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    Vers l’inconnu : un ermite aux pays des merveilles

    le 22 octobre 2007 | 1195 visites | 4.80 / 5 | 1 commentaire(s)
    Vers l'inconnu : un ermite aux pays des merveilles
    photo : cosmonauta a la deriva

    Sean Penn nous fait voyager dans son 4e long métrage. Cette fois, l’acteur-réalisateur a braqué sa caméra sur une histoire vraie. Celle de Christopher Mc Candless, ce jeune diplômé américain qui a tout plaqué pour une gigantesque aventure solitaire. Un voyage au bout du rêve.

    Voilà un film qui fait du bien. L’histoire d’un étudiant américain au destin doré qui largue tout. Qui donne tout son argent à des œuvres caritatives, et consume le matérialisme sur la route de la liberté. La sienne, et forcément la nôtre.

    Ce film si vivifiant, c’est Vers l’inconnu (Into the Wild), dont John Krakauer a titré un best seller intitulé Voyage au bout de la solitude. Sean Penn s’est chargé de mettre des images sur cette littérature inspirée d’une histoire vraie. Celle de Christopher Mc Candless et sa soif d’évasion jusqu’au-boutiste. L’acteur-réalisateur signe ici un film sobre et émouvant pour raconter l’histoire peu ordinaire de cet idéaliste. La mise en scène soignée confirme son talent derrière la caméra.

    Si Vers l’inconnu ne laisse pas indifférent, c’est parce qu’il touche la corde sensible de la fibre vagabonde. Ce film titille le téméraire assoupi, l’aventurier qui sommeille en chacun de nous, mais qui ronge son frein dans un confort somme toute relatif.

    L’histoire véridique dont est tiré ce film exacerbe la beauté de ce road-movie aux accents écologiques. Into the Wild célèbre la nature à travers la quête d’un jeune homme. Un désir d’absolu sans œillères. Un extrémiste du bonheur qui en paiera le prix.

    Voilà donc un homme dans la fleur de l’âge qui coupe les ponts avec sa famille, et les mensonges qui la rongent, mais aussi avec le monde des hommes, renonçant du même coup au bonheur capitonné de cet avenir qu’on imagine radieux qui lui tendait les bras. Étudier le droit à Harvard ou redevenir un Homo Sapiens couvert de crasse mais heureux d’être lui. On connaît la suite. Les kilomètres parcourus deviennent une quête d’identité, une nage à contre-courant du modernisme ambiant.

    Plus de deux heures durant, les récits se croisent : l’avant et l’après, l’immobilité et le mouvement, la solitude et les rencontres fortuites qui fleurissent au bord des routes. Into the Wild révèle quelques personnages attachants marqués au fer rouge par la personnalité complexe et la quête du loup solitaire.

    Un personnage atypique joué par Émile Hirsch, un acteur inconnu taillé pour ce rôle. Avec sa gueule d’ange et sa tignasse rebelle, il fait revivre celui qui pourrait être une icône et voir son portrait orner les tee-shirts du monde entier à la manière d’un Che Guevara.

    A l’heure où les signaux de la planète virent au rouge, Christopher Mc Candless devient malgré lui le porte-parole idoine de la cause environnementale. Mais à la manière d’un trublion qui choisit le sentier sauvage à la route goudronnée.

    Il finira ses jours dans un bus abandonné, en Alaska. Une terre sauvage et un décor enchanteur où le bourlingueur était devenu un spartiate. Mais aussi une ombre. Affamé et amaigri, l’esthète n’est donc jamais revenu de son voyage au bout du rêve. On retient d’ailleurs l’image de son regard noyé dans la contemplation. Tout est résumé dans cette scène finale qui en dit long sur la simplicité du plaisir. Le nirvana dans les pupilles inertes du dernier souffle, avec un coin de ciel bleu pour linceul.

    On quitte la salle obscure avec cet autoportrait du (vrai) routard offert avant le générique de fin. Un visage radieux qui transperce la grande toile. Celui d’un ermite au pays des merveilles.

    Mots-clés : états-unis et Cinéma

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  • 1 COMMENTAIRE(S) | Répondre à cet article

    • jeanne

    Olivier, tu es notre héros de l’autre côté de l’Atlantique. Fais-nous encore rêver avec tes rubriques... Dommage qu’on doive attendre la sortie de ces films en Europe.... au fait, Dartagnan est mort ? bisous Hertzingconnection

    15 novembre 2007 | répondre | permalien

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