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    Une visite au musée : Sherbrooke 1802-2002, deux siècles d’histoire

    le 27 janvier 2008 | 580 visites | 3.64 / 5 | 0 commentaire(s)
    Une visite au musée : Sherbrooke 1802-2002, deux siècles d'histoire
    Photo : jeff_05882 (Flickr)

    La proposition développée et soumise aux visiteurs serait « Sherbrooke, un espace-temps en développement ». L’objet de l’exposition est affiché à l’entrée de la Société d’histoire de Sherbrooke (dans le hall, à droite, sur un panneau où l’on invite les visiteurs à vivre un voyage dans le temps par le biais d’objets, d’images et d’anecdotes. De plus, à l’intérieur de la salle d’exposition, nous pouvons apercevoir une grande affiche s’intitulant « Sherbrooke 1802-2002, deux siècles d’histoire ». Donc, nous pouvons énoncer que l’exposition a pour objet d’étude l’évolution historique du paysage sherbrookois (la formation géologique, la colonisation humaine autochtone et européenne, la transformation d’un monde rural à une communauté industrielle et finalement les répercussions locales aux grandes épreuves mondiales).

    Le temps et la périodisation sont les fils conducteurs. On constate que la visite débute avec une forme de genèse où débute la formation du site à une époque lointaine, un temps géologique. On peut comprendre la morphologie du paysage de la ville (côtes et rivières). Il semble logique de présenter la suite des événements par l’arrivée des humains sur ce territoire, alors bien évidemment, les autochtones y sont présentés comme étant les premiers occupants de ces terres. Ensuite, on peut observer la traditionnelle marche vers le progrès qui caractérise notre société et en particulier la ville de Sherbrooke car elle constitue un des premiers sites industriels en Amérique du Nord. En résumé, le temps géologique, le peuplement autochtone, l’époque « coloniale », l’ère pré industrielle, la révolution industrielle sherbrookoise et le temps contemporain sont reliés par un dénominateur commun : la marche vers le futur (et la modernité). Le décor qui représente le paysage sherbrookois représente bien cette ligne du temps.

    L’introduction serait la mise en matière par une démonstration des événements géologiques mélangés avec des croquis datant des années 1880. D’ailleurs, possiblement par souci esthétique, l’entrée de la salle est décorée de roches. Le mur de gauche est configuré de manière à former un chemin. On peut donc s’imaginer que l’exposition débute à une époque très lointaine de notre monde actuel. Finalement, il y a une conclusion mais elle laisse perplexe. À la fin, près de la sortie, je n’avais pas remarqué que l’on pouvait observer des images dans les petites boites carrées tenues par des supports. Nous supposons qu’à la suite des années 1940, nous voyons l’apparition de phénomènes tel que la télévisions (et plus tard « Soirée Canadienne »). J’aurais imaginé une conclusion laissant place aux réussites locales des années 1960 à 2000 tel que les infrastructures modernes (Université de Sherbrooke, centre hospitalier, CÉGEP, développement immobilier et commercial). Aussi, il ne faut pas oublier que Sherbrooke est une ville post industrielle qui a eu son lot de faillite et de fermeture ce qui constitue à mon avis une part importante de notre histoire. La conclusion dans ce cas serait l’adaptation et l’ouverture vers le monde.

    Cette exposition est une sorte d’histoire abrégée de la région. Elle résume les grands points tournants et offre quelques anecdotes. Le public ciblé par la Société d’histoire de Sherbrooke est le plus général possible (élèves primaires et secondaires, étudiants, adultes). Elle s’adresse à un public essentiellement francophone, à moins d’offrir les explications en anglais à l’aide de guide. Elle permet une bonne mise en matière pour les gens n’ayant pas de connaissances historiques ou générales. Pour ce qui est des historiens, anthropologues ou sociologues, cette exposition peut donner une vue d’ensemble rapide permettant d’approfondir par la suite. Cette exposition réfère aux vécus des gens. En effet, pour les individus provenant de la région de Sherbrooke, il semble évident que leur vécus ou leur connaissances sont mises en contribution car ils sont familiers avec des lieux physiques, des noms de rues qu’ils utilisent et qui prennent sources aux époques citées. Le paysage sherbrookois, rural et industriel, peut évoquer des souvenirs ou bien rappeler des situations mentionnées par une connaissance ou un membre de la famille. Par exemple, cette visite m’a fait rappeler le souvenir du « Festival des Cantons » et de la dernière foire agricole de Sherbrooke vers la fin des années 1990. Finalement, les objets en démonstrations permettre de déclencher des réactions et des surprises. Il est consternant de voir le coût de la vie, les salaires et les efforts déployés pour vivre. Un certain sentiment d’admiration se déclenche certainement lorsque nous nous penchons sur les conditions de vie souvent précaire des gens qui ont bâti de toutes pièces la ville de Sherbrooke.

    Ensuite, j’ai observé que l’exposition se vit de trois manières. On tente de nous immerger dans un environnement par le biais du décor et des objets présentés. Aussi, on nous propose une sorte de chemin, un voyage dans le temps qui progresse vers notre époque moderne. Par après, tout au long de ce chemin, il est possible d’admirer des objets, de les manipuler et ainsi d’avoir un contact privilégié avec le passé. Finalement, on nous offre bien évidemment des tonnes de trucs à lire qui donne l’occasion de discuter et de se questionner sur la dynamique sherbrookoise. Cette exposition est adaptée aux divers modes d’apprentissage des visiteurs. Les sens cognitif, émotif et sensitif y sont sollicités, à la limite du budget limité d’un tel type d’exposition. Je constate que la dimension cognitive est davantage soulignée tandis que la stimulation émotive est limitée.

    En général, les textes sont bien assortis avec les objets. Par exemple, l’outil d’arpentage placé en démonstration est accompagné d’une bonne explication claire. De plus, certains textes sont très élaborés et permettre de découvrir une réalité ou une anecdote. Les textes sont généralement lisibles et accessibles à tous. Cependant, au niveau des citations disposées sur les colonnes, je crois qu’elles sont mal placées, elles semblent être placées suivant aucune logique précise. De plus, il est difficile de les lire car l’affiche est courbée ce qui m’a découragé à essayer de chercher le sens de la citation (Ces affiches sont des messages d’un temps passé mais elles sont mal organisés).

    La longueur d’un texte peut sembler longue pour certains, courte pour d’autres. Pour ma part, je crois que généralement, les textes sont pertinents et suffisants. À certain endroit, j’ai eu une certaine difficulté à lire car les textes étaient trop petits. Je pense que la Société d’histoire de Sherbrooke pourrait imprimer des feuillets explicatifs concernant les fameux objets mis en valeur dans son exposition. Ce moyen pourrait alléger les textes présentés et aussi permettre d’approfondir les caractéristiques des objets choisis.

    Cette exposition est-t-elle un bon moyen de diffuser l’histoire ? Oui, car on fait appel à nos sens, on peut y vivre une forme d’expérience pour s’immerger brièvement dans le passé de la ville de Sherbrooke. L’environnement créé par la Société d’histoire de Sherbrooke dans son exposition « Sherbrooke 1802-2002, deux siècles d’histoire » offre en cinq thèmes un aperçu rapide de la réalité d’ici. La géologie, le peuplement humain, l’embryon social sherbrookois, l’émergence de Sherbrooke et les grandes épreuves sont les étapes auxquelles les visiteurs sont progressivement amenés à découvrir. On constate un effort de la société d’histoire pour interpeller les individus suivant leur mode d’apprentissage privilégié, dans les limites des budgets consacrés bien évidemment. Lire, examiner, toucher et observer sont des actions possibles lors de la visite, à différent degré cependant. Les musées ayant une aura favorable dans le public, je crois que l’exposition est un bon vecteur pour sensibiliser les individus aux réalités historiques locales. Le public visé par la Société d’histoire de Sherbrooke se doit d’être le plus vaste possible pour permettre un rayonnement optimal. Ce type de spectre a l’avantage de toucher une clientèle ayant une connaissance limitée de l’objet d’étude ou un intérêt soudain (visite touristique ou scolaire). Certes, l’exposition est un bon moyen de diffuser l’histoire, cependant elle ne semble pas offrir la possibilité d’approfondir son contenu. L’histoire « résumée » de Sherbrooke n’offre pas la possibilité aux visiteurs de saisir l’importance de cette ville dans l’industrialisation de l’Amérique du Nord (Première ville industrialisée au Canada, 20% de la bière canadienne brassée ici, la première voiture à moteur, chef de file en assurance-vie, fabrique de cigare dans les sous-sols de la rue Webster…).

    Mots-clés : québec , sherbrooke et Société

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