il va arriver des problèmes à la rue, c’est dangereux la rue toujours, aussi les autres enfants peuvent dire des choses mauvaises et bizarres, c’est mieux de rester avec les gens de la famille, et aussi comme […] peut-être que les filles […] c’est plus normal les garçons qui font du soccer que des filles, ce n’est pas bien vu,

    E : Étais-tu consciente qu’il y avait certain danger dans la rue ? C’est parce que ta mère t’en parlait trop ou tu as vraiment été témoin de choses dangereuses ?

    M : Je crois qu’elle m’en parlait beaucoup, et aussi j’étais un peu de peur à cause de ça,

    E : C’est à cause des chiens, des voitures, des étrangers ?

    M : Il a changé beaucoup, mais je crois que j’ai vu beaucoup de violence dans mon quartier, des vols, des vols c’est maintenant, peut-être qu’avant pour la sécurité, quand j’étais petite il y avait des problèmes à cause que MRTA ou Sendero Luminoso, il y avait des attentats, dans différents endroits, et bon regarde peut-être que une fois qu’on était dans la maison ma mère dit qu’on doit faire attention s’il y a des personnes qui essayent de parler, […] il y a des maisons avec des subversifs parce qu’ils ont cherché beaucoup de place ou de maisons différentes pour faire les attentats, et prend des explosifs […],

    E : Je pense que les cinq ou les quatre filles vous avez été à la même petite école ?

    M : Oui, à l’école des femmes, à l’école étatique des femmes,

    E : Est-ce que tu peux me parler de cette école là et comment que ça fonctionnait ?

    M : Elle était près de chez moi, trente minutes de chez moi de bus, et c’était une école étatique de femme, normalement étatique (estatale) c’est je ne sais pas, c’est une grande école avec des…

    E : Une école publique pas une école privée ?

    M : Non, c’est une école publique, c’est peut-être à un niveau scolaire mais primaire, c’est trois salons mais pour l’âge, ça dépend de ton âge, mais quand tu étais à l’école secondaire, y’a peut-être dix ou douze de première niveau secondaire, au deuxième niveau secondaire, y’a peut-être trente salons chacun avec beaucoup de personne,

    E : Les gens dans ta classe sont que les gens de ton année c’est ça ?

    M : Oh oui,

    E : Tu n’avais pas tes sœurs dans ta classe ?

    M : Non, jamais, il est arrivé d’avoir les mêmes professeurs, peut-être car nous sommes quatre, les mêmes professeurs dans les mêmes cours, une année avant, une année après, c’est normal,

    E : Les enseignants et enseignantes, c’était des laïcs ou des religieux ?

    M : Des religieux catholiques, toujours, des fois j’ai pris des cours de religion avec des sœurs, c’était catholique,

    E : Est-ce que c’était un lieu que tu avais à aller à la messe ou c’était à l’extérieur que tu y allais ?

    M : Pour aller à la messe, ça c’est normal, une chose faite avec la famille, jamais avec l’école,

    E : Ça ne se passait jamais en classe ?

    M : Non,

    E : Même si c’était une école catholique ?

    M : Dans une école catholique, normalement, tu arrives tôt le matin, à 8 heures et tu vas faire une file avec tous les élèves et les étudiants et tu vas chanter l’hymne national et aussi tu vas faire une prière, ainsi du lundi au vendredi, pour le matin […],

    E : Pis, cette école là, c’est un choix que ta mère a fait ou c’est imposé ?

    M : Ma mère elle a choisi à cause de la réputation et à cause que c’est aussi des femmes,

    E : Puis est-ce que tu sais que dans ton voisinage, d’autres gens qui ont été dans autres types d’école qui étaient moins bonnes ou meilleures, est-ce que cela faisait une différence ?

    M : La différence à Lima à mon époque était si tu étais dans une école publique ou privée, c’est la différence si tu as de l’argent, c’est privé, si tu n’as pas de l’argent c’est publique, l’éducation c’est aussi différent, c’est pour ça que ma mère elle a cherché beaucoup, la place, elle connaît les professeurs, le problème de l’école étatique c’est que les professeurs sont mal payés, c’est ça le problème,

    E : Est-ce que tu as eu des problèmes avec le voisinage vu que tu fréquentais une école publique, ou ce n’étais pas un sujet à discussion ?

    M : Quand j’étais petite ma mère elle n’avait pas beaucoup de temps, elle a pris beaucoup de temps pour l’éducation des cinq, elle avait des problèmes avec ma famille, jamais on n’a fait beaucoup d’amitié avec des voisins, avant non, si on fait des choses, on était dans une place, si on fait une fête ou quelque chose, jamais les voisins, personne ne va dire quelque chose, je ne connais pas avant, maintenant ma mère a fait plus d’amitié avec les voisins, plus de temps peut-être, mais avant jamais quelque chose,

    E : Au niveau des jeux que tu faisais, c’était quoi ? Une fille qui joue quand elle a 8 ans, c’est quoi les jeux qu’elle préfère

    M : À l’école il y avait normalement, courir, de te cacher, de prendre les petits ballons ou beaucoup de jeux […], ça c’est l’école, à la maison, moi je fais des jeux avec mes sœurs, avec des poupées, tu fais les vêtements, quand tu es petit, tu joues comme ça,

    E : Est-ce que tu as eu la chance de pratique des sports d’équipe,

    M : Non, si tu veux faire la pratique d’un sport, tu as besoin de la place, peut-être un école, ou aussi peut-être un gym, pour aller, mais c’est privé, la plupart du temps, c’est privé, si c’est public, y’a plein de monde, et à cause de l’argent, peut-être on a pas la chance de faire ça, mais il y a avait je crois ya 2 ans ou 3 ans, qu’on a fait des vacances, avec mon père car il était militaire, à la Marine, il y avait des vacances pour les enfants des militaires, on a fait ça, et après, du soccer, volleyball, karaté,

    E : C’est un espèce de camp de vacances d’été,

    M : Oui, mais c’est seulement pour le matin, trois jours par semaine, on fait des excursions aussi, on fait des visites de musée, avec les militaires, parce que mon père est de la Marine, on a fait des excursions pour l’aviation, la police, […],

    E : Tu prenais l’autobus pour aller à l’école à tous les jours ?

    M : Oui,

    E : Est-ce que tu as été témoin ou as vu des choses qui t’ont marqué dans ta ville Lima ?

    M : Je crois que la vie à Lima quand j’étais petite était dangereuse, mais quand j’étais petite à cause de la subversion et quand je marchais, j’étais petite, c’est normal pour moi, de voir des graphitis subversifs, il y avait des graphitis partout dans la ville, je crois qu’à cause de ça, j’avais des peurs, jamais je n’ai pu marcher pour la nuit, dans mon quartier, et si je vais marcher, je vais le faire avec quelqu’un, jamais je vais le faire seul, quand j’étais à l’école, ma sœur et moi, pour aller à l’école, mais autres sœurs jamais seules, peut-être à l’école secondaire, je suis allé seule mais avant non, mais c’est à cause qu’il y avait beaucoup de violence, et mère peut-être qu’elle a pensé qu’il peut y arriver quelque chose, je crois que ce type de peur est avec nous, jamais on ne peut marcher seul, jamais on ne peut marcher pour la nuit, et on a regarder des graphitis subversifs, graphitis qui sont méchants avec le gouvernement,

    E : Est-ce que tu pourrais me décrire ce qui était marqué ou ce que tu te souviens, une phrase ou les thèmes qui étaient inscrit ?

    M : Normalement, c’est contre le gouvernement, les thèmes c’est aussi pour demander l’égalité, les thèmes c’est aussi un jour spécial, bon regarde peut-être le 19 de janvier faire attention tout le monde car on va faire quelque chose, les graphitis partout la ville, mais pour moi c’est normal, c’est les symboles dans les graphitis,

    E : Est-ce que te souviens d’une peinture particulière ou d’un symbole caractéristique ? C’était quoi ces symboles là, ces couleurs là ?

    M : Ces symboles, je crois que ça fait partie de la Chine, le parti maoïste, c’est la faucille et le marteau, la faucille c’est le symbole pour faire l’agriculture, le marteau c’est un type d’arme, comment dire les agriculteurs qui vont faire des armes contre les gouvernements, contre ceux qui ont de l’argent et demander l’égalité,

    E : De quelles couleurs ça ?

    M : Normalement, c’est rouge, c’est un type de, il y avait des drapeaux rouges et des symboles en noir, c’est symboles ce n’est pas Sendero Luminoso, c’est MRTA

    E : C’est un autre groupe ça ?

    M : Oui, c’est subversif aussi, il y avait deux groupes subversifs,

    E : Est-ce que tu as le souvenir du premier moment où tu as entendu parler de ces groupes terroristes là ou la subversion et tout le phénomène du terrorisme, dans ta jeunesse, tu peux accrocher un moment ?

    M : Non, ça été peut-être toute ma vie, jamais je me rappelle de quand j’ai entendu parler pour la première fois, parce que pour moi, quand j’étais petit, c’est entre l’idée de peur avec la subversion, c’est dangereux marcher pour Lima et aussi c’est le gouvernement d’Allan Garcia, il y avait un type de crise à Lima, il manquait de la bouffe, il manquait des choses essentielles, il y avait beaucoup de peur, les personnes étaient en crise à cause de ça, et pour moi, quand j’étais petit c’était de voir ça partout, il y a avait des personnes qui faisaient de grandes files pour attendre le riz, les essentiels, des entreprises ont perdu de l’argent,

    E : Des entreprises ?

    M : Des entreprises aussi qui ont fermées, mais il y avait des entreprises internationales qui ont […] à cause des subversions, parce que l’argent au Pérou c’est dans les mines, il y avait des mines, des entreprises américaines ou canadiennes ou européennes qui ont arrêtées de fonctionner, ils trouvé aussi du gaz et du pétrole mais ils ont arrêté de […] car la partie où il y avait beaucoup de violence c’est à la forêt ou à la montagne, et à cause de ça le gouvernement d’Allan Garcia était en crise, et aussi il y avait plus d’attentat subversif, les attentats souvent à la montagne, et normalement pour arriver à Lima, les produits essentiels sont de la montagne et de la forêt, peut-être à cause des attentats, ils ont arrêtés pour arriver à Lima, il manquait de chose, E : Est-ce que ça c’est ton père ou ta mère qui t’a expliqué ça ou c’est toi qui à partir d’un certain âge qui a commencé à prendre conscience qu’il y avait un environnement qui devenait de plus en plus hostile,

    M : Je crois que mon père ou ma mère jamais ils ont parlé de ça, ou ils m’ont dit toujours de faire attention, mais jamais attention car il y a une bombe, ou faire attention car il y a quelqu’un qui s’est fait tuer, c’est moi qui a vu ça dans les nouvelles, dans les journaux, c’est moi qui a vu ça quand les personnes marchaient, il manquait de chose, mon père, il était militaire, il avait reçu de l’aide du gouvernement à cause de ça, il avait des droits spéciaux, il a reçu de la bouffe, mais seulement pour les militaires, mais peut-être que…

    E : C’était sous quelle forme ça ? Une distribution ?

    M : Un type de distribution, avec des tickets, j’arrivais, je devais faire la file et recevoir des choses essentielles […] mais c’est seulement pour militaire,

    E : Est-ce que ce sujet là était un sujet dont on parlait souvent, librement à la table, entre ami ou c’est un sujet qui pouvait être tabou ou ?

    M : Non c’est, quand j’étais petite la plupart, ce n’est pas interdit, c’est seulement, la personne ne parle pas de ça, parce que c’est triste, je l’ai vu la nouvelle ou je l’ai lu dans le journal, mais jamais ma mère ma raconté d’histoire, ma tante était à la montagne, et ma mère a peur à cause de ça, parce que mon oncle travaillait dans une mine, pour ça il avait des peurs et tout mais, jamais il m’a dit il arrive des choses comme ça, mon père il a vu beaucoup de chose, à cause qu’il était militaire, mais jamais il a raconté des histoires, jamais, je crois que c’est une manière de protéger la famille, jamais il a raconté,

    E : Puis au niveau des nouvelles, est-ce qu’il y avait une forme d’humour ou c’était vraiment quelque chose dont on ne riait pas ?

    M : Les personnes ne fait jamais d’humour avec la subversion, c’est dangereux, c’est une chose délicate, à cause qu’il y a des personnes qui ont perdu des proches […] c’est difficile, c’est douloureux de faire des choses comme ça,

    E : Ta famille c’était quoi la stratégie pour garder le moral fort et de continuer à vivre normalement ?

    M : Je crois que mon père, il a fait beaucoup de travail, je l’ai vu tout ma vie, dans un travail, quand j’étais plus petite, travail à la Marine, il a fait l’université ensemble, à cause que la Marine lui a payé l’université, après quand il a finit ça, il a travaillé dans deux travails, le matin à la Marine, l’après midi dans une entreprise de peinture, et je crois que c’est le travail, faire le travail, et mon père je crois que toujours l’idée j’ai cinq enfants maintenant ils sont dans une école public, mais après il veut nous donner l’école privée à université, à cause que quand j’ai fini l’école et l’université étatique, il y avait beaucoup de problème, premier pour la subversion, il y avait beaucoup de terroriste dans les universités nationales, pour attirer les personnes dans les partis, mais mon père il a cherché à donner éducation privé,

    E : Dans le fond, il a choisi de travailler très fort, pis ta mère elle ?

    M : La même chose, elle a été avec nous, elle était pour éducation et garder de l’argent, pour faire la construction de la maison, et aussi il y avait des problèmes avec ma famille, ma tante et ma grand-mère, c’est le travail je crois,

    E : C’est une espèce de décision familiale ou cela a été naturellement ?

    M : Je crois c’est parce que mon père faisait ça, nous avons fait ça ensemble, dans l’idée que c’est seulement une époque, peut-être que tout va changer après,

    E : Dans l’idée que c’est une situation temporaire dans le fond ?

    M : On va travailler fort pour changer tout, on va travailler fort pour en arriver à des choses meilleures,

    E : Au niveau de tes frères et sœurs, est-ce que cela c’est reflété dans leur vie personnelle à eux ?

    M : Oui, c’est la même chose, mon père a fait beaucoup de travail, tout ma famille a fait la même chose, on est arrivé les cinq à l’université, les cinq sont professionnels,

    E : Qu’est-ce qu’ils font aujourd’hui ?

    M : Mon frère est ingénieur mécanique à l’université, la même que moi, et il fait maintenant des travails avec des dessins mécaniques, une entreprise qui fait la production à Lima, ma sœur a fait sa maitrise, maintenant, elle fait son doctorat en Europe, elle habite là-bas, elle est mariée, mais moi j’ai choisi de faire ma maitrise ici à Montréal, autre sœur, elle est dentiste, mais elle essaye aussi de trouver une place pour faire la maitrise, pour une spécialisation, la plus petite, elle est chef de cuisine, après avoir fini ça elle va chercher autre place pour faire les études, je crois que c’est l’idée que tu dois faire et travailler beaucoup, mon père nous a donné l’idée que tu dois travailler fort, et après les choses que tu fais […] pour ça y’a déjà deux personnes loin de la maison qui fait des études,

    E : Pour en revenir aux périodes d’attentat, pourrais- tu me faire un bref historique par rapport à ton expérience à toi et à ce qui est arrivé via les nouvelles et via ton voisinage, ton père, ta mère, essaye de partir du plus loin au plus récent, jusqu’à temps la période universitaire,

    M : On était dans le même quartier, un quartier qui a changé beaucoup, toujours le quartier était pour moi dangereux, à cause, à cause des terroristes, des subversions, il est arrivé des fois des morts à cause des policiers, il n’y avait pas de lumières tous les jours, il y avait des attentats sur les centrales électriques, et on nous a couché à 8h00 pm, à cause qu’il n’y avait pas de lumière, mon père à cause de ça, il arrivait toujours, après son travail, 6H00 pm peut-être, entre 5h00 pm et 6h00 pm, il était déjà à la maison, après de ça, on fait des choses ensembles, et les devoirs et tout, et on se couchait à 8h00 pm. Je crois que c’est à cause de ne pas entendre de chose, pas entendre de bruit dehors, on était passé comme ça jusqu’à 10, après de ça il y a eu les problèmes avec les gouvernements d’Allan Garcia, on est arrivé avec des problèmes partout, le manque de bouffe, ou les personnes ils étaient désespérées, à la nouvelle, dans les journaux d’information de personne qui ont été assassinées, ou sont aussi suicidées, à cause qu’elles ont perdu tout, et aussi je me souviens de personne qui sont sortis de Lima, vers les États-Unis, à cause qu’elles cherchent du travail pour l’argent, jusqu’à 15 ans, après je me rappelle de l’époque qui avait encore de la subversion, mais plus à Lima, l’information venait de la montagne, des choses qui se sont passées,

    E : C’est vers quelles années ça ?

    M : Normalement, toute ma vie, jusqu’à 15 ans, ce sont des choses qui sont arrivées à la montagne,

    E : Vers 1988-1989 c’est ça ?

    M : Oui, c’est ça, mais il y avait peut-être de petits attentats à Lima mais pas beaucoup, peut-être quand j’avais déjà 15 ans, des attentats, plus de bruit, il y avait, les subversifs avaient besoin de l’argent, pour demander de l’argent, les grandes entreprises ils sont sortis, des militaires aussi, devaient suivre les entreprises à cause de cela, il avait peur partout, et des fois je me rappelle si c’est une voiture de militaire ou d’entreprise, il y avait trois ou cinq policiers à côté de la voiture, pour les suivre et dans tout la rue, à cause des problèmes de subversion, mais ça c’est juste qu’a 15 ans, après de ça, j’avais 18, 19, et ils ont arrêté beaucoup de chose à Lima à cause aussi du gouvernement de Fujimori qui a commencé à faire un peu de chose pour arrêter mais j’ai commencé à entendre aussi qu’il commençait à faire des choses contre l’humanité, à cause de ça, il y a une fois il y a eu des militaire pour tuer dans une fête, ils ont tué cinq à sept personnes, mais après les investigations, ils ont entendus que, qu’il n’y avait pas de subversion mais seulement une réunion, il y a avait un subversif, […],

    E : Des gens du gouvernement qui aurait tué des civils c’est ça ?

    M : Oui, c’est ça, des militaires avec un ordre de supérieur, si y’a des subversifs, on peut les tuer, c’est arriver avec la prison, le problème qu’il y avait, les trois prisons de Lima, des personnes ont demandées des, ils cachées des policiers, pour demander la libération de subversif, dans trois quartiers, un quartier dans l’île en face de Lima, un quartier de femmes et un autre, ils ont séparé la force de Pérou, pour arrêter ça, la Marine pour arrêter dans l’île, les autres avec la police et les militaires, y’a deux choses qui sont arrivés à Lima, ils ont arrêté peut-être il y avait des morts mais le grand problème était à l’île, qui dit qui sont deux cent peut-être et terroristes, mais pour arrêter ça, il l’a fait bombarder avec de grands bateaux, E : Ils ont bombardé ?

    M : Ils ont tout rasé, ils ont tué tout, mais le problème c’est à cause que après les problèmes, ils ont demandé qu’il y avait des personnes qui étaient là sans processus légal, ce n’est pas tous des terroristes,

    E : Des gens qui auraient été internés sans…

    M : Sans…

    E : Sans avoir eu de cause, qui auraient passé à la cour, c’est ça ?

    M : Oui, c’est grave ça, mais le problème est que le gouvernement commence à faire des choses comme ça, des choses dures pour le terrorisme, mais il y avait des civils,

    E : C’est une forme de renversement de situation mais qui a un peu dégénéré peut-être ?

    M : Mais c’est il y a la violence mais, la subversion, le gouvernement veut arrêter la violence avec la violence,

    E : Une question peut-être plus d’ordre général, l’environnement au Pérou dans les années 1980-1990 au niveau politique, économique et social, peux-tu me faire un portrait ?

    M : Je trouve qu’il y a plus de différence sociale à cause qu’il y avait les personnes, il y avait trois type de classe sociale, les pauvres, la moyenne et la haute classe sociale, et c’est normalement dans le quartier dans lequel tu habites, les quartiers et l’école, l’école si c’est public ou privé, et une école privé à la Molinas ou une école privée à Miraflores,

    E : Molinas et Miraflores c’est vraiment des quartiers huppés à Lima au Pérou ?

    M : Des quartiers plus chers à Lima, mais l’idée c’est que normalement, pour les différences sociales c’est l’éducation, c’est le niveau social, c’est la place dans lequel tu vas pour t’amuser, si tu vas dans les clubs sociaux, ça c’est faire la différence à Lima, mais y’a beaucoup de différence, comment-dire il y a un type de ligne invisible partout dans les quartiers, ce quartier est populaire, ce quartier est riche, ce quartier est moitié riche, moitié populaire, c’est ce qui fait la différence avec ça,

    E : C’est une différence visible

    M : Oui, c’est visible, très visible, les quartiers du nord de Lima sont populaires, les quartiers dans le sud c’est plus riche, des différences comme ça,

    E : C’est comme une espèce de barrière imaginaire que les gens respectaient ?

    M : Oui, c’est ça, ils changent beaucoup, aussi les bus, si tu prends un bus pour aller au marché c’est différent les bus pour les quartiers publiques que les bus pour les quartiers riches, c’est une nouvelle bus ou une vieille bus, c’est ça la différence,

    E : Au niveau économique, c’est quoi, tu pourrais…

    M : Au niveau économique, je crois qu’il y a une différence selon les gouvernements, dans le gouvernement d’Allan Garcia, il y avait beaucoup de problème avec tout le monde et ceux que cela a affecté, ils y avaient des personnes plus riches qui demandaient de l’aide pour les choses pratiques, le lait, le riz mais ça c’est la période plus dur dans le gouvernement d’Allan Garcia, après de ça quand les choses deviennent plus stables […] dans le gouvernement de Fujimori, il y avait des secteurs privilégiés qui sont avec le gouvernement, peut-être les militaires qui ont été aidé, ils ont reçu beaucoup d’argent, peut-être que la vie des militaires est élevé à cause de ça, les entreprises, les grandes entreprises, des grands quartiers, font une différence économique à Lima,

    E : Le statut de militaire de ton père, ça été un plus pour ta famille ?

    M : Le statut militaire à Lima est si tu es un colonel…

    E : Un officier ?

    M : Un officier ou un sous-officier, ça c’est pour la différence, si tu es un sous-officier, ce n’est pas bien payé mais tu vas recevoir de l’aide, si tu es officier tu vas recevoir plus d’aide, il fait la différence, plus dans le gouvernement d’Allan Garcia, ils ont reçu de l’aide, quand il n’y avait personne qui avait reçu de l’aide, il fait la différence, mais mon père, il était militaire, quand il commençait les problèmes, à cause de ça de la subversions, sous Allan Garcia, mon père il était, 20-25 ans dans la vie militaire, c’est pour ça qu’il était dans la Marine, fait la supervision des contrôles de vol des hélicoptères et des avions militaires, quand il y avait des problèmes, avec les subversions et tout, il était à la base militaire, il faisait des excursions avec des armes comme technicien de réparation,

    E : Il était officier dans un hélicoptère c’est ça,

    M : Oui

    E : Le fait que ton père fasse ce métier là, est-ce que ça t’a affecté toi ?

    M : Oui, le problème de ça est quand j’étais petite, il y a beaucoup de fois que mon père est resté à la base militaire, à cause de la subversion, il doit faire, comment on dit ça, tu dois rester dans la base militaire, pour une quantité de jour,

    E : Des journées de garde ?

    M : Des journées de garde, beaucoup de journée de garde, quand j’étais petite, y’a beaucoup de fois que je n’ai pas vu mon père à cause de ça, les journées de garde et aussi les voyages, il était à la forêt pour la réparation de quelque chose ou autre type de travail,

    E : Ton père n’origine pas de Lima ?

    M : Non,

    E : Il vient de l’extérieur je crois,

    M : Il est de Ayacucho, Ayacucho c’est réellement la ville qui s’est battue le plus à cause de la subversion, et il avait des familles et ils sont pour la plupart de sa famille venue à Lima à cause de la subversion mais il est à Lima après de 5 ans, peut-être tout sa vie mais il a de la famille à Ayacucho,

    E : Y’a différent groupes ethniques au Pérou ?

    M : Oui, il y a beaucoup,

    E : Est-ce que ton père en fait parti de cela ?

    M : Oui, il est de la montagne, c’est un autre type de groupe ethnique, ça c’est la différence à Lima, il y a des différences si tu es plus blanc ou si tu es plus de la montagne, ou de la forêt, c’est la différence, mais c’est dur car c’est une différence visible, et tu es de cette couleur, je ne parle pas avec toi, tu es de cette couleur, je vais parler avec toi,

    E : Est-ce que tu as senti des problèmes à cause de ça ?

    M : Oui, je crois parce que j’ai été dans une école publique, après j’ai été dans une école privée, quand je suis arrivé à l’école privée, ils ont commencé à faire des groupes, entre les grandes écoles, et on a pas fait […] et ils font déjà des groupes, et j’arrive de l’école Santa Maria, école religieuse et tout, ils font des groupes, seulement d’un certain type d’école, moi c’est une école étatique, c’est tout, c’est la première question qui vont te demander, qu’elle est ton école, et ok c’est Santa Rosa, Lima, ok, elle te regarde et va ailleurs, c’est la différence,

    E : À cause de la couleur, de l’origine et de l’éducation que tu as eu ?

    M : L’éducation que tu as reçu, le quartier dans lequel que tu habites, c’est la race physique, les couleurs,…

    E : Y’a certaines parties de la société qui pouvait t’être fermé à cause de ça ?

    M : Oui,

    E : Toi, ce que tu as vécu dans le fond, de ne pas avoir eu accès à un certain groupe scolaire, est lié à tes origines académiques, ton père avait vécu ce genre de problème là dans sa carrière tu penses ?

    M : Euh, je crois que oui, mais dans la vie militaire, il était professeur aussi, en académie, pour les forces spéciales, je crois qu’il était un bon professeur car je crois, j’ai fait des travails dans la Marina, dans les laboratoires électronique, et l’officier a parlé très bien de mon père, bon professeur, oui, oui, ça va bien, il était aimé au niveau des officiers, il était reconnu pour son type de travail dans le contrôle d’avion, y’avait pas beaucoup de personne qui fait ça, je crois qu’il est reconnu,

    E : Tu nous a parlé d’Ayacucho, est-ce que c’est de là que le Sentier Lumineux a commencé ses activités ?

    M : Oui, c’est l’université de Mayanga à Ayacucho qu’il a commencé tout,

    E : C’est situé où ça Ayacucho ?

    M : Ayacucho, c’est dans le nord, est de Lima mais c’est aussi la frontière entre la montagne et la forêt au Pérou,

    E : C’est un département ?

    M : Oui,

    E : C’est au nord,

    M : Oui, mais le problème à l’époque où ils ont commencé le terrorisme, c’est le problème des agriculteurs qui ont demandé plus de aide ou d’égalité, à cause du type de travail, la production de la ferme, la production des produits de base, et ils ne font pas d’argent, ils sont mal vus, je crois que c’est comme demander l’égalité, ou demander l’aide du gouvernement, parce qu’ils sont des populations qui jamais n’ont reçu d’un type d’aide, pas de chemin, il n’y avait pas de transport, il n’y avait pas d’aide, il manquait beaucoup de chose, il manquait de l’eau, il manquait d’électricité, c’est à cause de ça qu’il demandait plus de chose,

    E : Le Sentier Lumineux aurait pris ça base militante de cette ville là ?

    M : Le Sentier Lumineux car il a besoin de l’argent, je crois qu’ils ont fait une relation avec la drogue aussi, ils ont besoin de l’argent pour les armes pour faire les attentats, il fait des alliances avec des groupes qui vendent de la drogue, c’est pour ça qu’il a trouvé une base dans la forêt, ils sont plus caché, ils peuvent faire le travail avec la drogue, il y avait des bases dans la forêt, des bases à la montagne, et aussi à Lima des places cachées,

    E : À part le Sentier Lumineux, est-ce qui avait d’autres groupes ? M : MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) mais réellement c’est le même, ils origines de la même façon dans l’idée avec les universités de demander l’égalité ou demander l’aide du gouvernement, mais après ils ont divisé à cause des leaders […] ils demandaient des choses vraiment différent, ils se sont séparés pour ça, mais à la fin c’est réellement deux groupes subversifs qui existaient au Pérou,

    E : Au niveau des gens de ta famille, est-ce qu’ils avaient des opinions favorables, défavorables ou neutres par rapport à ces groupes là ?

    M : Le problème c’est aussi à cause que ma cousine, elle était marié avec un terroriste et on a vu ça, je crois près de nous, et ma famille, pour ça je crois que personne n’a fait de dire si en faveur ou contre ça, car il y a quelqu’un dans la famille qui est avec un terroriste,

    E : Comment ta mère a géré sa relation ?

    M : Jamais elle n’a fait d’opinion, mais s’il arrivait des problèmes, elle était toujours avec ma cousine, toujours avec ma famille, mais jamais faire d’opinion,

    E : Est-ce que tu as été témoin de problème avec cette personne là ?

    M : Oui, car […] connaît des personnes subversives, le problème de ça est que, s’il y avait des personnes qui parlait ou connaît avec des subversifs dans la maison, peut-être peut arriver les troupes et tuer les personnes, il peut te donner des descriptions de […] à Lima, il y a les « sabo » personnes qui parlent et disent à la police il y a des subversifs ici, c’est dangereux faire ça, à l’époque tu peux trouver, c’est pour ça que peut-être il y avait des peurs, mais c’est aussi ma cousine, une relation avec un subversif, elle a des enfants, jamais on va dire hey ton père est un terroriste, […]

    E : Est-ce que tu as vu ton père avec cette personne là ?

    M : Non,

    E : C’est jamais arrivé ?

    M : Jamais,

    E : C’était un choix ?

    M : C’est un choix, peut-être que dans ma vie, je l’ai vu une fois seulement, peut-être ma mère plus mais moi une fois à la maison, peut-être parce que dans mon quartier il y a beaucoup de militaire, jamais il était dans mon quartier, parce que aussi j’étais dans mon quartier et il y avait une voiture de police stationnée une quantité de temps car il y avait une maison avec des terroristes,

    E : Au niveau de, tu m’as dit que dans ton quartier c’est pas mal de gens qui étaient dans l’armée, est-ce que dans ce quartier là tu sentais plus en sécurité ?

    M : Oui, c’était un quartier de militaire, plus sécure pour moi,

    E : J’imagine que plus tard, à l’université que tu as fréquenté, souvent l’université est un milieu où les gens discutent beaucoup, est-ce que tu as eu connaissance de gens qui parlaient de Sentier Lumineux ou…

    M : La différence est que la subversion est souvent pour les gens qui sont pauvres et moi je suis dans une université privée pour les personnes riches, jamais les personnes riches ne vont parler de Senderoso Luminoso d’une bonne manière, ils dit ils font ça ils font des peurs des subversions, jamais ils avaient des terroristes à mon université, s’ils vont dire des choses, ils vont dire des mauvaises, mais c’est l’idée que les terroristes sont pauvres, jamais il y a de discussion à l’université, […]

    E : Est-ce que tu peux comparer avec une autre université ?

    M : Ah oui, près de mon université, il y a une grande université, […] San Marcos, une université publique, je me rappelle qu’une fois j’étais à l’université, il y avait des descriptions partout, pour la subversion, il y avait des pavillons surtout de sciences sociales, pavillons qui étaient fermés car il y avait des terroristes, dans le gouvernement, je crois, d’Allan Garcia, après de ça il y avait beaucoup de problèmes, il dit que c’est dans la place de l’université qu’ils ont créé les attentats, est arrivé la police, il restait la police pour, pas la police mais les militaires, les soldats qui restaient à l’université, pour les protéger, ils ont autres fois habité toute l’université, changer les couleurs de l’université, ils sont resté pour beaucoup de temps les militaires dans l’université à cause de ça,

    E : Est-ce que dans la tienne il y avait des militaires aussi ?

    M : Oui, non dans la mienne non, parce que c’est privé, mais je me rappelle que j’étais dans l’autre université, parce que c’est public, tu peux entrer, il y avait des militaires, dans tout la porte, dans tous les pavillons, c’est dur parce que c’est un endroit pour étudier, et c’est dur de voir un militaire armé, avec tous les vêtements militaires, et avec sa mitraillette marcher pour l’université,

    E : Il y a eu des incidents à l’université aussi ?

    M : Oui, ils ont détenus des étudiants à cause de ça, il y avait aussi dans l’université San Marcos et […], ils ont arrêté aussi des professeurs, […] beaucoup de terroristes, à une époque il y avait, c’est connu encore, des disparitions, ils ont disparus des étudiants, des étudiants de la faculté qui ont disparus, jamais ils ont trouvé, peut-être que militaires qui les ont tués, mais après ils on entendus que ce n’est pas des terroristes qui ont disparus, il y a encore des problèmes à cause de ça,

    E : Est-ce qu’il y a eu des revendications ou des manifestations étudiantes ou…

    M : Oui, beaucoup

    E : C’était beaucoup, c’était visible,

    M : Encore, je crois j’avais presque fini l’université, il y avait encore des affiches de l’université qui demandaient d’écrire des déclarations sur ça ou faire des investigations sur ça parce que, je crois il dit de 50 à 60 disparus, d’étudiants disparus à l’université, peut-être à cause des militaires parce qu’ils ont pensé que c’est des terroristes, une fois j’ai vu une affiche, avec beaucoup de visages, des visages de personne de 22 ou 23 qui sont disparus,

    E : Suite à ces événements là, il y a encore des demandes pour savoir ce qui s’est passé,

    M : Le problème est que le gouvernement dit qu’il y avait des terroristes et les droits humains ont été arrêté, dans cette époque les militaires peuvent entrer dans ta maison, pour chercher des choses subversives, il n’y avait pas de droit humain vraiment, ils sont arrivé à l’université, peuvent entrer dans ta maison […],

    E : Au niveau des quotidiens et de la télévision, est-ce que les émissions étaient alignées et sympathiques au gouvernement ou il y avait des quotidiens qui parlaient pour les terroristes aussi ?

    M : Non, le terrorisme est une douleur pour tout les Péruviens parce ils disent que sont morts presque 27000 personnes en 14 ans, c’est réellement une douleur de parler de ça, jamais tu vas entendre à la télé ou dans les journaux ou la radio des personnes qui sont avec les terroristes,

    E : Il y a eu vraiment aucun mouvement de sympathie,

    M : Jamais, c’est douleur, c’est beaucoup de douleur à cause que y’a des personnes qui ont perdu des amis, des familles […],

    E : J’imagine que suite à ce conflit là ça dut séparer le Pérou en deux, il devait avoir une partie des gens pour l’ordre et la sécurité et l’autre partie qui a pas réussi son espèce de révolution, comment on peut réconcilier un pays ?

    M : À cause de ça,

    E : Comment on fait ça ? Au lendemain de ce mouvement qui a pas réussi, comment que les gens reprennent la vie normale ?

    M : Je crois que c’est il y a demandé beaucoup de temps, il dit qu’il y a 14 ans de subversion mais peut-être dans les derniers cinq ans, il y avait moins d’attentat, ils sont arrêtés les principaux leaders de deux groupes subversifs, et probablement qu’il a dit que d’aide pour les personnes qui ont perdu de la famille à cause des subversifs, le gouvernement il fait dire la manière qu’il a fait est les subversifs c’est mal vu, les subversifs ils font du mal, et on va aider les personnes qui ont des douleurs à cause de ça, tous nous Péruviens, nous devons rester ensemble, les subversifs c’est mal vu, ce n’est pas bien fait, c’est l’idée comme ça de rester ensemble mais c’est peut-être 4-5 ans qu’on a changé ça d’un grand quantité d’attentat à commencer à réduire et faire tout ensemble contre la subversion, il y avait aussi un type d’appel que tu pouvais dénoncer les terroristes, si tu as vu des terroristes, dans le quartier, tu peux appeler aussi et tu vas recevoir l’aide du gouvernement,

    E : Est-ce que ça peut causer aussi des problèmes, des gens qui se faisaient dénoncer injustement…

    M : Parce que dans le dernier 5 ans, la subversion a commencé a arrêter beaucoup à cause qu’il n’avait pas d’aide et le problème est qu’ils ont commencé la plupart c’est des « cantisinos » des délateurs, mais après de ça, je crois qu’ils ont entendu que qu’il avait moins de violence, que le gouvernement arrêtait plus de l’aide, je crois que ils ont commencé à faire des groupes contre la subversion, à cause qu’il ont entendu que ce n’est pas la manière de chercher l’aide, et c’est les mêmes fermes, les même « cantisinos » même groupe qui sont ensemble contre la terroriste, qui reçoivent de l’aide du gouvernement des armes, ils fait des types rondes, pour les militaires c’est […] des rondes,

    E : Des patrouilles ?

    M : Des patrouilles oui, avec des armes, avec l’aide des militaires contre la subversion, ça commencé à arrêter comme ça, le problème est qu’une fois il y avait un groupe comme ça et sont arrivé les terroristes […] et les « cantisinos » ils ont tués les terroristes à cause qu’ils ont pensé que c’étaient des subversifs, ils y avaient des confusions, c’est normal,

    E : Au niveau du gouvernement Fujimori, ils ont intervenu dans les régions éloignées, ils ont donné de l’aide, quel type d’aide que c’était ?

    M : Première, c’est les armes,

    E : C’est pendant la crise ça ?

    M : Oui, après de ça, c’est le même président qui a aidé dans la ville plus loin, pour peut-être aussi chercher la collaboration de la population, leur donner des hôpitaux, des écoles,

    E : Donner des armes aussi, c’est aux femmes qu’ils donnaient les armes ?

    M : Oui, parce que dans ce type endroit, la plupart des garçons, des hommes sont morts, à cause de la subversion, sont resté des femmes avec des enfants ou des personnes vieilles […] libérées avec les armes contre la subversion,

    E : Aussi, il y a eu l’événement de la prise d’otage avec les Japonais, est-ce que c’était encore le Sentier Lumineux à cette époque là ?

    M : À cette époque, il y a encore, il dit qu’il a des fois des attentats, pas à Lima mais plus à la forêt, mais je crois que la plupart des leaders sont déjà détenus, sous Allan Garcia,

    E : Mais l’événement à l’ambassade du Japon c’était des gens du Sentier Lumineux ou …

    M : Oui, c’est 12 ou 14 personnes qui détenus peut-être 100 personnes, dans la résidence de l’ambassadeur, mais je crois que après ça, ils sont morts, tué 14 terroristes, ils détiennent aussi un leader, la chose a commencé a arrêter,

    E : Puis aujourd’hui, c’est quoi nous reste de ce mouvement révolutionnaire là ?

    M : Ils disent que c’est un chose ensemble entre la drogue et la subversion, mais autres choses qui sont arrivés c’est les États-Unis a commencé à aider le Pérou a arrêter la drogue pour arriver, ils ont donné de l’argent, et il y a beaucoup de personne qui ont commencé à changer le type de culture, de drogue pour autre chose, […] ils ont reçu aussi de l’argent pour faire le transport, pour les produits, le cacao, des choses comme ça, ils ont changé la drogue, c’est pour ça que peut-être il y a moins de drogue, […] et moins de terroristes dans cette partie, ils ont besoin d’argent et de personnes pour faire tout,

    E : Pis toi avec le recul et les années, c’est quoi l’opinion que tu as par rapport à tous ces événements là ? Est-ce que le Pérou va être marqué longtemps de ça ou ils sont déjà prêt à avancer vers autres choses,

    M : Je crois que pour moi, ma génération, moi j’ai entendu des terroristes tout ma vie jusqu’à 15, je sais que c’est dangereux, c’est marqué dans ma vie, c’est des peurs, de la douleur, c’est triste, moi je ne suis pas contre ou en faveur, pour moi c’est des personnes qui ont besoin de chose, qui va demander de la même manière, mais c’est aussi un type de demande, besoin d’aide, demander quelque chose au gouvernement, ils ont senti qu’il manquait de chose, c’est pour ça que peut-être ils ont trouvé la mauvaise manière de demander, mais je crois qu’ils ont compris ça après de temps, maintenant je crois que jamais, il va arriver une chose comme ça, je crois que les personnes ont vu c’est quoi qui arrive, la violence amène plus de violence, la manière que le gouvernement a arrêté c’est avec plus de violence, il y a des disparus, des morts, des civils morts, il y a aussi des militaires morts, des subversifs morts, des subversifs avec des familles que des enfants ils n’ont pas compris que, c’est quoi qu’ils demandent, ça c’est triste, il y a des endroits où il y a des enfants de terroristes, il n’a pas compris pourquoi son père est mort, j’espère que jamais va retourner une chose comme ça, je crois que la population péruvienne est marquée à cause de ça, que la population a compris que c’est seulement violence, avec violence c’est plus de violence

    E : Puis en arrivant ici au Québec, as-tu parlé avec d’autres péruviens de ces événements là ? M : Oui, une fois j’ai parlé avec mon amie, jamais je n’ai parlé avec ça, j’ai parlé avec elle parce c’est ma meilleure amie et que elle habitait à Ayacucho quand elle était petite, elle m’a dit aussi, m’a raconté des choses comme, elle était petite et c’est interdit de marcher après de 6h00 pm, si il est dépassé 6h00 pm, elle doit rester dans l’église et une fois elle se rappelle, elle était très petite, elle est restée à l’église, il y avait du bruit, il y avait la police, il y avait des balles, et c’est pour ça que sa famille arrivé à Lima après de ça, à cause de la subversion, ils sont arrivés à Lima et aussi à cause que son père était médecin, il était détenu pour les subversifs, pour demander de l’aide, c’est plus dangereux ça, c’est pour ça que venu à Lima, après de ça, il m’a raconté que il a habité dans un endroit public, un endroit populaire, c’est peut-être près de mon endroit, il m’a dit qu’il y a une grande montagne, que dans cette montagne, il y a une grande croix, un type de, une place plus connu à Lima, près du centre de Lima, et dans ces montagnes, les quartiers les plus populaires, peut-être près de Montero, il y avait des symboles de terrorisme, la faucille et le marteau toujours, c’est difficile quand toute ta vie quand tu étais petite de voir ça, qui demande la violence, après de ça il m’a dit qu’il a changé de quartier, à cause qu’il y avait beaucoup de problème dans le quartier, je crois qu’il y avait beaucoup d’attentat dans son quartier, il a changé pour quartier plus riche, mais un fois il a raconté que un festival […], il a commencé le bruit, tout sa famille s’est caché, dans les toilettes et tout, mais quand ils ont entendu, c’était des feux d’artifice, mais l’idée dans sa tête que c’était un attentat, il changeait de quartier seulement, et c’est un attentat encore, l’âge de 12 ans, elle a entendu une fois et c’était des feux d’artifices, c’est difficile que une personne peut agir d’une manière à cause de la peur, il a changé de quartier mais c’est dangereux aussi, moi j’ai parlé avec elle, j’ai demandé ces choses mais maintenant, l’année passé, on a parlé sur ça, et tous les choses qui s’est passé,

    E : C’était difficile à parler j’imagine

    M : Oui, mais je lui ai demandé c’est quoi elle pense de tout ça, il m’a dit que sont des personnes qui sont avec la mal idée, qui sont demandé l’égalité mais pas de la bonne manière, elle dit pas qu’elle est pas en faveur ou contre, mais qu’elle demande avec la violence, c’est tout, c’est des personnes […] mal point de vue,

    E : Est-ce que les gens qui ont fait ça ont disparu ou elles vivent toujours dans la société péruvienne ?

    M : L’ex-copain de ma cousine, ma mère m’a dit que il travaille encore pour le gouvernement, il était un terroriste, mais il travaille encore pour le gouvernement, je crois qu’il y a des personnes qui sont cachées aussi, jamais tu ne peux savoir ce qu’il a fait, ils travaillent dans le gouvernement, ils font des choses normales,

    E : Ils se sont fondus dans la société ?

    M : Oui, peut-être il y a encore d’eux

    E : Ce qui reste du Sentier Lumineux c’est dans quelle partie du Pérou ?

    M : Comme au militaire encore, c’est dans […] la forêt, ils sont cachés, un type de base cachée, à la forêt,

    E : Puis les nombreux morts qu’il y a eu dans les deux dernières années, est-ce que c’est du au Sentier Lumineux ou …

    M : C’est la quantité de mort,

    E : J’avais lu qu’il y avait plus de 1000 militaires décédés, est-ce que c’est du à des combats avec le Sentier Lumineux ou d’autres groupes liés au cartel de drogue ?

    M : Je crois que c’est le Senderoso Luminoso, le cartel de drogue fait le travail avec le Senderoso Luminoso, mais pas pour faire la violence, c’est normalement la subversion qui fait ça,

    E : Dans le fond c’est toujours un problème mais plus isolé, plus éloigné de la vie quotidienne des Péruviens,

    M : Oui,

    E : OK,

    E : Je te remercie beaucoup, ça va être très utile pour mon travail, ça m’a éclairé beaucoup sur la situation au Pérou, je vais te dire merci, je vais espérer que tu puisses terminer ta maîtrise avec succès, je ne sais pas si tes projets sont de t’installer au Canada ou visiter ailleurs, je te souhaite bonne chance !

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